Bonjour,
je me permet de vous expliquer un peu ce que touche un artiste sur un CD vendu par un label indépendant aujourd'hui en France. Il perçoit entre 7% et 15% (beau contrat!) sur le prix de vente en gros hors taxe (moins 9% puis moins 10% appelé BASE BIEM)
soit quelques centimes d'euros
(tous ces chiffres viennent des contrats proposés et signés par certains labels de la liste qui figure à la fin cet article)
prix de vente HT = 12 € (soit prix de vente TTC en magasin supérieur à 15 €)
-9% = 10, 92
-10% = 9, 83
reviens donc à l'artiste sur cette part entre 7% et 15% soit entre 0,69 € et 1,47€
Coté label, un prix de vente HT de 12 euros représente entre 7,2€ et 5,4€ (le distributeur gardant entre 40% et 60% de cette somme, afin de permettre la vente de cd en magasin)
La répartition entre label et artiste de la somme réellement générée par la vente d'un album est donc de l'ordre de (en faisant une moyenne) :
redevance moyenne perçu par l'artiste : ( 0,69+1,47) / 2 = 1, 08 €
Revenu moyen par album : (5,4+7,2)/2 = 6, 30€
La répartition moyenne est donc d'environ 17 % pour l'artiste et logiquement 83% pour le label...
pour un artiste "débutant" (entendez par là qui ne génère pas encore d'argent) il faut plutôt voir ces chiffres comme suit :
redevance de l'artiste 0,69
Revenu par album : 6, 80 euros
soit une répartition moyenne de 10% pour l'artiste et 90% pour le label.
Ces taux qui font peur sont souvent expliqué par l'investissement financier des labels (produire un disque coute de l'argent!), qui les justifies au travers des "risques" si l'artiste ne vend pas de disque. Bref chacun y verra ici les fondements et les travers du capitalisme : L'argent va aux investisseurs plutôt qu'aux créateurs !
Je tiens également à préciser que de nombreux "labels indépendants" sont en partie financées par des aides publiques (ville, département, région, DRAC...)
Bon le point sur la situation étant fait, je vous considère VOUS lecteur, comme un peu plus éclairé sur le sujet de l'industrie du disque vu par les indépendants. Je vous laisse donc maintenant lire la lettre ouverte porposé par CD1D et FEPPIA au députés concernant la loi HADOPI... Vous comprendrez pourquoi c'est internet le DEMON, Deezer SATAN en personne mais que EUX, "labels indépendants" (indépendant d'on ne sait plus trop quoi d'ailleurs) ne sont surtout pas à remettre en question dans leurs fonctionnement propre !!!!
Vous noterez par ailleurs comment producteurs et éditeurs se tiennent par la main quand il s'agit de prendre l'argent (qui pourrait aussi être à l'artiste, finalement il n'y a que lui d'irremplaçable...)
“HADOPI :
LA CRÉATION SACRIFIÉE”
Par Philippe Couderc, président de la Feppia (Fédération des
producteurs et
éditeurs indépendants d'Aquitaine, 22 labels adhérents) et Eric
Petrotto,
président de CD1D, fédération nationale de labels indépendants (100
labels
adhérents – www.cd1d.com)
Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les députés,
Alors que la loi « Création et Internet » revient au Parlement, nous,
producteurs indépendants de musique, voulons vous interpeller en
apportant un
éclairage radicalement différent de celui généralement promu par les
grandes
compagnies du disque.
Les producteurs indépendants de musique (communément aussi appelé
labels
indépendants) sont aujourd’hui plus de 600 en France et cumulent plus
de 3 000
productions par an. Ils sont très souvent de toutes petites structures
(SARL,
scoop, association) comportant de 0 à 5 salariés en moyenne. Pour
paraphraser
le Syndicat de l’artisanat, ils sont aujourd’hui la plus grande maison
de
disques de France, produisant 90% de création originale, soit
généralement les
première, seconde ou troisième œuvres d’artistes de tous horizons et de
toutes
esthétiques musicales. Très souvent hors des sentiers battus, ils
représentent
la véritable diversité culturelle que ce pays se flatte à raison de
défendre.
Sans eux, les Dominique A, Yann Tiersen, Ogres de Barback, High Tone...
n’auraient jamais débuté (la liste pouvant être longue). Aujourd’hui,
cette
liberté de créer est menacée, car la majorité de ces structures
indépendantes
est au bord de l'asphyxie.
Les labels
indépendants sont partagés quant à
cette loi. Pourquoi ? Parce qu’au fond, si elle rappelle le droit
inaliénable des ayant droits à être rémunérés, elle en oublie la
réalité vécue
par des milliers d’artistes et de producteurs, en même temps qu'elle
pose de
vraies questions sur les libertés individuelles.
Pour les acteurs indépendants, les conditions de travail n'ont jamais
été
faciles et idéales, crise ou non. Mais la dévalorisation constante de
la
musique orchestrée par les majors a rendu ces conditions difficilement
tenables
aujourd'hui. Dès 2006, la mort annoncée (pour 2010) du CD, par une
presse
n’écoutant que les poids lourds de l’industrie musicale, a précipité
cette
chute du marché et conforté un large public dans la totale
dévalorisation du
support. Non
seulement il n’en est rien, mais
encore aujourd’hui, le physique représente près de 90% des ressources
des
producteurs indépendants. Mais dans un pays qui a laissé
détruire son
réseau traditionnel de disquaires au profit de chaînes omnipotentes,
ces
ressources traditionnelles chutent désormais, sans que le numérique
vienne à
les compenser. Et il y a, malheureusement, fort à parier qu’il n’en
sera jamais
ainsi.
La
politique de fuite en avant des majors a
très largement contribué à la dévalorisation de la musique.
Par un discours inique contre le public, désigné comme voleur potentiel
avant
d'être amateur de musique, les majors ont radicalisé le phénomène, en
développant en même temps une politique de prix cassé qui cherche à
condamner
le physique (moins rentable pour eux que le numérique). Après avoir
bradé leur
catalogue dans des offres parfois aberrantes (accès à l'ensemble d'un
catalogue
à volonté pour le détenteur de telle carte bancaire par exemple), les
majors
adoubent des sites de streaming tel Deezer.
Deezer est
non seulement une escroquerie, mais
surtout le dernier degré de la dévalorisation de la musique.
– Deezer a fondé son succès sur la gratuité totale d’écoute de musique
piratée.
Il est paradoxal que les majors du disque aient depuis tant d’années
vilipendé
les internautes pour adouber une société commerciale qui aujourd’hui
encore
propose du contenu piraté.
– Deezer n’est pas une radio. En effet, avec Deezer, vous choisissez
d'écouter
ce que vous voulez, quand vous voulez, autant de fois que vous voulez,
là où
vous le souhaitez. C’est une discothèque à distance écoutable depuis
n’importe
quel ordinateur ou téléphone mobile (type i-Phone). Contrairement à une
radio
qui diffuse un programme choisie par ses soins.
– La rémunération de Deezer aux producteurs est ridicule et
inadmissible :
24 185 écoutes = 22,85 euros.
– Mais surtout Deezer avalise auprès du public l’idée que la valeur de
la
musique est égale à 0. Et c’est peut-être cela le plus grave, car rien
ne le
justifie.
– Si l’internaute grâce à Deezer peut se construire gratuitement sa
propre
discothèque consultable à volonté, pourquoi dès lors achèterait-il de
la
musique sur les sites de téléchargement légaux ?
– Enfin, on propage l’idée que Deezer favorise la découverte par
l’internaute
de nouveaux artistes. Il n’en est rien dans la grande majorité des cas.
Aujourd’hui, les producteurs indépendants vendent toujours moins de
disques et
ne constatent pas une augmentation du public venant voir leurs artistes
en
concerts. Il y a bien d’autres moyens de découvrir de la musique via
par
exemple les réseaux sociaux type Myspace.
Avec Deezer, les majors du disque abattent la valeur de la musique au
profit
d'une rentabilité à court terme (combien Deezer a-t’il acheté sa
« légalisation » par Universal ? Quel est la rémunération de
Universal et quelle en est la répartition Universal / artiste
Universal ?
Les majors du disque construisent leur rentabilité de groupe puissant
sur le
dos des producteurs indépendants que nous sommes et dont ils font peu
de cas.
A cela, nous devons remarquer qu’à aucun moment il n’est fait état de
la
responsabilité lourde que portent les fournisseurs d’accès à Internet
(FAI)
dans la situation actuelle. Les FAI ont construit leurs réseaux,
communiqué
dans leurs campagnes publicitaires et acquis leur clientèle grâce à un
contenu
musical qui ne leur appartenait pas. Car à quoi bon souscrire du haut
débit
pour recevoir de simples courriels ? De télévision on ne parlait pas il
y a
encore quelques mois de cela, c’est donc bel et bien essentiellement la
musique
qui, avec le cinéma, a été le terreau du développement de l’internet
commercial. Ces fournisseurs d’accès n’ont, à ce jour, jamais reversé
le
moindre centime à la musique. Au contraire, ce sont les chaînes de
télévision
publiques qui sont désormais en partie financées par une taxe versée
par les
FAI, par la grâce d'une décision politique.
Le débat
doit aujourd’hui changer de nature et
poser les vraies questions.
– assigner en justice de façon systématique (et collective) les sites
faisant
commerce de nos contenus en toute illégalité,
– créer une redevance prélevée sur le chiffre d'affaires des FAI
destinée à la
création,
– éliminer définitivement les problèmes d’interopérabilité matérielle
et donner
la libre utilisation des fichiers acquis légalement, dans la limite de
son
cercle d’amis,
– interpeller la Sacem sur la nécessité d'adapter son système de
perception et
de répartition aux nouveaux modèles technologiques,
– favoriser l’émergence de modèles économiques alternatifs aux grands
conglomérats (qu’ils se définissent comme des majors ou des
indépendants),
– réintroduire et développer le réseau de diffusion du disque physique,
loin
d’être mort, avec les disquaires ainsi que d'autres commerces de
proximité tels
les libraires, salles de concerts…
– lutter contre l'atrophie actuelle de l'offre physique dans les
chaînes de
magasins ; le disque est un objet culturel, pas un baril de lessive,
– intégrer plus largement les producteurs et labels indépendants dans
toutes
les discussions, réflexions et prises de décisions concernant la
filière
musique.
Il n’existe pas une solution miracle mais un ensemble d’actions
concrètes à
mettre en place qui puisse tout à la fois permettre tant aux
internautes,
qu’aux artistes et producteurs de redonner sa véritable place à la
musique et
sa pleine dimension artistique. Il est grand temps de s’y mettre, en
laissant
..é ces combats stériles qui, on le voit bien, ne mènent décidément
à rien.
Car au rythme où vont les choses, il n’y aura dans quelques années que
les
majors du disque pour produire la musique et quelques sites adoubés
par
elles pour la distribuer. Il en sera alors fini des artisans de la
musique que
nous sommes, défricheurs depuis toujours d'une véritable diversité dans
la
création. Est-ce là le but recherché ?
De part l’urgence de leur situation, les producteurs indépendants que
nous
représentons par nos signatures, s’organisent enfin pour faire
reconnaître et
entendre leurs problématiques et leur importance primordiale dans la
création.
Nous sommes aujourd’hui prêts à prêter notre expertise et contribuer à
construire enfin une vraie politique en faveur de la création, de la
rémunération juste et équitable des artistes et producteurs, et d’un
dialogue
renforcé et constructif avec les internautes dont la grande majorité
est
toujours prête à payer pour écouter de la musique.
Les
premiers labels
signataires : 6AM / AILISSAM / ALBA CARMA / AMOR FATI / AZA ID / BANZAI
LAB / BEE RDS / CLAPPING MUSIC / LA CHAUDIERE PRODUCTION / COLLECTIF
CA-I / COMPOSIT MUSIC / CRASH DISQUES / CRISTAL MUSIQUE / CRYPTOHYTE /
DAQUI / DIAMOND TRAXX / DA SKUD REKORDZ / FACTO RDS / ICI D'AILLEURS /
IOT /
IRFAN [LE LABEL] / JARRING EFFECTS / HORSNORMES ! / KIUI PROD /
MARABI / MARV / MEDIATONE / MILLE MILLIARDS / NEURONEXION / ODETTE
PRODUCTIONS / PATCHWORK / PLATINUM RDS / PRIKOSNOVENIE / SO YOUZ /
SYNCOPE /
TALITRES / TER A TERRE / TROISQUATRE8 / VAÏ LA BOT / VICIOUS CIRCLE /
VOLVOX
MUSIC / ZONE FRANCHE ainsi que les fédérations CD1D et FEPPIA...
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cd1d.com - fédération de labels indépendants
plate-forme de vente en ligne de musique physique (cd - dvd - vinyl - livre) et numérique (mp3 - flac)
www.cd1d.compromo@cd1d.com----
88 labels
690 artistes
1 270 références
11 700 pistes téléchargeables
J'espère que certains d'entre vous aurons vu par ailleurs les petits mensonges et autres contradictions glissé dans cette lettre...
Bref, personne ne défend le droit d'auteur (ce n'est pas la propriété intellectuelle qui est remise en cause) mais seulement l'argent qu'il génère pour les "ayant droits" (comprenez "toutes autres personnes que l'artiste mais qui prend l'argent généré par la création de l'artiste", sinon on dirait juste artiste, pas ayant droit!) Mais sachez messieurs les "labels indépendants" et autres éditeurs que la musique existera toujours même quand il n'y aura plus assez d'argent pour vous faire vos salaires...