Sexo: Male
Status: Solteiro
Idade: 33
Sinal: Capricórnio
Estado: Ile-de-France
País: FR
Data de Inscrição: 6/3/2008
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quarta-feira, agosto 26, 2009
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Le
Choix de Sophie, Alan J. Pakula. 1982
Plus
de deux heures de films où on s'ennuie pas c'est déjà ça. Après,
quand on y repense, on se demande ce qu'on a vu. Est-ce que c'est le
film sur la culpabilité d'une Polonaise rescapée d'Auschwitz ? Ou
est-ce le film sur un ménage à trois ? Franchement, on a de quoi
être perdu. Un récit peu adopter plusieurs points de vue, utiliser
plusieurs modes de lecture, ça c'est pas un problème. Ça peut
servir dans certaines circonstances à mettre en évidence un point,
ça peut être une volonté de l'auteur de placer une certaine
histoire sous un angle précis pour donner à son oeuvre un sens
précis. Seulement là, clairement, le film ne sait pas où il va.
Évidement, j'ai pas lu le livre original, mais dans un roman c'est
plus facile. On peut faire deux paragraphes d'introduction et de
conclusion pour encadrer le récit, on aura toujours cinq cents pages
au milieu bien plus essentielles. Une intro et un retour en
conclusion du narrateur, ça peut mettre de la distance avec le
sujet, lui donner un relief particulier. Pour moi, dans ce film, le
point de vue du narrateur est trop présent, il est presque
envahissant. Tout l'art de la mise en scène c'est de trouver le ton
juste, l'angle (pas seulement celui de la caméra) juste. Et là pour
moi, plus le film avance, plus Pakula montre qu'il ne maitrise rien.
Et
je comprends un peu mieux après quelques recherches. D'après ce que
j'ai compris, l'auteur du livre voulait faire un parallèle entre
l'Allemagne nazie et le Sud raciste des états-unis. Là, il y a un
sens, seulement Pakula n'a pas respecté ça. Son film ne veut plus
rien dire. Il reste les traces du parallèles original avec la
présence de cet écrivain venu du Sud, mais on ne comprend pas
pourquoi il est là et pourquoi tout le film tourne autour de lui...
Y a un gros malentendu dans l'histoire...
On
commence donc le film avec le point de vue de ce narrateur, venant à
Brooklyn pour écrire un roman et qui se lie d'amitié avec un couple
: un Juif new yorkais et une Polonaise rescapée des camps. On
continue alors tout du long avec le point de vue du narrateur : pas
une scène où il n'apparait pas. Et pourtant, tout l'intérêt du
film tel qu'il est présenté par Pakula, est ailleurs : le couple,
leurs secrets, etc. Ces deux personnages vivent leur passion folle et
excentrique et plus le récite avance plus le personnage narrateur
prend part à leur vie pour devenir plus qu'un ami. On frôle le
ménage à trois. On sait que le couple est rongé par un démon,
celui d'une culpabilité presque commune : l'un parce qu'il n'y a pas
participé, l'autre parce qu'elle y a survécu. On apprend alors que
lui a un cabinet secret où il recense les criminels nazis qui ont
échappé à la justice (c'est sa manière à lui, entant que juif
qui n'a pas vécu l'horreur, de se racheter) ; la femme, elle, porte
un secret , très lourd, qui la culpabilise, et secret qui va devenir
peu à peu le centre du film.
Tout
allait bien jusqu'à ce que Pakula décide de faire de ce seul sujet
(la culpabilité de la Polonaise) sont sujet principal. C'est comme
s'il se désintéressait du reste. Il avait déjà occulté tout ce
qui faisait référence dans le roman au Sud ségrégationniste,
voilà maintenant qu'il décide de se désintéresser du personnage
juif américain qui vit une culpabilité d'un autre genre, mais qui
se rapporte aux mêmes évènements. Je ne peux pas imaginer que dans
le roman, l'auteur décide tout à coup de ne s'intéresser plus qu'à
l'un de ses personnages, pour la seule raison que son histoire est
plus spectaculaire. L'auteur du livre semblait vouloir appuyer sur le
fait qu'il n'y avait pas que les juifs qui avaient souffert dans les
camps. C'était une question délicate mais intéressante à
développer dans le film. Bien sûr, on sait qu'elle est catholique,
mais ce n'est pas traité comme un fait important. C'est juste
anecdotique. Donc du coup Pakula fait tout le contraire du roman qui
voulait rétablir une vérité sur les « autres »
victimes de cette catastrophe, en recentrant son histoire sur ce
personnage rescapé des camps. Peu importe qu'elle soit juive ou
catholique, fille de nazi, c'est juste présenté comme une ironie de
l'histoire... Ce qui est important pour lui, c'est juste Sophie, et
le « Choix de Sophie »... Plutôt futile et réducteur ;
à peine sérieux comme vision... Pakula a enlevé toute la force du
parallèle initial, il fixe son regard sur l'harmatia, la faute
initiale sur quoi repose tout le récit. Il la dévoile sans fard et
porte son attention plus que sur ça, alors que tout l'intérêt du
récit aurait dû être les conséquences de cette « faute »
dans sa nouvelle vie, sa culpabilité... C'est aussi indécent que de
vouloir montrer une scène d'amour entre Œdipe et sa mère alors
qu'il ne sait pas encore que c'est sa mère... Il faut laisser les
choses à leur place : l'harmatia ne doit pas être mise en scène,
mais juste être évoqué.
Le
cinéma rend parfois les choses plus faciles parce qu'il peut
absolument tout montrer, mais le but c'est tout de même de savoir ce
qu'il faut montrer. Il n'est pas question de bienséance là comme
par le passé, mais d'établir une logique et un équilibre narratif.
Il
aurait pu peut-être commencé avec cette histoire de ménage à
trois, puis basculer peu à peu vers cette histoire dans les camps
nazis (même si là encore ça n'aurait pas été conforme à ce que
semble décrire le bouquin). On peut faire glisser un sujet vers un
autre, un peu pour tromper volontairement le spectateur ou juste
faire une entrée progressive vers le monde douloureux des camps et
le culpabilité spécifique de Sophie. Parce que tout ce long flash
back est fascinant. Le film prend une autre dimension en dévoilant
en même temps les secrets Sophie sa véritable nature. A cet
instant, on se dit que le reste servait juste à introduire cette
histoire douloureuse. Ça permettait de mettre de la distance, de
faire une comparaison entre présent et passé, en montrant les
conséquences d'abord puis les causses d'un trouble. Mais dans ce
cas, Pakula ne revient pas à son sujet de départ avec ce narrateur
qui s'immisce dans la vie de couple de ses voisins. Quand on revient
dans ce petit immeuble typique de Brooklyn où Sophie a raconté son
passé à son ami narrateur, et qu'on reprend le cours de l'histoire
du « ménage à trois »... y a comme un choc. On passe de
la tragédie à ce qu'il y a de plus futile. Si l'auteur du livre
voulait nous dire qu'il n'y avait pas que des victimes juives dans
les camps, Pakula, lui, c'est comme s'il nous disait qu'il n'y avait
pas que les tragédies comme celles des camps qui sont importants, y
a aussi la tragédie des couples ou des ménages à trois... !
Non
seulement on se sent perdu parce qu'on ne sait plus quel est le
véritable sujet du film mais on se sent trahi, parce qu'on tenait là
un sujet fort et sur lequel on aurait dû rester. Si au moins on
avait toujours été centré sur l'histoire du couple, le lien aurait
peut-être pu être plus évident, plus équilibré (mais toujours
non fidèle à l'œuvre originale) ; mais non, il y a toujours ce
petit nabot d'écrivain sudiste qui chercher à rentrer dans le lit
conjugal. La réalité, c'est que Pakula ne va absolument pas où il
va, il tire des extraits du roman (les meilleurs sans doute), mais
son anthologie des meilleures scènes du livre n'ont plus aucun sens
entre elles. Il ne prend même pas le partie pris d'être infidèle
au roman et de fabriquer une oeuvre qui lui serait propre, non il
fait n'importe quoi. Il tombe sur une scène qui lui plait, une
anecdote du roman qui lui plait ou qui est spectaculaire, il en fait
des tonnes dessus. Il fait mummuse avec ce qui lui tombe sous la
main, mais il ne raconte pas une histoire dans son ensemble. Quand on
revient à la réalité futile de Brooklyn, le film se résume en
fait à une vulgaire histoire de cul. C'est totalement obscène quand
on le compare à certains éléments du roman initial et qui était
particulièrement tragique.
Quand
on revient une dernière fois dans cette scène du « choix de
Sophie », scène qui explique donc le traumatisme du personnage
(mais qui ne devrait pas être le sujet du film), ça paraît
totalement hors de propos. La scène est déchirante, mais elle
apparaît au milieu de nul part, une confession lâché à un pauvre
type qui lui demande de partir avec elle et qui veut avoir des
enfants avec elle. Telle que le met en scène Pakula, c'est à dire
en en faisant une scène à part entière du film, et la pierre
angulaire presque du film, y a comme une faute de goût énorme. Une
telle scène telle qu'elle l'a sans doute été imaginé dans le
roman initial (et c'est une simple conjecture étant donné que je ne
l'ai pas lu – et on sait jamais, peut-être que ça part également
dans tous les sens sans savoir réellement où ça va) ne devait être
qu'évoqué. Certainement pas mise en scène mais racontée par le
personnage, en confession. D'ailleurs, le film termine sur une image
arrêté de Meryl Streep racontant cette histoire, preuve qu'avec le
peu d'image qu'on a d'elle à cet instant, ça nous a marqué, et que
la simple évocation de l'évènement suffisait à émouvoir. Et que
ce qu'il fallait montrer à ce moment, parce que c'était le sujet du
film, c'était le visage de l'actrice revivant cette scène en se la
remémorant. Le sujet c'est Sophie racontant son « choix »,
pas le choix en lui-même. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir
d'évocation d'un acteur face caméra ; les scènes les plus
émouvantes sont parfois les plus simples. Il faut se souvenir de
l'incroyable climax que constitue la scène de retrouvailles dans
Paris Texas : tout est dit, rien n'est montré. Faire des flashbacks,
même avec des scènes formidables, aurait été totalement hors de
propos.
D'ailleurs,
il est assez curieux de remarquer que Pakula, auteur de ce scénario
mal fichu, a été le producteur de Du Silence et des ombres. Je ne
sais pas à quel point il a été impliqué à l'époque dans le
scénario de ce film, mais entant que producteur, il ne pouvait de
toute façon en adaptant le choix de Sophie, remarquer la similitude
dans la mise en forme des sujets. Peut-être d'ailleurs était-ce là
le problème... peut-être aurait-il voulait reproduire une forme se
rapprochant plus du Silence et des ombres que du livre qu'il
adaptait... On y retrouve le même système de distanciation de et
multiplication des points de vue. A la différence, c'est que là,
l'harmatia, la scène qui détermine tout le reste (la scène du
pseudo viol d'une Blanche par un Noir), n'est jamais dévoilé. On ne
parle que d'elle, sans jamais la montrer (ce qui rend d'ailleurs
possible les différence de points de vue).
Dans
Du silence et des ombres, on comprend l'utilité de la mise en abime,
le fait de mettre une histoire dans l'histoire. Elle a un sens
didactique. Le lien entre les deux histoires est simple à comprendre
: le récit cherche par le biais des enfants à nous enseigner non
seulement qu'un Noir n'est pas plus présumé coupable qu'un Blanc,
mais aussi qu'un Blanc peut malgré les apparences être le dernier
des salauds. Et au final que la couleur de peau n'est en rien dans la
valeur des hommes, qu'il faut se méfier des apparences et des hommes
qui les utilisent pour arriver à leurs fins.
Dans
le Choix de Sophie, Pakula a coupé tous les liens. Restes des
pantins inanimés avec des expressions figées. Beaucoup de scènes
sont formidables, si on les prend individuellement, mais elles n'ont
plus aucune cohérence entre elles. Si on aime le film, on l'aime
pour ses scènes dans les camps. Or elles ne sont que des scènes
prétextes, des gadgets. On est pas loin du cinéma sensationnaliste
qui cherche rien que des effets et qui se fout du reste. Un film ne
devient pas un grand film parce que son actrice principale est
exceptionnelle, parce que la photo est jolie ou parce qu'il y a deux
ou trois scènes convaincantes ou d'anthologie. Il faut une cohérence
d'ensemble, et ça Pakula ne l'a pas trouvé.
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segunda-feira, janeiro 12, 2009
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Autant le dire tout de
suite. Je crois n'avoir jamais été passionné par un film muet. Et
ce n'est pas celui-ci qui y changera grand-chose. Cela étant dit,
puisque je commence à bien connaître les films et le style de
Naruse, voir l'un de ses premiers films un vraiment d'un grand
intérêt. On peut y déceler ce qui fait déjà le charme de ses
films suivants, et donc comprendre ce qu'est ce style de Naruse. Et
il faut bien le dire, cela m'a fait prendre conscience de pas mal de
chose qui ne m'avaient pas sautées aux yeux, alors qu'en y regardant
d'un peu plus près, certaines choses paraissent évidents. Aussi,
cela m'a permis de faire quelques recherches sur le net et comprendre
encore une fois des choses du film qu'on ne peut pas deviner comme ça
pour un simple occidental...
D'abord, on remarque que
les personnages principaux des films de Naruse sont toujours des
femmes. Et presque toujours le même type de personnage. Celui de la
femme plus ou moins seule, hôtesse de bar, geisha (on va voir que
pour un occidental c'est parfois très compliqué de faire la
différence et même de comprendre ce que ça implique, la culture
japonaise à ce niveau était particulièrement éloignée de la
notre). Ce personnage principale féminin est souvent d'une grandeur
d'âme implacable, d'une probité sans reproche, souvent réservée
(en tout cas un vecteur pour Naruse pour instaurer ces ambiances
tristes et poétiques, contemplatives, qu'on appelle Mono no aware).
Elle subit toujours les évènements avec un grand courage et une
grande dignité (il y a toujours quelque chose de noble dans le
comportement de ce personnage, alors qu'il ne s'agit bien souvent que
de la classe moyenne japonaise). Tout ça étant régit certainement
par des codes, des usages, propres aux relations sociales dans ce
pays : le respect, la hiérarchie, sont des notions particulièrement
importantes, beaucoup plus que chez nous où depuis quelques
décennies tout est beaucoup moins structuré, stricte. Les
personnages appartiennent toujours à la classe moyenne japonaise, et
j'ai même l'impression qu'on a souvent affaire à un même quartier
de Tokyo, celui de Ginza.
Ensuite donc, les lieux.
Ce n'est pas du tout le cas dans ce film La Rue sans fin (même si on
est toujours à Ginza il me semble), mais très souvent les scènes
se limitent à quelques lieux bien définis, et pour autant indéfinis
pour des occidentaux. Ça se limite à la maison, au bar, et à la
rue, mais par n'importe quel type de rue. Et c'est là que tout le
génie des films de Naruse s'exprime et où pour un occidental, il
faut vraiment s'accrocher. Pour nous, la maison est le symbole de la
vie strictement et exclusivement intime. Le bar, au contraire, c'est
le symbole du lieu public. Pour nous, il s'agit donc de deux lieux
diamétralement opposés. Mais au Japon, ce n'est pas si simple. Les
maisons, en tout cas dans la plupart des films de Naruse, les maisons
sont des lieux de passage. Parce qu'il s'agit parfois de maisons de
geishas (Okiya), de commerces (une teinturerie par exemple dans La
Mère et les clients se présente juste au comptoir qui mène à la
rue de derrière, mais il n'y a pas de séparation évidente entre le
monde public et privé), peut-être d'auberge, de pensions... Le fait
est que pour un Japonais, quand il regarde le film, il va tout de
suite reconnaître un type de lieu, même que par les dialogues, le
lieu sera défini par un mot, mais qui n'a pas d'équivalence en
français (comme traduire « okiya » par exemple ?). Et
cela vaut aussi, et sans doute plus encore pour ce qu'on appelle nous
des bars. On peut imaginer que pour un Japonais qui arrive en France,
il soit difficile de saisir la différence entre un bar, un café, un
bar-tabac, une brasserie, un restaurant, un traiteur, un grand
restaurant, un self-service, un fast food, une boulangerie, un
restaurant d'entreprise... Pour nous, c'est presque tout autant
compliqué de comprendre les maisons et commerces liés à la
boisson, à la détente et à la restauration, d'autant plus qu'on ne
peut traduire par les équivalents en français. Chaque établissement
japonais a sa particularité, sa fonction, parfois même comme en
France, un établissement peut regrouper plusieurs type
d'établissement, si bien qu'il est impossible de s'y retrouver. Et
c'est là que comprendre les films de Naruse, toutes les subtilités
de ces films, semble réellement être vain pour un occidental. On
comprendra les grandes lignes, mais pas mal de ces subtilités
resteront toujours inconnues.
Toutefois, j'ai fait des
recherches sur le net pour tenter de comprendre un peu tout ça. Et
voilà en gros ce que j'ai trouvé :
Je commence d'abord par
Ginza. Il s'agit en fait, comme je l'avais déjà compris, de l'un
des quartiers principaux de bars à hôtesse et maisons de geishas de
Tokyo où se situent beaucoup de films de Naruse. Ce genre de
quartier avec ses petites ruelles est appelé "hanamachi"
(ville fleur) et même si dans tous les films de Naruse les
personnages principaux ne sont pas que Geisha, on retrouve souvent
cette ambiance. Peut-être est-on toujours dans les mêmes coins de
Ginza, peut-êre cherche-t-il toujours les mêmes types de quartiers,
peut-être était-ce juste la norme, la disposition réelle des
maisons, j'en sais rien...
D'après mes recherches
sur le net, le week end, durant l'après midi le centre du quartier
est réservé aux piétons... mais seulement le début des années
60. Donc après la grande partie des films de Naruse, mais peut-être
est-ce là un indice pour comprendre qu'autrefois ces quartiers
avaient un charme particulier sans les véhicules motorisés...
L'Okiya est donc la
maison de geisha tenue par une Okasan (mère). Et soit dit en
passant, les geishas ne sont pas des prostitués, ni même des call
girls... c'est bien plus compliqué qu'on pourrait le croire^^. Il
faut savoir qu'avant tout, il s'agit d'artiste et qu'elle ont le rôle
de divertir. Et bien sûr, leur talent ne se limite pas qu'au chant
et à la danse, mais aussi à la conversation, et bien sûr...
parfois un peu plus. Et ça se complique quand on sait que leur rôle
c'est modifier, voire diversifié, au cours du XX e siècle. Entre
celles qui sont restées fidèles à la tradition, celles qui se sont
mises à fréquenter les « bars », et tout ça en sachant
aussi qu'au milieu du siècle, la prostitution a été officiellement
interdit (reste à savoir ce que la loi comprend dans ce terme de
« prostitution »...).
Izakaya est une sorte de
bar où on peut boire, s'enivrer et manger (il correspond sans doute
plus aux Pubs en Grande-Bretagne). On y va souvent entre collègue
après le boulot où avant d'aller ailleurs pour manger. La bouffe
est généralement partagée entre les clients d'une même table. Il
y a souvent trois manières de consommer : sur un tatami (assis en
« seiza »), autour d'une table, ou au comptoir du bar.
Il y a aussi le kyabakura
ou bar à hôtesses tenu parfois par une Mama-san (un manager femme).
Dans une Femme monte l'escalier, Hideko Takamine est effectivement
appelé Mama.
On a encore les Snack
bars, dans lesquels les hôtesses flirtent avec des clients dans un
lieu plus petit (mais attention ce n'est pas de la prostitution !^^).
Il me semble que dans Une Femme monte l'escalier toujours, le
personne de Hideko Takamine, l'établissement qu'elle achète à son
compte est un snack bar, tellement c'est minuscule.
Bref, on voit bien que
sans équivalent, c'est presque impossible de comprendre ces films...
Il faudrait déjà apprendre à connaître tous les types
d'établissement que ce soit les maisons, les bars, les restaurants,
et apprendre les mots japonais qui les définis (par exemple il y a
cinq ou six noms différents pour les restaurants japonais, étant
donné qu'on ne mange pas le même type de nourriture). Et là, ça
devient, donc, impossible.
J'en reviens donc à ce
que je disais sur les trois types de lieux dans les films de Naruse :
la « maison », le « bar » et la rue (là
aussi, j'aurais presque envie de mettre des guillemets^^). Je disais
donc que pour un occidental, il n'y avait rien qui opposait plus une
maison privée d'un bar public. Au Japon et dans les films de Naruse,
il y a comme une harmonie entre ces deux lieux, un peu comme s'ils
s'emboitaient l'un dans l'autre. Certaines maisons sont semi-privées,
collégiales, comme des pensions, on entre au moins jusqu'à l'entrée
« publique » sans frapper et on attend d'être invité à
rejoindre le reste de la maison, qui est surélevée (là on doit
quitter ses chaussures pour des sandales et rester en chaussette sur
les tatamis). Et de la même manières les « bars » sont
souvent des sortes de clubs où se rejoignent des habitués, et si on
vient seul... on peut avoir de la compagnie au menu, avec ces
hôtesses de bar, sortes de geishas des temps moderne. Il s'agit donc
de lieu bien moins publics que ce qu'on connait chez nous. Ce qui
fait que dans les films de Naruse, tous les lieux sont à la fois
publics et privés. Cela dépend en fait des circonstances. La
chambre à coucher par exemple, la journée, on peut y servir le thé
à un visiteur... ce qui en fera la chambre à couché, c'est
seulement quand au couché on met le futon sur le tatami.
L'ambivalence de ces deux types de lieu, c'est vraiment la marque des
films de Naruse : on passe sans cesse de l'un à l'autre et à chaque
fois le privé et le public sont très liés. On se croirait presque
dans une pièce de théâtre classique où les personnages font des
entrées en scène en étant annoncé. Que ce soit la maison ou le
bar, c'est le lieu où l'action se passe et au dehors on a les
« autres » qui sont susceptibles de venir, se présenter
assez facilement sans pour autant que ça tue l'atmosphère intime du
lieu. Il est intéressant de noter que dans les films japonais,
Naruse en tout cas, on a plus regard de l'intérieur qui voit entrer
un nouveau personnage, alors que dans le cinéma occidental, on verra
plus souvent les personnages se déplacer eux-mêmes pour se rendre à
un lieu et rencontrer des personnages (si j'étais audacieux je
comparerai le récit nippon à un ovule et le récit occidental à un
spermatozoïde^^).
Il existe enfin le
troisième type de lieu chez Naruse, c'est la rue. Elle fait le lien
entre les deux premiers, peut-être pour souligner un peu plus leur
similitude, leur ambivalence. Mais attention, si dans Rue sans fin,
on a encore des rues bondées, presque toujours pas la suite Naruse
préférera des petites ruelles, voire des rues, des ponts, sans
circulation. Et là encore, l'harmonie est respectée. Encore une
fois on a affaire à un lieu public, mais l'atmosphère est privée,
intime. On retrouve presque systématiquement des dialogues à deux
personnages (un peu à la Wong Kar-wai) et quand ils sont trois dans
le Repas par exemple, il ne s'agit juste que du môme d'un des
personnages qui joue pendant que sa mère cause avec le personnage
principal (il est présent sans faire parti du cercle intime de la
discussion). Paradoxalement, la rue devient le lieu intime par
excellence, parce qu'on y a exclusivement des scènes à deux.
C'est là que pour
comprendre le style de Naruse, la Rue sans fin est intéressant (déjà
le titre...). Ce n'est pas encore tout à fait du « Naruse ».
Les rues sont larges, grouillent de monde et de circulation et en
plus Naruse se plait à donner un caractère descriptif, presque
documentaire au film en multipliant les plans de foule, de la rue
pendant les transitions. Un style de plan qu'il abandonnera
totalement par la suite, dans un désir toujours d'économie dans les
moyens, les effets.
Et c'est là qu'on peut
se demander si à ce moment, Naruse n'a pas encore trouvé son tyle,
sa voie, sa route (sa rue) ou s'il ne cherche pas tout simplement à
copier ce qu'il a vu dans les films occidentaux (pour les films de
l'époque qui ne sont pas tournés en studio). Parce que dans ce
film, il n'y a pas que les rues qui sont filmées comme il ne le fera
plus jamais par la suite. Il y a surtout les scènes d'intérieur qui
n'ont rien à voir. On s'étonne de voir des voitures dans Rue sans
fin (on est pourtant en 1934, et on en verra que rarement par la
suite, alors que les trains seront plus répandus par exemple...
pourquoi ? Mystère... est-ce que les trains font plus japonais,
est-ce que ça correspond plus à son idée de faire des lieux à la
fois publics et privés ?...), mais surtout on est vraiment étonné
de voir des portes ! Les personnages semblent complètement
incapables d'ouvrir ces énormes portes... Alors, j'ai aucune idée
si les portes étaient aussi répandues à l'époque, mais Naruse
semble être emprunté quand il s'agit de cadrer une porte ou qu'il
faut du moins interagir un acteur avec ce type d'accessoire. Par la
suite les portes disparaitront presque de ces films (parfois on en
voit à l'entrée d'un bar mais on les voit jamais en gros plan comme
c'est le cas dans ce film). Il préféra revenir aux bonnes vieilles
portes coulissantes (shoji ou fusuma) par la suite. Est-ce que c'est
un désir de sa part de revenir à des films plus « japonais »
? cherchait-il comme ça à affirmer son style ? Mystère.
Autre chose qui m'a
marqué dans ce film, c'est l'incroyable similitude dans le style de
jeu des acteurs du muet et plus tard dans ses films parlants jusque
dans les années 60. Quand en occident la rupture a été totale
entre le jeu de pantomime et le parlant qui allait mettre dix ans à
adopter les techniques réalistes de l'actor studio (et attendre
encore quinze ou vingt ans pour que ces techniques se généralisent
dans l'ensemble du cinéma américain), avec ce film muet de Naruse,
on découvre qu'au Japon, il n'y a pas eu ce genre de révolution.
Dans ce film, les acteurs ne jouent pas la pantomime, mieux, la mise
en scène, de part son découpage, sa mise en place, est déjà assez
proche de ce qui sera mis en place dans les films parlants (beaucoup
de panneaux dans le film muet et au contraire peu de dialogues dans
les films parlants... finalement ça se rejoint^^). Les Japonais
garderont longtemps ce type de jeu précis, avec des codes, des jeux
de regardes, des postures, des ports de tête, une manière de se
positionner par rapport à un autre acteur... C'est d'ailleurs
étonnant de voir dans ce film, des plans, des transitions, des
postures, des jeux de regards, des axes de caméras qui reviendront
sans cesse dans les films suivants. Pour exprimer un sentiment,
mettre en place une même situation, on s'embarrasse pas, on utilise
les mêmes méthodes. C'est comme si les acteurs japonais avaient des
codes, des lazzis , comme autrefois les acteurs de comedia dell arte
pour jouer des personnages récurrents de la scène. Et là, étant
donné qu'on a toujours affaire aux mêmes types de personnages,
parfois même aux mêmes acteurs, on peut facilement imaginer qu'il y
a des codes, des poses, utilisés traditionnellement pour exprimer un
sentiment, une situation. Chose totalement impensable à la même
époque en occident (quoi que). C'est amusant de voir par exemple des
acteurs différents adopter les mimiques d'un acteur que j'ai vu dans
un rôle d'un film plus récent de Naruse. La femme qui baisse la
tête en signe de résignation ou de docilité, la vieille mère qui
fait une mou et qui dodeline de la tête l'air de dire « non
mais tout de même », vraiment surprenant ces similitudes.
C'est dommage que là-bas mais déjà à cette époque en occident,
on est perdu ces méthodes de jeu. Ça limite le champ d'action. On
ne peut plus jouer que d'une manière naturaliste, oubliant les
« emplois », les personnages récurrents, familiers, les
archétypes...
Il y a enfin la notion de
mono no aware, habituellement utilisé en littérature d'après ce
que j'ai compris, mais dont Naruse se serait inspiré pour créer des
ambiances pour ses films. Et c'est vrai que quand on voit ces films,
on cherche toujours à mettre des mots sur des choses qui en occident
n'en ont pas. On parle de contemplation, d'ambiance, de film lent,
poétique... Ça devient plus compréhensible quand on peut
identifier une notion vague avec une expression, même si ça reste
impossible à traduire.
Alors le mono no aware,
qu'est-ce que c'est ? Voici quelques tentatives de définitions en
français :
D'abord, on le traduit
parfois par “Le pathétique des choses” d'autres fois par “un
sentiment profond des choses” ou encore par " Choses propres à
émouvoir ".
Et voici deux définitions
trouvées sur le net :
"Les textes
fondamentaux du Zen font de l'acceptation et de la transcendance du
monde le point nodal de l'art de vivre qu'ils proposent, tandis que
l'art narratif japonais traditionnel célèbre le monde tout en y
renonçant. De nos jours on emploie souvent le terme mono no aware
pour décrire cet état d'esprit ou, selon le mot de Tamako Niwa "la
tristesse sereine" qui nous envahit à la vue du monde. On
l'utilise également pour décrire l'acceptation tranquille d'un
monde en transition, le plaisir innocent et éphémère goûté à
l'activité quotidienne ou encore le contentement procuré par la
précarité de sa propre existence. »
"Appréciation
généralement teintée de tristesse de la beauté éphémère qui se
manifeste dans la nature et la vie humaine.
Moins orientée vers la
mélancolie et plus philosophique, voici la définition qu’en donne
René de Ceccatty: “l’aware est une sorte de suspension de
jugement, un retrait de la conscience, qui, à l’origine, prend la
forme d’une exclamation de surprise devant l’apparition d’un
sentiment nouveau ou d’un pur phénomène extérieur. Ce retrait,
cette suspension permettent, précisément, la mise en place
intérieure d’une autre catégorie de temporalité. Le sujet se
retire de l’activité du monde qu’il observe et décrit de façon
plus ou moins concise.”
On comprend beaucoup plus
les films de Naruse après toutes ces recherches. Et comme d'hab',
plus on comprend les choses plus on se rend compte qu'on a finalement
rien compris et qu'il reste encore finalement encore plus de choses à
découvrir et à comprendre...
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terça-feira, janeiro 06, 2009
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Tonnerre lointain. Satyajit Ray. 1973.
Plus récent que la trilogie d'Apu ou que d'autres films de Ray que j'avais vu jusque là, Tonnerre lointain est (et doit être son premier) un film en couleur. On croit revoir les couleurs ocres du Fleuve de Renoir (la même profondeur de champs aussi). Et c'est un peu le paradoxe du film, parce que le style de Ray s'enrichit de ces incroyables couleurs mais son film parle du manque, d'une certaine déchéance, c'est à dire de la faim, de la terrible famine qui a touché l'est de l'Inde en 1943 pendant la guerre (le Japon avait envahi les pays du sud est asiatiques producteurs de riz, et comme l'Inde était à cette époque colonie britannique...). C'est donc pas vraiment un film commun pour un spectateur occidental, mais c'est un sujet universel. Bien sûr, chez nous, la faim, ça se limite à un petit creux qu'on comble rapidement. Toutefois, on est capable de comprendre la torture de ne pas pouvoir être capable de magner à sa faim, d'être sans cesse en recherche de nourriture sans pouvoir satisfaire cette envie.. Même si on en a jamais fait l'expérience, c'est presque inscrit dans nos gênes, c'est une peur qui reste bien présente. D'ailleurs, on peut encore en faire l'expérience à travers certains romans réalistes du XIXe siècle par exemple (Hugo, Dickens). C'est donc quelque chose qui fait parti aussi de notre « mythologie », mais dans ces romans, la faim ou la famine entrait dans un cadre plus général. Là, le sujet, c'est bien ça et rien que ça. J'ai pas le souvenir d'avoir déjà vu ça (et en fait ce n'est pas la famine en soit qui est le sujet, c'est plus le cheminement qui mène à la famine ; l'idée de parcours rend déjà plus intéressant « l'histoire »). Un brahmane arrive dans un village du Bengale dans lequel il va officier tour à tour entant que professeur d'école, médecin, prêtre. La lente déchéance du village, montrée à travers les yeux de ce brahmane, commence dès qu'on annonce que les rizières sont infectés par le choléra et petit à petit on va suivre les péripéties qui vont mener le village à la famine, et en particulier à la montée du prix du riz, sa disparition, sa recherche... Le riz devient la quête d'une ressource devenue rare et qui rend fou tous les habitants (avant de les tuer — chose qu'on ne verra qu'une fois à la fin).Ce n'est même plus du réalisme ni même du naturalisme, on est dans une sorte de démonstration épurée à la Bresson. Peu de personnages, une idée un plan, et une nouvelle avancée, un nouveau tableau, une nouvelle évolution dans le déclin, à chaque séquence. C'est inéluctable, on sait où on va. Le but du film a un but démonstratif ; il expose les différentes étapes d'un fléau, montre ce que cela suppose comme rapports sociaux (souvent même, l'angle choisi par le récit est de nous montrer ce qu'une telle situation montre ce qu'il y a de meilleurs en ces populations, plutôt que le contraire ; le but n'était pas de faire du misérabilisme, mais de montrer la grandeur d'âme de certains dans une situation qui ne fait que se dégrader). Et le film a beau être démonstratif, épique on pourrait dire (j'ai cité Bresson, mais la technique n'est pas loin non plus du théâtre épique de Brecht), pourtant il ne manque pas d'intérêt dramatique, de grâce. Le sujet c'est la famine qui rôde, mais le récit prend un contrepoint à cet idée qui va se répandre petit à petit en mettant en scène deux personnages principaux qui appartiennent à la caste des brahmanes. Ils sont plutôt bien lotis par rapport aux autres habitants du village (qui parfois se privent pour lui). On ne voit donc pas le pire, mais on le devine. On est même bien placé pour passer d'un endroit à un autre du village en suivant le brahmane. On voit la montée des prix du riz, les villageois qui se mettent à piller les marchants, les marchants qui sont soupçonnés de cacher le riz, une femme qui achète « en nature » à un homme méprisé, etc. Le brahmane fait le lien, joue le rôle de conciliateur, tout en étant lui-même acteur, puisque même s'il est mieux lotis que les autres, il s'inquiète pour sa femme (qui lui laisse déjà sa part) et culpabilise. Quand on a faim, les barrières sont levés, les masques tombent, une nouvelle société se met en place, on revient à l'essentiel, trouver de la nourriture, comme de simple bête, et on est prêt à tout pour ça. Elle n'est donc pas glorieuse cette nouvelle société, comme quand à la fin du film, une petite fille guète dans les broussailles la fin d'une mourante à qui la femme du brahmane a laissé un petit quelque chose mais qui est trop faible pour manger ce que la petite cachée ne tardera pas à venir s'emparer. Mais tout n'est pas aussi déprimant. Parce qu'on suit tout au long du film le brahmane et surtout sa femme. C'est lle qui donne la beauté au film. Beauté physique d'abord puis morale. Elle est meilleure que son mari, meilleur que qui que ce soit dans le village. Elle laisse sa part à son mari (l'humilité du récit fait que c'est son mari qui l'avoue avec honte au lieu de le montrer) ; elle recueille et nourri un misérable pique assiette alors qu'ils sont déjà dans le besoin et que le mari aurait préféré le chasser ; elle se défait de ses bijoux pour que son mari puisse enfin trouver du riz ; elle traine avec les femmes du village qui ne sont pas de sa caste parce qu'elles ont des astuces pour trouver de la nourriture dans la foret. Elle pense d'abord à son mari et aux autres avant de penser à elle-même, malgré les épreuves d'une vie de rien. Et tout ça alors qu'on comprend très vite qu'elle attend un enfant : son mari ne le comprend qu'à la fin et elle lui annonce ça comme un grand bonheur alors que dans pareil circonstance, on pourrait plutôt imaginer que dramatique. Elle manquera même de se faire violer dans la jungle. Elle est la note d'espoir dans ce monde qui crève la dalle, comme les couleurs flamboyantes du film : elle est comme le sourire qui se dessine sur le visage d'un mort. Et comme dans Apu, le film est un hymne à la femme, à la fois sainte, mère et parfaite épouse. Il y a dans la femme hindoue (du moins dans celle que décrit Ray) une grande dignité, une immense croyance en l'homme et une totale dévotion, disponibilité pour les siens, à l'autre. Le monde occidental, à côté d'une telle beauté de comportement, fait vraiment pâle figure. Ici, tout est consommation. Tout est bon à nourrir l'égo, même la douleur des autres qui se vie comme un produit, un spectacle. On ne communie pas ; on se nourrie de tout et de rien. On se goinfre. On est boulimique de ci et de ça, on compare telle ou telle chose, on juge sur le bon goût d'une autre, on gueule si un produit ne nous convient pas. Manger, acheter, produire, posséder, séduire et baiser, puis se reproduire comme un virus sur le monde qui en veut toujours plus sans se soucier de la planète qu'il détruit ou sans se soucier de ceux qui restent sur le bord de la route. Il faut être un consommateur winner. On se laisse manipuler par la publicité et on se vante ensuite d'être capable de faire des bonnes affaires dans le marché du coin. Tout est consommable, tout est jetable. L'individu n'est rien d'autre qu'un consommateur, qu'un client ; et sa vie n'est qu'un produit de plus, qu'il faut remplir à ras bord. Si on n'est pas satisfait de sa vie, pas grave, la vie est un produit comme un autre qu'on peut échanger en magasin. On change de boulot si celui qu'on a ne nous convient pas, on déménage si notre appartement ou notre maison nous semble plus tout à fait convenir à nos attentes ou tout simplement parce qu'on se lasse et qu'on a envie de changement ; on change de jean's parce que le précédent n'est plus à la mode. Les choses les plus anodines de la vie deviennent des biens de productions qu'on doit rentabiliser : fini les coupes-choux, place aux rasoirs jetables, vive la machine à laver ET à essorer, même faire le ménage devient un bien de consommation, adieu chiffons, place aux lingettes à jeter, c'est tellement plus pratique, tellement plus rentable, bien sûr il fallait y penser ! Bientôt on nous fera même croire qu'il faut payer pour respirer et que l'air que l'on respire doit être customisé... La société de consommation nous créé chaque jour des besoins... dont on a pas besoin. Des pellicules dans les cheveux ?! Mon dieu, on n'y avait pas pensé... bientôt le shampoing « effet gras et mouillé » ! Le bronzage est à la mode ? N'allez surtout pas au soleil, c'est dangereux, choisissez l'autobronzant. Vous n'arrivez pas à maigrir tout seul ? Pas grave, on invente des nouvelles barres chocolatées qui nous promettent des miracles, vos céréales favorites vous proposent sur son emballage un plan pour maigrir. C'est la crise financière, les riches ont prêté aux pauvres pour bien pouvoir les baiser quand ceux-ci ne pourront plus les rembourser, pas grave, l'état est là pour renflouer les banques, mais que font les banques de cet argent ? Ils les dépensent en dividendes pour les actionnaires ou pour donner des primes à leur dirigeant... Votre femme ne vous convient plus ? Change là et trouve-en une autre en magasin ! « mais c'est elle qui m'a trompé ! C'était pas prévu dans le contrat ! » On nous promet la vie parfaite, on nous fait rêver (« jouez au lotto ! Une chance sur quatre de gagner, et y a trois blaireaux sur quatre qui ne comprend pas qu'il y a surtout trois chance sur quatre — et le plus souvent bien plus — de perdre... Paul Dugroscon gagne 100 000 € à 64 ans youpie !... au cours de sa vie, il aura dépensé 125 000 € en jeu de lotterie en tout genre...)... Et finalement cette quête vaine du bonheur n'a aucun sens, c'est même particulièrement puérile et égoïste. (On dépense des millions pour des psychotrope quand on est « pas bien »... les gens s'attendent quoi ? À être heureux toute la vie ?! Il leur faut des médocs... juste quand leur vie est trop banale ? Pas étonnant pour une société qui se bourre de placebo quand elle a un rhume alors que placebo ou pas ça dure cinq à dix jours... à quand le remplacement des antibiotiques par la mort-au-rat ?!) Bref, ce film de Ray nous rappelle simplement ce que c'est que vivre, vivre comme on le faisait depuis des millénaires. Faire face à l'adversité sans se plaindre, sans chercher systématiquement un responsable à ses problèmes, ne pas fuir ses responsabilités. Il semblerait que cette pseudo quête du mieux vivre, de la vie idéale, de la réussite, qu'on nous vend et vente dans les magazines, nous détourne de notre dignité d'homme civilisé. Le sauvage, il ne faut pas allez bien loin pour le trouver, il est là, dans les villes. L'aliéné, c'est lui. Le monstre, l'homme des villes se le créé tout seul. Dans les films de Ray, et dans celui-ci en particulier, il y a un geste, un rituel autour du repas qui m'a marqué. Pendant que l'un mange, l'autre chasse les mouches et lui fait la conversation. . La communion de la table, mon cul ! Où est la communion avec l'autre quand on a pas le droit de regarder l'assiette du voisin ?! Dans ce rituel de « sauvage », si l'un peut manger en paix, c'est que l'autre en quelque sorte fait le guet. Il y a quelque chose de plus beau là-dedans que de simplement se réunir autour d'une table pour bouffer (soit disant partager la même nourriture... « ça c'est mon vert » « rentre les coudes pour ne pas déranger ton voisin » « ne parle pas la bouche pleine » si manger ensemble était tant que ça une communion, on aura pas honte de montrer ce qu'on a dans la bouche, on aurait pas honte de roter. Les occidentaux à table ne mangent pas, ils sont comme des précieuses du XVIIe enfermées dans leur boudoir passant leur temps à se maquiller et à médire sur les voisines). Regarder l'autre manger, mieux l'assister, lui permettre de manger sereinement, il y a comme un don de soi, assez proche de l'épouillage de certains singes qui joue un rôle sans doute plus sociale que tout ce qu'on peut prétendre être civilisé chez nous. On y voit aussi dans le film cette notion d'hôte qui doit être une valeur bien ancienne dans la civilisation puisqu'on la retrouve partout encore sur terre, là où la société occidentale n'est pas encore venue pourrir ces anciennes coutumes. Et il y a encore un ou deux siècles, c'était quelque chose tout autant répandu chez nous. Et quand on recevait quelqu'un, on lui réservait la meilleur place auprès du feu, la meilleure part de ragout. Aujourd'hui, entre le « si t'es pas content t'as qu'à partir » ou le « ici c'est chez moi, tu fais ce que je te dis », je sais pas ce qu'il y a de pire. Il faut dire qu'on laisse trop souvent notre femme (ou notre mari) s'inviter chez un autre pour qu'on ne puisse avoir peur de laisser l'inconnu prendre tout autant ses aises dans notre chambre à coucher. Comme a toujours dit Pépé Carlegrivois : « je suis peut-être saoul quatre jours sur cinq mais on est pas Indien ! Mon pote peut bien utiliser mes cabinets, ma canne à pêche, mais touche pas à ma bourgeoise. » En Inde (celle des Hindous, pas des Indiens), et celle de Ray, quand il vient d'arriver à manquer à manger, les adultes prennent une demi-part et laissent leurs enfants manger à leur faim. Par habitude sans doute, les gens adoptent des comportements « civilisés », qui sont loin d'être ceux des pauvres sauvages qu'on voudrait bien qu'ils soient. Encore une fois, qui sont les vrais sauvages ? Si nos sociétés occidentales venaient à manquer de quelque chose, les premiers à en souffrir seraient les enfants. On le voit d'ailleurs aujourd'hui avec la crise financière : ceux qui s'en sortent le mieux ce sont les plus forts, les plus riches. Dans quel milieu est-ce toujours le cas ? Dans la jungle... et pourtant on n'est pas au Bengale... Vu également Chrysanthème tardifs et La mère de Mikio Naruse, mais pas super emballé. Le premier est franchement moyen, le second est bien mieux, dans la tradition du cinéaste, mais un peu trop léger à mon goût (il a fait beaucoup mieux).
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segunda-feira, dezembro 29, 2008
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Les Hauts de Hurlevent. Emilie Bronte produit par Samuel Goldwin, mise en scène par William Wyler, interprété par Laurence Olivier... heu, on peut pas faire mieux. Et le résultat est vraiment génial.La mise en scène bien gothique au début, qui fout bien les boules avec les violons dans la neige (quarante ans plus tard on aura les mêmes dans l'Empire contre attaque). Tout est en flashback, comme toutes les bonnes histoires gothiques, comme pour mieux pénétrer dans une histoire racontée, qui pourrait n'être qu'un rêve, qu'un mensonge (la beauté de la mise en abime quoi, so british, so gothique, limite baroque). Et après c'est le gros mélo de l'amour impossible. Corneille, c'était le conflit du devoir et de l'amour, là ce serait plutôt celui de l'amour et du paraître. La bourse ou la vie ? pas tout à fait mais presque, plutôt la bourse ou l'amour... Finalement, ça ressemble pas mal à Jane Eyre. A croire que les deux soeurs écrivaient ensemble leur machin. On retrouve le même personnage de l'homme autoritaire, dévoré par sa passion et des femmes rendues idiotes par leur amour. Et toujours bien sûr ces patelins paumés ou un peu facilement faire naître le mystère, les fantômes. Au moins, c'est pas compliqué, le mauvais temps, c'est très crédible dans le nord de l'Angleterre (bon les éclairs un peu moins). 1939 ! Et dire que c'est avant Citizen kane !... Pas de contre plongée, pas de plan séquences, mais tout de même ça me parait bien sophistiqué pour 1939. Super léché, rien à dire. Peut-être l'effet gothique déjà qui donne cette impression.
Laurence Olivier est quelque chose comme... incroyable. Autorité, mystère, passion... Et jeune ! Je l'avais encore jamais vu à cette époque, mais peu importe, quand dans le récit, il est jeune, il parait jeune, quand il doit être vieux, il n'est pas ridicule. Là pour le coup, il fait mieux que Orson Welles, qui au théâtre réussissait dit-on à berner son monde, mais qui au cinéma, dans Citizen Kane est peu crédible dès qu'il dépasse les cinquante ans (c'est vrai aussi que le personnage d'Olivier ici ne va pas juste là). Et dire qu'on disait je crois qu'il était cent fois meilleur sur scène. Je veux bien le croire... cette manière de se poser, ce maintient si particulier qu'il a en écartant les jambes, limite cliché, mais qu'il arrive à faire tout juste ce qu'il faut, ce regard droit, ce nez long et saillant (qu'il aime dans certains de ses films masquer d'un postiche... le comble de la vanité de l'acteur à mon avis), cette stature à la fois carré, longue et ronde (assez indescriptible, c'est juste une harmonie parfaite, tout comme son visage avec les favoris bien là où il faut), en effet, ça devait en jeter sur scène. David Niven, jeune aussi, joue comme d'hab, le mec sympa, distingué, à qui il peut arriver les pires merdes, il restera toujours stoïc, digne. Le gueule du cocu parfait en somme. 'Vous aimez ma femme ?! je vous en prie, c'est au premier. Prenez juste le soin de vous essuyez les pieds avant de grimper sur elle et de laisser ma femme telle que vous l'avez trouvé en y entrant.' Deux ou trois répliques bien trouvée : Quand la sœur de David Niver justement fait du charme au personnage de Olivier et qu'elle lui dit 'Venez vous assoir près de moi, vous me tiendrez la main derrière mon éventail.' Ah c'était des chipies à l'époque ! Ou quand Olivier écoute sans broncher cette même fille qui est désormais sa femme mais qu'il néglige toujours autant. Elle lui supplie presque de l'aimer, elle est pleine de passion. Et lui, le regard froid presque hagard, sans une once d'ironie (ce qui est sans doute cent fois plus cruel) lui lance à la figure : 'Que vos yeux son vide...'^^ Je crois pas qu'on puisse dire une chose aussi cruelle à une fille dans ce genre de situation. Du mépris à l'état brut. En gros, il lui dit que c'est qu'une bête et qu'elle ferait bien de retourner dans son étable et d'arrêter de faire tout ce foin. Vraiment admirable comme film. Ça fait plaisir. J'avais pas vu grand-chose depuis un bout de temps. Conte des chrysanthèmes tardifs (Mizoguchi).1939 Finalement très bien ce film. Il faut juste s'accrocher pour les sous-titres. Parce que avec un version sous-titrée dans un anglais plus que douteux, c'est vraiment pas facile. Ça a dû être traduit par un japonais et là, il doit se laisser aller à utiliser les tournures de phrases nippones... Au moins ça donne une idée de la singularité de cette langue. A l'impératif, curieusement, on a des sujets qui apparaissent, alors que dans les langues occidentales, il est toujours omis. Et au contraire à l'indicatif, on a des sujets bizarrement qui passent à la trappe ou qui sont doublés^^. Ça fait vraiment un truc space. Concernant le film en lui même, c'est un peu l'antithèse des Hauts de Hurlevents. On en est pourtant pas loin, parce qu'on a droit au même sujet qui parait totalement archaïque aujourd'hui, celui de l'impossibilité de vivre un amour, à cause de la famille, du devoir, de la bienséance, etc. Ça a toujours été un moteur important dans la dramaturgie avant le changement de mœurs d'après-guerre. C'est dommage, c'était vraiment puissant et inépuisable comme thème. Bref, là, au lieu de s'opposer l'un à l'autre comme dans le Bronte, ici, les amants vont faire bloc contre le monde. Mais c'est pas pour autant que ça va être plus facile. L'opposition n'est pas au cœur du couple cette fois, mais c'est la destiné si on veut, la réussite du personnage, qui est un acteur raté et qui attend son heure de gloire (ce qui explique sans doute le titre du film, puisqu'au Japon c'est le symbole de l'Empire, donc de la réussite, et je crois que c'est le symbole qu'on peut voir sur les kimonos de la haute société, tout noir avec donc un seul motif, celui du chrysanthème donc). Le personnage principal est donc le fils d'un grand acteur de kabuki. Il fait partie de la troupe, mais on ne lui reconnait aucun talent et son père commence à s'impatienter du peu de progrès de son rejeton. A ce moment, toute la 'cour' dit du mal du jeune acteur, mais personne n'ose lui dire en face... Finalement, seule la bonne ose lui dire la vérité, elle l'encourage aussi. Mais cette relation n'est pas du gout de tout le monde et elle est chassée de la maison de grand acteur. Son fils décide alors de tenter seule sa chance dans un théâtre en province. Un an plus tard la bonne le rejoindra. Commence alors les années galères où il devient acteur pour un théâtre itinérant. Puis alors qu'ils sont au fond du trou, la ville où il joue reçoit la visite d'un ancien ami de passage avec son père, tous deux acteurs. La bonne va leur rendre visite et leur supplie de lui laisser sa chance en jurant qu'il a fait beaucoup de progrès. L'acteur interprète alors un rôle de femme dans le théâtre du coin et c'est un succès. Il va pouvoir revenir à la capitale, la tête haute. Mais comme c'est toujours mieux quand on complique les choses, sa femme, la bonne, décide qu'elle ne pourra pas revenir auprès de lui à Tokyo, car la famille de l'acteur de l'accepterait pas et ça ferait scandale... (le thème du renoncement, du sacrifice... encore un truc qui parait bien désuet aujourd'hui). L'acteur est pris au dépourvu, mais il n'a pas le choix. Comme attendu, son interprétation est un succès, son papa est tout fier de son grand fils, mais le voyant autant malheureux, il lui autorise de se marier avec la bonne... Chouette ? Non non, c'est juste utile pour que l'acteur puisse accourir auprès de sa belle qui se meurt (à vivre sur la paille, on attrape pas que le rhume des foins). La belle, toujours irréprochable, lui dira d'aller rejoindre la parade que son père a organisé en son honneur dans la ville... Et bien sûr, puisqu'on est loin des happy ends presque endémiques à Hollywood, elle tousse une dernière fois et meurt, tandis que son bel amoureux fait le bellâtre dans les rues, à recevoir la gloire qu'elle lui prédestinait... Snif. Au delà de l'histoire, qui est somme toute parfaitement classique (on pourra raconter cent fois la même histoire, on se fera toujours avoir de la même façon), il faut signaler la grande singularité de la mise en scène. D'un naturalisme presque brut. On a l'impression parfois que les scènes s'étirent un peu, trainent dans la longueur, alors qu'en fait, on est juste plus habitué au rythme normal des choses. Et puis surtout, il y a ces plans séquences qui rajoute au réalisme. On a l'impression d'être un intrus qui regarde par le trou de la serrure. Rarement des gros plans, si bien qu'au final, on ne sait pas trop à quoi ressemble réellement les acteurs principaux^^. Et plus étonnant encore, cette caméra qui ne cesse de bouger pour suivre les acteurs, pour changer de point de vue, de scène. Le procédé n'est pas nouveau, mais là il est presque systématique (pourtant les scènes sont loin d'être statiques) et surtout il accentue l'impression de réalisme, laissant comme au théâtre le soin aux acteurs de déterminer le tempo d'une scène. Une belle ironie, parce qu'on a droit là encore à une mise en abîme (des acteurs qui jouent des acteurs) mais que les acteurs de cinéma joue à la 'stanislavski' (ou à la actor studio si vous préférez, même si Kazan ne créera l'école que dix ans plus tard) des acteurs qui eux jouent bien sûr le théâtre japonais (le kabuki en l'occurrence ici si je ne me trompe pas), avec donc un jeu plus basé sur l'évocation, plus distancié, basé sur une technique précise du chant, des intonations, des gestes et de la danse. C'est en quelque sorte l'Adieu ma concubine japonais^^. Le Cheik blanc, Fededrico Fellini.1952 Vraiment très sympathique comme film. Une farce, rien qu'une farce. On ne rit pas aux éclats, mais on sourit, parce que les personnages y sont incroyablement attachant. Des petites gens, tellement naïfs qu'ils en deviennent touchants. Très sympa aussi de voir Giuletta Masina y faire une apparition. Cabiria qu'elle s'appelle, peut-être un avant goût du film qui viendra après. Sympa encore de voir ou d'entendre plutôt pour la première fois je crois la musique célèbre de Nino Rota. C'est pas encore du Fellini, mais tout est déjà là. Carrie. William Wyler. 1952. Mais qu-est-ce que c'est que cette histoire à l'eau de rose ? Ce grand mélo misérabiliste qu'on croirait tout droit sorti de l'imagination grossière de Barbara Cartland ? J'ai rarement vu un truc aussi grossier, pitoyable. Heureusement qu'il y a le jeu excellent de Laurence Olivier et de Jennifer Jones et la production/réalisation de William Wyler. Mais qu'est-ce qu'ils sont aller faire dans cette galère. Mais c'est quoi cette histoire à peine croyable, d'une cruauté inimaginable ? Les personnages sont à la limite de l'antipathie, leur évolution vraiment roccambolesque et la morale de l'histoire finalement, ça devient : « certains ont de la chance, d'autres non... » Merde ça fait rêver ça ? Y a pas plus cruel ! Le personnage de Jennifer Jones se prostitue littéralement pour vivre (même si c'est pas dit comme ça, mais une fille qui accepte de vivre chez un type à cette époque là sans être marié avec lui, code hayes ou pas, on peut pas imaginer qu'ils se fassent que des bisous sans la langue !). On peut pas avoir du respect pour un tel personnage. Ce serait un film d'aujourd'hui passe encore, mais avec les codes contemporains au film, ça passe pas, d'ailleurs il en est question à un moment, mais la belle ne se fait pas prier tout en gardant ses airs de sainte nitouche. Là, on a une ellipse qui tue quand on la voit limite heureuse vivant chez ce type, avec ce type antipathique, qu'elle n'aime pas... Rien de moins de que le prostitution. Le personnage de Laurence Olivier aura plus de classe à la fin du film alors qu'il n'est plus qu'un vagabond... Et que dire donc de ce personnage d'Olivier, le vieux bonhomme qu'on voit souvent dans d'autres histoires mais qui est le plus souvent montré sous un autre angle, le type pitoyable malheureux avec la femme de la haute société qu'il a épousé pour rentrer dans ce monde et qui court après une jeune fille en lui mentant sur sa situation... Le personnage se rachète et devient plus intéressant par la suite, mais là c'est juste un vieux beauf. La suite de l'histoire tourne au ridicule. On tente de les lancer dans une romance épique, mais avec de tels personnage et surtout avec de tels excès, c'est vraiment ridicule... C'est franchement pas Docteur Jivago. Ok on a les deux amants à qui il arrive que des merdes, mais là c'est eux qui s'y sont mis tous seuls ! Parce qu'ils sont vraiment trop cons^^ Le Docteur Jivago est amoureux de deux femmes en même temps, ce sont des choses qui arrivent et sa première femme n'en devient pas moins antipathique au contraire et là on sent que parfois on ne peut rien contre le destin... Là ce vieux plouc, il veut juste se barrer avec une jeune fille pommée, profiter de sa situation... C'est complètement immoral comme truc. Y a pas le destin derrière tout ça, c'est juste un con qui veut se faire une jeune c'est tout. Et sa première femme à lui, c'est une vraie mégère. On comprend pourquoi il l'aime pas, mais on ne peut avoir que des personnages antipathiques dans une histoire et surtout même au personnage qui paraît au premier abord antipathique, on doit trouver une excuse à cette antipathie, donner au personnage du relief. Le but d'une histoire c'est pas de laisser les préjugés tels quels, c'est bien de leur tordre le coup et donc de donner une chance à ces personnages, une chance de moins les détester, eux aussi malgré tout ont leur raison. Un roman doit donner de l'espoir en l'espèce humaine pas la poignarder dans le dos en laissant croire qu'il y a des « méchants » par nature... Komarovsky dans Jivago, il finira par aider le couple Lara-Jivago, car au fond il aime Lara et veut l'aider, même Strelnikov qui est sans doute la plus grosse pourriture du roman/film on peut comprendre sa haine aussi par son amour perdu, par sa fragilité, son utopie, tout ça qui n'existe plus pour lui. Là, on ne cherche pas à allez au fond des personnages, ce sont des caricatures. Alors on pourra toujours nous les mettre dans les situations les plus « romanesque » on s'en moque, parce qu'on les aime pas. Si celui qui a écrit l'histoire n'aiment pas ses personnages, comment nous on pourrait les aimer ? On suit les péripéties les unes après les autres le plus souvent avec dégoûts parce qu'il leur arrive que des merdes, toujours le pire (ça c'est une loi de la dramaturgie mais encore faut-il rester dans la vraisemblance, éviter d'y aller trop fort). Et puis surtout, la manière dont réagit le personnage d'Olivier dans la galère fait rien non plus pour qu'on s'apitoie sur son sort... Le type est donc de la haute, il se retrouve garçon de café et au lieu de pas la ramener en restant humble, le mec semble mal vivre ces manières de plouc dans le bar de plouc où il travaille... On peut pas aimer un type de la haute qui tombe dans le caniveau et qui refuse qu'un mec « d'en bas » l'aide parce que c'est un mec d'en bas... Non monsieur mérite mieux que ça... Hé ben restes-y dans le caniveau ! Reste la scène finale qui vaut tout de même le coup d'oeil, parfaitement tire-larme, même si tout ça est plus pitoyable que « romantique »... Olivier est désormais clochard (à cause de sa conne de femme qui le laisse tomber sur un malentendu) et Jennifer Jones le fait rentrer dans sa loge (elle est devenu une star de la scène new-yorkaise), lui, lui demande un peu à manger, l'aumône, elle le vison sur les épaules lui tend son petit sac, il n'y a que des gros billets, alors lui : « j'aurais du mal à faire du change avec ça... »^^ Elle : mais tu vas rester avec moi ! Tu vas voir on va être heureux ! Attends-moi là j'ai un truc à faire... Et lui se casse, en prenant juste une petite pièce dans son sac à main, et nous on pense : « c'est vrai casse toi, c'est à cause d'elle après tout si t'es dans la merde ».^^ Pauvre film. Mademoiselle gagne tout. Cukor. 1952. Pas le meilleur film du couple Hepburn-Tracy. D'ailleurs, leurs films en dehors de deux ou trois, ne m'ont pas laissé de grands souvenirs. Je les préfère tous les deux séparément, ou Hepburn avec Cary Grant... C'était des films finalement qui étaient arrangé par le studio pour que les deux amants puissent tourner ensemble... c'est pas ça qui fait des grands films. Là, l'intrigue est pas mal entendu. Hepburn semble avoir vingt ans de trop pour le rôle, et elle prend un bon coup de vieux encore quand apparaît un acteur qui sera une des stars des films des deux décennies suivantes : Charles Bronson. Reste les dialogues dont certains sont particulièrement savoureux. « A Combien estimes-tu le pourcentage des gens honnêtes sur Terre ? — Deux pour-cents, pas plus. — Je dirai trois. Et cette fille ne fait pas parti des 97 autres. Quand je la regarde, je ne vois que ça. Elle a une tête vraiment honnête ; c'est la seule chose qui me dégoûte en elle. » Quand on demande à Hepburn comment elle connait « tous ces trucs » après qu'elle a défendu son manager de ses deux agresseurs, elle répond qu'elle a été prof de Gym, et là un type dit : « C'est qui ce Jim ».
Quand les associés un peu magouilleur retrouvent Tracy et que celui ci veut en finir avec les matchs arrangés, l'un des bons gros magouilleurs lui dit : « Tu trouves que c'est correct envers nous d'être réglo ? » Et quelques autres... Pas vraiment un indispensable. L'Invraisemblable Vérité, Fritz Lang.1956. Ça commence très bien, dans la vaine des films humanistes de Lang. L'éditoraliste et propriétaire d'un grand journale fait pas à son ami romancier et futur gendre de son opposition à la peine de mort, car trop souvent des innocents sont envoyés à la chaise. Il lui fait part de son intention de créer une mascarade pour prouver qu'on peut aisément faire accuser un innocent. Son ami y réfléchit et revient le voir quelques semaines plus tard pour lui signifier son intention de jouer le rôle du faux coupable. Ça tombe bien, un meurtre vient d'être commis, sans coupable, sans la moindre piste.
Les deux hommes se disent que pour que leur petite histoire marche parfaitement, il ne faut pas en informer la fiancée du romancier qui est également la fille de l'éditorialiste. A partir de là, on sent le truc venir gros comme une maison et c'est ça qui est bien. On obéit à la règle du suspense de Hitchcock : faire peur avec ce qu'on attend. On a comme l'impression, et à raison, que l'éditorialiste va mourir avant qu'il ne révèle toute l'histoire, et on craint cet instant. Malheureusement, sa vie est un peu trop courte à mon goût, le bon vieux Alfred aurait pris son temps là... pour finir par nous le tuer dans une autre scène non montrée. Bref, c'est déjà un écart dans le style hitchcockien du film et ça va non seulement se poursuivre mais en plus on va perdre totalement l'idée de départ qui est de faire un film humaniste, contre la peine de mort... Même si l'idée était plus de dire que la peine de mort c'est pas bien parce qu'on tue des innocents au lieu de dire simplement que c'est pas bien, par principe, que ce n'est pas au rôle d'un jury, représentant de la société, de faire exécuter un autre citoyen, quel qu'il soit, coupable ou non. On a droit aux traditionnelles scènes de cour, pas le plus intéressant du film, mais passage obligé. Quand l'éditorialiste meurt, bien sûr, le romancier tente de convaincre sa fiancée, son avocat, la cour qu'ils avaient mis au point cette fausse culpabilité, mais on ne parle plus du fait que c'était pour prouver les dysfonctionnement de la justice, le film perd son accent politique, polémiste, engagé, humaniste, pour devenir un vulgaire film noir. Pour être efficace la mort de l'éditorialiste aurait dû survenir juste à la fin du film, pour lui donner un accent tragique, rendant l'exécution du faux coupable et donc prouver non plus à l'opinion du public fictive du film comme les deux hommes voulaient le faire au départ, mais cette fois, à nous public, de l'absurdité, de la cruauté d'un tel mécanisme qui fait exécuter des innocents. Là, non seulement, on perd le fil pour s'enliser dans un film de cour dans lequel le «faux coupable » va devoir de tenter de trouver une solution pour se sortir de ce guêpier, mais surtout on a affaire à un twist ridicule à la fin, rendu le film toujours plus inutile, et éloigné de la ligne proposée et ambitieuse du début du film. Hitchock mettait en garde contre ces « surprises » qui arrivent comme ça et qui finalement ne font ni chaud ni froid au spectateur, sinon là un haussement de sourcil incrédule. Le faux coupable est bel et bien coupable... parfaitement ridicule, tout ça pour ça ? Où est passé l'humanisme du début du film ? La belle morale de l'éditorialiste semble être morte avec lui nous laissant avec un monstrueux roman de gare (peu crédible d'ailleurs, parce que le romancier était marié avec la victime et on a du mal à croire que le procureur et ses enquêteurs aient pu passer à côté de ça...). Fritz Lang commence le film comme un Fritz Lang, il tatonne en faisant du Hitchcock, et ça se finit en du William Wellmann. D'ailleurs, il paraît que Lang n'aimait pas le film, et du reste, c'est son dernier film à Hollywood.
L'idée de faire un film sur un meurtrier qui profite d'une occasion pour jouer les faux coupables, c'est intéressant, mais il faut jouer ce film dès le départ. Les twists, ça fait des effets de surprise, mais encore faut-il qu'il y ait un minimum de vraisemblance là-dedans (d'où sans doute le titre français qui pour le coup est bien trouvé : oui c'est totalement invraisemblable). La culpabilité du héros, elle doit être suggérée, sinon explicitement annoncée, auparavant. On ne peut pas choisir un angle d'attaque puis faire une queue de poisson juste à la fin, c'est totalement stupide. Suivre le double jeu du héros, ça aurait pu être intéressant, jouer avec le doute du spectateur, cela l'aurait été tout autant. Là, on en a aucun, et à la fin, on nous prend pour des idiots pour nous expliquer qu'on a rien compris au film...
Une petite précision concernant les modes de fonctionnement de la justice américaine. On le voit bien dans ce film, c'est le procureur qui est chargé de l'enquête et qui mène l'instruction à charge. En France, le procureur doit instruire à charge Et à décharge. Le problème là (qui aurait pu être aussi soulevé par le film), c'est que si on a affaire à un bon procureur, et à une défense médiocre, il arrivera à tous les coups à convaincre de la culpabilité d'un accusé à un jury. Il y aura un remake avec Michael Douglas, espérons que le film sera mieux tourné, qu'il saura au moins faire un choix sur sur l'angle à adopter, le réel sujet et la nature du film... Le Fanfaron, Dino Risi. 1962 Plus je vois ce film et plus je l'aime. On est au croisement des genres : comédie, tragédie, chronique sociale, road movie, duo-movie (ça un nom ça ?^^). L'idée du film est simple : c'est la rencontre improbable entre deux hommes que tout oppose. Le premier est expansif, sans gêne, souriant, charmeur, dragueur, mais aussi raciste, homophobe, petit escroc, et finalement on apprendra que derrière toute ces futilités, ces manières outrancières, se cachent un homme seul, raté, et finalement attendrissant. Le second est bien plus jeune fasse au premier (mais le premier le considère plus comme un frère ou un pote qu'un fils, tout comme il est incapable de jouer le rôle de père avec sa grande fille de 17 ans), il étudie le droit, timide, respectueux des autres, casanier. Les deux hommes se retrouvent sur une chose : ce sont deux hommes seuls. D'ailleurs la première scène est saisissante : c'est le 15 aout à Rome, le premier, joué par Vittoria Gassman déambule dans les rues désertes de la ville en quête d'un téléphone, et le seul être vivant qu'il trouve dans parage, c'est le second, Jean-Louis Trintignant... à sa fenêtre. On se croirait dans le Monde, la Chair et le Diable : les deux survivants du monde qui se retrouvent finalement. Gassman s'invite chez Trintignant pour utiliser son téléphone, Trintignant le trouve bien envahissant mais il reste poli et bientôt les Gassmann embarque Trintignant dans sa décapotable pour filer à fier allure sur les routes qui mènent à la plage. Parcours initiatique, road movie, opposition entre deux personnages complètement différents. C'est du déjà vu, mais là ça atteint juste un degré de perfection jamais rarement atteint. L'insolence et la désinvolture du personnage de Gassman est vraiment propice à des situations et surtout des répliques osées. Il est né pour ce créer des emmerdes, justement parce que contrairement au personnage de Trintignant, il va de l'avant, il s'incruste, il ose, sans peur de déranger. C'est mieux qu'on fanfaron, c'est un ouragan, et alors que Trintignant tente de le dompter au début, de l'apprivoiser, il finit par le suivre dans son élan, maladroitement, et la morale là-dessus est impitoyable : à trop vouloir vivre quand on a pas assez vécu, on fini par se tuer... quand d'autres sont passés maitres dans les embrouilles tout en évitant toujours le pire. L'intérêt du film est bien dans l'évolution et le rapprochement des deux personnages que tout oppose, un peu comme dans Rain Man. On apprend à découvrir les faiblesses, les blessures de Gassman et Trintignant prend goût à la vie, du moins se décide à la vivre plus pleinement. On est d'abord séduit pas ce Gassman enfantin qui drague les mamas dans les cuisines d'un restaurant où il n'était pourtant pas invité, par sa langue bien (et parfois mal) pendue ; le personnage de Trintignant joue notre rôle, il est là pour apaiser les élans de cet ouragan. Et puis on découvre d'abord qu'il n'est pas si en réussite que ça, que c'est un petit escroc qui doit de l'argent à droit et à gauche, puis qu'il est marié toujours à l'unique femme qui peut lui faire baisser les yeux, auprès de laquelle il ne peut trouver les mots. Il tente vainement de jouer les papas mais ce n'est pas un rôle pour lui. Et on est comme sa femme et sa fille, on laisse tout passer à ce gamin de Gassman (ses caprices, ses mots blessant, ses embrassades un peu trop osées, sa spontanéité déroutante et souvent embarrassantes) parce que c'est ouragan qui apporte également beaucoup de sourires, c'est un soleil ; il est inconscient, mais parce que c'est un enfant ; il s'amuse. Et qu'est-ce qu'on peut reprocher à un enfant ? Sa femme ne s'est pas remariée, elle n'a même pas insisté pour le divorce, on sent qu'elle l'aime encore, malgré ses visites en pleine nuit... tous les trois ans. Elle le dit elle-même : « je l'aime comme un fils qui a mal tourné ». Sa fille aussi continue de l'aimer, et elle contrairement à sa mère, l'aime tel qu'il est, joue avec lui, plaisante avec lui, s'amuse même à le séduire à son insu. Elle tient bien de son père : pétillante, insouciante, souriante. Mais elle tire la leçon d'un père absent et toujours sur le fil : elle veut une bonne situation et pour cela est prête à se marier avec un homme qu'elle n'aime pas et qui a l'âge de son père... On se prend à rêver que Trintignant et elle fasse un joli couple, d'ailleurs elle le séduit un peu, mais Trintignant n'a d'yeux que pour sa voisine, à qui il a peine adressé la parole... A voir, une fois n'est pas coutume, en VF. Trintignant oblige la version originale n'existe pas comme une bonne partie des co-production frano-italienne de l'époque. Et comme le doublage sur Gassman est excellent pourquoi se priver de ça et s'envoyer des sons italiens qui ne nous sont pas familiers et surtout se passer de la voix de Trintignant. La relation de Gassman avec sa femme et sa fille n'est pas sans rappelé le personnage de Duchovny dans Californication. Tous les deux sont ingérables, des grands enfants, tous les deux parlent bien et vite (même si l'un rajoute un pincée de culture et d'intelligence que l'autre n'a pas). Tous les deux ne pensent qu'à la chose (Duchovny est irrésistible, il se fait draguer sans doute plus qu'il ne drague alors que Gassman en devient comique à force d'insister), tous les deux sont des hommes ratés, rejetés par la société, et par leur famille qui pourtant les aime de la même façon. Même désinvolture, même décapotable pourrie... Clerks, Kevin Smith. 1994.
Ça sent le film d'abord écrit pour le théâtre. C'est un huis-clos presque stricte qui se passe dans une supérette du New Jersey. Il ne s'y passe jamais rien, donc tout ce qu'on fait c'est causer. Pas besoin d'histoire extraordinaires pour captiver, il suffit d'avoir la langue bien pendue et d'un peu d'imagination... Une petite copine qui n'est sortie qu'avec six gars, mais qui a sucé 37 queues (celle de présent incluse), un caissier de vidéo club qui va louer ses films dans le vidéoclub plus grand du centre commercial voisin et qui y choisi un film porno mettant en scène des hermaphrodites, un vieux pervers demande à utiliser les toilettes privées de la supérette pour se branler discrètement, un petite amie d'enfance qui revient de l'Ohio pour retrouver son chéri et qui viole sans faire exprès le macchabée qui n'est autre que le vieux pervers qui a succombé à une attaque cardiaque, une partie de hockey sur le toi de la supérette, une gamine de quatre ans qui vient acheter des cigarettes, un représentant de chewing-gum qui incite les clients à ne plus consommer de cigarettes, des dealers complètement débiles, des clients tous aussi fous les uns que les autres, des vendeurs désabusés, un proprio absent, des petites copines de passage. Un grand n'importe quoi totalement délirant et superbement bien écrit. Secret Sunshine, Lee Chang-dong. 2007. Excellent film. Comme parfois, la longueur du film (2h15) permet au spectateur de s'affranchir de ses repères dramaturgiques, d'autant plus que là, il y a peu de ressort ou de structure conventionnels. On est dans le réalisme, voire la naturalisme. Et il s'agit d'une chronique sans enjeu, sans problématique, sinon le fait pour un personnage de chercher à résoudre ses problèmes présents. Ce n'est pas pour autant qu'il n' y a pas d'unité dramatique. Au contraire même, car il n'y a pas une scène sans le personnage principale du film, Shin-ae. C'est elle qui est au centre de tout. On la suit vivre et surmonter les drames qui la touches, interférer avec les autres personnages.
Et il lui en arrive de belles à cet Shin-ae. D'abord, elle arrive de Séoul avec son jeune gamin de sept ou huit ans dans le village où son mari décédé a vécu. Pourquoi ? On en sait rien, mais peu importe. Le film est description, pas explicatif. On n'est pas obligé de tout comprendre, de tout savoir, car il n'y a pas de dénouement, de révélation, à prévoir, on est dans la position du voyeur ou d'une personne à qui on raconterait cette histoire, car malgré le drame horrible qu'elle renferme, c'est une histoire banale, à ranger dans colonnes faits divers d'un journal (si on ne retient que le drame en lui-même, car le film montre ce qui précède et ce qui suit le drame). A noter qu'un village en Corée, c'est quelque chose comme 5 000 habitants... La jeune mère vient donc refaire sa vie en province avec son fils, recommencer une seconde vie (et on ne saura rien de la première, en dehors du fait que son mari est mort : le récit est réduit au minimum, comme s'il n'y avait aucune intention dans la volonté de présenter cette « histoire »). Mais sur la route qui la mène à ce village dont le nom signifie en chinois « ensoleillement secret », elle se perd et sa voiture tombe en panne. Un garagiste vient la chercher. C'est le début d'un intérêt pas du tout réciproque : le garagiste lui faisant presque la cour pendant tout le film, restant toujours courtois, amicale, attentif, mais elle n'y prêtant pas attention et semblant même souvent agacée de cette présence qui s'impose à elle sans la réclamer. Elle s'installe dans le village, fait la connaissance des personnages locaux. Le pharmacienne dévote qui cherche à la mener vers la foi divine, le professeur de déclamation de son fils et toujours ce garagiste... Son frère vient un moment l'aider à investir dans un terrain, mais c'est surtout pour elle une manière de se faire remarquer, respecter sans doute, comme elle le dira plus tard, mais le plus souvent, elle est avec son gamin. Arrive alors le drame. Le petit est kidnappé. On lui demande une rançon, qu'elle donnera, mais on retrouve son fils quelque temps plus tard dans un étang et le coupable sera rapidement trouvé. C'était le professeur de son fils. La jeune femme se retrouve toute seule et tombe dans un premier temps dans une détresse profonde. Puis la pharmacienne insiste pour qu'elle vienne assister à une séance au temple. Shin-ae est incrédule mais ne sachant pas quoi faire d'autre pour calmer sa peine se décide, accompagnée de son étrange protecteur, le garagiste. Là, elle crie sa douleur, se libère. Dans la scène suivante, on la voit souriante, parlant à des amis de sa foi, de son bonheur recouvré grâce à Dieu. Là, tout athée que je suis, j'ai peur de voir dans quelle voie on nous embarque. La description de cette Eglise paraissant aux yeux d'un occidentale tout à fait ridicule. On se dit à ce moment qu'elle était tombée dans les mains de cette secte comme elle aurait pu l'être dans n'importe quelle autre qui prétend ramener la paix intérieur ou la promesse d'un monde meilleur, ailleurs. Du reste, on se dit, après tout, pourquoi pas, si ça l'aide à surmonter se douleur. Mais en fait, dès qu'elle est seule chez elle, le masque tombe et elle est tout aussi déprimée qu'auparavant. On commence donc à sentir l'ironie, voire le regard accusateur du récit sur cette pratique religieuse somme toute assez folklorique et singulière en Corée (mais c'est peut-être une interprétation personnelle étant donné que le récit, en lui-même, garde toujours une distance avec les évènements présentés). Le tournant dans cette recherche de la foi intervient quand elle décide de pardonner à l'homme qui a assassiné son fils. Elle vient le voir en prison pour lui signifier ce pardon comme le préconise la religion. Mais là, elle prend soudain conscience que s'il y a un Dieu, il n'est pas juste, car elle pensait rencontré un fou ou au moins un homme qui vivait avec le poids de la mort de son fils sur la conscience, et en dehors de ça, le professeur se révèle être tout à fait bien... car lui aussi aurait trouvé la foi en prison et le comble de l'incompréhension et de l'inacceptable pour cette mère, il lui dit que « Dieu lui a pardonné ». Elle se détourne alors de la religion, mais tous les gens qu'elle fréquente, y compris désormais le garagiste, sont en rapport avec son Eglise. Elle va alors se révolter à sa manière, cherchant à faire payer tous ces joyeux dévots. Puis après quelques actes déraisonnés, plus ceux d'une femme en détresse qu'une réelle folle d'ailleurs, on l'envoi à l'hôpital. Le garagiste, pour qui elle n'aura jusqu'à la fin aucune sympathie particulière, vient la chercher. Et le film se termine là-dessus. Pourquoi arrêter là ? On ne sait pas si elle va rester dans ce village, si elle va reprendre une vie normale, si le garagiste parviendra à prendre une place près d'elle. Rien, c'est comme une tranche de vie sur les malheurs d'une femme, le malheur presque exclusif de la perte d'un enfant ; car le film commence alors qu'elle semble avoir déjà perdu son mari, mais ce n'est pas le sujet et ça ne l'a jamais été, et il se termine ainsi quand on a fait le tour de ce malheur, comme si c'était un film sur l'acceptation et la difficulté du deuil. Et rien d'autre. Ça ne pourrait être qu'un film banal, bien mené par une mise en scène rigoureuse qui semble savoir là où elle nous mène, mais finalement avec un tel truc, il faut bien le dire, on va généralement pas bien loin. L'intérêt esthétique du film est nul. Il y a bien un peu d'exotisme pour le spectateur occidental et encore le folklore religieux flirte vraiment avec le ridicule (avant qu'on se rende compte que c'est sans doute voulu car le personnage s'écarte de cette voie). Alors pourquoi est-ce dont un grand film ? Ou plus simplement pourquoi j'ai adoré ? Eh bien je ne le dis pas souvent (la dernière fois c'était sans doute pour Hideko Takamine) mais les acteurs sont excellents. Jeon Do-yeon a reçu le prix d'interprétation à Cannes en 2007 pour son travail et je crois que rarement un prix aura été autant mérité. Pourtant d'habitude, je suis plutôt agacé face aux performances d'acteurs, aux rôles qui semblent écrits pour ces prix justement. Là, on est juste au-dessus de tout ça. C'est d'abord un film. Et il se trouve que le sujet du film c'est un personnage central, omniprésent, et surtout que le sujet c'est l'évolution progressive des états psychologiques d'une mère qui vient de perdre son mari, qui va perdre son enfant et qui devra apprendre à vivre seule dans une ville où elle ne connait finalement personne. La performance, elle découle naturellement du film ; la finalité, ça reste le film, mais on ne peut évidemment que s'émouvoir du talent de cette actrice capable de tout jouer avec une précision et une conviction étonnante. Elle en fait des tonnes, mais elle reste toujours juste : ce sont les situations par lesquels passent son personnages qui sont extrêmes qui fait qu'elle doit adopter son jeu à la situation. Il n'y a sans doute pas de peine plus forte que celle d'une mère qui perd son gamin, assassiné, et de se retrouver absolument toute seule. Et tous les sentiments par lesquels elle passe nous semblent crédibles, justes. Je ne crois pas avoir souvent vu par exemple une actrice « simuler » des crises d'angoisses, et là on s'y croirait, on croit ce qu'on voit tout un sachant qu'elle joue mais en l'oubliant la plupart du temps (on se dit bien sûr parfois que c'est fabuleux ce qu'elle arrive à faire, mais le plus souvent on est pris par la situation qui reste toujours au centre du film). Bref, il y a une gamme d'expressions, de situations, d'humeurs, autour de la déprime, du chagrin, qui est tout à fait hallucinant. On a l'impression au final qu'il n'y a pas une scène où elle jouera comme une autre ; c'est la situation, la disposition du moment du personnage qui dicte son interprétation ; il n'y a pas d'humeur générique pour exprimer la peine immense de la perte d'un enfant. C'est une alchimie insaisissable noyée dans les mystères des situations jouées. Jeon Do-Yeon a peut-être un secret pour exprimer à chaque fois l'humeur adéquate, sait-elle parfaitement se fondre dans une situation en en comprenant tous les enjeux, a-t-elle une perception et une discipline d'acteur au dessus de la moyenne, le réalisateur y est-il pour quelque chose (sans doute oui quand on voit l'excellence de l'ensemble des acteurs, et cela jusqu'au moindre élève de piano qui n'a pas appris sa leçon et qui ne veut pas l'avouer mais dont on perçoit pourtant dans le regard et l'attitude la gêne difficilement dissimulée de celui qui ment avec honte : il n'y a rien de plus difficile pour un acteur de jouer ce qu'on ne veut pas dévoiler ; c'est facile de jouer celui qui ment effrontément, mais jouer celui qui ment et qui se retient de ne pas laisser apparaître une gêne, liée à la honte de mentir, ou encore jouer celui qui se retient de pleurer quand il est déjà souvent parfois assez difficile de pleurer... là alors ça devient presque impossible, et pourtant un enfant y arrive. C'est donc que le réalisateur a un talent bien particulier pour mettre en situation ses acteurs) ? A noter que l'acteur qui joue cet étrange garagiste, cet ange gardien repoussé pas loin d'être un clown à l'insu de son plain gré, est l'acteur Song Kang-ho qui était déjà dans l'excellent Memories of murder. Paranoid Park, Gus van sant, 2007.
Ça fait je ne sais combien de film que van sant nous barbe avec ces images d'ado marchant au ralenti, sous tous les angles. Il avait commencé avec Elephant je crois, mais il en faisait trop à mon avis. On voyait pas bien où il voulait en venir. Là, il reprend le procédé, l'adapte pour le mettre au cœur de l'action... oui bon l'action descriptive quoi^^ comme quand les skateurs sont en action. Et on ne retrouve qu'un ou deux fois ce ralenti pris de face d'ado dans les couloirs du lycée. Parce que tout le reste m'a plutôt convaincu. On l'impression qu'il a enfin terminé le film qu'il essaye d'achever depuis Elephant. Là, il s'agit toujours d'un drame criminel mettant en scène un ado. La différence avec Elephant, c'est que le personnage principal se rend coupable d'un « homicide sans volonté de donner la mort » (je sais pas à quel degré ça fait ça aux USA^^). Un accident stupide quoi. Ce qui fait que la thématique du film est bien plus intéressante. Il peut jouer sur la culpabilité, la solitude. Et puis c'est surtout la manière de raconter l'histoire, d'une manière encore une fois anachronique, qui prend tout son sens. Dans Elephant, je crois me rappeler que c'est une sorte de compte à rebours pour terminer à la tuerie ; là le récit joue avec la chronologie des évènements pour garder un doute sur sa culpabilité, pour montrer peu à peu les causes de ses agissements et de ses comportements (qui restent toutefois la plupart du temps, non pas apathique, mais à la limite de l'hermétisme). Ainsi, on ne comprend pas certaines scènes du début du film, mais on se doute bien qu'on aura une résolution future, donc on attend patiemment. Et puis ensuite, c'est un puzzle ; chaque pièce prend une à une sa place. D'un point de vue purement rhétorique, c'est beau, efficace, le récit se met clairement du côté du personnage, partageant son trouble, on nous invite à le comprendre. C'est une approche à l'opposée de ce qui a été fait par exemple dans Secret Sunshine où le point de vue est toujours froid, distant (il y a rarement des gros plans d'ailleurs). L'un juge, pas l'autre, mais finalement, le résultat est le même. L'un traite du point de vue du criminel, l'autre de la victime. Preuve que selon le point de vue où on se trouve, on est toujours influencé. Et que plus que juger des actes, on juge en fait plus des hommes, et c'est tout le dilemme du jugement. On pourrait imaginer un peu à l'image de ce qu'a tenté de faire Eastwood récemment, un film adoptant le point de vue du vigile pour Paranoid park et celui du tueur d'enfant dans Secret Sunshine. Nul doute qu'on aurait eu aussi de l'empathie pour les personnages de ce côté-ci, alors peut-être pas à un même degré mais au fond, est-ce que l'empathie, ça se mesure ? Pas sûr.........................
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segunda-feira, setembro 29, 2008
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L'Esprit de la ruche (1973). Beaucoup aimé. L'atout principal du film, c'est son actrice principale,Ana Torrent, encore plus jeune je crois que dans Cira Cuervos et quej'attends de voir pour la première fois en adulte^^ dans Deux sœurspour un roi. Comme j'aime les films sur l'enfance, bah voilà, c'estmagnifique. L'enfance, c'est un autre monde. Un monde qu'on ne trouveramalheureusement jamais.
La Guerre selon Charlie Wilson, Mike Nichols. 2008 Beaucoup aimé aussi. Un sénateur américain est sensibilisé à lacause afghane lors de l'envahissement du pays par les Soviétiques dansles 80's et cherche à trouver des fonds pour armer secrètement lesmoudjahidines qui se battent contre l'armée russe. C'est passionnant.Et à la fin, la morale est implacable : 'il faut continuer à leurdonner des sous, pour construire des écoles, on peut pas les laissertomber comme ça !' '- Rien à foutre.' On connait la suite...
Hairspray. 2008 L'adaptation du film de John Waters. C'est bien sûr moins cru, maisle ton con-con est toujours là. Très coloré, très chanté, très 'joie devivre'. J'aime beaucoup.
Shi Gan (Time) Ki-duk Kim. 2006. Je pensais tomber sur le film de 2008, je tombe sur ça. Un filmcoréen sympa. Et honte à moi, je crois reconnaitre l'actrice qui jouedans lost, pour le coup, je suis complètement perdu, parce que c'estpas elle^^. Y en a combien des canons comme ça en Corée ?!^^ En Corée,même les petits films, style ciné-roman à la française, sont sympas. Ona jamais peur du pathos, l'intellectualisme, on connait pas. On raconteune histoire, tout simplement. Rafraichissant. On a pas affaire à tousces cinéastes qui veulent se la péter, avec toutes leurs références,leur culture...
This is England. Shane Meadows. 2008 Les années Tatcher. Un gamin rejeté par les autres mômes de son âgelie une amitié avec des Skineheads... La cinéma anglais naturalistequoi, sauf que là c'est un même temps un peu historique avec en toilede fond la guerre des Malouines. L'engrenage de la violence pour ungamin... Pas transcendant, mais instructif. Parce que ça c'estl'Angleterre^^.
La Nuit nous appartient, James Gray. 2008 On reste dans les mêmes ambiances que ces deux précédents films.C'est lent, obscur et sacrément bien filmé. On retrouve les deuxacteurs de The Yards (Wahlberg et Phoenix) et il continue de choper unacteur de Coppola (après James Caan, voici Robert Duvall). C'est vraique c'est assez ressemblant au Parrain... Là, le film est très bien,mais il passe sept ans pour écrire un scénario et il y a je ne saiscombien d'approximations dans celui-ci. Pas sérieux ça James. Fais-toiaider, mince !^^ Ton truc, c'est la mise en scène. Wahlberg, il a tout de même une chance incroyable. C'est pas lemeilleur acteur dont on puisse rêver et au bout du compte, le voilà quiaura tourné avec deux des cinéastes les plus exigeants actuellement :Gray donc mais aussi Paul Thomas Anderson. Pour un petit nouveau garsdu quartier, c'est plutôt pas mal...
L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. 2008. Encore un cinéaste qui écrit totalement son film... Et encore unqui aurait mieux fait de se faire aider. La mise en scène estexcellente, mais je vois franchement pas où il veut en venir. Qu'ya-t-il d'intéressant à montrer les derniers mois de Jesse James, sa vieaux côtés de son futur assassin ? Aucune intrigue, aucune péripétie.Rien qu'une même situation qui revient vingt fois tout au long du film: Jesse James sait qu'il y a un traitre dans la salle ; le traitreplaisante pour paraître à l'aise... Toujours ce jeu de suspicion et aufinal James qui se laisse tuer quand il l'aura décidé et où il l'auradécidé. Dommage parce que la mise en scène est de qualité, le petit Affleck estpas mal (jouer les idiots, c'est pas facile). Seul Brad Pitt m'agace àjouer toujours le même type... la composition de personnage, ça il saitpas ce que c'est et il est toujours là avec les mêmes mimiques du meccool. On verra dans trente ans si j'ai la nostalgie de ça, après toutCagney ne faisait rien d'autre...
Elle s'appelle Sabine, Sandrine Bonnaire. 2008 Le doc qu'elle a réalisé sur sa sœur. Instructif.
Filatures, Yau Nai Hoi. 2007 Toute l'intrigue est dévoilée dans le titre... Il y en a deux.Elles se croisent, la jeune flic doit faire un choix et blablabla.C'est bien, divertissant, mais ça vaut pas grand-chose.
La Classe ouvrière va au paradis. Elio Petri. 1971. Je vais finir par m'habituer au ton original de Petri... Jem'attendais vraiment pas à aimer, d'ailleurs j'ai pas aimé^^, maisc'est moins lourd que ce que je m'attendais. Il faut juste se faire austyle, mélange de politique et d'ironie, d'humour noir (ou d'insolenceje sais pas). Au début, on cherche à comprendre si tout ça un sens, etpuis au bout d'un moment on cherche plus : Petri utilise le contextepolitique comme un contexte comme un autre, mais il ne prend pasposition (en tout cas, moi je le vois comme ça). Mais c'est sûr quec'est difficile de savoir s'il aime ses personnages ou pas, et enparticulier cet ouvrier « modèle » jusqu'au jour où il perd un doigt etqu'il est viré, interprété toujours par Gian Maria Volonte. Assezdéroutant, mais si on accepte de ne pas comprendre, de se laisseremporter vers un voyage dont on ne connait pas la destination, ça peutse laisser voir. Palme d'or, en revanche, pour une année qui compteautant de films bien meilleurs que ça, c'est tout de même la honte^^.
Once. James Carney. 2007 Camera-stylo pour un film irlandais tourné en numérique... desfilms comme ça on pourrait en voir des centaines par an. C'estfranchement pas difficile à faire. Donc, il faut que le récit, lesacteurs, soient bétons. C'est pas vraiment le cas, mais c'est assezsympathique pour que ça se laisse regarder tout de même. Un film qui sejoue sur deux portées. Mélodie : l'histoire d'amour entre l'Irlandaischanteur réparateur d'aspirateur et la Tchèque émigrée, vendeuse deroses dans la rue ; l'histoire traditionnelle de l'amour impossible...Harmonie, main gauche : le rêve... irlandais, il joue dans la rue avecsa guitare pourrie, cette rencontre lui donne le courage de réunir sonmonde et ses sous pour enregistrer dans un studio, tout se passe bien,il va pouvoir partir pour Londres... Un peu facile, un peu naïf, etalors ? C'est bien de voir de temps en temps un film sans méchant, sansconflit, sans grand dilemme. Juste une tranche de vie, avec une couched'espoir et de rêve, trempée dans le chocolat musicale du matin.
Ploy. Pen-ek Ratanaruang. 2008. Un film très sage, sans grande ambition, mais vraiment très intéressant. L'ambiance tout du long est celle qu'on peut croiser dans le noman's land d'un aéroport du bout du monde au petit matin : lourd, lent,fatigué, silencieux avec ce petit bourdonnement lancinant qui ne vousquitte pas les oreilles et qui vous hypnotise. On le comprend, un peutard, mais c'est un film sur le désir, le fantasme, la peur de la pertede l'autre. Bref, j'ai pas envie de m'attarder trop sur ce film, de peur de leréveiller (là où il se repose sur le divan de la chambre d'hôtel) maisj'ai vraiment bien aimé. Pas un grand film, parce qu'il ne prétend pasêtre qu'un simple petit bonbon vite apprécié, vite oublié, mais un filmtrès réussi en tout cas. Très antonionien, je trouve...l'incommunicabilité thaïlandaise en quelque sorte^^.
Telepolis (La Antenna). Estaban Sabir. 2008 (Encore une traduction débile du titre original...) Je continue mon « butinage » dans le champ du « word cinéma ». Jequitte l'Asie et la Thaïlande pour l'Argentine. Pas très commun ça, jecrois que c'est le premier film argentin que je vois. Là c'est du grand n'importe quoi. Un film formel, très formel. Çapourrait être du Caro et Jeunet tellement c'est baroque, tiré par lescheveux. Pas envie d'expliquer parce que la petite voix me dit de lacouper, donc je reste muet. A voir si on a sa gymnastique des sourcilsà faire dans la journée.
Rétributions. Kiyoshi Kurosawa. 2007 C'est dingue ce que les japonais sont fans des fantômes ! Et bonjour lemélange des genres... policier, fantastique, thriller... Unejaponiaiserie sans doute... Bref, j'ai rien compris au film. Leshistoires de fantômes qui volent en pleine lumière avec les cheveuxdevant les yeux, j'ai jamais compris l'intérêt du truc.
Sweeney Todd. Tim Burton. 2008 Là encore, c'est du réchauffé. Pas de fantôme en robe rouge qui vole,parce que tout est gris dans le film et que les monstres ont bien lesbiens sur terre... Ce que j'aimais moi chez Burton, c'était lescouleurs. Là, c'est monochrome, ça donne envie de gerber. L'idée d'uneopérette de Grand-Guignol, c'est intéressant, mais c'est pas mon «tripe ». Tout fait faux, les décors, les costumes, les chants, lemaquillage, le jeu des acteurs... au bout d'un moment trop c'est trop.On a envie de plus de simplicité. Je préfère largement le cousin de sebarbier antipathique : Edward aux mains d'argent. Plus coloré, plusnaïf, plus sympathique, plus « conte ». J'aime quand c'est obscur, maisle ton sur ton, non, j'ai du mal. Mais bon, ça se laisse regarder commeun monstre dans une foire : on regarde parce qu'on est toujours attirépar la grossièreté. En plus le récit n'est pas achevé : on ne sait rien du sort des deux jeunes amoureux...
Deux sœurs. Kim Jee-Woon. 2004. Il n'y a pas que les Japonais qui aiment les histoires de fantômes. Les Coréens aussi semblent adorer. Bon, alors j'ai pas tout compris hein^^. C'est un peu dur de remettretoutes les pièces du puzzle dans l'ordre, surtout tard dans la nuit. Detoute façon il reste plein de détail incompréhensibles... C'est presquel'éloge de l'absconcitude, un peu comme si en traversant la frontière,la confucianisme était devenu le confusionnisme... Mais j'adore pastout comprendre. J'aime quand le cinéaste nous laisse avec toutes lesbobines des fils de l'intrigue encore complètement emmêlées et qu'onessaye d'y mettre un peu de l'ordre. On n'est plus spectateur abruti ;le cinéaste nous fait la fête, il part, et c'est à nous de toutranger^^. Mais en dehors du récit, « un peu » incompréhensible, il y a aussi etsurtout le talent, voir le génie de ses acteurs. Les trois rôlesféminins, sont hallucinants. On voit rarement une telle efficacité dansun film de genre dans la direction d'acteur, l'interprétation. Ledétail des jeux de regard qui révèlent les intentions infimes,éphémères des personnages, les attitudes, le rythme... mince, maisc'est presque parfait ça ! Une seule scène révèle à elle seulel'incroyable jeux des actrices dans ce film. Quand la fille comprendqu'elle « joue » le rôle de sa belle-mère dans une sorte dedédoublement presque incestueux de la personnalité, et donc quand lamise en scène doit nous faire transparaître sur la même image cetteidée de dualité, de trouble, de la personnalité de la fille. Là, onvoit l'actrice qui joue le personnage de la belle-mère, habituellementdans le registre femme austère, autoritaire, digne, suggère ici par soninterprétation qu'elle est en « réalité » sa belle fille... Elleemprunte la même expression de visage que l'actrice qui interprète cerôle de la gamine. C'est fait de manière subtile pour qu'on ne se disepas « ah ouais, là, elle joue la gamine... » : on s'approche de sonécran, les yeux grands ouverts et on se pince presque pour être sûr dece que l'on voit, si on est pas fou. Là, l'actrice est excellente,alors qu'elle l'était un peu moins dans la scène du repas où elle doitavoir un fou rire (le genre de truc impossible à jouer ça). A noter encore une actrice sublimissime (toujours la même), avec unevoix cristalline, des décors à l'européenne (style classique, mais...neuf, propre, bien rangé), une langue vraiment très agréable à écouter(très proche du japonais à mon avis, bien plus que du chinois) et unemort stupide comme on peut en voir parfois racontée sur le net ouailleurs : (attention spoiler — c'est pas le grand film de l'été nonplus^^) la mère se pend dans l'armoire de la chambre de sa fillecadette, cette dernière la découvre et en tendant de la détacher, faitbasculer l'armoire en avant, sur elle donc ; s'en suit une lenteagonie, écrasée par le poids de l'armoire et sans doute en panique derester enfermée avec sa mère... Faut oser tout de même^^.
Marie Antoinettede Sofia Coppola. Beaucoup aimé. La Kursten Dunst, n'est pas très jolie(affreusement maigre, des ongles rongés, des dents jaunes...) mais uncharme, un talent... wooo.
Les salauds dorment en paix. Akira Kurosawa. 1960.
Kurosawa nous sort là un film totalement atypique, une véritablesurprise, à la limite d'un nouveau genre, qui pourrait être le film decrime d'entreprise. J'ai jamais vu un film qui ressemble à ça, c'estpas loin de certains films politiques italien, des trucs le plussouvent sur la classe ouvrière, mais là c'est un peu ça sauf que çaconcerne les élites des dirigeants d'une entreprise publique. Et lefilm n'est pas tendre avec cette société. Non seulement elle estcorrompue, mais la fin est sans détour, le système ne peut pas changeret les salauds peuvent toujours dormir en paix. C'est tout de mêmecurieux pour nous occidentaux de voir cette hiérarchie dansl'entreprise, le respect infaillible envers ses supérieurs, même quandils sont corrompus sinon plus. Au Japon, l'entreprise, c'est pas loind'être aussi fort que la famille et encore à l'époque (ça l'est sansdoute moins aujourd'hui) les notions de respect, de devoir, d'honneursont très présentes. Ils ont la langue pour comme je le rappelais ladernière ; ils possèdent des subtilités de langage qui sont des marquesde votre identité, de votre valeur, et le langage conditionnecertainement les comportements...
Bref, là on a donc affaire à une histoire de corruption, de marchéstruqués, de détournement de fonds, des escrocs, des criminels en colblanc quoi. Ce n'est pas une mafia parce qu'ils ne font pas commerce deproduits illicites, ils ne sont pas en lien direct avec le crime, maisce sont des gros pourris et toute la question c'est toujours de savoirà quel point ils sont coupables puisqu'ils ne font toujours querépondre aux ordres qui viennent d'en haut. Ils sont tellementrespectueux de l'autorité des supérieurs que quand il y a des fuites etqu'il faut trouver un bouc-émissaire, les fonctionnaires, les cadresintermédiaires acceptables toujours de porter le chapeau, voir de sesuicider pour la sauvegarde de l'entreprise. Alors ça commence par lescadres intermédiaires, les comptables et puis petit à petit, ça atteintles hauts fonctionnaires. Mais toujours le même principe : on obéit. Etc'est ainsi que si chacun sert au moment utile de fusible, la pérennitéd'un système crapuleux n'est jamais remis en cause.
Ça c'est le contexte du film, mais après au milieu de tout ça, ilfaut une histoire. C'est là qu'intervient le personnage de ToshiroMifune. On apprend au cours du film qu'il est le fils d'un de ces hautsfonctionnaires qui a été poussé au suicide. Il rentre dansl'entreprise, parvient au plus près du vice président en se mariantavec sa fille et va organiser sa vengeance en faisant tomber une à uneles têtes, puisque le système rend impossible d'en couper une pour quetoutes les autres tombent... Mais malheureusement, le système auraraison de lui. Tout est bien qui fini bien... pour les crapules.
Il faut donc oser s'attaquer à un récit comme ça. Ça ressemble vraimentà rien de ce qu'on a pu voir. Mais c'est le contexte qui estparticulier, sinon ça reste un récit avec tout ce qu'il y a detraditionnel : l'homme qui veut se venger, qui s'attache à la fillealors qu'il ne voulait pas, et surtout toutes les différentespéripéties qui montre qu'on est dans une histoire, un spectacle, et nonun documentaire, un film politique. Mais là encore, la forme du récit,du film, est vraiment surprenante. On est déjà un peu désarçonné par lecontexte inhabituelle dans lequel se déroule le film, mais en plus là,il casse certains repaires que le spectateur a communément dans lesautres films. Dans un film de deux heures, on sait reconnaître où on enest dans le déroulement de l'histoire. Sans doute à cause del'habitude, on sait à peu près décrypter les différentes avancées dansla dramaturgie. Les films sont parfaitement formatés pour uneintroduction en tant de temps, un développement, etc jusqu'audénouement. On sait quand ça commence, et généralement on sait quand çase termine. Là, on est un peu perdu. Certaines séquences sont trèslongues. Plus que des scènes, il s'agit de tableau, un peu comme chezBrecht. Ces longues scènes ont leur propre vie, leur propredéroulement. On est habitué au cinéma à ce que tout aille vite, quetout soit précipité. Au final, les thèmes, les conflits, sont survolés,on comprend les grandes ligues, souvent sans aucune nuance. Là, enprenant son temps, Kurosawa nous permet de profiter à plein dessituations, d'approfondir des situations. On n'est plus dans un rythmecinématographique mais parfois réellement théâtral. C'est un peu commesi le film utilisait une dimension supplémentaire. Ça donne du relief àl'histoire, de la profondeur, mais on reste un peu bien sûr perdu sansl'étroit carcan d'une dramaturgie formatée pour les deux heures. Etcomme en plus, le déroulement du récit est inattendu, imprévisible, onen est d'autant plus perdu. C'est un peu l'incertitude d'une lecture deroman : bien sûr on compte les pages qu'il nous reste de la fin, maisentre temps, le récit peut emprunter différentes voies, prendre desdétours, approfondir des détails de l'histoire. C'est à la foisagréable de se retrouver dans un type de récit, un temps qui nous estétranger et dans lequel on est obligé de rester attentif, mais aussi unpeu déstabilisé par cet inconnu. Tous les autres films tout à coupparaissent toute identique. Alors ça ne fait pas pour autant du film unchef d'œuvre, parce que le milieu de l'entreprise, il faut avouer quec'est pas aussi sexy, aussi primaire, traditionnel, que les films surla mafia par exemple (au moins là, on a des vrais salauds, pas desgagnes petits qui ne sont en fait que des escrocs ; le sang esttoujours plus intéressant que les billets), mais tout de même, çaprouve qu'on peut encore inover, aller là où on n'est pas encore aller.Du reste, j'en ai vu d'autres des films qui vous laisse avec cetteimpression, d'être totalement perdu par le déroulement du récit : çapeut être un film, qui est très court, qui va direct au but, ou aucontraire comme ici un film plus long, qui vous happe, qui prend letemps de dérouler les choses, de parler des choses...
Alors je viens de voir sur wiki, que Kurosawa et son scénariste, cesont inspirés de Hamlet (comme il le fera plusieurs fois d'ailleurs).Moi, je veux bien... le thème de la vengeance, le côté, « il y aquelque chose de pourri dans l'entreprise »^^, certains personnages,comme celui de la fille qui rappelle Ophélie, certaines scènes... OK,mais ça s'arrête là. Moi, j'y vois aussi une référence sympathique authéâtre grec, dans la première scène, cette scène du mariage qui doitbien durer un quart d'heure et qui est montré à travers les yeux, lescommentaires, des journalistes. Ce n'est rien d'autre que ce que lesGrecs faisaient dans leur tragédie avec le chœur, présent pourcommenter, présenter l'action, et parfois même interagir avec lespersonnages de l'histoire. C'est encore plus perceptible quand à la finde cette scène, l'un des journalistes dit que ce qu'ils viennent devoir ferait une bonne pièce en un acte et qu'un autre lui répond enplaisantant que ça ne serait qu'un prologue d'une pièce beaucoup plusvaste^^. Là, on voit tout l'attachement de Kurosawa à toute la cultureeuropéenne. Si on l'aime autant ici, c'est peut-être justement parcequ'il ne fait rien d'autre que des films qui nous sont proches, quisont dans la droite ligne de ce que notre culture a produit de mieux,du théâtre antique, à la tragédie classique en passant par les piècesde Shakespeare ou la musique de le fin du XIX, russe le plus souvent(Kurosawa a adapté aussi l'Idiot de Dostoïevski).
Un mot sur les acteurs, parce qu'on peut difficilement faire mieux.Ça manque un peu de personnage féminin (mais ça on est chez Kurosawa,pas chez Naruse) mais il récupère toutes les stars de la Toho : ToshiroMifune bien sûr, Takashi Shimura, lui aussi le fidèle et bien sûrMasayuki Mori, qui lui a eu la chance de tourner à la fois pourKurosawa et pour Naruse... La classe ça ! Je crois qu'on ne le voitjamais tous les trois dans une même scène, en tout cas dans le mêmeplan. Notamment dans une scène clés du film, qui est narrée par unautre (un peu comme dans Rashomon).
[•Rec] Minable comme film. Je comprends pas pourquoi ça a fait tout cetohu-bohu. C'est typiquement le film qu'on nous ressort tous les dixans, d'un type qui n'a aucune culture cinématographique et quireproduit les erreurs passées en imaginant être le premier à faire «originale »... La vision subjective via la caméra ça existe depuis ledébut du cinéma, rien qu'en 1947, on avait La Dame du lac, mais c'estpas fameux non plus. Là, on a eu il n'y a pas longtemps, Cloverfield,qui est bien mieux à mon goût, mais ça reste un procédé casse gueule...Là différence entre les deux, c'est que l'un est construit, et l'autrepas. Cloverfield est peut-être le premier film de ce genre à avoirm'avoir convaincu parce que justement, il y a plein d'artifice dans lefilm, qui font justement croire que ce n'est plus un truc tournée avecune caméra subjective (le film aurait très bien pu être filméautrement). Rec est basé sur l'improvisation des acteurs et là encorec'est vraiment faire preuve d'un manque de culture ou en tout cas d'unmanque de connaissance du travail de l'acteur... L'improvisation, c'estune technique de travail pour arriver à autre chose, c'est uncheminement, un outil, pas une fin en soit dont on peut se servir pourcréer un effet « naturel ». Une improvisation dirigée ok pourquoi pas,mais contrairement à ce qu'on pourrait penser ça ne donnera jamais plusde vie que des acteurs qui suivent les lignes d'un script. Dans uneimprovisation, le plus souvent, les acteurs se sentent obligés demeubler les silences, ils en rajoutent toujours, ils s'écoutentrarement, ils contredisent ce que vient de dire un autre acteur avantlui, l'écoute n'est pas du tout la même d'une part que dans la vie maisaussi et surtout que celle d'un acteur qui joue des mots prédéfinis,qui jouent une situation connue dans ses moindre détails. Dans la vraievie, dans ce genre de situations (je parle de la situation du film), onferme sa gueule, on parle pour soi, on est en situation d'extrêmeattention, de questionnement, de doute, de peur, et tout ça, c'est ensilence ! donc si le réalisateur a voulu donner une impression de lavraie vie, il s'est complètement gouré. Dans un film, le spectateurcroit au film, parce qu'on lui raconte une histoire, on ne lui met pasen cherchant artificiellement à lui donner plus de réalisme quenécessaire, et alors il entre dans le jeu, c'est comme un pacte passéentre le racontant et le spectateur : pour entrer dans une histoire,c'est comme dans un rêve, il faut accepter le fait que ce n'est pas lavraie vie et qu'il y ait un certain nombre d'invraisemblances (comme lamultiplicité des actions, leur resserrement dans le temps, lescoïncidences, les dialogues bien léchés, etc. ) il accepte lesinvraisemblances, comme le fait qu'il y ait plus de dialogues que dansune telle situation, parce qu'ils sont nécessaires pour lui raconterune histoire. Il accepte tous les artifices parce qu'ils sont là pouraméliorer son entré dans l'univers. Un film, c'est une sorte de rêveéveillé, c'est le récit exagéré de faits passés (réels ou non) contésainsi pour qu'on ne les oublient pas. Les histoires, donc le cinéma,n'a pas pour but de nous faire croire en la vie (on sait qu'on vit)mais pour nous apporter une expérience, pour vivre à travers despersonnages à travers des effets de mise en scène. Or si on veut luifaire croire que tout cela est vraie, le pacte qui uni habituellementle raconteur et le spectateur est cassé : pourquoi avoir de l'empathiepour des personnages... prétendument vrais ; c'est leur histoire, pasla nôtre, mais surtout on ne peut y croire de la manière dont c'est misen scène... Le problème, c'est l'acteur. Et c'est un truc à savoir : lejeu traditionnel de l'acteur est fait pour donner l'illusion de la vie,mais l'improvisation donne une impression de vie artificielle. Uneerreur vraiment de débutant d'un metteur en scène qui n'est pas du toutfamilier avec le jeu d'acteur (un boulanger qui ne sait pas ce quec'est que de la farine... autant qu'il fasse son pain avec du plâtre,puisque tout ce qu'il comptepour lui, c'est la recette, le temps de cuisson, etc). Le résultat estpitoyable, avec des acteurs qui surjouent un max, qui n'arrêtent pas dedire des conneries... Le genre de truc qu'un scénariste écriraitpeut-être en pissant son premier jet mais qu'il éliminerait après unepremière lecture face au ridicule des phrases, des répétitions... Dansce genre de truc, il faut faire confiance à la situation (le spectateurcomprend très bien la situation pas la peine d'en rajouter avec desrépliques ridicules), les répliques ont une valeur informative pourfaire avancer l'action quand elle ne le peut pas autrement... Unécrivain par exemple ferait exactement la même erreur, en voulantmettre de la vie, du réalisme, dans ses écrits, en ajoutant des trucsdu genre « salut, ça va, comment tu vas ? ». Et le summum del'amateurisme, les limites du ridicule de l'improvisation, sontatteintes quand la fillette est à l'écran. Elle est sensée dansl'histoire être en mutation ché pas quoi, ne pas avoir une angine maisen train de devenir un monstre... Or la fillette, dans ces plansséquences, ne semble jamais être concernée (possédée on pourrait dire)par son personnage, si bien qu'on ne voir rien venir, juste avant demordre sa mère, elle est toute tranquille, elle semble mêmes'ennuyer... L'improvisation, c'est un peu comme un jeu d'enfant jouépar des adultes. Les enfants aiment jouer ensemble à la crémière ou audocteur, mais quand les adultes s'en mêlent, il y a un petit côtéincestueux ; les adultes n'ont pas à venir s'immiscer dans le jardinsecret des adultes et vice versa. Or au cinéma, ce qu'on demande, c'estun peu ça, on demande à l'enfant d'intégrer les jeux bizarres desparents... Là, on sent bien qu'on a pas voulu intégrer la fillepleinement à la situation, et heureusement sans doute, mais du coup,elle n'y croit pas... Dans un vrai film, on aurait pris le temps decréer une illusion, plan par plan, en se servant de la spontanéité del'enfant dans des situations inattendues et paradoxalement mille foisrépétées, un peu comme ce qu'on ferait pour diriger un animal. C'est lagrande force de l'enfant au cinéma, mais c'est une technique à trouver.Là, c'est tout simplement pas du cinéma. C'est des adultes qui jouent àse faire peur, en oubliant que ce n'est pas soit qu'il faut chercher àfaire peur, mais le spectateur. Ou plutôt c'est le real qui l'oublie(ou qui ne le sait pas) parce qu'il est plus intéressé par la peur etla mise en situation de ses acteurs plutôt que celle du spectateur ; unpeu comme un écrivain qui ne se soucierait que de jouer avec ses motset qui en oublierait presque qu'il raconte une histoire à seslecteurs... Un récit réduit au néant, une sorte de film de vacances àmontrer à la famille. La seule séquence véritablementcinématographique, on la trouve à la fin. Là, on nous raconte unehistoire, c'est un peu plus structuré, et c'est là que ça commence àêtre un peu plus flippant. Et c'est justement là où il y a le plus demontage (effectif ou non). Le montage intègre l'idée de choix, lechoix, c'est la narration, la narration, c'est l'œuvre. On fait pas unfilm avec que des plans séquences en disant à un acteur qu'il commencelà et qu'il doit finir là et qu'entre le début et la fin, il fait cequ'il veut. Donc l'idée du reportage, c'est ce qu'on appelle une vraiefausse bonne idée. Le cinéaste pensait sans doute être le premier àavoir l'idée, mais si aucun film n'a jamais réussi avec ce principe (àquelques rares exceptions comme Cloverfield, C'est arrivé près de chezvous ou Blair Witch, ou Borat même si je suis pas du tout fan de cegenre de truc... mais il y a autre chose que le procédé du fauxdocumentaire, du faux film perso, dans ces films, il y a un ton, ununivers qui ne laisse pas indifférent...) c'est justement parce qu'ilest nul. Et il est fort à parier que dans dix ans, un autre typereviendra encore avec la même idée en pensant être le premier àl'avoir... Bref, j'ai du mal à comprendre comme des gens peuvent encorese laisser berner par un tel navet. Il faut vraiment être crétin pourne pas voir l'amateurisme d'un tel machin. (Et les ricains qui vont enfaire un remake... là je suis au bord de m'étouffer... faire un remaked'une histoire qui n'a rien d'originale, il y a comme un problème).
Les Femmes de ses rêves. Les Frères Farrely. Du classique (comme quoi c'est vraiment pas la peine de chercher à êtreoriginal pour convaincre). Et du très agréable. Rien à dire.
Kung Fu Panda. Yaouh !!!!^^ Du classique et blabla bla. Plaisant donc.
Batman, le Chevalier noir. Christopher Nolan. Franchement depuis le génial Memento, Nolan, j'ai rien aimé de ce qu'ila fait. Pour moi c'est un cinéaste trop austère, sans poésie, tropprosaïque. Tous ces trucs manquent cruellement de fantaisie, defolie... Donc, voilà, je dois être le seul spectateur sur terre à nepas avoir aimé ce film... C'est que je me suis fait méchamment faitchier en plus. Ça dure une plombe... L'histoire va un peu dans tous lessens. Il n'y a pas de début, pas de milieu, pas de fin... C'est un peula suite de Batman begins, mais comme j'avais déjà pas aimé celui-ci...Donc pas d'intro du personnage féminin... un personnage tout aussi bientraité à la fin... On croit à un personnage important et elle vire audeux tiers du film. Donc d'un point de vue dramaturgique, c'est un peubancal comme truc. Et puis après, on ne sait pas ce qu'est le réelthème du film. Il n'y a pas de véritable unité d'action, on ne sait pasoù on est... Bref, pour moi, c'est vraiment nul comme film. En plus jepeux pas saquer Christian Bale... Au moins on peut dire qu'il vaparfaitement avec Nolan celui-là : il a autant d'humour que lui ! Desmecs qui se prennent au sérieux pour mettre un scène une fantaisie, çame fait pas rire. Le plus étonnant c'est que pour une fois la critique et les spectateursse retrouvent : les premiers parce qu'une BD traité sérieusement (jedis pas avec intelligence parce que pour moi, le film n'a riend'intelligent, au contraire... quand on ne sait pas de quoi traite lefilm...) ça leur permet de dire des conneries du genre « batman lechevalier noir, c'est le volet de la maturité » et les seconds, sansdoute parce que c'est cool de suivre un film avec un acteur mort...
If, Lindsay Andreson. 1968. Sans grand intérêt. J'ai pas bien compris si le but du film étaitde provoquer. Si c'est le cas, ça paraît aujourd'hui bien vieilli...C'est pas non plus un film qui semble vouloir dénoncer les pratiquesd'éducation, ce n'est pas non plus le récit amusé d'un bande de potequi font les quatre cents coups... Bref, je sais pas ce que c'est quece truc, je comprends pas l'intérêt, le sujet, du film... Quand on necomprend pas, on aime pas.
Je t'aime je t'aime. Alain Resnais. 1968. Un exercice de style comme les aime Resnais. Encore un. Là, c'estmoins réussi que d'habitude. Justement parce que c'est vraiment trèsformel. Après, il faut savoir piocher dans ce qui nous est proposé. Lefilm est un peu comme une boite de chocolat. On choisit, on aime ou onaime pas. Les différentes saynettes sont donc de valeur très inégale.Mais il faut avant ça passer toute l'introduction, obligatoire pourcomprendre le contexte, mais qui finalement n'a aucun intérêt dans lefilm. Puis que ce qui est intéressant, c'est justement cette petiteboîte de chocolat dans laquelle on doit choisir entre différentesséquences plus ou moins liées entre elles. Moi, il y a donc, plusieurs choses que j'ai aimé dans cette boite, le plus souvent des répliques, des situations absurdes : — il y a une quantité de choses qu'on apprend pas dans les livres. (à méditer^^) — la résolution de la question du qui sommes nous et pourquoi : et siDieu avait créé le chat à son image et que quelque millénaires après ilaurait crée l'homme dans le seul but de servir le chat. (à méditer^^) — et avant cela, Claude Rich à son chat : « ah tu es réveillé toi ? tu veux pas aller au bureau à ma place ? » — la leppre d'excute à un plient écride en charatia et que pourbant on cromtrend partaitement... (surréaliste) — le guide Michelin des cimetières (ça c'est une idée^^) — la scène du crayon (on croirait presque du Cocteau, assez surréaliste) — le type qui tue sa copine parce qu'elle sourit pendant sonsommeil et qu'elle est malheureuse dans la journée — jaloux d'un rêvepresque... — « quand je fais l'amour avec des filles c'est comme si jerestais happé par toi » « c'est tout de même désolant que tu voisd'autres filles » « peut-être mais je ne pourrais pas savoir ce que jeviens de te dire » — « je suis toujours ponctuel dans mes retards » « tu devrais écrire une encyclopédie des excuses pour ne pas aller travailler »
Bref, c'est un peu similaire Nouveau Roman : une certainedéconstruction du récit et de l'histoire et en même temps une attentiontoute particulière portée aux mots et au styles. Un film qui rappelle un peu la Jetée pour l'histoire (sauf que le filmde Chris Marker à un but, est autre chose qu'un simple exercice destyle) ou Eternal sunshine of the spotless mind.
Funny Girl. William Wyler. 1968. Dernier succès au cinéma du grand Wyler, peut-être le cinéaste leplus récompensé à Hollywood. C'est un peu une sorte de symbole ici quece soit un vétéran qui mette en scène l'une des dernières comédiesmusicales... Un peu à la même époque, le western hollywoodien et lacomédie musicale flamboyante, vont disparaître, j'ai l'impression. Lewestern spaghetti est déjà là. Il va totalement tuer le western auxUSA. Et les comédies musicales vont peu à peu disparaître dans lesannées 70. Bob Fosse prendra le relais, on aura droit au Rocky horrorpictures show à Hair aussi un peu plus tard, mais ça n'a déjà plus rienà voir ; les 80's verront plus de comédies musicales je crois, mais çane sera jamais comme avant... Barbra Streisand en ferra une ou deuxaprès ça, mais là pareil, il y a un truc qui est cassé. C'est doncpeut-être bien le dernier film musical de l'hollywood d'une certaineépoque... grand spectacle, technicolor, mélange de comédie et dedrame...
En tout cas, là c'est un vrai bonheur. Le film est entièrementporté par le talent, la personnalité de Barbra Streisand. Elle saitabsolument tout faire : chanter bien sûr, mais aussi danser comme unepoire, et surtout faire rire ! On aura rarement vu une fille joueraussi bien les petites idiotes. C'est qu'il en faut du génie pour joueravec spontanéité et sincérité l'étonnement éberlué de son personnagequand elle croise Omar Sharif pour la première fois. Elle a un sens durythme, une vivacité hallucinante cette actrice. Il y a un charme, uneintelligence qui ressort de tout ça, chez cette fille, c'en est presquetroublant. Parce qu'elle est belle ! Oui Barbra Streisand est belle !On en vient à adorer cet énorme nez qui prend la moitié de son visage,à être hypnotisé par ce regard louche. Parce qu'il n'y a pas plusvivant que Barbra Streisand dans ce film. Wou, une telle vitalité, çadonne de l'énergie !^^ (en fait dans la vie les gens comme ça, çaépuise plus qu'autre chose, mais c'est terriblement cinématogénique).
Le scénario n'est pas d'une grande perfection. L'histoire reste simple,elle semble un peu être calquée sur celle de Une Étoile est née, avecle mari boulet auprès de la star montente. L'addiction au jeu de OmarSharif remplace en quelque sorte l'alcoolisme de Frederic March ou deJames Mason. Sergio Leone semble aussi avoir emprunté la scène finaledes retrouvailles dans les loges pour Il était une fois en Amérique.C'est vrai que ça fait de belles scènes, donc mettre de telles scènesdans un final, ça le fait (faut dire que le film de Leon tourne autourpendant tous le film d'au moins quarante deux scènes de ce type^^).
La Honte. Ingmar Bergman. 1968. Très étrange comme film. Peut-être une continuité du Septième sceau(que déjà j'avais pas très bien compris), un truc sur la mort, en moinsallégorique bien sûr... mais c'est de l'anticipation, et l'anticipationc'est un peu comme donner un autre sens à notre monde en lui donnantune autre histoire, donc pas si loin de l'allégorie... En tout cas, onsent que tout ça n'est pas neutre, qu'il y a un sens derrière tout ça.Si j'ai pas bien compris le Septième sceau (au-delà de la simple partied'échec avec la Mort...) là, il semble n'y avoir rien d'autre àcomprendre que la guerre transforme nos vies, notre intimité, mêmequand on cherche à se préserver de toute idée politique, quand on seretire dans le trou du cul du monde.
Donc là l'évolution de l'histoire est simple : Max von Sidow et LivUlman se sont retirés à la campagne pour vivre heureux, en dehors destumultes des villes. Seulement la guerre civile les rattrape, dans leurcampagne. Les insurgés se réfugiant pas loin de chez eux... Leur maisonse retrouve bientôt au centre des bombardements. On leur demande defaire le choix entre le pouvoir (une dictature semble-t-il) et lesinsurgés (qui ne semblent pas être des saints non plus). Choisir l'unou l'autre camp, ça revient finalement à la même chose, donc les deuxamoureux veulent rester en dehors de tout ça. Seulement, il y a desmoments où on a plus le choix et c'est là que la guerre civile entredans le lit conjugal (au propre comme au figuré). Après des premiersbombardements et des exécutions en masse dans leur patelin, Max vonSidow et Liv Ulman s'en sortent et retournent chez eux. Mais ce n'estplus comme avant. Ils ne s'accordent plus sur l'attitude à adopter,s'il faut rester neutre, et s'il faut prendre le partie de quelqu'un,pour lequel... Et les deux camps se servent de leurs incertitudes, deleur contradictions, qui se transforme en une véritable docilité faceaux deux camps : d'un côté elle se prostitue à l'officier qui les alaisser en vie (ce n'est même plus le cas après les désaccords avec sonami), ils ont en retour des petits cadeaux, et de l'autre, les insurgésviennent se servir chez eux. Jusqu'au jour où les deux camps viennentle même jour et se rencontrent... Après ça, c'est le chaos, la maison aété brûlée, et malgré tout, malgré la détestation profonde qu'ilséprouvent l'un pour l'autre, ils continuent de vivre ensemble... Lesymbole presque de la vie conjugale (limite chrétienne même commevision) : malgré les désaccords, les conflits, malgré la fuite del'amour, on reste ensemble, parce qu'on préfère vivre mal avec l'autre,que vivre seul et mourir.
Le début du film est très beau. J'avais jamais vu Liv Ulman aussi belle(je l'ai surtout vu dans les films suivants et dans Persona, sonpersonnage n'est pas aussi lumineux... plutôt lunaire même^^). Après çase gâte évidemment. Et on ressent quelque chose d'étrange, un peu commesi nous aussi, on commençait à ne plus les supporter, mais qu'on avaitdu mal aussi à nous séparer d'eux... On aurait voulu que jamais lemonde, la guerre, ne les ratrappe.
Film curieux donc. Parce que ce n'est pas un drame, c'est plus unechronique, des « scènes de la vie conjugales » mises à l'épreuve detous les temps. Il en ressort une étrange impression d'inachevé, nonpas comme si bergman n'était pas allé au fond des choses, parce quec'est justement le cas en voulant explorer toutes les étapes de la vied'un couple (enfin toutes non), mais son unité se fait sur une basethématique et non dramatique. Donc sur le plan de l'histoire, c'estcomme s'il ne s'était rien passé. Une impression sans doute accentuépar le fait que les personnages ne font que subir tout au long du film,ce qui est en contradiction avec le rôle traditionnel du « héros » quiveut qu'il agisse. Mais c'est justement ça ici, les personnages,veulent tout sauf être des héros. Brechtien en sommes : Bergmans'applique à nous montrer un reflet de notre propre image, donc à nousforcer à nous poser des questions sur nous-mêmes, plutôt que de vouloirnous divertir avec le récit captivant d'héros embarqués dans deshistoires extraordinaires. Avec cette méthode, on a donc le film qu'onmérite : si on est incapable de tirer des leçons de tout ça, de sequestionner, c'est un peu peine perdue, moi je suis un peu dans cecas^^. Même si ça ne m'empêche pas tirer du plaisir de toute cettedémonstration, un peu comme une limace qui tomberait en extase devantson reflet dans une flaque... sans comprendre que c'est son proprereflet qu'elle est en train de voir. C'est beau, et je cherche même pasà savoir pourquoi ça l'est, point.
(si ma mère lit ce truc : désolé pour les fautes, pas envie de me relire...)
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segunda-feira, setembro 29, 2008
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Nuages flottants. Mikio Naruse. 1955.
J'avais vu ce film il y a deux ans, pourtant, j'en gardais très peu de
souvenir. Le film m'avait plu mais sans plus. Il était donc temps de
revoir ce qui est considéré par beaucoup comme son meilleur film,
maintenant que j'en ai vu pas mal...
Eh bien, j'ai toujours un avis très mitigé sur ce film. Bien sûr,
il a des qualités qui font qu'on pourrait le ranger dans la catégorie
chef d'œuvre, mais pour moi il y a un ou deux défauts qui sont vraiment
problématique. D'abord la grande qualité du récit, c'est de s'attacher
à une histoire, une seule. Comme souvent on commence avec un sorte de
plan d'ensemble, puis le récit se resserre petit à petit jusqu'à ne
s'intéresser exclusivement à la relation entre les deux personnages
principaux. Cette sorte de travelling avant, de basculement de
l'infiniment grand à l'infiniement petit, de la généralité à l'unité,
est toutefois moins évident que dans les autres films, mais peu
importe. Là donc, on sait dès le départ qui sont les deux personnages
principaux ; je me suis suffisamment plains des début un peu trop «
chorale » de Naruse pour me plaindre ici du contraire^^. Toutefois, le
récit en flashback du début pour entrer tout de suite dans le vif de
sujet, je trouve que c'est un peu trop facile. Je pense qu'un récit
linéaire aurait sans doute été plus long, mais probablement plus
efficace, après tout la qualité donc du reste du film, c'est sa
densité, sa concision. A chaque scène correspond une époque, une
nouvelle péripétie, les scènes s'enchainent un peu grâce à un moteur
propre au récit qu'est l'ellipse. L'intrusion de deux ou trois
personnages au cours du récit, dans la première heure, sert surtout à
créer la menace, la jalousie. On ne peut pas dire que le gros problème
de mec c'est sa frivolité et en même temps ne pas le traduire en
action. Le type est volage, inconstant, lâche, il faut le montrer à
travers la relation qu'il a avec les autres personnages. Ensuite, quand
le récit se resserre sur les deux personnages principaux, à savoir
l'homme marié qui séduit un peu malgré lui mais sans honte les autres
femmes, et la femme, sa maitresse qui semble l'attendre toute sa vie,
malgré les fausses promesses (même si finalement il n'en fait aucune).
Et c'est dans ce resserrement que le récit atteint sans doute une
perfection dans son unité. On a vu ça dans d'autres films, souvent long
(parce que ça demande une longue mise en place et surtout un
acharnement, une répétition pour que le spectateur finisse par
comprendre que les scènes sont systématiques et pour créer presque un
effet de manque si le récit proposait autre chose), comme la Maman et
la Putain d'Eustache. Donc une fois qu'on est dedans, c'est fascinant :
le film ne se résume plus qu'un une suite de scènes en tête à tête
représentant chacune une nouvelle étape dans l'évolution de leur
relation. C'est une mise sous microscope de la vie d'un couple, d'un
faux couple (parce qu'avant qu'arrive la fin du film, la morale du film
semble bien être : on a beau chercher quelqu'un, croire le trouver, on
est toujours seul).
Après, pour moi, il y a un défaut majeur dans cette histoire. C'est
l'antipathie des deux personnages. Celui interprété par Hideko
Takamine, est tout le contraire des autres personnages féminins des
films de Naruse. Elle est complètement attaché à son homme, lui
pardonne tout, serait prête à tout accepter pour lui... or sachant que
lui est un salaud, ça passe pas. C'est un personnage trop fragile, trop
faible pour qu'on puisse totalement s'identifier à elle. Sa faiblesse
ne nous émeut pas, on ne cherche pas à la consoler, elle nous agace ;
on voudrait lui dire d'aller voir ailleurs ! La grande force des autres
personnages narusiens, c'est que les femmes souvent sont seules, mais
parce qu'elles font le choix de l'être et souvent parce qu'elles
trouvent les hommes pas à la hauteur. D'un côté leur relation fait un
peu penser à celle qu'on trouve entre Jivago et Lara dans le Docteur
Jivago. A la différence que là, il y a une complicité entre les deux
personnages ; malgré les séparations, on sent qu'ils s'aiment, ils vont
l'un vers l'autre pour se protéger du froid glacial en quelque sorte^^.
Or là on a le personnage féminin qui vient vers son homme qui lui
semble la rejeter. D'accord, c'est le sujet du film, mais ça rend
impossible toute catharsis. Si le récit avait au moins adopté le point
de vue d'un des personnages, celui de la femme, comme il semble vouloir
le faire mais pas suffisamment, là on aurait pu s'identifier d'avantage
à son personnage, on aurait compris ou accepter sa dépendance à cet
homme. Cet homme donc qui lui, avant la toute fin, est parfaitement
antipathique. Un homme qui se laisse aller à la facilité des tentations
féminines, qui semble n'avoir aucune morale, aucun remord, qui est
d'une lâcheté sans fin, d'une hypocrisie pas croyable, qui se sert de
ses différentes femmes selon les circonstances, qui finalement semble
n'avoir pas de cœur (quand l'une de ses maitresses se fait tuer par son
mari, il semble ne rien éprouver), un tel personnage ne peut pas
provoquer la moindre sympathie chez le spectateur. Ça nous serait
présenté comme une faiblesse de sa part, le récit prendrait le temps de
l'expliquer, pour qu'on l'accepte d'accord, mais là soit son personnage
et trop grand, soit pas assez. Dans Quand une femme monte l'escalier,
il y a un personnage comme ça qui ne peut s'empêcher de séduire les
femmes, mais non seulement il s'agit d'un personnage secondaire mais en
plus c'est bien présenter comme quelque chose de maladif, donc à ce
moment, ça n'est pas antipathique comme là. On passe presque
exclusivement deux heures au milieu de ces deux personnages, ces deux
amants et pourtant, ils restent pour nous toujours des étrangers,
l'identification ne s'est pas effectuée comme elle le devrait.
Après, le film ne pouvait pas prendre une autre direction, parce
que tout est déterminé semble-t-il par la fin, là où le récit prend
tout son sens, avec la phrase épilogue : « La vie d'une fleur se fane
très vite. C'est pourquoi il faut vite l'aimer. » C'était donc là où
tout le récit voulait en venir ; là je comprends mieux ; mais c'est pas
pour autant que ça rend moins problématique toute l'empathie qu'on a
pour ce personnage durant tout le film. Et surtout si c'était ça le
sujet du film, il aurait fallu le dire plus tôt. Car pendant tout le
film, on voit le film comme un « finiront-ils ensemble ». L'enjeu
annoncé au début, ça semble bien être lié à la compatibilité ou non de
ces deux personnages, et comme on a déjà la réponse (non parce que
c'est un salaud^^) on est un peu perplexe pendant tout le film face à
cette relation un peu sado-maso, je t'aime-moi-non-plus. Le film à la
lumière de cette fin prend donc un nouvel intérêt. On repense après
coup à ce personnage qui nous est apparu pendant tout le récit
antipathique ; le geste et la prise de conscience finale est une sorte
de rédemption un peu tardive mais réelle de l'amant lâche et
opportuniste. Est-ce que pour autant le spectateur est prêt à lui
pardonner ? C'est tout la question. On se retrouve un peu à la place de
cette femme (pour le coup on la comprend un peu mieux donc) qui malgré
l'indifférence de cet homme continue de l'aimer ; c'est le même
problème que rencontre également certaine femme battue qui voient après
coups leur mari s'excuser sincèrement. Les excuses, les rédemptions
tardives, ça n'excusent pas ce qui précède, ça ne garantie pas qu'on
est quitte avec son passé. Le personnage de Mazayuki Mori, moi je lui
pardonne rien^^. C'est un salaud et pis c'est tout ! La vie d'une fleur
ça se fane peut-être très vite, mais il ne faut pas non plus laisser
n'importe qui la cueillir. Et il faut savoir s'en occuper... Quand Mori
accepte qu'Hideko Takamine, souffrant semble-t-il de tuberculose, la
suive sur une île qui possède une forêt pluviale où « c'est rare qu'il
ne pleuve pas dans le mois », c'est pas vraiment savoir prendre soin de
sa jolie fleur. Ah tu peux faire le malin une fois qu'elle est fanée
par ta faute, imbécile !
Pourquoi Nuages flottants au lieu de Nuages pluvieux ?^^ Mystère...
Comme une épouse et comme une femme. Mikio Naruse. 1961.
Mais c'est pas vrai ! Encore un film magnifique... Comment est-ce qu'on
a pu ignorer ce cinéaste pendant si longtemps, c'est pas possible ?!^^
Ce film est sans doute le plus mélodramatique de tous ceux que j'ai
vu jusqu'à présent. C'est aussi celui qui casse enfin avec le monde des
geishas (même si Le Sifflement de Kotan était déjà une parenthèse).
Pourtant, il y a toujours un lien, parce qu'on a toujours un pied à
Genza le quartier des bars de Tokyo et que finalement, s'il ne s'agit
plus de geisha, c'est la même chose. Là, il s'agit plus de la condition
de la maîtresse.
Comme d'habitude, la première demi-heure introduit calmement les
personnages. Le film comporte tout de même moins de personnages que
d'habitude mais assez toutefois pour donner un rôle à pratiquement tous
les acteurs qui ont joué pour Naruse. C'est curieux de voir autant
d'acteurs habitués aux premiers rôles tenir un rôle minime dans ce
film, on peut s'amuser à se souvenir dans quel film on a vu tel ou tel
acteur (le plus souvent des actrices d'ailleurs). En fait, seule manque
dans ce film l'actrice du Repas, mais les autres acteurs du film sont
là^^.
Ensuite donc, toute l'intrigue se resserre autour de cinq personnages
dont on apprend à connaître le secret commun en quelque sorte dans une
même scène absolument géniale dans son déroulement. On a donc une
famille commune avec le père, la mère, la fille et le fils, à laquelle
vient s'ajouter la maîtresse. Ça c'est le point de départ du film.
Ensuite tout se complique quand la maitresse se plaint que son mari (on
peut presque l'appeler comme ça) ne vient pas assez souvent la voir.
Elle voudrait cesser de se cacher, voudrait profiter de lui, enfin,
après vingt ans de mensonge. Comme d'habitude, les hommes dans ce film
sont lâches (peut-être plus que dans les autres films mêmes), et donc
pour le mari, la meilleure solution est encore... de ne rien faire^^.
Vient alors cette scène avec des récits en mise en abîme dans laquelle
on nous expose le passé des personnages. Et donc le fait important du
film : les deux enfants ne sont pas de l'épouse, mais de la maîtresse !
(On peut pas rêver mieux comme nœud pour une intrigue). Bien sûr eux ne
le savent pas. Ce qui signifie bien sûr aussi que la mère, l'épouse,
sait que son mari a une maitresse. Entre les trois adultes ça n'a
jamais été un mystère. L'homme, comme d'autres comme il est montré dans
le film, est donc pas loin d'être polygame. Une femme et une femme «
non officielle ».
La maitresse est donc mise face à son destin en quelque sorte. Parce
qu'elle ne supporte plus la solitude. Seulement, voilà aussi tout le
dilemme pour elle : elle est gérante d'un bar à Genza... qui est la
propriété de la femme de son amant ! Encore plus tordu, toutes les
dépenses relatives au bar, elle les sort de sa poche. Ce qui fait que
si elle décide de quitter son amant, elle risque de tout perdre. Elle
va donc voir l'épouse et lui propose donc qu'elle lui donne une
certaine somme d'argent et en échange elle quittera son mari. Mais
l'épouse ne s'en laisse pas compter, elle sait qu'elle est dans son
droit et renvoie la maitresse « à sa vie facile ». (Là il est ironique
et assez symptomatique du ton, assez proche de la « despéritude »^^
propre aux films de Naruse, parce que l'une voudrait être à la place de
l'autre et vice et versa).
La maitresse rentre donc chez elle (au passage, il faut voir Hideko
Takamine chanter son désespoir !) et là sa grand-mère qui vit avec elle
(paradoxalement, cette présence rappelle un peu plus qu'elle vit seule,
sans avoir construit de famille et donc accentue l'effet de
solitude...) lui conseille (hou la bourrique !^^) de reprendre ses
enfants. Alors qu'elle même avait conseillé à sa petite fille de les
abandonner à leur père pour qu'ils aient une vraie famille... La
maitresse informe donc son amant qu'elle compte reprendre au moins l'un
d'entre eux, le plus jeune, qui a maintenant quinze ans. Comme
d'habitude, le mari ne fait rien, c'est comme si elle ne lui avait rien
dit^^. Elle part donc à la sortie de l'école et passe la soirée avec
son fils, qui la connait pour être la gentille gérante du par que
possède ses parents. Finalement le fils apprend la nouvelle et rentre
chez lui.
Voici donc la grande scène de dénouement où les masques tombent. Le
fils boude et s'enferme dans sa chambre. La fille qui ne sait encore
rien arrive (à signaler que c'est l'actrice, un peu plus vieille
puisqu'elle a ici 18 ans, qui joue dans le Sifflement de Kotan — pour
faire le lien avec ce film, Naruse la montre en train de s'épiler les
sourcils, elle qui trois ou quatre ans plus tôt avait une magnifique
toison qui lui donnait du caractère). Son frère lui révèle tout. C'est
à cet instant que leur mère, la vraie, arrive. Cette fois ce sont les
parents qui enferment les enfants dans leur chambres pour qu'ils
n'assistent pas au règlement de compte. Ça se chamaille comme dans un
film de Naruse (c'est-à-dire en papotant), ça pleure. Les deux femmes
cherchent vainement à convaincre l'autre que les enfants sont les
leurs. Quand on demande au mari d'intervenir, il dit préférer ne rien
dire justement pour ne pas froisser l'une ou l'autre^^. Il propose
alors un peu pour se dérober de ses propres responsabilités de convier
les enfants à la discussion (plus on est de fous...). Pas la peine, ils
ont tout entendu. « Papa, maman, je vous hais ; et vous je vous hais
encore plus »^^ Voilà tout le monde est malheureux, c'est merveilleux
et nous on pleure parce que ça fait une heure que les scènes se
suivent, intenses, avec la bonne musique d'ambiance pour bien
accompagner nos larmes. C'est pas vraiment la fin du film, mais c'est
tout comme. Dans l'épilogue, on voit que la fille a quitté le foyer, et
que le fils attend de rentrer à l'université pour la suivre...
Ça c'est du mélo !
Thé et sympathie. Vincente Minnelli. 1956
J'adore ce film. Ça faisait douze ans que je ne l'avais pas vu. Autant
dire que je ne me rappelais pas tout du film. Pourtant c'est comme si
je l'avais vu hier.
J'ai retrouvé les notes que j'avais prises à l'époque. C'est assez
marrant de les lire plus de dix ans après. C'était l'époque où
j'écrivais tout au stylo plume, où j'écrivais encore très bien avec de
jolies lettres rondes ; c'était l'époque des premiers films vus au
Cinéma de minuit.
Voilà le genre de bêtises que je pouvais écrire au lycée^^ (bon maintenant, j'ai aussi le talent pour en écrire d'autres, je ne me fais pas d'illusion...) :
"A aucun moment le scénariste ne se laisse embarquer dans la
complaisance du spectateur. Tout est fait dans le drame pour frustrer
et émerveiller. Car le spectateur voudrait qu'un véritable amour puisse
s'installer entre Laura Reynolds et Tom Lee. On attend, on espère ;
mais ce la n'arrivera jamais. On sait que le scénariste doit tendre
l'élastique (^^) sans se laisser aller à la facilité heureuse d'un
rapprochement entre les deux personnages principaux. Le spectateur
suffoque, attend une libération qui ne viendra jamais ; c'est lui qui
craque à la place des personnages. On aimerait qu'ils s'échappent tous
les deux. Mais c'est impossible — c'est un amour impossible. Un amour à
peine dévoilé (le mystère de la nature de leur amour persistera jusqu'à
la fin : même si on s'en doute, on aimerait qu'ils se le disent, ce "je
t'aime"). Et quand à la fin Tom lit la lettre de Laura qui a quitté son
mari (qu'elle ne sait plus aimer) et qu'on apprend que Tom est marié et
qu'on voit sur son visage qu'il est heureux, on ne peut être que
dégoûté de voir que l'amour passé de Tom pour Laura, jamais avoué,
n'est plus qu'un bon souvenir pour lui, alors que nous sommes, nous,
toujours dix ans plus tôt, comme Laura qui assume encore aujourd'hui
les conséquences de cet amour : "quand un caillou tombe dans l'eau, il
fait des cercles jusqu'à l'infini et les conséquences sont infinies."
On comprend alors que le personnage qui était en fait le plus en danger
dans ce drame c'était Laura. Tom, lui, avait droit à une seconde
chance, celle-là même que Laura avait sans doute eu avec lui.
Un drame de ce type montre bien que le happy end n'est pas ce
qu'il y a de plus beau. La fin est tragique (surtout pour Laura), la
tension n'est pas retombée (le caillou continu de faire des ronds...)
comme dans un dénouement classique.
Une oeuvre qui restera toujours dans les coeurs (MDR^^).
Il faut noter aussi que cet amour transparait derrière un sujet brûlant
(!) celui du manque de virilité. Derrière la description psychologique
et de moeurs, c'est toujours l'amour, l'amitié des amants, qui prévaut
(une amitié qui pourrait se confondre facilement avec de la pitié comme
Tom le fait remarquer à Laura. Cette situation n'est pas un prétexte à
la romance mais plus une cause (ça veut rien dire ça^^).
Le drame est aussi profondément psychologique. Laura est la mère
que Tom n'a jamais eu, comme autrefois son professeur de secondaire
("depuis j'aime toutes les femmes avec des voitures décapotables" —
dans la version d'hier, c'était des femmes avec des polos...). Ce
complexe d'Oedipe est au cœur de la relation mystérieuse qui entoure
les deux personnages, l'interdit aussi."
Voilà ce qui est fascinant dans ce film, c'est cette relation
adultérine, voir incestueuse, on en sait rien (un inceste un peu
symbolisé également par l'homonymie des deux acteurs... un peu pervers
le Minnelli). Même aujourd'hui, on aurait du mal à traiter un tel
sujet. Mieux, pendant toute la première partie du film, il est suggéré
que Tom est homosexuel. C'est justement la question de sa virilité qui
prend une grande partie du film. Là fascination vient surtout de là :
on ne sait pas, rien n'est explicité, on essaye de comprendre.
Finalement, même à la fin, on a pas de réponse. On sait qu'ils
s'aimaient tous les deux, mais on ne sait pas à quel point. Pour Laura
bien sûr, on imagine bien qu'elle l'aimait comme une folle, sinon elle
n'aurait pas quittée son mari ; mais pendant tout le film, on cherche à
comprendre ce qu'elle fait, si elle est consciente de ce qu'elle
fait... On est comme Tom, on se demande si ce n'est pas simplement de
la pitié, le fait qu'elle l'apprécie juste entant qu'ami et qu'elle
veuille juste aider un ami, on en sait rien jusqu'à la fin, mais même à
ce moment, elle n'exprime pas son amour, elle ne parle que des
conséquences de ce qu'elle ressent, sans jamais expliciter ce qu'elle
ressent. Pour Tom, c'est pareil. On se demande un moment s'il n'est pas
homo, puis s'il ne l'aime pas comme une mère, puis une confidente, puis
on se questionne sur la véritable nature du baiser qu'il donne à Laura,
avant que la serveuse avec qui il flirte lui dise qu'il a des mains de
jeunes filles et qu'il pète le plomb et qu'on se repose à nouveau des
questions sur sa "virilité" et donc sur la nature de son amour pour
Laura, pour enfin finir apprendre qu'il a fait un mariage heureux...
C'est presque comme du Shakespeare : beaucoup de questions, jamais de
réponse. Toutes les hypothèses sont possibles. C'est un peu parfois
comme dans la vie. On agit sans savoir pourquoi, on fait des choses
contradictoires... certaines choses ne s'explique pas, ne sont pas du
domaine de la raison. Et c'est ça que rend parfaitement bien ce film.
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segunda-feira, agosto 18, 2008
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Courant du soir. Mikio Naruse et Yuzo Kawashima. 1960 Encore une histoire qui se passe dans une maison de geisha et encore plus désespéré que Au gré du courant tourné quatre ans plus tôt. Cette fois Naruse y ajoute la couleur Technicolor, mais c'est franchement pas plus réjouissant. On est encore à un stade encore plus avancé dans la destruction de la société traditionnelle et comme toujours la description des maisons de geisha est parfait pour illustrer cette fin d'un monde de plus en plus occidentalisé. Comme souvent chez Naruse, le début du film, est très dur à suivre. Il nous présente cinquante personnages en même temps et on peine à les reconnaitre d'une scène à une autre, faire le tri entre les personnages qui deviendront les personnages principaux et les autres. En fait, ça doit être voulu parce que le récit se concentre toujours plus sur de moins en moins de personnage, un peu comme pour signifier encore plus la mort, la destruction des choses et des êtres, comme dans un récit du type Dix petits nègres ou Alien... Et ce début, là cette fois, c'est un vrai choc pour ceux qui ont vu les précédent film de Naruse : ça y est l'occidentalisation des mœurs est là, et ça nous saute à la figure, et l'effet et d'autant plus réussi avec ce Technicolor très agressif. Et on voit les jeunes geishas se trimballer en maillots de bain à la piscine municipale en train de se faire mâter par quatre ou cinq idiots — bref, le Japon comme on l'imagine et le connait aujourd'hui. Et puis, au bout d'une heure (oui c'est un peu long^^), là c'est la révolution. On commence à se familiariser avec les personnages principaux, à connaitre les enjeux de leur vie, les conflits. Et là ça sonne comme du Altman, avec toutes ces histoires racontées en même temps, autour d'un même lieu, mais avec des personnages différents. Et petit à petit, on est plus dans le Altman, on passe au mélo avec les bouleversements des révélations. On se focalise maintenant plus que sur deux histoires, toutes les deux basées sur un trio amoureux. D'abord, la mère et la fille qui sont amoureuses d'une même homme, en secret... le cuisinier de l'établissement, ancien déporté de guerre en Sibérie et qui aimerait franchement se trouver ailleurs qu'entre ces deux nanas^^ (d'ailleurs il va finir pas se barrer). Et ensuite, une geisha, heureuse avec son amant avec qui elle compte se marier (et donc par conséquent abandonner le métier de geisha une fois qu'elle aura assez d'argent — on peut pas être mariée et geisha je crois, et ça se comprend^^), mais qui voit l'arrivée de son ancien mari qui a fait un petit séjour en hôpital psychiatrique et qui compte bien la voir revenir avec lui... C'est une fois que toutes les révélations, que tout le monde sait qui est qui, que le mélo se met en place. Les scènes poignantes entre la mère et sa fille qui se disputent un homme (qui lui ne les aime pas) ; le dilemme de la geisha et de son amant pour faire comprendre à l'ancien mari qu'il n'est plus rien pour elle, sans qu'il pète les plombs. Et bien sûr comme dans tout bon mélo, ça se termine par une tragédie. L'une des histoires se terminant avant l'autre, tragiquement, et l'autre restant ouverte, comme pour dire "la société japonaise survit encore, mais pour combien de temps". Parmi les histoires secondaires du film, il y en a une ou deux savoureuses, notamment, cette geisha qui termine souvent bourrée, avec un caractère bien trempé (signe que les Geishas ont bien changé... elles qui doivent par exemple connaître l'art de la conversation pour distraire ces messieurs qui viennent se détendre dans un salon de thé, eh bien elle, se comporte comme une garce et n'hésite pas à renverser deux verres de bières sur ses messieurs quand ils disent quelque chose qui ne la convient pas^^). Ou encore, la fille d'une des geishas de la maison, qui passe son temps à vouloir se suicider ; ses tentatives paraissent à la fois désespérée et comique tant elle essaye, se plante et que le récit n'a aucune pitié pour elle : elle se plante et sa mère arrive et lui dit que si elle veut se suicider qu'elle le fasse proprement pas en ennuyant tout le monde^^. Bref, encore un magnifique film de Naruse, avec encore et toujours le plaisir de retrouver ces incroyables actrices, capables d'exprimer trois cents émotions à la minute. Impressionnant, dur au début, mais captivant.
Quand une femme monte l'escalier. Mikio Naruse. 1960. Encore un excellent Naruse, un mélo et encore une fois Naruse poursuit son travail sur la destruction de la société japonaise à travers celle des Geishas. Cette fois ça y est, on a plus affaire à des Geishas, mais aux hôtesses qui ont pris leur place dans les bars. Ce sont en fait des call girls qu'on vient vient voir dans les quartiers des salons de thé où les geishas se font rares (on en verra qu'une d'ailleurs durant tout le film pour montrer la désuétude de son apparence par rapport à celle de ces hôtesses). Même principe en fait que les geishas, elles doivent faire la conversation et boire avec les clients et plus si affinité... Là, l'admirable, l'extraordinaire, Hideko Takamine, toujours au rendez-vous, joue une veuve d'une trentaine d'année obligée de travailler dans un de ces bars souvent citués au-dessus d'autres commerces. Le titre du film fait référence aux marches que le personnage d'Hideko, Mama, déteste monter pour ce rendre auprès de ses clients. Parce qu'elle a horreur de ça. Elle est très belle, beaucoup de clients voudraient être son protecteur, mais comme elle ne tient pas à se donner à n'importe qui, elle reste « prude ». Pourtant, elle arrive à un âge où il va falloir qu'elle fasse un choix : chercher un protecteur qui voudra bien se marier avec elle (mais quel homme respectable voudrait se marier avec une telle femme, même très « prude » ?) ou ouvrir elle-même un bar où elle pourrait accueillir tous ces nombreux clients. Hideko ne semble pas savoir ce qu'elle veut. En fait, elle voudrait bien qu'on décide à sa place. Ce n'est pas une femme d'entreprise, c'est une femme au foyer (d'ailleurs on se demande ce qu'elle vient faire dans ce milieu) et en secret elle attend que l'homme qu'elle aime vienne la chercher sur son cheval blanc... Son intelligence ne l'empêche pas d'avoir encore dès rêves de jeune fille... Comme d'habitude, il faut un moment pour que les personnages se mettent en place et qu'on comprenne quels sont les enjeux de tout ça et surtout d'entrevoir un peu mieux ce que les personnages désirent... Un désir souvent contraint par les lois de la vie, le mariage, l'argent, la réputation... Donc là, on comprend vite qu'il s'agit d'un jeu à quatre. Hideko au milieu de trois hommes. Après l'épisode d'une amie de Hideko qui se suicide (un thème déjà présent dans le film précédent), la lumière se fait donc sur les sentiments des personnages et d'abord sur ceux très confus de ce personnage principal qui ne sait pas elle même ce qu'elle veut. On l'apprend très vite, elle aime sans lui dire, l'un de ses clients les plus distingués, un banquier, marié, fils de bonne famille, joué par l'excellent Masayuki Mori (un habitué de Kurosawa qui avait le rôle titre notamment dans l'Idiot, donc bien loin du personnage qu'il a ici). Mais lui semble lui porter peu d'attention. Il y a aussi un autre homme, le gérant, qui est aussi son meilleur ami, dont on apprendra qu'à la fin qu'il l'aime aussi, joué par Tatsuya Nakadai (un habitué des films de Naruse et des films de katana, sa beauté et sa « force tranquille » étant tout à fait utile dans les rôles de samouraïs) ; malgré sa beauté, malgré toute l'attention qu'il lui porte, elle ne voit rien, mais de toute façon quand il lui dira à la fin du film, elle lui dira que ça peut pas marcher (il a pas le profil du prince sur son cheval blanc). Et enfin, le client mythomane, un peu fauché, soit disant patron d'usine, et surtout totalement marié. C'est avec le dernier, le mythomane, que le mélo commence. Hideko, alors qu'elle commence à réunir l'argent pour monter son bar, un peu résignée donc à monter un genre de commerce qu'elle abhorre mais où elle est sûr d'avoir des clients, se voit donc proposer en mariage par ce bonhomme, franchement pas très beau, mais gentil. Elle finit donc par accepter sa proposition, finit par ce dire que finir avec lui c'est toujours mieux que de rester dans ces bars à vie. Jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'il est marié et qu'il n'en est pas selon sa femme à son premier coup d'essai... « Pourtant, vous êtes jolie, vous n'avez sans doute pas pris au sérieux sa proposition» dira-t-elle à ma belle Hideko... Bah si. Première humiliation. Elle vient noyer sa misère dans un bar et dans quelques verres de whisky. C'est là que son charmant banquier, accompagné d'une belle geisha comme on en fait plus, la remarque. Elle est ivre. Il congédie la geisha et ramène la belle dans appartement. Elle allègrement ivre lui dit qu'elle l'aime depuis le premier jour, on connait la chanson... il en profite pour la peloter, lui dire « je t'aime aussi »... et au réveil : « bon ben il faut que je parte. » « Ah non reste encore un peu ! » « Non mais c'est que j'ai été muté à Osaka... » On reconnaît là toute la lâcheté des personnages masculins chez Naruse, comme chez Bergman, comme chez Almodovar... Et puis il lui explique que même s'il restait à Tokyo, sa famille ne comprendrait pas, il est de toute façon bel et bien marié. Bref, le goujat de première. Le rêve s'écroule encore plus pour Hideko, elle qui était resté vertueuse tout ce temps, qui se donne à l'homme qu'elle aime et qui se barre dès le petit matin. C'est un mélo, alors il faut en rajouter une couche tant que c'est encore possible. Le gérant arrive alors. Sans doute un peu jaloux, il les a vu partir ensemble la veille et a dû veiller toute la nuit en face de l'appartement de sa belle. Donc dès que le banquier est parti, il ramène sa fraise pour lui révéler son amour... Les hommes choisissent toujours les meilleurs moments pour annoncer ce genre de chose^^. « Tu l'aimes ? Je m'en doutais... mais moi aussi je t'aime ! Marions-nous et ouvrons un bar ensemble. » Un bar !!!!! mais elle en peu plus des bars, ce qu'elle veut elle, c'est préparé le riz gluant de son petit mari quand il rentre du travail et puis c'est tout, le japanese way of life quoi. Donc elle pleure, elle pleure, et lui se voit prié de quitter les lieux... Voilà, ça donne l'impression de personnages qui se croisent sans jamais se trouver. Un peu déprimant, mais tellement vrai. Pas forcément très originale dans sa conception, mais dans la réalisation et l'interprétation, c'est tellement parfait que ça en fait vraiment un film excellent. Hideko Takamine, c'est le genre d'actrice, tu la mets au milieu d'un histoire bien mais sans plus et elle vous transforme ça en énorme film, comme Gong Li, comme Anna Magnani... Le film est sans doute un peu moins abouti (la fin est pas terrible, trop courte), mais rien que pour elle, je crois que je voudrais ce film dans ma pochette de trois cents films sur une île déserte. Bon, c'est bien, depuis le Repas, que j'ai dû voir il y a six mois, je n'arrête plus avec Naruse. J'ai rarement été déçu. Quoi que là j'ai des muets à voir, ça a l'air plutôt baroque comme truc^^.
L'Eclair. J'ai pas compris le film. Je devais être un peu distrait par la beauté d'Hideko Takamine, mais j'ai pas bien compris où l'histoire voulait en venir. Ça ressemble en fait aux débuts des films de Naruse, débuts où on apprend toujours à connaître des personnages, mais d'habitude, après il y a un truc qui se passe, là non, la fin arrive vite, j'ai pas compris pourquoi. On a droit à la fin à un dénouement entre le personnage de la fille et de la mère, pourtant, j'avais pas l'impression que ça semblait être le thème du film. J'attendais l'histoire d'amour, le mélo et on s'en tire avec un film psychologique sur la réconciliation entre une fille et sa mère... J'ai dû raté une bobine là. Le Sifflement de Kotan. Très étonnant de voir Naruse quitter la ville pour les kotans (villages) aïnous de l'île d'Hokkaido. Mais au fond pas tant que ça. Qu'est-ce que fait le plus souvent Naruse ? Décrire une société japonaise qui change sous l'influence de l'occident. Il le montre le plus souvent à travers des histoires de geishas, des histoires d'amour ou des histoires de femme au milieu d'une famille (souvent monoparentale), et là finalement c'est la même chose... Donc on est sur l'île d'Hokkaido, et on suit une famille aïnou, un peuple d'une ethnie minoritaire au Japon. Il y a le fils, doué à l'école, le père ivre depuis que sa femme est décédée (encore joué par Masayuki Mori, avec encore un rôle à mille lieu de ces autres rôles ! il suffit de voir le personnage de banquier bien respectable qu'il jouait dans Quand une femme monte l'escalier ! c'est l'acteur caméléon japonais !) et la fille idéale qui prend soin de tout le monde, belle comme un ange. Le conflit social, là il est très clair. Les enfants, aïnous, sont victimes du racisme japonais à l'école. Encore une fois Naruse commence par décrire un grand nombre de personnage avant de se recentrer sur ceux qui deviendront les principaux (le fils et surtout la fille, comme d'habitude, Naruse ne s'intéresse qu'aux filles). C'est comme ça qui suit un bon moment la voisine qui vit avec sa grand-mère, qui rêve de faire de la danse, qui flirte avec un japonais. Sa grand-mère va un jour voir le père de ce garçon, qui est le directeur de l'école et qui a toujours été correct avec les aïnous. Elle y va dans l'intention de connaître ses intentions si jamais leurs enfants décidaient de se fiancer, elle y va avec un peu d'espoir, vu le personnage (joué d'ailleurs par Takashi Shimura, l'éternel humaniste des films de Kurosawa, donc l'acteur idéal pour ce rôle), mais bon, comme il fallait s'y attendre, il lui fait comprendre que ce n'est pas une bonne idée... Après quoi, la grand-mère tombe malade, puis la fille disparait (on ne saura jamais ce qui lui est arrivée... c'est très narusien ça : il développe des personnages et il les délaisse presque consciemment en cours de route comme pour coller un peu plus à la vraie vie où souvent on perd de vue même son plus proche voisin) et enfin la grand-mère meure... Le récit peut alors s'attacher complètement au destin de la famille que je décris plus haut. La fille est choisie par le professeur de dessin pour être son modèle, elle s'entiche un peu de lui, mais il finit par partir pour Tockyo (avant d'être parti pour la grande ville de l'ïle, Saporo, avec elle pour présenter son tableau à un concours), le fils se bat avec d'autres élèves (japonais eux) qui le jalousent et le martyrisent, le père qui parvient à se détacher de l'alcool mais qui moura à la fin écrasé par un arbre (il avait trouvé une place de bucheron). Ça commence donc comme un film sociale, avec des oppositions entre deux cultures, ils nous mènent tranquillement au mélo avec une ou deux amourettes, deux morts cruelles... Tout ça pour laisser les deux orphelins à la fin, livrés à leur oncle cruel. C'est toujours la même chose, même là en plein dans les bois, mais c'est toujours aussi efficace. On se croirait presque dans un flim de Muyazaki. Les Aïnous et surtout leur culture animiste (avec tous ces esprits de la forêt) ressemblent à des peuples qu'il décrit très souvent dans ses films. Naruse ne respecte pas totalement la culture aïnou. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur le net pour s'apercevoir qu'il y a un ou deux trucs qui ne sont pas retranscrit dans le film. Par exemple, il a bien pris des Japonais pour jouer les Aïnous et je commence à faire des progrès en japonais^^ et il me semble qu'ils parlent tout le temps japonais aussi... En tout cas, c'est bien dépaysant comme film. Et puis savoir qu'il y a aussi un problème de racisme au Japon, finalement, tout le monde a les mêmes problèmes. Dommage que la fille n'ait pas fait d'autres films, elle avait un sourire encore elle... Et comment est-ce qu'on a pu mépriser un tel cinéaste pendant si longtemps ?! le grand mystère. A côté, Ozu, c'est vraiment du pipi de chat.
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terça-feira, agosto 05, 2008
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Encore un chef d'œuvre de Mikio Naruse : Une Histoire de femme (Onna No Rekishi). 1963.
Le début est un peu difficile, on se perd avec les flash-back, il faut se concentrer pour suivre parce que Naruse ne prend pas trop le temps de bien nous préciser qui est le personnage principale (en même temps le titre aurait dû me mettre sur la voie, mais comme je ne l'avais pas retenu).
Et puis finalement, l'histoire prend de l'ampleur en s'installant enfin dans une époque, pendant la guerre et le bombardement américain. Ça devient un peu épique (même si on sort jamais vraiment de Tokyo), mais surtout, c'est très mélo. Dans le bon sens du terme, ça reste très digne, très mesuré, comme toujours chez Naruse. On pense à ce moment à Docteur Jivago, mais un peu comme si le récit adoptait le point de vue de Laura ─ les histoires de femme, c'est toujours plus intéressant^^.
Les décors sont tout aussi incroyable pour nous européens que dans Meshi, mais là, on se croirait vraiment dans un manga, avec toutes la tradition du mobilier ou des habillements japonais ; et guerre oblige, pas les plus raffinés.
On retrouve avec plaisir un acteur fétiche de Kurosawa (et du Sabre du mal), Tatsuya Nakadai. Mais surtout, Hideko Takamine, une actrice que j'avais déjà dû apercevoir dans Nuages flottants, mais qui m'avait pas marqué plus que ça. Et là... je crois que j'ai rarement vu une si bonne actrice...
Le Naruse de la semaine dernière m'avait un peu déçu, j'ai de nouveau de l'espoir pour la suite^^. Un petit B+.
Indiana jones et le Royaume du crane de cristal. Spielberg. Sympa. Lucas voulait se faire plaisir en faisant évoluer son personnage jusqu'à la période de son enfance... ayé lé content le George ?! Bon, c'était pas indispensable, Spielberg relégué au rang de simple ouvrier, ça lui fait des vacances, alors que Harrison sort lui de sa retraite... Sympa, c'est le mot. Un petit jeu "sympa" si on s'ennuie pendant le film (par exemple pendant les nombreuses poursuite en véhicules sur fond bleu) : dans quelle scène se cache Chewbacca et le Faucon millenium.
Le monde de Narnia I et II. Je suis bon spectateur, j'aime assez... malgré certaines bêtises dans l'histoire. Je sais pas si c'était déjà comme ça dans le livre ou si c'est les scénarios qui ont fait des raccourcis débiles, mais là parfois il y a vraiment des trucs à la limite de la vraisemblance. Les lignes de l'intrigue sont parfois bien visibles... Et c'est pas parce que c'est une histoire pour enfant qu'on doit débiliser la trame, voir certains personnages, qu'on doit faire apparaître des personnages ou des créatures qui semblent connaitre les héros, mais que nous spectateurs, on ne connait pas (c'est mal élevé de ne pas présenter !^^)... Un blaireau qui parle, une "souris bottée... non mais c'est quoi ça ? on est parfois plus chez Perrault que chez Tolkien ! On est parfois plus dans le conte que dans l'héroic fantaisy, et c'est à mon avis le gros défaut de cet univers. On ne sait pas trop où on est en fait.
J'ai préféré le second, justement parce que les personnages sont un peu plus vieux, ils ne passent pas leur temps à s'émerveiller... Et puis le premier film , le metteur devait avoir l'esprit ailleurs, parce qu'il n'arrive pas du tout à diriger les enfants... Son rôle, c'est de leur expliquer pour chaque scène la situation, de bien leur faire comprendre ce qui vient après, et surtout d'où ils viennent pour jouer dans la continuité... Et là, parfois les acteurs sont complètement perdus, jouant des situations passagères et en oubliant le contexte (leur frère est chez la Sorcière blanche, ça devrait les préoccuper mais non, ils vont s'amuser et profitent de la vie magique à Narnia - Ah leur frère a vendu son âme pour des loukoums, ils ne valent finalement pas plus que lui^^ Comment avoir de la sympathie pour des personnages aussi débiles ?!...).
Nuages d'été, Mikio Naruse. 1958 Encore un magnifique film de Naruse. Cette fois pas de véritable drame. Il s'agit plus d'une chronique d'une famille juste après la seconde guerre mondiale et le récit d'un monde qui change : les parents paysans contre les enfants qui veulent aller travailler à la ville ; les parents qui s'arrangent pour faire des mariages arrangés et les enfants qui sont bien décidés à faire des mariages d'amour ; et entre les deux, la jeune tante, veuve de guerre, qui vit encore avec sa vieille belle mère et qui travaille encore dans les champs alors qu'elle envoie son jeune fils à l'université.
C'est elle le personnage central de cette histoire, mais elle en est pas pour autant le personnage omniprésent. Elle sert juste de lien entre les deux mondes, car elle plus que les autres parents a compris les bouleversements du monde d'autrefois. Elle sert d'entremetteuse entre les familles pour marier son neveu, mais elle tombe amoureuse d'un journaliste qui l'aide à trouver une bru à son beau-frère et qui au départ n'était là que pour faire une étude de la perception des nouvelles lois de succession dans les campagnes, là où on emploie encore le plus les vieilles traditions - leur relation restera secrète car lui est marié ; et d'un autre côté, elle tente de convaincre le père, son beau-frère (si j'ai tout compris^^) que les anciennes coutumes ne sont plus d'actualité. Mais le père lui se tient aux vieilles traditions. Il ne peut rien faire quand son deuxième fils quitte la maison familiale pour rejoindre la ville pour devenir employé ; son aînée le rejoindra très vite et se mariera avec la fille que lui a trouvé pour lui sa tante (la fille adoptive de sa propre mère, autrefois priée de quitter son mari par celui qui était alors le chef de famille, son beau-père, à elle... parce qu'elle ne travaillait pas assez vite aux champs ! - c'est un peu compliqué et parfois dur à suivre^^), mais le mariage se fera seulement parce qu'ils s'aiment, et refuseront que le père fasse un mariage dans la tradition qui les aurait ruiné ; et le dernier fils, finalement, demandera lui aussi à aller à la ville, lui que son père avait promis à une autre fille de paysan mais qui veut rejoindre la ville et qui flirte avec le deuxième fils^^ (elle fera un avortement d'ailleurs)...
Bref, c'est Santa barbara (hou la vieille référence absolument plus d'actualité^^), c'est parfois compliqué à suivre parce que ça va très vite, et c'est pas forcément toujours très explicite, les nouveaux personnages étant le plus souvent pas du tout présentés... Mais c'est passionnant. Naruse arrive à donner un peu de chair à cette histoire en s'attachant aux personnages. Pas de méchant, mais de héros, rien qu'un conflit de génération et le choc deux mondes. Le ton n'est jamais d'ailleurs à la confrontation, ça reste un sac de nœud que tous essayent de dénouer ensemble. Reste le fatalisme et la nostalgie d'un monde qui se meurt, comme des nuages d'été, hauts dans le ciel, qui sont rongés peu à peu par le bleu du ciel d'été, comme l'eau de la rizière qui envahit peu à peu les labours...
Ça n'a rien de didactique ou d'austère. Naruse ne fait que montrer, il ne juge pas. Comme dans Le Repas, il adopte une position intermédiaire : dans le Repas, le femme finit par accepter de repartir avec son mari et dans Nuages d'été, il reste avec l'image de la tante labourant son champ sous le ciel bleu, en train de penser à ses neveux qui sont partis, à son amant qui est parti, à son fils qui le fera sans doute bientôt, alors qu'elle reste encore jeune. La musique et le technicolor ajoutent à la beauté simple du film, au ton nostalgique, on a parfois l'impression d'être dans un film de David Lean ; du Altman plus poétique en quelque sorte...
The Hitch-hiker. Ida Lupino. 1953. L'un des mythes de la culture us : l'autostoppeur. La version thriller du road movie, la version road movie du film de prise d'otage. Le film vaut ce qu'il vaut (un bon petit fim), mais c'est surtout une curiosité de voir un film noir écrit et réalisé par la Lupino. On imagine pas Kim Novack réaliser les Oiseaux, là c'est pourtant un peu ça^^.
Dans la vallée d'Elah. Paul Haggis. 2007
Un militaire est porté disparu dans une caserne aux USA. Son père, lui-même ancien militaire, est prévenu et part à sa recherche. Peu de temps après, on retrouve son corps ou ce qu'il en reste dans un terrain militaire près d'une route. Il a été découpé en morceaux puis brûlé dans une vaine tentative de dissimulation du corps. L'enquête est disputée par la police locale (par une femme flic au grand cœur interprétée par Charlize Theron) et par la police militaire us. Et au milieu de ces deux polices qui se mettent des bâtons dans les roues, le père (interprété par Tommy Lee Jone) poursuit sa propre enquête.
Le film suit alors les traces d'un film policier banal avec les doutes des enquêteurs, les fausses pistes, les revirements intempestifs... Mais ce n'est pas tant le cadre d'une simple enquête à résoudre qui importe, le film dépasse sa nature première et nous dévoile un malaise profond. Le malaise de l'Amérique tout entière, comme l'illustre symboliquement la dernière image du film avec ce drapeau américain hissé à l'envers pour signifier la détresse d'une nation en péril. Et plus particulièrement, le malaise de l'armée us, l'armée sensée apporter la liberté et la démocratie dans le monde, en Irak, et qui se révèle finalement être une immense usine à psychopathes, comme avant cela pendant la Guerre du Vietnam ou dans d'autres conflits.
Le film est donc avant tout une œuvre anti-militariste. Pas contre l'armée us n'est pas présentée comme le démon, pas plus que la politique de Bush qui n'est jamais évoqué, car même si on prend connaissance des exactions pratiquées par les soldats américains en Irak, ce n'est pas le sujet, l'accent n'est pas porté là-dessus. Tout est mis en œuvre pour faire comprendre que ces exactions sont inévitables en temps de guerre. C'est la cruauté de la guerre, voir de l'occupation d'un territoire, qui est ici mis en avant, sa futilité, son absurdité, les dégâts qu'elle apportent avec elle et dont personne ne pouvait soupçonner l'existence (malgré les Histoires qui se répètent...). Car au lieu de résoudre les problèmes, elle ne fait qu'en produire de plus sournois. Les militaires qui sont pris dans un conflit qui dure perdent complètement pied, ils n'y a que deux voies pour eux : la dépression ou la folie. Et dans tous les cas, la guerre participe à la destruction de ceux qui la font : il n'y a pas de gagnant.
Le film pourrait être résumé en deux scènes. La première quand l'un des trois meurtriers du fils de Tommy Lee Jones révèle tout durant un interrogatoire. On apprend pourquoi son fils était surnommé Doc (il s'amusait à planter ses doigts dans les plaies des Irakiens qu'ils ramassaient) et le militaire n'éprouve aucun ressentiment par rapport à son acte, pourtant il reste lucide quand il dit que ça aurait pu être lui un autre soir ─ pour eux, ce genre de choses, est tout simplement devenu le lot quotidien, une routine née en Irak pour tuer les principaux ennemis du soldat : l'ennui et la peur. La seconde, c'est quand Tommy Lee Jones revient à la fin du film, dans la chambre de son fils à la caserne et qu'il y croise un rookie qui vient s'installer. On comprend que ce jeune soldat, qui n'a encore rien vécu, n'échappera pas au futur que les démons de la guerre ont déjà tout bien préparé pour lui... comme le fils de Tommy Lee Jones, comme les amis de son régiment, comme l'armée us dans sa totalité, comme les idéaux et les illusions de l'Amérique...
Le film ne dénonce pas, il constate. Il n'en est que plus efficace, même s'il y a une grande part de pathos à peine crédible (le personnage de flic de Theron est trop sensible, mais pour les besoins du cinéma, de l'identification, de la catharsis, il ne pourrait en être autrement...). La mise en scène est terriblement efficace, elle colle à son sujet, adopte un ton totalement approprié, digne, refusant les effets de styles, c'est comme si le film portait du début jusqu'à la fin le deuil de toutes les victimes de cette guerre qui s'est officiellement achevée en 2003 : victimes des soldats, soldats eux-mêmes, leur famille...
Comme quoi j'avais peut-être tort d'être méfiant après avoir vu Collision, qui se perdaient trop vers la fin, où le pathos étaient vraiment trop lourd... Là, même si encore l'émotion est au centre de tout (peut-être à cause de la Theron comme j'ai dit), la mise en scène s'est tout de même pas mal épuré par rapport à Collision (sujet d'actualité et histoire vraie oblige peut-être).
Et voilà encore un film américain qui démontre qu'ils sont toujours prompts et efficaces à mettre en scène leurs propres démons. La qualité de la culture américaine tient aussi et surtout dans le fait qu'elle sait être honnête avec elle-même, elle ne se cache pas, au contraire elle sait mettre souvent dans la lumière la part d'ombre du rêve américain. On a peur de ce qu'on ne connaît pas (à l'instar de ces soldats us qui sont envoyés à l'aventure dans un pays qu'ils ne connaissent pas, ne comprennent pas et qu'ils ne peuvent appréhender que par la peur, peur qu'ils ne peuvent contrôler que par un excès d'agressivité refoulée ─ ou exprimée) ; on aime ce qu'on connait. Et si la culture us est si omniprésente, c'est qu'en dévoilant les contours de sa réalité, côtés obscures compris, on la cerne dans son ensemble, donc la connaissant mieux, on peut commencer à l'aimer. Difficile pour une culture qui ne fait pas son autocritique de se faire aimer. Voilà sans doute ce qui explique aussi le sentiment d'amour-répulsion que cette culture inspire dans le monde. ─ La France elle, attend toujours un film efficace sur la Guerre d'Algérie, sur le scandale du sang contaminé, sur le scandale des banlieues, sur ses syndicats pourris, sur les magouilles financières, sur l'impuissance chronique et la puérilité de ses dirigeants, sur le fonctionnement et le mode de promotion dans les entreprises... En France, on ne sait faire que des films glauques pour le gout esthétique du glauque ou des films consensuels, lisses, à gros budgets ; on ne sait pas et on ne veut pas faire entre les deux. Résultat, la production est souvent creuse, vide de sens, l'esthétique prime sur le sens (esthétique "glauque", esthétique creuse). Un fond ne peut pas être efficace sans une forme convaincante, une forme "jolie" n'est rien sans fond. Ça, même si certains le comprennent, on est incapable de le faire depuis un certain temps. Deux types de cinéma extrêmes continuent de s'opposer et dans leur volonté de ne pas ressembler à l'autre, ils s'enferment dans leurs propres erreurs. Tant qu'il y aura cette lutte ridicule entre deux cinémas, deux conceptions, deux cinéphilies, le cinéma français ne pourra traiter des vrais sujets de notre société, ne pourra pas porter son attention sur deux choses essentielles et indissociables ─ le scénario et le savoir faire de mise en scène ─ donc compter parmi les cultures qui comptent.
Ça donne la range qu'on ne soit pas capable de faire des films comme ça... C'est pas un problème de budget, mais bien de talent, de culture.
C+
Loin d'elle. Sarah Polley.2006.
Je ne pense pas que ce sera un film que j'aimerais revoir, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à l'avoir vu. Même si je ne suis pas sûr que le mot « plaisir » soit le meilleur dans cette circonstance... En fait on est happé du début jusqu'à la fin dans cette histoire d'amour (parce que c'en est une). On pourrait croire au début que c'est un film sur la maladie d'Alzheimer avec une description étape par étape de la lente descente vers la fin et l'oubli. Le film nous laisse d'ailleurs le croire pendant quelques minutes. Mais en fait, la maladie, n'est là qu'un contexte qui va mettre en œuvre des évènements, certainement communs à beaucoup de monde qui sont amenés à rencontrer cette maladie, mais qui au cinéma, n'a jamais été traité. Il suffit d'ailleurs de lire un commentaire sur la page imdb du film que la réalité de la maladie est tout autre et qu'il s'agit bien d'une histoire, d'un spectacle, un drame.
Dès le début du film pourtant, on a des indices que le sujet ne va pas être tout à fait ce qu'on attendait. Le montage nous présente en effet en parallèle deux ou trois époques. A différent stade de la maladie. Seulement, on ne sait pas encore où et quand on est et pourquoi on nous montre certaines scènes. Il y a un mystère qui fait avancer l'action et qui nous laisse nous attentif au déroulement de l'histoire. Un mystère qui demeurera finalement jusqu'à la fin, après avoir suggéré de quoi il pouvait s'agir. Car on est dans la même position que le mari, qui voit le comportement de sa femme et qui est obligé d'en tirer des conclusions. Et comme seul sa femme a (ou avait) les réponses, le film reste dans l'incertitude.
Pour faire court, le personnage de Julie Christie est atteint de la maladie d'Alzheimer donc, et comme il s'agit d'une maladie évolutive et dégénérative, on commence à la suivre au premier stade de la maladie. Pas d'annonce mélodramatique, elle le sait dès le début, et l'intro est tout juste utile pour tisser les liens entre les deux mariés, mon trer leur relation presque fusionnelle pour mieux la détruire par la suite. Ainsi, ils essayent de vivre ensemble jusqu'à ce qu'ils (ou plutôt elle) décident qu'il vaut mieux qu'elle aille dans une institution spécialisée. Le mari la prie de ne pas le laisser seul mais elle semble être sûr d'elle. A cet instant, on pense (et ça l'est peut-être finalement puisqu'on aura jamais de dénouement clair) qu'elle est sincère et qu'elle a du courage de décider ainsi temps qu'elle est encore en capacité de décider.
Le mari est obligé de la laisser un mois dans cette maison sans la voir – règle étrange – et quand il revient sa femme s'est entiché d'un homme devenu muet après un petit séjour dans le coma. Pendant quelques jours, le personnage de Julie Christie se montre distante avec son mari qui lui souffre de la voir s'être éloignée de lui. Il vient tous les jours pour essayer de recréer le lien perdu par un mois de séparation ou par la maladie, mais sa femme est toujours aussi distante, accrochée au bras de son amoureux légumineux. Puis à travers les diverses conversation avec sa femme, le mari commence à se demander si sa femme lui avait caché une aventure lointaine avec cet homme. Malgré tout il continue de venir la voir tous les jours, la regarde heureuse auprès de son nouvel (ou ancien) amant.
Puis la femme de cet homme le retire de la maison de vieux et le personnage de Julie Christie s'en trouve totalement désemparée. Finalement, son mari créera des liens avec la femme du vieux légume et il réunira les deux amoureux malades comme avant... sans qu'on ait bien sûr de réponse quant à la réelle nature de cette relation.
Bref, c'est drôlement bien monté, particulièrement originale comme histoire et pourtant sans doute très banale. La mise en scène est épuré, simple. Sarah Polley a bien suivi les leçons de son maître Atom Egoyan parce que si le scénario n'a rien d'un Egoyan, la mise en scène à tout du cinéaste canadien. De toute façon ça n'aurait pas fait un bon film hollywoodien parce que le mystère, les fins inexpliquées, les questions posées sans réponse, ça c'est pas possible...
Julie Christie est à tomber par terre. Une telle beauté à cet âge, c'est du jamais vu (le lifting le plus discret de l'histoire de la chirurgie esthétique ou sinon c'est du tout naturel). Au fil du film bien sûr on est un peu moins sous le charme, non pas parce que la maladie est plus présente (d'ailleurs le mari à un moment à un doute) mais simplement parce qu'on s'éloigne d'elle comme le titre l'indique, parce qu'on adopte le point de vue du mari qui n'a plus aucune cohésion, affinité avec elle.
Les autres acteurs sont très bons (être dirigé par une actrice c'est tout de même un gage de réussite à ce niveau) et particulièrement le muet Michael Murphy qui sait rester convaincant dans son rôle de légume sans trop en faire – bluffant.
Au gré du courant, Mikio Naruse.1956.
Pas la Naruse le plus réussi mais comme toujours si on s'intéresse à la culture et à l'histoire japonaise, on apprend plein de truc. L'histoire est plutôt banal, c'est plus une chronique sur la fin d'un monde (tiens encore), celui des Geishas après la guerre. La société s'occidentalisant, mais aussi à cause sans doute de la guerre qui a ruiné leurs « protecteurs », elles ont du mal à payer leur dettes dans leur okyia et les filles ou apprenties pensent à faire autre chose ou n'ont pas de talent...
C'est parfois encore compliqué à comprendre si on ne se renseigne pas un minimum sur la vie des geishas (et la traduction n'aide pas vraiment, avec des ces termes ou concepts intraduisibles), donc il faut s'accrocher (et j'avoue ne pas avoir tout intégré...), mais c'est un monde tellement exotique, qu'on découvre avec plaisir.
Et puis, il faut l'avouer, le film est surtout illuminé par la beauté douce et désabusée de Hideko Takamine, qui tournera plus tard Une Histoire de femme avec Naruse sept ans après (un bien meilleur film). J'espère que le cycle comprend le film juste avant celui-ci dans lequel elle a le rôle titre aux côtés de Mifune (ça c'est du duo !). Là malheureusement, on là voit trop peu, parce que c'est elle le personnage le plus intéressant du film : comme dans Nuages d'été, ce qui est intéressant c'est le changement de la société japonaise, et le personnage qui fait le lien entre les deux époques, les deux Japon, c'est bien elle, la fille de geisha réalisant qu'elle ne peut être entretenu par sa mère et qui commence à entrer dans la vie active. (Je suis tellement fan de la belle Hideko que je fais confier mon amour à mon oreiller).
L'Incroyable Hulk. Mouais pas mal... en tout cas bien meilleur que la daube de Ang Lee (même si j'adorais les acteurs). La mise en scène (française) est très soignée, ça ressemble à de la BD (donc là compliment), mais l'histoire est vraiment trop naze. Et je préférai Bana... et mince Liv Tyler elle vieillit, elle a plus sa peau de bébé...
Funny Games, version US. Peter Haneke. La version autrichienne est un pur chef d'oeuvre de cruauté (en dehors des bêtises mise en abymique, regard caméra ou retour rapide... doit y avoir un sens caché derrière tout ça, pas la peine d'une morale pour qu'on comprenne que la violence gratuite, c'est pas bien et que c'est la TV qui en est responsable — voir lui Haneke... — un peu la même idée que Benny's vidéo). Là, bah c'est pareil, puisque c'est le même film. Le Haneke faut pas le faire chier, Hollywood, il en a rien à cirer. "Vous voulez un remake ? Ok bah je vais le refaire à l'identique alors, avec d'autres acteurs...".
A la Pyscho version gus van sant. Sauf que là, c'est Haneke qui s'y colle et c'est le cas de le dire parce qu'il colle plan par plan au film original. Quel intérêt ? le même que celui au théâtre de voir une même pièce joué par d'autres acteurs.
L'actrice principale (que je ne peux pas piffrer) est productrice exécutif, j'imagine donc que c'est une idée à elle de vouloir faire un remake... C'est très oscorisant d'avoir un rôle de victime qu'on voit en train de pleurer pendant une heure à moitié à poil... Mais Haneke soit ne s'est pas foulé pour la direction d'acteur, soit les acteurs sont pas aussi bons que les acteurs autrichiens de l'original (en passant, c'est pas sympa de faire un remake sans penser à eux... tout est pareil, sauf eux... c'est quoi cette idée des ricains de vouloir tout refaire eux-mêmes.. Est-ce que les Vénitiens avaient comme intention de reproduire les soiries d'Orient ?!). J'ai rarement vu Tim Roth aussi mauvais (quoi que dans Hulk il était déjà pas terrible — les metteurs en scène étrangers lui réussissent pas beaucoup) ; et le fils est vraiment très mauvais — je me rappelle pas me souvenir que le jeune acteur autrichien étaient si mauvais. Michael Pitt en revanche est excellent, mais on croirait que le rôle a été écrit pour lui... c'est vrai il a toujours fait des rôles comme ça^^ des ados pervers, des détraqués.
Bref, c'est pas pareil, mais un peu tout de même... donc l'histoire est là. Cru et cruel. Un film indispensable, mais je préfère tout de même l'original.
The Glass Key.1942. Que du beau monde ! Alan Ladd, Veronica Lake et tous les meilleurs second roles de l'époque. Un pur film noir. Alan Ladd en parfait anti-héros, limite masochiste qui aime se faire casser la gueule (on dirait Nicholson dans Chinatown), une garce, un mafioso romantique, et une histoire incompréhensible. Il n'y a rien à y faire les Hammett et les Chandler, j'y comprendrais jamais rien.
La mise en scène laisse parfois un peu à désirer, pas forcément à cause du cinéast (totalement inconnu) mais peut-être aussi parce que c'est l'époque qui veut ça. C'est pas non plus du Wellmann ou du Howard Hughes... Un bon petit film quoi. (C'est étrange, j'aimais pas beaucoup Alan Ladd avant ça... mais là-dedans je trouve qu'il a sacrément la classe, le genre de type qui reste quoi qu'il arrive imperméable à ce qui se passe autour de lui, limite insolent dans sa désinvolture et dans ses pics — en fait il est tellement beau ce type qu'il est meilleur quand il ne sourit pas... il passe pour un bellâtre sinon).
The Strawberry blonde. Raoul Walsh.1941. Un peu déçu (en même temps j'ai dû louper certaine subtilité dans les dialogues vu que j'avais pas de sous-titres...). Là encore il y a une sacrée troupe d'acteur... James "œil-au-beurre-noir "Cagney, Rita 'strawberry blonde" Hayworth, Jack "meilleur second rôle masculin" Carson, et surtout sainte Olivia de Havilland.
Un vulgaire film de cul... Cagney doit choisir entre Rita et Olivia, il préfère la première, mais elle s'envole avant qu'il puisse l'enfermer dans sa cage, donc il se contente de Olivia, qui se révèle pas si vilaine que ça, surtout quand on voit comment tourne l'autre couple et le coup foireux que son meilleur ami lui fera (par deux fois).
Le début du film tourne un peu autour de la Rita, mais on a déjà les yeux rivés sur Olivia, alors que Jimmy ne l'a voit pas... Ils sont comme forcés de sortir en semble, ils s'engueulent... ce qui est toujours la meilleure façon de s'attacher l'un à l'autre (c'est bien ce que font les minous avant de s'embrasser, ils se miaulent dessus comme des mammouths). Et c'est la partie du film la plus intéressante du film... ça nous rappelle certains moments de Souvenirs d'une nuit d'été ou les amours entre Han solo et sa princesse joufflue.
S'il n'y avait pas les acteurs et la précision de la mise en scène franchement ce serait sans grand intérêt.
A la recherche de Garbo. Anne Bancroft va mourir (en vrai elle est morte cette année). Elle est fan de la Garbo et voudrait la voir avant de crever. Mais c'est la Garbo, elle vit pratiquement recluse depuis qu'elle s'est retirée prématurément du cinéma... son fils mène l'enquête alors que ça femme (princesse Carrie Fisher, sans son solo) et qu'il tente de garder son boulot (il quittera finalement les deux, finissant au bras de la ravissante Catherine Hicks, qui joue la mère dans la série Sept à la maison ou chez pas quoi...). Il finit par la trouver (elle ressemble plutôt à la mère d'Anthony Perkins dans Psychose), elle vient au chevet de la mère du héros à sa maman...
Tout ça est bien intéressant, comédie rythmée avec une musique pompière des plus kitch (j'adore)... j'ai rarement vu la Garbo aussi peu expressive dans un film^^. Quoi qu'il en soit le fim vaut surtout pour sa fin (on croirait que tout est fait pour cette fin). Le fils se trimballe dans un parc avec son amoureuse (qui a décidé elle aussi de laisser tomber son job pour devenir comédienne) et il rencontre par hasard la Garbo... "Tu sais pourquoi je t'adore, Gilbert ?! Parce que tu es un garçon plein de surprises... Oh mais c'est Greta Garbo ! Non je ne le crois pas ! Oh mais elle vient vers nous !" La Garbo : "Bonjour Gibert, comment allez vous ?" "Bien merci." Et elle se barre. La petite amie n'en revient pas et nous on est mort de rire.^^ Mince la Garbo quoi ! la star recluse qui a dû parler à trois personne en trente ans !^^
The Strange love of Martha Ivers (L'Emprise du crime), Lewis Milestone.
Eh ben en voilà un film qu'il est bien ! Je m'attendais pas franchement à un grand film, j'ai regardé ça un peu au hasard, et finalement pour moi c'est un beau chef d'oeuvre... curieusement totalement méconnu... Enfin, j'en avais jamais entendu parlé... sauf sans doute dans l'autobiographie de Kirk Douglas que j'ai lu deux fois (he oui il faut la lire, c'est la meilleure du genre à ce qu'il parait^^ : Le fils du chiffonnier), mais ça m'a pas marqué plus que ça... En parcourant wiki, on apprend (même ça j'avais oublié, comme quoi il va falloir que je le relise une troisième fois) que c'était Lauren Bacall, qui avait été une amie d'école de théâtre qui avait proposée son nom pour ce rôle. C'est donc son premier film, c'est n'est pas le rôle principal, mais c'est déjà un rôle très important... on voit rarement ça. D'autant plus que c'est pas vraiment un rôle comme il les jouera pas la suite. Là c'est un type faible...
Enfin bref, c'est pas Douglas qui fait le film. La distribution c'est tout de même quelque chose pour un film si peu connu ! Barbara Stanwyck (Assurance sur la mort, L'Homme de la rue, Ville haute ville basse..), je suis pas un grand fan, mais il faut avouer que là elle est parfaite... Van Heflin (3h10 pour yuma, Shane...) lui en revanche, j'adore : pas vraiment beau avec ses yeux globuleux, mais le public mâle (et j'en suis hun) n'aime généralement pas les bellâtres, parce qu'il a toujours l'impression qu'avec un moche, c'est lui qui va pouvoir partir avec la belle héroïne (ou encore que si lui en étant moche il arrive à se taper la secrétaire, c'est donc que pour lui c'est tout autant facile...) et surtout quelle intelligence de jeu, quelle présence, quelle autorité ! Et puis Lizabeth Scott, qui a les yeux presque aussi shootés que ceux de Lauren Bacall... Pour le scénario, c'est du lourd aussi parce qu'on a Robert Rossen, le réalisateur de l'Arnaqueur ou de Sang et or).
En dehors des acteurs, ce qui est surprenant dans ce film c''est avant tout le scénario et cette histoire qui sort vraiment de nulle part. J'ai jamais vu un truc pareil. Bien sûr c'est un polar, un film noir, mais ça respecte rien de ce qu'on voit dans les autres films du genre. Là, une seule référence, la seule qu'on peut voir véritablement dans la plupart des grands films noirs, c'est Oedipe roi. L'harmatia initial est commis très tôt, et il va conditionner tout le reste du récit. Bien sûr, là les protagonistes sont conscients des évènements (quoi que pas pour tout le monde, ce qui sera à l'origine d'un joli quiproquo sans lequel le film serait tout autre...), mais ça reste le même principe : on fait toute sa vie que récolter les fruits parfois empoissonnés qu'on a semé très tôt dans sa vie... Une fois que votre destin est écrit vous ne pouvez plus rien changer.
Donc je raconte en deux mots (ah ah je sens le tunnel^^). Tout commence dans les années 20, deux gosses de 13 ou 14 ans fuguent. Mais ils sont vite rattrapé parce que la fille est la nièce d'une riche héritière de la ville. Le garçon lui est un moins que rien. Les flics ramènent la fille chez sa tante, on fait connaissance avec son précepteur et surtout le fils de celui-ci qui a aidé à retrouvé la fille en leur indiquant le lieu de sa cachette... On sent que c'est un petit con, un peu amoureux d'elle^^. La nièce dit à sa tante qu'elle la déteste et file dans sa chambre. Un peu plus tard dans la soirée, son ami se présente à la fenêtre de sa chambre, c'est le fils du précepteur qui lui ouvre. Dehors il y a un orage et il n'y a plus d'électricité et de lumière dans la grande maison. Puis la chat (que déteste la tante) s'échappe de la chambre. La nièce demande à son ami d'aller le chercher, seulement il fait du bruit en descendant les escaliers et la tante vient voir ce qui se passe... Il se cache sous l'escalier, la lumière revient, la tante voit le chat et tape sa crise, la nièce descend accompagnée de fils de son précepteur resté lui dans le salon, la nièce et sa tante se dispute, la nièce prend la canne de sa tante... la tape violemment sur la tête, la tante dégringole des escaliers, inanimée. "Parricide, parricide !"^^ Pendant ce temps son ami a profité de la confusion pour s'échapper de la maison. Le précepteur arrive et en voyant la nièce avec la canne dans la main comprend ce qu'il s'est passé, mais il fait mine de ne pas comprendre et ils mettent tous au point les mensonges qu'ils devront supporter toute une vie : la tante a été tuée par un vagabond qui a pris la fuite.
Vingt ans plus tard. Un homme se trimballe sur les routes de je ne sais quel coin (bah quoi j'ai le droit de pas savoir où c'est^^). Arrive un panneau disant "Bienvenue à Iverstown". Le nom de la ville semble lui être familier ; il est tellement surpris qu'il finit sa route dans un arbre... Pas de gros dégâts, mais il va dans la ville pour faire réparer son auto. Très vite on comprend qu'il s'agit du jeune ami de la nièce qui s'était échappé le soir du meurtre. Il n'avait pas prévu de s'arrêter dans cette ville qu'il a connu autrefois, mais il veut en profiter pour revoir un peu du pays. Le rôle est joué par Van Heflin. Il fait la connaissance d'une jeune femme qui s'apprête à quitter la ville et qui attend un taxi et craint d'arriver trop tard pour son train, qui doit l'amener loin loin... Ils échangent des cigarettes, Heflin lui raconte comment il a atterri là, la fille (Lizabeth Scott) n'en dit pas assez... Toutefois, c'est quasi le coup de foudre. Helfin l'accompagne à la gare, mais elle arrive trop tard, ils vont aller dans le même hôtel, avec des chambres adjacentes, comme c'est intime^^.
La même nuit, le récit vient cette fois sur le couple Douglas-Stanwyck. Le fils du précepteur est devenu procureur et s'est mariée à la riche héritière de feu "la tante qui n'aime pas les chats". Les deux complices se sont mariés, c'est plus pratique... Quand on a un vice, un secret en commun, autant le partager ensemble pour éviter de prendre le risque qu'il s'ébruite. Pas vraiment un mariage d'amour, mais un marquage à la culotte. Le ton est donné : Douglas nouvellement nommé à je ne sais quel poste, à déserté la fête en son honneur et est venu se réfugié dans la vieille baraque d'autrefois, là où il vit encore avec sa femme. Il est saoul (comme il le sera le trois quart du temps), sa femme lui fait une scène et blablabla...
Au matin, les flics arrivent dans la chambre de Heflin, sa poule est partie en laissant un mot : elle ne souhaite plus partir et est allée revendre son billet... Elle revient qu'elle lui écrit... Mais les flics viennent juste le prévenir qu'elle sort de prison, qu'elle est en liberté conditionnelle et qu'elle devait prendre ce train... et donc qu'ils l'ont remise en prison. Heflin qui sait que son ami d'enfance, le fils du précepteur est désormais procureur décide alors de lui rendre une petite visite pour qu'il fasse jouer son réseau pour que sa dulcinée puisse sortir de la taule... Il le trouve dans son bureau à boire un ou deux verres "woah 20 ans qu'on ne s'était pas vu !" Stanwyck arrive (ça arrive ça les femmes qui vont voir leur mari au boulot ?^^) grand moment de retrouvailles : Douglas voit se reformer sous ses yeux les anciens amoureux, ceux qui voulaient quitter la ville ensemble... Douglas dit qu'il va l'aider mais il sent déjà qu'il y a quelque chose de louche derrière tout ça. Il s'imagine avec sa femme que Heflin revient pour leur faire du chantage, ayant été témoin du meurtre de la tante... (alors que nous on sait bien que s'il est là, c'est juste le fruit du hasard)
Voilà, ça c'est le point de départ. Ensuite, Stanwyk cherche à se rabibocher avec Heflin, Douglas qui a lancé les détectives privés pour en savoir plus sur son ancien ami, apprend que sa femme cherche à retenir son ancien amoureux dans la ville... Alors Douglas profite du fait que Heflin lui ait demandé de faire sortir sa copine pour le faire partir : il fait un deal avec elle. Elle accepte de jouer un rôle dans lequel Helfin croira s'être retrouvé embarqué dans une histoire de couple, Lisabeth étant mariée à un type... Bref, je rentre pas dans les détails... Des flics déguisés en méchants garçons, travaillant pour Douglas, jouent leur rôle, et Heflin finit au bord de la route, en dehors de la ville, quelque peu amoché. Seulement dans la bagarre, il a arraché en insigne de policier qu'un type cachait certainement dans une poche (c'est malin !^^). Du coup, il revient en ville, ayant compris qu'il y avait quelque chose de louche là-dessous. Il retrouvera la fille, lui pardonnera d'avoir participé à ce petit jeu, mais compte bien découvrir pourquoi Douglas veut tant qu'il quitte la ville. Il va les voir, et il comprend qu'ils pensent que sa présence en ville n'était pas du tout un hasard, sans dire pourquoi. Il se renseigne en ville pour savoir ce qui dans le passé aurait pu leur faire penser qu'il pourrait leur faire du chantage. Et il prend connaissance d'un procès, celui de l'assassin présumé de la tante de Stanwyk, dans lequel curieusement Douglas officiait. Il va voir Stanwyk et il n'a même pas besoin de la menacer pour qu'elle lui propose la moitié de ce qu'elle possède. Il ne fait qu'évoquer le procès, ça suffit... Heflin rentre à son hôtel ou sa poupée l'attend, mais Stanwyk s'invite à la fête et voudrait discuter des modalités de leur arrangement... avec son homme. Ils passent la nuit dans les bois où ils aimaient se cacher enfant et là, Stanwyk avoue avoir tué sa tante. Seul petit problème, Heflin n'était pas au courant et lui faire bien savoir... "Je m'étais enfui tout de suite, il faisait noir..." Stanwyk cherche alors à le tuer, mais comme dans les bons Hitchock, la scène de meurtre se change en scène d'amour. Heflin, le grand paradoxe, et l'une des idées vraiment originale du film, c'est qu'il est un peu encore amoureux d'elle (tout en l'étant aussi de sa poupée qui l'attend à l'hôtel).
A l'aube, la poupée l'a attendu toute la nuit et le voit arrivée raccompagnée par sa belle héritière... gros bisous sur la bouche à la clé. Elle est bonne pour une bonne crise de larme. Heflin : "mince je me suis fait gauler mais qu'est-ce que tu veux, je ne sais pas qui j'aime..."
Un peu plus tard, Douglas, qui s'imagine tout un tas de chose en ne voyant sa femme avoir découché, appelle Heflin, non pas pour lui lancer un duel, mais c'est tout comme : vient chez moi, j'ai un truc à te dire (c'est plus facile si je veux te tuer).
Heflin ne refuse jamais une invitation à dîner. Douglas l'attend bourré, il lui fait des menaces mais rien de bien méchant... jusqu'à ce qu'il se casse la gueule (il est bourré je rappelle)... dans l'escalier (ah ah le symbole). Il est inconscient mais il remue encore. C'est bien le terme. Stanwyk demande à Heflin de finir le travail, mais c'est lui le héros, lui qui n'a rien à se reprocher, ceux qui sont tombés du côté des méchants, ce sont eux, en tuant la tante... donc au lieu d'en finir avec lui au contraire il le soigne. Douglas se réveille et lui dit qu'il a peut-être laisser passer sa chance... Stanwyk les regarde papoter tous les deux puis leur met un feu sous le nez... On se dit qu'elle va hésiter sur qui tirer, ça papote "Elle voulait te laisser crever tout à l'heure" - "Je m'en fiche, à présent, c'est toi qu'elle tient en joug"^^. Mais Heflin la défit de tirer, et il part, lui le héros. Et les laisse à leur emmerdes. Les deux amants sont plus que jamais seuls, ensemble dans leur mensonge et dans leur crime. Stanwyk appuie sur la détente de l'arme que tenait Douglas "pan !", Douglas retourne à son tour l'arme contre lui "pan !". Heflin se retourne : bon débarras^^. Il peut aller rejoindre sa poule.
Trop fort^^.
This Gun For Hire (Le Tueur à gages) Frank Tuttle (1942)
Encore un film avec le couple Alan Ladd Veronika Lake. Les deux se ressemblent tellement que leurs regards pourraient sembler incestueux, ils sont comme frère et sœur. D'ailleurs, il n'est jamais question de sexe ou d'amour entre les deux : Lake est maquée, et on la sent fidèle.
Pourtant c'est bien leur relation le seul intérêt du film. Parce qu'au niveau du scénario et de l'histoire, c'est à voir toujours pour le côté immoral de l'antihéros du genre, et là, Ladd est particulièrement infréquentable, même si le scénario lui donne des excuses... et l'honneur est sauf à la fin, tous les méchants doivent mourir ; parce qu'en revanche, les grosses lignes du scénario, c'est un peu facile. Bonjour les coïncidences invraisemblables... Bref, ça peut avoir son charme aussi, des histoires grossières comme ça, ça fait série B ça c'est sûr^^. Et puis c'est super court (pas dense pour autant) et la mise en scène manque vraiment de relief, même si elle permet déjà d'avoir une ambiance (mais ça, c'est juste au talent des acteurs sans doute, c'est eux qui donnent le rythme).
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segunda-feira, agosto 04, 2008
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Allez signer la pétition en ligne : Pétition Être un supporter de basket aujourd'hui, ce n'est pas facile. Pas de retransmission, visibilité nulle, même via le net pour suivre ne serait-ce qu'un play by play, qu'un match de préparation filmé avec une seule "caméra". Bref, pas la peine de faire un grand discours pour convaincre le monde qu'il y a un souci quelque part. Ce souci on imagine bien qu'il est du domaine financier. La ligue n'a pas les sous pour proposer autre chose qu'un seul match par semaine, la Fédération n'a pas assez de sous pour proposer des images, des play by play des matchs de l'équipe de France, Canal, elle n'a pas les moyens de proposer autre chose là nuit que les programmes de dernier choix de NBA international quand la Chine dispose de plusieurs match... Le problème, on l'a compris (en dehors d'un manque de volonté, d'imagination, de créativité, de prise de risque) il est financier. Alors, allons-y... Il serait intéressant d'avoir une petite idée, toute symbolique, de ce que serait prêt à dépenser par mois en supplément d'un abonnement à canalsat (ou un autre diffuseur) pour avoir au moins un peu plus de basket sur les antennes, au mieux, une chaîne entièrement dévoué à ce magnifique sport. Pourquoi une nouvelle chaîne ? Parce que le basket, au contraire du foot, du rugby ou du tennis, est pratiquement invisible sur les réseaux, donc autant déranger aucune programmation déjà existente et avoir de l'ambition pour ce sport (pour une fois). Des clubs de foot ont leur chaîne, pourquoi pas un sport ? Le vieux rêve des basketteux ? Et pourquoi pas ? Qui ne tente rien... On a l'impression dans ce pays que le basket ce n'est rien. Tout le monde s'en fiche. Euroleague, Championnat nationale, Equipe de France, NBA, matchs de légende, reportages et magazines... Malgré un nombre conséquent de licenciés (qui ne reflète certainement pas le nombre de pratiquants), malgré l'incroyable potentiel de ce sport en matière de spectacle, d'écran de pub, la France est à des années lumières de pays comme l'Espagne ou la Grèce et tend même à se faire ridiculiser par d'autres nations qui n'ont pas forcément une tradition en matière de basket mais qui se montre plus ambitieux que nous. Alors, tentons le coup, regardons si vraiment le basket dans ce pays se limite à parler de Tony Parker une fois l'an quand il joue un ou deux match de PO NBA... Faisons-nous entendre ! Vous voulez que la ProA (et même la ProB) diffuse quatre, cinq matchs par semaine ? vous voulez que la Semaine des As soit un évènement dont on parle dans tous les médias ? Vous voulez qu'enfin l'Euroleague ait sa place sur nos antennes, que nos clubs soient un jour compétitifs, vous voulez pouvoir revoir deux ou trois matchs NBA de la nuit, les voir en direct durant la nuit ? vous voulez revoir de vieux matchs d'Euroligue, les matchs de légende de la NBA, des Jeux Olympiques ? Vous voulez voir au fond de votre canapé une émission d'information et de reportage entièrement consacré à votre sport préféré ? Allons-y ! Disons-leur combien on peut leur donner et ils réfléchiront peut-être au nouveau marché à conquérir, aux nouveaux services à proposer. S'il y a de la demande, tout est possible. Alors qui demande ?! Moi ! Prems ! Rêvons un peu : des milliers de pétitions fleurissent sur le net et canalsat prend conscience qu'il y a peut-être du fric à se faire (ça peut pas être pour autre chose) eh oui pourquoi est-ce qu'en France on serait plus stupide ou moins passionné qu'en Espagne ou en Grèce ?! Et voilà ce que pourrait nous proposer cette chaine disponible pour 3€ par mois : En semaine : Lundi-Mardi : Matin 8h-12 : un vieux match de légende (ou un la redif d'un match d'un championnat étranger du week-end) + un match de ProB du week-end Midi: rediffusion d'un match NBA de la nuit 14h-16h: redif d'un match de ProA du week-end 16hh-20h: retour sur ce qu'il s'est passé en ProA le week-end. Avec un plateau débat à partir de 18h. Tout ça avec des images des meilleurs moments des matchs, des analyses statistiques, tactiques, avec des invités, etc. 20h-22h30 :redif d'un gros match soit de NBA soit de championnat en fonction de l'affiche. 22h30-(23h)-Nuit : plateau avec présentation des matchs NBA de la nuit. Nuit : NBA : 2 matchs ? et pas du second choix ? Mercredi-Jeudi : Mercredi matin : un match de légende d'Euroligue ou un match de la saison en cours (un match d'une équipe adversaire que va affronter une équipe française dans la journée par exemple) Jeudi matin : redif du match Euorleague de la veille Midi : Un match NBA de la nuit 14h-16h : redif du direct de la veille (club français... ou pas) 16hh-20h: retour sur l'actualité de l'Euroleague sur le même principe que l'émission du lundi sur la ProA. 20h-23h : le grand direct Euroleague suivi d'un court plateau pour analyse. 23h-nuit : plateau avec présentation des matchs NBA de la nuit. nuit : NBA Week-end : Vendredi : Matin : redif du match Euorleague de la veille midi : Un match NBA de la nuit 14h-16h : refif d'un match Euroleague de la semaine ou magazine. 16h-20h : présentation des matchs de ProA du week-end. Avec un plateau débat à partir de 18h. Présentation du match de la soirée. 20h-23h : La Grande soirée ProA Vendredi : Un match avancé de ProA. 23h-nuit : plateau avec présentation des matchs NBA de la nuit. Nuit : NBA Samedi et Dimanche : matin : redif du match de ProA de la veille midi : "plateau basket" avec retour et présentation des matchs de ProA mais également une évocation des championnats étrangers européens. 14h-16h : L'affiche de ProB le samedi et l'affiche de LFB le dimanche. 16h-19h : Un match de ProA. 19h-20h : présentation du gros match ProA, "l'affiche" de la semaine 20h-23h : L'Affiche de ProA. 23h-nuit : plateau avec présentation des matchs NBA de la nuit. Nuit : NBA Hors-saison/ Saison des compétitions internationales : Un peu le même principe avec le matin des redifs, ensuite, c'est en fonction des matchs. Donc possibilité de voir TOUS les matchs de l'équipe de France même de préparation, ainsi que des matchs d'autres nations. Mais aussi les compétitions de basket féminin et jeune. Ça fait rêver non ? Pas réaliste ? Peu importe. Faisons-nous d'abord entendre... Évidement pour que cette pétition ait plus de poids (même si la valeur d'un tel machin sur le net, ça vaut finalement pas grand-chose mais si on essaye pas de toute façon, leur retransmission, la visibilité du basket en France sera toujours aussi mauvais...) il faut que d'autres sur d'autres forum, de basket mais pas seulement, puissent relayer un peu l'idée. Donc ce serait bien de multiplier les posts de "pétitions" sur les autres forums que vous connaissez et ensuite de venir balancer le lien ici pour faire les comptes de participation. (J'y crois pas trop mais je préfère encore être ridicule que de voir le trou dans lequel est tombé le basket en France et ne rien faire^^). ..
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sexta-feira, julho 04, 2008
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Dans le beau pays de Franche, un sélecgoaleur de fotboul, Rayvéillé Douminach, sélecgonne tous les joueuhrs franchais présents à son marivariage. Ceux qui ne l'étaient pas sont bannis de la sélect-gion franchaise. Or, tous ces joueuhrs révoluent en division d'horreur franchaise et sont pour la plupart non titulaires.
L'écurie de fotboul, la grande compétition qui réuni toutes les meilleures nagons du monde du fotboul, commence. La Franche, se trouve dans le groupe ABA, réputé facile. Le groupe, en dehors de la France, est composé de la Romanichellerie, de la Ritalie et de la Royale-Hollande.
Douminach étant un gland communickant réputé (il a joui avec Frédiriche Turiévouz au théôtre), il a réussi à faire croire à tous les franchais et franchaises que son épique-époc pouvait non seulement atteindre la fanile de la compétatoc, mais en sus, il a réussi à faire oublier l'absence pour cause de retrote internagonale du meilleur joueuhr franchais de l'hisrible : Zinadine Zinad.
Brof... La compétatoc commence... et là, c'est l'humiliglion. La Franche perd tout ses maches.
Dans la presse nagonale, le sélect-goaleur se fait allumer. "Et pourquoi Patrock Voirien était présent alors qu'il était blesso ?! Pourquoi Roublard Pinas et Ladoucevic Gijouioli n'était pas dans l'épique-époc ?! Pourquoi Denise Est-elle sur M6 et non sur W9 ? pourquoi Denise Est-elle sur son 31 au lieu d'être sur le 69 du sélect-goaleur ?! Pourquoi Josevingt L'Anglora n'était-il pas dans la sélectgonne ?! Pourquoi Trézencolère n'était-il pas là ? pourquoi Belexcema et Maoulida ? Henry le Tierrible ? Makelelen ? Thurames ? Ahquedal ? Willio Senil ? Pourquoi pourquoi pourquoi ?
Enfrin... toute la Franche se rumerure qu'au roméo de julliet, la féradation prendra les sangsues qui s'imposent. Queue languie dans son fusbar ! nonche nonche nonche... Le Précipient de la féradation maintient le beau sélecgoaleur à son pote. Pour se défendre de cette minuble impropulaire, le Précipient Escalope-à-l'escquelette déclome : "J'en ai parlo à tous les joueurhs. Tous veulent gardois leur beau sélecgoaleur. Et ce, malgré que j'ai compris que les errors fatals avec écran bleu et chaussette rouge avaient été coulise pendant la compétatoc. (Je ne suis pas aussi scalope que j'en ai l'air). Le sélecgoaleur est donc maintenu, mais ─ car il y o toujours un mais ─ Denise Est-elle-pucelle-suce-t-elle-bien-hein-hein-révèle-le-moi sera charger de la masturbation de tout l'encadrelent ─ pour enlever ce prépuce au sélecgoaleur qui pourra alors se concentretirer, se congratuler, sur le terriain de joie."
Vive la Franche. Vif la Réputoc. Vive la Goal... ─ et sus à l'ennemie !
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quarta-feira, julho 02, 2008
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Au hasard, Y aura-t-il de la neige à Noel?, qu'il faudrait que je revois, j'avais beaucoup aimé. Les films français de Kieslowski. La Double vie de Véronique et Trois couleurs (en particulier Rouge). Un réalisateur polonais que j'adore. Encore plus vieux, la trilogie de Pagnol, Marius, Fanny, César. J'aime pas la dernier, mais les deux précédents sont des chef d'œuvre. Avec Raimu, bien sûr. Un autre film de Pagno, la Femme du boulanger, est aussi excellent. Qui ne connait pas le Samouraï de Melville ?! Alain Delon, dans son meilleur film français... de loin. Le Jour se lève de Carné (un petit réalisateur qui en veut). Inoubliable, extraordinaire, poétique, la vieille France, celle qui a disparu, celle de la gouaille, des pavés mouillés, des salles de bain perdus dans l'armoire à chemise... La Belle et la bête, de Cocteau... encore l'époque où le cinéma français était de qualité et où c'était les écrivains-dramaturges qui le faisaient vivre... Poétique, comme toujours à cette époque... surréaliste, comme souvent chez Cocteau. Une tuerie. Série Noire. Le film avec Patrick Dewaere, l'acteur aujourd'hui un peu oublié qui était L'acteur français, la star, l'âme des 70's en France (à voir aussi Les Valseuses). En parlant de Blier... comment ne pas parler de son chef d'œuvre pour le coup un peu inconnu : Buffet Froid. On avait pas oser faire du surréalisme au cinéma depui Bunuel (avec des résultats minables) et depuis Blier, personne n'a pris la relève... tous les films français ressemble à du mauvais Truffaut... En parlant de Truffaut, ses meilleurs films, pour moi, ne sont pas les plus connus. Mon préféré à moi que j'aime, c'est L'Histoire d'Adèle H. Isabelle Adjani peut-être dans son meilleur rôle (quoi que Camille Claudel...) : la fille de Victor Hugo qui court après un officier qui ne l'aime pas, jusqu'en Amérique... On peut pas faire mieux dans la simplicité et l'émotion. Du même réalisateur, j'aime beaucoup aussi la Peau douce (encore pas le plus connu). Un petit Ophuls pour la route : La Ronde. Esprit français, où es-tu ?! L'époque où le cinéma français était très théâtral (n'en déplaise aux critiques de Cahiers... c'était ça la qualité française !), à l'époque où Hollywood commençait à sortir des studios pour doner le change face à la concurrence de la télévision. Depuis, les dramaturges ont disparu en France (comme dans une bonne partie de l'Europe)... Donc là, c'est une adaptation d'une pièce d'Arthur Schnitzler. Une vraie merveille. Une Histoire immortelle de Orson Welles. Quasi inconnu et pour cause, c'est un film de télévision... pour l'ORTF si j'ai bonne mémoire. Film très court, très sophistiqué comme toujours chez Welles. En prime pour ce film : Jeanne Moreau (même si elle avait déjà tourné avec le maître), la couleur technicolor (je crois que c'est son seul film en couleur) et la musique de Satie (trois notes et puis c'est tout^^). René Clair est avec Duvivier sans doute l'un des meilleurs cinéastes français d'avant-guerre. Et le film que je préfère de Clair, c'est clairement Le Silence est d'or. So french ! L'un des rares films intéressants de Maurice Chevalier en France (un peu à la Charles Boyer... dire qu'avant on avait des star hollywoodiennes^^). J'en ai déjà parlé. Bresson est un de mes réalisateurs favoris. Il est en grande part responsable de la nullité de la création française^^. Tout le monde a voulu l'imiter, "pour faire intello", ils ont juste réussi à faire des films chiants. D'ailleurs les derniers films en couleur de Bresson, je les trouve très mauvais. Pour moi, c'est donc du noir et blanc et uniquement. Je passe sur les Dames du bois de Boulogne, non pour faire un très mauvais jeu de mot, mais parce que ce n'est pas encore du Bresson (plus de Cocteau, voir carrément du Diderot)... Bresson, c'est Pickpocket et un Condamné à mort s'est échappé (et à la limite Mouchette, mais c'est déjà le début de la fin ; de joli passage aussi dans Balthazar). Je passe de l'âne au coq... zooo... et on arrive à la fin des 90's. Laurent Cantet, tout récent primé à Cannes avait déjà fait un film très réussi (pour le coup, je crois pas que ce soit très connu comme film) : Ressources humaines. La naissance (sans suite) du film d'entreprise (nouvelle appellation non contrôlée). Je reviens à l'âne en passant par Bresson pour évoquer Alain Cavalier... Les deux cinéastes ont un style très similaire (certains diraient austères, je m'en moque... j'en ai vu des films et croyez moi, il y a une différence entre un bon film de Bresson ou de Cavalier et une daube qui essaye de ramer dans le même style et qui fait foirer toute la réputation du cinéma français !). J'ai pas vu des masses de film de Cavalier (il en a pas fait beaucoup, il est un peu space comme personnage, faut pas chercher à comprendre, surtout que c'est pas les moyens qui l'en empêche vu que ses films sont certainement les moins chers à produire ─ remarque ce sont aussi ceux pour qui on se bouge le moins les fesses ─ moi compris), mais s'il y a un film à voir (si tant est qu'on ait l'esprit un peu ouvert), c'est Thérèse. La vie pleine d'aventure, de sabre laser, de bataille inter patiale, de Sainte Thérèse de Lisieux. Avec l'inoubliable Catherine Mouchet, tiens qu'on revoit de temps en temps dans des seconds rôles dans des films français, ça fait plaisir^^. On reste dans le "barbarrant" (du sens "étrangenchiant" comme "cette manière qu'ont les Français de détester et de méconnaitre leur propre culture") avec La Maman et la Putain d'Eustache. Trois heures de films, de papotage autour d'un lit... bref, le stéréotype du film français. J'ai failli par demander à mon bourriquet de me ramener à la ville, mais finalement, plus ça avance, plus on entre dans le rythme du film, le ton, l'atmosphère... Et on finit par s'intéresser à toutes ses histoires de cul, de ménage à trois. Ou quand le cinéma est une leçon de tolérance et de patience... (Pour voir ce film faut donc éviter de partir avec la grosse artillerie, les flingues et les bottes de cowboy... mais plutôt avec un âne bien robuste qui vous raconte sa vie tout du long et si possible un fidèle écuyer qui croit tout comme vous que les mamans sont des gros moulins à moudre la névrose ─ oh putain !) Alain Resnais n'est peut-être pas un inconnu, mais ses films méritent qu'on s'y attarde quelque peu. (Et profitons-en temps qu'il est encore là). Je vais pas faire toute sa filmo, mais on pourrait citer une dizaine de films : Hiroshima mon amour (tiens encore un truc poétique, et pourtant qui est d'après-guerre), L'Année dernière à Marienbad (d'une audace incroyable quand on le voit pour la première fois, un ovni), Mon Oncle d'Amérique (encore et toujours une audace et une sophistication du récit), Smoking/No Smoking (rah, je veux revoir ça, c'était énorme^^) et On connait la chanson (ça je pense que tout le monde connait ─ la chanson...), l'Amour à mort... Le Locataire, de Roman Polanski. L'un des seul thriller français que je connaisse... Paranoïaque, fou, terriblement efficace. Polanski, devant et derrière la caméra, c'est pas si fréquent. Augustin, roi du Kung fu, Anne Fontaine. A revoir encore, j'avais adoré ce film. Les Patriotes, d'Éric Rochant (le réalisateur de Total Western cité par cisco). Pour le coup, ceux qui sont réticents aux stéréotypes du film français, peuvent jeter un coup d'oeil à ce film. De l'espionnage... le Mossad... rarement vu un film aussi propre techniquement, aussi dense... Eric Rochant, c'est pas mal, Pierre Salvadori, c'est tout aussi bien, mais dans un genre différent, la comédie. Deux films restent pour moi des films incontournables : ces deux premiers films. Cibles émouvantes (qui pour moi a inspiré Pulp Fiction, on y retrouve certains éléments, comme c'est étrange^^) et les Apprentis, un film de duo à la française (il n'y a pas que Veber qui sait faire). (Après vous n'est pas mal non plus). L'Esquive, un film français pure souche, un film de banlieue, mais pas dur, plein d'espoir, plein d'envie, de vie... Pas vraiment inconnu, celui-ci, mais le genre de film qu'on oublie vite. Un peu à l'image de la Vie rêvée des anges, parfois... il y a des films comme ça qui se démarquent des autres... Le Trou, Jacques Becker, on est pas loin d'un Condamné à mort s'est échappé, mais le rythme est plus rapide, il y a plus de personnage. Un film d'évasion. Passionnant. Un Guitry pour la route : Ils étaient neuf célibataires.
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domingo, junho 29, 2008
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Apajarito, la Trilogie d'Apu. Satyajit Ray. 1957. Dur, dur dur... J'avais oublié que traditionnellement, l'acte II d'une trilogie était toujours le plus dur. C'est normal, on est au coeur du récit, du drame, du développement... Malgré tout je préfère le film précédent. Le problème avec cette trilogie c'est que Apu fait le lien des trois films, mais que l'unité des deux premiers films en tout cas tient en l'émotion suscité par un personnage. Dans le premier, c'est Durga, dans le second c'est la mère. Et à chaque fois, (attention, là je révèle l'histoire, donc pour ceux qui veulent voir, voyez d'abord les films), ça se termine par un drame. Le début commence donc là où on en était resté dans l'acte précédent. Et déjà, ça me plait pas du tout. Apu, sa mère et son père, son donc dans une ville au bord du Gange où le père récite des textes pour gagner un peu d'argent. Déjà, on quitte la jungle, donc ça me plait moins et surtout on sent le vide laissé par Durga. Jamais on en parle, mais nous spectateur, on ne peut pas ne pas y penser, parce qu'elle était le cœur d'un film précédent. Et le deuil, j'avoue est dur à vivre... Apu a grandi (deux ou trois ans de plus), ça déprime un peu ; il n'a plus le même regard innocent, il semble avoir gagné un peu du vice de la ville... et surtout, il n'y a plus sa sœur, eux qui étaient inséparables. Dur, dur. Le drame continue, très vite... Cet imbécile de père tombe malade, sans doute à cause de l'eau du fleuve... et jusqu'à son lit de mort, il persistera dans sa bêtise en réclamant un peu d'eau du gange à boire... Non mais quel imbécile ! Comment vont faire Apu et sa mère !!!!! - Bref, cet imbécile meure et Apu et sa mère doivent suivre un oncle ailleurs, dans un coin un peu plus reculé dans au Bengale. C'est pas la jungle mooglienne, mais c'est vraiment très beau : un plateau un peu désertique avec trois ou quatre palmiers, autant de chênes ou de chez pas quoi et une maison bien modeste au milieu de ça. Et pas loin, bien avant l'horizon, la ligne de chemin de fer... tout un symbole par rapport au premier opus. Pas loin non plus, une école... Et la première partie de ce second volet se termine par la demande d'Apu à sa mère « ma, je peux aller à l'école ?! » Ah lala, c'est quand on y va pas qu'on veut y aller, et c'est quand on va qu'on ne veut pas y aller... En fait le meilleur apprentissage qu'on pourrait donner à nos enfants serait de les interdire d'y aller pendant un an. Après ça, à coup sûr, tout le monde irait en courant, et peu importe la tête du professeur... Et là, brutalement, on passe plusieurs années... C'est le drame. Après avoir perdu Durga, le père, c'est l'acteur qui jouait Apu qui est bien sûr remplacé par un autre... Toujours un exercice périlleux ce genre de truc. Heureusement qu'il reste les petits cris de la mère pour appelé son petit... On avait droit à d'innombrables « Durga ?! » dans le premier, là c'est plutôt « Opu ?! Opu ?! », de quoi bien nous mettre dans le crâne que c'est lui, avec une nouvelle tête.... De quoi aussi comprendre, pour moi, que ce que j'aimais dans ces petits piaillements de la mère appelant sa Durga, c'était plus la beauté d'une mère qui montre là toute l'affection qu'elle porte à son enfant... parce que ça me fait le même effet qu'avec Apu... Moi, ma maman ne m'a jamais appelé comme ça... Quand j'entends ma mère m'appeler, c'est le cri d'une sorcière que j'entends... le ton serait plus celui d'un colonel d'inquisition (ça existe ça ? En tout cas, ça colle bien à ma mère... - on choisie pas son galère...). Apu devient donc grand. Il a suivi les cours de l'école voisine, il y a réussi (au moins son père lui avait appris à lire et à écrire, c'est déjà ça). Et il se prépare pour aller à Calcutta pour poursuivre ses études. La mère hésite à le laisser partir, parce que pour elle ça signifie rester toute seule dans cette maison. Mais, elle fait ce que toute mère fait à cet instant : elle suit la volonté de son fils et lui donne tout l'argent qu'il lui reste pour ses études... (J'ai un moment eu peur que le récit tourne à la terrible injustice à la America America... quand les campagnards partent vers un monde meilleurs sur les routes et se font voler l'argent que leur a donné toute la famille... heureusement, ça n'arrive pas... la suite est assez déprimante comme ça, et j'avais déjà été déprimé pendant trois jours après avoir vu le film de Kazan^^). Comme d'habitude, les parties du récit qui concerne Apu son les moins intéressantes. Il arrive en ville, doit travailler la nuit pour payer sa chambre. C'est très commun comme histoire. Heureusement que Ray a l'intelligence de ne pas insister là-dessus. Le plus émouvant encore une fois concerne, un autre membre de sa famille. Et généralement, c'est pas bon signe pour le membre en question^^... On revient donc vers la mère, qui déprime dans sa campagne, seule. Bien sûr... souvent les drames n'arrivent jamais seuls... : une femme qui perd son mari, sa fille et qui voit son fils entrer dans la vie est forcément seule... Elle semble attendre quelque chose à l'ombre de son arbre, on pense à Siddhārtha en quête de la Vérité sous son arbre, la mère d'Apu se laisse comme mourir, sans manger, en regardant les trains passer. Et quand le train s'arrête, elle retourne à la maison, pour faire croire à son fils qu'elle ne l'attend pas. Un jour, Apu vient la voir pour les vacances. Comme chaque enfant, il fait croire à sa mère que ça l'ennui de venir et il prévoit de repartir très vite. La veille de son départ, il demande à sa mère de le réveiller au levé du soleil pour qu'il ne rate pas son train. Et à l'aube, une scène magnifique : la mère qui regarde l'aube déjà naissante et qui hésite à réveiller son fils. Elle sait que s'il part, il y a de grande chance pour qu'elle n'y survive pas. Elle tente de le réveiller, mais Apu ne se réveille pas. Elle semble décidée alors à le laisser dormir, mais en reculant elle se cogne contre la porte ce qui a pour effet de réveiller son fils... Le fils part en courant sans même penser à dire au revoir à sa mère. Il arrive à la gare. Son train arrive. Il est pensif. Et il revient auprès de sa mère en disant qu'il est arrivé en retard, ce qui est faux bien sûr. Et qu'il resterait encore un jour de plus. Cette scène a absolument magnifique. La dépression des parents au départ de leur enfant est un fait bien connu. Tout le monde ou presque y viendra un jour ou l'autre. Pourtant, c'est un sujet que je n'ai je crois jamais retrouvé au cinéma. Et quand il s'agit de cette mère là. Cette mère qu'on a appris à aimer depuis le premier épisode, c'en est d'autant plus émouvant. Et surtout, l'interprétation est excellente. L'actrice reste digne dons l'extrême tristesse de son personnage. On a pas affaire à un personnage qui se tord de douleur, qui pleure comme un chacal en se ruant par terre, en suppliant son fils à genoux (comme aurait pu le faire la vieille tante). Elle ne dit jamais rien, elle fait toujours ce qu'il y a de mieux pour son fils. Elle continuera d'attendre des nouvelles de ce fils ingrat qui comme son père dans les Complaintes du sentier n'écrivait jamais à sa femme. Jamais elle ne lui écrira qu'elle lui manque ou qu'elle est malade. La seule lettre que recevra Apu à Calcutta en Provenance du Bengale sera une lettre lui apprenant que sa mère est malade... Et quand il vient enfin pour la rejoindre... comme son père arrivant à la fin de la mousson dans le premier film, tout est déjà fini. Sa mère est morte. La mise en scène ici est excellente : non seulement on ne voit pas sa mort (on l'a suffisamment vu agonir) mais on ne le voit pas au retour d'Apu, ce qui augmente l'impression de vide, de manque... Et c'est à nous de nous sortir orphelin... La mère d'Apu, c'était le dernier personnage restant du premier film. C'était finalement devenu le personnage principale du film... et comme à la fin du premier acte, le récit coupe la tête de son meilleur élément comme s'il s'agissait d'une vulgaire mauvaise herbe. Le procédé se répète, mais il est terriblement efficace. A la fois tragique et insupportable. Un peu comme chez De Sica, on sent l'injustice. Pourquoi nous laisser nous attacher autant à des personnages, si c'est pour nous les enlever aussitôt ?! Ça fait deux fois que ça fait le coup... j'espère seulement qu'il y aura un peu d'espoir dans le troisième acte. C'est un peu le principe de chaque drame. Pas forcément un happy end, mais une note d'espérance... Parce que là, c'est fort, mais c'est dur. Très dur^^ Adieu, Sarbajaya, la maman au regard calme et bienveillant. Ta petite voix d'oiseau couvant sa progéniture avec inquiétude, amour et fermeté restera pour moi comme le nid réconfortant que chacun de nous avons droit et que tu m'as donné par procuration (hé hé l'autre !^^ c'est quoi c'est excès lyrique ridicule ?!^^). Il n'y a rien de plus honnête, de plus gracieux, de plus beau, de plus sûr, de plus gratuit, sur terre, que l'amour d'une mère – s'il y a de l'amour... (Merci au cinéma de nous permettre de découvrir cela. Le cinéma ne doit pas être une satisfaction permanente – comme je l'ai dit ce film n'est pas facile à voir – il doit simplement nous accompagner dans notre vie, nous en apprendre un peu plus sur nous-même. Mission réussie. Retour au port. Prochaine escale : Le Monde d'Apu.) Le Monde d'Apu. Dernier volet de la trilogie d'Apu. Satyajit Ray.1959. Comme prévu, il s'agit d'un film plus gai, comme se doit de l'être l'acte III d'un drame. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu'il n'y a pas de drame. Puisqu'Apu est encore pourchassé par la poisse... On se fait cette fois très vite au nouvel acteur qui joue le personnage d'Apu. Ça n'arrive pas en plein milieu du film, c'est moins dérangeant. Et puis il est bien plus vieux, donc c'est facile de s'y faire. Il a donc une trentaine d'année et il vit dans un appartement miteux de Calcutta, vivant de petits bouleaux, ne trouvant pas sa voie, publiant deux ou trois nouvelles, mais pas suffisamment pour payer son logeur. Encore, une fois, rien ici de bien original, mais l'art de Ray et de ne pas en faire des caisses. Ce n'est pas le contexte misérabiliste qui l'intéresse, c'est Apu, son devenir (c'est bien le sujet : la saga d'Apu). Son ami d'enfance vient le trouver et lui propose de l'accompagner dans sa campagne pour assister au mariage d'une parente. (En sort enfin de cette ville piteuse et on retrouve les paysages de ces plaines magnifiques de l'Inde où on a l'impression que la Terre est plate. La terre est aride, mais l'eau existe en abondance (merci à la chaine himalayenne) , donc a espace régulier apparaît des arbustes, puis des habitations, et c'est comme ça un peu à l'infini... Une sorte d'oasis grande comme la France^^.) Le mari de la mariée se révèle être un dément et la famille se retrouve un peu dépourvue avec une mariée sous les bras et personne pour lui enfiler l'anneau. Hip hop, tope là... Apu est dispo, y a qu'à lui demander^^. Et là, c'est une demi heure de pure bonheur. Comme dans tout mariage arrangé, les mariés ne se connaissent pas et doivent apprendre à se connaître peu à peu. Un truc qu'on connait plus du tout chez nous... il faut revenir à Molière pour voir ça (mais c'est beaucoup moins poétique, parce que Molière dénonçait ces pratiques, alors que là, jamais ne leur viendrait à l'esprit de remettre en question les traditions). La jeune femme d'Apu n'a jamais vécu dans la misère, elle ne connait pas la ville, elle déprime un peu au début, mais c'est comme ça, on ne discute pas un mariage et elle s'y fait très vite. Et tout en restant coquette (Dieu qu'elle est belle !), elle décide de faire partie de la vie de son mari. Dès leur première rencontre, on sait que ces deux-là vont s'aimer... et que ça va pas durer (eh oh ! On commence à le connaître le Apu, il attire le malheur à tous les membres de sa famille^^). C'est la symbiose parfaite entre les deux amoureux, on profite avec Apu, enfin, d'un peu de bonheur dans sa vie. Puis, sa jolie petite femme tombe enceinte et retourne seule chez ses parents à la campagne. Ils s'échangent pendant un temps des lettres d'amoureux... on sent le drame arriver... Et hop, ça n'y manque pas, on commence à être habitué... La femme d'Apu meurt en couche alors qu'ils venaient à peine de se marier... L'art toujours de Ray est de ne pas trop en faire, puisque contrairement au film précédent où le récit s'attardait sur la dépression et la solitude de sa mère, là, on ne verra rien de la femme d'Apu et de sa mort. Il est vrai qu'on a suivi le personnage de la mère d'Apu pendant longtemps, alors que la femme d'Apu... Bref, Apu déprime à son tour, abandonne la ville, on comprend qu'il a un fils, qu'il ne cherche pas à voir... Il se rend dans les forêts du centre de l'Inde, il tente d'écrire, finit par renoncer... puis son vieil ami vient le retrouver. Cinq ans ont passé, il vient lui demander de venir s'occuper de son fils. Apu refuse... sans lui, sa femme serait encore là... Et finalement (sans explication, c'est comme ça, il ne faut pas tout expliquer) Apu change d'avis et se rend dans la maison du père de sa femme qui tente tant bien que mal d'élever une petite peste qui s'amuse à tuer les oiseaux et à voler des fruits... ça nous rappelle rien du tout, mais alors vraiment rien^^. Comme c'était à prévoir, l'enfant ne veut pas voir son père. Apu a beau lui offrir un train électrique (où le symbole, la référence à l'opus 1^^), mais l'enfant n'en veut pas... Pourtant Apu a compris dès le premier instant qu'il allait l'aimer cette petite terreur, sans doute parce qu'il lui rappelle, celle qu'il était autrefois... Les deux premiers films sont tirés de deux romans semi autobiographiques de l'auteur, et là Ray s'amuse à créer comme l'auteur de deux premières histoires un lien entre l'histoire véritable de l'écrivain et celle d'Apu, qu'il invente cette fois lui (à moins que ce soit encore tiré d'un texte de l'auteur vu qu'il est encore crédité mais si c'est le cas j'ai pas compris de quelle oeuvre il s'agissait, sinon de sa propre vie...). On comprend que c'est en faisant la rencontre de son fils alors âgé de cinq ans qu'il a sans doute eu le désir ou l'idée de ce qui sera son premier roman, semi autobiographique, et qui est semble-t-il le meilleur de ses récits. On est en plein dans le récit initiatique : Apu, après la mort de sa femme, est perdu, il refuse de rencontrer son fils en le laissant à sa belle famille, il erre dans les forêts du centre de l'Inde en quête de réponse. Et il faut finalement attendre que son vieil ami vienne le chercher pour le convaincre de venir rencontrer et s'occuper de son fils pour qu'il trouve enfin la réponse à toutes ses questions, qui ne pouvait être bien sûr autre chose que son fils. Scène classique de dénouement avec une « reconnaissance » finale, le père qui reconnaît le fils, au premier regard, et qui au-delà de ses espérances se rend compte qu'il l'aime déjà. Cette dernière partie n'est peut-être pas issue des textes de Bibhutibhushan Bandopadhyay, mais Satyajit Ray semble lui avoir été fidèle, puisqu'il ne s'agit pas d'un biographie de l'écrivain, mais bien de son double Apu : il reprend des éléments de sa vie pour en faire un vrai drame, le drame de la vie d'Apu. (Par exemple, si j'en crois wiki, l'écrivain se serait marié après le succès de la Complainte du sentier, il ne peut donc y avoir de lien de cause à effet entre les retrouvailles d'Apu et de son fils et la résolution de la quête d'Apu qui est d'écrire... c'est donc une volonté de Ray, mais qui reste dans l'esprit de l'écrivain puisque lui-même avait romancé ainsi sa vie pour en faire un roman à proprement parlé). Apu-Bibhu^^, aurait donc perdu en fait tous les membres de sa famille, un peu à l'image de l'autre grand écrivain de langue bengali du XXe siècle et prix Nobel de littérature, Rabîndranâth Tagore (qui est pour l'ironie l'ancêtre de l'actrice qui joue la femme de Apu !^^ un sacré bonhomme ce cinéaste...). Il aura tour à tour perdu sa sœur, son père, sa mère, et enfin sa femme, avant de disparaître lui même très tôt à 56 ans seulement. Mais ça, le film ne le montre pas : il reste sur la rencontre entre le père et le fils. Une fin qui n'aurait pu être autre puisqu'elle répond directement à tous les drames familiaux qu'Apu a pu rencontré dans sa vie. Pendant toute la trilogie, le sujet c'est bien ça, la perte des êtres aimés, quoi donc de plus naturel que l'enfant qu'il a refusé de voir pendant des années et qu'il vient finalement chercher dans la maison de son beau père, représente pour lui comme l'espoir d'une nouvelle vie, la vie, celle des enfants, qu'il s'efforcera de retranscrire dans ses livres. Enfin, voilà, l'histoire d'Apu est finie... Je me suis bien fendu la gueule^. Des drames à chaque bobine, c'est le pied ! Enorme chef d'oeuvre... Vive l'Inde, vive le Bengale, vive le cinéma, vive Satyajit Ray ! Cria Cuervos. Carlos Saura. Espagne.1976. Les photos de film ne mettent vraiment pas en valeur ce magnifique film. Géraldine Chaplin n'y tient pas le premier rôle. Ce n'est pas le film anti-franciste annoncé ou sinon j'ai pas compris la symbolique du truc. Pour moi, c'est un film sur l'enfance, sur le deuil de l'enfant. Le rôle principal, c'est une gamine de huit ou neuf ans qui le tient. On la suit, elle ses deux sœurs, sa bonne, sa tante et ses souvenirs, ses fantasmes presque, de sa maman disparue. On pourrait croire à un truc glauque et franchement, j'ai un peu tardé de le voir parce que je m'attendais à un truc un peu chiant, un peu intello. C'est vrai que c'est un peu triste, forcément, les gamines viennent de perdent leur mère et leur père. Pourtant, il ne se passe pas grand-chose. Il n'y a pas d'intention de mettre en forme un récit linéaire, avec un but (symbole la symbolique de l'enfant qui détient la vérité et qui ne veut pas embrasser son père franciste à sa mort... en s'en fout de ça^^). Le récit, c'est celui de cette gamine à l'oeil perpétuellement perdu, qui semble vivre dans son monde à elle et qui nous y invite. On dit dans la vie, quand on voit quelqu'un avoir les yeux dans le brouillard, "à quoi tu penses ?" ; là, on sait, parce qu'on le voit, on nous le montre. Et ça, il n'y a que le cinéma pour nous donner ça. Encore une fois, après Apu ou encore bien d'autres films sur l'enfance, je suis totalement émerveillé par ce type de sujet. Pourtant, là, il ne se passe pour ainsi dire rien. Apu, c'est une saga, mais on y voit les mêmes scènes de la vie quotidienne des enfants : les jeux stupides, les petites joies, les découvertes ("qu'est-ce qu'on fait ? - on fouille...^^), les petits vices (être toujours là planqué derrière une porte quand il ne le faut pas), les chamailleries, les moments de réconciliation... Qu'y a-t-il de plus cinématographique que l'enfance au cinéma ? Ces gamines, on pourrait les regarder des heures sans s'ennuyer. Parce que les enfants sont des êtres mystérieux, magiques, des monstres, et on peut toujours essayer de les apprivoiser des les comprendre, ils resteront toujours insaisissables. C'est souvent facile d'utiliser des enfants (on le voit souvent dans la pub par exemple parce que l'effet est assuré), surtout quand ils sont tristes, mais après il faut savoir les mettre en scène. Le plus gros travail était certainement là de trouver cette gamine aux yeux pensifs... on a dû lui dire à cette pauvre petite dans sa vie que c'était mal de s'amuser, elle est comme un animal docile et peureux qu'on a trop disputé... Pas étonnant qu'on a sans cesse envie de la prendre dans nos bras et de lui demander ce qui ne va pas. Comment pourrait-on résister à ça ? On est humain finalement. A croire que l'homme tire son empathie de l'extrême fragilité de sa progéniture... être amené à être toujours à l'écoute, attentif, de nos enfants qui sont des monstres d'inachèvement, ça nous a amené à l'être également avec les autres êtres qui nous entoure. Enfin bref... Il y a deux scènes qui m'ont particulièrement plu. La scène d'abord où la petite repense à des scènes avec sa mère avant de se coucher et où elle assiste aux "scènes de la vie conjugale" de ses parents (la mise en scène discrètement la fait évoluer au milieu d'eux, sans que ça paraisse un effet trop lourd avec des effets spéciaux ou je ne sais quoi... Elle est là, on a compris qu'elle l'imaginait ; c'est déjà du cinéma, donc forcément magique, pas la peine d'en rajouter). Ensuite, cette scène où les trois gamines dansent sur cette chanson qui reste dans la tête pendant des heures et des heures (Porque te vas) : il n'y a aucune dramaturgie dans cette scène, elles sont juste là, à s'amuser, à faire comme les grands. Un vrai moment de grâce. C'est le premier film de Saura que je vois (pas sûr que les autres en valent le coup), mais celui-ci, c'est une sorte de croisement entre Cris et Chuchotement (en beaucoup moins austère) et Fanny et Alexandre. Du Bergman quoi... revu par Comencini (et son Innocent). Et encore une fois, les images du film ne rendre vraiment pas justice au film. Ces images laissent penser à un film austère, fermé, didactique, et en fait, c'est tout le contraire. Malgré tout le film est très optimiste, très beau. Je n'y vois aucun message anti-franquiste, que de la grâce. Le film est bizarrement interdit aux moins de dix ans. Je comprends pas cette vision du monde qu'ont certains, de vouloir interdire aux enfants la vision du monde tel qu'il est. Est-ce qu'un enfant de sept, huit ans n'est pas assez mûr pour comprendre la mort ? De quoi cherche-t-on à les protéger ? ce serait plutôt une manière de les infantiliser, les abrutir... Est-ce qu'une mère lionne ne met pas en garde ses lionceaux du danger des hyènes pour éviter qu'ils aient peur ? il y en a vraiment qui perdent tous sens des réalités... Être mis en face le plus tôt possible ce qu'est la mort, c'est la comprendre, l'assimiler pour la vie. Ça évite d'être totalement névrosé par la suite... Et j'imagine même pas les dégâts que peuvent faire sur une personnalité quand on laisse croire parfois jusqu'à treize ans (j'en ai vu) que le Père Noël existe. Tant qu'on fera croire à nos enfants qu'il existe un monde merveilleux on arrêtera pas d'avoir un monde pourri par des anciens enfants qui se vengent des illusions passées... "Ah, c'est beau l'innocence..." mon cul oui ! Ce qui est beau, c'est un enfant qui apprend à s'armer pour la vie, pas un gosse qui rêve d'épouser Mary Poppins... Ceux qui parlent d'innocence, ils pensent en fait : "ah qu'il est con, c'est bien reste comme ça, au moins, ça fera toujours quelqu'un de plus stupide que moi". Porque te vas sur deezer Le Roman de Mildred Pierce. Michael Curtiz. 1945. Les enfants ne sont pas tous des anges. Joan Crawford se sépare de son mari et doit prendre un travail de service pour satisfaire aux bons goûts de son aînée. Elle finit par créer sa propre chaine de restaurant ("Fine food"^^) et par faire fortune (auparavant, ils avaient beau être pauvre, ils vivaient tout de même dans un joli pavillon de banlieue de LA avec palmiers et tout ce qui va avec... Code Hayes oblige, même les pauvres paraissent riches). Mais sa fille en veut toujours plus. Crawford se marie avec l'un de ses associés mais celui-ci la roule... sur tous les tableaux. Crawford vient dans sa maison au bord de l'océan pour taper sa crise. Elle y trouve sa fille dans les bras de son mari... Elle est belle la jeunesse... La fille qui déteste sa mère, lui dit qu'elle le fréquent depuis le début, qu'il a promit de divorcer et de l'épouser à son tour... Le mari : "moi non j'ai jamais dit ça !"^^ Crawford s'enfuit, son mari tente de la rattraper mais la fille le tue... en vidant carrément le barillet sur lui... La mère pense d'abord à se suicider, puis les circonstances l'amène à piéger un autre de ses partenaires qui lui court après depuis des années... en l'enfermant dans la maison au bord de l'océan et en appelant la police^^. Tout le film est en fait un long flash back pour tenter de découvrir qui a réellement tué le mari, à travers la garde à vue de tout ce petit monde. On aura rarement vu un personnage aussi vénal que celui de la fille de Crawford. Le genre de garce qui doit se trouver à la pelle en Amérique. Un film noir dans le joli LA, ça change des rues sombres de NY, et j'avoue que c'est un contraste qui me plait assez bien (ça a pas mal réussi aux Griffes de la nuit, Hollywood boulevard, le Dahlia-De-Palma, le Privé ou LA confidential par exemple). Après, le film n'est pas non plus un grand film. Un bon film, tout au plus, parfaitement mise en scène et interprété. Mais après... comme toujours quand le pognon est au centre de tout, c'est moins intéressant. Le personnage le plus intéressant du film, c'est celui de la fille, qui a sa part de mystère, de contradiction, de folie même, mais là, elle est vraiment trop antipathique, pour ne pas l'être elle aurait dû être au centre du film un peu plus. Le personnage du second mari aussi est intéressant... un type qui se tappe la mère et la fille en même temps (et là censure alors ?!^^) c'est plutôt originale, mais antipathique, si on ne développe pas assez... Or tout tourne autour de la Crawford, trop parfaite, trop lisse, trop larmoyante. On croit voir une étincelle de vice en elle, de remord, donc de conflit intérieur, quand pendant en temps elle renie sa fille, mais au lieu d'assumer, le récit la fait partir en voyage pour la retrouver quand elle décide de pardonner la corruptibilité de sa fille... C'est un peu comme si on éteignait la lumière quand ça devenait intéressant. Mais bon... qualité Hollywood : du rythme, des décors, des stars.
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quarta-feira, junho 25, 2008
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Est-ce qu'on peut imaginer une plus grande différence entre ça : et ça : Pourtant, il n'y a qu'une année d'écart entre les deux films. L'un est de 1955 (mais a nécessité trois ans de production) et l'autre est de 1954. C'est ça le cinéma. Déjà, à cette époque, on pouvait parler de diversité. C'est magnifique. Et les deux films, sont des chefs d'œuvre. Un autre point commun, c'est le chemin de fer^^ : Vienna a construit un saloon en plein désert en attendant la venue du chemin de fer (plus tard Il était une fois dans l'ouest, développera l'idée), et Apu va avec sa sœur le découvrir à quelques kilomètres de chez lui. Et dernier point commun... tous les deux cinéastes s'appellent Ray^^. Johnny Guitar. Nicholas Ray.1954. Johnny Guitare, c'est un classic. Ce qui est remarquable dans ce film, c'est surtout les dialogues. On a l'impression que chaque réplique a pour but de surenchérir sur la précédente. C'est une guerre des mots. Et quand tout d'un coup, ça se finit, on est un peu surpris et on se met comme une musique qui s'achève et qui résonne toujours dans nos têtes à imaginer ce que pourrait ajouter un personnage en répondant aux phrases les plus anodines... - Nous irons en ville demain ... Ah oui, la ville, j'y suis allé un jour... C'est un lieu pas comme les autres. Je prends du café. Tu en veux ? Ah le café... tu as toujours su en faire mieux que personne. Tu m'as dis autrefois que t'as mère savais très bien le faire... Oui, et grand mère aussi sait faire du bon café !^^ Bref, il y a la tension du film, les couleurs, mais moi ce que je préfère, c'est les dialogues, surtout au début... Quelques répliques (chopées via les sous-titres ; et je n'ai fait que les deux ou trois premières scènes...) : « Elle pense comme un homme, agit comme un homme, et me fait douter d'en être un. » «C'est le journal du mois dernier. Combien de fois l'as-tu lu ? - J'aime savoir ce qui se passe. Bientôt, il se passera des choses ici. » «Lance la roulette. - Pourquoi ? Pas de clients. J'aime l'entendre. » «Bonne chance, Vienna. Même si c'est peu. - Je ne crois pas à la chance. Un bon tireur ne compte pas sur un trèfle à quatre feuilles. » «On a des ennuis, n'en ajoutez pas. - Les seuls ennuis ici sont ceux que vous apportez. » «Nous vous arrêtons, vous et vos hommes. - Tu peux arrêter la roulette. » (la seconde phrase n'était pas une réponse à la première, mais c'est tout de même beau^^) «On ne veut pas de vous ici ! - La terre n'est pas à vous. Pas celle-ci. - Il vous en restera de quoi y être enterrée. - Je compte être enterrée ici... au vingtième siècle. «Maintenant, dehors ! - De grands mots pour une petite arme. (...) - Posez cette arme, Vienna. - En bas, je vends du whisky et des jeux. Si vous montez, vous achetez une balle dans la tête. » Johnny Guitar qui se retrouve au milieu de deux camps et pour détendre l'atmosphère : Johnny Guitar : Vous m'offrez cette cigarette ?... (à l'autre camp) Auriez-vous du feu, ami ? Rien ne vaut une cigarette et une tasse de café. Certains sont obsédés par l'or et l'argent. Pour d'autres, c'est les terres et le bétail. Et il y a ceux qui ont un faible pour le whisky et les femmes. Mais au fond, de quoi un homme a-t-il besoin ? D'une cigarette et d'un café. Dancing Kid : Qui êtes-vous ? Johnny Guitar : Je m'appelle Johnny Guitar. Dancing Kid : C'est pas un nom. Johnny Guitar : Vous voulez le changer ? Vienna : Vous êtes ici pour jouer, pas pour insulter mes clients. Johnny Guitar : Si c'est ça, vos clients, j'hésite à accepter. Dancing Kid : Vous êtes sûr de vous, pour un homme sans arme. Vienna : Et mal élevé. Johnny Guitar : Le Dancing Kid ? Dancing Kid : C'est mon nom, ami. Vous voulez le changer ? Johnny Guitar : Non, il me plaît. Vous savez danser ? Dancing Kid : Vous savez jouer ? «Et vos armes ? - Je n'en ai pas. - Ou vous les avez jetées après. - Quel esprit méfiant. - Et pourquoi pas ? - Je ne suis pas le tireur le plus rapide de l'Ouest. » «Je t'aide à faire tes valises ? - Je les ai jetées en arrivant ici. » « Vous restez ? - Il faut s'arrêter un jour. L'endroit paraît tranquille. Et amical. - Vous me plaisez. Voulez-vous travailler pour moi ? - Quel genre de travail ? - Je trouverai. Vous n'aurez qu'à jouer pour moi. - J'ai déjà une offre. - La mienne est meilleure. - Laisse M. Guitar décider lui-même. - Tout à coup, vous ne me plaisez plus. - Ça m'attriste. Je déteste perdre un ami. » «J'ai toujours voulu tuer un guitariste. - Noble ambition. » « À ta place, je monterais à cheval et partirais pour ne pas revenir. - Je devrais, mais je ne fais jamais ce que je devrais. » « Tu n'as pas du tout changé, Johnny. - Que croyais-tu ? - En cinq ans, on devrait apprendre. - Il y a cinq ans, je t'ai connue dans un saloon, tu y es toujours. Je ne vois pas de changement. - Mais celui-ci m'appartient. » « Tu croyais vraiment qu'après 5 ans, je t'attendrais ? - La route est longue, d'Albuquerque. Je laissais errer mes pensées. Je me disais que nous serions réunis. - C'est très généreux à vous, M. Logan. Est-ce une demande ? - Un homme doit se fixer un jour. L'endroit en vaut un autre. - C'est la déclaration la plus touchante jamais entendue. - Je suis comblée. » « Pourquoi ne dors-tu pas ? - Des rêves. De mauvais rêves. - J'en ai aussi, parfois. - Ça les chassera. - J'ai essayé, ça ne m'aide pas. - Combien d'hommes as-tu oubliés ? - Autant que de femmes dont tu te souviens. Ne t'en va pas. - Je n'ai pas bougé. Dis-moi quelque chose de gentil. - Bien sûr. Que veux-tu entendre ? - Mens-moi. Dis-moi que tu m'as attendu. Dis-moi. - Je t'ai attendu. - Tu serais morte si je n'étais pas revenu. - Je serais morte si tu n'étais pas revenu. - Dis-moi que tu m'aimes encore comme je t'aime. - Je t'aime encore comme tu m'aimes. - Merci beaucoup. » Ah ah magnifique ! La Complainte du sentier, la trilogie d'Apu, premier volet. Satyaijit Ray.1955. Je crois n'avoir jamais autant aimé un film depuis pas ma de mois. Sinon Meshi, Ju Dou ou rien à voir... Vanishing point^^. J'avais déjà vu Les Branches de l'arbres et Agantuk, il y a plus de dix ans, du même Satyajit Ray, j'avais aimé, mais pas autant que ce premier film. C'est dommage que j'ai mis autant de temps à y revenir parce que là, en le voyant, j'étais tout bonheur. J'ai passé des années scotché le samedi soir sur Arte en regardant l'Aventure humaine, cette émission qui offre parfois de beaux documents sur des civilisations présentes ou passées. J'ai peut-être raté ma vocation... L'ethnologie, l'étude des peuples, c'est une discipline qui m'aurait bien plus (étant donné qu'on ne peut pas imaginer des films d'archéologie par exemple^^). Finalement, on revient à ce qu'on a aimé quand on était enfant. Moi, mes héros, c'était Luke Skywalker, Moïse dans les dix commandements et Bruce Lee... Que des personnages déracinés. Et voilà, ça se traduit aujourd'hui pour un goût des films exotiques. Je reste un grand fan des films d'Hollywood, j'ai mes chou-chou dans le cinéma français ou européen, mais voir ces merveilles de films tournés au Japon (je ne parle pas de Kurosawa dont les films sont très occidentaux) ou en Inde, se coller à la tradition littéraire de ces pays (puisque souvent ce sont des adaptations), se fondre ensuite dans la culture non seulement d'un autre pays, mais également d'un autre temps, c'était sans doute une évolution de mes goûts tout naturel... Bref, qu'y a-t-il de si intéressant dans ce Complainte du sentier ? Eh bien, ce qu'on peut également apprécier chez De Sica. S'il y a deux films auxquels m'ont fait penser celui-ci, c'est le Tombeau des lucioles (rien à voir avec De sica^^) et donc le Voleur de bicyclette. Ray a une approche tout autant réaliste, pour ne pas dire naturaliste du cinéma. L'histoire décrite est simple, presque descriptive. Il s'intéresse aux petites gens, aux enfants en particulier. Et l'émotion est au centre de tout. Un cinéma humaniste, sur la condition humaine, un spectacle de ce que nous sommes, nous êtres humains. D'ailleurs, Ray aurait été influencé par deux cinéastes : Renoir et De Sica. Et ça se voit. Renoir pour la mise en scène (d'ailleurs, pour moi, les meilleurs films de Renoir, sont ceux fait par les autres, parce qu'il est souvent cité comme une référence, alors que La Règle du jeu ou la Grande Illusion sont des grands films, mais pas non plus selon moi, des énormes chefs d'œuvre...), les choix des focales et de Sica pour l'émotion, le réalisme. (C'est d'autant plus étrange, que ces trois-là, n'était pas vraiment de la classe ouvrière ou paysanne...) Il n'y a pas grand-chose à dire sur l'histoire. Une famille est installée dans un coin de l'Inde que je ne saurais vraiment pas situer. J'imagine qu'on est au cœur de l'Inde : pas de grande ville, mais la campagne dense, peuplée, avec la jungle pas loin. Il manquerait plus que les animaux et on serait chez Kipling... La famille est installée dans une maison qui tombe en ruine. Le père est le fils d'une famille ancienne du village ; ses ancêtres sont des écrivains, mais lui, malgré qu'il soit lettré, est plutôt un bon a rien et il a déjà dû céder une partie des terres de la famille, en particulier un verger, aux voisins. La famille est composée de cinq éléments : le mari, la femme, la vieille tante, la fille et le petit dernier, Apu, qui vient de naître. On dit en Europe, « qui vole un œuf, vole un bœuf », malgré le caractère sacré des vaches en Inde, je doute que cette expression vienne de là-bas... et on dirait plutôt « qui vole un œuf dans sa présente vie, deviendra un bœuf dans la suivante »... Mais là, c'est pas du tout ça. La morale de cette histoire va à contre-courant des croyances (ou du moins de l'idée de ce qu'on se fait ce celles-ci). Ici, ce serait plutôt : « qui vole un œuf, sera puni sans attendre par les dieux, à tel point que son bœuf crèvera la dalle et lui aussi ». Tout commence quand la gamine, Durga, vole des fruits dans le vergers d'en face pour les donner à sa vieille tante... Le père n'a pas de travail et quand il en trouve, il n'est pas payé et donc il est difficile de nourrir tout ce petit monde. Durga et Apu grandissent. Durga continue de voler, Apu va à l'école... On suit dans leur quotidien cette famille : leur manière de se coiffer (avec des l'huile... oui les indiennes ont les cheveux gras et c'est magnifique^^), de manger à même me sol (comme au Japon, comme en Afrique ; il n'y a guère que les européens pour manger à table, parce que ce sont des porcs^^) avec la main droite, d'avoir un récipient d'eau toujours à portée pour se rincer la main en sortant « de table », manger avec les doigts, faire manger à son gamin, couper les légumes et les fruits avec un curieux accessoire, cacher sa monnaie dans un nœud qu'on fait avec son sari, se laver les dents avec des cendres (ou je ne sais quoi)... Puis arrive le jour, où on accuse Durga d'avoir volé les perles de la fille de la voisine. Durga affirme que ce n'est pas elle, et c'est là que commence la descente aux enfers de la famille qui sera comme punie de ce mensonge... mais ça on ne le saura qu'après. Le père s'en va en ville pour gagner de l'argent, mais il ne donne aucune nouvelle et la famille n'a rien à manger. Il faut attendre que Durga attrape la mort sous la pluie pour que les voisins leur viennent en aide. En Inde, le système de caste est très stricte, je crois. Et on ne change pas de caste en cours de route (pourtant l'ascenseur social existe bien pour ceux qui se rendre à l'étage "misère"). Ainsi, seul les mendiants auraient sans doute le droit de mendier, s'il vous demande du riz ou autre chose, on peut pas lui refuser, même si on en a pas assez pour soi même... Un comble, quand on meure de faim. La mousson continue et la maison tombe en ruine. Et quand revient cet incapable de mari, tout guilleret, sa fille est morte (tout comme sa vieille tante, bien avant, mais ça, elle était tellement au bout du chemin et tellement chiante^^)... Voilà qui décide la famille à quitter enfin la maison familiale. (la suite au prochain épisode) Le film est centré sur le personnage de Durga, la grande sœur d'Apu. Et entendre ce nom plusieurs fois dans le film par la mère, pour la rappeler à l'ordre, savoir où elle se cache, c'est un vrai bonheur... c'est plus beau, plus singulier, que le cri d'un manchot sur la banquise. C'est d'autant plus fort que je crois que la fille qui joue Durga dans la première période est la propre fille de la comédienne et que de toute façon, ils semblent tous de la même famille, Ray ayant pris des acteurs amateurs (et les dirigeants admirablement bien... il suffit de voir les jeux de regards chez les enfants, la spontanéité chez les adultes...) A signaler aussi la superbe musique de Ravi Shankar (papa de Norah Jones^^ ─ les chiens ne font pas des chats...) et notamment ce passage où sa sitar pleure au moment où le père rentrant depuis plusieurs mois d'absence, offre à sa femme, un sari à donner à sa fille, et la mère de Durga qui ne lui avait rien dit jusque là, ne peut s'empêcher de « crier »... et c'est la sitar qui pleure. Pas très réaliste mais absolument magnifique. Je terminerai sur la beauté de ces gens. C'est toujours mignon de voir des gosses au cinéma, il y a toujours une sympathie facile à gagner. Mais là en plus, c'était une beauté à laquelle on est pas habituée... Le sourire édenté de la vieille tante, le regard plaintif et résigné de la mère, et surtout donc ces deux gosses, deux frères et sœurs qui sont les meilleurs amis du monde (si ça c'est pas de la fiction^^) et tous, leur peau noire et pourtant translucide (contrairement à la peau mâte des africains), ces nez longs et crochus, et ces yeux ronds dont le blanc explose à la lumière ! et le noir accentue le noir de leur peau ! du noir, du blanc et rien d'autre... Dieu que c'est beau... Et cette langue... aux sonorités parfois si singulière. Des rythmes communs, parfois même des mots qui nous semblent familiers, sans doute plus proche de nos langues en Europe que les langues asiatiques ou africaines dont les intonations parfois nous sont complètement étrangères... que c'est beau ! Que c'est beau ! DURGA ! DURGA ?! DURGA ?! DURGAHAAAAAAARRRRRRRR !!!^^ Ça va être dur de regarder le second volet, sans entendre ce nom, sans entendre ce petit cri de la mère à sa fille... Mais bon, il paraît que c'est le chef d'œuvre de la trilogie. Moi, le chef d'oeuvre, je l'ai déjà vu. la mère : Apu (prononcé presque Opu) Durga (prononcé essentiellement "DURGA ?!!!?"^^): 
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segunda-feira, junho 23, 2008
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L'Etrange incident. William Wellmann. Le voilà le chef d'œuvre du bon William que j'attendais depuis un moment. Un film simple (et très très court) mais qui soulève mille questions sur la responsabilité, la justice, la conscience des hommes... Il fait partie des ces westerns qui se rapprochent de la grandeur tragique des grands mythes de l'antiquité. Parce que ce n'est pas l'histoire des personnages isolés à la frontière mexicaine, c'est l'histoire d'une humanité toute entière. L'environnement, la société ne sont en rien les auteurs de ce drame, c'est l'homme, seul. Cette histoire aurait pu se passer n'importe où, elle est universelle. On revient aux origines de l'homme et de la société, quand ses règles, ses lois, son autorité, sont encore balbutiantes. On croit rendre justice aux noms des hommes quand en fait on la bafoue, la déshonore. La civilisation, ce n'est pas une chose qu'on improvise ; la réinventer au milieu du désert n'est pas une chose aisée. C'est parfois dans le western, là où on trouve beaucoup de cruauté, qu'on voit naître l'humanité de l'homme ; le plus souvent quand il se retrouve face à sa propre inhumanité. Le thème de la vengeance est au cœur du western, apparaît donc en face de ça, comme contre-point les thèmes de l'homme qui se lève : le doute, la conscience, l'empathie... C'est dans le western peut-être qu'ils sont les plus forts, parce qu'ils sont en lutte directe avec la cruauté des hommes. Le film est un accéléré de l'évolution de la société des hommes : on commence par l'envie de la vengeance brute, on part lyncher les coupables, puis le doute apparaît dans l'esprit de certains, on procède à un vote (la bonne conscience en se donnant des airs de petite démocratie), on exécute, et finalement, on se repend (sans jeu de mot) de cette terrible méprise. La Justice des hommes serait-elle né du besoin de rédemption de ceux qui se sont rendus coupable de se croire des juges tout puissants ? c'est en tout cas une vision plus idéaliste, plus belle, de la Justice, mieux qu'une Justice réparatrice ou punitive. La Justice c'est aussi le doute, c'est aussi l'erreur, parce qu'il s'agit de la Justice des hommes et qu'il ne peut en avoir une autre. Et si on avait plus conscience de ça, sans doute serions nous prêt plus à accepter ses défauts (mais si on en a pas conscience, c'est aussi parce que la Justice manque souvent à son devoir d'humilité, celui de rappeler qu'elle n'est rien d'autre que la justice imparfaites des hommes). Un film humaniste, essentiel qui dit ce qu'est la Justice et ce qu'elle n'est pas ; un film à montrer dans toutes les écoles. Parce qu'on ne peut sans doute pas apprendre à être intelligent à l'école, mais on peut au moins apprendre à y devenir un homme, un homme, un vrai pas comme l'entend le général de ce drame et qui finit par se suicidé quand toutes ses illusions s'écroulent à l'annonce de la révélation tragique... La scène de la lecture de la lettre du faux coupable est particulièrement émouvante, même si on se rapproche un peu plus d'un idéal presque religieux, en tout cas humain, terriblement humain. "Ceux qui sont à plaindre sont ceux qui devront porter toute leur vie le poids de leur faute ─ moi je suis déjà mort. C'est à eux qu'il faut penser..." L'erreur est humaine... la justice, légitime ou non, aussi. A noter du beau monde dans la distribution : Henry Fonda (toujours dans les bons coups quand il s'agit de « faux coupables »), Anthony Quinn, Dana Andrews (injustement méconnu parce que la filmo est impressionnante : Laura, Crime passionnel, Les Plus belles années de notre vie, Boomerang!, Mark Dixon détective, L'Invraisemblable vérité...). Permission jusqu'à l'aube (Mr Roberts). Ford-Leroy. 1955. Une frégate de ravitaillement dans le Pacifique pendant la seconde guerre mondiale. Loin du combat. Un capitaine tyrannique, un équipage qui s'ennuie et un officier qui rêve de partir pour le front... Une petite comédie... On s'y fait suer presque autant que les hommes d'équipage... Jamais vu autant de monde embarquée dans la même galère (ils s'y sont mis à deux pour réaliser un film avant tout bavard, ça papote entre James Cagney, Henry Fonda et Jack Lemon). Dans le même genre, même Opération jupon est plus intéressant.
Crime school.1938. Avec Humphret Bogart. Sympa de retrouver les enfants du Dead End Kids, ces gosses qu'on voit dans I Am a Fugitive From a Chain Gang et de Les Anges aux figures sales. Ils ont cette fois le beau rôle. J'ai l'impression d'avoir vu mille fois cette histoire. Les scénaristes us n'ont pas arrêté depuis de faire des histoires (des séries le plus souvent je crois) qui suivent ce cheminement avec des archétypes d'action (la punition, le Bon Samaritain qui prend sous son aile un gamin, qui lui propose de l'aider, l'enfant refuse par défiance ou par fierté, puis il finit par se ranger de son côté après que le bon tombé du ciel lui a prouvé sa valeur et gagné sa confiance ; tout se passe bien pendant un temps, mais le jeu de manipulation commence et les méchants ouvrent les yeux du gamin sur les présumés mauvaises intentions du bon bogart envers sa sœur ; retournement brutal de comportement, le petit monstre redevient le monstre qu'il était avant et veut se venger... bien sûr il échoue, Bogart camoufle ce qui a débordé dans la vengeance du gamin, tout est bien qui finit bien...). C'est bien huilé, mais ça été tellement repris depuis, qu'il est difficile d'y trouver un réel plaisir. Et puis le film est trop court et le message pas aussi puissant que L'Etrange incident : faut pas être dur avec les jeunes durs, sinon on finit par y tuer tout espoir de tendresse... ou personne n'est irrécupérable... ou ce n'est pas le libre arbitre de l'homme (encore moins de l'enfant) qui fait l'homme, c'est son environnement. La dimension sociale aurait pu être intéressant si elle était au centre du récit, mais ce n'est pas le cas, on a plus affaire à une histoire à la Joséphine Ange gardien, plutôt qu'un réel réquisitoire contre les mauvais traitements des jeunes délinquants dans les maisons de correction. Le sujet du film devient vite la vengeance et les magouilles de l'ancien directeur du centre pour récupérer son poste et rendre la vie dure à Bogart. Au début, on pense au film de Barry Levinson, Sleepers : les mêmes gosses issus du même quartier de New York (Hell's Kitchen), la même maison de correction... Body snatcher. Robert Wise. 1945. Woah, Bela Lugosi et Boris Karlof réunis ensemble dans un même film autour du sosie de Patrick Duffy... L'origine de la franchise Body snatcher sans doute. Je ne savais même pas que c'était tiré d'une histoire de Robert Louis Stevenson. Rien à voir avec les body snatchers qui viendront plus tard (issus en fait d'un autre roman se référent à celui-ci). Rien de fantastique, rien qu'une histoire de dissection et de vol de cadavre. Pas très passionnant.
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sexta-feira, junho 20, 2008
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Guys and Dolls. Joseph L. Mankiewicz. 1955 Plutôt insignifiant. C'est adapté d'une comédie musicale à succès de l'époque. Quelques jolis numéros chantés ou dansés, certains très connus, mais cette histoire parallèle entre le personnage de Marlon Brando et celui de Frack Sinatra je ne vois pas du tout l'intérêt, où ça nous mène. J'ai du mal à comprendre l'enjeu de tout ça... Donc quand on s'ennuie, reste à regarder les décors... bof, trop prétentieux, trop grands, trop... les acteurs... Jean Simmons, heureusement, Sinatra, pas mal... et puis Marlon Brando ! Non mais là, c'est une blague, qu'est-ce qu'il fait dans ce truc ?! Le personnage lui va bien, mais déjà le voir dans un Mankiewicz, c'est déjà étonnant, mais alors dans une comédie musicale ! Il danse pas trop mal, il chante... mais il est loin d'être convaincant. Surtout quand il chante « luck be a lady » qu'on compare inévitablement aujourd'hui à la version qui viendra plus tard de Sinatra. Et puis Viviane Blaine, qui joue l'éternuement avec une réussite jamais égalée. ─ pas étonnant cependant, elle a eu le temps de se perfectionner : elle est la seule actrice à avoir tenu le rôle depuis les débuts à Broadway, plus de mille représentations, de quoi prendre bien le coup. L'Homme qui n'avait plus d'étoile. King Vidor. 1955. Je ne me rappelais pas bien de ce western et pour cause, rien de bien original dans cette histoire. Bien sûr c'est bien construit, il y a un début un milieu et une fin, mais c'est trop court, ça manque de densité, de complexité dans les rapports entre les personnages, ou tout simplement de péripéties. Au bout du compte ça ressemble à une tranche de vie : Kirk Douglas qui s'arrête dans une ville, qui chope un boulot, on apprend qu'il n'aime pas les barbelés, il prend sous son aile un type qui lui rappelle son jeune frère, et puis basta, on ne sait pas trop de quoi ça parle d'autre, quel est l'enjeu, le réel sujet de tout ça. Le rapport avec le gosse est d'un classicisme effrayant, vu et revu mille fois. Le personnage de Kirk Douglas est intéressant, mais c'est l'archétype du "cowboy" intelligent, viril, solitaire, séducteur, qui ne cherche pas les embrouilles et qui les trouve. Le rapport avec la patronne est déjà plus intéressant, plus singulier, mais comme le reste, ça manque de développement, de péripéties. On est pas loin de la fin bâclée de Jumper... Le personnage de Douglas qui dit tout simplement au revoir, sans raison... Il y a des western bien meilleur, bien plus intéressant, que celui-ci... Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon. Elio Petri.1970 J'ai pas aimé le mélange des genres... humour noir, très subtil au début qui penche vite vers la caricature et le film politique, engagé... Quand on met en scène ses ennemis politiques qu'est-ce qu'on peut espérer d'autre qu'une grosse caricature, des personnages sans nuances... ? C'est tellement gros parfois qu'on est proche de la farce, ça m'a fait penser à la comédie politique de Dario Fo (Mort accidentelle d'un anarchiste, et écrite la même année, se référant aux mêmes évènements terroristes, la même dénonciation des pratiques de la police...) que j'ai vu le mois dernier à Paris, sauf que là, le second degré n'est pas le même : la farce peut dénoncer, mais les personnages restent sympathiques, là, on peine à trouver l'humour, au début, on est un peu perdu par le ton et par les agissements du commissaire, et au final, on arrive jamais à aimer ce personnage (le principe de toute histoire, c'est que même avec les pires criminels, il faut leur donner un aspect sympathique, sinon le public ne peut pas adhérer à un truc pareil). Ce genre de films n'a qu'une valeur aujourd'hui historique : savoir que dans les années 70 et 80 le cinéma italien était fortement engagé (et qu'il y avait sans doute de quoi, et Gian Maria Volonte a toujours été du combat...). Mais comme film "politique" j'ai tout de même vue plus subtile, des films qui décrivaient des situations bien particulière, qui mettait en scène la lutte contre le pouvoir, ses aberrations, ses scandales, alors que là, on dit juste : "ce type est un fasciste, normal, c'est un psychopate". Quand on veut combattre des idées, on formule une argumentation, au cinéma, on met en scène ceux qui lutte, ses partisans, pour "parler" en son nom, les autres, ceux qu'on aime pas, si on est pas capable de défendre leur point de vue, autant les laisser aux rôles d'opposants ; caricaturer les méchants pour les combattre, c'est aussi intelligent qu'un môme qui dit "toi tes méchants parce que t'es pas beau !". Mettre en scène ses ennemis, c'est d'une parfaite mauvaise foi, on les montre sous leurs plus mauvais jours, on accentue le trait... Même si le film n'est pas sans intérêt, pour moi, c'est raté. Ça ressemble à ce que pourrait être un film du parti communiste français sur Sarkozy... Cover Girl, King Vidor. J'ai vu ce film il y a pile deux ans. Comment ai-je fait pour oublier un tel film ? Certains chefs d'œuvre ne se laissent apprécier qu'après plusieurs relectures, d'autres vous retournent les tripes après avoir mijoté longtemps ou d'autres sortent du lot simplement quand ils émergent d'une période où on ne voit rien d'autre de bien enthousiasmant. Là... oublie total^^. Pourquoi ? J'en sais rien, sans doute que l'humeur y joue aussi pour beaucoup. Peut-être que c'était le film que j'avais envie de voir (ou de revoir) après Guys and Dolls... Pourtant, je lui avais déjà donné une excellente note (B)... je comprends pas cet oubli. Quoi qu'il en soit, cette histoire d'une Rita Hayworth qui "atteint la gloire » en étant choisi pour la couverture d'un magazine de mode, qui passe alors d'une scène minable de Brooklyn où elle travaille avec des amis à Broadway, là scène du centre du monde... et qui finit par tout lâcher pour revenir auprès de son beau (ou des siens plus généralement) après avoir rencontré les futilités de la gloire, c'est pour moi, une sorte de petit bijou. Dans Guys and Dolls, on sent le fric de la grosse production à chaque image, chaque décor, chaque personnage secondaire, c'est du spectacle forcée. Là, au contraire, la comédie musicale renoue avec sa source, l'opérette à la française. Pas de grands numéros dans les rues avec trois cents danseurs, c'est l'opérette romantique à quatre ou cinq tout au plus. Et les numéros sont portés par un scénario excellent, une véritable histoire forte, d'une grande simplicité, mais qui fait son petit tour : tout est centré sur le personnage de Rita Hayworth, belle rousse ambitieuse mais dont l'ambition n'est pas assassine, jalouse... elle n'est pas prête à tout. Sa réussite, lui tombe dessus un peu par hasard, elle l'accepte, avant de se rendre compte que ce n'est pas ce qu'elle recherche, ou en tout cas, qu'elle n'est pas prête à renoncer à son véritable amour, à son bonheur, pour se prostituer à sa gloire naissante. Ce personnage principal est particulièrement sympathique, il évolue rapidement, fait un petit tour avant de revenir sur sa base quand tout redevient comme avant, un peu pareil, en mieux, parce qu'on est allé voir de l'autre côté pour se rendre compte que l'herbe n'était finalement pas si verte que ça. C'est la base de la dramaturgie : tout va bien ou presque, puis arrive l'élément déclencheur d'un conflit, d'un dilemme, on subit les conséquences de ses actions et de ses choix, on essaye d'abord de faire avec, de résister puis on atteint son but, le réel but, celui qui c'est révélé en cours de route, qui n'est parfois pas le même que celui qu'on croyait au début, et c'est un ainsi que tout revient à la normal, que tous les problèmes sont résolus, on revient au point de départ et on mesure le chemin parcouru : on est à la fois identique et différent. Une histoire est réussie quand le personnage principale découvre en fait qui il est vraiment après un certain nombre d'aventures, d'expériences qui lui ont révélé qui il n'était pas, qui il devait être. Une expérience, une initiation. Par empathie, par catharsis, c'est ce qu'on recherche dans une histoire : voir des personnages qui se cherchent et qui se trouvent, c'est finalement ce que nous rêvons tous de faire et nous voudrions pousser la catharsis jusqu'à l'imitation... ou au moins la catharsis produite en voyant ces personnages résoudre leurs problèmes et se révéler à eux mêmes tempère notre frustration de ne pouvoir faire de même. Le personnage de Hayworth est donc au centre du film, son destin, mais le trio qu'elle forme avec Gene Kelly, l'amant (dont c'est l'un des premiers rôles), et Phil Silvers (Genius), l'ami qui complète une sorte de sainte trinité pré-maternelle, pré-nuptiale, n'est pas en reste du tout, puisque ce dont cherche sans le savoir encore Rita, c'est bien le bonheur d'être avec les gens qu'elle aime, donc ici symbolisé par ces deux personnages. Et le récit traduit merveilleusement bien la perfection, l'utilité, de ce trio. Bien sûr dans les numéros musicaux (qui ne sont pas sans rappeler ceux de Chantons sous la pluie : les numéros à trois, joyeux, et un numéro de Kelly seul dans la rue pourchassé, dansant, avec son reflet) mais également dans les scènes de bar où les trois personnages aiment se retrouver comme un rituel (tellement français^^). On est pas dans le triangle amoureux, ce trio c'est comme la base de la vie avant que la famille ne se crée, avant même l'amour, parce qu'on a l'impression que l'amour entre Rita Hayworth et Gene Kelly n'est jamais consommé, pour ne pas mettre à l'écart le personnage de Booman. Ici, le bonheur, c'est avant celui de la famille, celui de ces amis. Et le récit ne s'éparpille pas, il ne risque aucun malentendu : on ne sait rien des familles des protagonistes (en dehors des flash backs avec la grand-mère du personnage de Hayworth, mais qui n'est qu'une évocation, elle n'intervient pas dans le récit). Le sujet du film, il est là : aucune gloire ne peut (ou ne doit) vaincre la loyauté, l'amitié, ou en d'autres termes, aucune gloire ne doit corrompre qui on est vraiment. Ce n'est pas une romance, ce n'est pas le choix entre deux hommes. Et jamais, ni le récit ni la mise en scène de Vidor ne tombent dans cet écueil. Pour preuve, Vidor ne fait jamais réellement embrasser Hayworth et Kelly sur la bouche, on ne ressent aucune passion entre eux deux, ils sont presque comme frère et sœur, il ne s'agit que d'amitié forte, bien sûr leur amour est suggéré, mais on ne sait jamais jusqu'à quel point il a pu aller, à quel stade ces deux là en sont, ce n'est pas le sujet du film, on ne mélange pas tout, et c'est de là peut-être que réside la réussite du film. Voilà pourquoi paradoxalement, le personnage le plus important de cette histoire c'est celui de Genius, l'ami, qui est le ciment, le lien entre Hayworth et Kelly, le maitre du ton du film, le confident on pourrait dire aussi (là encore on sent l'influence de la culture française, puisque c'est un personnage de la tradition classique - d'ailleurs on pourrait voir dans la disparition des comédies musicales us, la perte de l'influence de la culture française dans la leur, puisque les comédies musicales sans influence ou sans évocation de la culture française existent bien sûr, mais très souvent, il en est question de près ou de loin, que ce soit quand ça se passe à Paris, ou que ce soit dans les thèmes : la mode, le cabaret...). Bref (oups pas envie de corriger ce gros paté sans points et sans paragraphe), le film n'est pas très connu, mais c'est pour moi une véritable réussite, une sorte de perle en quelque sorte, comme celle du film : irrégulière donc sans valeur... autre que celle qu'on veut bien lui donner nous. "Tout ce qui brille n'est pas d'or"... comme on dit dans Guy and Doll, et qui s'appliquerait mieux à cette production. There Will be blood. Pau Thomas Anderson.. Très déçu. On parle partout de grande saga épique, d'une fresque sur l'Amérique du pétrole ou je ne sais quoi... On est très loin de l'épopée, de la saga à la limite, pour moi c'est une chronique sans grand intérêt. S'il n'y avait pas la mise en scène et la prestation de Daniel Day Lewis, ce serait une daube. Là, il arrive à en faire un bon film, mais l'histoire est pour moi pas à la hauteur. C'est la première fois que Anderson choisit de mettre en scène une histoire qui n'est pas la sienne, bah c'est raté. J'ai bien sûr pas lu le roman, le thème est intéressant (la quasi biographie d'un des premiers pétroliers, son évolution...) mais c'est loin d'être épique. Il n'y a pas une scène sans le personnage de Daniel Day Lewis, c'est rien d'autre qu'un long plan séquence sur l'acteur pendant deux heures trentes. Le développement de l'histoire est vraiment très très mince. Daniel trouve du pétrole (d'ailleurs on comprend mal... est-ce qu'il cherchait avant cela de l'argent et de l'or et qu'il tombe sur du pétrole par hasard ? Est-ce l'un des premiers prospecteur ? On sait rien de tout ça parce que le récit s'évertue à être sans parole, sans explication et à se focaliser sur des scènes particulières, c'est la rythme d'une chronique à la Almtan, à la Anderson même puisque c'est ce qu'il a toujours fait, mais une telle histoire réclame plus de densité dans le drame, plus de péripétie, des opposants bien déterminés qui n'apparaissent pas comme ça au hasard des scènes et qui sont totalement écrasés par la présence de l'acteur Daniel Day Lewis), on lui apprend qu'il y a du pétrole dans un coin perdu de Californie, il y plante son derrick, on pense que ce n'est qu'un début, qu'il va aller ailleurs, qu'il va faire fortune, bref, que ça va bouger... bah non pendant tout le film, on reste accroché à ce seul et même environnement. Elle est où l'épopée là-dedans, c'est terriblement statique ! Et même dans la mise en scène on pourrait trouver des défauts. Dans la direction d'acteur, sur le rythme imposé dans les scène (même si le rythme lent est un peu trop utilisé à mon goût), ça aucun problème, il a prouvé qu'il était peut-être le meilleur au monde (alors quand en plus il tourne avec l'acteur le plus exigent...), mais c'est dans son traitement du récit, de la mis en forme où moi j'y trouve des défaut. Dans sa volonté sans cesse de prendre de la distance avec l'action, de ne pas juger, de ne donner aucune indication, de refuser systématiquement le pathos, d'utiliser des effets de musique grossier et répétitif, on en vient à avoir une étrange impression, on peut comme s'il ne savait pas où il allait. Paul Thomas Anderson est un cinéaste qui s'attache beaucoup à réalisme dans le jeu d'acteur, mais il y avait toujours quelque chose dans le récit, l'histoire, le traitement, quelque chose qui laissait penser que tout était déjà écrit, tracé, donc pour le coup plus du tout réaliste. C'est ce qui donnait à Boogie Night ou Magnolia ce côté sophistiqué. Mais là, on a l'impression qu'il pose juste ça caméra et qu'il attend que ça se passe, on ne sent pas la présence derrière d'un narrateur pour nous dire que tout est déjà écrit, que c'est une sorte de conte et qu'il n'y a plus qu'à attendre la morale de l'histoire à la fin. Je sais pas si c'est voulu, si c'est une volonté d'épurer sa mise en scène, de faire plus confiance aux acteurs (en l'occurrence en un seul), aux situations... Alors peut-être qu'il y a un truc que je ne comprends pas, à quoi je suis hermétique ; j'ai jamais apprécié non plus Impitoyable de Eastwood dont je trouve une tonalité un peu identique. Peut-être que c'est tout simplement à cause de Daniel Day Lewis qui est trop bon (et purée, c'est vrai qu'il est bon^^). Non seulement il est dans toutes les scènes, mais il mange tous les autres acteurs, qui ne font absolument pas le poids face à lui. Paul Dano surtout est vraiment pas terrible. Encore un pasteur « faux prophète » il est crédible (sauf dans la dernière scène où il fait trop jeune), mais quand on repense à la scène où il joue le frère de Eli, il joue les deux frères de la même façon, alors qu'ils devraient être totalement différent... Enfin bref, quand je vois que certains l'ont mis parmi des listes de top 10 de tous les temps... Il y a tant de mauvais films aujourd'hui que dès qu'il y en a un bon (et c'en est) on crie chef d'œuvre ? Boogie Night, c'est un chef d'œuvre. Mark Walhberg a le rôle principale mais il n'est pas tout seul, les autres personnages sont tout aussi important. C'est qui a toujours fait le style Anderson, c'est un peu comme chez Altman ou Scorsese les destins de personnages, les rapports entre personnages. Là, c'est un peu comme voir MASH avec un seul acteur du début jusqu'à la fin... quel intérêt ? Remets-toi à écrire Paulo, arrête avec les histoires des autres... L'Ennemi publique. Williams Wellmann.1931 La scène du pamplemousse, c'est pas du tout une scène d'amour^^ . Me rappelle plus pourquoi j'ai dit ça, mais ce serait plutôt en fait le signe de l'insolence non pas seulement du personnage mais de James Cagney surtout. Et pour rester dans les fruits, Cagney porte dans le film dans une scène un melon et ça m'a fait penser à Malcolm Macdowell dans Orange mecanique : le même visage, la même insolence. Étonnant. En parlant d'insolence, le film était bien pourvu parce que mettre Cagney et Harlow dans le même film, c'est assez explosif (« I wanna blow » qu'il dit à sa blonde platine à côté^^). Malheureusement, ils ne le voient pas beaucoup ensemble. Mais Jean Harlow, même si elle n'est vraiment pas belle, elle semble porter son sexe à son visage : des sourcils taillés comme les stars du porno, je laisse imaginer ce que pourraient représenter son nez et sa bouche... Le film en dehors de ça n'a rien de très enthousiasmant. C'est un film pré-code et pourtant le studio nous sort une intro et un final des plus puritains... Le pays des contrastes et des paradoxes, comme quand James Cagney se pointe dans une armurerie pour acheter un feu comme on achète son pain alors qu'on est en plein prohibition. Sans Cagney le film serait minable, on est pas loin de Scarface. Il faut voir les mimiques de Cagney quand il sert la main poisseuse d'un riche producteur de bière,, le regard qu'il lui jette... Le genre de type dans la vie qui fait peur, imprévisible, qui ne vous manque pas, et pourtant qui nous est sympathique, sans doute parce qu'on se doute que s'il nous arrive une tuile, il sera là pour nous aider... Encore le paradoxe... Mais c'est le tout début du parlant, il faut se satisfaire de ça... Et puis bon, la mise en scène de Wellmann, ça craint un peu... La manière dont il laisse la Harlow seule après un départ pressé de Cagney, lui faisant jeter un verre après quinze secondes de blanc inexplicable, si ça c'est pas du n'importe quoi^^. Du Rififi chez les hommes donc, Jules Dassin. 1955 C'est pas mal. Le genre de film qu'a sans doute apprécié les Cahiers du cinéma à l'époque, à cause des extérieurs... Ça fait drôle aujourd'hui de voir un film noir français, sans Gabin, sans des dialogues d'Audiard. C'est d'hommage d'ailleurs, parce qu'on a une littérature assez foisonnante dans ce style là. Y a bien eu pas mal d'adaptation de Simenon, mais c'est toujours la même chose... Reste les Melville, mais là, c'est surtout la mise en scène qui vaut le coup... Enfin, c'est vrai aussi que là, c'est pas une histoire super trépidante, un film noir quoi... sans trop d'originalité. Un film de casse même. Aux USA, ils appellent ça selon wiki, un "heist movie", connaissait pas du tout ce terme. Le film est d'ailleurs intéressant rien que pour ça, parce qu'après le casse fini, en gros dès que le CD2 commence^^, j'ai trouvé ça moins intéressant. Heureusement qu'il y a les décors. Et là, c'est bien "dépaysant" de voir plein de lieux que je connais... Ah ah, la station Port Royale à Paris en 1955^^ (le premier endroit par où je passais les premières fois où j'allais à Paris ; et aujourd'hui la station de ma banque) que les personnages prennent pour se rendre à Saint Rému les Chevreuse en prenant la ligne B^^ (où habitait ma sœur quand j'étais morveux^^). Et voir ces briques estampillées 1950 que j'ai vu toute mon enfance dans ma maison dans le trou du cul de l'Essonne^^ Voilà, il faut que ce soit un cinéaste en "exile", américain qui me vendent ce genre de madeleine là^^. Pour le coup, c'est vrai que dans les films "qualité française" tourné au studio boulogne ou au studio billancourt, on pouvait pas voir ça... Mais c'est aujourd'hui que les films en studio manque... Il faudrait même dire... les films DE studio manque. Pathé, Gaumont, ça existe encore bien sûr, mais ils se sont associés à des grands médias français ou étrangers, alors qu'aux USA, la notion de Studios a toujours existé, Hollywood même est né avec les Studios et beaucoup ont résisté (le paradoxe c'est que l'un d'entre eux est maintenant aux mains des Français, Universal^^). Bref, les films réalistes, c'est bien, mais j'aimerais un peu plus de diversité... le problème c'est que généralement, pour faire des films de studios, il faut une histoire et un scénario... ça dans le cinéma français, c'est la cinquième roue du carrosse... A noter l'excellente prestation de Jean Servais, celle, ridicule, comme toujours de Robert Hossen, et l'étrange participation d'un acteur autrichien dans le rôke de Jo le suédois, qui finalement a été doublé par l'habituelle voix de Kirk Douglas (Roger Rudel), donc au début ça surprend un peu^^. Le plus embêtant, c'est que certaine scène avec lui sont refaites entiièrement ou partiellement, et surtout au début du film, ça choque : non seulement pour un film français on est pas habitué, mais surtout pour un film réaliste, c'est plutôt mal vu. Comme d'autres détails de la mise en scène d'ailleurs, mais Jules Dassin, c'est pas non plus la crème de la mise en scène américaine... Pour ceux qui se pose la question... Dassin a été victime de la chasse au sorcière après la seconde guerre mondiale et la peur du péril rouge, dénoncé selon wiki par Edward Dmytryk (une raison de plus pour ne pas aimer ce cinéaste^^ ─ bon faut dire Kazan aussi a dénoncé... si on lui a fait subir le supplice du léchage des pieds par une chèvre, ça se comprend^^). Et, puisque je suis dans les carnets rose en ce moment... oui, il y a bien un rapport entre Jules et... non non pas Jim, mais Joe, le chanteur qui s'est défenestré en chantant... oups je confonds avec Mike Brant, le fils de Cary Brant, célèbre inconnu parmi les anonymes... donc, connu pour avoir chanté l'Amériqueuh, l'Amériqueuh... Les Dents du diable. Nicholas Ray.1960.
Voilà un film pas du tout connu, j'ai regardé par hasard et j'ai adoré !
Encore une fois, je ne vais que raconter l'histoire... donc pas la peine de lire... c'est pour mon bon plaisir.
On est plongé dans les coutumes des Esquimaux... Dépaysement garantie. Le début est assez explicatif, avec une voix off pour expliquer certaines choses comme dans un documentaire. Très utile, parce qu'ils sont tellement éloignés de ce qu'on connait... On suit donc Anthony Quinn (qui a dû jouer une cinquantaine d'ethnie différente tout au long de sa carrière^^) qui est Inuk, un chasseur solitaire en quête d'une femme (rare chez les Esquimaux). On lui présente à deux filles accompagnées de leur mère, mais Inuk tarde à choisir et finalement quand il en a choisi une, un autre est partie avec elle. Il part donc sur la banquise, en traineaux à leur poursuite et embarque avec lui l'autre fille et sa mère... en guise de troc^^. On s'embarrasse pas avec le folklore chez les Esquimaux : "tu veux être ma femme ok, tiens je donne ça à ta mère... ─ non tu veux pas ok, je prends ta soeur..."
Inuk les retrouve finalement très vite, mais au dernier moment il change encore d'avis et préfère repartir avec l'autre fille. L'autre chasseur lui dit qu'il peut prendre l'une ou l'autre c'est du pareil au même... Bref, il repart avec celle qu'il ne voulait pas au début... et la mère.
Au passage, on voit la grande naïveté des Esquimaux, leur simplicité. Ils sont toujours en train de rire. Le travail sur le langage est très intéressant. Par exemple, il ne connaisse pas le "je", et il parle donc d'eux-même à la troisième personne en disant "cet homme"ou "cette femme inutile"^^. Ça ça m'a bien fait rire : ils se décrivent en fait au lieu d'utiliser le "je", c'est vraiment charmant et ça donne une indication sur l'état d'esprit du personnage, sur ce qu'il ressent, etc.
Puis, alors que Inuk chassait l'ours polaire, un autre esquimau tue l'animal avec un fusil. Inuk est d'abord apeuré, mais très vite il souhaite avoir la même arme et l'autre chasseur lui dit qu'il y a des hommes blancs qui leur donne en échange de peaux de renard. Inuk pendant toute une année chasse donc le renard et s'aventure alors vers le sud pour procéder à l'échange. Il rencontre l'homme blanc et ses coutumes étranges : ils boivent un jus qui fait rire, ils ne donnent pas leurs femmes pour être aimables, ils vivent des des baraques en bois, ils sont méchants... Bref, sa femme lui fait du chantage parce qu'elle voit bien tout le vice de cette société et voudrait retrouver son igloo. Donc tout naturellement, elle se lève et demande qui la voudrait pour femme !^^ Comme je dis, on s'embarasse pas de folklore, on est pas loin du mythe du bon sauvage. Finalement, ils repartent mais sans fusil.
Ils retournent donc vers le Nord et c'est là qu'un missionnaire voulant leur prêcher la bonne parole, bref, les emmerder avec des trucs dont ils n'ont rien à faire, vient à leur rencontre, dans leur igloo. Il leur parle du Seigneur qui viendrait chez eux s'ils veulent bien l'écouter, Inuk demande si ce Seigneur leur apporterait à manger, parce que c'est pas tout ça mais il faut nourrir chaque bouche dans un igloo... Le dialogue de sourd commence. Inuk propose au missionnaire un peu de viande pourrie... "heu non merci, on ne mange pas de viande pourrie chez moi... "comment ? mais la viande est pourrie mais les asticots sont bien vivants !"^^ Première insulte. Inuk discute à part avec sa femme et ils reviennent en proposant une partie de jambe en l'air au missionnaire (ils appellent ça "rire ensemble" que c'est pas mignon^^ surtout qu'ils sont toujours en train de rire...). Le missionnaire est outré... Mais Inuk se sent insulté... et tu le missionnaire (les hommes blancs ont des têtes très molles^^). Et ils repartent comme si de rien n'était.
Inuk et sa femme qui est enceinte abandonne alors comme le veut le coutume leur vieille mère qui est devenu incapable de faire quoi que ce soit, au beau milieu de la banquise. Mais avant ça, la mère explique ce qu'elle sait à sa fille concernant les bébés. (Tout est rare là-bas, donc leur connaissance sont plutôt limitées). Si c'est un garçon, elle devra couper le cordon avec ce qu'elle a sous la main, le lécher et le garder ; si c'est une fille, elle devra la jeter dans la glace (!) parce que le premier né doit toujours être un garçon, un chasseur, parce qu'une fille sera incapable de se nourrir...
Un peu plus tard, la femme d'Inuk (jouée par une japonaise je crois) accouche, seule, dans l'igloo, en accouchant à même la neige, en creusant juste un petit trou... En entrant, Inuk est content de voir que c'est un garçon. Sa femme lui dit comment il s'appelle, et Inuk lui répond : "Comment tu sais qu'il s'appelle comme ça ?!"^^ Et puis alors, c'est le drame... le bébé n'a pas de dent ! et Inuk gronde sa femme de lui avoir fait un bébé sans dent. Ils sont tout proche de l'abandonner ("tout le monde se moquera de lui quand il sera plus vieux !") mais la mère parvient à convaincre Inuk de le garder en priant que ses dents poussent... ouf !
Quelques temps plus tard, Inuk se fait intercepter alors qu'il chassait par des hommes blancs venant le capturer pour avoir tué le missionnaire. Inuk a beau expliquer que c'est le missionnaire qui l'a insulté dans son propre igloo, ça passe pas "la loi, c'est la loi". Le choc des cultures...
Inuk les suit donc sur leur traineau mais arrive une tempête. Inuk propose son aide, il a plus d'expérience, mais ces blancs savent décidément tout mieux que tout le monde et l'un des Blancs meurent en tombant dans l'eau glacée, la banquise s'étant cassée sous le traineau... L'autre homme (premier rôle de Peter O'toole au cinéma) n'ayant plus de fusil, il est obligé de suivre Inuk pour rester en vie. Les chiens de traineaux manquent de les bouffer, ils sont tout seuls dans le grand désert blanc (Lawrence de la banquise^^). Inuk parvient finalement à ramener le policier dans son Igloo où la femme et le fils de Inuk n'avaient presque plus rien à manger (si le père chasseur meurt, se perd, disparait, c'est toute sa famille qui disparait avec lui ! puisque la notion de village n'existe pas : ce sont des nomades qui créent leur igloo quand vient la fatigue ─ pas la nuit, parce qu'il y a un jour et une nuit pas an ─ et quand ils tombent sur un autre igloo, ils font connaissance).
Le policier lui dit que s'il l'aide à survivre, il sera obligé de le ramener à la ville, mais Inuk est un bon chrétien... pardon, un homme bon, comme tous les Esquimaux (ils se prennent jamais le chou : ils ont toutes les qualités des hommes sans avoir les défauts qu'amène la société... le mythe du bon sauvage vraiment). Inuk le suit et au dernier moment le policier a des remords. Mais Inuk ne veut pas partir, alors il l'insulte pour l'obliger à partir... Il n'y aura pas de procès...
Pas un chef d'œuvre, mais un film... rafraichissant, qui ressemble à rien d'autre. Des personnages aussi simples, pas corrompus par la folie des villes, c'est plutôt rare.
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