D'abord connu du grand public comme guitariste de Ghinzu – qu'il n'accompagnera plus l'an prochain –, Kris Dane est un artiste aussi atypique qu'attachant.
Dès 17 ans, l'Anversois intègre la première mouture de dEUS, puis joue dans diverses formations. Foncièrement éclectique, ce père de deux enfants est aussi à l'aise dans un répertoire de Tom Waits (qu'il chantera jusqu'en Corée) ou avec l'ensemble de musique contemporaine Ictus que dans l'opéra de Philippe Boesmans Wintermärchen.
Fan de Prince, d'Harry Belafonte, de Nick Cave ou de Bob Dylan, Kris a sorti, en janvier 2007, le feutré et délicat Songs of crime and passion, premier volet d'une trilogie. Fasciné par l'Amérique et les grands espaces, il séduit les fans de Leonard Cohen, Lambchop ou Calexico tout en dénonçant l'Amérique d'aujourd'hui (« Great America ») ou le conflit israélo-palestinien (« The lizard from Bethlehem »).
Au printemps 2008, le très productif Kris Dane remet le couvert avec Rise & down of the black stallion, titre en forme de clin d'œil à sa passion pour les chevaux. Enregistré live et entouré de son groupe The Banned, Kris se glisse avec une certaine élégance, et non sans talent, dans le sillon creusé par Johnny Cash, The Gun Club, 16 Horsepower ou Dr John. Autant d'influences totalement revendiquées par le songwriter. « Lorsque j'écoute Johnny Cash, concédait Kris au Soir en juin dernier, j'entends un frère d'âme. Il me rappelle mon grand-père. » Qui pourrait être fier de son petit-fils.
Philippe Manche
Fronstage, le blog pop rock du Soir