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Aujourd'hui, il fait gris... (fragments, brouillons, ébauches...)

Axel

Axel Ito


Last Updated: 1/27/2010

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Wednesday, February 10, 2010 

C'est bizarre, je n'ai jamais été aussi heureux qu'aujourd'hui et pourtant quand je pense à elle, à celle qui me rend heureux présentement, ce n'est pas son visage qui me vient à l'esprit en premier, mais un autre, d'une fille que j'ai connu il y a plus de dix ans. Je dois faire un effort pour me souvenir du visage de ma bien aimée, il me faut la revoir en un certain endroit, en une certaine situation, pour que le premier visage se dissipe et laisse place au sien, de visage. Comme une mise au point. Je suis dans le flou et tout redevient net.

Je ne sais pas quoi en penser.
Sunday, February 07, 2010 


Il y a dix ans, j'ai vu ce film, "High Fidelity" de Stephen Frears avec John Cusack et Jack Black, entre autres. Je ne reviendrai pas sur l'amour immodéré que j'ai pour ce film et ces acteurs, ni sur le matériau original qu'est le bouquin de Nick Hornby...

Dans ce film, on y entendait énormément de musique. Rien de plus normal, puisque Rob Gordon, le personnage principal, est propriétaire du "Championship Vinyl", une boutique de disques à Chicago, Illinois. On pouvait y découvrir Belle and Sebastian ou Stereolab, redécouvrir The Velvet Underground ou encore Elvis Costello. Et puis y a cette scène...


Je suis immédiatement et littéralement tombé en amour avec cette chanson du Beta Band, "Dry the Rain".

Ce qu'il faut savoir, c'est que je n'écoute (presque) jamais les paroles des chansons en anglais. Je ne cherche pas à les comprendre ou si peu.
Et cette chanson-là, je ne pourrais pas vous dire combien de fois j'ai pu l'écouter, à chanter le refrain... Elle me redonnait confiance. Je chantais "I will be alright, I will be alright...".

Quelle n'a pas été ma déception, lorsque tout récemment, alors que je cherchai les paroles exactes de cette chanson, je découvris que j'avais tout faux. Elle ne disait pas "I will be alright", mais "I will be your light". Ce qui ne veut pas tout à faire dire la même chose, vous en conviendrez.

Voilà, il ne me reste plus qu'à trouver une nouvelle chanson "Méthode Coué". Any idea ?
Wednesday, January 20, 2010 
........
Hier soir, alors que nous buvions un verre de Brouilly, L. me fit cette confidence :

- Ça y est, je l'ai fait !
- Tu as fait quoi ? 
- J'ai acheté une télévision. Un LCD. Pas chère en plus. Je serai plus obligée de voir « Plus Belle la Vie » chez mes parents.
- Mmmh...
- Et puis, au moins les mecs auront une raison de rester avec moi.
- Tu penses vraiment ce que tu dis ?
- Oui, pourquoi je n'arrive pas à garder les mecs avec qui je sors ? Parce que je n'avais pas la télé. Ça leur faisait peur.

Je me suis souvenu alors de ceci :

Il y a un peu moins de quatre ans, par l'intermédiaire de F., je rencontrai une jeune femme se prénommant H, qui malgré son (non) sens du rythme, me plut pas mal, assez pour m'intéresser à elle, un peu plus en profondeur. Et au détour d'une conversation, je lui confiai que je n'avais point de téléviseur, que mon ordinateur et mes dvd me suffisaient amplement. Elle me regarda avec des yeux de merlan frit, comme si j'étais une bête curieuse. Elle m'avoua ceci :

- La première chose que je regarde quand je rentre dans un appartement, c'est l'emplacement de la télévision.
- La première chose que je regarde quand je rentre dans un appartement, c'est la bibliothèque.

Finalement, quelques mois plus tard, H. sortit avec F. (qui travaille à la télé). Je ne m'en portai pas plus mal. Il y a un peu moins de quatre ans qu'ils sont ensemble, il y a un peu plus d'un an qu'ils vivent ensemble, il y a un peu moins d'un mois que nous avons mangé tous ensemble... La vie est belle. Et je dis cela sans aucun cynisme, pour une fois.

Je dis alors à L. :

- Tu sais, je crois que tu as vu juste. Moi aussi, je vais acheter une télé. Un LCD ou un Plasma, je ne connais pas la différence, on s'en fiche, pas vrai ? Comme ça, toi et moi, on pourra regarder « Plus Belle la Vie » chacun chez soi, j'ai pas raison ?





Monday, December 07, 2009 

Tu sais quoi ? Je ne veux pas faire l'amour avec toi. Je ne veux pas baiser avec toi. Je veux dire maintenant, tout de suite.
Je veux seulement m'endormir avec toi, te sentir tout près de moi.
Nos pieds doivent d'abord apprendre à se connaître. Et n'y vois aucune métaphore ! Pourquoi tu souris ? Tu sais très bien de quoi je parle. On pense pareil, je le sais, je t'ai lu.

Tout commence là, c'est bien ça ? C'est bien ça.

*****

J'espère que tu ne ronfles pas ? Ou alors tu me laisses m'endormir la première. Un... deux... trois...

*****

Tu es en train de me regarder, je le sais et j'aime pas ça. C'est dit, c'est dit.
Ferme les yeux. Mais ne t'endors pas, hein ?

*****

Tu dors ? Parce que je ne dors pas. Je sais pas pourquoi, je n'y arrive pas. Tu dois te dire que je pense trop, hein ? On fait la paire de ce côté-là, tu crois pas ?
Si je ne dors pas, c'est parce que je n'ai pas assez fait d'exercice aujourd'hui.

*****

Oh et puis zut, allez on baise...

*****

(il dort, elle lui chuchote)

Tout a commencé là, mais rien ne se terminera.

(elle lui donne un baiser sur le front, il se réveille, ils se sourient)

Sunday, December 06, 2009 

- Hé Monsieur, Monsieur, c'est quoi votre prénom ? Pourquoi vous voulez pas nous le dire votre prénom ? Non je sais, je sais, c'est Alex.
- Non, ce n'est pas Alex.

*****

- Hé Monsieur, vous êtes de quelle origine ? Vous êtes français ? Anglais ?
- Je suis français.
- Mais je veux dire, d'origine. Vous êtes de quelle origine ?
- Française.
- Non, c'est pas vrai. Ça se peut pas. Vous êtes français français ?

*****

- Hé Monsieur, pourquoi vous avez ça, là ? (il me montre les pattes que je laisse pousser devant mes oreilles) Vous êtes juif ? T'es chrétien ?

*****

- Hé Monsieur, vous me faites penser à l'autre, là... Un X-Men avec vos poils.
- Fais gaffe à ce que tu vas dire. Y en a plusieurs avec des poils.
- Wolverine, vous me faites penser à Wolverine.
- Je préfère ça.

Friday, December 04, 2009 

Elle travaille dans l'immeuble d'en face. Elle est tout à fait mon type, brune aux cheveux longs, méditerranéenne, fine, grande. Je ne connais pas son prénom, alors je l'appelle Cleopatra. Parce qu'elles ont le même nez. Quand on se voit, on se reconnaît. Alors on se dit bonjour ou bonsoir, selon le moment de la journée.

Ce soir, je suis parti tard du travail, à cause d'un rendez-vous avec un client qui a duré.

Cleopatra et moi sortons de concert de nos immeubles respectifs. J'aurais pu l'attendre, lui dire un mot, pour engager la conversation, mieux la connaître. Mais non, je lui fais seulement un signe de la tête et je marche. Mais pas trop vite quand même.

Je la sens derrière moi. Elle presse le pas. Pour moi. Elle arrive à ma hauteur, me dépasse. Elle avance vite, mais pas trop. Comme si... comme si son déhanché me disait, m'exhortait à la suivre, parce que sans doute je l'aimais. Son déhanché... Je suis sûr qu'elle a verni ses ongles de pied ce matin. Évidemment on ne peut pas les voir en cette saison, mais c'est une certitude. Son déhanché me dit des choses. Il me dit que Cleopatra veut que je la vois. De dos. Que je vois son cul rouler. Que ses fesses m'hypnotisent. Comme le balancement de ses cheveux longs et bruns. Elle est tout à fait mon type.

Elle se hâte. Je me hâte. Elle ne jette aucun regard derrière elle. Elle doit me sentir la regarder (reluquer), la suivre (traquer). Elle aime ça. J'en suis persuadé.

Elle ralentit. Je ralentis. Elle va se retourner, ses cheveux longs et bruns suivront le mouvement au ralenti, elle me sourira. Petite coquine !

Elle ralentit. Elle ne me regarde pas. Elle regarde au loin. Qui ça ? Quoi ça ? Le bus. Qui arrive. Le bus qui arrive. Elle lui fait signe de s'arrêter. Le bus s'arrête. Elle monte et avance dans le bus à la recherche d'une place assise disponible. Elle ne tourne même pas la tête pour me voir la regarder, pour me voir lui faire signe.

Elle n'a pas pressé le pas pour moi. Non. Elle a pressé le pas pour le bus soixante-six.

Salope.

Wednesday, November 25, 2009 

J'aurais pu parler du dernier concert d'un certain groupe belge auquel j'ai assisté l'autre soir, mais je ne le ferai pas. Tout simplement, parce qu'alors que j'étais au fond du gouffre, parce qu'alors que je continuais tout de même à creuser comme le veut la formule consacrée, j'eus à l'occasion de ces festivités un sursaut d'espoir.

A côté de moi, des gens, des inconnus. Y avait aussi Iyakashka sur ma gauche. Mais elle, je la connaissais. Et sur notre droite se trouvait une jeune femme, que dis-je, un ange. Son visage était parfait, harmonieux, le reste idem. Et elle était juste à côté de moi. Nos coudes se sont même parfois frôlés, lorsque nous dansions au son des chansons trépidantes de notre groupe préféré. Nos regards se sont même croisés. Une fois ! Oui oui, une fois ! Je balayais de mon regard de velours la salle et c'est à ce moment-là que mon cœur s'est emballé et...

Ma grande qualité (ou défaut, c'est selon) est que je sais rester à ma place. Je ne suis pas celui qui s'imposera, qui dégagera tout le monde de son passage, toc toc badaboum me voilà. Et quand j'ai vu cette fille se déhancher (on pourra disserter sur la qualité de son déhanchement une prochaine fois, si vous le souhaitez, il semblerait que cela porte à débat), j'ai dit bien haut et fort : "Cette fille-là, mon vieux, elle est terrible". J'aurais pu dire "Ma vieille", vu que la personne qui m'accompagnait ce soir-là était de sexe féminin et raison de plus que j'ai bon goût c'est qu'elle aussi l'a trouvée au sien, de goût. Or cet ange était grand. Je veux dire très grand, genre, deux têtes plus que moi. Une et demie si je me tiens bien droit. Et je sais par expérience que les filles comme elles ne s'intéressent pas à des gars qui mesurent un mètre et six cent quatre-quinze millimètres (1m69 1/2). Donc je n'ai échafaudé aucun de mes plans d'approche, que tout le monde m'envie. Parce que je sais rester à ma place. Et ne pas être ridicule.

(oui, je sais, je raconte n'importe quoi)

Une fois le concert terminé, mon amie et moi prîmes un verre au café attenant à la salle de concert , vite rejoints par le chanteur du groupe et un autre ami, quand l'ange vint remercier et dire au revoir au chanteur. Mon amie lui demanda son prénom (il commence par la lettre M.) et lui dit combien elle la trouvait jolie. Ça la toucha et elle fut rejointe par un Hobbit. Vous savez, ces petits êtres de la Comté du Milieu aux pieds velus. J'en suis un, je sais les reconnaître. A part qu'il était encore plus petit que moi. Et il tint la jeune femme par la taille.

Le Hobbit sortait avec l'Ange.

(silence)

(consternation)

(sanglots)

(serrage de dents)

Et sans crier gare, je criai : « Pourquoi ? Pourquoi ? »
Et je surenchéris : « Moi aussi, je suis aussi poilu que lui, moi aussi je suis petit. J'ai tout de petit chez moi, oui oui, tu m'as bien entendu !

- Mais qui tu es toi ?, me dit l'Ange.
- Je suis Moi !
- Tu es Toi ?
- Non, je suis Moi. Et j'ai mal. Mal au cœur que tu ne m'aies pas choisi, plutôt que ce Hobbit !
- Mais je ne te connaissais pas avant ce soir. Si je t'avais connu plus tôt, bien évidemment que je serais avec toi. Tu es plus poilu. Tu as tout de petit et j'aime ça !

Pardon, cette chronique part en biberine. Je mélange la fiction et la réalité, je ne sais pas ce qui m'arrive, trop de jus d'orange peut-être.

Elle est repartie aussi sec avec son Hobbit sous le bras et... je ne sais plus ce que je voulais dire, trop de jus d'orange peut-être. Je l'ai pas déjà dit, ça ?

La phrase de conclusion : Les petits peuvent aussi pécho les grandes, à condition de ne pas avoir peur du ridicule. Et comme le ridicule ne tue pas et que ce qui ne te tue pas te rend plus fort, donc le ridicule te rend plus fort !

(je ne sais plus où j'ai lu ça, mais ça m'a fait sourire)

Sunday, November 15, 2009 


15 Juin 2009


- Tu as des préférences pour les remplacements ?

- Ben, dans l'idéal, je préfèrerais des remplacements courts en cycle 3 (ce2, cm1, cm2)

- Alors ce que je peux te proposer, à la rentrée, tu prendras un double niveau, petite/grande section, en maternelle, donc. L'enseignante que tu remplaces est en congé parental jusqu'au 15 octobre. Un  mois et demi... C'est court !



01 Septembre 2009


- Je suis le remplaçant pour la petite/grande section.

- On ne t'a pas prévenu ? La structure de l'école a changé, tu prendras une petite section.

- Je vais faire mon premier remplacement avec des petits qui ne sont jamais allés à l'école ? La première chose qu'ils verront de l'école, c'est moi ?

- Félicitations. Par contre, tu remplaces l'enseignante seulement pour dix jours, elle a écourté son congé.

- Ah oui ? Et quels rituels, quelles habitudes elle voudrait mettre en place dans sa classe ? Parce qu'il ne faudrait pas déstabiliser les gamins dès la rentrée !

- Je ne sais pas.

- Ah !



10 Septembre 2009


- Allô ?

- Oui, c'est l'Inspection. Demain, vous avez un remplacement en CP/CM1 à l'école Liberté.

- Mais je devais terminer mon remplacement ici !

- La stagiaire de l'Iufm sera bien là, n'est-ce pas ?

- Oui, mais c'est la première fois qu'elle verra la classe, elle devait la prendre toute seule que la semaine prochaine...

- La maternelle n'est pas prioritaire.



11 Septembre 2009


- Je suis le remplaçant pour le CP/CM1.

- On ne vous attendait pas, on a dit aux élèves de rester chez eux aujourd'hui, on ne pensait pas qu'ils auraient quelqu'un de disponible à l'inspection, ils ne nous ont pas prévenus de votre venue ! Et puis, c'est pas un CP/CM1, mais un CM1. Tenez, ils arrivent, vous aurez seulement cinq élèves, ils ne pouvaient pas rester à la maison.

- Cinq ?

- Ça va être cool aujourd'hui, hein ?



21 Septembre 2009


Je ne sais pas encore à quelle sauce je vais être mangé. Il est 8h, je me tiens prêt, j'attends l'appel de l'Inspection. Pour ne pas perdre de temps et aller le plus vite possible à l'école où je devrai effectuer mon remplacement, j'attends au terminus des bus.


8h20, toujours aucune nouvelle. Je devine que je n'irai pas aux Acacias, ville où les écoles démarrent à 8h30. J'ai encore le choix entre La Prairie St Danone et Gauloisville, qui ne commencent qu'à 9h00. Sinon, j'irai dans mon école de rattachement, aider ici ou là, prendre des petits groupes... J'ai comme une impression de déjà vu. Ah non, c'est que j'ai relu "Le journal d'un remplaçant" de Martin Vidberg.

J'ai avec moi le listing de toutes les écoles, adresses, numéros de téléphone, itinéraires...


8h50, je monte dans le bus qui m'amènera à mon école de rattachement. Le bus démarre, l'inspection appelle. Je suis affecté dans une école à l'opposé de la direction vers laquelle je vais. Je fais signe au chauffeur de s'arrêter, ce qu'il ne fera qu'à l'arrêt suivant, forcément.



25 septembre 2009


La première chose à faire en arrivant dans une classe, c'est prendre connaissance de l'emploi du temps, des services de récréation. Ici, il n'y en a pas. Je cherche alors le cahier journal, où sont notées les activités faites par les élèves les jours précédents. Je ne le trouve pas non plus. Le bureau est un véritable capharnaüm. Comme ma chambre. D'un remplacement à un autre, on peut aller d'un extrême à un autre. D'une classe extrêmement bien tenue (trop ?), avec progressions, programmations, emploi du temps, etc. à une classe où il n'y a rien. Et cette absence de rigueur s'en fait ressentir sur l'attitude des élèves. En tout cas, là où j'ai atterri.



28 septembre 2009


- Donc vous allez prendre les deux classes, les moyens et les grands.

- Comment ça deux classes ?

- Les deux maîtresses sont en congé pour raison de fête religieuse, alors on a prévenu les parents pour qu'ils gardent leurs enfants. Vous n'aurez pas les deux classes au complet, je vous rassure. Tout au plus une trentaine.

- D'accord...


*****


- Dis donc, toi, tu n'aurais pas une soeur et un frère qui sont à Joliot Curie (mon ancienne école), Mina et Rudy ?

- Oui.

- Oh, tiens donc !



29 septembre 2009


Pour toute la semaine, je suis envoyé dans mon ancienne école, là où j'ai passé les deux dernières années. J'hérite de la classe de la collègue avec qui je m'entendais le mieux.

Je m'y sens tout de suite à l'aise. Je connais le lieu, les habitudes, la plupart des collègues, je n'ai pas perdu de temps. Les enfants non plus. Ils ont travaillé.


- Vous ne me connaissez peut-être pas (ils sont en CP), à part Sarah... J'ai eu ta sœur y a deux ans, Rebecca. Mais j'étais dans cette école ces deux dernières années, je connais la directrice et je connais encore mieux votre maîtresse, j'ai son numéro de téléphone, si quelque chose ne va pas, je l'appelle et l'affaire est réglée. Alors "Don't mess with me, ok ?"


( à suivre...)




 

Ps : Le Professeur des Ecoles Remplaçant a le même statut qu'un professeur des écoles normal, il n'est pas moins payé, c'est plutôt le contraire, puisqu'il touche une prime de déplacement dès qu'il fait un remplacement en dehors de son école de rattachement. De plus, et je le rappelle, en cas de non remplacement, il touche tout de même sa paye et doit se rendre à son école de rattachement pour aider des collègues désireux de travailler en petits groupes avec ses élèves (dans le meilleur cas).




Thursday, November 12, 2009 

Mes chaussettes sont dépareillées.
Mon Lee Cooper déteint sur mes nouvelles baskets qui couinent.
J'ai acheté un manteau trop grand et une casquette trop petite.
La fille que j'embrasse avec la langue n'est pas celle à qui je pense.
Je n'ai plus de lait dans le frigo.
Mon aspirateur n'aspire plus.
Y a juste mon boxer qui est bien à sa place. Et encore, ce n'est pas le mien, je l'ai piqué à mon père.

(et je pourrais continuer comme ça indéfiniment.)

Wednesday, October 21, 2009 


- JH ch JF qui saura faire un dégradé du dos, je m'explique qui m'aimera assez pour me raser les poils du dos, mais pas n'importe comment, il faudra me les raser en dégradé, pour ne pas provoquer de fracture de l'œil droit, en voyant la ligne de démarcation entre les zones poilue et non poilue.

- JH ch JF qui ne me dira pas : "Tu vas m'aimer, hein", trois jours après notre rencontre.

- JH ch JF pas trop petite ni trop grande, ni trop jeune ni trop vieille... JH ch JF quoi !

- JF ch JH, mais surtout pas celui qui a écrit les trois précédentes annonces...


Wednesday, October 14, 2009 

Alexandre et Daphné s'étaient rencontrés dans un métro de la ligne 6, un beau jour du mois d'octobre. Leurs regards se croisèrent une première fois, station Daumesnil. Daphné écoutait une baladodiffusion des Inrocks, tandis qu'Alexandre lisait "Tokyo Montana Express" de Richard Brautigan. D'habitude, lui aussi écoute de la musique dans le métro, mais suite à un concert qui a martyrisé ses tympans, il leur avait octroyé quelques jours de congé.

Daphné fit une remarque à propos du titre de son livre : " Vous saviez que Mathias Malzieu, le chanteur de Dionysos, s'est inspiré du bouquin que vous êtes en train de lire pour une de leurs chansons ?"

Il répondit vivement : "Mais oui, dans l'album "Western sous la neige" !

Ils étaient au niveau de la station Corvisart, là où le métro est aérien. c'est à ce moment-là qu'un formidable coup de foudre retentit.

Il avait trouvé son Elle, elle avait trouvé son Il.

Lui : C'est dommage, je descends à St Jacques.
Elle : C'est dommage, oui.
Lui : Écoutez, je n'ai jamais fait ça, mais je voudrais vous revoir. Donnons-nous rendez-vous à une heure et un endroit bien précis. Je m'appelle Alexandre. Mais tous le monde m'appelle Alex. Vous vous appelez ?
Elle : Daphné. Mais tout le monde m'appelle Daphné.
Lui : Daphné, quel joli prénom, Daphné... Écoutez Daphné. Pas de téléphone, pas de courriel. Laissons le destin faire.

Il lui chuchota à l'oreille droite le lieu et l'heure du rendez-vous. Elle acquiesça en lui faisant un des plus beaux sourires qu'il lui avait été donné de connaître.

Ai-je précisé qu'Alexandre faisait de l'équitation ?


Deux jours plus tard, Alexandre s'était fait tout beau, il s'était rasé de près, il avait même rafraîchi la coupe de sa toison pubienne, c'était dire. Daphné s'était acheté de nouveaux dessous affriolants - Daphné n'est pas une Marie couche-toi là, mais elle peut faire des exceptions.

Alexandre a toujours eu cette fâcheuse habitude d'arriver en retard. Il n'y pouvait pas grand chose, c'était toujours comme ça, quoi qu'il fasse. C'est pourquoi cette fois-ci, il avait tout fait pour ne pas faire attendre sa belle, puisqu'il était arrivé en avance d'une heure. Il fit le tour du quartier, jeta un œil sur les nouvelles vitrines des grands magasins, il traversa le boulevard, le petit bonhomme était rouge, il se prit en pleine face un bus qui passait par là et qui n'avait pas anticipé la bêtise d'Alexandre.

Alexandre aurait pu mourir sur le coup, mais non, il était encore conscient lorsque le bus le traîna sur plusieurs mètres, qui le firent mourir dans d'atroces souffrances.

Daphné arriva avec un bon quart d'heure de retard, rien d'étonnant. Quand elle ne vit pas arriver Alexandre, elle pensa qu'elle s'était encore fait avoir par un homme. Sa confiance aux hommes ne s'en trouva que plus réduite.

Elle ne sut jamais ce qu'il était advenu d'Alexandre.



(variante de cette histoire : une personne gagne au loto et se prend un camion en sortant des bureaux de la Française des Jeux)

Wednesday, October 14, 2009 

" Ah non, moi j'aimerais pas être dans une école où il n'y aurait que des garçons. Je suis bien dans une école mixte, où les garçons et les filles sont mélangés. Parce que si il n'y a que des garçons, on ne pourrait pas avoir de petites copines ! Et si on n'est qu'entre garçons, ben... on aurait alors des petits copains."


(Conclusion : Le Petit Nicolas est homosexuel.)


Wednesday, October 07, 2009 


Le Petit Samy

- C'est ton vrai prénom ? (Samy acquiesce) Oui ? (Samy acquiesce) J'ai connu un Samy déjà. Il était méchant. Rien ne l'atteignait. Ça glissait comme l'eau sur les plumes d'un canard. T'es pas aussi méchant, hein ? (Samy acquiesce) S'il te plaît, ne me fais pas de mal. (Samy acquiesce)


Le Petit François Xavier

- Dis-moi que je peux t'appeler FX, s'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît !
- Non.
- S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît ?
- Non.
- T'es pas même pas drôle, je te file une punition pour la peine.


Le Petit Merlin et la Petite Fanta

La tentation fut grande mais contrairement à ce que préconisait Oscar Wilde, je n'ai pas cédé. (Oui, il m'est arrivé quelque fois de tomber par hasard sur "L'ïle de la tentation"...). Je n'ai fait aucun jeu de mots concernant leurs prénoms, et ce n'était pas l'envie qui m'en manquait.

- Oh Merlin, dis-moi, tu n'as rien d'enchanteur... (je pouffe) Et arrête de te prendre pour le Roi, Merlin (je re-pouffe).

- Fanta, qu'est-ce que tu bois , du Fanta ? (je pouffe).


La Petite Anna

Après cinq ans d'enseignage... d'enseignation... Bref, Anna fait partie de mon top 5 de mes élèves préférés. Anna écrit des histoires (de belle façon, si on oublie les fautes d'ortaugrafe), a fait du doublage, joue au théâtre, tout ça à dix ans. Je l'ai vue jouer. Et elle m'a mis sur le cul. Et je sais qu'un jour, je la retrouverai.


Le petit Axel

Ou quand je n'ai pas envie de pouffer. J'ai vu la honte se dessiner sur le visage de cet élève lorsqu'il a découvert qu'il portait le même prénom que moi. J'ai vu la honte se dessiner sur mon visage, lorsque j'ai découvert que cet élève était ô combien idiot. J'eus soudain une idée, comme ça, je décidai de l'appeler Alex, pour voir comment il allait réagir. Sa réaction fut à la hauteur de mes espérances : la colère remplaça la honte. Je lui souhaitai la bienvenue dans le club "Mon prénom, c'est Axel, bordel de m."

Sunday, October 04, 2009 

C'est quoi ces messes basses ? Elles ne peuvent pas en parler à voix haute, devant tout le monde ? Pas de cachotteries, s'il vous plait.


Elle m'a dit « Je vais te taquiner ce soir, j'ai envie de te taquiner ce soir. »
En souvenir de quoi ? Du bon vieux temps ? Comme quand on était ensemble ?


Ça ne veut plus passer. Je pensais que ça passerait, mais non, ça ne passe pas, ça ne passe plus.
Avant ça passait, mais plus maintenant.


Avant, il me suffisait de mettre du temps, de la distance entre la personne concernée et moi, et c'en était fait. Mais pas là.


Deux mois sans lui parler, sans lui envoyer de messages, à faire le mort, pour faire passer la pilule, oublier, tourner la page... j'adore cette métaphore, tourner la page...


L'autre jour, là où je faisais un énième remplacement, y avait cette fille qui m'a adressé la parole, j'ai alors pensé qu'elle me draguait, parce que quand une fille s'adresse à moi, forcément, je pense qu'elle s'intéresse à moi. Du coup, je l'ai invitée à boire un verre après le boulot, ce qu'elle a accepté.

[J'ai toujours été aveugle, je ne voyais pas les signes. Et maintenant que je les vois...]


On est allé chez elle, on a baisé. Je n'ai pas passé la nuit chez elle. Tu comprends, je travaille demain matin... J'avais oublié qu'elle aussi. Nous nous sommes retrouvés à suivre la même conférence ennuyeuse un mercredi matin. J'ai fait semblant de ne pas la voir.


J'ai changé. Je suis capable de baiser une fille que je n'aime pas, qui ne m'attire pas plus que ça, de partir comme un voleur et de ne ressentir aucun remords. Je suis fier de moi.


Mais tout ça ne m'a rien fait oublier. Bien au contraire.


Hier soir, quand je me suis retrouvé assis sur le canapé à côté d'elle, tout m'est revenu.


Nous avons des amis en commun. On ne va pas les forcer à faire deux pendaisons de crémaillère. Et puis je l'ai répété, y a aucun problème entre elle et moi, tout est réglé.


C'est ce que je croyais.


Elle est partie avant moi de la soirée. Elle est restée un moment avec notre hôte sur le pas de la porte. Elles chuchotaient. J'ai bien tenté de tendre l'oreille et de saisir au vol quelques bribes de phrases, mais rien. J'ai cru entendre « il », « tu l'as revu ». Elle voit forcément quelqu'un d'autre. Mais qui ?

Je n'ai plus dit un seul mot de toute la soirée. Je cogitais, je travaillais du ciboulot. Je pense trop.


Au secours, ça ne passe pas. Ça a toujours passé jusqu'à présent. Mais là, ça ne veut pas passer.


Ça ne passe pas.


Tuesday, September 15, 2009 

* Même le lundi je sors, je ne peux pas m'en empêcher. Hier soir, c'était pour un apéro-anniversaire, genre de soirées pour trentenaires qui ne veulent pas se coucher trop tard, genre moi qui ai pratiquement tenu ma promesse de m'endormir avant minuit. En fait, j'éteins les lumières à minuit. J'écoute alors la radio, tripote parfois mon joujou d'amour ou bien bouquine un petit quart d'heure pour trouver le sommeil, si les deux premiers n'ont pas marché.

A cette soirée, j'ai revu trois personnes avec qui je faisais du théâtre l'année dernière, on a parlé de mon fameux départ de cet atelier. Pourtant je m'étais promis de ne pas en parler si je les croisais, mais ils m'ont forcé à dire du mal, c'est pas ma faute, j'ai pas fait exprès...

Tout ça pour dire, à peine rentré dans l'appartement, une petite fille de 4 ans me montre du doigt et dit : "Oh mais je le connais, c'est Axel, il était dans mon école. Mais oui, il a remplacé ma maîtresse, un après midi, la semaine dernière !" Ce qui était la vérité, à part que je ne me souvenais absolument pas de cette petite fille.

Conclusion : Les élèves deviennent des fantômes et si je commence à croiser des élèves en soirée, ça va être la Berezina. (le pire venant quand je draguerai une de mes anciennes élèves sans la reconnaître...)


* Cet après-midi, j'ai ouvert la porte de la classe pour ensuite annoncer à mes élèves qu'ils pouvaient sortir, je leur ai alors tourné le dos. Monumentale erreur. Des petits bouts de gomme se sont heurtés à moi, comme par aimantés par une force invisible, qui aurait pu être mon charme international, mais pas en cette occasion. (Les deux coupables ont été dénoncés par la classe dans son intégralité, celle-ci non désireuse de faire des heures sup', passées seize heures et trente minutes... Elle est belle la France !)


* Happy Birthday to me. Cinq ans, jour pour jour, ou presque que je suis ce que je suis, professionnellement parlant, j'entends. Les bouts de gomme, c'était peut-être pour ça, pour fêter ce jour historique ?


* Parfois, je regarde certains élèves et je me dis : Mais qu'est-ce qu'ils sont cons. Qu'est-ce qu'ils ont dans la tête ? Je ne perçois que du vide. Je prends plus la peine de les comprendre, de les connaître. Je m'en fous, dans deux jours je ne les vois plus.


* Dès la rentrée, j'ai repéré ce gamin, trois ans, premiers jours à l'école, je parle à sa mère, à la dirlo, on fait venir une psy, je pars ailleurs, sans trop savoir ce qu'il adviendra de ce gamin. Je pourrais appeler, certes, mais le ferai-je ?


* J'ai voulu me détacher. S'il y a bien quelque chose que j'ai réussi en ce début d'année, c'est ça. Je me suis détaché. Objectif atteint.