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BAAZIZ



Última Atualização: 25/9/2009

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terça-feira, fevereiro 05, 2008 

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Baaziz

Vivant depuis quelques années déjà entre Paris et Cherchell à une bonne centaine de kms d' alger, Baaziz est un jeune chanteur un peu à part dans le paysage artistique algérien, ayant une certaine préférence pour le genre country entre autre. Issu d'une famille d'artistes (son père était musicien chaabi et son frère artiste-peintre), Baaziz a un style personnel alliant harmonieusement le chaabi et la folk song.
Mais c'est au niveau des paroles de ces chansons qu'il est remarquable et surtout courageux : il est l'un des chantres de la "protest song" algérienne, c'est ce que l'on appelle ici un " m'roufez " (du mot français "refuser"), un rebelle.
On peut dire qu'avec son franc parler, il est le chouchou des algériens !
A l'issue de concerts ou de galas, on peut entendre des phrases telle que :
" ...nous savons très bien que ton hymne " Malgré tout Bladi Nebghik "
n'était destiné à personne d'autre qu'au « vrai » peuple algérien..."


Sa première chanson remonte à 1989 " ya Hasrah kikount Esseghir " inspirée da la chanson du même titre de Rachid Ksentini. Baaziz, surnommé le Bob Dylan Algérien, a sorti plusieurs cassettes et CD et s'est produit plusieurs fois à l'étranger et notamment en France, Belgique, Suisse, Allemagne et Cuba. reprises en choeur avec bonheur par ses jeunes supporters qui se reconnaissent tout à fait dans ces paroles.

Il est connu aussi pour avoir repris en arabe dialectal des chansons du chanteur français Renaud. Une de ses chansons qui a eu beaucoup de succès pour sa musique ( "Hexagone" de Renaud) et pour les paroles à la limite subversives " Enneya liyoum je m'en fous "(Moi aujourd'hui je m'en fout)

Il est l'initiateur du fameux "Algérie mon amour" qui a eu un succés retentissant, chanté en groupe par la plupart des chanteurs algériens vivant en France. Ce n'est pas une chanson patriotique bête et méchante mais plutôt une déclaration d'amour qui n'oublie pas d'écorcher au passage le ou les pouvoirs en Algérie "... malgré wech derou fik... (malgré ce qu'ils t'on fait).


Pour l'anecdote, le président Bouteflika a envoyé des messages de félicitations à tous les artistes qui ont participé au clip de " Algérie, mon amour " sauf à Baâziz, chanteur et auteur de la chanson. Comment parler de Baaziz sans évoquer son tube qui ne lui a pas attiré que des amitiés : "les Généraux " qui a été écrite à l'époque du président Zeroual et qui, parait il, le désignerait. Bouteflika n'est pas en reste puisqu'aux dernières nouvelles, il a eu droit lui aussi à un pamphlet Baazizien. Enfin Baaziz a une prédilection pour les reprises et ça ne se fait jamais sans grincements de dents surtout quand il reprend le célébrissime et quasi sacré titre de chaabi "sabhan allah ya lattif " sur une musique et un tempo tout à fait moderne et léger (ceux qui connaissent l'intransigeance des puristes en matière de chaabi, comprennent l'insolence de l'acte!).

Baaziz n'aime pas être manipulé

Son dernier coup d'éclat a eu lieu, le 14 Juillet 2000, à la télévision algérienne lors d'une émission de variétés en direct où on l'avait sommer de ne pas chanter "les généraux" ! Et bien sûr, il a chanté sa chanson, accompagné par les applaudissements des invités, au grand dam des responsables qui faisaient des gesticulations
derrière les caméras !!! Une chanson denonçant les généraux algériens ("Waili waili"), interdite d'antenne et censurée sur une émission diffusée simultanément sur ENTV et Canal Algérie. Baaziz dit avoir été ensuite menacé ainsi que sa famille, par "des personnes bien placées à l'ENTV", après que de présumés membres des services de sécurité soient venus récupérer à la télévision la cassette de l'enregistrement. Le directeur de la télévision, l'ancien ministre de la Communication Hamraoui Habib Chawki, a fait stopper la tournée de Baaziz.
Désormais carrément interdit d'antenne publique, à " l'unique " (la télé algérienne, comme on dit) ainsi qu'à la radio et des organisateurs de concerts auraient, selon "El Watan", reçu des instructions pour ne plus le programmer).

Voici quelques paroles de la chanson :
Quand j'entends ce général, je ris sans pitié...
Mêlé aux affaires, il est devenu personnalité...
Il a le pouvoir, l'argent et la double nationalité...
Il humilie les hommes...
Et même dans la mort, il trouve son compte...
On a le président, la démission ou la mort...
Chaque semaine, il y a un vote...

Le plus décevant, c'est qu'il a forcément été éjecté de la tournée
"Jeel Music Live" qui se déroulait du 5 au 21 juillet 2000 à travers le pays...
Tournée organisée par Sid Ahmed Guenaoui qui précisa lors d'une conférence de presse :
" Baâziz est un ami de longue date. Il a donné beaucoup de lui-même dans cette tournée. A la suite du différend (censure) l'opposant à la direction de l'ENTV, nous avons reçu des instructions nous signifiant que Baâziz n'était pas le bienvenu à Oran (persona non grata) et ce, de la part de la direction de l'ENTV. C'était soit le passage «forcé» de Baâziz soit le maintien de la tournée. Et nous avons appliqué.» A quoi bon se heurter à un système ? C'est une décision étatique, de la houkouma. On était scandalisé, et on essaye de combattre le système différemment . "
On peut le dire, Baaziz a été lâché lamentablement par ses confrères artistes et Sid Ahmed, le kid de Mostaganem, a fait un sacré pas en arrière au détriment de l'évolution culturelle algérienne. Il pouvait ensuite se gausser du succès de la tournée :
" c'est une belle aventure qu'on a menée jusqu'au bout ".


Baaziz rejoint donc Ahmed Saber, chanteur oranais censuré jusqu'à sa mort pour son immortel
Idji nharek ya el khaïne (viendra ton jour ô traître),
le groupe Debza, Maatoub Lounès et de jeunes rappers, MBS, Hama Boys, Intik et autres (ces groupes sont aussi censurés par El Bahdja).


Voilà quelques réponses de Baaziz lors d'une interview au "Soir d'Algérie"
Je suis parti en France après que mes galas aient été annulés pour des raisons obscures.
Il y a eu d'abord le gala de Timgad qui a été annulé, sans raison valable, en dernière minute. Pour la tournée de Boumerdès, c'est le chef de cabinet du wali qui l'a annulée. Celles de Tizi-Ouzou et d'Annaba, elles demeurent mystérieuses. Même au Casif, je devais être programmé, mais mon nom ne figurait pas sur les affiches, alors que j'avais signé un contrat. Je ne pense pas que je devrais passer sur scène comme un clandestin. Je ne suis ni un terroriste ni un repenti. Je peux vous dire une chose : toute cette situation n'est pas le fait des hauts responsables mais celui de petits subalternes qui veulent plaire à leurs chefs hiérarchiques. Eh oui ! Ce sont ces petits chefs de cabinet de wali ou de sûreté de wilaya. Je suis actuellement un chanteur censuré à 100%. Je suis déçu par mon séjour actuel en Algérie. Heureusement que j'ai eu un réconfort de la part d'un de mes amis et de beaucoup d'admirateurs, je les remercie profondément. Je n'oublie pas de féliciter la presse indépendante algérienne. Une nouvelle cassette sortira bientôt sur le marché, chez l'édition Sono Star. Elle est inspirée par toutes les péripéties que j'ai vécues dernièrement. Cette cassette est intitulée "Coyote" ou "Baâziz anti-coyote".
Le Soir : Pour conclure?
Baaziz : Que les "petits chefs" cessent de faire plaisir à leurs responsables et nous laissent nous exprimer.

à propos de la jeunesse, il dit : " La jeunesse algérienne n'est pas si mauvaise que certains le croient. Il est normal qu'elle crache sa malvie par des manifestations parfois violentes. Pour qu'elle ne réagisse pas de la sorte, elle doit avoir toute l'attention et l'écoute voulues de la part des pouvoirs publics. Le chômage, la promiscuité du logement familial, la luxure des nouveaux riches sont autant d'agressions subies par un jeune qui se réfugie désormais dans la violence du verbe et la zetla. En fait, je chante tout cela, c'est pourquoi il se reconnaît quelque peu en moi. "


Ce que Baaziz pense du Raï(âmes sensibles, s'abstenir de lire ce qui suit, moi-même, je ne m'en suis pas encore remis).

Le Raï a traversé des mers et des océans et réussi à faire connaître l'Algérien…
Baaziz : Le raï est devenu un produit de la variété française et ce ne sont pas les "Didi" et "Aïcha" qui me contrediront. Le raï s'essouffle, il n'y a rien de nouveau qui se fait tant c'est une musique barbare. Le rap algérien est en train de le supplanter avant de le noyer définitivement.

Le rap n'est pas non plus un produit authentiquement algérien, mais une musique importée.
Baaziz : Dans ma musique à moi, il y a aussi de la folk, venue des USA, mais le rap, et contrairement au raï, est riche dans le texte. C'est cette stérilité textuelle que je dénonce surtout. Les meilleurs produits algériens vendus dans le monde ne sont pas ceux du raï, mais bien ceux de Dahmane El-Harrachi revisités par Rachid Taha. C'est cela la véritable culture algérienne et non pas les autres prétendus tubes de la chansonnette "française".
segunda-feira, fevereiro 04, 2008 

Modo atual:  blé!
explication d'une personne gérant les spectacles de BAAZIZ en Tunisie

_ Succès du spectacle donné par Bazziz au Théâtre dans le cadre du festival du rire, avec beaucoup d'algériens venus spécialement d'Alger pour y assister.

_ Arrivée prochaine de Boutaflika en Tunisie .. faut anticiper et prendre les mesures nécessaires.

_ On demande à la société qui gère les spectacles de Bazziz de n'en programmer aucun pendant le séjour du président Algérien et d'annuler les deux représentations à El Teatro.

_ Zeineb FARHAT insiste auprès de Bazziz pour qu'il honore ses engagements, assurant qu'elle a eu l'accord de ladite boite ... chose totalement fausse.

_ il 7akem tghachich ... spectacles annulés ... on craint une réaction "algérienne" ... on demande à Bazziz de carrément quitter le pays .. le temps que ça se calme ...wakhtawna blé mechekil !

_ Ta3limet !

_ Zeineb FARHAT devra s'expliquer prochainement ..
segunda-feira, fevereiro 04, 2008 

Modo atual:  artista
LA PRESSE DE TUNISIE / 4/02/08

Festival du rire 2008
Baaziz : ils sont fous ces Algériens
Ils sont fous ces Algériens.
Mais où puisent-ils donc ce talent fou d'amuseurs, d'agitateurs, de chanteurs?
Comment expliquer la déferlante irrésistible de ces dons multiples qui franchissent si allégrement les frontières, et font danser la France profonde à leurs rythmes, et rire le Paris BC-BG de leurs facéties?

Faut-il croire que le malheur, la souffrance, soit le meilleur terreau de la dérision? Question sans réponse.
Nous, l'autre soir, au Théâtre de la Ville de Tunis nous n'avons pas boudé notre plaisir. Baaziz le magnifique explosait dans tout son éclat : chanteur, imitateur, animateur, troublion, poète, il électrise la salle et l'emporte dans son délire.
Un délire mesuré de «malade mental», comme il se réclame, assumé. Un délire trépident, construit qui monte crescendo, s'apaise en moments de tendresse et de poésie, cligne de l'--il au public, le prend à partie, en fait son complice, le submerge de sa verve et le fait chanter de joie. Mais un délire courageux, audacieux, fait de conviction, sans concessions ni demi-mesures.
On riait de bon c--ur des petites misères et même des grands malheurs, mais un rire sain de sympathie, d'empathie, d'autodérision, de tendresse partagée.
C'était un très joli moment de partage que nous a offert Baaziz. Si joli que Baaziz a accepté de se reproduire hier et aujourd'hui à El Teatro, premier lieu à l'avoir accueilli à Tunis et auquel il rendait hommage.
De même qu'il rendait hommage aux jeunes et courageux organisateurs du Festival du Rire. Ce qui était un joli geste.

Alya
segunda-feira, fevereiro 04, 2008 

Modo atual:  artista
JOURNAL LE TEMPS / TUNIS
Culturel dimanche 03 février 2008

Festival du rire au Théâtre Municipal de Tunis
Baaziz un artiste précieux à l'humour sulfureux
Baaziz aurait -il arrondi les angles, et proposé un spectacle plus soft que ses précédents à El Teatro ? Peu probable. Il avoue avoir reçu quelques consignes pour y aller " molo ". Aveu fallacieux car ce qui était plus que perceptible c'était une forte émotion au début et un vrai tract face à un public et un théâtre archi-comble.
Aspect touchant et somme toute peu connu de celui que l'on peut amicalement qualifier de " grande gueule ". Cet algérien dans l'âme et tunisien de c--ur a réussi le temps d'une soirée à faire de l'humour le dénominateur commun entre Tunisiens et Algériens
Le Festival du rire a fait succéder des humoristes de tous bords et de tous genres. Avec Baaziz, c'était tapis rouge pour une autre dimension du rire. Parce que plus proche de nous, de nos affinités et surtout avec cette musicalité chère à notre ouie. Avec son humour engagé, le spectacle était propulsé un cran au dessus. Malgré ses tentatives d'autocensure, les textes originels de coutume plus crus, plus directs et sertis d'un vocabulaire souvent plus grossier gardaient la forme expressive de cet humour à l'algérienne qui fait le style et la trempe unique de l'artiste. Cette pseudo adaptation du texte pour le théâtre n'a dévalué en rien l'aspect fantasque de son spectacle, combinant sketchs, chants et critiques. Un tantinet " adoucit " cette initiative n'a altéré en rien l'humour acerbe et la verve sulfureuse de l'artiste. Un je ne sais quoi de " tunisifié " dans le ton, des silences truffés de non-dits, qui en disaient long. Chut... vous avez saisi ce que je n'ai pas dit.
En début de soirée, un incident malencontreux, de spectateurs retardataires qui s'obstinent à réclamer leurs places alors que l'artiste est en pleine ouverture de scène, a indisposé l'artiste. Bloqué devant cet imbroglio, Baâziz les fustigeait en boutades, histoire de dépasser l'écueil. " Vous avez raison de ne pas vous lever, et vous, vous avez raison de vouloir vos places " ... " Aller, gérons ça à l'arabe ". Tout le public s'enjoint à l'artiste et applaudit. Rien à faire. Face à cet entêtement taciturne, Baâziz les qualifie " d'antisismiques ", désignant par ce sobriquet ces caractères de spectateurs qui à notre sens, ne sont perturbés, ni par leur manque de décence, ni par leur absence de civisme.
Outre cette parenthèse, la suite, toute la suite de la soirée a laissé libre cours à un show digne de la renommée de cet anarchiste dans l'âme mais qui ne fait pas de sa " subversivité " langagière un fond de commerce, juste le choix d'un ton, une posture artistique, un moyen d'exprimer un amour exacerbé pour sa patrie, les siens et tout ce qui jalonne sa vie et celle des algériens. Retours satiriques sur des épisodes douloureux du terrorisme. Super Mario and Co étaient les protagonistes, version " remasterisée " de ce franc tireur. Stigmatisation de la corruption des dignitaires du régime. Et parodies de tout un peuple qui aime, vit ou survit en dépit de tout. Autant de cris sarcastiques qui dénotent d'un puissant attachement à son pays, l'Algérie également écorchée vive. Baâziz se la joue anarchiste. En fait, il est trop sensible pour l'être dans les actes. En plus, il est trop honnête pour être subversif et trop authentique, surtout dans ce moment fort en émotions, dans cet hommage émouvant à son paternel. Tourner l'horreur, les drames, les coups de la vie en dérision c'est sa stratégie d'esquive. Pour notre unique bonheur.
Dans l'enceinte de la bonbonnière, il jubilait face à des sollicitations d'un public algérien concentré en haut, et les Tunisiens en bas. Une disparité qui a battu en éclat avec cet artiste qui par son talent et son sens de la réplique sait faire vibrer les fibres tunisiennes algériennes à l'unisson et qui comme aucun autre artiste, par la force de ses suggestions tisse et trame les liens imperceptibles de nos semblances.
A ses débuts, il était confiné dans l'espace feutré et intimiste d'El Teatro. Et c'est sur la scène du théâtre municipal qu'il témoigne un chaleureux hommage à ceux qui lui ont permis de devenir un artiste autant algérien que tunisien. Belle soirée fusionnelle, haute en humeur avec l'incomparable, le sulfureux, le précieux Baâziz qui pour une fois n'était pas seul et était loin d'être mal accompagné.
Faten AOUADI
domingo, janeiro 07, 2007 
Festival - Jijel en musique
Duo inédit Baâziz-Lotfi Double Kanon
Sous les auspices d'un ciel parsemé de nuages qui fort heureusement ne sont pas allés jusqu'à arroser le stade, la troisième et désormais ultime soirée du Festival de Jijel en musique a attiré une foule appréciable qui, évidemment, n'est pas restée indifférente à la programmation d'accrocheurs tels que Baâziz et Lotfi Double Kanon.

Prévue initialement pour s'étaler sur quatre jours, cette manifestation a vu sa dernière journée annulée par les organisateurs qui se sont plaints d'un manque d'adhésion de gros sponsors à l'exemple de Djezzy qui, nous dira-t-on, a exigé la déprogrammation d'artistes conventionnés avec des concurrents ou encore la découverte de faux billets qui ont affaibli considérablement les recettes escomptées. N'empêche que la désormais soirée aura été un vrai régal pour le public, ce qui nous permet de dire, que lors de cette ultime fête, les artistes qui se sont relayés sur la scène n'ont pas eu en face d'eux des oreilles paresseuses du groupe Equinoxe qui a entamé sa prestation par le célèbre tube des Pink Floyd Another brick in the wall. La suite sera une multitude de reprises de chansons fort connues du public, puisées dans le répertoire de Mylène Farmer, Dalida, Zebda, Jimmy Cliff ou encore Johny Halliday. Les adeptes de raï, composant l'essentiel de la foule, se sont volontiers penchés sur l'intrusion de pop-rock en acclamant la prestation du groupe Equinoxe. Les Grenoblois nous ont fait découvrir (redécouvrir) chanson après chanson, les innombrables contours de la musique pop en « racontant » des tubes que tout le monde a eu à fredonner. Provocant à l'extrême, Baâziz, que la foule n'a cessé de réclamer en scandant des « Baâziz » et « Tahia Zaoualia » avant son entrée sur scène, le prestataire a débuté son show par une reprise d'El Anka Sabhane Allah Yaltif en hommage à cheikh récemment disparu, El Hachemi Guerrouabi. Alterné de messages de paix et de solidarité avec le Liban, la dénonciation acerbe du système politique qui régit le pays constituait l'essentiel de la thématique développée dans ses chansons. Oulad lahram sera la cerise sur le gâteau de cette préparation qui a ouvert grandement la gourmandise d'une jeunesse aux anges devant la prestation de l'admirable Baâziz. Une voix captivante et des textes accrocheurs ont permis à Baâziz d'offrir au public des moments inoubliables. Avec Baâziz, Double Kanon sort indubitablement du lot de ces trois soirées mémorables. Agile à merveille, Lotfi de Double Kanon a égrené les thèmes fétiches de la jeunesse algérienne. Sans retenue, Lotfi s'est, cette fois-ci, encore approprié un public acquis à 100%. Lotfi n'a pas manqué de revenir sur les problèmes des organisateurs en lançant qu'il est venu à Jijel pour mettre un bâton à ceux qui mettent des bâtons dans les roues. Hogra, terrorisme, chômage, problèmes sociaux restent pour Lotfi des thèmes algéro-algériens, car, précisera-t-il, « on doit laver le linge sale en famille », pour affirmer qu'à l'étranger « on fait tout pour redorer l'image du pays ». Il annoncera qu'il compte organiser prochainement à Jijel dans les studios de Sky Music un atelier musical pour montrer aux jeunes chanteurs les techniques du travail musical. Le clou de la soirée aura été sans conteste le duo inédit qui a rassemblé Baâziz et Lotfi Double Kanon, qui a permis au festival d'aller à son terme sur une note merveilleuse. A l'issue de cette troisième soirée au cours de laquelle le drapeau libanais était constamment projeté sur un écran géant, en dépit d'un début timide et la défection de gros sponsors, les organisateurs qui n'ont pas du tout à rougir, peuvent être malgré tout assez satisfaits de leur manifestation. L'essentiel est, comme nous l'a dit Yves, l'accordéoniste d'Equinoxe, que le festival continue.

Fodil S.
quarta-feira, janeiro 03, 2007 

Modo atual:  artista