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Manuel Atreide



Last Updated: 10/3/2007

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Gender: Male
Status: In a Relationship
Age: 42
Sign: Pisces

City: Near Paris
Country: FR
Signup Date: 10/21/2005

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Monday, November 12, 2007 
Voilà. Je suis cordialement invité à fêter le premier week end de décembre les soixantes années de ma belle-mère, Michelle, la troisème épouse de mon père. Je vais une fois de plus prendre ce train, un Paris Rouen, pour m'arreter à Oissel et monter dans la voiture de mon père pour rejoindre cette maison familiale, si peu familière pour moi.

je vais une fois de plus ruminer cette visite des semaines à l'avance. Avoir le ventre noué. Peut être de la fièvre, cela m'arrive, parfois. Réver la nuit, encore et toujours. Aller chez mon père est toujours une épreuve. Un moment difficile, un truc dont j'aimerais me passer.

Pourtant, je sais aussi que cela fait plaisir à une partie de moi, toujours. Il y a encore cet enfant qui, à chaque appel - rare - de son père, bondit de joie à l'idée que peut être cette fois, les choses se passeront comme il en rève depuis si longtemps. Que peut être cette fois il n'y aura plus de distance. Que peut être cette fois il n'y aura plus de différence. Que peut être cette fois, il sera un fils, accepté en tant que tel, accepté tel qu'il est, accepté juste parce que c'est un fils. Un fils ainé.

Un fils ainé que je vais de nouveau sentir en moi, déçu, désappointé, triste, malheureux. Un fils ainé si peu désiré. Si peu entouré.

L'adulte que je suis a bâti sa vie, continue à le faire. je ne pense pas beaucoup à cette partie de "ma vie" au quotidien. C'est un peu comme une cicatrice qui tire de temps en temps pour se rappeler à soi. Elle est là, on y fait peu attention, sauf quand elle lance.  Je sais bien aussi que je devrais avoir depuis longtemps laissé tout cela derrière moi. Et c'est fait, en un sens. Manuel, adulte, n'a nul besoin de ces moments là. Je vis très bien sans.

Mais que dois-je dire à l'enfant qui reste en moi ? j'ai beau essayer de lui faire comprendre qu'il doit tourner la page, que son destin n'est pas celui dont il rève obstinement. Que son père, dans le meilleur des cas va l'appeler pour son anniversaire. Sans demander à le voir, même si il se fait chier dans un colloque à la con à juste quelques kilomètres. Que lorsque je l'amène chez son père, je ne sais jamais l'accueil qu'il va recevoir. Qu'il peut se faire envoyer sur les roses comme être - en apparence - intégré.

Cet enfant refuse obstinément de baisser les bras. Il pleure, il souffre, il rève. Il rève dans mes rèves. Parfois, c'est un rève où il tente d'affronter la réalité, le risque permanent de rejet, le manque d'attention, le manque d'affection. Et je me réveille en pleine nuit, la gorge nouée, les poings serrées de chagrin et de rage. Parfois, ses rèves sont pire encore. Car il se voit, avec son père, dans des moments simples, juste heureux de faire un truc, n'importe quoi avec son père, débarassé de l'angoisse des mauvais rapports, content d'être là, juste comme n'importe quel fils avec son père.

Et quand je me réveille, que le rève est balayé par l'intrusion du réel, que les souvenirs reviennent, c'est encore plus insupportable de sentir cet enfant pleurer pleurer pleurer, atteint par un chagrin immense d'avoir une fois de plus perdu son rève, écrasé par une réalité qu'il rejette de toutes ses forces, ne sachant pas combien de temps il tiendra encore à affronter ce vide dans sa vie et son coeur.

Oh je sais bien qu'il y aurait une solution pour mettre fin à ce cauchemar. Il me suffit de devenir quelqu'un d'autre. De me plier aux oukazes paternels. De faire et d'être enfin ce que je suis sensé faire et être. Mais, si je connais la réponse, quelles sont les questions ? Que dois-je devenir ? Je sais quelles sont les parties de ma vie que je devrais benner à la poubelle pour lui faire plaisir. Mais, jamais, je n'ai eu l'heur de m'entendre dire par quoi il voulait que je les remplace.

Est-ce parce qu'il sait pertinement que sa demande ne peut pas être satisfaite ? Sait-il qu'on ne peut pas demander à quelqu'un de devenir un autre ? Au bout du compte, on prend les gens comme ils sont ? Si c'est cela, alors pourquoi continue-t-on - lui comme moi -  ce jeu dégueulasse ?

Je ne sais pas quoi dire à l'enfant qui est en moi. Je sais simplement que, durant les trois prochaines semaines, je vais devoir le rassurer, l'apaiser, le faire patienter. Je sais aussi que le trois décembre, je devrais une fois de plus consoler l'inconsolable. Car je ne sais pas quoi dire à cet enfant, que son père n'aime pas.

Manuel ATREIDE.
Thursday, October 25, 2007 
Voila qui est drôle, dans un sens. Sourire en arrière, sourire vers l'arrière, sourire au passé. Est-ce si fou que cela ? Non, nous le faisons tous pour la plupart. Dès que nous nous souvenons, dès que nous convoquons les jours enfuis, dès que nous remontons le fil de notre vie, nous sourions en arrière.

Je l'ai fait cet après midi. Un petit sourire un peu timide en direction d'une partie de ma vie depuis longtemps terminée, mais qui venait de réapparaitre sur l'écran de mon ordinateur. Un nom, un visage. Un nom qui a longtemps compté. Un visage que j'ai aimé. Longtemps. Profondément. Intensément.

Nous étions jeunes, nous étions un peu cinglés, et rien ne nous avait paru impossible. Avec l'arrogance de nos 20 ans, nous avions bâti une vie. Un appartement. Un lieu. Un amour. Un quotidien. Ce séjour qui mixait ses affaires et les miennes, cette chambre claire, très claire, avec un bow-window qui s'ouvrait sur un balcon donnant sur une jolie place de Toulouse. Cette cuisine ou j'ai fait - pas toujours avec succès - mes premières armes en cuisine. Les plantes, leur fleurs ...

Il y avait ce regard bleu, intense, porté sur moi. Un regard exigeant, sans complaisance, qui demandait beaucoup, qui attendait beaucoup.Un regard amoureux, je n'ai aucun doute là dessus. Un regard possessif aussi. Peut être trop. Sans doute trop pour l'animal sauvage, farouchement indépendant et mal dégrossi que j'étais alors.

Il y avait ce sourire capable si longtemps de faire oublier toutes les tempêtes, ce sourire franc qui avait le don de me faire fondre, de me faire rendre les armes. Le sourire d'un dompteur devant lequel le fauve se couchait, le dragon s'inclinait.

Il y avait cette sensualité, cette sexualité, forte, impérieuse, puissante. Une sexualité qui, jusqu'au bout, est restée inchangée, intouchée. Un désir qui nous a lié même au delà de la fin officielle.

Cela a duré longtemps. 7 ans. Il m'a fallu du temps pour en terminer avec cette partie de ma vie. Il m'a fallu longtemps pour apaiser mes rancoeurs, mes colères, mes chagrins. Tout cela est derrière moi désormais. La vie m'a appris qu'il pouvait arriver des catastrophes pire qu'une rupture, pire que l'explosion d'un couple, pire que le déchirement du coeur de celui qu'on a tant aimé.

J'ai appris à la dure. Par les coups, la souffrance immense d'une perte inacceptable, que les reproches que je pouvais garder encore en moi n'avait plus de sens. Que celui auquel je les adressais s'éloignait inéxorablement vers le passé. Et que c'est moi qui en avait décidé ainsi.

Il me reste quelques questions. Au delà de la séduction que manifestement j'ai exercé, je me demande encore, après toutes ces années, ce que j'ai pu lui apporter. Qu'a-t-il retiré de nous ? Qu'ai-je finalement amené sur le plateau de sa vie d'adulte ? J'ai fait le point sur mon héritage, ce que j'ai gardé, en moi. La musique, le goût de belles choses. Beaucoup de lumière. Et de nombreux et beaux souvenirs au fond de ma mémoire et de mon coeur.

Cet après midi, je t'ai remercié, un peu, maladroitement pour cela. Je crois que, pour ma part, je risque de rester sur ma faim. C'est ainsi.

Sourire au passé n'apporte pas toujours de réponse. C'est un sourire offert qui n'exige rien en retour. La brise des moments lointains, cette lumière particulière qui brille dans nos souvenirs chers, peut être est-ce cela que nous obtenons, avec un sourire en arrière.

Et c'est déjà pas si mal.

Bizoox à toi Médéric.

Manuel Atréide
Tuesday, October 02, 2007 
Rentrée de spectacle ce soir ... La tête en plein univers onirique, un univers qui n'est pas le mien, pour une fois.

Je suis allé voir la nouvelle création de Sidi larbi Cherkaoui, Myth. De la danse contemporaine. A mon grand étonnement, il y avait un décor conséquent, comme une bibliothèque, ou une librairie. Un orchestre perché sur une mezzannine. Des personnages assis, visiblement pas tous danseurs loin de là.

Ici n'est pas le lieu pour raconter ce spectacle, si tant est que cela soit possible. Et décrire mes émotions, la manière dont j'ai vécu ce spectacle est difficile tant la palette est riche en couleurs constrastées comme en nuances dans l'éventail même de ces couleurs.

Mon dieu cette impression de fluidité, ce sentiment que les mouvements coulés sont naturels, réalisés sans effort, avec une telle légèreté, une telle habitude que je me suis senti comme engoncé dans mon propre corps. Je suis fait comme ces danseurs et danseuses, mon corps ne diffère en rien du leur. Pourtant, quelle différence dans le mouvement. Bouger à coté d'eux doit être aussi frustrant que chantonner à coté de la Callas. je trébuche là où ils courent.

Les voir danser, se mouvoir est fascinant, prenant, touchant. Ils sont quelque part ce que l'humanité peut proposer de mieux. Pas forcement tous beaux (encore que quelques uns sont d'une séduction fantastique), ils et elles mettent leur corps, le cerveau, le coeur et leur talent au service d'une oeuvre que Sidi Larbi nous propose de partager.

Attention, je ne pense pas qu'il y ait chez lui une quelconque volonté de se plier à nos désirs. Son spectacle, on acchetait ou pas. Certains ont refusé, ils sont partis. Moi, je suis resté. j'ai tout pris, j'ai tout voulu. En néophyte, je suis certain de ne pas avoir tout compris ou décrypté, loin de là. Mais bon sang, un cadeau comme celui que m'a fait ce chorégraphe ce soir, ca ne se refuse pas. J'en veux, encore et encore. Et ENCORE !

Mixer ainsi de la danse contemporaine, une musique fascinante, au croisement de la musique européenne ancienne et des mélodies orientales, un vrai jeu d'acteur et des passages plus theatraux que dansés, c'est pour moi du grand art. Est-ce original ? Peut être pas. Est-ce banal ? j'en doute. Mais j'ai aimé. Ces airs où pointait du Dead Can Dance, cette musique qui s'enroulait autour des danseurs qui ondulaient comme de l'eau vivante, cette danse où se melent contenu contemporain et pulsion antique, parfois primitives ... Tout cela a formé un étrange et voluptueux maelstrom qui m'a aspiré, inspiré, noyé, intoxiqué.

En définitive, la danse est véritablement un art sacré, au même titre que le chant. Elle fait appel à ce que l'humain possède de plus profond. les tripes, le coeur, l'amour et la haine sont tout aussi important que l'intellect face à cette danse contemporaine qui a tourné le dos aux démonstrations de grâce et de technicité. Non pas que la grâce et la technique soient absente, mais elles sont là pour servir et non plus être servies. Elles sont la base, le fondement du spectacle de Sidi Larbi Cherkaoui, non son but. Elles servent son message, les émotions et les sentiments qu'il veut faire passer.

J'ai aimé Myth. J'ai aimé le travail de ce chorégraphe exceptionnel. J'ai aussi aimé la partie musicale de Patrizia Bovi. J'ai aimé la performance de ces 21 personnes, acteurs, musiciens, chanteurs, danseurs. Parfois tout à la fois. Ce soir, je vous ai tous aimé. Sans renier mes amours quotidiennes, vous avez élargi mon coeur, embelli mon âme. Vous resterez dans ma mémoire et mon coeur. Et j'espère vous revoir, un jour. Bientôt.

Manuel Atréide
Friday, September 07, 2007 
Je suis revenu de Sicile il y a moins d'une semaine et voilà que tout cela me parait à la fois loin et si proche ... Comme si cette ile m'avait accompagné durant le voyage de retour, subrepticement, sans faire de bruit. Comme si elle était accrochée à mes basques, pardon comme si elle s'était harponnée en moi.

j'ai déjà écrit sur la Sicile, ailleurs. Je n'aime pas me répeter, et je trouve à la fois grossier et malhonnete de faire du copier-coller, ou même un simple plagiat de ses propres textes.

Alors, pourquoi en parler ici, dans ce cas ?

Peut être pour exprimer ce manque, ce vide, la peine d'être rentré à Paris. paris, cette ville que j'ai toujours considéré comme étant mon chez moi, voici que pour la première fois, j'y reviens avec regrets. Je ne cesse pas d'être français, ni d'être parisien, non. Il se trouve que j'ai une nouvelle dimension (étiquette ? sensibilité ? appartenance ?). Une partie de moi est en phase avec la vie en Sicile, avec les paysages de Sicile, avec sa chaleur (quelle surprise pour moi, le nordique), avec ses habitants.

Je ne sais pas si j'ai laissé une partie de mon coeur, ou de mon âme là bas. Cette formule littéraire est séduisante, surtout quand on écrit pour un public. Mais elle n'est pas satisfaisante dans un carnet plus personnel, même si ce carnet est ouverts aux quatre vents et peut être lu sans même que je le sache.

En tout cas, j'avoue, contre toutes mes prévenances, que j'aime ces italiens. Leur douceur de vivre, leur insouciance, leur envie de rire et de vivre par les émotions. Le tourisme ? Ma foi, c'est déjà bien comme ça, pourquoi faire plus ? Ou mieux ? Ce laissez-aller m'agace et me fascine en même temps. Je ne les voyais pas ainsi, pourtant. Faignants peut être, grandes gueules surtout. Ils ne sont ni l'un ni l'autre. Juste habités par une douceur, une nonchalance, une réserve.

En tout cas il est certain que je crève d'envie de repartir là bas le plus rapidement possible. Peut être pas pour y vivre, non. Mais pour y séjourner plus longuement, afin de découvrir d'autres facettes de cette ile si vaste qu'on peut y perdre l'idée de mer. Cela supposera des finances et un but bien précis, mais j'ai comme dans l'idée que le but est déjà là. Cette terre me parle, j'ai des choses à dire à son sujet sans doute. Peut-on écrire en Sicile, sous le soleil ou dans les prés verts du printemps ? ma foi ...

Manuel Atréide.
Monday, August 20, 2007 
Je ne suis pas venu écrire depuis février ici. pour de nombreuses raisons.

la première est que j'écris souvent ailleurs, dans des buts bien précis. Cet engagement de rédacteur sur agoravox a été prenant, longtemps. Et j'ai renoué avec l'écriture personnelle de mes histoires, avec cette fois enfin le but avoué de parvenir à une oeuvre qui s'apparenterait à un roman. Il me faudra bien sur la soumettre au jugement des maisons d'éditions, ainsi que des lecteurs si j'arrive jusque là, mais cela ne m'indiffère plus désormais. j'ai envie de savoir ce que d'autres pensent de mon travail.

La seconde est la politique. Entre février et cette fin d'aout, il y a eu une campagne présidentielle importante, dans laquelle je me suis longuement en profondement engagé. le succès n'a pas été au rendez-vous, mais là encore, j'ai fait le point avec moi même. Cette partie de la vie publique m'interesse décidement et je m'y implique plus que par le passé. jusqu'à quel point ? On verra bien, disons que je tacherai d'agir en conformité avec mes convictions profondes.

Ajoutez à cela un entrainement physique important, deux heures par jour, un travail auprès de paul qui est prenant, tout cela fait que j'ai un peu délaissé ce blog.

Pourquoi reprendre maintenant ? Ma foi, ce n'est certes pas pour informer la planète entière de ma vie, je n'ai pas commencé cet exercice pour cela. j'avoue bien volontiers ne pas savoir si je suis lu ici, et à vrai dire, j'ai toujours vu ce blog comme une conversation faite le visage face au vent, face à l'océan, comme des mots lancés au hasard. Peut être ne suis-je que le seul interlocuteur de ce cahier, mais même si c'est le cas, c'est bien ainsi. Ces textes, je les écris car ils ont besoin d'être écrits. Ils ne sont pas fait pour être lus, d'abord et avant tout. Leur propre existence se justifie, sans avoir besoin de but.

Pourquoi reprendre maintenant alors ? Sans doute parce que le vent me manque. Et puis, j'ai l'espoir que, de loin en loin, mes propos suscitent un écho, une résonance quelque part, en quelqu'un, maintenant ou plus tard. Cela est déja arrivé, une ou deux fois. Et cet écho d'ailleurs est tellement surprenant, vivifiant, que je n'ai pas envie de m'en passer. Rare peut être, mais possible.

Voila, un blog pour le plaisir du vent et des échos.

Manuel Atreide.
Friday, February 02, 2007 

Février est arrivé. Depuis hier, j'ai entamé ce petit voyage un peu difficile que je renouvelle chaque année.

Peut-on être fidèle à une émotion, à un souvenir, à une trace que l'on parcours inlassablement, encore et encore ? Oui. Malgré la lassitude, malgré l'envie de sortir de l'ornière, malgré l'incompréhension des proches. C'est possible.

Si je suis rebelle, souvent, le reste de l'année, à propos de ce qui m'attend en Février, je remarque, les années passant, que je suis nettement plus calme quand démarre le mois. Avec le temps, j'ai appris à savoir ce qui allait se passer. j'ai aussi appris à l'accepter.

J'aimerais quand même que, sans trahir le chemin, je puisse évoluer afin de traverser toute cette période avec plus de tranquillité, ou de sérénité. Tu le sais, j'aime penser à toi. te faire surgir de ma mémoire. je ne changerai pas cela, je crois. Jamais.

Mais, j'ai besoin, enfin, que tu m'aides. Que tu m'aides à apaiser la souffrance. Apaiser le chagrin. peut être pas le faire disparaitre, mais j'aimerais tellement qu'il perde ce coté dévorant. Qu'il relache cette griffe qui me serre la gorge, étouffant jusqu'aux sanglots. Tu sais, je n'en peux plus de te pleurer chaque année, pris par le désespoir insondable de ton absence.

Tu es parti loin et depuis longtemps, je le sais. Mais il y a une petite partie de toi qui survit en moi, dans mon coeur et mon âme. S'il te plait, aide moi à vivre mieux ce mois redoutable. Mes amis en ont marre de me voir disparaitre si longtemps. Et je ne veux pas faire subir cela à celui qui partage désormais ma vie.

Il n'est pas le premier dans ma vie. Tu fus celui là. Mais il est celui que je veux voir à mes cotés, pour vivre et vieillir le long des années. Peux tu m'aider à vivre ces années qui me restent en te gardant au fond de moi mais en pleurant moins ? j'aimerais tellement sourire en pensant à toi.

Je ne sais pas si tu m'entendras. Mais, ce que je viens de faire, je ne te l'avais encore jamais demandé. S'il te plait, aide moi à vivre en laissant de coté les peines et le désespoir.

Manu.

Wednesday, January 24, 2007 

Cette semaine, petit post décousu.

Ca fait un moment que je n'ai pas écrit ici. j'ai pas mal d'autres textes en cours, et depuis quelques temps, je suis non seulement rédacteur sur le site d'agoravox, mais aussi modérateur.

En gros, je suis chargé, avec d'autres, de relire les articles proposés par les rédacteurs. Il nous est demandé ensuite de voter pour le passage en ligne, ou le rejet, en motivant de quelques mots notre décision. Tout ceci est passionnant mais très consommateur de temps, j'y consacre mes matinées ....

En tout cas, je reviendrai plus longuement sur le sujet. J'ai la chance de participer activement à la création d'un site collaboratif d'information. C'est une expérience rare, exigeante, passionnante. J'y reviendrai dans quelques semaines.

La campagne présidentielle me prend aussi pas mal de temps. Ouverte, atypique, avec un certain renouvellement des têtes, elle est moins convenue et ennuyeuse que les précédentes. Mais les défaillances des médias sont telles qu'il devient difficile d'acceder à une information de qualité qui ne soit pas de la propagande. La encore, c'est très gourmand en temps.

En tout cas, je mène une vie heureuse et intense en ce moment. Beaucoup de travail, même si cela n'est pas encore rémunérateur. Ma foi, je m'investis, cela finira par payer. Ma vie personnelle est enfin dans le beau fixe. En un mot comme en cent, je suis heureux.

Pourtant, la fin janvier est là. Mes amis proches savent que février est toujours un mois difficile. Et quelque part, même si j'ai le moral gonflé à bloc, la tristesse surgit de temps en temps, comme une courte mais violente averse. Comme pour me rappeler que les frimas de l'hiver ne sont pas que derrière la fenêtre. Comme pour me dire de ne jamais faire totalement confiance à une météo intérieure qui se joue largement des influences du moment.

Février, mois du fiel ? Oui, depuis longtemps. je pensais que cette année serait une exception. Au vu de ce qui se passe depuis deux jours, je n'espère plus qu'un passage un peu à vide.

Peut-on être triste quand on va bien ? Oui. Après tout, j'ai aussi besoin de ces moments là pour me souvenir de ceux qui ne sont plus là. Et Février est le mois malheureux d'un garçon trop vite parti. presque 20 ans après, à ma manière, je lui parle encore. Silencieusement.

Bonne semaine à toutes et tous

Manuel Atréide.

Wednesday, November 15, 2006 

Le monde change. Petit à petit, il perd ses vieilles habitudes. Elle tombent ainsi que font les vieilles écailles. Encore et toujours, le dragon est en mutation.

Cette mutation nous touche à deux niveaux.

Tout d'abord, la biosphère est en train d'évoluer à marche forcée. Sous l'action d'un puissant agent, la vie terrestre est en train de se refondre dans le creuset brûlant du changement climatique. De nombreuses espèces ont disparu, d'autres, encore plus nombreuses, risquent de ne pas survivre à la période de chaos qui s'est ouverte.

Or, ce changement qui survient, nous n'y sommes pas étrangers. L'humanité est cet agent mutagène qui infecte et affecte ce que certains nomment Gaia. Pour le meilleur et pour le pire, le monde de nos ancêtres s'éloigne de nous à une vitesse que nous n'avons pas encore mesurée. Il est peut être temps, encore, non pas de renverser la vapeur, mais de prendre conscience de ce qui nous quitte. De conserver ce qui peut l'être, de garder trace pour nos descendants de ce monde qu'il ne connaitront plus. Quelque part, j'ai le sentiment que nous leur devons.

Il est temps aussi de reprendre la maitrise de notre impact sur la biosphère afin de ne pas compromettre les chances de survie de la vie même. En sommes nous déjà là, me direz vous ? Le vrai problème face à cette question est que nous n'en savons rien. Nous savons que la vie ne peut pas s'adapter au delà de certaines limites. Nous savons aussi que l'effet de serre est un facteur déterminant pour le climat et, in fine, les conditions favorables à la vie. Venus nous montre que cet effet peut s'emballer et s'autoalimenter.

Les réponses suivantes sont à chercher, et vite. En cas d'erreur, il n'y aura personne pour prononcer l'oraison funebre de la vie terrestre. Pas de "nemure inoshi nemure". Rien d'autre que le vent brûlant soufflant sur la roche stérilisée.

La seconde mutation nous affecte encore plus directement. L'humanité est en train de changer, dans son corps et dans son âme.

Nous arrivons dans les pays dits "développés" à un stade de développement où nous commençons à acquérir les outils nécessaire à un contrôle très fin de notre organisme. Je passe sur le sport, les techniques de bien être qui font que les humains développent leur musculature pour le simple plaisir des yeux, par mode, sans que ces muscles ne soient plus utiles qu'un joli gazon. J'aimerais plus amener votre attention aux progrès de la médecine en matière de génétique et de recherche virale.

Le groupe des rétrovirus intéresse tout particulièrement la recherche fondamentale par ses capacités à pénétrer les cellules humaines, à modifier leur code génétique sans pour autant être systématiquement perçus comme « étranger » et de ce fait combattu par les défenses immunitaires de l'organisme. Nous savons comment remplacer tout ou partie du code génétique de ces virus par un autre.

C'est un espoir énorme en matière de thérapie génique. C'est aussi une porte ouverte sur la capacité de l'homme à créer des armes biologiques s'attaquant directement à l'enemi à l'intérieur de son corps. Voire à cibler une population ayant certaines caractéristiques génétiques. Les yeux bleus. La peau noire. Par exemple ...

Nous avons aussi, et là depuis bien plus longtemps, introduit dans notre habitat une quantité phénoménale de produits chimiques conçus et fabriqués par l'industrie. La pluspart de ces produits ne font pas l'objet d'étude quant à leurs conséquences sur l'organisme humain. Vous les trouvez partout : les produits de nettoyage, les aprets dans les tissus neufs, les couleurs des papiers peints, les solvants dans les peinture, les produits de traitement du bois dont sont faits nos meubles, la matière qui compose nos matelats. J'en passe et des meilleures.

Nous avons en Europe un taux de couples stériles qui atteint les 15%. Sans faire de relation de cause à effet, je ne peux m'empecher de dire que ces phénomènes doivent être étudiés, ainsi que leurs éventuelles interactions.

D'un point de vue social, nos sociétés humaines sont en train de subir la même pression qui est exercée sur nos organismes sur la biosphère. La mondialisation nous plonge dans un maelstrom de changements, d'adaptations sociales, de remises en cause des équilibres anciens. Un certain renoncement des vieilles valeurs s'opère, la solidarité est souvent mise à mal, au profit d'une compétition triomphante qui pèse partout. Sur l'individu qui travaille ou qui en cherche, sur les entreprises qui luttent contre leurs concurrentes pour remporter un marché de plus, sur les états, nations ou fédéraux, qui se retrouvent à se faire une guerre économique aussi sauvage que la guerre militaire a pu l'être.

Nos cultures changent, se mèlent, s'interpénètrent. Et toutes, petit à petit, placent l'argent, la valeur, la richesse non plus seulement au dessus des autres, mais comme seul point de référence.

L'avidité est elle une valeur qui peut remplacer toutes les autres ? Est-ce bon ? Comment ne pas faire le lien entre l'envie de bruler un bus au risque de blesser, mutiler ou tuer quelqu'un, et l'avidité qui pousse à toujours gagner plus, aux prix de « réduction d'effectifs », « baisse de la masse salariale », « flexibilité accrue des horaires de travail ». Et si l'inconscience criminelle de ces ados marseillais n'etait que le reflet dans le miroir de l'absence d'humanité qui est aux commandes des grands groupes privés ?

Dans un cas comme dans l'autre, il est temps de se souvenir que les conséquences de ces décisions sont subies par des individus, des hommes, des femmes. Par nous.

Je ne suis pas un catastrophiste, ni même foncièrement un pessimiste. Je suis plutôt du genre optimiste. Mais, sur des sujets aussi sérieux que la vie, humaine ou terrestre, j'aimerais que nous mettions en place les outils nécessaire à étudier, analyser, comprendre ce qui se passe autour de nous. Si certaines voies sont sans issue, il est préférable de changer de route avant d'être obligé de reculer, si tant est qu'on ait encore le choix.

La prise de conscience de ces problèmes sociaux et « écologiques » au sens large ne peut qu'être graduelle. Il est vain d'attendre une révolution qui changerait tout du jour au lendemain. Cette illusion est largement démentie par l'inertie des changements climatiques. Ou le lent nettoyage de la chaine alimentaire des polluants qu'on y trouve de plus en plus. Ou la lenteur que demande l'éducation de nos jeunes, depuis la maternelle jusqu'en faculté. Ou grande école.

Enfin, ne nous leurrons pas, tout ceci n'est plus une simple hypothèse. Ecoutez les scientifiques, les médecins, les sociologues, les spécialistes. Au besoin, interpellez les afin que leurs travaux deviennent plus compréhensibles au public dont nous faisons partie.

Car, ça a déjà commencé.

Manuel « Akira » Atréide.

Thursday, October 26, 2006 

En ce moment, si vous aimez votre pays, il vaut mieux ne pas en sortir. Vous risquez de déchanter à votre retour.

Je m'explique.

La semaine dernière, petit séjour en Espagne. C'est pas bien loin, le temps n'a pas été toujours au beau fixe, mais se baigner fin octobre dans une eau à 22°C, ça ne se refuse pas vraiment.

Bref.

je n'avais pas mis les pieds en Espagne depuis avant le début de la préhistoire. Ou presque. Ca a changé. Dingue non ? Ca s'est construit partout, ça continue, d'ailleurs. C'est propre, aussi. Bref, ca sent le dynamisme, l'envie de bouger, d'avancer, de gagner, de vivre bien ou mieux.

Retour à Paris, lundi soir. Pour cause d'effondrement du terminal 2E, on doit se taper pres de 20 minutes de roulage vers le 2F. Miam, j'aime rouler en avion. Surtout avec deux bébés qui hurlent. En stéréo. Je passe sur le fait qu'on doive se taper un bus comme il y a 50 ans. heureusement qu'il ne faisait pas un temps de chien !

Une fois les bagages récupérés, on se met en quête de la station de taxis. Le RER c'est bien, mais quand on a un ami qui se relève d'un AVC, c'est pas choucard comme mode de transport. Là, dans l'aérogare, faut chercher le panneau. Rien. Nada. Niente ! Juste un petit sigle sur une carte générale du terminal. Bon, c'est à l'autre bout. GO !

Sauf que, arrivé au bout, nous voici largué face au néant interstellaire. Les taxis sont visibles, mais pas la station. Qui se révèle être loin. A coté de l'endroit d'où nous sommes partis. Génial, faut repartir. Paul adore, après un après midi de voyage, la fatigue, la difficulté de marcher.

Là, on finit par monter dans un taxi - au passage, comment se fait-il qu'en France, les taxis ne soient JAMAIS repérables et identifiables comme tels ? Ca couterait trop cher aux compagnies d'adopter un code couleur et de peindre leurs caisses ? Mais bon, revenons a notre taxi. On fait 20 metres et on s'arrete. Alerte au colis piégé à la sortie du terminal, parait-il. patientons. 10 minutes.

Quand on finit par démarrer, on se met à rouler, mais dans la mauvaise direction. Cela dit, pas vraiment le choix, vu les travaux et les passages barrés. Pendant bien 10 minutes, nous allons à perpet' les oies, tourner et retourner sur des ronds-points paumés pour finir .... au Terminal 2 !

Et oui, messieurs dames, pour sortir de ce terminal vers Paris, il faut le quitter pour Y REVENIR ! Quand je pense que les Ponts & Chaussées sont sensés être une de nos plus grandes écoles ... Certains de ses anciens ont abusé de substance manifestement stupéfiantes. 16.5€ pour sortir du terminal, ca fait cher !

Mais bon, nous voici sur l'A1 qui nous ramène vers notre belle ville lumière. Et je me rends compte avec inquiétude que notre chauffeur de taxi présente un comportement pour le moins étrange. Son regard, passablement erratique, passe compulsivement de la route vers le rétro intérieur puis extérieur, pendant que son corps est agité de spasmes incohercibles, visiblement.

Plus flippant, ses mains - sur le volant -  sont soumises a des secousses qui me font douter du contrôle que cet infortuné asiatique est encore à même d'exercer sur son propre organisme. J'ai craint un moment la crise de convulsions !

Enfin Paris. Quelle belle ville quand même. Mais, où sont donc passés le coté propre, le coté frais, l'astuce des places de parking pour scooter, les gens dynamiques et souriants ? Pourquoi ai-je subitement l'impression de revenir dans une ville fatiguée, belle mais négligée ? Ce qui est possible a Barcelone doit l'être ici aussi non ?

Non ?

J'aime la France.

 

Manuel Atréide.

Friday, October 13, 2006 
Cette semaine, je vais faire court. Court parce qu'il est difficile de broder à l'infini sur un petit moment de perfection littéraire.

Avez vous lu "Les Mémoires d'Hadrien" de Marguerite Yourcenar ? Non ? Je vous y invite.

Vous trouverez un récit rare relatant la vie d'un empereur romain. Ce n'est pas un roman, Hadrien se voit ajouter une nouvelle dimension à son personnage déjà considérable.

Vous y trouverez un style, une plume, un maniement de la langue qui rend lourd tous les livres actuels. Le travail incroyable de cette femme a produit un livre exceptionnel dans l'utilisation de la langue française.


Vous y trouverez un moment de paix, de sérénité. Il y a des rires, de la joie, des larmes, mais avant tout, une vision sereine sur l'humain, la vie, le passage, la mort.

je viens de le relire, une nouvelle fois. C'est toujours la même émotion, le même plaisir. C'est une plume divine.

Bonne semaine.

Manuel Atréide

Saturday, September 30, 2006 

Le 20 juillet 1969, le monde a changé. Enfin, notre perception du monde a changé. Jusqu'à cette date, aucun humain n'avait posé le pied ailleurs que sur Terre. Jusqu'à cette date, nous avions toujours tous vécu sur le même sol, eu la même vision du ciel, evolué au mêmes rythmes circadiens. Avant le 20 juillet 1969; l'homme était un animal exclusivement terrestre.


Et puis, Neil Armstrong et Buzz Aldrin se sont posé à bord du module lunaire Eagle d'Apollo 11 et le premier a descendu une echelle, fait une pose, puis posé le pied sur un sol étranger. Un autre monde, un autre corps céleste. Une autre plaine.


Ce jour là, nous avons changé. Nous avons realisé qu'il y avait d'autres endroits où aller, d'autres lieux, hors de la Terre. Nous nous sommes pris à réver que nous pourrions nous approprier le ciel et les étoiles. Oh, non plus seulement dans les romans de science-fiction, mais réellement.


Ce jour là, deux hommes nous ont ouvert les cieux.


Mais, je crois que nous avons eu peur de notre audace. Certes, il y a eu d'autres missions Apollo sur la Lune. Certes, nous avons une présence en orbite quasi permanente depuis des decennies. Certes, nous avons envoyé nos yeux, nez, oreilles et mains robotisés un peu partout dans le système solaire. Mais, comment se fait-il que l'homme se soit arreté d'aller sur la Lune ? C'est un peu comme si, après la découverte des amériques par Colomb, on se soit dit en Europe « bon, voilà, on a découvert un nouveau monde, on est content. » Et que tout le monde soit retourné vaquer à ses occupations.


j'entends dire ça et là : « pourquoi envoyer des hommes sur la Lune, pour faire quoi, au nom de quoi, pour gagner quoi ? » Bien piètres questions. Déjà, l'homme a de nombreuses raisons pour retourner sur la Lune. La Lune permet de faire un nombre incroyable de choses qu'on ne fait pas sur Terre. Les possibilités offertes dans le domaine scientifique sont innombrables, de l'installation de grands téléscopes optiques ou radio, à l'abri des pollutions de notre civilisation si effrénée, à la recherche des conséquences sur le vivant des radiations solaires, la pousse des plantes soumises à une gravité différente, le travail de nouveaux matériaux ...


Je suis étonné de voir à quel point nous sommes timorés. Que de choses ne ferions nous pas là bas ? Combien d'industries pourraient s'y developper sans risque de détruire un écosystème si fragile. On m'objectera que c'est aller polluer la Lune. Oui, mais en l'absence d'atmosphère, on peut facilement être amenés à récupérer les gazs emis, ne serait-ce que pour les recycler.


Sans compter qu'une présence humaine permanente sur la Lune serait un cadre de travail idéal pour envisager toutes les conséquences d'une vie humaine dans d'autres lieux du système solaire. La Lune pourrait devenir le laboratoire de la colonisation humaine.


Enfin, depuis quand l'humain résiste-t-il à l'attrait de la découverte ? A la joie du neuf ? Au plaisir d'aller plus loin, voir ce qui s'y cache ?


Le président Bush a lancé l'idée de retourner sur la Lune d'ici quelques années, avec un programme très axé sur la colonisation, pour ne pas dire la conquête. Sans parler beaucoup des moyens qu'il allait affecter à ce programme. Je sais que beaucoup sont septiques et doutent de la concrétisation de tout cela.


Ce qui me gêne, moi, c'est que ce programme soit issu de la volonté d'une seule nation. Poser le pied sur la Lune c'est une chose, y installer une présence permanente, c'en est une autre. Occupation vaut possession, souvent dans ces cas là. Accepterons nous d'avoir une Lune américaine ? Des cieux US ?


L'Europe est devenue une grande puissance spatiale. Arianespace est un leader mondial, nous programmes d'explorations sont certes encore modestes par rapports aux programmes de la NASA mais ils sont salués comme intelligents, bien conçus, très rentables économiquement et scientifiquement.


Nous devons désormais prendre les américains au mot. Retourner sur la Lune ? Chiche ! Mais y retourner ensemble, dans le cadre d'un programme international, pour une présence permanente non plus américaine, mais simplement humaine.  Avec un effort partagé sur les technologies à développer, et des retombées partagées sur les bénéfices retirés.


Faute de quoi, nous risquons de louper l'un des prochains sauts technologiques. L'Europe peut-elle se permettre d'être à la traine une fois de plus ? De toute évidence, les industries de pointe vont largement bénéficier des crédits affectés dans cette aventure. Il est aussi évident que la Chine ne laissera pas un programme spatial de cette envergure se faire sans elle. Et il est fort à parier qu'elle le développera elle même, en cas de pusillanimité américaine. Si nous restons à l'écart d'un tel mouvement, nous serons décrochés technologiquement et industriellement. De créateurs, concepteurs, nous deviendrons simples clients et pour finir, quémandeurs.


Et si il devenait vital que nous décrochions la Lune ?


Manuel Atréide.

Monday, September 25, 2006 

Septembre 2006, 7 mois avant une élection considérée comme majeure en France.

La météo, les affaires internationales, les risques terroristes ou même une recrudescence de la grippe aviaire de la vache folle du mouton, aucun de ces sujets ne fait aussi follement saliver les médias « médiatiques » que la bataille qui s'ouvre – sérieusement, maintenant – pour déterminer qui aura l'insigne privilège de dormir au palais de l'élysée dès le printemps prochain.


Il faut dire que cette année, on nous promet du sport et du changement. Il est l'heure d 'un « renouvellement générationnel », paraît-il. C'est beau comme l'antique. On en veut, encore et encore et encore. Renouvellement générationnel, ca claque comme une pub, ça vous fait un titre de "une" parfait ... C'est sans doute même un programme politique révé. Pardon, c'est forcément le programme politique révé puisque c'est le seul point, le seul, qui interesse les médias en permanence.


D'ailleurs, qui se soucie de programme en fait. Qui en a un ?


Ségo ? Il paraît que non. Enfin, de temps en temps, quand son programme ressemble étrangement à celui de Sarkozy. Comme quoi, on peut ne pas avoir de programme et faire en sorte qu'il ressemble à celui du voisin.


Sarko ? Il a un programme. Etre président. De toute façon, ses autres idées sont citées de manière anecdotique. On préfère s'attacher à relayer ses petites phrases, ses petits dérapages, ses petites crises. Et les commenter. Et les faire commenter. Par d'autres journalistes. Par d'autres candidats.


Les autres candidats ? Ah oui, les autres .... Grande nouvelle, il y a d'autres candidats à l'élection présidentielle. Mais bon, soyez bien conscient qu'ils sont là pour le décor. Ce sont ce qu'il est convenu d'appeler, des candidatures de protestation. Ou de témoignage. J'aime ces qualificatifs. Une candidature de protestation. Qui proteste ? Contre qui ? Et pour obtenir quoi ? Une candidature de témoignage ... témoigner de quoi et devant quelle cours de justice ?


Ma foi, on s'en fout puisque ils ne comptent pas. Ils sont là pour l'arrière plan, comme figurants. L'élection présidentielle, il est temps que vous le réalisiez, messieurs dames, c'est un spectacle. Un show politique grandeur nature, l'emission de télé realité ultime. Nous sommes en train de préparer le casting mais les vainqueurs ont deja été désignés par le système. Ben oui, ce qui compte dans les concours, c'est moins la compétition que la vente des produits dérivés. Et coté merchandising, Ségo et Sarko sont imbattables. Ils font un tabac à chaque apparition, ils sont aisément reconnaissables, ont une large audience potentielle. De vraies bêtes de concours pour nos journalistes.



Ah, nos fameux journalistes télévisuels .... il vous faut les voir, avec leurs yeux brillants, la bouche entre ouverte, prête à lacher une exquise phrase ciselée qui n'attend que le moment idoine pour faire son petit effet. Et ne vous y trompez pas, l'élection présidentielle, à leurs yeux, n'est pas une course à l 'élysée, c'est une compétition impitoyable entre journalistes politiques, experts des médias, sondeurs, universitaires, chroniqueurs. Chacun roule pour un poulain, soi même de préférence. Et si vous pensez que l'ambition est une caractéristique des politiques, essayez les journalistes, je suis persuadé qu'ils en remontreraient même à un Chirac, pourtant orfevre en la matière.


Alors, nous sommes en campagne présidentielle. Mais regardez bien où vous mettez les yeux et les oreilles, où même le cerveau. Les médias ne sont pas tous aussi objectifs et à votre service que nous aimerions le croire. En tout cas, le spectacle vaut le coup d'oeil, surtout quand on arrive a décrypter ce qui est sous-jacent.

Allez, courage, plus que 7 mois !

 

Mano Atréide

Thursday, September 14, 2006 

Bonjour à vous ...

Nous voici en septembre. Ma saison préférée est en train de démarrer. Eh oui, j'aime l'automne. Après les chaleurs de l'été, les soirées interminables, la douceur de vivre, le farniente .... la plage dans certains cas. Septembre signe le retour au quotidien. Le retour au banal. Le retour de Paris, aussi.

Paris, en été, c'est un Paris révé. Presque personne, les rues calmes. Les parisiens ont déserté, il ne reste que quelques touristes un peu perdus dans cette immensité minérale, vide, les rideaux des magasins de détail baissés. La foule se concentre sur les quais, pour fêter comme il se doit l'arrivée de la mer sur les berges de seine. Les Champs Elysées, la Tour Eiffel, ainsi que les grands musées sont eux aussi epargnés par la pause que prend la ville du 15 juillet au 15 aout.

L'atmosphère de la dernière quinzaine d'aout est souvent étrange. Les gens rentrent petit à petit, avec du soleil plein les yeux et plein la peau, des regrets plein la tête. On reprend le travail, mais souvent au ralenti. Tout le monde n'est pas encore là, les clients sont souvent dans la même situation. bref, un vrai petit sas de recompression qui dure de 15 jours à trois semaines, jusqu'à la rentrée des classes.

Ca n'est qu'à ce moment là que la ville se défait de son habit d'irréel qu'elle a endossé mi juillet pour retrouver son visage de toute l'année. Fini les rues vides et chaudes, fini le métro tranquille, sans bousculades ni courses dans les couloirs de correspondance. Paris, la ville des touristes s'efface devant la ville que chaque parisien connait si bien : une ville rude, difficile, efficace, souvent peu polie et toujours impitoyable.

Pourtant, c'est à ce moment là qu'elle se pare à mes yeux de ses plus beaux atours. Le soir qui vient plus vite, la température qui baisse. J'aime voir les trottoirs parisiens, les soirs humides de septembre, luisants sous les phares des voitures de l'averse qui vient de tomber. On commence à ressortir les pulls irlandais en laine écrue et torsadée, on se presse pour faire ses courses avant de rentrer chez soi.

Un chez soi dont on redécouvre le coté chaleureux, confortable, accueillant. D'accord, pas toujours. Mais quand même, malgré l'inconfort des studios et chambres de bonnes occupés par les étudiants, combien l'echangeraient contre un truc en banlieue, même proche ?

Que voulez vous, j'aime paris. je l'aime toute l'année, et particulièrement en septembre, avec ses arbres ors ou fauves qui passent lentement, délavés par les pluies, échelevés par le vent. Paris, ville lumière qui se regarde dans les miroirs d'eau de ses flaques et de son fleuve.

Je dois quand même avouer qu'il me manque quelque chose, à Paris. Et c'est un manque très paradoxal pour une ville que tant de gens n'hésitent pas à qualifier de "plus belle ville du monde". Paris, ville lumière, cité des amoureux, a perdu son ciel nocturne.

Car oui, il n'y a plus d'étoiles au dessus de Paris. La nuit sombre, piquée de ses traditionnels éclats de diamants s'est transformée en une bouillie de rouge, d'orange, de gris. Ici, on ne lève plus les yeux, ici les etoiles sont sur les frontons des théatres et des cinemas.

J'aime ma ville, plus sans doute que je ne veux bien le dire. Mais, les étoiles me manquent. Infiniment.

 

Manuel Atreide.

Monday, September 04, 2006 

Parlons donc un peu de bouffe, de nourriture, d'aliments, de cuisine, bref de plaisir. Que diable, nous sommes en France !

Je ne sais pas comment vous envisagez la chose, mais j'aime faire la cuisine. j'aime me trouver devant les plaques, les poeles et casseroles pretes à l'emploi, les ingrédients sortis et à portée de main, une recette sous les yeux. Ou même tout bêtement une inspiration, une idée, un petit flash.

Du genre, et si je mélangeais ci et ça ? Et si je faisais mariner ceci dans celà ? Et si ...

Et si tout compte fait c'était bon ? Et si tout compte fait ça plaisait aux ceusses qui vont gouter votre "création" ? Et si, en cuisine, on prenait le risque d'inventer un petit bout de bonheur ?

J'avoue, je cuisine plus vonlontiers quand je sais que je vais avoir un auditoire de mandibules avides, de nez frétillants, d'yeux curieux. Cuisiner pour moi tout seul, c'est non seulement long et fastidieux, mais il manque surtout ce regard que les autres ont quand vous leur servez un plat qui a l'heur de leur plaire.

Cuisiner, c'est apporter du bonheur à manger, un peu de soleil dans une assiette, un sourire dans un verre. Cuisiner, c'est non seulement passer du temps en cuisine, mais aussi penser à la présentation des plats, à dresser joliment une table pour faire plaisir à ses invités, sans tomber dans l'excès de formalisme bien sur.

Enfin bref, j'aime ça. Et visiblement, je ne rate pas toujours mon coup. Mais bon, un petit mot d'introduction sur un sujet aussi vaste, ça n'est pas fait pour s'étendre. patientez donc encore un peu pour les recettes et les anecdotes ...

Et en attendant, bon appétit !!

 

Manuel Atréide

Thursday, July 20, 2006 

Ainsi il est de retour. De retour aux USA, de retour sur les écrans. De retour dans les coeurs aussi.

Selon l'histoire, il a été absent pendant quelques années, mais dans notre monde réel, il a disparu du grand écran depuis bien longtemps. Ses amis et collègues ont pris sa place, certains ont fait une grande carrière.

Bon, d'accord, on va m'objecter que si le grand écran pleurait son absence, il a été très présent à la télévision, par le biais de plusieurs séries à succès. Mais bon, la télévision n'est-elle pas un peu exiguë pour une telle stature ?

Superman has returned. Et il était temps.

je suis allé voir ce film, un peu par hasard, un peu par envie, beaucoup comme on s'offre une petite régression dans le temps, un plongeon dans une époque plus simple, plus heureuse, plus enfantine. Je n'ai pas été déçu. Musique, décors, look ... Superman est revenu, à peine changé par les effets spéciaux. Même l'acteur a une tête de clone de C. Reeves ... Le dernier film de Bryan Singer fleure bon la nostalgie, l'envie folle d'arrêter le cours du temps, le retour aux jours heureux d'une Amérique insouciante et protégée.

Ce qui m'a frappé, c'est à quel point le personnage de Kal-El est positif. Loin de la noirceur et de la folie d'un Batman, loin des angoisses, de la colère et des révoltes des X-Men, aux antipodes des doutes d'un Peter Parker, Superman est un bloc de bien. Il est prévenant, attentif, dévoué. Et déterminé à ne pas laisser l'humanité s'adonner à ses péchés mignons. On le dépeint souvent comme un grand naïf, un peu lourdaud, un peu bêta, limite simplet, mais il fait appel à ce qu'il y a de meilleur en nous. Superman, c'est un peu le bon dieu sans la menace de l'enfer.

Mais, Superman c'est aussi le bouclier absolu. Il protège de tout, même du pire. Et il protège d'abord et avant tout les Etats-Unis.

Alors, Est-ce un hasard si son retour s'opère maintenant ? Derrière ce film, n'y a-t-il pas à Hollywood le sentiment confus que les USA sont en danger, vulnérables, à la merci d'un monde qui de plus en plus les rejette et les hait ? Peut être.

Y a-t-il aussi autre chose ? Superman est véritablement le personnage emblématique d'une Amérique confiante, sûre de sa force et de son bon droit, ayant au coeur la volonté indestructible d'être le guide bienveillant, aimé et juste d'un monde déchiré. En somme, tout ce que les USA ne sont pas, ou ne sont plus.

En somme, et si Superman était l'anti Bush ? Bryan Singer ne nous a-t-il pas là délivré un message subtil ? Après la paranoïa, la peur et la doctrine de la fin qui justifie n'importe quels moyens, le cinéaste doué ne dit-il pas qu'il est temps d'en revenir aux valeurs de base de la société américaine ? Si cest le cas, ce film est avant tout destiné au public d'outre-Atlantique. Et le prescripteur du message est sans aucun doute ce qu'il pouvait trouver de plus fort pour les américains à part le Christ.

Superman  returns. Oui. Il était temps, je crois.

Manuel Atréide