NOUVELLES LETTRES D'INSULTES
EXEMPLE 1 : LE TESTAMENT
[Vous souhaitez régler quelques comptes avant de retourner à la terre.]
Boulogne-sur-Mer, le 20 janvier 2009 *
Ceci est mon testament, qui révoque tout autre testament antérieur.
Ce testament est écrit de ma main, à la maison de retraite « Le Vestibule », sise au 146bis, rue des Lendemains qui Chantent à Boulogne-sur-Mer.
Je soussigné Jean-Hervé Marouin, né le 12 avril 1917 à Sens (89), demeurant à la maison de retraite « Le Vestibule », 146bis, rue des Lendemains qui Chantent, 62200 Boulogne-sur-Mer, prends les dispositions suivantes, quand viendra l’heure de mon décès :
À mes « amis », qui se préoccupent tellement de ma santé qu’ils ne viennent jamais me rendre visite, je lègue toute ma bile, mes morpions et mes cors aux pieds – qu’ils en profitent bien avant de crever dans leurs escarres putréfiées, ces raclures d’alèses de service gériatrique.
À ma vielle pute de sœur, je lègue avec grand plaisir mon dernier étron et le pot de chambre qui va autour. Pour le reste, qu’elle s’astique son cornichon fripé en se remémorant le bon vieux temps où elle me faisait des coups tordus. Mais qu’elle ne compte pas toucher un kopeck de ma pomme, cette boucanière de caniveau.
À mes cousins et autres parents plus ou moins éloignés, sachez que je n’ai jamais pu blairer vos sales faces de burnes avachies. Je vous lègue donc mon bon souvenir et je vous dégobille dans la bouche.
À mes chers rejetons, ces enfants de putain ingrats et convoiteux, la loi m’oblige malheureusement à léguer une part conséquente de mes économies. Mais je vous réserve tout de même la petite surprise du chef : les enfants adultérins sont eux aussi héritiers réservataires et comme au fil des ans, j’ai engrossé quelques morues à droite et à gauche, les parts de gâteau risquent de réduire comme neige sous flot de pisse bien chaude, hé hé !
Quoi qu’il en soit, heureusement que bobonne a avalé son bulletin de naissance avant moi, ça m’évite de devoir lui laisser quoi que ce soit, à cette putain de sangsue variqueuse qui m’aura vraiment pété les boulasses jusqu’à son dernier souffle.
Bref, qu’ils aillent tous se faire empapaouter par des Ouzbeks intégristes : je refile tout ce qui restera du magot à Valentine, ma voisine de palier, qui m’a fait découvrir le Viagra et le soixante-neuf – que Dieu m’accorde d’y passer avant elle !
Fait à Boulogne-sur-Mer, le 20 janvier 2009.
