ET si je commençais par écrire que je suis triste ?
Triste que cette deuxième édition du Festival Aubercail soit terminée !!!
Après avoir vécu des soirées magiques, enivrantes, fraternelles, émouvantes, résistantes on ne peut être que triste, que cela ne dure pas.
Le bonheur est passager, qui ne le sait pas ?
Ces soirées ne furent que du bonheur pour tous, comme on dit ! Et ceci est écrit sans démagogie, sans crânerie.
Ceci est écrit sereinement et vraiment avec un brin de nostalgie déjà…
Le bonheur, ça s'est vu dans les yeux des spectateurs, dans la voix des artistes, dans le coeur des bénévoles d'Aubercail, dans l'âme de tous ces gens réunis pour, une fois qui n'est pas coutume, être ensemble, vivre des moments forts et incroyables dans cette boite magique qu'est le MAGIC Mirrors de l'Espace Fraternité.
Je les ai vues attentives ces âmes quand Gérard Pitiot les a emmenés dans ses voyages nomades.
Je les ai vues amusés, anticonformistes quand Dick Annegarn grand échalas dégingandés les a entraînés avec lui dans ses mots mêlés. Je les ai ressentis admiratifs, ébahis quand les 3 gars de Volo entre Crosby stills Nash and Young et luttes sociales les ont fait sourire.
Et Magyd Cherfi généreux, goguenard, comme un garnement les a soulevés les a emportés entre Brassens et Maghreb ! Qu'elle est belle, sympathique et combattante la France de Magyd. Il a donné tout et plus encore, et tout le monde a voyagé en liesse.
Merci aussi à Céline Caussimon délicieusement révoltée et irrévérencieuse de nous avoir permis de pénétrer dans son univers.
Salut fraternel à Toi Michel Bühler qui nous a bien fait comprendre par tes textes et ton humour que le combat contre les inégalités, les injustices n'a pas d'âge. Ça avait un petit goût de Béranger et des grandes fêtes des années 70… Et puis qui aurait dit qu'Aubercail ferait tomber les frontières musicales et les préjugés ?
La soirée Batlik / Casey en a été le pur reflet.
Batlik poète effronté, Casey rappeuse sans concession dont les mots sont des armes, des coups de poings des pages d'intelligence et de réflexion sur les cités, la négritude, l'esclavage et la colonisation. C'était chaud, c'était hard, c'était beau de voir les jeunes du 93 avec les quadras et les quinquas de Paris vibrer ensemble. Grande dame du Rap Casey ! Certains diront chapeau bas pour te saluer moi je te dis : Casquette basse !
Oui à Aubercail tout le monde a droit à sa dose de poésie, d'humour et de mots.
Les enfants des écoles n'ont pas été en reste avec Robinson.
Les enfants savent reconnaître qui est des leurs…
Mais le samedi, on le savait qu'irrémédiablement cela se terminerait hélas. Il fallait que ce soit costaud, festif pour que le souvenir comme un tatouage reste ancré dans nos cœurs du mois de mai de l'année 2008. Les orages au-dessus du chapiteau n'ont pas eu raison de la détermination de tous les bénévoles d'Aubercail. On a rechargé les frigos en bières, en jus de pommes bio, en vin de pays. On a tranché dans le vif de la mozarella et du jambon. Zahra a refait des « biskri », des tartes aux pommes, du thé à la menthe.
La nuit allait être longue, très longue. Il faudrait tenir et ne pas chanceler.
Cela a commencé avec délicatesse, humour et anarchie grâce à Yvan Dautin et son incroyable virtuose de pianiste Elie Maalouf. Et Puis ils ont mis le feu Mon Côté Punk.
Le chapiteau suintait de bonheur, d'allégresse. Déjà ça dansait, ça s'aimait de partout.
Je me doutais que cela allait être dur de redescendre d'un tel sommet de plaisir. Mais doit-on s'interdire d'être heureux même quand la conjoncture nous rend morose et en colère ? Non, la fête nous régénère. Quand les Bombes 2 Bal ont réussi cette prouesse de faire danser les 450 spectateurs présents main dans la main, j'en aurai pleuré. On savait encore s'amuser : la jeunesse, les vieux, les entre deux âges réunis dans un même projet dans une même ronde pour dire merde au cons ! Et personne ne se souciait de l'image qu'il allait donner.
On se lâchait… On s'étreignait… On s'embrassait.… Sourires dans les yeux… Pleurs à fleur de cœur…On virevoltait… On volait… C'était de l'amour tout simplement.
Alors… Bien sûr… Vous comprenez ma tristesse maintenant ?
D'autres qui avaient partagé ces moments me l'ont dit… Eux aussi ressentaient un manque.
Il faudrait attendre toute une année pour qu'Aubercail revienne avec de nouvelles émotions à vivre. Toute une année … ça va être long… Mais on le fera et encore plus nombreux et encore plus grand et plus amoureux … !!!!!
Qu'on se le dise : préparez vous pour Aubercail N° 3 ça va être de la Folie ! …
Il n'y en aura peut être pas pour tout le monde. Faites passer le mots dits à vos voisins et à qui veut être heureux.
ALBERT LABBOUZ
Bénévole du Festival Aubercail
myspace.com/albertlabbouz