Bonjour à tous!
Samedi dernier Pierre Henry donnait un concert au pied de l’arche de La Défense. Comment vous expliquer l’admiration que j’ai pour cette homme que l’on ne présente plus. Imaginez une carrière longue de près de 60 ans. L’homme a aujourd’hui 80 ans et laissera une empreinte indélebile au monde de la musique. Pierre Henry, c’est l’homme qui a compris, avec quelques autres dont Pierre Schaeffer, que le microphone et le magnétophone allaient radicalement changer notre manière d’entendre et de faire de la musique. Ils ont compris que le compositeur était aussi un sculteur de son.
Bref, ce samedi 4 août 2007, je me pointais donc sur le parvis de la défense. J’y découvrais une installation sonore énorme de 78 haut-parleurs entourant une place réservé au public et au milieu de laquelle trônait la console de Pierre Henry qui attendait patiemment l’heure. Je me suis assis par terre savourant l’attente d’un grand moment. Quelques amis sont venu me rejoindre, puis, vers 21 heure, Pierre Henry est arrivé sur scène accueillis chaleureusement par le public. A 80 ans, on monte lentement sur scène, certe, mais tous le monde ne fait pas à cet âge une musique d’extra-terrestre.
Les premiers sons se sont fait entendre, ouvrant "Une Histoire Naturelle" jouée dans sont intégralité (55’07"). Pendant cette durée, le soleil se couchait derrière l’arche de la Défense, sur un ciel sans nuage. On connait le goût de Pierre Henry pour les concerts rituels, mais là, l’atmosphère était tout simplement magique et mystique. Cela avait quelquechose à voir avec les cérémonies incas d’adoration du soleil, l’arche étant tour à tour une porte des étoiles, un totem, ou un hotel de sacrifice. Je ne pouvais pas décrocher mes yeux de ce monument attiré par l’espoir d’un monde meilleur.
Après cinq minutes de pause, le concert s’est poursuivit avec un extrait de l’Apocalypse de Jean "Six coupes de colère", puis Prisme. En pleine nuit cette fois ci l’arche étant illuminé avec son éclairage habituel. Pas de fioritures, juste la musique l’endroit et le moment ou ça se passe pour créer la magie. C’est ce qu’on appelle le minimalisme, non?
Ojectif Terre est un manifeste en trois partie, l’histoire de notre monde, de la genèse à l’apocalypse, de ses origines à sa possible destruction. Prisme est une lueur d’espoir une possible alternative à la guerre nucléaire. La porte des étoiles ne s’est pourtant pas ouverte ce samedi soir. Cependant, la soirée n’était pas finie.
L’heure des rappels est venue. Après une standing ovation, Pierre Henry est retourné à sa console avec la malice d’un grand-père qui veux faire une suprise à ses petits enfants. Alors les premiers sons de la Messe pour le Temps Présent ont résonnés sur le parvis de la Défense. Le public qui jusque là était resté assis s’est mis à danser aux rythmes des jerks électroniques transformant le Parvis de la Défense en une vaste discothèque. L’espoir est là. En chacun de nous se trouve une puissance de création capable de changer les choses. C’est bien le temps présent qui compte et non le passé où la peur de l’avenir.
En guise de cerise sur le gateaux, Pierre Henry a fini en interprétant une pièce nommée Tokyo 2002. Puis la foule encore transcendée s’est dispersée. Je garderai longtemps le souvenir unique de ce concert. Souvenir d’un moment magique ou je me suis senti transporté vers une autre dimension...