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Patrick



Last Updated: 11/30/2009

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Monday, September 28, 2009 

Le regret.   Patrick Templé Le 09/09/09

Si tel est le regret :

L’épice affinée du poète,

Alors le soufre est cette épice,

Alors le gouffre est son calice.

La solitude est un gant de velours

Destiné à ne laisser aucune empreinte.

Dusse-je vivre dans le « faire »,

Dusse-je porter cette ombre

à ma propre lumière.

Je continue à l’insu des repères.

Ocre nuit, vase de terre

Enduite à sa perte,

Et alors, qu’importe !

La vie ne s’ignore pas sous les fautes,

Elle respire !

Curieusement, le jour

N’est pas mon frère,

Le silence est mon frère,

Plus que l’aspiration

Lente et définitive

Que d’apprendre à mourir.

Je t’aime, mon âme sombre,

Je ne t’ai pas toujours aimée,

Je t’ai apprise pour te laisser vivre

En ma  propre compagnie.

Mon vase de terre se termine,

J’achève la première anse,

Bientôt la deuxième,

Pour porter ma vie à bout de bras.

Certains diront :

« C’est un vase ! », d’autres : « un pot de fleurs !»,

D’autres encore, plus antiques : « une amphore ! »

Certains, ne diront rien !

Si tel est le regret,

Je l’ai enfoui au fond de mon vase,

Il est l’engrais à rebours,

De mes décisions prises en apnée,

De mes futurs territoires de lierre.

Je t’aime mon âme,

Au point de te fuir.

Mon audace est couchée

Sur la pellicule d’un film d’actions téméraires.

Ne m’en veux pas si la peur est mon ombre.

C’est sur cette ombre

Que j’inscris les territoires de ta peau,

Les frontières de ton corps,

Les ambres mystérieux de tes guerres silencieuses.

Si tel est le regret,

Il naît comme je meurs.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Wednesday, September 09, 2009 

Lecture au bestiaire

 

J’ai lu les chats, les singes, les chiens, et même les dromadaires.

J’ai lu les vaches, les dauphins, et les pics verts.

 

J’ai senti de loin le mal m’envahir,

Réfugié dans un coin me faire, en vain, vomir.

 

Le lait maternel n’a eu pour effet que de m’appesantir,

L’intégrale nudité a eu vent de me trahir.

 

Je me suis habillé en vestale du vertige,

En époux, en épouvantail de série bête à mourir.

 

J’ai relu les chats, les singes, les chiens,

Et l’hippocampe en sus,

J’ai relu les vaches les dauphins,

Dévoré les lapins dans l’ bus.

 

J’ai oublié les pics verts qui toquaient dans ma tête,

Abrogé les hivers, les gelures, les défaites.

 

Et pourquoi ?

 

Pour apprendre que je suis plus  bête qu’un appendice qu’on retire,

Plus flasque qu’une limace qui s’étire.

 

La gamelle a du bon, chaque jour les croquettes

Tombent dans l’assiette,

Rendez-vous redondant de la condition dite animale.

Le reflet dans le vase m’indique des rondeurs d’athlète

De la méditation horizontale.

 

Quoi de mieux qu’un bif steak  après les tirades de Hamlet,

Si Shakespeare avait été un cochon,

Ce que sans nul doute il était, Il aurait pris soin d’écrire

Le monologue du jambon fumé aux herbes de Tasmanie ou d’ailleurs.

« Manger ou être mangé, telle est la véritable question,

Avant toute considération ego existentielle. »

 

J’ai adopté Jack London, apprivoisé Rimbaud sans jamais le comprendre.

J’ai dévoré Simenon qui ne m’avait pourtant rien fait,

Mais que je place au Panthéon de ma gastronomie bestiale.

 

Là, j’ai du relire encore les chats, les singes, consulter les vers de terre.

J’ai une fois de plus relu les vaches dans le filet

Que je m’étais confectionné à base de plumes d’étourneaux,

Simple vengeance  après qu’ils eussent picoré en une matinée,

Mes cerises blanches dont mon existence raffole.

J’ai relu les dauphins, en faisant, cette fois, abstraction de Flipper.

 

Toujours aucune révélation, pas même une flagrance, un éveil, une initiation.

Rien ! Je crois que je suis bête et le resterai ad vitam,

Pour l’éternam, on en parle une autre fois, si vous vous voulez bien !

 

Tout ceci m’inspire une pensée, Il y en a plein le jardin,

Il faut juste se pencher pour les ramasser :

« La vie c’est comme le chien dent, si t’enlèves pas les racines,

Ça finit toujours par repousser et tout envahir.

En fait, je trouve les humains assez envahissants ! »

Tuesday, July 07, 2009 

Current mood:  distressed

Je tends la main. (Victor Noir)

 

 

Si j’ai touché le bord des cimes, ce n’est que pour mieux m’étrangler de mes racines. Là où le ciel encense le sol, la glaise, argile opaque et incertaine, me divise. Que lieu se trouve et l’aube apaise, mais la caravane trébuche aux pierres invisibles.

 Je tends la main, ni froide,ni chaude, ni rigide, aux lignes maussades, aux souffles étriqués, aux rêves accidentés un soir de pluie à l’abord d’un péage. Nul ticket, nulle offrande, nulle récompense abreuve ma petite existence.

 Il reste, au de là des cendres, un voyage tranquille aux périmètres tourmentés, une arachnée du Nil au pied des pyramides, un pharaon sans masque, un char sans attelage, un frêle esquif sans fleuve abandonné à la mer sans même  sourire aux vestales d’un  silence adéquat.

Je tends la main, rage insoumise, fenêtres sans lèvres, parapet de mise pour une épreuve sans faits, je tends  la  main au divers, à l’inextinguible fièvre qui m’agite au seuil de romarin, aux senteurs enlaidies de maldonnes : territoires quotidiens.

 

Douce ferveur mon âme ! Mon corps sans tête, mon île obsolète, nulle ferveur, quantifie toi et fous le camp ! Rappelle toi le désert et l’antique saveur de l’amour, les phéromones d’encens te touchent t-elles encore ? Siège de mon inopérable inconsistance, je suis un corps sans reine, sans dieu, sans peines dignes d’être heureux. La foie me harcèle et me livre le doute sur un plateau d’ébène.

 

Sois tranquille mon âme, tu n’es rien  qu’un autre qui veille sur moi dans les ténèbres alanguis d’un lointain port de pêche. Accouche d’un ennui si profond que même le sourire d’un enfant atténue à peine. Prend le quart, à mon tour, je veille à dormir enfin près de toi.

 

Confiance en demi lune, errance du  serpent mal aimé sur un tronc de chêne vert. Je tends  la main  et rencontre l’ovide. Je tente de nettoyer le sceptre frigide de mes envies malsaines. Sois sage, mon âme, mais surtout pas tranquille ! Le pain n’a d’épices que le poison âcre du soleil, la splendeur du vide, le lever du rien, la sagesse du niais et l’opprobre du malfaisant

 

Je tends la main au prétentieux livide accouché des prémices d’un destin. Je tends la main au fidèle accessoire qu’est le livre, qu’il soit l’outil de mon bien, de ma pensée reprise chaque fois au néant.

Quand bien même les otages respirent, quand bien même les bourreaux s’inspirent, quand bien même les terreurs me guettent, je tends la main.

 

                                                                   *  *  *

Monday, March 30, 2009 

L’ECHARPE ROUGE   (Lionel Deyna – Patrick Templé)<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />....

.. ..

Voici venir le chant des loups....

Du cri des louves et puis des chiens,....

Tournant la gueule dans les hivers....

Pour happer des flocons de rien. ....

Voici venir le temps de clous....

Plantés dans la ligne des mains....

Le temps où seuls règnent les fous....

« Sois fort ou bien meurs de chagrin ».....

.. ..

Ô ma révolte, mon amour....

Qu’as-tu donc fait de ta jeunesse....

Ô ma révolte, mon amour....

De la commune à la détresse,....

Faut-il encore que ta paresse....

Laisse le monde à des vautours ?....

Ô ma révolte, mon amour....

Echarpe rouge des promesses.....

.. ..

Qui donc se souviendra de nous....

Pauvres fantômes du capital....

Cherchant  l’ivresse dans la boue....

Et la  p’tite pièce  qui nous  régale.....

Nous voudrons tout de n’avoir rien....

Pas même le goût des fleurs du mal,....

Nos illusions d’êtres humains....

Ont brûlé comme un feu de paille.....

.. ..

Ô ma révolte, mon amour....

Qu’as-tu donc fait de ta jeunesse....

Ô ma révolte, mon amour....

De la commune à la détresse,....

Faut-il encore que ta paresse....

Laisse le monde à des vautours ?....

Ô ma révolte, mon amour....

Echarpe rouge des promesses.....

.. ..

Vous ferez de nous des cent mille....

Puis des millions peuplant les villes,....

Des vieux, des jeunes sous des cartons....

Crevant de froid sous vos maisons.....

Une armada d’épouvantails....

Qu’on éloigne aux belles saisons....

Les miséreux et la racaille....

Dans vos centres de rétention.....

.. ..

Ô ma révolte, mon amour....

Qu’as-tu donc fait de ta jeunesse....

Ô ma révolte, mon amour....

De la commune à la détresse,....

Faut-il encore que ta paresse....

Laisse le monde à des vautours ?....

Ô ma révolte, mon amour....

Echarpe rouge des  promesses.....

Monday, December 17, 2007 

..:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />LA PUCE  (Victor NOIR)..:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

Mais qu'y a-t-il donc qui cloche

Pour qu'les puces défilent Avenue Foch

C'est pire que la Maragunta

Même les reptiles perdent leur sang froid.

 

A la présidence ils s'affairent

A se poudrer comme des vers

On s'croirait rev'nus à Versailles

Un beau parterre d'épouvantails.

 

Drôle de vie que celle de la puce

L'insignifiante petite puce

Elle saute cinquante fois sa hauteur

Pour échapper aux prédateurs.

A-t-elle un autre choix, la puce

Pour vivre elle saute, elle pique, elle suce

Et quand ça commence à gratter

On fait tout pour l'éradiquer.

 

Les puces font danser le tango

A la bourgeoisie en fourrure

Jusque dans les salons de coiffure

L'beau monde se fait trouer la peau.

 

Partout les puces piquent au sang

Pas une couenne ne résiste

Les milliardaires agonisants

Jurent de se faire moine bouddhiste.

 

Drôle de destin que la puce

L'insignifiante petite puce

Elle saute cinquante fois sa hauteur

Pour échapper aux prédateurs.

A-t-elle un autre choix, la puce

Pour vivre elle saute, elle pique, elle suce

Et quand ça commence à gratter

On fait tout pour l'éradiquer.

 

Même les puces électroniques

Se joignent à ce bal pathétique

Des cartes aux missiles stratégiques

Dans tout l'pays c'est la panique.

 

Et les puceaux et les pucelles

Profitent de ce joyeux bordel

Ne se grattent plus de leur envie

Et se sautent en catimini

 

Drôle de destin que la puce

L'insignifiante petite puce

Elle saute cinquante fois sa hauteur

Pour échapper aux prédateurs.

A-t-elle un autre choix, la puce

Pour vivre elle saute, pique, elle suce

Sous  les sangsues dessus leurs sous

Qui les font gratter pour des clous.