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Sandro Zerafa



Last Updated: 12/22/2009

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Monday, May 25, 2009 
Tuesday, December 02, 2008 
Tuesday, December 02, 2008 
Tuesday, December 02, 2008 
**** SANDRO ZERAFA : « White Russian
quartet »
CD baby 2008
Sandro Zerafa (g), David Prez (ts), Olivier Zanot (as), Yoni Zelnik
(cb), David Georgelet (dm)
Comme quoi il ne faut pas forcément jouer
dans les clubs de la grosse pomme pour
faire du jazz New Yorkais ! Preuve en est,
ce nouveau quintet franco-maltais épatant
mené avec beaucoup d'enthousiasme et
une sacrée de dose de talent par le
guitariste Sandra Zerafa. Grosse révélation
de cette rentrée qui ne va pas tarder, c'est
sûr à conquérir son public. Car on ne peut manquer d'être séduit
par la qualité des compositions et du jeu de ces jeunes musiciens
qui tout en s'inspirant de leurs maîtres américains (on reconnaît
Rosenwinkell, Redman, Chris Cheek, ou David Biney) va bien
au-delà des clichés habituels (son de groupe, groove,
évanescences harmoniques) de bon ton de l'autre côté de
l'atlantique. Ce côté là de la musique américaine s'y retrouve
certes mais il s'en dégage ici un parfum nouveau, une fraîcheur
certaine et surtout un réel enthousiasme à jouer une musique faite
de tramage et de contrepoint sur lesquels les saxophones ténor et
alto de David Prez et Olivier Zanot font merveille. On connaît David
Prez et son travail aux côtés de Romain Pilon ne cesse de nous
séduire. S'il confirme ici tout le bien que l'on pense de lui et de son
phrasé précis et incisif il semble en l'occurrence parfaitement
émoustillé et galvanisé par la présence d'un autre saxophoniste. Et
quel saxophoniste ! Olivier Zanot à l'alto ne cesse de nous
Émerveiller par sa façon de jouer en s'appuyant sur son camarade
de jeu.
Jamais dans le « trop - jouer ». Olivier Zanot maîtrise parfaitement
un jeu basé sur l'écoute de son partenaire, profitant des espaces
laissés libres pour y ajouter toujours la note juste, celle qu'il fallait
pour rehausser l'ensemble. Il est vrai que dans cet exercice
contrapuntique, il était particulièrement rodé par le duo qu'il formait
précédemment avec David El Malek au sein du Blowin trio de
Laurent Coq. Ici son association avec David Prez fait merveille
chacun se mettant sans esbroufe mais toujours avec une sacrée
énergie au service de la musique. Et la paire Zelnik-Georgelet, que
l'on a vu souvent tourner ensemble dans le passé se retrouve là
aussi à merveille dans l'impulsion d'un groove sous jacent, jamais
lourd, une sorte de groove d'une rare finesse. Georgelet y affiche
clairement son amour de Motian. Le maître d'oeuvre de cet
ensemble c'est Zandro Serafa qui signe là des compositions
absolument remarquables d'intelligence autant que de finesse.
Subtilité des timbres, équilibres des différentes parties, solistes et
non solistes mêlés, tramages et contrepoint un peu à l'image,
justement de ce merveilleux album de Paul Motian ( « Garden of
Eden »avec Chris Cheek et Tony Malaby) dont on sait qu'il a inspiré
l'écriture de Zerafa. Jusqu'à reprendre et surprendre avec un
somptueux Lullaby véritable hommage à Ornette. White Russian
sonne comme le nom de ce cocktail à base de vodka, de lait et de
crème de café. Un alcool à la fois fort et doux. Du genre qui se boit
tout seul et dont on ne se lasse pas. Une ivresse assurée.
Jean-Marc Gelin
par Jean marc Gelin publié dans : chroniques