Status: Single
City: TOULOUSE
State: Midi-Pyrénées
Country: FR
Signup Date: 2/4/2007
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Thursday, November 08, 2007
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mes chers bébés canards, Tata dolores viens vous conter le fabuleux mariage auquel elle a assisté en ce joli mois de Mai .
J'étais donc invitée comme chaque week end à un mariage,les jeunes couples implorant souvent ma bénédiction pour leur union, puis plus tard pour leur divorce. Il se trouve qu'un de mes amis, figure notoire algérienne,et dont je tairais le nom, m'avait invitée à ces noces musulmanes, étant lui même le cousin de l'heureuse élue. C'est donc après un gala donné à Nancy dans un lieu ultra underground où je n'avais jamais vu autant de marginaux réunis à la fois, que mon fifils me conduisit jusqu'à Paris à bord de la belle auto que je lui ai offerte il y a 4 mois,et que je lui ai confisquée il y a 2 jours, qu'il me conduisit donc jusqu'aux noces de Nadia et Azzedine. Quel ne fut pas ma surprise en arrivant à l'adresse indiquée, de découvrir non pas une église mais un immense préfabriqué, sans doute martelé à la main dans un métal noble et argenté,qui lorsque je frappais à la porte résonna comme une cloche tibétaine. Deux cinquantenaires,bien plus viriles qu'Enrico Macias, me firent pénétrer dans cette véritable caverne flamboyante où je me faufilais entre les palmiers artificiels et les rubans dorés. On m'installa à une table pourpre en compagnie de mon vieil ami algérien et de sa mère qui prenait garde à toujours installer un plat, un sac à main, un enfant où elle même entre nous. On me fit servir toutes sortes de mets,et tout en les dégustant, j'observais ces hommes et ces femmes aux peaux mordorées danser comme des petits fennecs sous la lune. Bientôt je ne résistais plus à leur offrir une démonstration de danse orientale, danse que je maitrise depuis environ 26 années... Je dois vous avouer que les danseurs ont fuient un par un la piste devant une telle prestance, et lorsque j'ouvrais les yeux au bout d'une heure et demie de transe la salle était totalement vide; seul était resté mon ami assis à une table et me jetant un oeuil consterné où se mélangeait la ferveur et l'admiration. Nous rentrâmes au petit matin dans une clio bleu remplie jusqu'au plafond de cadeaux, la mère de la mariée au volant,le cousin, mon ami et sa mère bien sur, confortablement assise entre nous sur la banquette arrière en vrai sky. Je passais donc la nuit chez la mère de la mariée dans une chambre débordant de cadeaux, et où mon ami vint me rejoindre pour une conversation nocturne une fois sa mère endormie.
Le lendemain fit place à une aube sereine et à la suite des festivités.Il est de coutume que les hommes laissent les femmes en toute intimité lors des derniers préparatifs, et une fois de plus on ne dérogea pas à la règle. Mon ami et son cousin partir acheter des cigarettes, pendant environ 2h15, tandis que sa tante et sa mère se démenaient pour m'intégrer dans leur famille.... La tradition voulait apparement qu'on me fournisse un balai,une serpillère dernier cri et des gants roses, et je m'affairais dans les pièces et recoins de la maison, étrangement surveillée par la mère de mon ami dont j'apercevais toujours le bout d'un nez ou d'un cil, derrière une porte. Une fois mes tâches accomplies je fleurissais la grande maison toute carrelée, enfin prête à recevoir les invités. Semoule, dattes fourrées aux amandes et à la main; harira et raisins secs, coriandre et robes scintillantes dans le salon réservé aux femmes; Café et écran t.v, dans le salon réservé aux hommes. Ces derniers suivaient avec grand intérêt le déroulement des élections présidentielles, tandis que côté femme on parlait nouvelle méthode d'épilation à l'éponge abrasive, couches auto régulatrices pour nourrisson, conversations que j'avais peine à suivre puisque la mère de mon amie me proposait à intervalles réguliers d'essayer l'un des nombreux costumes traditionnels en sa possession: djellabahs roses à broderies mauves, djellabahs noires à fleurs rouges, djellabahs satinées...habits dont je redoutais qu'ils ne me recouvrent le corps tout entier jusqu'à l'étouffement, alors que je portais une robe fourreau fushia et ostensiblement transparente, qui fis je pense très bon effet ,en particulier au salon masculin. L'atmosphère était détendue, jusqu'à ce que sonnent les vingts coups de 20h, je les ai comptés. C'est alors que j'entendis des cris provenant de la pièce des hommes, les femmes se levèrent aussitôt, telles de véritables guerrières, prêtes à combattre s'il le fallait, quelques assiettes de semoule volèrent même dans les airs au beau milieu de cette subite précipitation. Nous entrâmes donc dans leur salon, et les virent devant l'écran, où apparaissait l'image d'un homme, une sorte de nain au sourire d'anguille qui me rappella un personnage de mauvais feuilleton, mélange de J.R de Dallas et de ce faux derch de pharmacien dans desperate housewives. En l'aperçevant, les femmes qui lors de leurs profondes discussions avaient sans doute oublié que ce jour là se déroulaient les élections presidentielles, s'agitèrent elles aussi,se mirent à tournoyer dans la maison tout en poussant des cris qui me rappelèrent lechant du paon; seul le brave pitt bull de la maison ne semblait pas perturbé par les évènements.
Dès ce moment, les femmes cessèrent toute discussion, et commençèrent à préparer leurs valises, tandis que les hommes observaient la suite des festivités à la télévision, abattus par la joie du nouveau président, consternés par la prestation scénique de mireille matthieu,cette vieille taupe qui a volé ma coiffure, effrayés par le devenir qui s'offrait à eux: des chansons de mireille, des sketches de bigard, des pubs de johny pour les prochaines 5 années... J'ai vite compris que tout le monde n'était pas joyeux ce jour là en France, et j'ai aussitôt pris mon petit avion qui m'a reconduit à Madrid, où j'écris paisiblement ce matin, en buvant mon café. Quant à mes amis du mariage, j'ai cru comprendre dans leur conversation qu'ils rentraient au "bled", je n'ai malheureusement pas eu le temps, dans cette panique de leur demander où cela se trouvait "le bled", mais mon unique sixième sens me dis que ce n'est pas loin de chez moi, entre le coeur et le ciel.
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Friday, July 13, 2007
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Mon cher public,
Je rentre de Nevers où je n'attendais pas tant d'un public qui aux premiers abord me parut aussi dangereux qu'un chasseur en sursis.En effet ,en arrivant dans cette ville,je remarquais très vite dans les ruelles médievales,que la population elle même était restée médiévale. Des ivrognes, des culs de jatte et des boiteux, des femmes battant leurs maris, des enfants monstrueux aux grands yeux de hibou, et un grand nombre de mariages consanguins en ce jour miraculeux du 07/07/2007, chiffre qui assurera j'en suis sûre la continuité de l'engeance neveroise. Pour mon plus grand bonheur,la petite ville organisait sa braderie de l'année, devant les boutiques aux devantures inchangées depuis 1982, on avait installé des bacs où se mélangeaient les modèles de l'été en promotion. Consultation nous a dégoté un ensemble en dentelles noires chantal Thomas (que pour ma part je trouvais un peu vulgaire),et Visitation une paire de souliers violets (sa couleur fétiche) joliment brodés à la main, qu'elle porta le soir même dans les loges ; quant à moi, je ne pus m'empêcher d'acheter un adorable t-shirt jaune pissenlit à l'effigie de OUI-OUI, le héros de mon fils qui à l'âge de 30 ans a garder son âme d'enfant! Enfin je me suis aventurée dans quelques spectacles, tout d'abord 2 jeunes racailles jouaient leurs compositions entre des cannes à pêches et des autos de collection, le "soup sound system", nom qu'ils avaient donné à leur pitoyable duo,me permis de réaliser à quel point la jeunesse était en danger,et semblait appeler à l'aide. A la fin du concert,mon âme charitable n'a pu s'empêcher de leur laisser la carte d'un très bon foyer pour jeunes travailleurs en difficulté, tenu par un ami très cher,lui même ayant tourné la page après une carrière infructueuse, Phil barney... Mon chemin croisa également celui de Michel,un grand mandrin pas méchant pour un sous, le pauvre, mais en très mauvaise posture dans un parc sordide où la programmation avait du l'expédier; et puis il y eu cette famille désastreuse du Jura ,suintant la graisse de moteur et le joint de culasse à qui je fis un don de 500 francs, tant je fus offusquée qu'on puisse en arriver là, moi qui connus bien le grand père à sa belle époque,un chanteur exceptionnel, qui fit même les premières parties de cette grande folle de Trenet. Enfin le soir venu je m'apprettais à rejoindre mon public. Autant dire que sous la toile de tente où eu lieu mon concert,on suait à grosses gouttes, surtout les techniciens,les pauvres ,dont les boyaux refoulaient à intervalles réguliers,la bière distillée dans leurs entrailles. Avant d' entrer sur scène je répètais à mes crucificados cette phrase si bien appropriée à ce genre d'endroits :"pas de blaireaux qui nous mettent l'enfer!". Dès les premières notes je sentis que j'avais là un public à tenir,un étalon noir, un gros mahakala courroucé,un cactus venimeux; une véritable cour des miracles! J'ai commençé par maitriser les quelques adolescents prépubaires affalés au sol et se léchant mutuellement en les séparant à l'aide de mes talons,et en leur rappelant qu'au lieu de trainer à un spectacle dont ils ne saisiraient pas la quintessence, ils feraient mieux de rentrer réviser chez leur parents, afin de ne pas rater le bac une deuxième fois l'année prochaine. Ensuite j'ai evidemment eu affaire à quelques "écorchés vifs" comme les appelaient ce ,ce chanteur là... aujourd'hui sous les barreaux là...Bertrand murat! c'est ça. Vous savez que c'est ceux que je préfère,les malotrus aux rires gras que j'ai du remettre en place à plusieurs reprises; sans parler du grand escogriffe barbu accoudé au bar, qui m'a donné la sensation de livrer un exercice de lecture comparative en face d'un Einstein atteind de la maladie d'Alzeihmer.
Quel merveilleux moment j'ai passé en votre compagnie cher public, j'étais comme une catcheuse en robe noire de chez Dior sur ring de la vie...
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Monday, March 26, 2007
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L'air était doux et amer à la fois lorsque je fis mon arrivée au pays de mes souvenirs; pays amputé depuis bien longtemps puisque mon dernier passage était il y a un an... Un an sans voir le Quai Branly, un an sans une goutte d'or dans mon café, un an sans m'élancer sur les interminables tapis roulants de la station Châtelet, un an sans voir les seuls beatniks subsistant encore à cette ère et qui, chaque dimanche, s'essaient à la musique dans les derniers rayons de soleil du parc des buttes Chaumont... Enfin, je retrouvais Paris, avec sa belle voix abîmée de femme endormie… Dès mon entrée sur le périphérique, le 6 Mars au matin, à bord du coupé Jaguar conduit par mon vieil ami Julio, je sentis les doigts de cette ville princière se refermer sur moi, tel un petit singe fiévreux resserre ses doigts autour du cou de sa maman guenon.
Le petit crachin avait fondu sur le canal St Martin, et en arrivant, quelle ne fut pas ma surprise de voir toutes ces petites tentes plantées au bord de ce même canal, alignées sagement comme des bouteilles de lait, bigarrées et ornementées de symboles mystiques, semblant me saluer timidement. J'ai vite compris que c'était VOUS, mes fidèles, mes trésors, mes fous, MON PUBLIC, qui vous étiez ainsi précipité par peur de manquer ma venue, par peur de ne pouvoir regarder le rideau se lever sur mon visage tremblant et entendre mon coeur battre le rythme de la première chanson ouvrant le récital. Dans le coupé jaguar, mon corps s'est mis à ruisseler, à trembler. Je vis le regard inquiet de Julio se refléter dans le rétroviseur; je me suis cramponnée aux sièges de cuir blanc de la Jaguar, puis à la nuque de Julio afin de ne pas pleurer. Ce dernier a failli perdre le contrôle du véhicule, mais j'ai instinctivement extrait mes ongles de son cou et repris le dessus sur la situation. Cher public, c'est le rideau de ma vie que j'ai ouvert chaque soir dans cette salle du quai de Jemmapes, vous qui m'avez attendu, vous que j'aime au delà de tout... Et je vais vous dire, Michel Polnareff, avec sa minable queue commençant à 5h du matin peut aller se rhabiller! Mon public à moi était là depuis une semaine, un mois dans ces tentes! Tu m'entends Michel ! Certains étaient encore là même le jour de mon départ ! Cher public... les hommes mentent fort bien mais vous ne m'avez jamais menti, et pour cela je vous aime ! J'écris ces pages en écoutant l'après midi d'un faune de Debussy, dommage que vous n'entendiez pas cela, vous seriez d'autant plus ému de ma déclaration ! Alors, merci au canal St Martin, merci à la l'espace Jemmapes et ses coulisses aux milles affiches de rêve, merci à vous mes petits faons, mon public, mon amour... Votre Maria Dolores
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Sunday, February 04, 2007
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Voici la nouvelle année venue et l'envie sincère me prend de vous souhaiter que s'accomplissent vos rêves les plus fous... L'hiver est là, à nos portes, comme une vieille dame qui demanderait pardon, comme un chat miaulant au coeur de la nuit, comme un hymne aux murènes humides des océans. Vous savez que je n'ai guère d'affection pour cette saison inerte et blanche où les dimanches s'éternisent au son d'un vieil orgue de barbarie désaccordé; cependant, il faut bien trouver une raison de vivre en hiver et j'ai trouvé une raison: l'altruisme. J'ai donc commençé par le plus évident: les bêtes. C'est donc plus de 78 animaux malheureux que j'ai déjà accueillis dans mes diverses résidences (équipées de spas, t.v.,internet..). Chats, poneys, et faisans coulent désormais des jours heureux ! Ensuite, je me suis attaquée aux vieux, oui, ces "vieux débris" comme les surnomment trop souvent les jeunes d'aujourd'hui. Après avoir dégoté dans un bazar turc un beau costume de père Noël, j'ai lançé l'opération "c'est Noël tout les jours!" Je fais ainsi chaque jour le bonheur de diverses maisons de retraites en organisant des apparitions surprises vêtue de mon joli costume, lors des repas, de la toilette, ou d'une simple partie de cartes. Je ne suis pas peu fière d'avouer que quelques unes de ces apparitions ont déjà envoyé quelques retraités au paradis et être la cause d'une belle mort, quel cadeau inoubliable ! Enfin, j'ai voulu me confronter à un problème d'ampleur internationale, le cas d'adolescents, ces anges martyrs, ces mendiants déchus, un morceau de gruyère entre les dents, eux qui au lieu d'incarner l'avenir resplendissant de notre civilisation, se traînent comme des pigeons, vêtus d'habits de clowns, parlant une langue pauvre et incompréhensible. Mon public est habitué à mes concerts où il m'arrive de sélectionner quelques uns de ces enfants qui perturbent le spectacle afin de les emmener dans l'un de mes centres"Maria Dolores". Et bien nous avons fêté ce Noël l'ouverture du 152ème centre, des centres qui fleurissent un peu partout chez moi en Argentine mais aussi en forêt Amazonienne, ou sur les belles crêtes de la cordillère des Andes... Je peux vous affirmer qu'à 7000m d'altitude ces jeunes prébubères raisonnent différement ! Des centres où ils apprennent à partager, à réfléchir avant de dire une connerie, et à se servir de leurs longs membres qui pendent bêtement à à leurs flancs à longueur de journée: tricoter, écrire, danser une ronde mais surtout lire la musique et chanter, m'offrant ainsi de nouvelles recrues pour les années de scène à venir... Et voilà mes amis comment combler ce foutu hiver en évitant toutes formes de déprime ou d'ennui. En attendant que le printemps reprenne ses esprits, je conseille à chacun d'en faire autant; j'en parlais encore hier avec le responsable de Don Quichotte, le malheur des autres permet au moins de donner à ceux qui n'en ont pas, un but dans la vie! C'est bien fait la nature tout de même...
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