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Culture: bouquins, films, lieux

Cefarnet



Last Updated: 7/16/2007

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Monday, October 29, 2007 
Star périssable, vedette d'une saison, starlette posant sur les plages de Canne, réalisateur en manque d'inspiration, un film qui réalise vos fantasmes, de Christphe Honoré

Le titre du film annonce une intrigue obsessionnelle, le portrait d'une femme à travers dix sept moments de sa vie. Son mari vient de décéder, la laissant seule, paumée, elle  et leur enfant. Les morceaux choisis sont des tableaux où les silences sont rois, et où, lorsqu'un événement intervient, il est évoqué en négatif. Le décès du mari est exposé par la voix monocorde d'un banquier qui explique à cécile cassard le calcul de la rente d'une assurance vie. C'est le résumé clinique d'une vie du point de vue financier. Le quasi-abandon de son enfant est relaté à travers un rendez vous anonyme donné dans un village. Celle qui arrive, une amie, repart avec un bébé dans sa voiture, et laisse seule la mère. Un peu avant, on devine que l'institutrice a cherché à alerter sa mère sur les difficultés de son fils à l'école, avec des mots qu'on imagine simples, mais déjà trop durs pour elle. C'est un personnage à la sensibilité à fleur de peau qui est esquissé au fur et à mesure des tableaux, Béatrice Dalle reprenant un rôle semblable à celui qui avait fait son premier succès dans 37°2 le matin, une écorchée vive que la difficulté à vivre amène toujours aux limites. Mais à la différence de 37°2, le film adopte le style d'une création quasi expériementale. Le retour à la vie est illustré par des plans pleins de couleurs et de lumière qui contrastent avec le ton terne des débuts, mais sans rien changer au rythme lent d'une extrême pudeur, même pour évoquer les situations les plus sensuelles. Comme la musique au rythme électro rock déchainé, appliqué aux situations les plus sombres, qui pose Bétarice Dalle en hégérie et héros romantique.


[Béatrice Dalle, iconifiée par le cinéma, ici dans la vrai vie]

Ce film ne tiendrait pas debout si Dalle ne "s'identifiait pas complètement au personnage qu'elle incarne pendant les tournage". En effet, elle doit faire vivre des scène qui ne reposent que sur sa seule présence et l'émotion à nu qu'elle doit transmettre. Alors que rien d'autre ne vient nourrir le film dans ces moments: pas de situation,  elle est seule, pas de photo extraordianire, le film s'intéresse au quotidien. Et ce pari extrêmenent odacieux est réussi grâce à des trouvailles narratives, un art de l'ellipse poussé à bout, et la conviction de Béatrice Dalle.


Friday, October 26, 2007 
Bénévole de l'armée du salut, amnésiques, loubards, vendeurs de sommeil, enfin un film qui parle de vous.

Aki Kaurismaki commence ses histoires à partir de rien. Un type seul qui a pris le train, s'est fait agressé et  perd la mémoire, il est retrouvé inconscient au bord d'une route. C'est un type qui n'a rien de héroïque, il est rétif à la sophistication, fait de bon bois, solide comme un chêne. Il cherche du travail, et accepte celui de chiffonnier; il se sent seul, et s'intéresse à la première femme qui se montre sensible à ses airs indifférents; il cherche une maison et est bien content de trouver un superbe container avec vue sur la mer. Aki Kaurismaki interdit à ses acteurs de répeter leurs dialogues, il ne prend qu'une prise et passe à la suivante. On peut être admiratif pour la rigueur de la technique qui a l'avantage de ne pas s'engluer indéfiniment sur des détails éloignés du récit. Cela donne un patte toute particulière à son film, où les personnages donnent l'impression d'être en décalage avec la situation, vaguement indifférents à ce qui leur arrive. Pour cela les dialogues entre le vigile qui loue le container, et notre héro sont emblématiques: il le roule dans la farine, conclue un contrat clairement illégal qui déclencherait la fureur de toute commission de l'habitat, mais c'est la vie, on ne va pas se brouiller pour si peu, semblent vouloir faire comprendre nos deux protagonistes. Et puis le vendeur de sommeil est frère de la misère, il ne faut pas tout lui mettre sur le dos, il n'a pas créé le mal et la détresse. Au contraire, c'est lui qui est au milieu, s'en accomodant comme on se contente de boire un mauvais vin qui n'enlève rien à la qualité de l'ivresse et de la bonne compagnie.


[ en noir et blanc, le film aurait été plus mystérieux ]

En me relisant , je me dis que cette dernière métaphore résume beaucoup de choses chez Kaurismaki. On parle souvent de noirceur chez lui. C'est discutable, en fait on parle de noirceur au cinéma dès que le récit ne se passe pas entre gens riches, beaux et follement mystérieux, le public n'a pas payé pour sortir déprimé. On parle aussi d'influence des surréalistes, c'est plus judicieux, il y a des scènes qui ne valent que par leur beauté poétique. En fait, tout est dans la couleur et la lumière. En Finlande il existe une connivance entre les temps couverts et les journées ensoleillées: elles durent des plombes, n'en finissent pas, et l'une et l'autre lumière ne laissent pas de place à l'entredeux, quand il fait moche le ciel l'est uniformément, et quand il fait beau, le vent a chassé tous les nuages. La couleur est un vrai luxe dans de tels conditions, de ces luxes qui ne coûtent pas chers et qui se partagent facilement, et dont on ne fait pas l'économie dans un film. Comme l'amitié entre des inconnus en somme. Comme dans Tatiana du même rélisateur, on pourrait dire que la noirceur est équilibré par la fraternité entre les personnages. Ce serait pas faux. On voit même dans l'homme sans passé un truand qui s'excuse après son forfait auprès d'une de ses victimes. Ca devient absurde me direz - vous? Je vous répondrais que l'absurde est la respiration de l'imaginaire. 

Thursday, October 25, 2007 
c'est vavhement bien, faut en dire deux mots, des que je les retrouve, je reviens
Monday, October 22, 2007 
habitués de pigalle, paumés qui préfèrent la drogue au sexe, branleurs tristes, obsédés dénués de sentiments,
bonjour.


Jacques Nolot est le scénariste d'un des meilleurs films de Téchiné, lieu des ébats juvéniles et sinistres d'Emmanuelle Béart: "J'embrasse pas".
C'était déjà assez violent, mais le respect des canons scénaristiques (intrigue, rebondissement, action, chute) rendait la potion amère du sujet supportable. J'ai vu Jacques Nolot dans la détestable émission "bord cadre" à la télé, à voire l'indifférence de l'animateur devant ses provocations, on se dit que l'époque ne le mérite pas. On savait déjà que cette émission, aussi fade que du jambon purée, avait la vertu si nécessaire à la poursuite de l'existence de s'oublier aussi vite qu'elle se regarde, mais il a fait la démonstration qu'elle n'avait en fait simplement rien d'humain: plus il s'acharnait à provoquer, ("je suis une folle", "j'étais gigolo", dit  à peu près, et entre autre Nolot pendant  l'émission), plus le présentateur ronronnait et était indifférent. Il doit être trop fasciné par le spectacle de se voir devant une caméra pour s'interroger sur le sens des mots de ses invités. On lui demande de faire ses 45 minutes de format, il bourre la machine télévisuelle avec sa viande hachée et rentre chez lui dans un appartement qu'on lui souahite immense, luxueux, et solitaire.


[jacques nolot avec Charlotte Rampling: corps froids pour désirs inertes]

    Qu'est - ce qu'on voit dans le film de Nolot? Des mecs qui se font sucer, un type qui se fait insulter pour arriver à jouir, des vieux qui errent dans leurs appartement haussmaniens, un livreur qui offre son corps à son client, des conversations monocordes entre personnes âgées surtout. En dehors de la crudité des corps et des âmes (les corps qui s'enculent, les âmes perdues dans des histoires d'héritage), il n'y a rien dans ce film, et encore, ce rien est pâle, quasi diaphane. C'est que le personnage de Nolot est engagé dans une lutte contre le sida depuis 20 ans, et qu'il doit à force concevoir une certaine indifférence à la vie, d'où la paleur, d'où l'absence d'action, d'où l'indifférence des uns envers les autres qui ont leur vie derrière eux. Ce film est une toile abstraite expressionniste, un film qui ne cherche pas à se justifier, qui entretient le mythe d'un art fait pour déranger le spectateur et qui a pour seule vocation de le choquer, un art qui pense encore naïvement qu'il peut changer
le monde. Il y a aussi désespéré que les partouzes: se réunir en espérant trouver quelque chose de beau dans un salle de cinéma.
Monday, October 15, 2007 

amis marins, chères assistantes sociales, bon paroissiens, éducateurs des rues gauchistes,
bonjour,

Il y a  un pays des antipodes qui n'a rien à envier aux provinces les plus pauvres du midwest américain. On y trouve toute la misère nécessaire pour construire une usine, et Steinbeck ou Romain Rolland auraient pu faire leur miel de la tristesse du monde éparpillée sur ce territoire, friche féconde pour l'écrivain ou le cinéaste. L'Australie pourrait inspirer tous les récits humanitaires que l'on veut. Mais il y a des limites, un beau jour, les foyers pauvres peuvent décider de rappeler que leur vie en vaut bien d'autres, dites mieux loties. C'est un peu ce que fait ce film, où le réalisateur ne se laisse pas assommer par les situations habituellement consacrées aux familles marginales. On pourrait tout aussi bien les imaginer se dérouler derrière les façades haussmaniennes des centres villes nantis: alcoolisme, amours déçus et injustes, embrigadement divers.
On doit ce miracle à l'unité d'une famille soudée par un malheur commun et passé. La disparition d'une mère, morte de tristesse, et avec elle ses ambitions qui pouvaient donner  envie de vivre. La famille dont l'existence est racontée dans ce film honore le souvenir de la disparue en continuant à prendre soin des oiseaux de la volière improvisée dans une des chambres. L'évocation d'un sujet aussi délicat demande dans la vie comme au cinéma de la pudeur. C'est le premier mérite de l'artiste d'enchanter l'existence et de ne pas se heurter aux ornières qui ne pardonneraient pas dans la vraie vie (une des différences avec Ken Loach est là).  La maman voulait que la famille quitte tout un jour, pour ouvrir un magasin d'animaux à Bali. Ce rêve est honorable, j'ai bien connu des gens qui rêvaient d'Australie pour ses plages et ses surfers, convaincus par les clichés d'usage.


[un jour je m'enfuirai dans le jardin, pour quitter ma soeur et mon père, que j'aime bien mais que je ne supporte plus]

L'intrigue se déroule en plans moyens, s'agripant à ses personnages avec le rêve de flirter avec eux de manière plus rapprochée. Il montre l'attachement que porte le cinéaste aux être humains, en en faisantt autre chose que les pantins d'une intrigue qui les dépasse et tient le spectateur en haleine. Parfois on les aperçoit de près. C'est pour montrer la peau, usée sans doute par les ans, ou alors encore jeune et l'air rêveur, le corps relâché  baignant dans les herbes folles . Les intentions des personnages butent la plupart du temps sur l'horizon bouché comme un animal contre une vitre. Une des deux soeurs veut rendre service, et s'aperçoit trop tard qu'elle est en train de se faire avoir. Les arnaques sont toujours plus cruelles entre gens fauchés.  L'autre s'enferme dans la voiture en panne depuis des années, livres et photos comprises,  pour y dormir hors de la maison. On se demande pendant tout le film où elle pourrait bien s'en aller. La réponse était pourtant simple, mais sans doute pas assez tordue pour le spectateur moyen qui la découvre à la fin.



Tuesday, October 09, 2007 
parieur au pmu, travailleur en chemin vers le travail, écluseur de pression frelatée, retraitée voûtée, commerciaux de chez Ricard
bonjour.

Il y a avait à Paris au dix - neuvième siècle un bistrot pour vingt habitants. C'était tellement un lieu underground que les préfectures y interdisaient
la lecture des journaux et d'y parler politique, officiellement pour y éviter les bagarres, mais en fait dans le seul but de museler la
liberté d'expression. Quel éloge vivant de cette liberté que les débats sur la mort de lady di, autour d'un ballon de rouge et entre deux
bonnes grosses blagues bien grasses sur les rondeurs de la serveuse.Si on me demandait d'être éloquent, j'en appellerai à Verlaine au crépuscule
de sa vie ratée qui n'avait que là où aller, ou  Antoine Blondin, impotent, qui faisait le tour des bistrots de Genève pour se faire servir
dans sa voiture à l'arrêt devant les terrasse. Personnellement j'y vais tous les jours, boire un petit noir, loin de la vue des ligues anti racistes.
Comme Maurice Lévy, PDG de la fameuse agence de publicité  de Publicis qui y reste tous les matins 30 secondes pour hop, avaler sa petite tasse
d'une traite.

Evidemment il vaut mieux choisir les authentiques bar - tabac - pmu que les salles distinguées à la décoration baroque et pompeuse. C'est une question
 de point de vue sur le monde comme dirait HSBC: dans l'un on s'ennuie devant un serveur en livrée impeccable, dans l'autre on contemple la bedaine
bien portante de l'authentique rentier de la fénéantise. Il fait jouer le même client pour la 10ème fois de la journée au rapido. Il pleint
pour la énième fois un autre encore condamné pour excès de vitesse. Et s'il est vraiment d'une espèce exquise, il se laisse porter à l'occasion par
sa haine des arabes et des gay, des chômeurs qui touchent les assedics, mais respecte avec égar motards, et vieilles gloires régionales du cyclisme.
Le plus fascinant dans le personnage (je parle du patron du bistrot) est ce à quel point, quand il vous sert, il vous fait sentire que vous êtes un pauvre rebu de
la société, obligé pour côtoyer quelqu'un d'aller dans un lieu public.


[nature morte pour regards perdus]

Le mien est à la frontière du 16ème et 17ème arrondissement, et tranche quand même avec cette description. J'ai cherché longtemps avant de le trouver.
Avec un autre niché au fonds du 7ème. On y accède en traversant des petites rues bucoliques, où on croise des papillons quand c'est de saison,
ainsi que de jolis oiseaux au chant mélodieux. A l'ombre d'une terrasse par un beau jour de Printemps, on m'y appelle monsieur Jacques. ET je
réponds "bonjour Mr André". Quand la vie vous a amené à côtoyer un certain nombre de snobs et de prétentieux,  c'est  des vacances. LA décoration
a son importance. Mr Pierre, le barman, a accroché à un poteau un article  découpé dans vingt minutes. Il traîne, accroché au scotch sur le mur,
une affiche pour un grand bal dansant à Saint Flour et une comice agricole en Auvergne. Enfin, la collection de cartes postales au mur ne laisse rien
au hasard: une trentaine braves  fertilisateurs de vaches vous contemplent, des bêtes à corne. Les habitués sont tous des paresseux
endurcis ou paumés.
Vieux célibataires n'ayant plus de famille et pour seule passion le ballon de vin blanc. Jeune type dynamique qui aiguise ses reflexes sur un des
jeux electroniques. Le vieux monsieur Bougon, Monsieur René, qui parle presque aussi peu que moi, a  la peau cireuse et porte le même impermébale
toute saison depuis 18 mois.

voilà, c'est peu de chose, ça côute pas cher et ça ne mène nulle part, mais là bas au moins, on nous fiche une paix royale.

 
Tuesday, October 02, 2007 
cadreur, photo, script, rélisateur, preneur de son,
un grand classique qui vous nargue et porte des lunettes: strip tease, 23 ans d'existence à la télé.

Les constructeurs de voiture disent qu'il n'y a qu'un luxe, le silence. Les compagnies aériennes penchent plutôt pour le luxe de l'espace. Et pour les vendeurs de survet et de tennis, c'est l'authenticité. Vous avez déjà conduit une twingo pour prendre en classe éco un vol intercontinental habillé dans un survêtement? Vous seriez déçu: ni luxe, ni silence, ni espace, ni auhenticité. La saleté sur les pneus, les plis sur le survet,  les bouchons pour se rendre à l'aéroport. Arf, les affres de la marchandisation. On rêve d'une jolie vignette aperçue à la télé, et on se retrouve crevard, par force de l'habitude.



[strip tease, une mise à nu intense]



Les reportages de stip tease, c'est l'anti commercialisation. Pas de présentation des "enjeux" du documentaire qui va suivre,
pas de commentaires pendant les séquences. Du brut de décoffrage: les sujets portent souvent sur les marginaux de l'époque, deux alcooliques dans une piaule miteuse qui fleurtent avec la clochardisation, ou un adolescent tapageur abonné aux punitions. Trois fois rien, la sous classe moyenne belge, des êtres sans trop d'importance que l'on porte à l'écran et auxquels on s'intéresse dix minutes, sans jugement. Juste pour rappeler que la vie c'est pas grave. Et en Belgique ça ne dégoûte même pas des frites, alors, hein.

Une interview du réalisateur de l'émission (sans doute la plus vieille émission du PAF avec Thalassa et "des chiffres et des lettres"):
http://www.arkepix.com/kinok/Marco%20LAMENSCH/lamensch_interview%20.html
Friday, September 21, 2007 
avocat smicard, vieille fille aigrie, taulard, mes amis, mes frères,

bonjour.


Le polard est en France une forme de roman réjouissante. Aux Etats - Unis on trouve plus souvent dans les romans noirs
des femmes fatales qui font souffrir un homme dans une intrigue qui fleurte avec des bas - fonds nauséabonds. En
France on l'utilise comme prétexte pour des récits pleins de cynisme et de dérision, qu'une gouaille bien franchouillarde
relève comme le tabasco relève le steack tartare. Il met forcément en scène un personnage 'border line', qui fait contre
mauvaise fortune bon coeur. C'est bien au moyen de cette
dernière expression un peu désuète que l'on décrit le mieux l'avocat du roman, fatigué de ses vingt ans de carrière qui trouve beaucoup plus intéressant de créer une sorte de cabinet pour avocats smicard, afin de réunir tout ce que la palais de justice de Paris
compte de marginaux, plutôt que de courir derrière des clients prestigeux. QUi sont de toute façon dans son domaine
assez rare (il est avocat pénaliste et s'est spécialisé dans la clientèle des dealer). Voilà pour les perspectives professionnelles,
et pour ce qui est des perspectives sentimentales l'horizon est lui aussi assez bouché: une maîtresse allumée et une relation épisodique.




Jusqu'à ce que, ce qui ne devait être qu'une
péripétie de plus, ne réveille l'ambition de notre vieux mâle, ou tout au moins, ne stimule son imaginaation: devenu soudain héritier
d'une maison de cognac il décide de mettre son carnet d'adresse chez les dealers à profit, afin de réaliser un clip à la façon des rappeurs américains. Ils mettent la délicieuse boisson à toutes les sauces dans leurs clips ultra violents, et ultra provocateurs. Ce qui donne lieu à quelques observations pleines de bon sens sur notre époque sarkozienne: quoi de plus ultra libéral que des rappeurs qui font l'éloge de la réussite matérielle, du profit, de l'ascencion sociale via la case embrouilles et truandage?


[homme -sanwich pour la promotion des terroirs de charente]

On se met à imaginer que les rappeurs achètent des appartements
à Neuilly sur le modèle de ceux de la côte Ouest qui se sont installés à Beverly Hills.

Mais on ne laissera pas dire ici que le dealer n'est que cynisme, car le travail de la came est laborieux: être sur la dalle tous les matins pour écouler sa marchandise, avec une régularité de métronome,
même le dimanche et même lorsqu'on se les gèle. Si c'est pas du mérite et du travail, tant vantés par notre président ami des patrons du CAC40... Sur ce thème bien assis et déjà solide, on se réjouit des rencontres entre personnages que tout oppose comme un avocat réctionnaire ayant développé une thèse fort intéressante sur 'les colonies de l'intérieur' et un dealer black qui a vu des opinions plus tordues. La confrontation entre le parisien et la campagnarde est pas mal non plus. Et la gallerie de personnage toujours réjouissante.
Wednesday, September 19, 2007 
lecteur, internaute, butineur, butineuse,

bonjour.

Mes relations haut placées dans l'appareil d'Etat m'ont permis d'assister comme quelques autres privilégiés, eux aussi enviables, à l'avant première d'un film quest sorti sur les écrans mercredi dernier.

Il ne s'agit pas d'un film facile, comme on le dit aussi parfois de certaines femmes de petite vertu. Non seulement dans sa forme, mais aussi dans son fond. La "thèse" du film consiste à faire un parallèle entre la barbarie nazie et le monde contemporain. Le 'cost killer' d'une entreprise est - il l'héritier du nazisme? Alors bien sûr je ne vais pas citer des noms. Je ne vais même pas évoquer le cas Moulinex, malgré un goût pronnoncé ces derniers temps pour les polémiques faciles et les débats stériles. Je vais simplement parler cinéma et une anecdote du film.

Dans l'investigation que mène Mathieu Amalric, qui est en grande partie introspectif, la personne qui est objet de l'enquête (Michael Lognsdale, sidérant) lui explique en tête à tête qu'il  sait pourquoi il s'intéresse à lui. Mais lui apprend que celui qui lui a commandé son investigation est imprégné d'idéologie nazie, il a grandi dans un orphelinat du parti ayant pour vocation de préserver la race aryenne. Cela justifie le vertige, des nuits d'errance passées à chercher à s'oublier. Se défonçant sur une piste de dance techno, Amalric, accompagné par des collègues à la maturité rivalisant avec celle d'étudiants en deuxième année d'école de commerce, il pousse à bout ses limites.

C'est ce que fait aussi ce film dans son parallèle entre la recherche du profit contemporain et l'obsession de la pureté. Il pousse à bout la raison, c'est un fait, le parallèle, à de nombreux égards, est excessif. Mais il offre un spectateur un trouble. Qu'est ce que ce langage administratif bourré des periphrases: "compression des coûts", "bilan prévisionnel", etc... , si ce n'est la même démarche intellectuelle que la vocabulaire des nazis pour désigner l'extermination des juifs et des marginaux. On ne parlait bien sûr pas d'assassinat, de crime de masse, d'extermination, on parlait dans les documents internes au parti de solution finale.
      Ce que dénonce Nicolas Klotz dans la même ligne de mire que le nazisme, c'est l'appauvrissement du langage qui se fait purement utilitaire. C'est un chant à la beauté et au doute, que ce long film, inerminable, sans concessions de 2 heures 15. On y fleurte souvent avec la folie, et le dégoût de soi. "Casse toi, connasse, je ne te connais pas". C'est dure à assumer ce genre de réplique d'ivrogne qui devra  faire l'innocent le lendemain au bureau.

Que reste -  t - il au monde noir que décrit le cinéaste? Au bout de ces longues scènes en milieu confiné, dans les antres des tours de la défense, après de longs têtes à têtes lourds, il reste la vie qui ressucite aux marges de la province romaine deliquescente. Là où elle ne vaut rien, là où elle est rétive à l'embrigadement. Là où la seule chose qui a de la valeur est ce qui a le moins de prix.

Tuesday, August 21, 2007 

Obsédé sexuel, détraqué, vieux célibataire seul, amis des bêtes, mais aussi ornithologues distingués,

 

c'est pas une raison pour ne pas aimer les femmes avant toute chose, on fait bien toute sa vie avec ses tares congénitales

 

Le caramel, c'est cette cire mystérieuse qui permet l'épilation des jambes, que l'on aime imaginer longues et interminablement lisses chez nos amis les femmes. Dans le salon de beauté 'si belle' de Beyrouth, toutes les femmes du quartier viennent se confier aux mains expertes de ses manucures et de ses coiffeuses. Qui, pour raviver du désir chez son mari, qui, pour attirer le regard d'un amoureux secret, et toutes pour le plaisir léger de vouloir être belle. Pas forcément belle pour le regard de quelqu'un d'ailleurs, mais belle par ce qu'une vie vaut bien qu'on l'aide à être élégante.

 

Ce désir essentiel, dont on croit savoir qu'il trouble tant nos chères adolescentes parisiennes, est exprimé avec pudeur, et enthousiasme, évoquant la fatalité des destins en même temps que la douceur de deux êtres qui sentent naître le désir. Le nombre de registre  sur lequel joue ce film, fait un peu penser, toutes proportions gardées, à une version féminine d'un "éléphant ça trompe énormément" . L'orient, et le chatoiement des couleurs en plus, mais toujours une bande d'amis à l'envie de vivre inexpuniable.

Allez - y! En ce moment le cinéma à paris, c'est trois euros les trois séances, et recommendez - le à vos nièces au physique ingrat! (Eventuellement, trainez - y un oncle un peu niais)