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La Pompe Moderne



Last Updated: 12/14/2009

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Tuesday, October 27, 2009 
"Quoi de plus casse-gueule que de concilier le rire et la chanson, la vis comica et l'ars musica? Avec ce disque à se claquer les zygomatiques, La Pompe Moderne -qui sévit d'abord sous le nom de The Brassens, avant d'être menacé de poursuites par la maison de disque du vieux Georges- résout l'équation. Le mode d'action de ce gang de pasticheurs à la simplicité d'un coup de génie: il reprend, à la façon de Brassens (guitare, contrebasse et voix qui font "pom-pom"), des tubes piqués chez IAM, La Compagnie Créole, Diam's et Daft Punk. Mise à sac du patrimoine populaire, Plus dur, Meilleur Plus rapide, Plus fort (Les Disques Bien, Abeille Musique) est d'autant plus irrésistible qu'accompli avec finesse -un sax alto, une clarinette ou des percussions apportent une touche de grâce à cet hilarant bal des voleurs. Ici, on ne rigole pas sur le dos de la musique, mais avec elle: la voir ainsi se gondoler, c'est autant de raisons de l'aimer passionnément."
Tuesday, May 26, 2009 





Le 02 juillet sort Greatest Hits, l’album live de La Pompe Moderne, le nouveau terrain de jeu de Georges Brassens. L’occasion pour Jean-Marc Benito de rencontrer ce grand monsieur.
Extraits.



Jean-marc Bénito : Sortir un album live au moment où l’industrie du disque s’effondre, c’est une provocation ?

Georges : pas du tout. La musique est là depuis toujours. Les formats passent, les musiciens continuent leur chemin. Ce disque témoigne de ce que ce groupe arrive à produire sur scène. Un moment de fantaisie en musique. C’était important pour moi de le faire exister…

Le public se félicite globalement de votre retour, mais il y a quand même les bougons de service pour vous reprocher une sorte de superficialité avec La Pompe Moderne.

Je peux comprendre que certains soient nostalgiques de mon travail précédent. Après tout c’est avec ces chansons que je me suis fait connaître. Mais honnêtement, pourrais-je ajouter quelque chose à La Supplique, aux Copains, ou à la Non-demande en mariage ? Je ne m’en sens plus la force… De plus, refaire la même chose, faire dans ma caisse, ne m’intéresse pas. Je préfère emprunter d’autres routes, faire du hors-piste. Et puis je ne pense pas que la Pompe Moderne soit un projet léger. La fantaisie, ce n’est pas quelque chose de léger...(pause) Prendre la scène pour tenter une synthèse de la chanson populaire, s’amuser, mettre en exergue ce qui s’écrit, ce qui se joue dans notre culture, ce n’est pas léger…

Vous pensez que c’est votre devoir, en tant que père de la chanson française, de faire ce bilan ?

Mon dieu non ! quelle horreur… je n’ai pas de devoir… à mon âge (Georges à 89 ans, NDLR) on est au-delà de ça… La chanson se porte bien sans moi. Non, c’est plutôt l’envie de revisiter tout ça avec désinvolture qui est un geste artistique -donc politique- ça ne concerne pas la notion de jugement.

Alors sur ce disque, outre les chansons, les arrangements lorgnent vers la pop, mais également vers le punk, le free-jazz, l’improvisation… on avait pas l’habitude de vous voir dans ces registres.

Il me paraît salutaire de nourrir cette chanson. La chanson n’est pas une chose sacrée. Elle appartient à quelque chose de bien plus large, qui est la musique. On peut trouver des croisements, des brèches… Antisocial, qui est une chanson pleine de rage, appelle facilement des débordements. Y inclure une esthétique free-jazz c’est juste une autre façon de l’habiller, qui ne contredit aucunement le propos. On continue de parler de carcans dont il faut s’affranchir.

De la même façon, on vous entend slammer à plusieurs reprises…

J’aime le verbe. J’aime les mots. Lorsqu’il s’agit de s’interroger sur comment dire un texte devant un public, on a une large palette de possibilités. Chanter, parler, psalmodier, slammer… ce serait de la négligence que de se priver du meilleur moyen de faire briller un texte… dans certains cas, le slam est imbattable.

Vous avez souvent déclaré au cours de votre vie que vous aimiez écrire des chansons, mais que les interpréter vous posait problème. Vous n’envisagiez pas au départ de chanter vos chansons. Des titres comme Le Parapluie, ou La Chasse aux papillons, étaient destinées à d’autres…

c’est vrai j’étais terrorisé par la scène. Je n’en menais pas large aux Trois Baudets en 52… ce déballage égocentrique m’insupportait…

Mais là avec La Pompe c’est une métamorphose ! un ami à moi qui était présent à La Maroquinierie m’a même confié que votre prestation lui évoquait le Prince de la grande époque !

(rires) oh, c’est très gentil à lui. Invitez-le au prochain concert ! (rires) Prince, je prends. Quel homme de scène… Plus simplement, après une retraite de 30 ans, et porté par mes merveilleux musiciens, j’ai abordé la scène différemment. 30 ans c’est long vous savez… je ne suis plus exactement le même homme. La scène ne me fait plus peur…

(---)

Georges, vous avez connu l’Occupation, vous avez été manœuvre aux Usines Renault, vos amitié anarchistes sont connues ; Quel regard portez-vous sur la France des années 2000 ?

Vous savez avec Emile (Miramont, NDLR) et André (Larue, NDLR) on avait monté un parti pour rire, en 45, c’était une blague pour se moquer un peu des politiques qui nous inspirait peu de respect déjà à l’époque–

Oui, La Pompe Moderne ce n’est pas votre coup d’essai en matière de fantaisie !

oh non, j’ai toujours aimé ce sport… j’ai un sentiment de gâchis aujourd’hui. D’un côté, il y a des générations très au fait des pratiques capitalistes et politiques, la critique est très documentée, très précise, et je crois que beaucoup de gens sur le terrain sont clairvoyants, ont des solutions. De l’autre on a des gens au pouvoir qui ont une vision de la politique d’un autre âge. On le voit très clairement à la façon dont le gouvernement est dépassé de tout côté : la crise financière, la révolte des ouvriers, la volonté désespérée de vouloir contrôler ce qui se dit dans les médias, des jeunes gens emprisonnés comme bouc émissaires au nom de la lutte anti-terroriste… tout ceci est effrayant, honteux… j’espère que les choses vont changer… on arrive dans une impasse de toute façon. Il va bien falloir laisser la parole à d’autres personnes, plus en phase avec la vie réelle.

Merci Georges pour cette interview-

merci à vous-

Pour finir, un grand artiste nous a quitté cette année, Alain Bashung…

Voilà quelqu’un au parcours admirable, une vie de disques, de recherche, un interprète rare, radical. Un laborantin précieux qui disparaît…

Merci Georges, bonne chance pour la sortie de Greatest Hits.

Merci Jean-Marc.



Interview réalisée le 21 mai 2009.
La Pompe Moderne, Greatest Hits, le 02 juillet 2009

Tuesday, February 26, 2008 
Le Groupe Précédemment connu Sous Le Nom De The Brassens (LGPCSLNDTB) devient La Pompe Moderne:

La nouvelle est tombée comme un couperet : Georges a décidé de changer le nom de son groupe, formidable machine à faire des reprises. En effet, à la veille même de la sortie de son nouvel EP, un événement est venu tout bouleverser :
« Je venais d'abuser de délicieux encornets farcis. La digestion commença son dur labeur et je m'assoupis. Très vite, je me retrouvais catapulté dans un monde où tout portait mon nom. Les plaques des rues, les places de village, le perron des écoles, les MJC ; des nouveaux modèles de voitures arboraient effrontément mon patronyme, de même qu'une ligne de vêtements, une chaîne de télévision, même Cap Canaveral avait été rebaptisé, sans vergogne. C'était un véritable cauchemar. Quand j'ai vu mon facteur se transformer en gorille, j'ai compris qu'il était temps de repartir à zéro. »
Le rêve est un véritable coup de poing. Georges comprend qu'il est temps de penser un nouvel espace de création pour s'affranchir du passé et reprendre pied avec son époque. Ce nouvel espace, c'est La Pompe Moderne. Georges demande alors aux Disques Bien de retirer l'intégralité des cds placés en magasin.
Les Disques Bien, qui dans un premier réflexe voulaient partir vendre des sacs de lavande porte-bonheur en Thaïlande, décrètent finalement une AG exceptionnelle et décident de soutenir leur artiste. C'est la première fois dans l'histoire de l'industrie du disque qu'un label retire, à la demande de l'artiste, des cds disponibles à la vente (à la veille de Noël). « Rien n'a déjà été fait » comme dirait Georges.