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FESTIVAL DU FILM COURT DE VILLEURBANNE



Last Updated: 10/22/2009

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Wednesday, September 30, 2009 
Compétition française
 et francophone

Ca y est le comité de sélection de la compétition française et francophone a rendu son verdict. Sur 308 films inscrits depuis le 1er avril 2009, 24 films ont été sélectionnés pour constituer les 4 programmes qui composent la compétition française et francophone.

A l'occasion de cette 30ème édition, il est amusant de noter le retour en sélection d'habitués de la compétition : Eric Guirado (Le début de l'hiver), Christophe Loizillon (Corpus / Corpus), Catherine Bernstein (Nue), Gabriel Le Bomin (L'occupant), Camille Bialestowski (Dos à dos), Arnaud Demuynck (Mémoire Fossile), Edouard Salier (4) et Bruno Collet (Le petit dragon).

De même, nous retrouverons du beau monde sur les écrans du festival : Patrick Chesnais et Lorant Deutsch (Climax), Christophe Miossec (Le genou blessé et l'homme debout), Denis Lavant et Arthur H (Les cowboys n'ont pas peur de mourir), Alex Descas (Négropolitain), Jean-Louis Coulloc'h (Le début de l'hiver), et même Steven Spielberg (Looking for Steven Spielberg), Bruce Lee (Le petit dragon), le Géant Vert et le bibendum Michelin (Logorama).

Cette sélection, si elle affirme un essor impressionnant du court métrage d'animation, affiche aussi un retour à un cinéma social de qualité, traitant d'autant de thèmes comme la pédophilie (Le début de l'hiver), le travail clandestin (La raison de l'autre), le travail des années sur le corps (Nue), les conflits de générations (Négropolitain), la quête identitaire (La route du nord), Le deuil et la quête du père (Le genou blessé et l'homme debout) ou encore le génocide rwandais (Waramutseho), sans tartiner les scénarios de pathos et d'artifices lacrymaux, mais en restant dans le questionnement, la finesse et l'humanisme.

Enfin, cette compétition - si elle est française et francophone - nous fera tout de même voyager puisque l'on ira à Cuba, au Liban, on parlera du Rwanda, on s'immergera dans la communauté turque de Bruxelles, on suivra les traces de cowboys dans le Grand Ouest américain, et on poussera même jusqu'à Pornichet ou jusqu'au pays des logos !!!

Alors ne ratez rien de ces 24 films, ils en valent le détour...

Ouvrez les yeux, soyez curieux !!!

Liste des 24 films sélectionnés

4
 
d’Edouard Salier (Autour de Minuit / France)

AGOSTO
de Marc Picavez (Makiz’Art / France) 

ANNA LOVENSTEIN
de Pauline Bureau (Vudeface / France) 

CLIMAX
de Frédéric Sojcher (Sombrero Productions / France) 

CORPUS / CORPUS
de Christophe Loizillon (Les Films du Requin / France) 

LES COWBOYS N’ONT PAS PEUR DE MOURIR
de Anne Laure Daffis & Léo Marchand (Lardux Films / France)

DE SI PRÈS
de Rémi Durin (Les Films du Nord / France - Belgique) 
 
LE DEBUT DE L’HIVER
d’Eric Guirado (Les Films du Poisson / France)

DOS A DOS
de Camille Bialestowski (TS Productions / France) 

LE GENOU BLESSÉ ET L’HOMME DEBOUT
 
de Yann Chayia (Les Films de Requin / France)

L’HOMME A LA GORDINI
de Jean-Christophe Lie (Prima Linea / France) 

LOGORAMA
 
de François Alaux, Hervé de Crécy & Ludovic Houplain
(France / Autour de Minuit)

LOOKING FOR STEVEN SPIELBERG
de Benjamin Guillard (Lionceau Films / France)

MÉMOIRE FOSSILE
 
de Arnaud Demuynck & Anne-Laure Totaro
(Les Films du Nord / France - Belgique)

NÉGROPOLITAIN
de Gary Pierre-Victor (Noodles Production / France) 

NUE
de Catherine Bernstein (Paris-Brest Productions / France) 

L’OCCUPANT
de Gabriel Le Bomin (Appia Productions / France)
 
PAIX SUR LA TERRE
 
de Christophe Gérard  (Les Films du Nord / France - Belgique)

LE PETIT DRAGON
de Bruno Collet (Vivement Lundi ! / France) 

PHONE STORY
de Binevsa Berivan (Playtime Productions / Belgique) 

LA RAISON DE L’AUTRE
de Foued Mansour (C’est à voir / France) 

LA ROUTE DU NORD
de Carlos Chahine (13 Production / France) 

LA SOMBRA DEL TIEMPO
 
de Teddy Barouh (Ailleurs Productions / France - Cuba)

WARAMUTSEHO
de Auguste Bernard Kouemo Yanghu
(Courte Echelle / France - Cameroun - Belgique)
Wednesday, September 30, 2009 
Jean-François Stévenin
parrain du 30ème Festival du Film Court

 

A édition spéciale, parrain spécial ! Déjà que pour les 29 ans le festival avait été très amicalement parrainnée par le comédien Serge Riaboukine, ce ne pouvait qu'être une figure incontournable et incontestable du court métrage et du cinéma français qui devait, à l'occasion de cette 30ème édition, enfiler le costume de parrain. C'est chose faite puisque c'est le comédien et réalisateur Jean-François Stévenin qui ouvrira officiellement cette 30ème édition, le vendredi 13 novembre 2009 à 20h45 au cinéma Le Zola.

Marque de son affection pour le festival, il a accepté l'entorse à la règle de la carte blanche que nous lui avons proposée : faire un retour sur sa carrière dans le court métrage et ne programmer que des films dans lesquels il joue ! Mais quand on sait que la famille Stévenin dans son ensemble fait les beaux jours du cinéma français (Sagamore, Robinson et Salomé, ses enfants, sont tous trois comédiens), peut-être aurons-nous droit à quelques suprises... comme le premier court métrage de Salomé, Baïnes, en tant que réalisatrice ?

En attendant de connaître la programmation définitive de la Carte Blanche, réjouisson-nous déjà du plaisir de recevoir l'un des comédiens français les plus marquants depuis 30 ans !
 


 

Le parrain 2009 - Jean-François Stévenin (à gauche) - recevant des mains du parrain 2008 - Serge Riaboukine (à droite) - le Prix de la Meilleure Interprétation pour Le Vacant lors de la dernière remise des Lutins du Court Métrage !
Wednesday, September 30, 2009 
30 ans de Festival
 du Film Court
à Villeurbanne


Ca se fête, non ?


Du 13 au 22 novembre 2009, le Festival du Film Court de Villeurbanne rejoindra ses glorieux et aînés voisins : Grenoble et Clermont-Ferrand ! En effet, toute l'équipe du festival sifflera les 30 bougies d'un festival qui, après avoir fait la part belle au court métrage régional et français, a ensuite élargi ses champs de découvertes à l'Europe voire à l'International, et à des genres trop peu exposés comme l'expérimental, la 2D/3D ou encore le documentaire.

30 ans de défense et de promotion de la production du court métrage, qu'est ce que ça donne ? Ca donne 30 ans de lutte et de combat pour essayer de susciter la curiosité d'un spectateur avec qui les équipes successives ont choisi de partager une passion pour une forme cinématographique trop facilement rencardée aux bouches-trous télévisuels ou aux en-cas cinématographiques. Destin ingrat d'un art chez qui tous les grands ou presque ont fait leurs armes... 30 ans de festival ça fait justement aussi plus de 220 films primés, des courts et des plus longs, des drôles et des plus graves, signés par des novices (à l'époque) tels que Cédric Klapisch, Jean-Pierre Jeunet, Erick Zonca, Philippe Harel, Mathieu Kassovitz, Yvon Marciano, Benoît Mariage, Pierre Salvadori, Eric Guirado, Gérald Hustache-Mathieu et tant d'autres... La Longue Nuit du samedi 14 novembre sera là pour vous rafraîchir la mémoire... Mais toutes celles et tous ceux qui ont présenté leurs films à Villeurbanne n'ont pas forcément rencontré la gloire, serré la main de Marin Karmitz ou partagé un toast avec Gilles Jacob. Tous ne se sont pas obstinés le temps d'une carrière, mais nous ont simplement fait rêver le temps d'un film, déclenchant au sein du parterre de passionnés que nous sommes des promesses d'avenir kubrikesque (au mieux) ou pecassien (au pire), avant de disparaître comme ils étaient venus... sans faire de bruit. Car le monde du court métrage est comme ça, les futurs grands voient de futurs anonymes leur rafler le Grand Prix, de grands d'aujourd'hui arrivent à s'étonner et s'émouvoir en découvrant les oeuvres de jeunes artistes en devenir... ou pas. Matrice de tous les possibles, le court métrage est typiquement un ensemble de productions où chaque film vaut pour lui-même et pas pour ce qu'il y aura autour... Justement parce que réalisé par un inconnu, sans tsunami commercial ni promotionnel... L'oeuvre dans sa plus stricte expression...

30 ans de festival ce sont des centaines de milliers d'heures de films, des milliards d'images qui nous sont passées devant les yeux pour imprimer notre imaginaire, que toute l'équipe de cette 30ème édition ne manquera pas d'exciter, cette année encore, pour le plus grand plaisir de découvertes et de cinéma !
Friday, April 17, 2009 

Once upon a time…
in a 3D life

Présenté au festival du film court de Villeurbanne 2008, l’Odyssée de la 3D est un programme exceptionnel qui retrace l’histoire de l’animation numérique de 1970 à nos jours. A cette occasion, Verónica Camacho, docteur de l'Université de Paris VIII et chercheuse en images de synthèse ainsi que Gilbert Dutertre, responsable du Fonds de création audiovisuelle contemporaine de l'Ina ont été invités pour commenter une sélection pointue de courts-métrages ayant marqué l’histoire de l’animation numérique.



Genèse du numérique
En moins de 40 ans, les images de synthèses ont énormément évoluées. Les quelques dizaines de polygones qui définissaient les personnages des films d’hier se sont multipliés en plusieurs dizaines de milliers pour les héros d’aujourd’hui. Cependant cette révolution esthétique et technologique est loin d’être simple à comprendre. Si des films tels que Toy Story et Shrek sont sur toutes les bouches dès qu’il s’agit de parler de l’image de synthèse, il ne faut pas oublier que bien d’autres films ont participé à l’élaboration de ces nouvelles images. C’est pourquoi, en partenariat avec l’Ina, le festival du film court de Villeurbanne a décidé de créer cette année un programme rétrospectif nommé l’Odyssée de la 3D, qui retrace le parcours des images numériques à travers des courts-métrages et des extraits de films d’exception, qui ont tous contribués à l’essor de l’animation 3D. Les courts-métrages présentés sont issus des archives du festival Imagina (festival européen consacré au « images nouvelles), qui fut organisé par l’Ina de 1981 à 2000.



Exploits techniques et expérimentations
La première partie du programme s’intéresse à des œuvres expérimentales dont le but premier n’est pas narratif. Grâce aux commentaires de Verónica Camacho et Gilbert Dutertre, ces films plutôt difficiles d’accès ont pu être replacés dans leur contexte d’origine et le public a pu bénéficier des connaissances requises pour lire ces courts-métrages. Les deux spécialistes nous ont ainsi expliqués que ces images de synthèses préhistoriques devaient être abordées de la même manière qu’on aborde le cinéma des frères Lumières ou de Méliès. A ce titre, il est étonnant de voir à quel point le premier court-métrage Olympiad rappelle les travaux d’Etienne-Jules Marais, notamment ceux sur la décomposition des mouvements du corps. En poursuivant dans le corpus de films, nous assistons à la découverte progressive des possibilités d’un nouvel outil, essentiellement d’un point de vue technique. Parmi les œuvres visibles, on retiendra le film La faim, du canadien Peter Földes. Dans ce court-métrage en deux dimensions, les images ont été retouchées par ordinateur pour créer les métamorphoses délirantes du protagoniste principal, qui va grossir jusqu’à l’obésité extrême. Ce travail de transformation progressif du corps préfigure déjà les effets de morphing utilisés une décennie plus tard dans les films de James Cameron. Pour les œuvres en trois dimensions, le court-métrage Vol de rêve est particulièrement intéressant. A mi-chemin entre le conte et le film catastrophe, l’histoire de ce film singulier nous fait découvrir au travers d’une caméra icarienne, un univers épuré et zen, parfois inspiré de la ville de New York et d’autres lieux connus. On reconnaît ici et là quelques grands symboles de ces espaces urbains, mais la ressemblance s’arrête là. Pour le reste, les limitations techniques de l’époque nous donne à voir des décors nus, laissés à l’état d’esquisse et presque dénués de texture, qui rappellent la série La Linea d’Osvaldo Cavandoli (ou plus récemment le jeu vidéo Vib Ribbon) : seul subsiste l’ossature de ces formes polygonales simples, qui tendent vers l’abstraction plutôt que l’hyperréalisme et l’impératif de la figuration. Ainsi, avec Tron, Vol de rêve souligne l’émergence d’une esthétique filaire et épurée spécifique au numérique, auquel le jeu vidéo Rez rendra hommage 20 ans plus tard.

2D versus 3D : Fight !
Par ailleurs, dans les années 80, l’arrivée de ces nouvelles technologies fait débat et l’on craint que l’animation traditionnelle disparaisse. Et c’est cette peur qui est au centre du court-métrage Technological threat, de Bill Kroyer. L’histoire de ce cartoon met en scène les célèbres loups de Tex Avery, dessinés à la main, face à des robots animés par ordinateur. Ces derniers remplacent progressivement les loups, bien moins efficaces au travail. Le ton humoristique de ce dessin animé montre bien à quel point l’idée de la disparition du dessin traditionnel est absurde, même s’il faut reconnaître que l’image de synthèse a désormais le monopole dans nombre de pays.



Platon vs Aristote
La deuxième partie du programme présente des œuvres au contenu narratif plus riche. La 3D est plus maîtrisée, les environnements prennent une ampleur supplémentaire et les animations sont plus détaillées. Malheureusement, pour le long-métrage, mis part Matrix des frères Wachowski et quelques autres, ces possibilités ne vont quasiment être exploitées que dans un sens, celui de la conquête du photoréalisme. Jurassic Park de Steven Spieblerg pourrait être considéré comme le paradigme de cette idéologie platonicienne. Dans le court-métrage, au contraire, la plate-forme numérique devient un véritable laboratoire, d’où émerge des perles rares telles que Festival du Japonais Yoichiro Kawaguchi, une sorte de voyage au cœur d’un délire psychédélique d’un beatnik où des éléments protéiformes se créent puis disparaissent de façon aléatoire. L’esthétique de l’image, composée de filtres thermiques rappelle les expérimentations d’Hayao Yamaneko, - l’habitant de « La zone » dans Sans Soleil de Chris Marker - à la différence que ce dernier modifie des séquences en 35mm de manière analogique là où l’auteur de Festival crée de toute pièce ces effets, grâce à un important travail de simulation. C’est sur ce point que se situe la seconde originalité du numérique : celle de pouvoir créer des simulation de systèmes complexes tels que le climat, les ombres portées et bien d’autres éléments. Mais Yoichiro Kawaguchi, tout comme Tamas Waliczky, le réalisateur de The Garden, préfèrent tous les deux simuler des mondes ayant leurs propres lois physiques. Le premier crée un univers où la lumière et les couleurs sont omniprésents car non soumis au cycle solaire. Pour le second, la diégèse de son film n’est pas représentée à travers la perspective définie par Bruneleschi mais par le biais d’une perspective subjective. The Garden présente en effet le monde selon la réalité intérieure d’un enfant, dans une position visuellement inédite au cinéma (mais depuis longtemps utilisée au niveau sonore, voir la scène de débarquement dans Il faut sauver le soldat Ryan), que l’on qualifierait en littérature comme un point de vue à la troisième personne avec focalisation interne. Le résultat est une sorte d’effet "Fish eye" qui donne un aspect arrondi et immense à ce jardin édénique, rappelant à quel point la perception d’un enfant est différente de la perception d’un adulte. Au final, ces deux auteurs s’intéressent plus à l’émotion, la vérité des images mentales qu’à une vraisemblance avec le monde dans lequel nous vivons. La rétrospective l’Odyssée de la 3D nous a ainsi permis de comprendre à quel point les images de synthèses représentent de nouvelles possibilités au niveau esthétique et narratif. Le numérique n’est jamais limité : il peut aussi bien être utilisé pour générer des images photoréalistes que des univers imaginaires ou mentaux. A vous de le rendre flexible avec votre imagination… un peu comme la pâte à modeler !

Ismaël JOFFROY-CHANDOUTIS

Toutes les œuvres de L’Odyssée de la 3D sont extraites du Fonds de Création Audiovisuelle Contemporaine de l’Institut National de l’Audiovisuel :
(http://www.ina.fr/inatheque/activites/projections/index.fr.html)








Friday, March 13, 2009 

Les inscriptions aux présélections 2009
du 30ème Festival
du Film Court de Villeurbanne

sont ouvertes !!!

Les inscriptions et les renseignements sont en ligne,
vous trouverez tout sur
http://www.le-court.com
rubrique "Plateforme d'inscription commune des courts métrages".


@ très bientôt.

L'équipe du festival




Thursday, December 11, 2008 
Interview de Damien Chemin,
lauréat du Grand Prix 2008



Absent de la Soirée de Palmarès car en tournage en Amérique du Sud, le réalisateur belge Damien Chemin n'a pas pu recevoir des mains d'Estelle Larrivaz (membre du jury) et de Jean-Paul Bret (maire de Villeurbanne), son Grand Prix pour La Monique de Joseph.

Qu'à cela ne tienne ! Damien étant un réalisateur que nous suivons depuis longtemps (et la présentation de son premier court métrage Comptine, en 2002), il nous a accordé une interview exclusive afin de revenir sur son parcours, son Grand Prix et... Villeurbanne !

Damien, vous êtes finalement un habitué du Festival de Villeurbanne, puisque La Monique de Joseph est le troisième film que vous y avez présenté… Votre première incursion villeurbannaise fut avec Comptine, en 2002, un conte fantastique, sombre, très prenant et prometteur, pour lequel vous aviez d'ailleurs déjà remporté le Prix Jeunesse et Sports. Quels souvenirs en gardez-vous ? Du film et du festival ?

Villeurbanne fut l'un des premiers festivals à sélectionner Comptine, et ce fut mon tout premier prix en festival. J'en garde donc un souvenir excellent, et étourdi. Je suis toujours surpris quand un festival sélectionne un de mes films, plus encore lorsque la chose se termine en prix. Et, bien sûr, ça représente un énorme encouragement. Je suis désolé de vous annoncer que le festival de Villeurbanne porte une part de culpabilité dans le fait que j'ai décidé de persister. Les courts métrages qui ont suivis, c'est un peu de votre faute finalement.

Je garde aussi un excellent souvenir du séjour au festival qui fut pour moi l'occasion de rencontres amicales et professionnelles importantes. Grâce à son organisation, Villeurbanne offre un réel espace de rencontres. C'est une des choses les plus importantes pour les courts métragistes. C'est à Villeurbanne que j'ai rencontré, par exemple, mon compatriote réalisateur Xavier Diskeuve. Nous y avons noué une amitié durable et nous collaborons jusqu'à ce jour sur tous nos films. Il a participé à l'écriture et coproduit La Monique de Joseph, j'ai pour ma part travaillé à la photographie de deux de ses films. J'ai rencontré aussi à Villeurbanne Vincent Hazard, réalisateur et ingénieur du son qui a ultérieurement fait le montage du son de mon film Poulet-Poulet.

Après deux premiers films à fort goût de fantastique (Comptine en 2002, et Rendez-vous en 2003), dans lesquels transparaissaient d'ailleurs vos qualités de directeur de la photographie, vous revenez pour la deuxième fois à Villeurbanne avec Poulet-Poulet (2005), un film un peu déroutant dans la mesure où l'on s'éloigne de votre univers visuel pour s'installer dans un restaurant chinois, pour un champ-contrechamp sur un couple (interprété par Maryline Canto et Antoine Chappey) qui trahit ses différences dans ses choix culinaires. Un film assez étonnant de votre part, où l'on sent finalement assez peu votre « touche »…

Je suis incapable de définir ma propre « touche », et je m'efforce de ne pas y penser. J'essaie simplement de faire des films qui m'amusent pour une raison ou une autre. Dans Poulet-Poulet, j'ai trouvé amusant de pousser un couple dans un dialogue en forme de casse-tête chinois qui se révèlent finalement presque absurde. En ce sens, Poulet-Poulet a pour moi une dimension fantastique, ou surréaliste peut-être.

Après Poulet-Poulet, c'est la rencontre avec Xavier Diskeuve, un autre habitué du festival (il a notamment réalisé Mon Cousin Jacques), qui produit votre film suivant (Le Généraliste, 2006), avec lequel vous tournez deux films en tant que directeur de la photographie, et qui semble vous entraîner dans son univers fantaisiste. Peut-on dire que cette rencontre vous a libéré et vous a permis de trouver votre voie ?

Certainement oui, ce fut une rencontre importante pour moi. Aujourd'hui nous nous influençons mutuellement, de façon positive je l'espère. Xavier est un véritable autodidacte du cinéma. Comme souvent, il y a beaucoup à apprendre des autodidactes ! Il a une approche totalement décomplexée de la réalisation, privilégiant toujours le plaisir d'écrire et de réaliser, sans œillères. Il m'a certainement influencé dans ce sens, alors que j'étais parfois engoncé dans une approche trop scolaire.

Troisième sélection à Villeurbanne (et c'est la bonne !), La Monique de Joseph semble du coup être à la fois un point de rencontre et la synthèse entre l'univers fantastique de vos débuts et la fantaisie développée depuis Le Généraliste… Parfaite maîtrise de la narration, excellente direction d'acteurs, prise de risque maximale dans la narration et la mise en situation « fantastique » voire « merveilleuse », peut-on dire que vous arrivez à maturité ? Le ressentez-vous comme ça ?

C'est amusant que vous posiez la question de cette façon car j'ai l'impression que le film est plein de défauts justement. En fait, j'espère continuer à expérimenter à chaque film. Je ne suis pas certain que la maturité soit une très bonne chose.

Qui dit « maturité » dit « tentation du long métrage »… Est-ce la suite logique à La Monique de Joseph, qui tend déjà vers le long ?

Je termine actuellement l'écriture d'un long métrage. La tentation est donc bien là. Reste à voir si nous parviendrons à financer le film, qui est assez ambitieux pour un premier long. C'est vrai que le format relativement long de La Monique de Joseph procède d'un désir d'approcher du vrai long.

Les réalisateurs belges font souvent une razzia de prix à Villeurbanne… Ainsi, vous vous ajoutez à la longue liste des réalisateurs belges (Benoît Mariage, Olivier Masset-Depasse, Olivier Smolders, Vincent Lannoo, Vivian Goffette, Dominique Abel & Fiona Gordon, Vincent Bierrewaerts, Annick Ghijzelings, Benjamin d'Aoust, Xavier Diskeuve, entre autres) qui ont remporté des prix à Villeurbanne, et non des moindres puisqu'on peut dénombrer pas moins de 3 Grands Prix sur ces dix dernières années. Comment expliquez-vous cet engouement des jurys et du public pour la production belge ? Qu'est-ce qui pourrait la caractériser par rapport à la production française ?

Il me semble que ce qui caractérise le mieux la production belge est précisément le fait qu'elle est difficilement classable. Il suffit de lire la liste des noms que vous citez pour comprendre qu'il n'y a pas d'école bien définie, mais qu'il existe bien en Belgique une remarquable effervescence de bricoleurs et bricoleuses passionnés. Les conditions de production sont souvent difficiles, mais, en revanche, on ne souffre pas trop du formatage et des étiquettes. Le cinéma est encore très majoritairement pratiqué comme une forme d'art, pas comme un pur divertissement ou selon une formule prédéfinie. Comme un film belge n'est jamais « bankable » a priori, on conserve généralement une grande liberté créative.

En tous cas vous êtes un très très fier représentant du cinéma belge, et vous le personnifierez encore l'année prochaine au jury de notre 30ème festival (tradition oblige). Toutes nos félicitations et à très bientôt sur l'écran du Zola.

Ce sera un plaisir de retrouver le festival, et l'écran du Zola. A l'année prochaine !


Thursday, December 11, 2008 
Une Petite Histoire de Noël

Un petit cadeau de Noël pour toutes et tous !
Passez de bonnes fêtes et à bientôt.
Sunday, November 23, 2008 


LE PALMARES 2008


PRIX DECERNES PAR
LE JURY OFFICIEL

Laurence Darthos (productrice, Tara Films), Marc Ferrieux (Festival Cinéma Nouvelle Génération, Ubic-Media), Laurent Larivière (réalisateur, Grand Prix 2007), Estelle Larrivaz (comédienne, auteur, réalisatrice), Antoine Monod (directeur de la photographie) et Scalde (musicien, compositeur, producteur, DJ)

GRAND PRIX DU FESTIVAL



LA MONIQUE DE JOSEPH
de Damien Chemin (Belgique / 38’)

4 000 euros offerts par la Ville de Villeurbanne


PRIX FUJI DE LA MEILLEURE RÉALISATION
LES PARADIS PERDUS de Hélier Cisterne (France / 30’)
4 000 euros en pellicule offerts au réalisateur par Fujifilm



PRIX DU CONSEIL GÉNÉRAL DU RHONE
AU MEILLEUR SCÉNARIO
ATA de Cagla Zencirci & Guillaume Giovanetti (France / 27’)
3 200 euros offerts par le Conseil Général du Rhône
au meilleur scénariste


PRIX DE LA RÉGION RHONE ALPES
NOUS d’Olivier Hems (France / 11’21)
2 300 euros offerts par la Région Rhône-Alpes

PRIX DECERNES PAR
LE JURY NUMERIQUE

Patrick Adam (TVPaint Animation), Daniel Armonia (infographiste), Christophe  Chabert (critique de cinéma, réalisateur), Jean-Pierre Maillet (vidéaste, photographe)

PRIX DE LA MEILLEURE CRÉATION
« 128 MEG@ D’ART »

DIX de Bif (France / 7’)
1 500 euros offerts par l’Association Pour le Cinéma


PRIX DE SOUTIEN AU JEUNE TALENT
LA DERNIERE FEUILLE de Edouard Labrosse (France / 4’47)
Un logiciel TVPaint Animation 9 (version standard) d’une valeur de 869 euros et un Pack Création d’une valeur  de 150 euros offerts par TVPaint à Edouard Labrosse

LES AUTRES PRIX


PRIX DES LECTEURS DU PETIT BULLETIN
C’EST DIMANCHE de Samir Guesmi (France / 30’)
1 semaine de tournage d’une valeur de 1 000 € offerte par Tapages,
1 journée de bruitages d’une valeur de 1 200 € et 1 journée de mixage d’une valeur de 700 € offertes par Miroslav Pilon


PRIX DU PUBLIC
LA LEÇON DE NATATION de Danny de Vent (France - Belgique / 10’)
1 500 euros offerts par l’Association Pour le Cinéma


PRIX DU PUBLIC EUROPEEN

CLICHES LIBERES (Rolla Saor) de Cathal Watters (Irlande / 24’48)
1 500 euros offerts par l’Association Pour le Cinéma


PRIX DES ÉTUDIANTS DE L’INSA
(Jury du Ciné-Club de l’INSA)
JUSTE UNE HEURE de Virginie Peignien (France / 10’10)
700 euros offerts par le Service Culturel et le Ciné-Club de l’INSA
Mention spéciale à ATA de Guillaume Giovanetti & Cagla Zencirci


PRIX DE LA LIBERTÉ
(Jury du Lycée Brossolette)
L’HOMME EST LE SEUL OISEAU QUI PORTE SA CAGE
de Claude Weiss (France / 12’)
600 euros offerts par le Lycée Brossolette de Villeurbanne


PRIX G.R.A.C DE L’EUROPE

(Jury du G.R.A.C.)
THE NOTE de Jon Greenhalgh (République Tchèque / 4’20)
Location et diffusion d’un film dans les salles du réseau du G.R.A.C.
Mentions spéciales à PASEO de Arturo Ruiz Serrano (Espagne)
& ICARE de Youtci Erdos (France)


LA BOURSE DES FESTIVALS

Jury composé de Laure Irrmann Carion (productrice), Christophe Chabert (critique de cinéma, réalisateur), Stéphane Kahn (programmateur, Agence du Court Métrage)
Philippe Roman pour son projet RIEN QU’UN JEU
(Parmi les lucioles productions)
15 000 euros offerts par Rhône-Alpes Cinéma et le Centre National
de la Cinématographie pour la production d’un court métrage régional



Monday, November 17, 2008 
Ma nuit au festival




Samedi 15 novembre, 19h30 :
attendant la fin de la séance de compétition européenne, quelques spectateurs enthousiastes et prévoyants (puisqu’arrivés une heure et demi en avance) commencent à affluer devant les portes du Zola. Je me faufile au milieu de tout ce beau monde, en espérant que la suite du festival marche aussi bien. La bonne humeur est de mise et l’excitation se fait sentir sur le trottoir du cours Emile Zola. La file indienne qui se forme commence à déborder sur la route, derrière la guinguette, et il faut toute l’habileté de notre cher président (de l’Association pour le cinéma) pour éviter à certains le sacré désagrément de rater la soirée sous prétexte de s’être fait écraser par un automobiliste distrait en goguette…


20h15 : fin du programme européen. Je m’enquiers rapidement de trouver des frites pour tenir un temps soit peu la marée dans ce qui s’annonce être un sacré marathon cinématographique.  La centaine de spectateurs, réchauffés par un bon verre de vin chaud, et alléchés par le cocktail détonant de comédies concocté par le directeur du festival Laurent Hugues, patiente dans la fraîcheur automnale et dans l’espoir de parvenir au bout de la Nuit sans fermer l’œil. En effet, quatre programmes de presque deux heures, ponctués de pauses de vingt à trente minutes, plus le p’tit déj’… un calcul rapide, oui, c’est bien ça, on est là jusqu’à 6h du mat’ ! En attendant que le flot de spectateurs s’égraine dans son accès à la salle, certaines bonnes âmes se laissent prendre au jeu des interviews de l’équipe du Centre Factory, qui réalise un documentaire de 52 minutes sur le festival. Pour ne pas me faire avoir à ce jeu-là, j’oriente les vidéastes sur d’autres personnes à interroger…

20h45 : la tension monte. Les trois quarts de la salle sont remplis, tandis que le trottoir ne désemplit pas dehors… Arrivera-t-on à faire rentrer tout le monde ?

21h10 : ça y est ! La soirée peut maintenant commencer. Une vingtaine de spectateurs n’a pas pu rentrer, ce qui augure de l’intérêt porté par le public à la thématique de la Nuit : la comédie. Et comme la qualité est au rendez-vous, la soirée risque d’être palpitante ! Le premier programme est lancé : J’aime beaucoup ce que vous faites déclenche les premiers rires, Ouvertures faciles et La Baguette – sur d’autres registres humoristiques – détendent définitivement les plus récalcitrants, qui auraient préféré passer leur soirée au chaud sous la couette, mais qui se sont malgré tout laissés convaincre. Les films qui suivent sont de la même teneur humoristique et avant même que nous ayons eu le temps de regarder notre montre, est arrivé le premier entracte aux alentours de 23h.

23h10 : les frites-saucisses, croq’ kebab et autres s’engloutissent, arrosés – pour faire passer – de Duvel (bière pour les sportifs, à 8,5%) ou de vin chaud. Les plus sages (les moins sportifs peut-être) choisissent l’option café, qui leur assure un éveil continu jusqu’au prochain entracte.
 
23h30 : « Pas besoin de café, m’assure un spectateur téméraire, quand tu regardes une comédie, ça tient éveillé de toute façon ! ». J’en prends bonne note et vais commander une Duvel sur le champ.

23h32 : Aïe ! On annonce le retour en salle.

23h37 : la dernière gorgée de Duvel en bouche, je regagne mon siège… en constatant que j’ai perdu l’occasion de gagner un T-Shirt Duvel, gonflable à l’eau… et finit par me convaincre que ce n’est peut-être pas une si grande perte. Je me réserve pour les écharpes Duvel, décidément grand sponsor de cette Nuit qui ne fait que commencer. Le Dossier Satchel, Soowitch, pour ne citer que les meilleurs, sont largement plébiscités par le public, qui, s’il en avait eu l’opportunité, aurait je le pense accordé ses suffrages au second des deux cités. La Révolution des Crabes, que j’avais déjà vu lors de la venue d’Alexandre Astier il y a deux ans, est toujours aussi efficace.

1h30 : Bon, ça va, je tiens. Pas de souci, je vais prendre une Duvel.

2h : C’est reparti. Pacotille, Omnibus, Walking on the Wild Side… que du lourd, mais dans le bon sens du terme. De grands classiques que l’on a toujours plaisir à revoir. N’ayant pas le programme sous les yeux, je sors pour l’entracte, avant de me rendre compte que je suis en train de rater Carlitopolis. Bon, je l’ai déjà vu, c’est pas grave. En sortant de la salle, je me suis retourné et j’ai constaté qu’il restait pas mal de monde malgré l’heure avancée… C’est le signe que les films programmés ne plaisent pas qu’à moi. Bonne nouvelle !

4h : Je sors donc, des valises sous les yeux pour le coup, et commence à tergiverser : Duvel ou café ? Allez, soyons raisonnable… Vu l’heure… Et puis je dois me lever demain…

4h02 : J’ai opté pour la Duvel. Je ne me l’explique pas encore.

4h14 : La langue encore imbibée de bière, je retrouve mon siège tout tremblant (de fatigue naturellement).

4h15 : Dernier programme. Les survivants, en nombre, tentent d’attraper des avions en papier lancés du balcon. Situation aussi improbable que mon choix de boisson de tout à l’heure. Le lot offert à ce moment-là est un coffret verre Duvel + 2 Duvel. Autant dire que je ne me suis pas battu pour l’avoir, celui-là. Au passage, j’ai appris que les écharpes avaient déjà été distribuées… Tant pis, je reviendrai l’année prochaine.

5h55 : C’est fini. Allez, je rentre me coucher. Le temps de prendre quatre viennoiseries, deux pour moi, et deux pour ma belle, qui sera bien contente de les trouver demain à son réveil.

Je n’avais pas prévu qu’elle me réveillerait pour me demander si c’était pour elle que je les avais ramenés. Je m’en souviendrai la prochaine fois…

Olivier
Friday, November 14, 2008 
ça commence
aujourd'hui !!!




Comme dirait l'un des plus fameux cinéastes 'lyonnais', ça commence aujourd'hui !!!

Le 29ème Festival du Film Court ouvre ses portes cet après-midi, avec la projection des deux programmes de courts régionaux de la Bourse des Festivals, pour enchaîner avec la réception du comédien Serge Riaboukine pour l'ouverture officielle, et SA carte blanche à 20h45.

La salle est encore vide, encore calme et sereine, l'écran attend les images qui viendront le faire vivre et vibrer, de films en films, à toutes ces histoires que vont lui conter les 150 courts que nous allons projeter à l'occasion de cette édition.

Cette nouvelle édition, lors de laquelle nous souhaitons de tout coeur payer en retour les hommes et les femmes qui auront répondu à l'appel du Ouvrez les yeux, soyez curieux, par des rencontres, qu'elles soient visuelles ou humaines, se doit d'être une immense fête. Celle de la découverte, de l'ouverture, de la rencontre, de l'échange. Que ces mots ne prennent pas une allure trop naïve, car ils sont le fondement sur quoi repose la réception, la compréhension et le partage d'une oeuvre. Et même si le plaisir de spectateur peut être solitaire, partager l'oeuvre avec les autres (et avec ceux qui l'ont réalisée) lui donne une toute ampleur, un tout autre éclairage.

Alors venez, remplissez cette salle encore vide et calme, et partageons ensemble 10 jours de courts métrages et de promesses cinématographiques.

L'équipe du festival


Le programme complet du festival sur
www.festcourt-villeurbanne.com