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CHRONIQUE BARBARE Parler de tout ce qui nous entoure et qui enferme

Pruine



Last Updated: 2/28/2009

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Saturday, February 14, 2009 



Nouveau blog qui déchire CONTRE-JOURNAL
et page Face de Book diXie FOUCHER




Wednesday, December 03, 2008 

Ah tiens, il paraît que c’est la crise. Mais il paraît aussi que c’est bientôt noël. Alors on pleure ou on se fait quand même des cadeaux ? si vous optez pour la seconde option, il existe des sites Internet bien cool pour offrir du bonheur. Avant de dormir dehors.

Noël dans la tourmente ne doit pas nous empêcher de faire ripaille. Surtout si ça doit être la dernière fois qu’on rigole avant longtemps, récession oblige.
Mes biquets, au boulot ! Il est temps de s’occuper de ceux qu’on aime en choppant fortement sa souris.

Première idée, un super tee-shirt pour son (sa) meilleur(e) pote. Direction La Fraise. Ce site imprime et vend des fringues aux graphismes rigolos ou poétiques. Tous les dessins édités sont créés par une communauté de fans et seuls les mieux notés sont édités. Les prix sont corrects, surtout pour avoir un tee original. Autre point fort, le système d’option d’achat sur les graphismes soumis aux votes permet d’avoir une ristourne.

Deuxième idée, un petit quelque chose pour sa moitié. Cliquez sur  French Touche ou allez directement dans la boutique parisienne. Vous y dénicherez toujours le détail qui tue. Du badge à 5 euros au collier à 200 euros, c’est une caverne aux trésors. Des bouquins, des doudous, des fringues, des luminaires, … Il y a de tout à tous les prix. Cerise sur le gâteau, tout est fabriqué par de jeunes créateurs en petite quantité. Les vendeuses sont charmantes et font de jolis paquets.

Troisième idée, un cadeau déco pour tantine ou un gadget fun pour tonton.  La chaise Longue est ce qu’il vous faut. Là encore, vous n’êtes pas obligé de vous ruiner. Vous pourrez décorer toutes les pièces de la maison avec plus ou moins de bonheur et même gâter votre animal de compagnie. Truc de ouf.

Quatrième idée, du design pour ceux qui le valent bien. Oui Made In Design c’est bien, mais c’est la gamme au-dessus. Pour les amoureux des beaux objets c’est the place to be. La sélection est pointue : De Alvar Aalto à Starck, du design scandinave à l’italien, par marque, par designer ou par prix, toutes les recherches sont possibles. L’équipe du site est efficace et les livraisons rapides. À vous de bichonner votre intérieur.

Enfin, dernière idée pour le frérot un peu geek sur les bords,  Firebox. Mine d’or pour gadgets inutiles (mais pas que) et donc indispensables. Vous y trouverez des clés USB façon lego, un chargeur solaire, un stylophone (!) et même des lunettes pour se mater ses vidéos tranquilou. Seul inconvénient, ce merveilleux site est uniquement en anglais. Prévoyez donc un dico et un temps de livraison plus long.

Offrons malin et original sans passer forcément par les grandes enseignes.
Bonnes fêtes sur le net.

Wednesday, December 03, 2008 

Le Français est un enfant. Rebelle, taquin, parfois impoli (si si), c’est un gamin ingérable.

- Il monte des groupes de « radicaux de gauche » en cheville avec le
terrorisme international (dont le noyau dur se trouve dans la Creuse
c’est connu) ;
- il fait grève sans prévenir (du coup la grève devient gênante, c’est pas gentil) ;
- il ne veut pas dormir en centre d’urgence et préfère mourir dans la
rue (c’est pour dire si ces fameux centres sont accueillants) ;
- et il ne consomme plus.

Oui, le Français est colère. Et sans raison en plus.

Résultat, le dirlo se fâche tout rouge.
Et hop, on fout les gosses de 12 ans en taule, on organise des
descentes policières au collège, on devient plus sévères avec les
journalistes, les malades, les possesseurs d’horaires SNCF, les
automobilistes, les gros, les pauvres, etc…

Mais ça pourrait être pire.

L’État pourrait nous dire quoi manger (genre 5 fruits et légumes par
jour, la blague), il pourrait nous priver de clopes et d’alcool ou
encore décider pour nous des programmes télé.

Ah ah ah, on l’a échappé belle.

Bon noël les voyous

Friday, November 28, 2008 

Il était une fois un pauvre monsieur qui vivait dans le bois de Vincennes. Il avait froid, car sa maison n’était qu’une petite tente en plastique. Question à 20 centimes d'euro : faut-il mieux mourir gelé comme un tout seul mais libre, ou être forcé à se laisser "aider"... par la justice ? Mon coeur balance.

'Je vais lancer une réflexion pour voir si on ne pourrait pas rendre obligatoire l'hébergement des personnes sans-abri quand la température devient trop froide en France'. Voici le message de Christine Boutin à la sortie du conseil des ministres le 26 novembre après la mort d’un 3e SDF dans le bois de Vincennes. En son temps, l’appel de l’abbé Pierre avait tout de même plus de classe. L’hiver 54, une femme était morte de froid dans la rue et le jeune prêtre émouvait la France par ces mots : 'Toi qui souffre,s qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t’aime'. Aujourd’hui on n’aime plus, on réfléchit et on oblige. Ça jette un froid.
Aujourd’hui, on punit aussi ceux qui tentent maladroitement de secourir les plus pauvres. Le DAL (Droit au Logement) vient de se prendre une bonne amende de 12.000 euros au tribunal de police. Son crime, avoir à plus de 300 reprises, commis une infraction de 4e catégorie en ayant «embarrassé la voie publique en y laissant des objets». Les tentes abritants des familles de mal logés rue de la banque entre octobre et décembre 2007 devaient gêner le ministère public. Les Enfants de Don Quichotte, eux, se sont vus (simplement !) confisquer leurs tentes pour leur action du canal Saint Martin. Tous ces voyous des associations encombraient les trottoirs et dérangeaient les riverains avec leur campement moche. La misère n’est pas esthétique et doit rester cachée.

« Un équilibre de bon sens »

En un mois, 3 morts de froid rien que dans le bois de Vincennes et 6 en tout sur la région Ile de France. Plus de 200 déjà cette année sur toute la France. Comme chaque hiver, les médias relaient ce décompte mortel des SDF et les politiques prennent acte des tremolos dans la voix. On se sent solidaire, on cherche des solutions. Puis arrive le printemps et comme la misère est moins pénible au soleil, on attendra l’hiver prochain.
Cette année pourtant, il y a une différence. C’est l’année où, selon le Président Nicolas Sarkozy, plus personne ne devrait dormir dehors.(c'était en tout cas une des promesses du candidat à la présidentielle en 2006.) C’est aussi l’année où doit se mettre en place le Droit au logement opposable (DALO).
Pourtant, ce qu’on retient en cette période glacée c’est la polémique gênante sur l’hébergement obligatoire des SDF, lancée par le ministre au logement et à la ville Christine Boutin. Lors d’un déplacement à Meaux (Seine et Marne), le Président a d’ailleurs pris position en rappelant qu’"il y a un équilibre de bon sens à trouver entre les intégristes de la liberté et de la mise d'office en centre d'urgence". La réflexion risquant d'être longue, le réchauffement climatique a peut-être du bon.


LINKS
Pour le passé :
Après Grenoble, Marseille ou Montpellier, la campagne « DALO : un Toit c’est un Droit » organisée par le Secours Catholique et la Fondation Abbé Pierre avec la participation des Enfants de Don Quichotte se poursuit. Le bus sera à Paris : Dimanche 30 novembre, de 11 à 18 heures, Quai de l’Archevêché (chevet de Notre Dame). Il circulera ensuite en Ile-de-France les 1er et 2 décembre.


Thursday, November 27, 2008 

Mené par l'industrie de la Culture et destiné à « influencer » le parlement, qui doit voter la loi contre lepiratage en janvier prochain, le rapport Hadopi explique à qui veut lelire, que le téléchargement illégal aurait détruit près de 10.000 emplois. Info ou intox ?

10.000, c'est le nombre d'emplois directs et indirects qui auraient été détruits en 2007 par les vilains pirates. C'est ce que conclut le rapport « Hadopi » (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, ndlr) réalisé par le cabinet d'expertise économique Tera Consultants et commandité par Equancy.
Passée en première lecture au Sénat, et ce malgré les protestations de la CNIL et de Bruxelles, la loi avait besoin d'être justifiée et c'est le but avéré de ce rapport demandé par Christine Albanel, la ministre de la Culture.

On peut donc apprendre dans ce chouette rapport que le piratage est un «phénomène massif » et que cette pratique induit inévitablement une moindre activité (…) des secteurs qui la subissent ».

« Inévitablement », le mot est lâché. Cette évidence est d'ailleurs démontrée par une étude commanditée par Equancy, poétiquement intitulée « Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France ». Elle a pour principal client la FNAC, dirigée il y a peu par… Denis Olivennes, l'instigateur de la loi Hadopi. De son côté, Tera Consultants, qui a dirigé l'étude, compte Vivendi parmi ses clients.
Mais passons sur ces détails mesquins.


Piratage = baisse des ventes

L'équation est simple. Plus les Français piratent et moins ils achètent. Et pour ce qui est de calculer ce fameux “taux de substitution” (qui permet d'affirmer que pour 100 téléchargements de fichiers, on a x ventes perdues), le rapport (page 19) fait appel à un véritable texte scientifique. Mais écrit par Peitz et Waelbroeck, ce texte date de 1998 (!).
L'idée que le téléchargement d'une œuvre entraîne une baisse de profit, s'appuie donc sur des données calculées pour appréhender le marché tel qu'il était à la fin du siècle dernier. C'est logique.

En revanche, l'étude archi-poussée ne prend pas en considération les recettes apportées par ces foutues nouvelles technologies. Les sonneries téléphoniques, les taxes sur les CD vierges et les disques durs, l'augmentation des revenus du spectacle vivant, la part de marché grandissante du jeu vidéo, le chiffre d'affaire des réseaux sociaux en ligne orientés musique, (MySpace, radios en ligne), l'autoproduction d'artistes, les réseaux de distribution alternatifs et enfin l'explosion du marché de l'occasion des produits culturels, tout ceci ne compte pas. L'argument primaire qui veut que le téléchargement illégal détruise des emplois aurait sans doute eu moins de force.

Finalement, le rapport Hadopi expose moins la peur du pirate que la peur des maths.

Links :

Pour télécharger ce rapport et se délecter de sa saine lecture clique ICI jeune Padawan.





Friday, November 14, 2008 
Pendant que Paris Hilton claque l’équivalent du PIB belge en bijoux pour chien, des milliers de gens mangent dans les poubelles et on fait semblant de l’oublier. Vollmann nous met le nez dans la honte de notre monde.
« Pourquoi êtes-vous pauvre ? », question insultante ? Non. Livre dérangeant ? Oui. Mais utile.

Face au tsunami de littérature petite bourgeoise et aux publications traitant des folies des stars, le livre de William T. Vollmann est un mal pour un bien. Du Cambodge à l’Afghanistan, de la Russie au Yémen, l’écrivain américain a longuement voyagé pour rencontrer la vraie pauvreté, celle qu’on veut planquer. Adepte des études titanesques (on lui doit entre autres « Famille royale » et « Central Europe »), il souhaitait interroger les héros du quotidien sans fausse pudeur. Provocateur humaniste, pour lui, poser cette question blessante engendrait un début de solution à la spirale de l’échec, du manque.
Dans son intro incisive sur les pays traversés et les gens croisés, un petit lexique pose les bases de l’étude et joue sur les mots que l’on croit connaître: « PAUVRE : Qui n'a pas ou désire ce que j'ai ; malheureux dans sa propre normalité.
RICHE : Qui se satisfait de sa normalité, et raisonnablement capable de l'appréhender.
LE MARCHÉ : Ce que les marxistes désignaient autrefois par l'expression de cash nexus - l'échange économique. De façon plus générale, une idéologie de classement et d'évaluation de toute chose en fonction de sa valeur monétaire perçue.
NORMALITÉ : Les divers contextes dans lesquels on devrait étudier la pauvreté relative, le bien-être individuel et autres abstractions du même genre. Je mets souvent ce terme en italique afin de ne pas oublier son caractère arbitraire. La normalité peut tenir de l'insuffisance, du désarroi, de la surabondance ou de nombreux autres états. »
Vollmann creuse, découpe, désosse les préjugés en posant LA question. Simple, propre, chirurgical.

Héros malgré eux

Pour autant, ce livre ne manque pas de cœur. Les « héros » (comme les nomme l’écrivain) apparaissent dans toutes leur fragilité et leur complexité, mettant leur souffrance à nue. Personne ne détient la vérité sur les causes de la pauvreté, mais chacun à une explication, souvent touchante, parfois même drôle. La vie brute surgit entre les lignes coupantes de William T. Vollmann. "Si elles endossaient ma normalité, dans quelle mesure seraient-elles plus pauvres et plus riches ? Deviendrais-je aussi malheureux que je l'imagine si j'étais transformé en l'une d'elles ? En fait, la lenteur humide et lumineuse de leurs vies me laisse espérer que je pourrais 'm'adapter'. Mais quand mon imagination quitte la ville (…) leur patience à tous envers ce qui, pour moi, relèverait d'un inconfort épuisant, m'énerve."
Romancier avant tout, l’auteur est incapable d’en rester au constat froid du documentaire. De toute façon, son enquête pâtirait du fait qu’il paye ses interlocuteurs. Non, il ne s’arrête pas aux faits généraux violents et s’aide de Montaigne, Steinbeck et Dostoïevski pour trouver des réponses humaines sensibles. Chaque parole qu’il offre est une petite victoire pour son interlocuteur et pour nous qui trouvons normal que la misère explose. Fort et osé.
L’homme s’entête à survivre dans un monde où l’argent est roi. Un livre enrichissant.


Tuesday, November 11, 2008 
Konbini est une webTV intelligente... Comment ça c'est pas possible ?
Depuis Avril en ligne, Konbini propose des programmes courts, variés et GRATUITS.
On peut y voir la série les Remakers, plutôt bien fichue et marrante, des perf' live (Birdy Nam Nam ou NTM, excusez du peu), le tournoi de streetball européen ou l'art de l'interview selon Gonzales.

Et le tout présenter dans un interface plein écran beau et simple d'utilisation.
konbini.com
Monday, November 10, 2008 

Le téléchargement, la loi Hadopi, la riposte graduée… Pour sensibiliser le public au vilain piratage et expliquer la loi Création et Internet à l’étude au Sénat, voici un super site : J'aime les artistes

Le téléchargement est un danger pour les industries de la musique et place le consommateur en coupable idéal. Mais, bien que certains beuglent le malheur des chanteurs qui se font voler, il n’y a pas de crise. Il n’y a que des majors dont les recettes baissent.
Dommage pour elles, mais ces grandes maisons n’ont tout simplement pas su s’adapter à l’ère du numérique. C’est balaud, parce que le pirate fourbe planqué derrière son écran, lui, a su bien comprendre tout l’intérêt de ce grand supermarché qu’est le Web.
Le site proposé est en tout cas un mauvais plan de com’. Alors que le titre « J’aime les artistes » nous parle d’amour, il ne s’agit en fait que d’explication de la loi, de sanctions possibles, de surveillance des réseaux, de défense des majors… mais d’artistes point. En revanche, on y trouve des vidéos très intéressantes de Christine Albanel ou Jacques Toubon, ministre et ex-ministre de la sainte culture, expliquant posément qu’il faut aider les majors. Tout ceci via Dailymotion, mainte fois accusé de diffuser des œuvres sans accord, le comble. Il y a également des petits films déontologiques, limite ringards, dont l’accroche claque : « La musique c’est pas gratos ». Socrate et Kant peuvent dormir pépère, la philo n’est pas morte ! Et avec un site comme celui-ci, le piratage non plus.

J’aime les internautes aussi ?

Un constat édifiant s’impose. L’industrie musicale est la seule à s’attaquer à celui qui la fait vivre : le consommateur. Tous les artistes signataires de la loi Création et Internet pour protéger leurs revenus, condamnent ceux qui les écoutent. Pas glop.
L’internaute voyou est pourtant le premier vrai amoureux de musique. Et s’il n’achète plus de disque, il s’abreuve de nouveautés sur les blogs spécialisés, va aux concerts vivre le son en live et achète les t-shirts et les collectors de ces idoles.
Le concept « album » est dépassé, mais d’autres sources de revenus existent donc. Aux acteurs de la scène musicale de réagir intelligemment. Divers exemples montrent que c’est possible. Radiohead vend lui-même son dernier album sur le net pendant que Coldplay met ses titres en écoute gratuitement sur son site. Madonna ou U2 signent chez Live Nation, grosse boîte d’organisation de concerts, qui permet aux artistes de récupérer les revenus issus des tournées et des produits dérivés.
Les majors pleureuses et les chanteurs signataires de la loi n’ont toujours pas compris où était le nouveau marché. Internet n’est pas l’ennemi, c’est la solution. Et pour une fois, artistes visionnaires et internautes malins sont sur la même longueur d’onde.



Friday, November 07, 2008 
Franz Ferdinand est de retour et ça va swinguer sec. Le 3e album, nommé sobrement « Tonight : Franz Ferdinand », est prévu pour la fin janvier 2009. Ambiance plus rock, mais toujours dansante. À vérifier le 13 novembre à la Cigale de Paris.



Pourquoi « Tonight » ? Parce que "c’est la musique de la nuit, celle qui sert à s'agiter dans sa chambre en se préparant psychologiquement pour une nuit d'hédonisme, de danse, de drague, pour se lâcher et aimer ça, pour une poussée chimique dans votre sang." C’est Alex Kapranos, chanteur de Franz Ferdinand qui le dit au magazine Billboard début 2008.
Depuis, les 12 titres ont été peaufinés et sont prêts à investir les radios et à nous faire bouger l’arrière-train. Produit par Dan Carey et le groupe, « Tonight » a été enregistré à Glasgow et achevé au Carey's South London studio après plus de 2 ans de travail.

Danse macabre

Petit bonus, certains rythmes seront exécutés avec des os humains. Ils sont fous ces écossais. « Je me rappelle que nous étions en train de travailler sur un titre qui s'appelle "Kiss me", pour lequel nous recherchions un son de batterie vraiment profond. » analyse Alex sur son site. « On était en studio, et tout à coup nous nous sommes tous tournés vers un carton qui traînait dans un coin, contenant un squelette humain acheté lors d'une enchère. Un regard a suffi et on a tous foncé dessus : nous avions décidé d'utiliser les os comme des instruments. » Le meilleur groupe des années 2004 et 2005, qui n’avait rien produit depuis « You Could Have It So Much Better », a pris le temps de bichonner le petit dernier. Vivement la nouvelle année.

Pour vous faire patienter, allez faire un tour sur le site officiel du groupe. En écoute, le premier titre extrait :

Composition connue de « Tonight » :
1. Ulysses
2. Turn It On
3. No You Girls Never Know
4. Twilight Omens
5. Send Him Away
6. Live Alone
7. Bite Hard
8. What She Came For
9. Can’t Stop Feeling
10. Lucid Dreams
11. Dream Again
12. Katherine Kiss Me
Friday, November 07, 2008 
Drôle de titre pour un drôle de livre. Ovni littéraire, il mérite un détour par ses lignes légères. A.M Homes, l’auteure, ne va peut-être pas réellement sauver vos fesses, mais elle va sûrement vous sauver d’une mauvaise soirée télé.

Richard a la petite cinquantaine et vit coupé du monde à Los Angeles. En bon trader qui s’est barré à temps, il est à la retraite et blindé de fric. Femme de ménage, prof de sport, diététicienne, décoratrice, tous sont au petit soin pour lui. Sauf qu’un jour, Richard a mal. Il ne sait pas de quoi ni où, mais il souffre. Et, dommage pour lui, il est seul dans une maison qui s’enfonce.
C’est le point de départ du livre rigolo et pas con de A.M (prononcer Amy) Homes, l’une des scénaristes de « The L-Word ». Petit rappel pour tous ceux qui ont vécu dans une yourte ces derniers temps, L-Word est une série US de 2004 sur un groupe de copines lesbiennes. De cette expérience (de travail évidemment), Melle Homes garde le ton piquant des dialogues et l’inattendu des situations. On rit de ce pauvre Richard, puis on apprend à lui trouver des excuses et même du charme. C’est dingue.

Be happy

Notre fringant héros qu’a oublié la joie du sexe et du rire et qui contrôlait jusque-là trop bien sa vie, va (attention les âmes sensibles) devoir sortir de chez lui. Puis, surtout il va sortir de lui-même aidé par un vendeur de donuts philosophe, une mère de famille au bout du rouleau, un écrivain routard, un médecin new-age ou un fils en colère. Tout part en sucette et nous ça nous détend.
Ce livre est un pari. Difficile pour un écrivain d’être considéré comme intéressant quand on écrit une comédie. Un véritable artiste des mots doit suer sang et eau pour remplir sa feuille blanche de grandes phrases hein ? Ben non. La preuve avec ce bon bouquin. On peut réfléchir sans forcément chialer comme des midinettes avec le dernier Marc Levy. A.M Homes fait de l’humour en douce et un roman agréable en même temps.
Gros gros point noir tout de même, avant de se vautrer dans son clic-clac pour savourer cette petite histoire pleine de soleil, va falloir payer.

Editeur : Actes Sud
Prix éditeur : 23 €
Monday, November 03, 2008 
Jacques Mesrine, héros étincelant ou sombre truand ? Les deux coexistent et s’affrontent dans « L’Instinct de mort », film double comme son sujet. Entre grand spectacle et vision singulière, un bon polar façon Richet, où l'on comprend le pouvoir immense de l'image.

Un coup de poing de près de 2 heures, voilà ce qu’est le film de Jean-François Richet. La vie du gangster français le plus célèbre, Jacques Mesrine, se dessine âpre, tendue, posée sur un fil, une pellicule. Le rôle endossé avec classe par Cassel, imprègne l’image et chaque détail s’imbrique parfaitement jusqu’à ce que la fuite en avant du voyou prenne sens pour le spectateur. Il voulait vivre, il en est mort.

De son retour d’Algérie aux quartiers haute sécurité de prison, on suit le parcours puissant et saccadé d’un homme trouble en quête de liberté. Jacques Mesrine devient devant nous un type ordinaire n’ayant que la violence comme expression possible et découvrant le pouvoir de l’image. Son image, son double fantasmé. Mais l’Histoire de tous les hommes fait partie de l’histoire d’un seul, jusqu’à avoir sa part de responsabilité dans une descente aux enfers programmée. Sans la guerre, sans la crise (tiens tiens), avec moins de non-dits, est-ce que Mesrine serait devenu l’ennemi public n°1 ? L’aurait-il seulement souhaité ?

« Dehors ou mort ! »

Richet filme sans compromis, frontalement ; sa force est de nous proposer une vérité sur le braqueur télégénique, la sienne.

Violent, émouvant, le jeu compact de Vincent Cassel s’adapte au plus près de cette volonté naturaliste du réalisateur, comme le reste du casting, Elena Anaya et Roy Dupuis en tête. On se surprend d’ailleurs à aimer de nouveau la présence du fils prodigue et sa gueule cassée. Après un écart dans des films « alimentaires » (comprenez trop de moyens pour peu d’idées, citons pour mémoire « Blueberry » ou « Sa Majesté Minor » huhu), Vince redevient grand. À l’image d ‘un Javier Bardem ou d’un Johnny Depp des faubourgs parisiens, Cassel se grime et gagne en profondeur. Mesrine c’est lui.

« L’Instinct de mort » est finalement une histoire simple. Un homme quelconque devient quelqu’un, un flingue à la main, pour vivre mieux. C’est aussi un film simple, d’un mec qui tient une caméra comme d’autre une arme, pour vivre plus. Point de mot, choc des photos.


Sortie du 2nd volet « L’Ennemi public n°1 » le 19 novembre


Thursday, October 30, 2008 
Oui, les bûcherons peuvent être poètes, comme Lââm peut chanter juste si elle veut. Avec leur album sorti cet été et leur concert parisien à venir, il n’est pas trop tard pour faire connaissance avec un des groupes de l’année.

Le folk a dû naître à Seattle, ville d’origine des 5 beaux mâles de Fleet Foxes. Ils descendent des montagnes enneigées, des flocons plein les cheveux pour faire chanter les grands espaces à nos oreilles.
Leur musique sent le feu de bois et la peau de bête. Les harmonies vocales de ces barbus romantiques donnent envie de se rouler dans une couverture et d’écouter tranquillement leurs voix près d’une cheminée. Si possible avec le vent frappant doucement les vitres. Ou pas.
Vous n’êtes pas obligé d’être en RTT ou chômeur pour savourer leurs chansons, elles s’apprécient aussi dans le métro ou après le boulot. Égoïstement, pour rêver.
Le clip de White Winter Hymnal reflète bien ce besoin humain de se raconter des histoires simples et tendres. Ces images de marionnettes réveillent notre joie enfantine devant les vitrines de Noël. Un petit goût de nostalgie en plus.

De la douceur dans un monde de brutes

Avec ce choix malin de pochette d’album (le tableau Le monde à l’envers de Bruegel), Fleet Foxes force à s'interroger sur la nature d’une œuvre. Des détails de la vie quotidienne peuvent soudain devenir sources de rêverie, de fantaisie selon l'axe du regard.
C'est pareil avec leur son, selon les émotions du moment. Du haut de leur colline, ils nous montrent le chemin. Et des titres comme Blue Ridge Mountain ou Your Protector entraînent l’auditeur imprudent hors des sentiers battus. La nature s’étale à perte de vue et l’on est loin de la pollution et de l’agressivité urbaine. Pas de naïveté pour autant, on est loin mais conscient du monde tel qu’il est. Cette musique offre un nouveau point de vue, en hauteur, à l’air libre.
En se payant le luxe de croquer dans l’âge d’or du folk seventies (Simon & Garfunkel, Joan Baez), Fleet Foxes en fait un conte moderne pour grand enfant en mal de douceur, de poésie. Et pas de honte à aimer ça, ce groupe fait l’unanimité à chaque apparition scénique.
Évidemment c’est beau, mais c’est pas super dansant. Avec eux au moins on ne risque pas le tour de rein de Dancing queen. Tout juste risque t-on de vouloir parler aux oiseaux. Rien de bien méchant.



Prochaine occasion de voir Fleet Foxes au festival Inrocks IDTGV le 12 novembre à l’Olympia de Paris, à l’affiche avec Alela Diane, Coming Soon et MGMT.

Toutes les infos sur ce festival : http://blogs.lesinrocks.com/festival-les-inrocks-iDTGV/

Chanson 'Your Protector' :

Découvrez Fleet Foxes!


Clip 'White Winter Hymnal' :
Friday, October 24, 2008 
Si vous avez loupé leur concert à l’Elysée Montmartre le 16 octobre dernier, rattrapez-vous avec leur 9e album. Tendez les oreilles, les dealers de son vous injectent leur Skeletal Lamping.

Mélange des genres et musique barrée, Of Montreal rend dépendant comme un shot de vodka au p’tit dej. La grosse claque pop qu’on réclame tout fiévreux. Pour les deux du fond qui ne suivent pas l’actu musicale, voici un cours de rattrapage sur l’un des groupes les plus fous de ces dernières années.
Comme son nom ne l’indique pas, Of Montreal est un groupe américain qui joue de l’indie pop et qui squatte à Athens… en Alabama. Ici, pas de country à la papa, ni de chemise à carreaux ringarde. Les petits gars d’Of Montreal jouent de la pop, de la vraie, de la velue, mix de toutes leurs influences. Disco patraque, electro furieuse, funk livide se croisent et se détricotent au point de nous laisser en slip.
Skeletal Lamping est un collage de fou qui peut faire peur. Disque monde, on en redécouvre des détails planqués dans les coins à chaque écoute.
Kevin Barnes, leader du groupe qui a l’habitude de donner des shows dignes de Dalida et des Village People réunis, a fait de sa folie une bonne pote envahissante, mais indispensable. Ivre d’idées, il invite son public à partager son délire d’alcoolique et sa cuite créative. Parce qu’il faut être soûl pour composer des hymnes fourre-tout et psychédéliques encore plus extravagant que les Scissor Sisters. Il faut aussi être dans un état second pour se laisser aller totalement à l’écoute du disque. Sans repères fiables, on peut se perdre dans le dédale de sons superposés, de nappes de voix suraiguës, de lignes de cordes emmêlées et de couches d’effets sonores cotonneuses. Cette musique de hippies déglingués rend joyeusement dingue.
À voir le premier clip Id Engager extrait de l’album, on se dit qu’être fou a du bon et que les monstres peuvent être cool, même avec des bottes en plastique. À voir leur live, on se dit que le mini short doré et la combi intégrale en latex peuvent être classes…
Of Montreal ramène le space cake à l’âge de pierre. Ce groupe distille une substance légale à mettre entre toutes les oreilles.

Découvrez of Montreal!


Friday, October 17, 2008 
À l’ouest rien de nouveau. Obama casse toujours la baraque (huhu). En revanche, le dernier duel présidentiel américain nous a au moins appris l’existence de « Joe the plumber » ! Nouvelle idole des républicains, ce plombier est en fait un mauvais tuyau…

Sacré Joe. En une soirée, Joe Wurzelbacher, originaire de l’Etat d’Ohio, est devenu l’américain moyen le plus connu du monde. Cité en exemple plus de 20 fois par McCain pendant le débat, Joe était son arme fatale face à Obama. Le petit plombier avait en effet mis en doute la politique fiscale du candidat démocrate lors de leur rencontre impromptue dans la banlieue de Toledo.
Joe, chaud comme une baraque à frite devant les télés US, il a expliqué à Obama qu’il voulait acheter une entreprise, mais qu’il avait peur que les impôts augmentent avec lui.
Le nouveau meilleur ami de McCain lui a donné une occase trop belle de s’attaquer au programme de son rival. Pendant le débat, face caméra et la larmichette à l’œil, le républicain s’est adressé directement à Joe : «  Je tiens à te dire que je maintiendrai tes impôts à un bas niveau ».
Ni une, ni deux, le camp de McCain a foncé tête baissée préparer une campagne de pub avec le plombier en vedette.

Tuyau percé

Devant l’emballement médiatique, le Toledo Blade, journal local de l’Ohio, a tout de même eu la bonne idée de mener sa petite enquête sur ce fameux Joe.
Pas de bol pour le camp républicain, qui l’avait déjà invité à une réunion électorale, « Joe the plumber » n’existe pas.
Il s’appelle Samuel et n’est pas plombier. Pire, il serait fiché par le fisc. Comme argument contre la politique fiscale d’Obama, McCain ne pouvait pas trouver mieux !
En plus, selon sa déclaration de revenus, Joe Samuel the mytho serait éligible à une baisse d’impôt d’après le programme démocrate… C’est chaud patate pour McCain.
Friday, October 17, 2008 
Même si elle a changé de nom pour se faire plus discrète (« Edvirsp » ça fait presque reconduite immédiate à la frontière), des opposants au fichier ont pensé à fêter la sainte Edwige dans la rue. Ces joyeux drilles se sont rassemblés dans différentes villes de France en l’honneur de notre bien-aimée protectrice pour demander son abandon total. Va z’y ma poule, abandonne toi !

À Paris, un petit groupe de militants du collectif « Non à Edvige » et une poignée d'élus de gauche ont marché de l'Assemblée nationale au ministère de l'Intérieur, où ils devaient chacun déposer une fiche de police à leur nom.

Malheureusement, « Edvige » n’a pas fait déplacer la foule des grands jours. Tout le monde se fiche du fichier. Dans plusieurs grandes villes, ils étaient seulement une poignée à  dénoncer ironiquement « l’asexualité » de certains ou les « idées néolibérales » des autres.
« Le gouvernement veut nous faire croire que le projet « Edvige », c'est fini, qu'on peut dormir sur ses deux oreilles, mais tout cela est un grand mensonge. Il reste le vice de départ il y a une perversion et un affaiblissement démocratique », a déclaré à Reuters à Paris le député Verts, Noël Mamère.

Méfiance, elle ne se fiche pas de nous

Tapie dans l’ombre, « Edvirsp » (à vos souhait !) reste à l’affût. Les modifications apportées au fichier par le gouvernement au mois de juillet n’ont servi qu’à calmer les critiques. À part son ridicule changement de nom, il ne s’est pas passé grand chose.
Un nouveau décret a été nécessaire pour exclure le recensement de personnalités politiques, syndicales ou religieuses, mais surtout les mentions relatives à la sexualité ou à la santé.
Selon notre Président, il est important qu’ « Edvirsp » se limite aux problèmes de sécurité. Ok. Dans ce cas ne nous inquiétons pas qu’il soit toujours possible de ficher les mineurs à partir de 13 ans.

Ces « mesurettes » gouvernementales ne contentent pas les opposants qui réclament toujours la suppression totale de sainte Edvirsp. Sachant qu’ils ont réuni plus de 230.000 signatures en faveur de l’abrogation sur internet, un débat à l’Assemblée nationale leur semble plus que nécessaire.

Personne n’est donc à l’abri d’un fichage en règle « sur simple soupçon policier », souligne le Président de la Ligue des droits de l’homme Jean-Pierre Dubois. Ce fichage pourrait se faire même en l’absence de condamnation judiciaire et sans possibilité de correction. Tremblez messieurs dames.
« C'est une rumeur informatique qui va vous suivre toute votre vie et vous rattraper, par exemple le jour où vous chercherez un emploi », a-t-il dit à Reuters.
Politique sécuritaire, quand tu nous tiens… tu lâches pas !

Le gouvernement s’estime dans son bon droit de connaître les personnes « susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique », même les mineurs donc. Mais, bonheur suprême, les petits bonhommes de 13 à 17 piges pourront, s’il le demande, disparaître du fichier à leur majorité s’ils démontrent qu’ils n’ont plus eu affaire à la police depuis.
Edvige (ou Edvirsp) est vraiment trop sympa.