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L'OREILLE QUI GRATTE



Last Updated: 11/25/2009

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Sunday, November 15, 2009 

500eme de L’Oreille Qui Gratte le Samedi 30 Janvier 2010 enregistrée en Direct et en public depuis la MJC Picaud à Cannes avec Melchior Liboa, Chinaski, Quadricolor, My Diet Pill & Eon Mégahertz.

 

Coucou,

Ca y est nous y sommes presque dans 10 émissions nous atteindrons après près de 15ans d’activisme musical la 500eme de L’Oreille Qui Gratte.

Nous ne voulions pas laisser passer cet anniversaire sans marquer le coup. C’est pourquoi nous avons décidé d’enregistrer le samedi 30 janvier, une émission en direct et en public depuis la MJC Picaud de Cannes

Le concept reste le même avec du live et des interviews.

Nous avons choisi 5 groupes que nous adorons et qui ont tous marqué l’histoire de l’Oreille qui gratte, chacun se produira durant 25 minutes. Bien entendu la règle est identique avec la reprise imposée mais cette fois nous oublions l’acoustique pour l’électrique. Pendant les changements de plateau nous proposerons une interview, le tout bien entendu diffusé en direct sur Agora FM

Les cinq groupes choisis sont : Melchior Liboa, Chinaski, Quadricolor, My Diet Pill & Eon Mégahertz.

Vous vous doutez bien que  le choix a été difficile tellement il y a de groupes de talent dans le coin, nous avons aussi créé tellement de relations amicales  que nous aurions voulu pouvoir faire 48 heures d’émission non stop mais c’est malheureusement impossible.

L’entrée sera fixée a 5euros.

Nous espérons vous y voir nombreux car nous aimerions que ce soit la fête de toute la scène rock azuréenne.

Réservez dès à présent votre soirée mais faîtes moi confiance je vais vous harceler de mails pour vous rappeler l’évènement

D’ici là nous avons encore 10 émissions à animer avec de beaux programmes en perspective et notamment un réveillon qui gratte pour la Nuit de la St Sylvestre

Yahoo comme c’est cool d’écrire un mail qui n’est pas une necro mais une annonce d’anniversaire J

@+

Simon

 

Benoit  Simon par Ariane
 

 

Il y a environ 3ans pour la 400e j’avais écrit ce-ci.

Je vous le repropose aujourd’hui puisque finalement le fond reste le m^me.

Biens sur ils y a eu quelques changements Agora à  maintenant des émetteurs sur Nice 94.10 et Menton 88.9.

Ma boite au lettre est désormais délaissée au profit d’adresse myspace.

 Et puis surtout Mr Pirate a rejoint l’équipe et y a pris une place telle qu’il est aujourd’hui indispensable

Ah oui ma fille est née sur Careless Whisper de George Michael. Une vraie chanson pour fille-;-)  

 

                                                           ***

 

Putain mardi c’est la 400eme émission de l’oreille qui gratte donc 12 ans d’antenne…

Une fois n’est pas coutume, je vais faire une bafouille en forme de remerciements.

Tous d’abord je trouve dingue qu’après tout ce temps je me fasse encore avoir, que je cours toujours après toutes ces nouveautés issues du rock indépendant, recherchant la mélodie, l’accord parfait qui va changer ma vie pendant…. 3 semaines… après j’aurai oublié a jamais ces groupes hyphes (je pense par exemple aujourd’hui aux klaxons). Cette quête effrénée fait que le moment le plus jubilatoire de mes journées est quand je descends à la boite aux lettres voir les galettes que j’ai reçues, dans l’espoir bien sûr de trouver l’essence du rock‘n’roll : instantanée, révolutionnaire, sexuelle. Ma drogue à moi en somme qui me sert de carburant pour supporter la médiocrité du quotidien.

Cette quête musicale, ce défrichage continuel m’a amené en 600 heures d’émissions de radio à passer 6800 chansons, recevoir 250 groupes (des plus connus Camille ou Dionysos (les copains de toujours) a Pierrot de le chanteur du rue du pays vencois), réaliser 300 interviews et autant de sessions acoustiques émaillées d’îles désertes (chiffre à la louche bien sur),  sans compter la quantité innombrable de disques que j’ai pu écouter, ni même le nombre de concerts auxquels j’ai assistés, ce qui fait qu’aujourd’hui je deviens sourd de l’oreille droite, mais qu’importe…

Qui se souvient de la chanson qui passait à l’instant de la naissance de son premier enfant ? Moi Polnareff. Je réfléchis quotidiennement au premier disque que ma fille qui arrive dans un mois va écouter.

Pour beaucoup Je dois être malade ! Certainement mais pas plus que les sportifs, qui courent puérilement derrière un ballon en veillant à ce que le voisin n’aille pas plus vite. Moi je ne suis en concurrence avec personne.

L’oreille qui gratte ce n’est pas un truc d’autiste que je fais seul dans mon coin. C’est avant tout une extraordinaire histoire d’amitié avec Benoît mon ami de 22ans avec qui, attablés a une terrasses vençoise ensoleillée nous est venue l’idée folle de lancer cette émission, Benoît trouvant le titre et moi le générique. 12 ans après ce sont encore les deux mêmes qui sont aux rennes de l’émission. Peu de gens peuvent se targuer d’autant de fidélité en amitié. Notre relation est la principale force de l’oreille.

En 12 ans nous avons eu beaucoup de compagnons de route qui nous ont  nourris, motivés, aidés, nous les remercions maintenant : Philippe Vernay, Laurent, Francky, Vicky, Hervé, Francis, Antoine, Christelle, Philippe Henry ou encore récemment Justine et bien sur la dernière recrue Alain, à la culture musicale incommensurable avec qui maintenant nous formons officiellement un trio à la tête de l’émission. J’en oublie certainement, je m’en excuse. Je  joins mes remerciements aux groupes qui se prêtent à notre émission, aux salles de concerts qui nous reçoivent, aux maisons de disques, et bien sur aux médias qui nous soutiennent, telle Nouvelle Vague ou Live In Marseille

Certains me reprochent de ne pas grandir, de m’enfermer dans l’adolescence, je dis non, il y a 12 ans j’étais mince avec les cheveux longs et aujourd’hui j’ai grossi, j’ai des cheveux mi-longs sur les épaules… Plus sérieusement pour moi la fidélité, la constance et la persévérance  sont parmi les qualités les plus importantes de l’être humain. Mes proches reconnaissent que je ne brûle jamais ce que j’ai aimé, et si sur mon lit de mort je ne renie rien de se que j’étais à 20 ans je me dirai que je n’ai pas complètement raté ma vie 

Maintenant en route pour la 500eme mais d’abord je dois écouter ce disque tout chaud qui vient d’arriver. Allez rien que pour une fois je fais une pause pour boire une coupe de champagne la santé de la musique en général et de « l’Oreille qui gratte » en particulier. 

 

 

L’Oreille Qui Gratte c’est tous  les mardis entre 19 h 10 et 21 h sur Agora FM 94 et sur  www.loreillequigratte.com  &  www.myspace.com/loreillequigratte

 

 

Sur Agora FM 94 (Pays Grassois) 94.10 FM (Pays Niçois)

88,90 (Pays Mentonnais)

myspace.com/loreillequigratte 

www.loreillequigratte.com

www.facebook.com/pages/Loreille-qui-gratte/19623418094

www.wat.tv/loreillequigratte

www.youtube.com/user/loreillequigratte

www.agorafm.fr 

http://radiodiffusion.free.fr/podcast/agorafm.m3u

 

 

 

 

Simon Pégurier

Agora FM
L'Oreille Qui Gratte
261Av.Matisse  06 140 VENCE
www.loreillequigratte.com
www.myspace.com/loreillequigratte
06 64 32 70 23

Sunday, October 25, 2009 
Nuit Qui Gratte # 6
Samedi 24/10/09
Les Année 90’s

Burning Heads : Making plan for Nigel (reprise XTC)
Pulp : OU
Hole : Plump
Garbage : Stupid girl
My Bloody Valentine : When you sleep
Smashing Pumpkins : Love

The Auteurs : Early years
The Verve : All in the mind
Butthole Surfers : Pepper
Mercury Rev : Something For Joey
Mick Harvey : Harley davidson (reprise de Gainsbourg)

Bjork : Army Of me
L7 : Wargasm
Elastica : Connection
John Cale : Hallelujah
Ramstein : Tier
House Of Love : Crush Me

The La’s : I can’t sleep
Pavement : Hit the plane down
22 Pistepirkko : Motorcycleman
Jesus and Mary chain : Snakedriver
The Happy Monday : WFL
The Chemical Brothers : lost in the k hole
Prodigy : Poison

Red Hot Chili Peppers : Suck my kiss
Keziah Jones : Prodigal Funk
Morphine : Super sex
Tricky : Christian Sands
Bowie : I’m Deranged
Wir : So and slow it grown
The Cure : Burn

Primal Scream : Know your right
Noir Désir : One Trip One Noise (Remix Treponempal)
Treponempal : Renegade
Filter : Hey man nice shot
The Breeders : I just wanna get along
The Gories : Nytroglycerine
Dominic Sonic : Hey hey my my (reprise de Neil Young)
Expoya : Try

Suzanne Vega : Blood Makes noise
Soul Coughing : Super Bon Bon
Deus : Fell Off the floor man
Les Tétines Noires : My night Club Head
Placebo & David Bowie : Without you I’m nothing
Super Furry Animals : The Placid Casual
Rockers Hi Fi : What a Life
Stereo MC’s : Playing with Fire
Leftfield : melt

Paul Weller : Stanley Road
Spiritualized : Electricity (live)
Air : Sexy Boy
Beck : Mutherfuker
Blonde Redhead : Violent life
Dionysos : Wet

Forest for the tree : Stream
Radiohead : Pearly
Katonoma : Idiotic
Morrissey : The boy racer
Manic Street Preachers : Everthing Must go
The Dandy Warhols : Cool as Kim Deal
Little rabbits : La Piscine
Katerine : les vacances a l’hopital

Public Ennemy : Can’t do muttin’ for your man
Cypress Hill : Insane in the brain
The Beastie boys : So what’cha want
Jane’s addiction : Been caught stealing
Boss Hog : Skibunny
Soundgarden : Spoonman
Power Mad : Slaughter house

Jon Spencer Blues Explosion : Wail
Gun Club :Black hole (live)
Diabologum : les garçons ont toujours raison
Dominique A : Ottobox
Jad Wio : Contact
David Holmes : Don’t die just yet

16 Horsepower : Black soul choir
Girls Against Boy : Super fire
Sebadoh : Sister
Les Thugs : Poison head
Nirvana : Tourette
PJ Harvey : 50ft Quennie
Mogwai : Like Herod
Shudder to think : Hot one

Pearl Jam : Whislist
The Beta band : Dry the rain
Bark psychosis : Main man
Babes in toyland : Dust cake boy
Blur : Song 2
Iggy Pop : Louie louie
Weezer : Buddy Hollie

Nada Surf : Popular
Elysian Field : Lady in the lake
Sonic Youth : No queen blues
100000 : L’esquisse
My diet pill : L’air de rien
Slur : Classic trap
The god machine : In bad dreams
Depeche mode : My Joy
Karma to burn : Twenty four hours (Joy Division)
Portishead : Cowboys

Earthling : Because the night
Angelo Badalamenti: A real indication (BO Twin Peaks)
Alain Bashung : Danse d’ici
Massive attack : Inertia creeps
Talk talk : Ascension day
The Beatles : Free as a bird
Sunday, October 18, 2009 

                                                     Mouans Sartoux


Interview de Michka Assayas
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Michka Assayas

 Papier Musique

Je suis Michka Assayas depuis plus de 15ans. Impossible de se lasser de ce personnage. Il évolue sur plusieurs tableaux. Et quelques soit le support où on le retrouve il est toujours au top de sa forme, à la fois pointu et juste. On l’a tout  d’abord connu journaliste pour Liberation, Rock’N’Folk ou Les Inrocks mettant en avant de toutes ses forces des groupes comme Joy Division ou Echo and the bunnymen, on l’a ensuite connu chroniqueur chez l’indéboulonnable Bernard Lenoir. Ses chroniques étaient celles d’un Monsieur tout le monde qui sort dans la rue et nous raconte ses coups de gueule ou passions. Ensuite on s’est intéressés à l’écrivain romancier qui publie des livres personnels, souvent sans merci, trop vrai pour être beaux en somme. Son dernier né Solo vient tous juste de paraître. C’est lui qui est à la naissance du dictionnaire du rock, pavé dans lequel on se replonge très régulièrement. Son livre d’entretien avec son copain Bono nous a donné envie de nous replonger dans un U2 pourtant au creux de la vague. Etonnement on retrouve aujourd’hui Michka en qualité de musicien. Après avoir longtemps jugé (souvent sans merci), il s’expose à son tour en nous proposant ses compositions où la basse en avant nous renvoie à                           la noirceur de la cold wave de Joy Division, The Fall ou Cure. Il est donc facile de trouver des sujets de discussions, l’entretien s’écoulant comme une évidence.

Je t’ai découvert il y a une quinzaine d’années en tant que chroniqueur pour Bernard Lenoir sur France Inter. Pourquoi as-tu arrêté cette Collaboration ?

C’est une raison très terre a terre il y a eu une réorganisation à France Inter, il n’y avait plus de budget pour payer les chroniqueurs. Lenoir m’a dit « je suis désolé, je ne vais pas pouvoir reconduire ta chronique ils me font chier, il m’emmerdent pour des questions d’argent ».

 

Tu es depuis revenu à la radio puisque tu animes le dimanche à 22h l’émission « Subject 21 » sur France Musique.  

Oui. C’est tout à fait différent. Sur France-Musique je suis producteur, c’est le nom que l’on donne à la personne qui construit une émission. C’est une émission de rock au sens très large. L’idée est très simple je m’inspire de quelque chose qui est dans l’actualité, et je tire un fil très personnel. Il y a un an j’ai commencé avec Coldplay, c’est un groupe que je ne vénère pas mais j’ai eu la curiosité d’écouter leur album, et j’ai trouvé qu’il y avait des choses qui n’étaient pas nulles. J’ai surtout vu que c’était produit par Brian Eno. Je suis parti sur Brian Eno pourquoi ce mariage avec Coldplay ? Qui est Brian Eno vous ne le connaissez peut être pas ? Je vais essayer de vous présenter un panorama de tout ce que Brian Eno a fait. J’ai passé ses albums solos, j’ai passé ces productions avec les Talking Heads, son album avec David Byrne…  

 

Parlons maintenant de ton coté écrivain. Tu viens de sortir Solo ton premier roman depuis 2002. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

La raison est que j’ai passé beaucoup de temps à faire un livre d’entretien avec Bono. C’est curieux car pour un livre d’entretien on se dit « c’est facile, il suffit de parler avec la personne et de mettre en forme ce qu’elle a dit ». Mais le problème c’est qu’il a été très difficile à joindre. Donc j’ai passé un an et demi à deux ans à faire beaucoup d’email, de paperasses, de travail préparatoire, ça m’a donc pas mal accaparé. En plus j’ai fait deux versions du livre, je l’ai écrit directement en anglais puisque je parlais avec lui en anglais et ensuite je l’ai traduit en français.

Ensuite le livre « solo » qui sort ces jours ci m’a pris trois ans et demi, j’ai commencé à l’écrire l’été 2005. J’en ai fait une première version très touffue, assez ratée, je n’étais pas content, j’ai donc tout remis à plat, et j’ai fait une version beaucoup plus dense, plus intense

 

Je n’ai malheureusement pas encore lu « Solo » mais j’ai lu tous tes précédents ouvrages. Est ce dans même veine contemporaine que tes anciens ouvrages qui parlent de la vie de Monsieur tout le monde avec un peu de musique ?  

Oui c’est un très bon résumé. Mon précédant roman « Exhibition » est un livre très grinçant, plein d’humour noir, il y a même un coté un peu trash, je me suis amusé à photographier les choses les moins reluisantes de la période contemporaine, en particulier dans la vie professionnelle, médiatique avec un personnage plutôt raté qui n’avait rien fait de sa vie, qui observait avec beaucoup d’acuité mais qui n’était pas vraiment dans la vie.

La pour « Solo » c’est différent, j’ai essayé de renouer avec le coté intimiste de mes premiers récits, qui étaient très autobiographiques et écrits d’une manière un peu poétique. Je me suis dit que j’avais un peu trop forcé le trait sur « exhibition » que j’étais trop grinçant. J’ai voulu faire quelque chose de plus touchant, plus intime. Revenir au coté vie intérieure d’un personnage, un gars ni raté ni super héros, un mec entre les deux, comme beaucoup de gens.

 

Peux-tu faire un résumé de solo ?

Curieusement le héros est un animateur radio. C’est très curieux car je ne savais pas du tout que j’allais refaire de la radio à ce moment là. J’ai imaginé une espèce de Bernard Lenoir à qui j’ai prêté des traits pas très sympathiques. Mais nous avons tous des cotés pas très sympas quand on est face a soi même, on a tous des choses qu’on n’aime pas en soi. Je cherche parfois à gratter cette plaie là, tous les cotés un peu lâches, pas terribles qu’on a tous.

Je m’empresse de dire que le personnage n’est pas moi mais il a des traits de caractère que j’exagère de chez moi. En particulier je ne suis pas toujours très glorieux dans la vie privée.

Le héros est marié, il est père d’une fille, il a eu il y a trois ans une aventure qui s’est mal terminée avec l’une de ses auditrices, une étudiante. Trois ans après il reçoit un message de cette fille qui lui dit « écoute, tu as peut être oublié mais moi pas. Il y a trois ans j’ai du avorter de toi, la sécu m’a remboursé l’IVG mais il y a une partie complémentaire que la mutuelle ne prend pas en charge, donc tu vas la payer ». Ca veux dire tu vas payer d’une manière plus générale, tu vas payer moralement car tu n’as pas été à la hauteur, je pensais que tu étais un mec bien, en fait tu n’es pas un mec bien. En fait cette fille devient une voix qui hante sa conscience, qui devient son propre tribunal. C’est une autocritique de lui, et finalement de sa génération. A la fin il se passe un truc auquel  je ne m’attendais pas, cette fille un peu fantomatique que le héros aperçois comme une menace, « je vais venir chez toi je vais te prendre ta télé, je vais tout dire a ta femme, tu vas me rembourser cet argent, tu vas voir etc… » le  terrifie, il imagine liaison fatale. En fait il va y avoir une vraie rencontre entre les deux qui sera authentique. Tout a coup ce n’est pas la célébrité, ce n’est pas la jeune fille qui le regarde comme un demi-Dieu, c’est lui qui lui court après, pour essayer de comprendre une vérité qui lui a échappée quand il a eu cette histoire très brève avec elle.

Je suis très fier de la dernière partie du livre car je pense quelle représente une sorte d’apaisement dans la conscience du personnage, et c’est une rencontre très vraie et très sincère entre les deux, qui n’a pas eu lieu quand elle aurait du avoir lieu. 

 

Solo

 

De mémoire je me souviens que dans « Exhibition » tu fais une description du personnel politique local qui m’avait beaucoup amusé.

Oui on a l’équivalent dans tous les départements, dans toutes les régions, de ce genre de mec qui grenouille (NDLR : rire)

 

Tu es aussi journaliste rock. Tu as écrit dans Liberation, Rock’n’Folk, les Inrockuptibles. Tu continues aujourd’hui ou tu as été lassé après cet énorme travail que fut le dictionnaire du rock ?

C’est pas que j’en ai eu assez c’est qu’en fait, je n’aime pas me répéter, je n’aime pas faire semblant de m’exciter pour des trucs alors que je ne suis pas convaincu. Je trouve qu’en réalité aujourd’hui une grande partie du journalisme rock est de la promotion. Je pense qu’il est très difficile d’avoir la position que j’occupais, il a y 25ans, avoir la place de parler de ce que j’aimais. Si c’était trois, quatre feuillets, j’avais la place pour le faire et c’était possible de faire ça dans des magazines comme Rock’N’Folk qui tirait a 200 000 exemplaires. On ne se considérait pas comme des journalistes professionnels, on était des militants d’une certaine musique, d’une avant-garde musicale.

Je suis comme tout le monde je dois gagner ma vie. J’ai eu la chance pendant plusieurs années de faire une chronique hebdomadaire dans VSD, un journal que tu ne lis sans doute pas, que je ne lisais pas moi non plus, mais qui m’autorisais à parler d’absolument tout ce que je voulais. Très paradoxalement j’ai trouvé là dedans plus de liberté et d’indépendance, ( c'est-à-dire qu’on me foutait royalement la paix), que je n’en aurais  eu aux Inrock ou a Libération,  ou la là mode a vachement d’importance. Il faut toujours parler des trucs tendances et moi j’étais libre de parler d’une réédition de Hank Williams, de parler d’un auteur compositeur texan qu’on a totalement oublié comme Vic Chesnot… J’étais vraiment livré à moi-même. Finalement ce que je faisais ce que font certain sur des sites internet sauf que moi j’ai un nom un peu connu dans le milieu qui me permet d’être rémunéré pour ça. Mais il est certain que si quelqu’un veux faire exactement comme moi et qu’il a 25ans il ne gagne pas sa vie.

 

Ca a été ton premier métier journaliste ?

J’ai été avant tout un critique militant. C'est-à-dire que je soutenais à fond une tendance de la musique qui était nouvelle, et que je ne trouvais pas assez bien représentée. Quand j’étais gamin je lisais Rock’N’Folk ou Best et j’étais révolté quand ils parlaient de groupe que je connaissais par le NME ou la presse anglaise, car je trouvais qu’ils racontaient n’importe quoi, et qu’ils se trompaient. J’étais plein d’arrogance, j’avais 21ans je ne doutais de rien et je disais regarde j’ai fait un papier sur ça et c’est important. A l’époque il n’y avait pas internet et tous les médias actuels, la musique n’était pas diffusée aussi facilement. Quand Joy Division faisait un album 20 personnes l’achetaient à Paris. J’étais un peu pris comme le mec qui avait vu le feu, les mecs me regardaient en pensant que j’étais fou, que j’avais une obsession pour ses trucs là. Ils disaient prenons ces papiers on ne sait jamais. C’est comme ça qu’on m’a laissé faire ce que je voulais, j’ai eu une chance incroyable quand j’y repense. J’étais très grincheux mécontent, je trouvais que la musique ce n’était plus ce que c’était, j’avais un coté très râleur. C’est vrai que j’ai parfois un coté acide. Je faisais des articles très méchants. Mais j’essayais toujours de m’attaquer à des gens qui me semblaient représenter des obstacles à la musique que je voulais défendre, c’était un acte politique pour moi de les attaquer. Par exemple stupidement j’avais écrit une chronique sur George Harrison où je le descendais en flamme, je ne sais plus pourquoi, peut être car je n’aimais pas la pochette, mais ça m’énervait que ces mecs continuent à faire des albums solo. Je trouvais que ça étouffait la voix de Echo And The BunnyMen, New Order de U2…  je disais « ras le bol de ces vieux cons ». Je mettais un pain de dynamite sur le truc, je disais des horreurs. Quand je repense à ce que j’écrivais c’est pas que j’ai honte mais je me dis qu’est-ce qui m’a traversé la tête ? J’étais un  khmer rouge un peu.

 

 Chose inattendue après avoir tant jugé les autres tu deviens à ton tour musicien ?

J’ai toujours souhaité m’exposer. J’ai toujours détesté la position du mec qui est là à ricaner, à juger les autres sans payer de sa personne. C’est pour ça que j’ai fait des romans, ils n’ont pas forcement été bien accueillis, ça n’a pas forcement été des évènements mais bon effectivement les gens pouvaient juger ce que je proposais moi-même. Le fait d’écrire a été la grande affaire de ma vie. J’ai toujours écrit. C’est pourquoi arrivé aujourd’hui j’en ai eu un peu marre d’être toujours dans ma tour d’ivoire. Même si c’est vrai qu’écrire sur la musique c’est partager quelque chose,  il y a un coté pratique collectif qui m’a toujours manqué. J’étais peut être pas sûr de moi, j’étais maladroit, j’ai pas du tout le sens du rythme, donc j’étais très inhibé et très complexé par ça. Peut être le fait de parler avec Bono de voir qu’il était très cool, enfin a un moment je me suis senti, je me suis dit faire de la musique ça peut être aussi naturel que d’écrire un article, d’avoir une conversation avec quelqu’un. J’ai peut être simplement attendu d’avoir quelque chose à dire. Il y a un moment ou je ne savais pas quoi chanter, passé un temps si on m’avait dit tu as un budget illimité tu vas faire un album je n’aurais pas eu la moindre idée de ce que j’aurais pu faire. Maintenant je sais les trucs sortent, c’est ce que c’est. C’est précis, avec Régis j’arrive à les mettre en forme, car il me discipline, mon fils aussi. Je dirais que je suis poussé par eux. J’ai envie que ça aille très très loin. Je pense qu’on est dans une phase ou on sort du coté amateur, dilettante ou on s’amuse pour faire quelque chose de bien. Je m’imagine très bien jouer dans des concerts des festivals, faire des premières parties etc… J’ai vraiment envie de ça.    

 

Propos recueillis par Simon Pégurier

Merci à Philippe Gamba est Mr Pirate

Une interview www.loreillequigratte.com

 

Mouans Sartoux Le 04 octobre 2009

 

 

Bibliographie :

 

Romans :

1990 : Les années vides

1994 : Dans sa peau

2002 : Exhibition

2009 : Solo

 

Sur le rock :

2002 : Dictionnaire du rock (direction d'ouvrage)

2005 : Bono par Bono, conversations avec Michka Assayas

 

Radio :

Subject21. Le dimanche à 22h sur France Musique

 

Interview avec Michka Assayas Le Dimanche 04 Octobre 2009 à Mouans Sartoux


Itw de M.Assayas par P.Gamba - Mouans Sartoux le 04 10 09
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Assayas en concertMouans Sartoux le 04 Octobre 2009

 


Michka Assayas en Concert. Mouans Sartoux le 04 Octobre 2009
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Michka Assayas en Concert. Mouans Sartoux le 04 Octobre 2009
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Michka Assayas en Concert. Mouans Sartoux le 04 Octobre 2009
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Saturday, September 12, 2009 
                                                   Feux dartifices le 29 décembre 2007


                                  Nuits Du Sud 2009

 

Des l’arrivée des beaux jours Vence prend le rythme des musiques ensoleillées.

A partir d’Avril on guettait avec hâte le Nice Matin ou le site du festival pour découvrir la programmation. Une fois l’info tombée nous voilà soulagés, cette année encore Téo Saavedra et son équipe nous ont proposé un cocktail magique et festif entre têtes d’affiche reconnues et découvertes. Il n’y avait plus alors qu’à attendre le mois de Juillet pour danser librement sur la place du Grand jardin. Attente cette année facilitée grâce à l’ouverture d’un magnifique espace culturel au centre de notre ville qui nous permet de trouver les disques de tous les artistes présents. Espace Culturel qui apporta cette année un plus indéniable au festival avec des rencontres dédicaces avec les artistes le jour de leur concert.

 Début Juillet l’installation des décors fleuris en forme d’instrument de musique sur le rond point Cantemerle prouvaient que la fête allait bientôt commencer.

Le jour J : le 10 Juillet tout le monde ne parlait plus que de ça. Le même jour à 17 heures à la mairie avait lieu la cérémonie de remise de récompenses au élèves de terminale du lycée Matisse qui avaient obtenu la mention bien ou très bien au baccalauréat. Dans les lots il y avait des places pour le fameux festival. Et hop les études étaient oubliées dans la seconde,  la conversation tournait sur l’évènement musical de l’été vençois.

Les festivités démarrèrent avec Kassav’ groupe légende du Zouk. Mettons tout de suite les choses au point je ne suis pas fan de Zouk. Ce style musical me laisse totalement de marbre. C’est donc par curiosité que je me suis rendu à la soirée d’ouverture. Et là, je dois reconnaître que c’est quand même quelque chose. Kassav’ c’est ultra rythmé, endiablé, énergétique. Et puis les musiciens ont la forme, à leur âge ! Bien peu de sexagénaires doivent être capables de lever ainsi la jambe en dansant. Au bout d’environ 40 minutes je me suis surpris moi-même à remuer. Et puis quel bonheur de voir la place du grand jardin noire de monde, dansant dans tous les sens. Et quelle danse, c’est quand même sacrement chaud le zouk. Gilberto Gil n’est plus ministre de la culture au Brésil. Il a donc, à nouveau du temps pour se consacrer à son premier amour la musique. Il était donc de retour à Vence. Sa musique qui invite à faire la révolution dans la bonne humeur, a été bien vite oubliée avec l’arrivée sur scène de Shantel & Bucovina Club Orchestra, sans conteste la révélation de l’édition 2009. Leur musique entre tzigane, Balkan et russe a littéralement retourné l’assistance. Un groupe majeur à revoir d’urgence. La soirée Yuri Buenaventura nous a surtout marqué par le vent hors norme qui soufflait sur la ville, créant un spectacle inattendu où le sable de la place créait une ambiance irréelle. Est ce pour cela que le Colombien nous a proposé un show plus calme plus crooner qu’à l’accoutumé ? Grand Corps Malade a confirmé qu’il était un très grand conteur. Le slam se pratique d’habitude dans des petits lieux fermés et enfumés, on pouvait craindre que le spectacle en plein air sur une grande scène soit difficile, mais il n’en fut rien, il a su créer une ambiance intimiste mettant parfaitement en valeur la qualité époustouflante de ses textes. Très très chaude soirée, avec le reggae basique et efficace d’Alpha Blondy puisque c’est L’Ivoirien qui a gagné la palme de la plus grosse affluence du festival. Le crooner Murray Head a fait mouche auprès d’un public principalement féminin avec ses chansons personnelles aux accents folk. Pascale Picard est l’artiste qui monte en ce moment, il faut dire que la québécoise arrive à jouer sur tous les tableaux en plaisant à tous les publics, du fan de mélodies soignées à l’amateur de musique qui se consomment dans l’instant. J’ai boudé la huitième soirée. En raï j’applaudis des deux mains l’aventureux Rachid Taha, la magicienne Natacha Atlas ou le timide Idir mais je passerai sous silence Khaled et Faudel. Soirée pour les connaisseurs avec Avishai Cohen qui avec sa contrebasse nous a permis de voyager entre musique traditionnelle et jazz chantés en espagnol ou hébreux. Honte à moi, jusqu'à cet été je ne connaissais les frères Belmondo que grâce à leur collaboration à l’album Chatterton d’Alain Bashung, j’ai aujourd’hui comblé avec plaisir mon retard, notamment grâce à leur collaboration avec l ‘étonnamment statique Milton Nascimento pour un surprenant mélange entre rythmes afro cubains et jazz mélodieux. La 10eme soirée nous a  permis de nous rendre compte qu’au Cap vert il n’y a pas que Cesaria Evora mais aussi la douce et belle Lura qui laissa sa place à Maraca & Candido Fabré pour de la pure salsa. La dernière soirée était l’une des plus attendue avec Amadou & Mariam. Cette soirée a tenu largement ses promesses : le duo Malien ayant mené d’un train d’enfer toute l’assistance avec ses sons africains rythmés et efficaces portant des textes d’une naïveté telle qu’il font forcement mouche. J’ai entendu ce soir là à plusieurs reprises « C’est la meilleure soirée du festival » Je partage aussi cet avis.

            Impossible de ne pas évoquer aussi les deux soirées « Talents Nuits Du sud ». Les jeudis 16 et 23 Juillet la scène était offerte à de jeunes pousses locales qui avaient été choisis avec goût par un jury de professionnels. Chaque groupe se produisait 30 minutes montre en mains dans l’espoir de séduire public et jury pour remporter ce tremplin. Ces soirées étant gratuites la moindre popularité des artistes n’a pas gêné les spectateurs et ces futures talents ont donc pu s’exprimer devant une place très bien remplie. Une fois n’est pas coutume ce n’est pas Quadricolor qui a remporté le 1re prix. D’habitude ce groupe rafle toutes les récompenses, il faut dire qu’il le mérite amplement, sa musique aux harmonies vocales psychédéliques (lorgnant vers Grizzly Bear ou Animal Collective) séduit inexorablement  tout le monde. Sa place en première partie de soirée alors qu’il fait encore jour explique certainement ce désaveu inattendu du Jury. Clement Bighelli (Physique d’ange et voix céleste dixit Télérama) et ses copains de Leïdo ont une fois de plus mis l’ambiance avec leur reggae aux airs dub, ragga. Milenka a proposé un univers d’une originalité rare, voila un autre groupe à suivre de très près. Plume propose un univers personnel d’une qualité rare, malheureusement la scène trop grande, le manque d’attention du public et le fait qu’il fasse encore jour ne leur a pas permis de faire un concert à leur niveau traditionnel, à revoir d’urgence donc car cet artiste a un sacré potentiel. Yuna Project lorgne vers le trip hop et le fait avec une grande maîtrise et beaucoup de classe. Kim Cao, c’est la certitude d’une soirée réussie. Les deux gagnants furent donc pour le jury Tram des Balkans dont la musique tzigane a mis le feu et Haute Couture pour le public et là je ne peux que reconnaître la qualité du jugement du public qui a primé un groupe rare. Les sons électro ont permis à Laurence Cherbuy jeune vencoise de 27 ans de donner libre cours à tout son art  nous proposant des envolées de haute voltige. A découvrir d’urgence.
Et voila c’est tout pour le festival, il ne reste plus mi-août qu’à désinstaller la scène et là allez savoir pourquoi ça sent  dans l’instant la fin de l’été.

Evidement cela n’a rien à voir avec les Nuits Du Sud mais, impossible pour moi de ne pas évoquer le festival de musique traditionnelle que nous propose Lo Cepon depuis 30ans. Ce festival a lieu au parc de la conque la semaine qui précède les Nuits Du Sud. Chaque année les groupes choisis par Lo Cepon sont à la fois talentueux et originaux. On vient aussi pour l’ambiance qui est unique. Les farandoles improvisées passent au milieu d’un public partageant des mets traditionnels. Exceptionnellement cette année pour fêter les 30ans, le festival se déroula sur deux soirs avec le premier jour la découverte de la nouvelle pièce en provençal de Jean Marie Rami et la deuxième soirée consacrée à la musique. Ce festival est un rendez vous musical incontournable de l’année à Vence. Et nous sommes nombreux à l’attendre chaque année.

Quand on parle de Vence on accole régulièrement « cité des arts ». Il est évident qu’avec la qualité des soirées qui nous ont été proposées cet été, ce titre n’est vraiment pas usurpé. 

 

                                                                                                                Simon Pégurier

 
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Tuesday, September 01, 2009 
La Nuit Qui Gratte 035 5 Nuit du 22 au 23 Aout 2009

 

The Stooges : 1969

The Velvet Underground : I Can’t Stand it
Head Shop : Revolution
Jacques Dutronc : Le Responsable
Led Zeppelin : Good Times bad times
Ten Years After : Bad Scene

Jeff Beck Group : jailhouse Rock
Open Mind : Magic Potion
Funkadelic : I’ll bet You
Grand Funk Railroad : Are you Ready
Scott Walker : The Old Man’s back again
The Kinks : Brainwashed
MC5 : Kick out the jams
The Frost : Rock ‘ n ‘ Roll Music

Deep Purple : Emmaretta
The Amboy Dukes : Good Natured Emma
Frank Zappa : Willie the pimp
Bowie : Space oddity

Writing on the wall : Bogeyman
Silver Apples : I Have known Love
The Doors : Do It
Janis Joplin : Try
Mott the Hoople : Rock and Roll Queen
The Shaggs : Philosophy Of The World

Serge Gainsbourg Jane Birkin : 69 année erotique
Man : Erotica
Julie Driscoll & Trinity : Light My Fire
Led Zeppelin : What is what should never be
the Steve Miller Band : My dark hour
Cream : Badge

Plastic Ono Band : Cold Turkey
Alice Cooper : Reflected
Love : august
Dillard and Clark : Don’t let me down
The Beatles : I Want You
Dr. John : Black Widow Spider
The meters : Cissy Strut

William Sheller : Exitissimo
Syd Barrett : Octopus
Lothar and the hand people : sdrawkcaB (Backwards)
The Who : Pinball Wizard
There’s a doctor
Go To The Mirror!
Tommy Can You Hear Me ?
The Beach Boys : cabinessence

Steppenwolf : Born to be wild
CCR : Down on the Corner
The Byrds : This wheel’s on fire
Neil Young with Crazy Horse : Everybody Knows this is nowhere
The Rolling Stones : Monkey man
Johnny Winter : Highway 61 revisited
The Band : Jemima Surrender

Shirley Scott and the soul saxes : Get back
Sly and the family stone : Sing a simple song
James Brown : Mother popcorn
Blood sweat & tears : Spinning wheel
Léo Ferré : C’est extra
Michel Polnareff : Tous les bateaux tous les oiseaux
The melodians : Rivers of Babylon

Genesis : In the beginning
Donovan : Barabajagal
Quicksilver Messenger service : Shady grove
Procol Harum : Pilgrim’s proccess ---> y a eu Andromeda : Old , par là ...
Pink Floyd : Cirrus Minor
The Nile song
Pussy : Come back june
Michel Colombier : Du fond de mon lit

King Crimson : 21st century schizoid man
Soft Machine : As long as he lies perfectly still
Yes : Every little thing
The Turtles : You showed me
Alexander "Skip" Spence : War in peace
Fleetwood Mac : Man of the world
Johnny Cash : Ring on fire (live at san quentin)

Hendrix : Fire (live woodstock)
Jefferson Airplane : 3/5 Of a mile in 10 seconds (live woodstock)
Crosby, Stills and Nash : Long Time gone
Tim Buckley : Buzzin’ Fly
Harry Nilson : Rainmaker
Higelin & Areski : Remember

Serge Reggiani : Il suffirait de presque rien

Can : Father Cannot Yell
Van der Graaf Generator : Necromancer

Os Mutantes : Fuga N° II
Barclay James Harvest : Brother Thrush
Manset : Le père
Captain Beefheart : Sugar ‘n Spikes
Pink Floyd : Several Species of Small Furry Animals Gathered Together in a Cave and Grooving with a Pict
Sam Gopal : The Sky is burning

____Raoul de Godewarsvelde - Quand la mer monte____en fond

Moondog : Lament 1
Nick Drake : River Man
Dusty springfield : Breakfast in Bed
Leonard Cohen : A Bunch of Lonesome Heroes
Spooky Tooth : Better by You, Better Than Me
Tyrannosaurus Rex : Cat Black (The Wizard's Hat)
Jackson 5 : i want you back

Plastic Ono Band : Give Peace A Chance


La Nuit Qui Gratte # 5 - Video de Mr Pirate
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Sunday, August 16, 2009 

 

 

Coucou,

 

J’ai aujourd’hui en famille fait le train des merveilles, ligne SNCF qui relie Nice a Tende. Ce parcours est effectivement assez époustouflant. Pendant ce trajet je me suis souvenu que Michel Houellebecq l’avait décrit dans les Particules élémentaires dans le chapitre «  Saorge – terminus » P. 313 de l’édition Flammarion où il décrit avec une grande cruauté la mort de la mère des héros dans ce village de l’arrière pays

 

Voici le passage sur le parcours « Il prit le train Nice-Tende, renommé pour sa beauté. Le train traverse la banlieue nord de Nice (…). Apprêt l’arrêt de Peillon St Thècle, il s’engage dans un tunnel ; à la sortie du tunnel, dans la lumière éblouissante, Djerzinski aperçut sur sa droite l’hallucinante silhouette du village suspendu de Peillon. Il traversait alors ce qu’on appelle l’arrière pays niçois ; des gens venaient de Chicago ou Denver pour contempler les beautés de l’arrière-pays niçois. Ils s’engouffrèrent ensuite dans les gorges de la Roya. Djerzinski descendit en gare de Fontan-Saorge ; il n’avait aucun bagage ; on était à la fin du mois de mai. Il descendit en gare Fontan-Saorge et marcha environ une demi-heure. A mi-parcours, il dut traverser un tunnel ; la circulation était inexistante.

Selon le guide du routard qu’il avait acheté à l’aéroport d’Orly, le village de Saorge, avec ses maisons hautes étagées en gradins, dominant la vallée en un à-pic vertigineux avait « quelque chose de Tibétain » ; c’était bien possible. Toujours est-il que c’est la que Janine, sa mère, qui s’était fait rebaptiser Jane, avait choisi de mourir, après plus de cinq ans passés à Goa, dans la partie occidentale de la péninsule indienne. 

 

J’ai eu la chance de rencontrer Houellebecq l’entretien est ici http://loreillequigratte.free.fr/mag/04houellebecq/mag04houellebecq.html

 

@+

 

Simon

HOuellebecq
Sunday, July 12, 2009 

                   

Coucou,

Je profite de ce long week end du 14 Juillet pour lancer les invitations pour la 15eme saison de l’oreille qui gratte (D’octobre 2009 à Juin 2010).

Je remets tous ça dans le contexte. L’oreille qui gratte, c’est une bande de copains qui se retrouvent depuis bientôt 15ans tous les mardis entre 19 h 15 et 21 h dans les studios d’Agora FM à Grasse pour proposer une émission de radio, consacrée au rock indé au rock local et autoproductions. Chaque semaine nous recevons un groupe ou artiste qui se prête en direct et en acoustique dans les studios de la station à une session de 4 morceaux inclus une reprise, en plus de cela il y a une petite interview ou inévitablement on se retrouve à un moment ou un autre sur une curieuse île déserte.

Si vous souhaitez y participer je vous propose donc de répondre à ce mail en nous proposant un lien my space. L’équipe de L’oreille écoutera très attentivement ça durant l’été. Chacun y ira de sa note et de son commentaire.
Nous rendrons les copies fin août, début septembre avec la liste des groupes choisis pour nous rendre visite a Agora.

Sachez aussi qu’à partir d’octobre nous aurons l’honneur de voir notre émission rediffusée tous les dimanches après midi

Je vous souhaite à tous et toutes une belle fête nationale et de joyeuses vacances

@+

Sunday, June 21, 2009 
La Nuit Qui Gratte # 4
Nuit du 20 au 21 Juin (22h-6h)
 
 
Todd Rundgren : Good Vibrations (reprise des Beach Boys)

Black Lips : Again and again
Ramones : Rockaway beach
Ghinzu : Kill The surfer
The Undertones : Heres comes the summer
Cheveu : Clara Venus
----conférence : les nuits du sud ----
Art Brut : Summer Job
The Human ET : King of South beach
Pink Moutaintops : The Gayest Of Sunbeams
Sonic Youth : Anti-orgasm

Chevelure : J’aime danser
Franz Ferdinand : Sexy Boy
Mr Oizo : Steroids
Battant : Highway Hopeful
Simple Minds : Factory
The Dub Pistols : Peaches

Marillion : Cannibal Surf Babe
Tortoise : Prepare your coffin
Nine Inch Nails : Not so pretty now
Marilyn Manson : we're from america
Alice Cooper : I’m eighteen
Saul Williams : Sunday Bloody sunday

The Surftones : Cecilia Ann
Supergrass : Alright
The Beach Boys : I get around
Teaspoon : J’ai besoin de bonnes vacances quelque part
The Troggs : Summertime

Bashung : Bombez (live)
Devo : Whip It (live)
Killing Joke : Eighties (live)
TV on The Radio : Wolf like me (live)
Interpol : Obstacle n° 1 (live)
The Clash : London Calling (live)

Arno : Les filles du bord de mer (reprise d’Adamo)
Mano Negra : Pas assez de toi (live)
Noir Désir : Les ecorchés (live)
Grant Lee Buffalo : The Shining Hour (live)
Echo and the Bunnymen : Friction (live-reprise de Television)
Radiohead : The Bends (live 1993)

Led Zeppelin : Immigrant song (live)
David Bowie : Moonage Daydream (live 1996)
Air : Don’t Be light (live 2001)
Daft Punk : Around The World (live)
Depeche Mode : Question Of Time (live 1986)
Neon Judgement : The Fashion party (live)

AC/DC : Hell ain’t a bad place to be (live)
Deep Purple : Highway Star (live)
The Who : We’re not gonna take it
Aerosmith : My Fist your face
Metallica : For whom the bell tolls
Rammstein : Sehnsucht (live)

Duran Duran : Hungry like the wolf (live)
U2 : Out Of Control (live boston 1981)
Talking Heads : Life during wartime (live)
James Brown : Soul Power (live)
Donna Summer : Love to love you baby (live)

Blur : Girls and Boys (live 1995)
Quadricolor : Welcome Freddy
The Rakes : the loneliness of the outside smoker
Ian Dury and the blockheads : Sex & drugs & Rock ‘ Roll (peel session)
ESG : Moody
The Cure : Other Voices (live)

Philippe Nicaud : Cuisses Nues Bottes de Cuir
Bee gees : Tragedy
Scissors sisters : Do the strand (Reprise de Roxy Music)
Tiga : Burning Down The House (Reprise Talking Heads)
The Stranglers : Midnight Summer Dream
John Martyn : Dreams by the sea

Easy Star all-stars : Lucy in the sky with diamonds
Serge Gainsbourg : Daisy Temple
The Specials : Too Hot (live)
Sly and the family Stone : Hot Fun in the summertime
Thiéfaine : Comme un chien dans un cimetière (live)

Pavement : Summer Babe
The Beatles : She said she said
The Parade : Sunshine girl
Blackfield : Summer
Pink Floyd : Burning Bridges
Elbow & The BBC Concert Orchestra : Grounds For Divorce

Neil Young : Down By the river (live)
Morphine : All Wrong (live)
The House Of Love : Road (live)
The Fleshtones : Shadowline (live)
The Gun Club : Hearts (live)

Jacques Dutronc : On nous cache tout on nous dit rien
Men Without Pants : My Balloon
Kid Congo & the pink monkey birds : Funky Fly
Amon Düül II : Jail-House-Frog
Swell : Sunshine everyday

The Horrors : Primary Colours
Grace Jones : Devil in my Life
Fever Ray : Keep the streets empty for me

Eddie Cochran : Summertime Blues




 Mr Alain a la programmation de la Nuit qui Gratte 4 Nuit du 20 au 21 Juin 2009

La Nuit Qui Gratte # 4 - 22Heures
Friday, May 08, 2009 
Découvre cette vidéo : Rinôcérôse - Interview le 11 Avril 2009

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Rinôcérôse

 

 

Et si depuis le début on se trompait !  Si en fait Rinôcérôse n’était pas simplement un groupe de rock’n’roll. Ils avaient brouillé les pistes avec leur premier album au son house, easy listing. Mais depuis deux disques (Schizophonia & le récent Futurino) le chant et les guitares sont présents partout et soudain on se rappelle que leur premier groupe les Maracas était bel et bien rock. Retour sur le parcours des Montpelliérains au cours d’un entretien rare où ils se livrent enfin sur Les Maracas leur groupe des débuts aujourd’hui oublié de tous. Certes Rinôcérôse est un groupe de Rock’N’Roll mais pas n’importe lequel c’est un « Putain de bon groupe »

 

Rinôcérôse évolue. Vous avez démarré en tant que groupe instrumental. Aujourd’hui il y a de plus en plus d’intervenants dans vos disques. Comment les sélectionnez vous ?

Comme tu l’as dit nos 3 premiers albums sont instrumentaux et puis on a eu envie de changer d’inviter des chanteurs. Pour la plupart il sont underground. Ce sont soit des groupes qu’on aime (comme pour Mark Gardener de Ride ou avec la chanteuse de Go Team) soit des rencontres organisées par notre tourneur.

Notre évolution vers des titres chantés a d’abord été mal vécue par le public et la critique mais le single Cubicle, nous a amené un public plus jeune. D’ailleurs Cubicle est notre plus gros hit. Les gens nous connaissent par ce titre. C’est vrai que c’est paradoxal car ce titre est à l’opposé des morceaux easy listing qu’on faisait à nos débuts. Si on avait continué à faire de la house aujourd’hui on serait morts.

Futurino est pour nous la fin d’un diptyque qu’on a démarré avec Schizophonia. La suite on verra bien. Ce sera peut être tourné vers différents arts : le numérique la video…

 

L’esthétique est très importante dans Rinôcérôse 

Oui c’est particulièrement important  notamment sur scène. C’est la première fois qu’on a autant d’ambition dans le mélange du numérique et du son. ça se mixe constamment.

 

Tu viens de parler de Ride et donc du Shoegazing. Je me souviens que votre premier groupe les Maracas était très influencé par l’imaginaire du Velvet Underground. Revenez vous à vos sources ?

Les Maracas c’était dans le début 90 à la période charnière entre le son baggy et la naissance de la house. A ce moment là on a complètement accroché sur Primal Scream ou la vrai House. Comme on allait souvent en Angleterre on a découvert ce son avant les français. Le french touch c’est environ 95 alors qu’en Angleterre ça a démarré 4 ans avant.

Dans Les Maracas on était 4. On s’est séparés car on ne s’entendait plus. On s’est donc retrouvé à deux avec la possibilité de faire ce que l’on veut mais sans chanteur car aucun de nous ne sait chanter. On a donc fait de la house ça a été une coupure radicale avec les Maracas

 

Vous ne citez jamais Les Maracas. Vous reniez votre passé ?

Non. Il y a une raison à ça. A l’époque on avait une mauvaise image. On était collés à l’image  Sony music alors que les labels alternatifs avaient le vent en poupe. Et puis surtout comme il y a eu des grosses tensions à l’intérieur du groupe on voulait simplement oublier cette période là. En plus on avait un procès avec un groupe de Tcha Tcha qui s’appelle aussi les Maracas. On a donc tout détruit. Les Maracas c’est un groupe qui n’existe pas.

D’autres personnes me disent la même chose que toi. Qu’aujourd’hui il faudrait peut être reparler des Maracas car il y a maintenant un lien.

 

Votre retour vers le rock correspond aussi à la mode il y a 10 ans, on n’entendait que des sons electro (Chemical Brothers, Death In Vegas…) aujourd’hui ce sont les groupes en The (The Strokes, The White Stripes... ) qui ont le pouvoir

Pour nous Rinôcérôse depuis le début c’est un mixe entre le rock et l’electro. L’un est aussi important que l’autre. D’un album à l’autre on oscille entre les deux au gré de notre humeur.

Effectivement on écoute beaucoup de musique, donc oui quand le son rock est devenu plus tendu on est devenu plus tendus. Mais heureusement qu’on a évolué c’est grâce à ça qu’on est encore là aujourd’hui.

 

Les thèmes évoqués dans les textes ?

C’est pas nous qui écrivons les textes, ce sont les intervenants. On a une thématique, on les aiguille mais c’est eux qui composent.

Le concept est toujours le même on contacte un artiste sans lui faire écouter de musique. S’il accepte il vient a Montpellier et là il découvre la musique. On se donne ensuite deux jours pour bosser avec lui. C’est de la composition à plusieurs il y a nous deux les Rinôcérôse, l’artiste ou groupe invité mais aussi nos producteurs.

 

Ca ne vous titille pas de vous mettre au chant ?

Non. Je pense qu’on a fait le bon choix. Le chanteur des Maracas avait un vrai charisme une vraie écriture. Si on avait chanté on aurait cherché à le re-faire et on n’y serait jamais arrivé. Regarde OTH de Montpellier quand Spirou le chanteur est parti, ils ont essayé de le remplacer et il n’y sont jamais arrivé.

Quand les Maracas ce sont séparés on a donc perdu Chant et batterie, on ne les a pas remplacés, on a voulu renaître sur quelque chose de complètement différent, on a tout reconsidéré. Avec nos intervenants on est totalement libres

 

Propos recueillis par Simon Pégurier.

Une interview www.loreillequigratte.com

 

La Video de l’entretien est en ligne sur www.myspace.com/loreillequigratte (rubrique videos)

 

Album : Futurino

 

Nice le 11 Avril 2009



avec Rinôcérôse et léquipe de la voix dangélique. Nice le 11 Avril 2009


Friday, May 01, 2009 
Découvre cette vidéo : Interview de Philippe Maneouvre





Philippe Manœuvre
This is story of my life



Je vous l’accorde il est irritant. Ok sa culture musicale est resté bloquée aux Stones. Bien sur son statut de jury à la nouvelle star, ne plaide pas en sa faveur. Son abus incessant de superlatifs agace. Evidement Bernard Lenoir a un parcours plus authentique. Mais sortez de vos préjugés Manœuvre est sans contexte le plus grand journaliste musical qu’ait connu notre pays, la seule vraie icône en la matière. Il est rédacteur en chef de Rock’N’Folk le plus grand magazine rock de France. Il a animé et produit le cultissime « Les enfants du rock », il a animé sur France Inter. Il a vécu aux cotés de ses héros portant en lui une part de leur légende. Il organise aujourd’hui alors qu’il n’a plus rien à prouver les Rock’n’roll Friday, concerts en province accueillant des groupes débutants. Et en plus de ça, ce qui ne gâche rien, il est accessible, humble, se livre sans pudeur. On sent qu’il s’amuse dans tout ce qu’il fait et que le plaisir est la seule chose qu’il recherche. Oui nous, journalistes musicaux amateurs nous sommes fiers d’avoir rencontré le plus grand d’entre nous.


On vient d’arriver au numéro 500 de Rock’n’Folk magazine dont tu es le rédacteur en chef. Tu y es depuis quand ?
En 1973 j’écris au courrier des lecteurs car la chronique de Raw Powers des Stooges ne me semble pas assez positive. Depuis 1966 personne n’avait répondu au courrier des lecteurs, et moi j’ai eu une réponse qui disait « calmez vous, ayez un peu d’humour ». Pour moi ce fut une grosse baffe car le rédacteur en chef me disait vous allez trop loin. Suite à ce courrier j’ai pilonné le magazine pour écrire et on me disait toujours non. Un jour Lou Reed est venu en concert à Paris, toute l’équipe était désagrégée, ils ont pensé à moi, et j’ai chroniqué le concert. J’étais la bonne personne au bon moment. Après je ne les ai plus lâchés, j’y allais tous les jours.
On était en 1975 il ne se passait plus rien puis Docteur Feelgood est arrivé et ensuite les Sex Pistols et là ça a été fabuleux. Le rock qu’on disait mort est reparti.

La progression dans le magazine s’est passée comment ?
Ensuite j’ai quitté le magazine, je faisais les Enfants du rock, j’avais aussi une émission de radio quotidienne sur France Inter, j’avais aussi Metal Hurlant et Rock’n’Folk. J’ai donc quitté Rock‘n’Folk puis Metal Hurlant. Un moment j’ai levé le pied pour pas devenir fou.
J’ai arrêté les Enfants du Rock en 1987 et Rock’n’Folk m’a rappelé en 1990. A ce moment là le journal venait juste d’être racheté, ils ont regardé dans les archives et ont vu que je correspondais bien à la couleur du magazine, il m’ont donc demandé de faire une rubrique en dernière page, puis une autre puis une autre… A un moment en 1993 on m’a dit « Le rédacteur en chef est tombé malade est ce que vous voyez quelqu’un ? » J’ai dit moi. Tout le monde a rigolé et ils m’ont donné les clés.

Tu envisages des changements dans Rock’n’folk ?
Pour moi Rock’n’Folk ce n’est pas une équipe fermée; quand je vois un super écrivain je lui demande des trucs. D’ailleurs je vais à nouveau faire intervenir des écrivains dans le magazine par exemple dans le prochain ce sera Virginie Despante-Iggy Pop la rencontre. Après il y aura Eric Naulleau-Graham Parker. Ouais on va refaire des trucs littéraires dans Rock’n’Folk


Qu’est ce qui a changé durant toutes ces années ?
En 1975 j’avais du écrire une dizaine de chroniques de disque. Le 21 Décembre on sonne a ma porte c’était les disques Warner qui m’envoyaient une caisse de 6 bouteilles de champagne. Aujourd’hui en 2009 je suis chroniqueur rédacteur en chef, le cadeau de Warner j’ose même pas vous dire ce que c’est tellement j’ai pitié pour eux. La caisse de Champagne s’est transformée en une bouteille de vin à une tape dans le dos
Ma théorie est claire, ils ont créé l’industrie internet. Il fallait un truc pour que ça prenne, une cerise sur le gâteau. Ils ont choisi la musique, le rock grâce au MP3, ça aurait pu être le cinéma mais c’est trop long à charger, ça prenait 4 jours. Plus internet montait plus le disque se plantait. Aujourd’hui les enfants n’envisagent plus du tout d’acheter un disque. Il y a bien de ci de là quelques disques qui se vendent bien comme Amy Winehouse ou ACDC. IL y a des gens comme Catherine Ringer qui disent « quand les disques sont bons les gens les achètent ». Il y a donc plein de théories qui s’affrontent

Qui sont les lecteurs de Rock’n’Folk ?
Rock’n’folk c’est encore un magazine de gens qui achètent des disques, on a le dernier carré.
Beaucoup de nos lecteurs sont abonnés depuis 1970 et auraient souhaité que rien ne bouge. Par exemple ce mois ci nous étudions les Byrds…. Poussières poussières. Alors nous on étudie les Byrds mais on vous signale qu’il y a les Naast, BB Brunes, Seconds Sex… Certains vieux se plaignent mais moi j’ai une théorie : « Le rock c’est une vielle mobylette qui est dans un terrain vague et celui qui arrive à la faire démarrer et à rouler avec elle, elle est a lui ». Il peuvent faire ce qu’ils veulent avec la mobylette, la peindre en noir, se la jouer Goht comme Marylin Manson, s’ils partent avec elle, elle est à eux. C’est comme ça il faut l’admettre. La mobylette c’est guitare, basse, batterie, pas de synthé on ne veut pas de synthés. Je l’ai dit, je le répète s’il y a des synthés c’est de l’électro. Il y a des gens qui font ça bien, j’aime Sébastien Tellier mais le rock c’est basse, guitare, batterie.

Pourquoi Pete Doherty en couverture du 500eme numéro ?
Il est là. Il est fidèle, il nous adore. C’est le dernier héros moderne qui ressemble aux anciens.
A Rock‘n’folk sur les murs on a affiché toutes les couvertures depuis 1966. On voit bien les gars qui sont passés. On voit ainsi très bien la période de 7ans d’electro, il y avait plus de rock les couvetures c’était Chemical Brothers, Daft Punk, Prodigy, Tricky, Moby… Pendant 7ans il y avait plus de rock, il y avait un U2 tous les 4ans c’est tout. Cobain s’est suicidé et le grunge est mort, en 6 mois plus de Pearl Jam de Jane's Addiction, Faith No More fini plus de rock. Et puis en Septembre 2001 les Strokes, Novembre 2001 Les White Stripes, Décembre 2001 les Libertines.
Les Libertines viennent a Paris, Ils jouent, dans la salle il y a des lycéens qui glandouillent. Quatre de ceux-là ont fait un groupe de rock les Parisians et hop ils se retrouvent en première partie des Libertines et là c’est parti, tout le monde veut faire un groupe. Il y eut ensuite un groupe par Lycée les Naast, les seconds sex, les plasticines, les BB Brunes… et voila c’était reparti.

Les gamins c’est l’avenir du rock ?
C’est eux qui vont gagner la partie, il y a beaucoup plus de chance qu’ils soient à notre enterrement que nous au leur. Soyons confrontés à cette réalité.
Les gamins sont fascinés par le rock. C’est une utopie un groupe de rock c’est 4 copains contre le monde. Voir les Prostitutes dans le train ça a été un véritable bonheur. Il s’envoyaient sans cesse des vannes que personnes comprenaient à part eux. Ca me rappelait quand j’étais avec Ian Durry. Les Status Quo faisaient semblant de péter dès que quelqu’un passait dans le couloir.
Il y a pas de dates périmées dans le rock. Comme dit Mick Jagger tant qu’il y a des gens qui vous payent pour être sur scène vous avez le droit d’être sur scène, jusqu’au moment ou vous tombez dans la fosse, là vous devez bien constater que vous avez un peu perdu

Les Rock ‘n’Roll Friday c’est quoi ? Une chasse à des jeunes groupe provinciaux ?
On ne vient pas faire de la chasse. On vient s’éclater se marrer, faire du rock quoi. C’est un concert un spectacle on vient déverser de la sueur, du délire. A Paris ça n’a pas toujours été formidable. Par contre en Province on voyait des gamins il lévitaient au dessus du sol et ils disaient « ce soir c’était comme à New York, comme à New York ». Moi je me disais c’est miraculeux on leur a évité 14 heures d’avion, c’est génial. Le CBGB est fermé mais nous on ouvre
On se dit le rock c’est réservé au Stones, a Kiss, ACDC. C’est n’importe quoi un jour Keith Richard m’a dit « Pas du tout c’est une grosse connerie les Stones meilleur groupe du monde ». Peut être que ce soir au Japon à Tokyo il y a les Michelle Gun Elephant qui vont empoigner le truc ça va être eux le meilleur groupe du monde. Ou les Stray cats qui sont dans un délire en Angleterre, ça va être eux le meilleur groupe du monde. Le truc circule en fonction de ce que le public donne, il se passe un truc. Si ça se trouve le meilleur groupe de rock du monde sera à Nice ce soir.
Je dis la même chose au gamin de la nouvelle star « allez y ». C’est d’autant plus difficile que l’usine pop empêche le basculement, je leur dis d’essayer de trouver le moyen c’est là où il se passe un truc.

Le choix des groupes des rock’n’roll Friday se fait comment ?
C’est moi qui choisis avec les groupes disponibles. On a sous la main 40 groupes parisiens, plus les groupes provinciaux, on a envie d’aller partout. Même pour moi c’est marrant je vois des nouveaux journalistes

Est ce que pour toi Nice est une ville rock ?
Il y a eu beaucoup de rock à Nice. En plus il y a beaucoup de délires garage avec des pantalons slim et des bottes beatles. Nice et le Rock’n’roll ça va bien ensemble. En plus vous avez donné Dick Rivers, au départ vous avez un des trois rois mages du rock qui est Niçois.

La Nouvelle Star
Tous les mardis soir je fais une pose car à 18 h 30 une limousine vient me chercher pour me mener à Baltar pour la nouvelle star. On me maquille je monte sur scène avec les candidats. Je ne fais aucune préparation. On me propose la liste des chansons qu’ils vont jouer. Je dis non car sinon je fais faire du google, je vais donner l’impression d’être un puits de science à la con, si je sais un truc je le dis. Le truc c’est d’être dispo et de recevoir les chansons, de se les prendre de plein fouet comme les téléspectateurs. J’essaye d’exprimer mon ressenti par des phrases rigolotes, sinon c’est chiant, les gens ils se barrent et regardent le Docteur House.


Tu as un favori pour la nouvelle star ?
J’imagine qu’ici vous étiez pour Mahdi qui est le local de l’étape.
Moi je n’ai aucun poulain car je suis un juge très dur, et je ne veux pas avoir de favori car qui dit favori dit chouchou.
Un gamin qui chante devant moi, il se fout à poil et là je dis ce que j’en pense, et je vais pas commencer à faire des calculs. Ca ce serait anti-rock. Non on est rock
L’année dernière par exemple j’ai dit à Benjamin « Tu t’es pas chopé le melon. Tu as la grosse tête. Tu as vu comment tu arrives, tu as vu comment tu chantes » C’est horrible de dire ça, je me suis excusé deux fois déjà. Mais sur le moment, je pense qu’il fallait lui dire et bien nous dans le rock on le dit. Dans la pop on trouverait un moyen détourné alors que dans le rock on le dit.
J’ai pas de chouchou. On sait pas ce qui va se passer, ça dure 10 semaines. Le candidat choisit deux chansons par émission. Il y en a qui vont systématiquement choisir les mauvaises mais on verra quand même le talent. Certain essayent d’escalader l’Annapurna en tong. Attention c’est difficile il faut choisir la bonne chanson.
C’est long il peuvent s’écrouler, et le public peut les éliminer. C’est le choix du public qui a fait beaucoup de mal à Manu Katché, ses chouchoux étaient éliminés à chaque fois. Au bout de trois ans il en a eu marre, il a dit j’arrête.

Tu as des nouvelles des candidats de l’édition 2008 ?
Amandine a terminé son album, je l’écoute dans quelques jours. On la suit de très près.
Je vois souvent Thomas avec son groupe Darma project. Jules va jouer dans le film Bus Paladium, c’est un film sur un groupe de rock il a le rôle du bassiste. Icart a signé. Cédric va jouer Zorro dans la comédie musicale Zorro. Benjamin fait un disque
La génération de l’an dernier il vont tous faire quelque chose

Qu’est qu’il y a dans ta play list en ce moment ?
En ce moment je fais une expérience très bizarre je n’écoute que du rock psychédélique sorti entre 1965 & 75. J’ai un I-pod avec 3000 chansons de cette époque. J’explore cette galaxie car je prépare un énorme numéro de rock’n’folk sur ce genre de musique. Sinon la journée au bureau, j’écoute toutes les nouveautés

Il y a quoi dans le I-Pod de ta fille ?
Elle est bizarre. Elle écoute du rap et du punk. Dans sa chambre il y a un poster de 2Pac et de sid vicious. Ces amis punks sont scandalisés. Réussir à scandaliser les punks de Levallois faut le faire

Tu as toujours la même envie pour écouter les nouveautés ?
Je suis surpris encore des fois. Par exemple hier contre toute attente j’ai écouté un truc australien formidable. Malheureusement le nom m’échappe. Il y a toujours des trucs qui arrivent, il se passe des trucs
Le marché se déplace. Quand j’ai commencé ce boulot j’avais des disques sur mon bureau aujourd’hui j’ai des livres. Il y a plus de livres sur le rock qui sortent que de disques de rock. Aujourd’hui je vois arriver 12 livres pour 4 disques, je préférais l’inverse. Les histoires sur le rock je les connais. J’aime bien le mec qui a fait le bouquin sur Led Zeppelin mais ça aurait été bien qu’il les voit en concert au moins un fois dans sa vie. Moi j’ai fait des tournées avec eux, du coup j’ai pas besoin qu’on me la raconte.
Par contre j’aime bien les nouveautés mais il y en a de moins en moins. Mais c’est normal car lancer un groupe de rock c’est ce qui coûte le plus cher. Tu lances Sliimy chanteur pop de St Etienne, il avait un gros buzz sur internet tu le signes, tu imagines tout de suite le rapport. Un groupe de rock faut le faire tourner pendant un an, ils font un premier album ça marche pas, il faut continuer à y croire, encore une tournée et c’est seulement le troisième album qui est déclencheur. Ca a été le cas pour Radiohead par exemple. J’ai interviewé Thom York la veille de la sortie d’Ok Computer Je lui ai demandé ce que je pouvais lui souhaiter. Il m’a dit « bonne chance, car si ce disque ne marche pas on est dans le merdier jusqu'à la fin de nos jours, pour payer les tournées à dettes qu’on a fait en Australie ». C’était quitte ou double, il avait mis tout ce qu’il avait. Et ça a marché. Aujourd’hui va voir un patron de maison de disque et dis lui « J’ai un projet pendant trois ans faut que tu m’aides pour que je me forme ». le patron il va te dire « Pardon on va dépenser de l’argent pendant 3 ans ! vous vous foutez de ma gueule ! Pourquoi ça ne marcherait pas tout de suite ! ».

C’est pas l’arrêt de mort des Maisons de disques ce que tu décris ?
Ils tenaient à ne pas produire de toute façon. Tu me demandais tout à l’heure ce que je trouvais qui avait changé dans le rock ? il y a l’opinion des maisons de disques sur le rock après le punk, ils ont trouvé que ça allait trop loin et il ont décidé de serrer la vis. Dans les années 80 un patron de maison de disque m’a dit « Jim Morrison ouais je suis pas sur que je le signerais ».
C’est aussi pour ça que j’aime tant Doherty car ça aurait pu être une star des année 60-70, on l’aurait repéré.
C’est un autre monde faut pas avoir de regrets. Il faut étudier ce qu’on a eu, voir les grosses conneries qu’on a faites, puis on continue en essayant de ne pas reproduire à nouveau.

Tu as l’image d’un fan des Stones et tu portes un T-Shirt de Beatles
C’est mon moyen de vous taquiner.


Propos recueillis par Simon Pégurier & Benoît Belasco
Merci à www.letuyo.info
Une interview www.loreillequigratte.com


Nice le 10 Avril 2009

Benoit Belasco, Philippe Manoeuvre, Simon Pégurier
Nice le 10 Avril 2009

Photo Amelie Maurette