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Du parler pour ne rien dire

Joséphine



Last Updated: 9/23/2009

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Saturday, January 03, 2009 


« Le temps des cerises est mort », ces mots me viennent à l'esprit en traversant le parc ; les arbres ont perdu leurs feuilles depuis si longtemps. Tout est gelé, suspendu. Il n'y a que la vapeur de mon souffle qui anime cet espace déserté et le bruit de mes pas. Je continue d'avancer et je me souviens.

Je me souviens des instants suspendus, quand tu me faisais tournoyer dans tes bras. Je me souviens de la fraicheur de tes baisers sur mon visage, de tes doigts entrelaçant les miens, de tes caresses dans mes cheveux. Je m'en souviens.

Et puis, il y a tous les mots que tu m'as dit. Et je repense à tout cela en continuant à marcher, je passe sous l'arche décharnée de fleurs. Tout est si calme dans ce froid. Le temps est en suspens. Le crissement de mes pas semble irréel.

J'ai tellement d'images en tête. Je repense à toutes ces choses que je n'ai pas dites, à toutes ces fois où j'ai serré un peu plus fort ta main et où, je me suis tue.


J'attendrai peut-être jusqu'au prochain printemps.


--
fiction écrite le 23 décembre 2008


Tuesday, May 13, 2008 
On se retrouverait en bas de chez moi. Tu m'attendrais. Je m'éclipserais le plus discrètement possible, en grimaçant lorsque la porte claquerait. Mais aussitôt, mon premier mouvement sera de te sourire. Je porterais une jupe longue, tu sais la blanche, pour faire romantique et vaporeux... et peut-être aussi pour te plaire même si je ne me trouve pas féminine dans cette jupe.

Je serais surprise par la fraîcheur du matin. Un frisson parcourera mon échine. Le froid ou peut-être l'éclat de tes yeux bleus.

On marcherait côte à côte en parlant doucement. Le soleil serait levé, un peu. Je chantonnerais doucement en marchant avec toi.

On serait les premiers clients du café. Le serveur nous regarderait nous installer, à moitié endormi, dans un coin de son café, juste à l'angle des banquettes, nos deux corps formant ainsi un angle droit. Il s'approcherait paresseusement pour nous demander notre commande. Tu me regarderais, disant ainsi : honneur aux dames. Je demanderais deux chocolats, des croissants et des pains au chocolat. Les croissants pour toi, les pains au chocolat pour moi. Je préfère les pains au chocolat.

On parlerait de tout et de rien en grignotant notre petit-déjeuner. Nos jambes se frôleraient sous la table et l'on ferait semblant de ne pas s'en apercevoir. Le dos de ta main serait collée à la mienne, ma main tenant l'anse de ma tasse de chocolat, et là aussi nous ferions semblant de ne rien voir. On sourirait un peu.

Puis, tu irais payer au bar et je te laisserais faire, je ne me plaindrais pas en prétextant que je ne suis pas ta petite-amie et que tu n'as donc pas à payer pour moi.

Tu me raccompagnerais chez moi. Il y aurait plus de voitures dans la rue, le soleil serait plus haut dans le ciel, on croiserait des enfants, le cartable au dos, tenant la main de leur mère.

Sur le perron de chez mes parents, tu me souhaiterais bonne nuit et tu m'embrasserais simplement.



Ainsi se serait déroulé notre premier petit-déjeuner avant notre premier baiser.



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fiction écrite en septembre 2006
Monday, February 11, 2008 

Je ne pourrais même pas dire que je t'en veux car je ne suis plus moi-même. Il n'y a plus un sentiment, il n'y a que des sentiments qui s'entremêlent pour m'étouffer. Je ne me dépatouille pas, je survis simplement. La vie était douce à côté de toi, il y avait cette stabilité due à nos 10 ans d'amour. Tu étais mon roc, solide et rassurant. Tes bras étaient mon refuge quand mon coeur se noyait.


Je ne sais pas où est parti mon meilleur ami, mon amour, mon confident. Tu es parti. Tu es parti, c'est tout ce que je sais et je n'ai que des images de toi dans la tête, mon coeur s'emballe dès que je crois reconnaître ton pas dans l'escalier – mais sais-tu seulement où je vis maintenant ?

Pourtant, avec tes silences, tes bras tendus et tes mots tendres, tu avais réparé mon coeur. Aujourd'hui, le silence est toujours là, mais quelquefois j'entends du bruit, mais ce ne sont que mes sanglots étouffés. Tu vois, j'écris encore ce verbe « étouffer » ; je manque d'air.


Le silence est lourd dans cet appartement que tu ne connais pas. Aucune musique ou alarme ne font cesser mon coeur de battre pour toi.

Je crie ma détresse silencieusement car je n'ai personne à qui parler. Grâce à toi, j'ai eu 18 ans de répis avant d'être happée par tout et n'importe quoi à la fois : mon passé en particulier. Tu es parti avec l'amour, je suis restée avec mes démons.

Tu es parti. Tu m'as abandonnée comme d'autres l'ont fait auparavant. Tu es parti en me laissant face à moi-même, mon pire démon.


Tu es parti en me laissant là, avec tout cet amour qui me ronge et m'étouffe.



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travail d'écriture sur les motivations et les sentiments d'un personnage

Tuesday, February 05, 2008 

Certains matins, je me vois recouverte de poussières, à demi-nue, allongée sur mon lit. Je ne dors pas vraimen, mon esprit navigue vers les eaux du réveil et les yeux du chagrin, et, je me vois morte. Morte et seule. Seule sur ce petit lit. Le chat a bien essayé d'ameuter les voisins, mais rien n'y fait, c'est sans issue.

Je n'ai pas pu me réveiller. Et, je me vois recouverte de poussières, à demi-nue, allongée sur ce lit. Mon corps est là et mon âme n'est que chagrin. Je suis morte mais il n'y a pas d'apaisement. La douleur est toujours là, plus pure, loin des parasites quotidiens.


Mon âme n'est plus que cette douleur.

Sunday, January 28, 2007 

Category: Writing and Poetry

Tu es parti un week-end en me laissant pour consigne : « Exprime-toi par la peinture ». Je suis restée perplexe devant ton mot accroché sur la cafetière. J'avais fait exprès de traîner au lit pour ne pas à avoir à te dire au revoir avant ton départ, et là je me retrouvais comme une idiote à passer ma tasse de café d'une main à l'autre, sans savoir que faire. Alors j'ai attrapé mon sac, et je suis sortie sans me poser de question : tu n'étais pas là pour me surveiller.

Quand je suis rentrée, il était tard. Je tenais à peine sur mes jambes et ton mot me fixait toujours.

Mes jambes sont allées seules vers ton atelier. La lune inondait la pièce d'une couleur surnaturelle, et la lumière semblait pointer du doigt une toile vierge. Cette toile n'était pas là par hasard, tes couleurs et tout ton bordel étaient installés à côté pour me laisser libre place à « l'inspiration » comme tu appelais tes moments de grâce où tout semblait naître naturellement sous tes doigts.

Je n'ai pas allumé la lumière, la lune suffisait bien assez pour ce que j'avais à faire. Le pinceau est venu s'écraser sur la toile. Il est venu s'écraser sur la toile, mais cela n'a pas suffit. J'ai empli ma main gauche de peinture, et mon index droit a tartiné méticuleusement cette grande toile blanche. Je ne sais pas combien de temps cela a duré ; j'étais totalement fascinée par le contact de la peinture sur mes doigts, et sur ce travail si rigoureux et totalement décousu.

Quand je suis allée me coucher, il faisait jour. Le bruit de tes clés dans la porte m'a réveillé, mais je n'ai pas bougé. Tu as posé tes affaires, et j'ai entendu le bruit de tes pas s'éloigner. Je t'ai retrouvé dans l'atelier. Tu m'as attrapé dans tes bras en me berçant doucement. Tu as souri en voyant la peinture qui se trouvait encore sur mes joues et mes doigts, mais toi qui te définissait comme un poète de la peinture, tu n'avais pas vu sur le tableau que cette petite tâche rouge au milieu de cette marre de noire représentait mon coeur, et l'amour qu'il contenait pour toi... si peu.