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kawtar



Last Updated: 5/24/2009

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Saturday, March 08, 2008 

En d'autres temps, en d'autres contrées, sous d'autres vents

Sur des terres qui transpirent encore des morts les relents

Sur la fange encore ocre du sang des innocents

Encore suante du labour, puant le labeur

Sur les ruines d'empires brûlés

Caressée par la bruine, s'élève le fumet

L'odeur de peaux, d'os et de chair

D'oripeaux de coeurs en jachère

Là où résonne

L'écho de la complainte des martyrs

L'éclos de l'étreinte des sylphides et des satyres

Nous étions, corps labourés, offerts à leurs terres

Serfs soumis à la fauche et aux fers

Bouches aux abois, âmes en effroi

Coeurs moulés à l'empois de la faim et du froid

Nous étions convois de chiourmes, charrois de chaire

Sous la courroie, chevreaux en prières

Dans la poitrine, une vieille fierté tuméfiée

Dans les yeux, un air de défi asphyxié

Plantations de coton, champs d'arachides,

La glaise saigne nos ardeurs arides, lèse nos mains d'ébène

N'en déplaise à ceux qui posaient à nos poignets les chaînes

Nous sommes, bêtes de somme, non plus des hommes

L'âme blême en nos sombres dermes

L'échine courbe mais le moignon ferme

Mais c'est bien en nos mains que la graine germe

C'est bien en nos mains que la graine germe

En nos cases de torchis, nos corps cravachés

Crachent dans la nuit, nos âmes d'écorchés

Car il y a dans nos nuits toute la fierté de nos coeurs

Il y dans nos nuits toute la fierté de nos coeurs

Katoucha ôte son foulard et défait ses tresses

Elle agite autour du feu son corps de déesse

Dans ses yeux éteints rougeoie le brasier

Aux rythmes des chants que claironne son gosier,

Nous étions fétus de paille, rameaux d'osier

Nos paumes noires de sang et de cendre

Battent la mesure sur des barils et des grelots d'acier

Les femmes cambrées sous leur pagne

Frétillent comme feux follets en campagne

On pile dans les mortiers quelques graines de sésame

Des fragrances d'encens s'échappent des flammes

 Les effluves de sueur qu'exhalent des corps suaves

Les poitrines d'ébène s'ébrouent au rythme des raves

Des sourires charnus, et des transes charnelles

Des charmes lascifs et d'éternelles ritournelles

Il y a dans nos liesses païennes, toute la piété de nos fureurs

Il y a dans nos ivresses, le refuge de nos terreurs

Il y a dans nos nuits, toute la fierté de nos coeurs

Il y a dans nos nuits, toute la fierté de nos coeurs

Thursday, June 21, 2007 

 

 

Et si j'en veux et si je vis c'est que j'envie la vie de ceux ..

Qui se saoulent de leurs envies, sans se pendre à la survie

Et si mes aveux me désavouent, je me fous de leur avis

Car ce ravin que je gravis et qu'on ose appeler la vie

Ne me fais déjà plus envie…

Si souvent je vocifère à Lucifer de me laisser crépiter en ses enfers,

C'est que je palpite du même feu et je bats du même fer

Alors, laissez moi vanter l'absurde,

Ne cherchez pas à m'absoudre, je veux vider la clepsydre

Séduire cerbère et égorger l'hydre

Abreuver les avens de vin ou de cidre

Laissez moi

Appâter les pythons et épater les pantins

Peloter les catins et payer les putains

Je veux

Atteindre les tréfonds de mes plus bas instincts

Laissez moi

Inventer l'insensé et encenser l'impensé

Ensemencer l'innocence et asseoir l'indécence

Absorber sa quintessence et transgresser toutes les sentences  

Y'a-t-il plus de sens

A croire encore que le vin et le porc pervertissent l'âme et pourrissent le corps

Faut-il avoir foi en ce qui entre dans la bouche ou en ce qui en sort

Vaut-il mieux être diffamé ou affamé ?

Etre taxé d'enflammé ou de malfamé ?

 Y a t'il plus de sens

A croire qu'il existe ici-bas un sexe faible et un sexe fort

Faut-il jeter l'opprobre mais surtout rester sobre,

Et si je déflore le lys et bois son sang dans le calice

Si mon phallus pénètre les merveilles d'Alice

Et si je crois moins aux livres saints qu'aux vérités de la Palisse

Je me fous de l'image que me renvoie la psyché

Juste pardonnez moi mon père car j'ai péché

Et si je crois curer mon âme à la clémence d'un curé

Qui  confesse ma démence, entre fellation et cuvée

Qui me promet de me récurer, que mes écarts seront lavés

Alors  je m'en vais même faire mes ablutions

Et pour faire valoir la pureté de mes intentions,  

Je m'en vais me voiler la face et même manger cacher

Je suis prêt à vendre mes chacras aux enchères

Je trouverais bien un sorcier à qui en faire don

Pour achever la dérision et obtenir tous mes pardons

En bon croyant je boufferais de la dinde pour Noël et j'égorgerais même le mouton

Et je vous jure sur la torah, je n' lèverai le sabre qu'au nom d'Allah

Je me laisserais pousser la barbe et je porterai même la kippa

Non, je ne serais pas de cette farce-là le dindon

Et tant pis si, je dois pour cela griller sur les chardons

Mais si le sang continue de battre dans mon aorte

Que l'ivresse m'emporte si je marche derrière la cohorte !

Que l'ivresse m'emporte si je marche derrière la cohorte !

Amen

Sunday, June 10, 2007 

Il est de ces mystères qui traversent les temps

Ces contes qu'on a su taire mais qui percent les vents

Des histoires noires que l'on souffle certains soirs

Des miroirs qui ne moirent que pour l'œil qui veut les croire

On raconte que, sur les étendues de glace de Sibérie

Dans les sables mouvants de Gobi

Il est un minéral que les cieux ont enseveli

Dans son cristal précieux ils ont enfoui

Le pétale des dieux qui donne l'éternelle vie

Cette pierre pure enterrée dans le désert de glace

Dispersée en sept points sur tout l'atlas

Renferme le cœur du Prince Ouncalas

Ce Prince maître du royaume d'Aborada

Disparu dans les abysses de la mer de Marmara

Là au fond des eaux, là où coulent des fontaines de sulfure et de souffre

Les hommes ont trouvé le bréviaire au fond du gouffre.

 

Ecrite en lettres d'or, la confesse du prince

Pour la princesse du royaume de Bérince :

 

« Pour vous , je couvrirai de sable les mers du monde

J'arroserai d'érable les terres fécondes

Je marcherai jusqu'au jour du  jugement dernier

Je donnerai mon âme pour pas un denier

Pour mettre ma vertu à vos seuls pieds

Pour vous, contre  les vents, les tempêtes les marées

J'arroserai de mes larmes les terres infertiles

pour cueillir l'unique rose de mes mains malhabiles

et si, au bout de mon périple, quand se tarira ma dernière larme,

si n'apparaît votre visage qui mon cœur désarme

alors, alors,

je me ferais chapelet entre vos mains,

100 fois égrener vos lendemains,

Etre, pour naître dans votre écrin.

Ainsi à me mouvoir au creux de vous,

Peut être , peut être et au risque de n'être qu'un fou,

Peut être apprendrais-je  vos 99 sens,

Saisir ce qui en vous m'encense

Conjuguer mes 99 perles a votre danse

Et comprendre une fois, une seule fois

La 10ème possibilité qui contient la foi…

Alors, alors s'emmêleront le lierre et la pierre

11fois…

Le jour de l'ultime prière… »

 

La princesse troublée de ces propos,

Tatoua à même sa peau

Ce qui changea le destin du royal drapeau

Le bréviaire rapporte la réponse qui suit :

 

« est -ce un blasphème si,
je réécris les termes du phème
si le chapelet, j'essaime  
et par toutes les mers je le parsème
de celle des Andaman à celle des Amundsen...
si tu deviens Chapelet entre mes mains
je préfère te répandre par vaux et leurs seins
ainsi chaque grain que je trouverais sur mon chemin
sera de ma Connaissance du monde le parchemin
ainsi chaque grain sera un peu de toi
un pore contenant la pléthore de ces ors
je m'amuserais dès lors à courir les contrées
les abysses et les îles cachées
pour reconstituer les perles de mon collier
ainsi tu m'éviteras la chute, inéluctablement… »


 Le Prince bienheureux d'un tel destin

Pria le ciel de le mettre entre les mains

De celle qu'il aimait d'instinct

Une vie, pour marcher sur ses empreintes dispersées...
N'étais-ce ce pas là lui laisser le temps?
La princesse pleura longtemps son vœu malheureux

Mais fidèle à ses propos elle essaima dans les terres et les eaux

Son cher prince devenu perles noires

elle courut  son existence par monts et vaux

promenant en des terres inconnues son cœur dévot,

chaque point ou se trouvait une des perles de son collier princier

devenait lieu de pèlerinage pour son âme émaciée

chaque coin du monde fut lieu sacré,
sur ce chemin de nacre ou de craie
chacun point du monde fut lieu de prière
et se soudèrent la pierre et le lierre

 par les infinies possibilités de l'énième dixième
la connaissance du monde n'eut plus pour elle de secret.

Il  en demeura une  pourtant
une pierre unique perdue dans un désert de glace
un mystère qui traversa les temps
dont elle aura perdu la trace

alors, alors
on soufflera certains soirs, cette étrange histoire
d'un prince d'ébène qui s'est fait perles noires
pour comprendre les 99 sens d'une âme égarée.
Cette âme l'a alors disséminé pour mieux le retrouver
on racontera le mystère de cette perle unique ensevelie
dans les étendues de glace de Sibérie,
ou dans les sables mouvants de Gobi...
Le pétale des dieux qui donne l'éternelle vie…

 

Est-ce un blasphème, si...
Cette ultime pierre devint emblème de...?
Wednesday, May 16, 2007 
comme des touaregs qu'égarent un mirage
comme des salamandres qu'effarent les marécages
comme les méandres qui mènent aux ruines de Carthage
comme les silhouettes maigres des fauves en cage
je suis l'égarée
perdue entre un des pics de l'Himalaya
et l'abîme des Bermudes
me cherchant dans les temples maïa
ou sur les plages des mers du Sud
flirtant avec des dieux vaudous
que je trompe avec des bêtes de foire
brûlant mes rêves à l'amadou
et hypnotisant mes cauchemars

je suis égarée
Parmi ses femmes sucrées
de mon Maghreb fœtal
Et ses suaves nacrées
de mon occident distal
Prêchant des émotions factices
En dupant mon propre cœur
péchant par défaut de vice
en étriquant ma fausse pudeur

Heureusement, heureusement, il y a les mots
Des mots qui louvoient et qui parfois me fourvoient.
Et j'affûte mon fleuret,
Mes mots ignorent l'omerta,
J'affleure de mots dépravés,
Et des autres bourgeois
Je brave de mes mots rebelles ces verbes courtois
Les miens sont nomades, mes mots eux ont l'audace
Alors je peux être le marquis de Sade, ou le roi Midas
Devenir Anne Franck ou bien Jeanne d'Arc
Etre à Samarcande ou bien à Central Park

Il suffit de dire et c'est là que je deviens

Alors, alors je ne suis plus l'égarée
Juste l'envoûtée
Moulant mes phrases dans des sables mouvants
Enrobant mes frasques de mots galants
Je peux souiller le vrai
Et dépouiller le néant
Remplir ce trou de grès
Ou le laisser béant
Je peux être la louve
Qui allaite Romulus et affame Remus
Je peux être le germe
Qui transforme les cendres en humus
Je veux être alchimiste
Pour changer le plomb en or
Je veux être anarchiste
Et libérer l'espoir de la boîte de Pandore

Il suffit de dire et c'est là que je deviens

Dans la Grèce Antique, j'ai dû être métèque
Pas de ceux qui se courbent en salamaleks
Sûrement au Moyen-Âge
J'étais l'idiot du village
A l'époque de louis XII j'ai dû être courtisane
Plutôt qu'être l'épouse, que l'église me condamne
j'hésite aujourd'hui à être une femme de mon temps
de celles qui troquent un cow-boy contre un sex-toy
peut-être un jour je trouverai le cran
d'adopter enfin l'attitude destroy

je ferais bien pour vingt ans le périple d'Ulysse
qu'importe Pénélope
je suivrai les sirènes jusque dans les abysses

j'enverrais des billets doux au Dalaï-lama
histoire qu'il songe à démêler mes karmas

Il suffit de dire et c'est là que je deviens

et je siffle des vers comme on souffle des youyous
J'aligne des voyelles qui épousent des voyous
De chastes consonnes que je dépucelle
Et je pense de tout ce babil, reconstruire Babel
De lettres habiles, réconcilier Caïn et Abel
Libérer ces bleus des mains de Gargamelle
Et mettre de la soupe dans toutes les gamelles

Il suffit de dire et c'est là que je deviens
Il suffit de dire et c'est là que je deviens

Et je crains les grumeaux de mes mots
Les caillots rugueux quand cicatrise l'écriteau
Rien que des globules… ,
comme mon rimmel qui coule
Quand mes mandibules
Embrassent la foule
C'est le bouche- à- bouche ultime
D'un mot-à- mot intime
Le baiser de l'Archange sur les lèvres de l'hydre
Pour que s'écoule le Gange avant que ne se vide la clepsydre
Pour que se vautre dans la fange et renaisse cette larve hybride
Etre libre enfin sans lâcher les brides

Il suffit de dire et c'est là que je deviens
Il suffit de dire et c'est là que je reviens
Friday, April 27, 2007 
Je t'offre humanité, un bouquet de flèches empoisonnées
Je t'offre, des javelots acérés, de curare assaisonnées
Il s'échappe des relents de souffre de tes antres
Un bûcher juché sur ton épicentre
Et la damnée se débattant sur ton ventre
Elle hoquette , la damnée
Attendant qu'on l'éventre au rythme des chantres
Sous les hourras de la pègre grisée,
Et les sourates du peuple chamanisé,
On calcine aujourd'hui la libre-pensée
Tu as cédé, humanité, à l'impure ordonnance des gueux
Tu as aidé humanité à la censure qu'imposent les preux
L'incontinence des sens, du sens ?
La délivrance, celle qui se gorge de ta concupiscence …
Humanité, tu a suicidé la pensée
Tu n'as sans doute pas vu,
Toute occupée a te soucier de peut-être et de semblant,
Arguant, indolente tes postiches vampirisant,
Empochant le bakchich des beaux et des puissants,
Débauchant les derviches et muselant les dissidents,
Que se mourrait la pensée, tuée de balles à blanc
Tu bois aux goulots de la couleuvre qui te livre ses lèvres
Et tu es ivre pauvre folle,
Car, car, j'ai dû esquisser un rictus,
Devant l'humanité, titubant, dans les bras de Bacchus…
Car j'ai vu des coulées suaves, des ruissellements de sang
Une veinule qui gicle, et le corps évidé de l'innocent
Tu as vénéré les corrompus et raillé la vertu
Je t'ai vu ériger des totems aux parvenus
Et refuser l'albumen aux dépourvus
Marcher sur les oubliés,
Et te demander si l'on doit ouïr leurs prières ou jouir de leur misère
Tu cours pauvre folle dans un cerceau qui tourne dans le vide
Et tu subiras tous les jours le dilemme de Chimène et du cid
Je vois et je vois tous tes phanères qui se déploient
Les ongles de tes vingt mille doigts
Les furoncles de tes milliers de lois
Tes sentinelles et leurs cinquante bouches aux abois
Vaine sottise et sotte vanité
Pourquoi ????
Qui ? qui ?
Qui des putains ou des puritains finiront sur le bûcher
Ou ceux, les insurgés, pour les vérités qu'ils ont crachées
Et si, et si, et si tu as chanté exaltée, le fabuleux destin de l'enfant né sous x
Si tu peines à ramer dans les eaux troubles du Styx,
Ménages tes efforts, ici, il ne coule pas de potion de Panoramix
Tu erres, ma garce, sans domicile fixe
As-tu seulement hésité entre convictions et conventions
Demain tu hésiteras entre enfer et damnation
On ne tue pas comme ça dame nation
On ne tue pas comme ça dame nation
Paroles d'insoumis…
Sunday, March 25, 2007 

depuis peu, tout le monde me bassine avec mon cheveu sur la langue, à peine perceptible!!!!!!!!!!!  j'accuse le coup 

mon "s", ma révérence, ma sentence

juste un soupçon de sable, un cil semé au seuil de ma bouche,
une pincée de sel et dont j'ignore la souche,
un poinçon estampillé sur les strophes dont j'accouche,
que je te sussure ou te hurle, que je te tousse ou t'émousse, te dénonce ou doucement t'annonce, tu soudes mon "s" insoumis mes saillies verbales.
Mais indocile et insatiable, à coup de "s" ou de "t " , décidément intarissable, je te scande, oh toi, mon "s" viscéral.
Juste soif de sifflements au sommet de mon verbe instable, oui, je serai le soprano de mon "s" abyssal.
Sucre en poudre, acide ou soude caustique, astique ou mastique mon phrasé de toi, ma duchesse, ma maîtresse, ma douce traitresse, je ne veux m'absoudre.
 Ce "s" célébré, cette altesse de l'alphabet, c'est le fil de soie, et mon tissu de mots il lui faudra coudre. Juste un soubresaut cisaillant ma spirale vocale.
Un parasite vissé dans ma brousaille lexicale
un moustique suçant le suc de ma chanson
un tic coincé aux commissures de mes ultrasons
insistant, persistant, desistant
mon "s" escamoté, mon "s" concassé, jaspire à t'escrimer, j'espère te sublimer, toi, mon musc corsé mon "s" estropié 
que je hausse la consonne ou baisse la voyelle, que te souffre ou t'amoure, tu sangles de ton bruissement ciselé mes sourcilleux sourires 
alors satyre ou martyr de mes vers , saphir ou pierre de nacre, sacre ou salissure, sûr ou incertain soupir, fantasme ou simple imposture, mon "s", ma meurtrissure, ma douceur ou ma douleur, délice ou maléfice, que tu fusses ou que tu sois, que je t'aimasse ou te haïsse, sois mon ver à soie, sois safran, épice noble de spasme psalmodié, l'ultime soupir de ma poésie, ma révérence, ma sentence