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Texas In Paris



Last Updated: 11/26/2009

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Wednesday, June 04, 2008 
Adam Green, Townes Van Zandt, Daniel Johnston, un peu de Bob Dylan, et beaucoup de folie. Vous mélangez le tout, ça vous donne un bon gars de 22 ans plutôt bien dans ses santiags.
Avant de partir s'exiler en Norvège pour finir ses études, Texas in Paris jouait dans les bars parisiens l'an passé, côtoyant les petits jeunes de sa génération, Plastiscines, Second Sex, BB Brunes, Brooklyn, Neïmo, Soko, Sourya et les autres. Derrière ce nom de groupe à première approche un peu lourdingue se cache un petit jeune étonnamment cultivé et plein d'ambition. Si le groupe de Baptiste Hamon ne vous dit encore rien, retenez-le, il se pourrait bien que Texas in Paris soit la révélation de ces prochains mois. Entretien téléphonique avec celui qui se fait appeler aussi Boozin' Batt Hamon, en clin d'oeil à Ramblin' Jack Elliot (mais si, le vieux copain de Bob Dylan et Pete Seeger, vous savez!)...
 



Salut Baptiste. La dernière fois que je t'ai vu sur scène, c'était au Shebeen, en juillet 2007, et tu avais installé un énorme dapeau confédéré sur lequel était inscrit : « Real Punks Ride Horses ». C'est toujours ton leitmotiv ?

Well, j'ai entendu beaucoup de choses à ce sujet, je souhaite d'abord remettre un peu les choses au clair. Contrairement à ce que les gens ont pu penser, «Real Punks Ride Horses » n'était pas un gros doigt d'honneur de batard fait aux autres mecs qui jouaient au Shebeen à l'époque. Ca n'est de secret pour personne que je suis plutôt intéressé par les sons avec une vraie recherche d'originalité, comme Herman Düne par exemple à Paris, mais ça n'est pas pour autant que je méprise les petits Pete Doherty de la scène parisienne. Ils ont juste une démarche différente de la mienne, c'est tout. Mais des mecs comme Neïmo ou Sourya, s'ils étaient nés à Londres, ils seraient de tous les festivals de l'été. Ils font de la vraie bonne musique. Et Earle a un sacré talent pour les repérer. [ndla : Earle Holmes, l'ancien patron du Shebeen et manager de plusieurs groupes parisiens]


Tu parles de ta démarche. Quelle est-elle justement ?

Comme je te disais, j'aime ce qui n'est pas banal. J'ai toujours écouté des trucs chelou, et quand c'est chelou avec un vrai esprit créateur derrière, j'aime ça. Du coup, j'essaye de trouver des concepts originaux, avec les moyens du bord. Je suis pas assez démerdeur pour faire du gros Post-Rock. Je suis pas le meilleur guitariste de tous les temps, et écrire des beaux textes en anglais me prend beaucoup de temps. J'aime la provocation, d'où le « Real Punks Ride Horses », mais ça n'est pas un but en soi non plus. Juste une façon d'amuser les gens, peut-être, et de faire passer des messages cool. Je suis un mec cool, moi. [Rires]. L'idée de Texas in Paris à la base, c'était de faire de la country, style musical complètement méprisé par les milieux indépendants, et de montrer qu'on pouvait faire des bons trucs avec ça.


Tu en es où de tes projets d'enregistrements ? Déjà l'an passé, tu disais que tu voulais enregistrer d'ici la fin de 2007 ?

C'est vrai que j'ai un peu merdé l'an dernier. Mon gros problème, c'est que je suis une grosse bite en gestion des sons, et que ça me gave de passer des heures à bidouiller sur mon ordinateur. Du coup, ça me prend des plombes à enregistrer un truc correct, tu peux le voir sur mon myspace, c'est pas vraiment génial génial. C'est pour ça que je dis aux gens : « venez me voir en live », plutôt que d'essayer de comprendre ce que je fais en écoutant mes chansons de merde sur myspace. Ceci dit, je devrais enfin aboutir à quelque chose d'ici peu. J'ai trouvé des mecs mortels en Norvège, avec qui je joue de temps en temps. A plusieurs, c'est toujours plus facile de trouver la motivation. Et je crois que j'ai une certaine ambition en ce qui concerne ma musique.


Tous les types qui vont à tes concerts, qu'ils soient orientés folk ou non, en ressortent sur le cul. Jusqu'où penses-tu que cette ambition peut t'emmener ?

Je prends mon pied en concert. Je suis allé à pas mal de concerts avant de commencer à faire de la musique, et j'ai vu des types qui n'avaient aucune présence scénique. Et dans ces cas-là, l'album a beau être le meilleur album du monde, tu te fais chier. J'essaye donc de faire passer un maximum d'émotions au public, et de l'impliquer dans mes textes. C'est pas toujours évident, mais c'est de mieux en mieux concert après concert. On m'a dit que j'étais un vrai artiste « live ». Je pense que tout le monde devrait essayer de l'être. La confrontation avec un public, c'est la base de tout.


Mais tout le monde n'a pas ton talent...

C'est pas une question de talent. [Hésitations]. Ou peut-être un petit peu, mais c'est surtout de l'envie. Faut montrer aux mecs qui viennent te voir que t'es content d'exister, et que t'es content qu'ils soient là. C'est pas le cas de tous les petits groupes actuels qui cherchent à percer, crois-moi.


Et l'ambition donc ?

Je veux pas brûler d'étapes. Je vais continuer à faire un maximum de concerts, puis enregistrer un premier vrai album studio. Si le résultat est probant, alors on verra. Faut pas se poser trop de questions dans ce milieu, où les relations comptent pas mal. Un mec a écrit récemment après m'avoir vu jouer que je serais bientôt le nouveau Adam Green ou Devendra Banhart. Faut pas éxagérer, même si ça me fait plaisir qu'on me compare à ces artistes que j'apprécie tout particulièrement.


Comment qualifierais-tu ta musique, pour ceux qui ne connaitraient pas encore ?

C'est pas évident. Il y a le terme anti-folk, qui veut pas dire grand chose, mais qui a le mérite de donner une idée aux gens. Je fais des concerts acoustiques, la plupart du temps avec une ou deux guitares, un harmonica, et un percussioniste. J'aimerais bien avoir un vrai groupe avec tout plein de trompettes et de violons, mais on peut pas tout avoir en même temps. Tu peux appeler ma musique Punk-Folk, ou Folk-Punk, si tu veux. Même si je suis pas non plus un vrai punk.


Anti-conformiste ?

Va pour anti-conformiste, si la critique de l'anti-conformisme est inclus là-dedans. [Rires].


Tu es parti vivre en Norvège, à Trondheim, en août 2007. La scène parisienne te gavait ?

[Rires] Il n'y a rien de bien poétique à vrai dire dans mon départ pour la Norvège. C'était juste pour les études. Je vais peut-être y rester un an de plus, c'est encore un peu flou dans ma tête. Mais ce qui est sûr, c'est que j'avais besoin de prendre un peu d'air, de souffler un peu, et de voir de nouvelles têtes. Quand je reste trop longtemps au même endroit, si extraordinaire soit-il -j'adore Paris- je finis par tourner en rond. Et quand tu tournes en rond, tu finis par faire de la merde. Ce qui est sûr, c'est qu'ici, tout favorise l'inspiration. Les nuits de 19 heures en hiver, les fjords glacés, la verdure en été. Faut venir par ici.


Tu l'as trouvée, ta Girl From the North Country, chère à Dylan ?

Ouais, tu parles. Je suis tombé amoureux comme un con, d'une nana qui a un mec. Super. Ca donne des supers idées pour les chansons tristes, crois-moi.


Tu ne fais pas que de la musique. Tu es aussi passionné de littérature, tu cites notamment Guy Debord, Ezra Pound, Lautréamont, et tu écris pas mal de poésie et de nouvelles. C'est important pour toi l'écriture ?

Je crois, oui. Je suis pas un type dépressif, je vais pas te dire que j'écris pour survivre. Mais j'écris pour me sentir mieux, sûrement. On verra où ça va m'amener. [Blanc]. Si ça pouvait me permettre d'éviter de passer ma vie dans un bureau pour gagner mon fric...


Ton roman, L'improbable trahison des songes, que j'ai lu, est d'une puissance étonnante. On hésite entre l'envie de dégeuler et l'admiration face à ta vision du monde pas commune. Ton style est accrocheur et efficace. Tu songes à te faire publier ?

On verra. C'est encore plus dur qu'en musique, je crois. J'ai pas vraiment la motivation pour envoyer dix mille manuscrits par semaine pour avoir une chance d'être publié. C'est un tort, peut-être. Je suis déjà pas super à l'aise quand je vends mes textes à la fin de mes concerts, alors être publié... En tout cas, j'ai plusieurs projets en tête. J'ai créé un concept, l'Ennuisme, et je suis en train de définir son contour dans un essai, que j'espère terminer d'ici la fin de l'été.


L'Ennuisme ?

« C'est la puissance de ton Ennui qui détermine le degré de liberté de ton art ». L'Ennui est à la base de toute création. Le message que je veux faire passer, c'est qu'il ne faut pas avoir peur de s'emmerder. Parce que c'est du néant que naissent les plus belles idées. Reviens me voir dans trois mois, si j'ai fini mon essai tu en sauras plus. [Rires].


Pour en revenir à la musique, tu es un fan invétéré de Townes Van Zandt. Tu aimes ces personnages romantiques dépressifs ?

Je sais pas si Van Zandt était romantique dans sa vie de tous les jours. Mais ses textes sont d'une beauté extraordinaire. Dylan fait aussi bien, de façon différente. Ces deux là sont mes vrais héros littéraires et musicaux. Je suis fasciné, comme beaucoup en effet, par ces types dérangés qui semblent écrire pour survivre, comme Nick Drake, Elliott Smith ou Blaze Foley, un pote de Townes Van Zandt. Mais encore une fois, même si je suis parfois bien au fond quand j'écris, l'essentiel de ma démarche est différente de la leur. Je m'inspire beaucoup d'eux, mais je suis un type plutôt heureux, en général. C'est peut-être pas plus mal. Ca me permet d'écrire des chansons joyeuses aussi de temps en temps.


Pourquoi le Texas ? Tu as regardé trop de John Ford qand tu étais jeune ?

Non, pas vraiment. Je crois que ma mère m'a offert mon premier cd de country quand j'avais 15 ans. J'ai trouvé ça marrant, mais sans plus. J'ai toujours été intrigué par l'histoire des Etats-Unis, l'arrivée des irlandais, la guerre de sécession, la condition noire et tout le bazar. Tout petit, je jouais avec mes playmobiles sudistes et je les faisais gagner contre les nordistes. J'ai lu pas mal de bouquins là-dessus par la suite, et vraiment, je suis fasciné par l'histoire des US. Le Sud a beaucoup souffert des suites de la guerre de sécession, et ce sont les tourments entraînés par cette guerre qui ont amené les gens à écrire des chansons aussi  incroyables par la suite. Faut écouter the Anthology of American Folk Music de Harry Smith, c'est un bijou. C'est un peu ma bible. Les gens ont une mauvaise image des Etats-Unis, à cause des politiques actuelles. Mais faut pas oublier qu'en quatre-cent ans d'histoire, ils ont réussi à mélanger des dizaines de peuples différents qui vivent aujourd'hui en relative harmonie. Et la musique qui résulte de ces mélanges, ça s'appelle le Rock, le Hip-Hop, la Soul, le R'nB, la Country. Tout vient de là-bas. J'ai pas encore tout à fait renoncé à être ethnomusicologue, d'ailleurs. Quand tu commences à lire des bouquins d'Alan ou John Lomax sur la musique populaire américaine, ça te donne envie d'aller dans le fin fond tu Kentucky et de frapper aux portes pour demander à des vieux blacks de te jouer leurs chansons.


Tu es déjà allé là-bas ?

Oui, il y a quelques mois. Je suis allé au Texas et en Louisiane. C'était féérique, un de mes rêves se réalisait. J'ai fait en sorte de voir ce qui m'intéressait. Je suis pas resté longtemps à Houston par exemple, ville de merde par excellence où les gens sont branchés 24 sur 24 sur MTV. Je me suis baladé dans la cambrousse, rencontrant des gens dans les petits villages, discutant avec des vieilles mamies qui parlaient cajun. Tout correspondait à l'idée que j'avais de l'Amérique. Des gens ouverts d'esprits, pas si différents de nous autres européens. Si je peut te conseiller, va faire un tour du côté de Lafayette en Louisiane, ou Lubbock ou Austin ou Texas. C'est génial. A Austin d'ailleurs, j'y étais pendant le South by Southwest Festival. Surprise, il y avait... Neïmo et Brooklyn !


Haha ! Ca t'as donné envie de retourner faire des concerts là-bas ?

Complètement. Ca se fera bientôt, j'espère.


Retour sur la scène parisienne et française en général. Quels sont les groupes que tu affectionnes ?

Herman Düne est le groupe le plus intéressant de ces dix dernières années à mon goût. Pas seulement en France. Ils ont su allier les influences Dylan et Velvet, avec leur esprit à eux. Ces mecs là sont des vrais artistes. J'ai d'ailleurs discuté deux minutes avec David au Texas, qui jouait à Austin également. Sinon, j'aime bien ce que font les Cosmic Charlie, que j'ai rencontrés au Shebeen et dont j'ai fait la première partie à l'OPA. Il y a un vrai esprit novateur derrière leur musique. Petit coup de coeur pour Orouni également, plus dans la lignée Belle and Sebastian. Et si tu me permets, je vais citer aussi un groupe norvégien, Honky Tonk Trouble, dont je connais le batteur, et qui font du psychobilly comme on n'en entend qu'en Scandinavie.


Les mecs qui chantent en français, c'est pas ton truc ?

Si, totalement. Même si je reste un peu jaloux, parce que je n'ai jamais réussi à mettre mes poèmes en musique proprement. J'adore Dominique A., et Xavier Plumas de Tue-Loup est un vrai poète. Murat est un original, dont j'aime la radicalité mais pas tellement la musique. J'écoute beaucoup de musique en français également, et je n'exclue pas de sortir un jour un cd exclusivement en français. Mais chaque chose en son temps.


La politique now : t'en penses quoi de Sarkozy qui nique Carla Bruni ?

[Rires] C'est pas de la politique ça. Il fait ce qu'il veut le bon bougre. Il aurait tellement aimé être Mick Jagger qu'il en finit par niquer la même femme, Sarko. Et sur le reste, je n'ai pas d'avis. J'aurais bien fait Sciences-Po, mais j'aurais pas su chez qui m'inscrire. Y a des bonnes idées à droite, à gauche, même si les extrêmes me font marrer. Je pourrais me laisser séduire par Besancenot, s'il a des chances d'être élu un jour. Histoire de voir ce que ça donne. [Blanc]. Ca serait marrant ça, tiens. Non, un mec qui serait un vrai bon président, en France, c'est Didier Super. Et je rigole pas.


Texas in Paris au pouvoir, un jour ? Tu aurais dit à l'issu de ton concert au Shebeen l'an passé : "Je serais la plus grosse star du monde dans deux ans". Il te reste un an...

[Rires] J'ai dis ça, oui. Mais ne te fie pas trop à ce que je dis après quelques whisky...


Une dernière question : les prochains mois, c'est quoi pour toi ?

Je vais faire une petit saut à Paris cet été, faire quelques concerts. J'ai plein de projets, je vais bosser dans un bar à Trondheim, et ça me laissera pas mal de temps pour essayer de tout mener à bien. J'étais pas mal occupé par les études ces derniers mois, et ça va me faire du bien de souffler un peu. Je vais essayer de tisser des relations un peu en Norvège. J'ai déjà fait un concert dans le Pop In du coin, un bar qui s'appelle le Brukbar, et ça c'est plutôt bien passé. Je vais continuer à bosser mon finger-picking. Tu entendras parler de moi dans pas longtemps, promis. [Rires].



Interview téléphonique faite le 4 juin 2008.

Pour plus d'information, www.myspace.com/texasinparis
Des poèmes et une nouvelle de Baptiste Hamon sont disponibles sur son blog : www.baptistehamon.canalblog.com. Je vous invite à la lire, pour ceux qui aiment être décoiffés, c'est du tout bon !


Sebastien Paccino
Wednesday, June 27, 2007 
Créatures ignobles
Et si enfin l'objet de vos songes sortait des entrailles
De la terre porteuse
Et du ciel primant...

Insalubres vérités
Et si enfin l'envie trouvait le temps de plonger
Dans l'assassine trêve
Unique salut...

Fauteuils pour culs moches
Et si enfin la face de ton cuir s'oubliait dans le vent
Pourrions nous vivre
Notre propre assise ?

L'honnêteté originelle, mon vieux Billy Joe
La salacerie des jours sans
Les caresses insensées, pour des êtres peu méritants
C'est bien la preuve qu'on est pas toujours dans l'assiette
Ou pas dans la bonne,
On se prive un peu
Et puis on regrette beaucoup
On dit connard au plus beau
Sans savoir qui l'on est
Blablabla que l'amour est laid
Lorsqu'il est naïf et vrai

La colombe d'en bas, Joe
C'est le rêve d'une main chaude...
Tuesday, June 26, 2007 
Brave, salope, perdue dans les rimes du cul
Sourire, pourtant, et salive sucrée
L'amour passe par l'émoi, et moi, par l'arrière
On aurait pu médire vingt fois
Sans pouvoir parler de négoce
Ni de loi
Pour la minette précoce

On pourrait parler d'étrange
Mais là n'est que principe, équation simple
Fashion boomerang
Connerie pas moins grande
Buk Buko ?
Ce soir bucolique,
On verra pour la suite
Et on chie sur les plus grands...

Vieux dégueulasse...