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Amine

Amine Kaci


Last Updated: 4/3/2009

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Tuesday, March 13, 2007 

Nouvelle programmation, nouvelle mise en scène et nouvel enthousiasme pour cette pièce qui fut un immense succès l'année dernière...

J'en fus le premier surpris! Je ne pensais pas qu'autant de gens se laisseraient prendre au jeu des rimes de cette comédie policière et l'avait montée plus par passion que pour une réelle croyance dans son impact sur le public, pourtant...

Pourtant cette pièce est aujourd'hui plébicitée tant par le public que par les professionnels (qui suivent en général le public... quand la salle est remplie c'est toujours bon!) et je suis heureux de vous la présenter à nouveau dans une version revisitée... j'ai repris la mise en scène à mon compte après une agréable collaboration avec Olivier Belmondo, le neveu de Bebel avec qui je travaille en ce moment sur une autre pièce.

Je veux pour cette nouvelle version un élan plus moderne, plus dynamique encore et je vous assure que durant une heure vingt vous n'aurez pas le temps de respirer...

Venez nombreux, on se retrouve au Théâtre du Gymnase du 5juin au 12 juillet pour 18 représentations exceptionnelles avant une tournée en province.

Pour toute info n'hésitez pas à me contacter, je me fait fort de répondre à tous le monde.

Bien amicalement,

Amine.

Sunday, December 31, 2006 

CRITIQUES du PUBLIC

 

Sur BilletReduc' : 18 avis Positifs sur 18

 

-SUPER ! -
Quelle performance ! Nous étions 4 et tous ravis de la prestation des acteurs. Le texte est richissime, la mise en scène vraiment originale et le jeu des comédiens très bon. Nous avons passé un très bon moment et recommandons vivement cette pièce à tous ceux qui veulent du théâtre de bon niveau.
écrit le 23/07/2006 par : jacqueline (7 critiques , a vu cet évènement avec BilletReduc.com ) #

-enfin! -
excellent spectacle!!! de tres bons acteurs, tres dynamiques. une pièce tres rafraichissante qu'il fallait oser monter et qu'il faut à tout prix aller voir cet été.
écrit le 22/07/2006 par : greuko (1 critique , a vu cet évènement avec BilletReduc.com ) #

-Allez-y !!!!!!! -
Un texte brillant et des comédiens enjoués qui donnent à cette pièce un rythme détonnant. On ne voit pas passer le temps et on rit avec plaisir de la médiocrité humaine.
écrit le 21/07/2006 par : aurelia25 (1 critique , a vu cet évènement avec BilletReduc.com ) #

-A voir ! -
Très bon spectacle... à voir!
écrit le 21/07/2006 par : eve.mar (14 critiques ) #

-En vers, mais pour tous
Voici un excellent projet joué par de bons comédiens. L'intrigue est un peu longue àse mettre en place, mais après c'est excellent ! (je conseille même à mes ennemis d'y aller, c'est tout dire)
écrit le 14/07/2006 par : patou (3 critiques ) #

-Pour eux et en vers -
Trtès originale, bien écrite et bien jouée, cette pièce est surement à recommander aux amoureux des planches qu'un bon moment séduit. A Billetreuc donc, nous disons grand Merci
écrit le 14/07/2006 par : Tupaï (8 critiques , a vu cet évènement avec BilletReduc.com ) #

-A voir vite!!!!!!! -
On reste le sourire aux lèvres pendant 1h15 à savourer le texte C'est intelligent et cynique à souhait. La mise en scène est épurée mais efficace : bref à voir et vite !!!
écrit le 13/07/2006 par : c311 (1 critique ) #

-Excellent -
ce spectacle est tout simplement excellent, formidable bien qu'il soit un peu long a demarrer... les comédiens sont formidables, un grand bravo a François Hatt (cyrus) qui joue avec grand talent son personnage. un piece a allée voir absolument !
écrit le 13/07/2006 par : jeremybizet (1 critique ) #

-Qu'il est agréable d'entendre du beau français... -
Très bonne pièce, bien jouée. Attention à ceux dont les oreilles sont bercées par la star academy & co : ils auront un peu de mal à suivre.
écrit le 13/07/2006 par : Ryule (1 critique ) #

-A voir ABSOLUMENT si vous aimez les bons textes!
Des rimes à tout va (chapeau bas aux acteurs : quelles mémoires!) et une pièce qui se tient très bien, avec un texte fin et une intrigue prenante, on accroche! Certes, c'est un peu long à démarer, mais une fois la machine lancée on est à fond, captivés par toutes ces belles phrases et pris dans l'histoire et ses personnages à 200% ! Bref : je conseille à ceux qui aiment les bons mots et les jeux fins (amateur de théâtre de boulevard uniquement, s'abstenir)
écrit le 12/07/2006 par : lucier (3 critiques ) #

 

Génial -
C'est une pièce assez surprenante mais très bien mise en seine et très bien interpretée. Les acteurs sont excellents et la seule chose que l'on peut regretter est le fait que la pièce ne soit pas plus longue. On rit souvent et on réfléchit un peu. A voir d'urgence!!!
écrit le 11/07/2006 par : acaciane11 (1 critique , a vu cet évènement avec BilletReduc.com ) #

-Un chef d'oeuvre
Un chef d'oeuvre par les dialogues en vers et le jeu des acteurs. A voir absolument!
écrit le 10/07/2006 par : mgenicot (1 critique , a vu cet évènement avec BilletReduc.com ) #

 


-en vers et contre tous
Très bon texte, très profond, malgrè une distribution bizarre, on fini par entrer dedans et se laisser prendre au jeu.
écrit le 09/07/2006 par : isa (1 critique ) #

-on en veut encore! -
Pièce pleine d'originalité, très bien jouée. Une intrigue qui nous tiens en haleine jusqu'au dénouement, un texte surprenant. Bref, un condensé de talent!
écrit le 07/07/2006 par : poshmurtz (1 critique ) #

-Christine -
Une pièce tout en rimes, qui nous permet de redécouvrir la richesse de la langue française, accompagnée de piquants jeux de mots, que du bonheur! On se prend facilement au jeu des acteurs une fois le décor posé afin de percer le mystère du coupable... presque introuvable... Un vrai régal!!
écrit le 03/07/2006 par : christoche (1 critique ) #

-vraiment sympa -
voila une piece super originale et pas chiante ! une intrigue a la aghata christie et nous voila embarque pendant une heure a se poser la question de savoir qui a fait quoi ! on ne decroche pas une seconde une fois l'intrigue lance ! si il y en un qui trouve la reponse avant la fin il est super fort !
écrit le 30/06/2006 par : prof (1 critique ) #

-Bravo -
Cette pièce est très sympa. Elle commence un petit peu lentement mais une fois dedans on se prend au jeu!!!
écrit le 28/06/2006 par : severine (1 critique ) #

-Originalité !!! -
Très belle pièce! Un texte original, en rimes avec nos mots d'aujourd'hui ça marche! Une réelle intrigue, les comédiens sont bons! Comment vous dire... n'hésitez pas à y aller!!! Vous passerez un bon moment! A++
écrit le 22/06/2006 par : Kaly (1 critique ) #

Monday, December 25, 2006 

Scène 2 : Angelina et Lilian

 

         Le bruit d'une clef dans une serrure, la porte s'entrouvre, une tête se glisse. Lilian qui pénètre à présent franchement dans la pièce semble surpris de l'ambiance qui l'habite. Il n'a pas remarqué Angelina affalée sur le canapé.

 

Lilian :                - Lina !...

 

         Cette dernière se dresse et se dirige charmeuse vers les bras de son amant.

 

Angelina :          - Tu es presque à l'heure…

 

Lilian :                - Presque à l'heure ?... on avait quelque chose de prévue ?

 

Angelina :           - Justement pas… disons que tu es à l'heure pour l'imprévu.

 

Lilian :                - Lina, ne m'en veux pas mais je ne comprends rien à ce que tu me raconte…

 

Angelina :           - Ne t'en fais pas, tu comprendras bien assez tôt… pour l'instant profite du moment, je crois que tu n'as pas trop lieu de te plaindre : une table dressée, un dîner somptueux, une musique douce et… une femme superbe.

 

Lilian :                - Je ne me plains pas… je m'inquiète. Va pour la soirée, mais c'est la raison de tout cela qui me tracasse.

 

Angelina :           - Il manque pourtant quelque chose…

(Ne l'écoutant

 pas)

 

         Elle regarde partout autour d'elle, lui est concentré sur elle.

 

Angelina :           - Ah j'y suis… mon chéri, tu veux bien aller me chercher quelques bûches ?

 

Lilian :                - Des bûches ?

 

Angelina :           - Oui, tu sais, les bouts de bois ronds posés derrière la maison…

 

Lilian :                - Mais qu'est-ce que tu veux foutre avec des bûches ?

 

Angelina :           - Un feu, mon chéri, un feu… je ne vais pas faire une cabane au milieu du salon…

 

Lilian :                - Je ne sais pas si j'aurai trouvé ça plus con… un feu en plein mois d'août, il fait quarante degrés à l'ombre…

 

Angelina :           - Tu ne veux pas me faire plaisir ?

(Charmeuse)

 

Lilian :                - Si, si, bien sûr…

(Charmé)

 

         Il l'embrasse tendrement, la regarde un instant droit dans des yeux emplis d'amour et se détache lentement d'elle, avec peine. Puis, il se dirige vers la porte en dodelinant de la tête.

 

Lilian :                - Un feu… un feu avec cette chaleur…

(Pour lui-même)

 

         Elle, continue d'arranger la table. Lui, revient quelques instants plus tard les bras chargés de bûches. Il les pose devant la cheminée et les observe d'un air satisfait.

 

Lilian :                - Voilà… les voilà tes bûches…

 

Angelina :           - Très bien. Si elles sont sèches met-les dans la cheminée et craque une allumette sinon continues à les regarder un jour ou deux…

 

Lilian :                - Je vois, c'est une soirée à thème… tu ne m'en veux pas, j'ai oublié mon cynisme chez ta mère.

 

Angelina :           - Mais non mon amour… allumes-moi ce feu s'il te

(S'approchant    plait, je te promets une soirée très spéciale.

de lui)

 

Lilian :                - Tout ce que tu voudra mais juste une chose, fais quelque chose pour moi… tu veux ?

 

Angelina :           - Quoi ?

 

Lilian :                - Arrêtes ces « mon chéri », « mon amour »… l'ambiance est déjà assez empruntée au feuilleton argentin… sans parler de cette chaleur…

 

Angelina :           - Tout ce que tu voudras… mon lapin.

 

Il sourit.

 

Lilian :                - C'est mieux…

 

Elle sourit.

 

Angelina :           - Dépêches-toi, le dîner est prêt.

 

         Elle tourne les talons et disparaît dans ce qui semble être la cuisine, lui s'affaire à mettre le feu à des bûches coriaces. Il est habile. Elle revient un court instant après, les bras chargés de plats. Le feu rougeoie déjà dans l'âtre.

 

Angelina :           - Gambas marinées au gingembre, carré d'agneau caramélisé sur lit de mangue et profiteroles au chocolat blanc… le tout accompagné d'un Léon Bartonville 82… ça te va ?…

 

Il la regarde un instant.

 

Lilian :                - J'aurai préféré du 81.

 

Angelina :           - Tu te fous de moi ?

 

Lilian :                - Un peu… tu sais bien que j'y connais rien, je ne bois jamais d'alcool.

 

Angelina :           - Oui et bien c'est une lacune qu'il faudra songer à combler.

 

Lilian :                - C'est vrai, tu as raison… ne pas être alcoolique à mon age, c'est une honte… quand je pense à tout le mal que je te donne, toutes ces humiliations, je ne sais pas comment tu fais pour encore supporter le regard de nos amis.

 

Monday, December 25, 2006 

Abraham Grass :

 

Ah… je semble bien entouré ! La compagnie à l'air d'être bonne à cette table… cela doit venir du fait qu'elles se taisent. Curieuses, intrigantes créatures, paradoxe des sens, vous êtes le régal de nos yeux, le supplice de nos oreilles, votre corps nourrit copieusement nos fantasmes, votre chant berce douloureusement la famine de nos esprits. Que vous êtes belles en silence, le temps jadis aurait fait de vous des stars, je veux dire à l'époque du cinéma muet, mais aujourd'hui on vous entend, et le son vous dessert… J'en ai passé des soirées en compagnie de telles créatures, j'en ai subi des inepties, retenu uniquement par mes instincts bestiaux, et j'en suis venu à me dire, la maturité aidant, que ce que j'avais entre les jambes ne devrait jamais plus, et j'ai bien dit jamais plus, prendre le dessus sur ce que j'avais entre les oreilles. Croyez-moi, c'est difficile de résister. Regardez-les, mon Dieu ce qu'elles sont belles ! ce qu'elles sont attirantes, confortablement assises sur leur intelligence, ces amazones modernes, ces guerrières peinturlurées Sonia Rykiel ou L'oréal. Ces surfeuses de l'amour qui se contentent de glisser insolentes sur les flots de sentiments quand, moi, je me tente, je me risque dangereusement dans d'intrépides plongées, dans des apnées menant souvent aux portes de l'asphyxie. Nous ne parlons même pas la même langue, elles et moi, nous ne vivons pas dans le même monde. Mon Baudelaire est leur Beigbeder,  mon Mozart est leur Lorie, mon extase devant les photos de Cartier-Bresson correspond à leur regard vitreux posé sur le dernier poster de Billy Crowford parce que, quand même, c'est vrai qu'il est trop craquant ! String apparent, nombril percé, ça parle pop et hip hop, ça discute couleur de cheveux et dernier clip à la mode : « Jennifer Lopez c'est vraiment trop une pétasse ! » Et puis, il y a les copines qu'il faut toujours descendre, même quand on fait genre on les défend : « Vanessa, elle est trop courageuse, en une semaine elle a perdu quatre kilos… dans six mois, c'est une bombe ! » Ca habite le quinzième et ça s'encanaille caille, ça arpente les halles en jogging flashi, casquette baissée sur un regard maladroitement eye-linerisé, ça connaît du monde, faut pas l'embrouiller : mon copain Rachid, c'est trop un ouf ! Ca parle comme son copain Rachid pour, comme lui, être trop une ouf. Ca sort avec Superman, toujours… mais toujours, ça veut un mec qu'a d'la tune et une belle caisse. Ca se la joue femme mais ça a qu'une seule chose dans la tête, qu'une seule obsession : qu'est ce que ça va faire ce soir, après son après-midi de shopping ?… pisseuses ! Et ça parle, ça parle beaucoup, ça parle beaucoup trop… à tel point que les espaces de silence remplis uniquement par le caoutchouteux bruit d'un chewing-gum mâché vulgairement en deviendraient presque agréables. Et ça fait des études, c'est probablement en quatrième-première année de quelque chose parce que, tu vois, trop dans la vie maintenant faut faire des études, si tu veux pas finir charclo ou galérienne. Parfois ça fait du droit, ça interpelle les flics parce que justement ça les connaît ses droits, enfin… un article du code civil et ça lui fait tout dire, ça emmerde tout le monde avec, ça tente d'étaler sa science mais ça comprend même pas ce que ça dit. Ça veut partir de chez ses parents, ça veut être indépendante, ça veut chanter ou jouer la comédie, ça me fatigue… leur verni à ongle dit superficialité, leur brushing dit : y a rien en dessous… Ah… les préjugés, ça repose le cerveau, ça facilite la réflexion. Je les ai entendu parler, en arrivant, tout à l'heure. Julie, la blonde, vient de terminer son Master et part dans deux jours en Afrique y construire une école. L'autre, Dorothée, achève ses études de lettres et souhaite rendre au journalisme ses sus-dites de noblesse. Elles sont jeunes, pleines de vie, de joie et d'illusions… foutons leur la paix.

Sunday, December 24, 2006 

I sur l'échelle du mal

 

*

 

 

  On dit que le propre du psychiatre est d'être son premier patient…

 

Futile, frivole, superficiel ne sont pas des termes péjoratifs, mais des remèdes, des remèdes à la folie. L'excès de lucidité rend fou, les cerveaux les plus actifs sont ceux les plus touchés par les maladies mentales. Nous savons très peu de chose des autistes, ils ont longtemps été regardés comme des attardés et pourtant, certaines de leurs capacités mentales dépassent, et de loin, celles du commun des mortels. L'excès de lucidité les a poussés à se couper du monde, il les a rendus fous comme aime à l'imaginer la norme, exclus de la vie sociale car incapables de communiquer leurs envies, leurs pulsions et surtout leurs ambitions. Pour moi, cet isolement relève d'un choix délibéré, sacrifice d'une élite qui utilise plus de dix pour cent de son cerveau quand le reste…

Je m'appelle Henri Viatan, voilà bientôt trente ans que j'exerce le métier de psychiatre.

 

  Mon cabinet se situe place de la Contrescarpe, dans le vieux Paris. J'ai, dans cette petite pièce ronde, dénudée mais chaleureuse, passé la plus grande partie de mon existence. J'y ai, durant cette période, tout vu et tout entendu, des confessions honteuses d'une mère seule, obligée un jour de voler pour nourrir ses enfants, aux confidences rieuses et satisfaites d'un avocat, ancien collabo, politicien véreux et ayant fait relâcher bon nombre de criminels, tueurs, violeurs et crapules de toute sorte… allant même jusqu'à tisser des liens d'amitié avec un huissier de justice. Pourtant, lorsque Piters Amlin passa les portes dudit cabinet, j'eus le sentiment immédiat de n'avoir jamais été préparé à rencontrer un tel personnage.

Sunday, December 24, 2006 

Sylvain Charlier       - Paris ? Voyons ! on y peint donc encore ?

                                   On me dit que là-bas chaque croûte vaut de l'or

                                   Que ce qui fut béni, l'esprit de création

                                   Dans la vente n'aurait plus que sa seule vocation

                                   Qu'un tableau n'y vit plus que par sa signature

                                   Peu importe, aujourd'hui, une âme, des lignes pures

                                   Non ! Ce qui compte alors est affaire de rendement

                                  « De ce tableau, combien avez-vous pris d'argent ? »

                                    L'artiste d'aujourd'hui sait manier les finances

                                   Il n'est plus que sa bourse pour le mener en transe.

                                   Je fus porté, un jour, dans une galerie d'art

                                   Dont le nom le plus juste aurait été… traquenard

                                    Sous chaque tableau, des prix affichés

                                    Transformant cet endroit en un supermarché

                                     Aussi j'estime bon de ne plus m'arrêter

                                      A juger un artiste en ce qu'il est réputé.

 

Cyrus                          - Vous savez, sur chaque art des palabres circulent

                                       Et souvent les ignares en sont le véhicule.

 

Sylvain Charlier              - Il n'est point nécessaire d'être critique confirmé

                                        Pour constater le vide de ce qui est encadré !

 

Cyrus                              - Le vide ? Comment peut-on parler de vide ?

 

Sylvain Charlier              - Peut-être aurais-je dû dire… insipide ?

 

Cyrus                               - Insipide… je ne dis pas

                                  Tous les avis sont justes, pourquoi pas celui-là ?

                                   Le peintre se démène à ouvrir les esprits

                                   Parfois même il se risque à exposer la vie

                                   Mais le plus grand problème dans cette tâche qu'il a

                                   C'est que souvent, en face, esprit il n'y a pas.

                                   Du vide ! Quelle insulte ! Quelle abomination !

                                   Vous êtes un maître, monsieur, en l'art de destruction

                                    Comment est-il possible de me parler de vide

                                   Quand se dessinent ensemble le tableau et les rides                          Savez-vous bien, au moins, d'où nous viennent nos couleurs                          Avez-vous vu, une fois, une palette de douleurs ?

                                    C'est de notre sang que le rouge tire essence

                                    De nos rêves que le bleu prend naissance

                                     Et le noir lui, oh lui, il vient de notre détresse

                                   Qui est bien pour l'artiste la plus fidèle maîtresse

                                    Et qui hante nos nuits, nos âmes et nos toiles

                                  Jusqu'à ce que, sur nos yeux, la mort ait mis son voile                                    Aussi je ne tolère pas qu'on me parle de vide

                                   Alors qu'en l'art je vois le plus lent des suicides.

 

Sylvain Charlier          - Monsieur, vous avez là touché un point sensible

                                 Car je n'aime voir mon âme ainsi servir de cible.

                               Les peintres dont vous parlez ne sont plus de ce monde                                 Plus personne aujourd'hui ne peindrait la Joconde.

                               Pourtant je me dois bien de lever mon chapeau

                                Devant l'homme que vous êtes, devant ces jolis mots

                                 Et si l'artiste n'a toute mon admiration

                                 Un grand respect je dois à cette belle conviction

                                  Aussi, permettez-moi de renier mes idées

                                  Je vous ai offensé, laissez m'en excuser.

 

Cyrus                        - Ne reniez vos idées, elles sont tout à fait justes

                                  Je n'ai vu un grand peintre depuis bientôt des lustres !

 

Sylvain Charlier        - Ha là, je ne comprends pas, vous m'en voyez perdu.

 

Cyrus                          - Dès votre premier mot, je m'en suis aperçu.

Thursday, November 23, 2006 
Posted By:charis

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