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Last Updated: 1/17/2008

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Monday, June 30, 2008 

Chez les commentateurs d'Aristote, la confusion est grande entre le devenir, le mouvemeAristote_univers_mondent et le changement.

Or, après avoir montré que le mouvement n'est pas un simple synonyme du changement chez Aristote, il faut en revenir à la définition de la kinésis selon le possible:

"Le mouvement est l'actualisation du possible en tant que possible".

D'autre part, le mouvement apparait comme une sorte de surgissement, de jaillissement qui réalise la possibilité dans ce en vue de quoi il est possible. Et il y un écart qui n'est pas seulement sémantique entre ce surgissement (métabole) et le mouvement (kinésis) en lui-même.

On sait par ailleurs que la métabole (metabolè) correspond chez les Grecs, et plus particulièrement chez Platon, à un revirement soudain, une péripétie, un retournement inattendu.

Au total, et de manière décisive:

L'inattendu est au possible ce que la métabole est au mouvement.

Sunday, June 29, 2008 

Le langage hypertextuel permet de décomposer un contenu numérisé en zones modifiables qui activent des documents ressources (texte, son, image, vidéo). Le caractère modifiable dCaterpillar_transformation_modificationes zones est tout aussi important, sinon davantage, que leur mise en relation. Si par exemple ce contenu est une représentation iconographique, nous avons sous les yeux et au bout du doigt une "hypericonographie". Il devient alors possible d'entrer dans la solution hypertextuelle pour l'explorer de manière relationnelle mais surtout de la transformer de manière interactive pour en connaître toute la portée.

Le langage hypertextuel réalise donc la possibilité d'un langage qui fasse apparaître les data dans leur caractère de provenance et de destination, en assumant le sens de la transformation que ces datas subissent lorsqu'ils sont portés à l'expression. Il s'agit de mettre en évidence non seulement l'invisible au-delà du visible, de construire les relations entre les éléments, mais également de les modifier.

Chenille_papillon_mtabole Il est clair que le langage habituel et le texte-papier ne permettent pas la mise en valeur de cette transformation. C'est pourquoi il est essentiel d'initier une enquête philosophique au sujet du langage hypertextuel; une recherche qui nous rende capable de donner un sens philosophique à la transformation que les significations subissent lorsqu'elles sont hypertextuellement exprimées. Qu'est-ce qu'une signification textuellement codifiée pour être transformée? Qu'est-ce qu'une transformation langagière dans le type de transformation qu'elle détermine etc.

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Monday, June 02, 2008 

Dis-moi comment tu chutes, je te dirai où tu es.

C'est la chute hors duStar_falling_chute monde, la chute qui échappe à la Terre - soit donc une chute inverse dans sa direction à ce qu'elle a toujours été - qui nous renseigne sur notre sort à venir. L'accidentel nous renseigne sur ce qui ne l'est pas. Lorsque notre espace de vie habituel s'amenuise, la cadence et notre rythme de vie s'accélérent.

Dans  l'espoir de re-créer artificiellement, dans la durée se dépassant, un monde dont les dimensions d'espace et de temps n'existent plus.

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Sunday, June 01, 2008 

Anticiper l'avenir nécessite la connaissance du passé et la maîtrise de l'environnement dans lequel nous évoluons.Anticipation_avenir_vnement

Or l'immixition du temps réel dans le monde social-historique bouleverse toute réflexion prospective. Au point d'annuler le concept même d'anticipation. La télé-action prend le pas sur l'action, le médiatique sur le politique, l'omni-topologie du réseau sur le central de la décision univoque et unidirectionnelle.

Reste l'inattendu qui ne dépend plus du temps commun. Sans antécédant et sans succession. Une dimension qui ne trouve plus ses marques dans une phénoménologie conventionnelle de la temporalité. Reste à bien différencier ce que l'on attend pas de l'instantanéité, du con-temporain, de l'immédiat, de l'imprévisible, du présent etc. (voir frenchtheory.com).

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Wednesday, May 28, 2008 

Religion_postmoderne_croyancePar la répétition d'un geste archétypal, la société traditionnelle suspend le changement en elle et autour d'elle (suspension du temps profane) - de même que l'espace profane est aboli par le symbolisme du Centre. Car l'homme des cultures archaïques supporte difficilement "l'Histoire" et s'efforce de l'abolir périodiquement (Eliade) . Il lui faut en effet se régénérer périodiquement par l'annulation du « temps ».


Aussi, la propension religieuse consiste-t-elle généralement à conjurer le mouvement, à circonscrire les éléments qui, dans la société, travaillent au développement de ce qui change. Le religieux aspire à une certaine forme d'immuabilité, à un ordre où les genres, les sexes, les classes, les techniques sont clairement identifiés, parfaitement lisibles sur la grille de ce qui est établi. L'écriture, dans les sociétés historiques, permet évidemment de fixer durablement cet Ordre du permanent.


Cependant, on aurait tort d'opposer Politique autonome d'un côté (celle qui porte et revendique la raison du projet d'autonomie et du changement politique en Occident) et Religion (l'attitude qui consisterait à en rester là, immobile à vouloir suspendre tout progrès dans l'émancipation social-historique).


Car la religion est aussi depuis toujours – et même avant - le centre d'une intense activité spirituelle qui n'a rien d'immobile dans ses tendances et ses aspirations les plus profondes.. Au-delà des Ecritures et du Livre, le lien (celui de l'hypertexte comme celui de la re-legere ou religare) devient (ou re-devient) maintenant métabolique : prêt à la Métamorphose et à la Transformation, le procès d'une résistance et d'une organicité de la Forme proprement infinies... une liaison transformable qui se lierait d'abord à elle-même:


Des Dieux protéiformes, produits dans une nouvelle Machine.


Rien de messianique dans un tel constat : un simple constat, celui du retour du lien (re-ligio), il suffit de regarder autour de soi ; et de mesurer ainsi les conséquences politiques et religieuses d'un tel Changement…

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  • Tuesday, May 27, 2008 

    VitrailTout d'abord partons du fait que la lumière - le blanc de la lumière ou le noir de l'ombre qui en est le nécessaire revers - est insoutenable à la vue (Louis Marin 1993).

    Dans ce contexte, la sphère transcendantale du complexe « voir - être vu » devient impénétrable au regard. Connaîtrait un risque mortel le peintre qui, par exemple, voudrait par l'image donner la lumière: il se condamnerait alors à perdre la vue, à s'aveugler dans un pur éblouissement où se consumerait toute forme, tout contenu; puisqu'il se condamnerait en définitive à perdre l'œuvre elle-même où l'image trouve l'exactitude de son poème, à vouloir faire d'elle la pure expression de son possible être vu.

    L'Œuvre comme être-vu, reprise, recueillie et gardée dans le voir, dans sa matérialité et sa forme rigoureusement mariées l'une à l'autre, comment en réaliser le possible en tant que tel sans effacer ce réel qui donne au possible même la chance de l'acte ou sans anéantir le « possible » dans la réalité d'un opus operatum qui en accomplirait et en supprimerait la virtualité?

    Peut-on faire œuvre virtuelle ?

    Ou encore de la donation au voir, de la sphère transcendantale du « voir-être vu » peut-il jamais y avoir œuvre?

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  • Monday, May 26, 2008 
    L'auteur n'intervient pas sur un matériau visible par le lecteur, mais sur un matériau qui lui est propre: du code informatique. Il s'agit d'un travail de modélisation de la pensée, réajusté en fonction des actualisations à l'écran.
    Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la distance engendrée par un travail sur le code permet de recentrer la question sur le côté matériel de l'acte d'écriture.
    Il y a dans toute écriture une spécificité du gestuel, du matériel.
    L'Oeuvre générée devient une écriture en acte.
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  • Sunday, May 25, 2008 

    L'amateur d'images déchiffre les couleurs et le langage des formes.Chardin_peinture_couleur

    Mais ce regard iconologique et livresque, tout à fait contrôlé et même expert, n'est pas le seul. L'insconscient réagit tout autant devant la page éditorialisée de manière moins maîtrisée et moins prévisible. Face aux images et au texte typographié, le lecteur/scripteur connait quelques fois le coup de foudre...

    C'est l'extase que nous avons déjà expérimentée dans le monde de la peinture. Celle de Diderot s'extasiant devant les tableaux de Chardin, de Stendhal face à Courrège, de Baudelaire devant les oeuvres de Delacroix jusqu'à Bergotte, le personnage de la Recherche chez Proust qui tombe en arrêt devant le petit pan de mur jaune reproduit sur la toile. Mais on peut aussi avoir à l'esprit le voyageur d'Hofmannsthal regardant un van Gogh ou bien encore Rilke s'émerveillant devant un Cézanne...

    Pour Rimbaud cependant, le choc émotionel de la couleur est tel qu'il est impossible à reproduire, à répéter dans un poème.

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    Saturday, May 24, 2008 

    Les jeunes enfants font des expériences audacieuses de forme et de couleur.Dessin_enfant_couleur

    Or très vite, en comparant leurs dessins avec des représentations issues du monde des adultes (peintures, images, magazines...) ils trouvent peu à peu leurs réalisations insuffisantes.  En commençant à imiter et analyser ce qu'ils font, leurs dessins deviennent vite plus ternes de couleur, plus angoissés de trait, perdent en grande partie leur première vigueur. Rien ne semble pouvoir arrêter cette lente dégradation, jusqu'à ce qu'ils écrivent et se mettent à typographier.

    L'écrivain apparaît comme l'ultime étape de cette descente aux enfers. Il finit par produire des livres sans images... Blanc et noir, gris. Seuls certains artistes parviennent à inverser la tendance.

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    Friday, May 23, 2008 

    Iceberg

    Si l'hyper-texte est une image, alors l'écriture acquiert une nouvelle efficace où texte et image se confondent en de nouvelles intensités.

    Non seulement l'image traverse habituellement le texte pour l'illustrer mais elle le change. Elle le transforme et lui donne un pouvoir qu'il n'avait pas auparavant. L'hypertexte-image développe de nouvelles "vertus" au sens où la rhétorique ancienne l'entend: elle représente le texte qu'elle absorbe, non pas dans une représentation imagée de ce qu'elle viendrait à reproduire (l'hypertexte ne reproduit rien si ce n'est le champ de sa propre activité scripturale), mais au titre de la représentation délégation des intensités textuelles désormais consignées.

    Intensités de l'hypertexte? Que dit-on lorsqu'on dit "intensités"? Intensité, c'est d'abord être dans la disposition d'un exercice virtuel de l'écriture. Non pas agir, ou faire dans l'immédiateté de l'écriture sur l'écran et le réseau, mais se placer dans l'imminence d'écrire - et sans que cette disposition se prête à la moindre prévisibilité, le moindre programme capable de l'imaginer.

    Une image inimaginable.

    L'efficace de l'hypertexte en tant qu'image peut ainsi être pensé en amont, comme  virtualité de l'image, puissance de ce qui ne se montre pas encore à l'écran, mouvement toujours en mouvement de ce qui est à venir, intensité de l'écriture inventive toujours à l'œuvre et dont les objets textués seraient les traits sur écran, jamais les monuments.

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