Gender: Male
Age: 28
City: Mwanza
Signup Date: 2/16/2007
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Saturday, June 02, 2007
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+ de photos
Je viens d'assister à un évènement historique : les Taifa Stars, l'équipe nationale tanzanienne n'a pas perdu contre les Lions de Teranga, la fameuse équipe sénégalaise qui les avait renvoyés au vestiaire avec un douloureux 4-0 lors du match aller. Bon, ils ont pas gagné non plus… et c'est que les qualif… mais quand on sait que la Tanzanie a joué sa dernière Coupe en 84… Quoi qu'il en soit, c'était du beau football, pas mal d'occas', surtout côté tanzanien – qui auraient mérité mieux que 1-1. Bonne ambiance dans le stade… ici, pas de hooligans – en entrant on nous a même fait passer sur la piste d'athlétisme qui borde la pelouse. A l'endroit même où Kikwete, le président tanzanien, est arrivé quelques temps plus tard, avec son classique convoi de 4x4 et de militaires en armes, sous les hourras apparemment unanimes du public – la Tanzanie est multipartite dans les textes mais pas encore dans les faits ; le CCM a eu le pouvoir depuis l'indépendance – le stadium de Mwanza où se déroulait le match porte même son nom ("CCM Kirumba Stadium").
J'étais au match avec Uwe, un allemand rencontré au U-Turn, le supermarché de Mwanza… Enfin, on appelle ça supermarché ici, mais ça a la taille d'un Petit Casino. Quelques-unes des denrées indispensables à ma survie ici ne se trouve que là, tels le fromage – en général du cheddar néo-zélandais mais quand j'ai de la chance du camembert kényan (si si !). La dernière fois je leur ai pris tout leur stock, c'est-à-dire deux camemberts… C'est un des rares endroits fréquentés par les wazungu de Mwanza où je vais de temps en temps. Du coup y'a quelques semaines j'en ai profité pour adresser la parole à un couple d'occidentaux et leur refiler mon contact…
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Friday, May 18, 2007
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Me revoilà ! Ca y est, je suis enfin véritablement installé, mais ça n'a pas été une mince affaire… Il m'a d'abord fallu lutter pour avoir la maison. Car comme je le pressentais dans mon blog précédent, c'était loin d'être du tout cuit ! Le proprio, injoignable – et de me dire tout sourire lorsque j'ai enfin pu le rencontrer qu'il avait eu 23 appels en absence de moi en une semaine… Puis il a fallu "éliminer" un concurrent qui m'avait vilement dépassé sur la ligne d'arrivée en payant le loyer au proprio qui m'avait pourtant assuré que j'aurais la maison et à qui je devais donner l'argent deux jours plus tard… Car ici, chose étonnante quand on sait que tout fonctionne au jour le jour et que le mot "prévoir" ne fait vraiment parti du vocabulaire, ben il faut payer le loyer pour un an… Ce qui fait mal – même si avec ce même argent en France j'aurais juste payé le 1er mois et la caution, et encore, pas pour une maison…
Bref, ça a encore été une bonne galère. Suivie par l'installation, et les multiples achats pour rendre la maison vivable – c'est incroyable, quand on est installé, on se rend vraiment pas compte du nombre les trucs qu'on a, depuis les fourchettes jusqu'au frigo en passant par la moustiquaire et le balai à chiottes… Ca m'a pris facile trois bonnes semaines de réunir rien que l'indispensable – ici pas de grande surface où on trouve de tout (ce qui me réjouis). Mais bon, pas évident de trouver des torchons quand on a aucune idée d'où chercher et aucune idée non plus de comment ça se dit en swahili – j'avoue avoir utilisé le rideau de la cuisine pour m'essuyer les mains plus d'une fois… Le plus dur a été de trouver une cuisinière d'occasion – réfractaire à l'idée de dépenser 30.000 Tsh pour une petite plaque électrique temporaire, j'ai mangé tomate-concombre-pain de mie-beurre de cacahouète pendant deux semaines. La cuisière à gaz enfin trouvée, je salivai à l'idée du petit plat que j'allais me faire le soir même, jusqu'à ce qu'à la pompe, où j'étais allé chercher du gaz avec ma bouteille vide, on m'annonce qu'il me fallait la laisser là et revenir la prendre pleine… une semaine plus tard ! J'ai foncé à la duka la plus proche pour acheter la petite plaque électrique…
Ensuite y'a eu plein de trucs à arranger dans la maison. Le plus gros travail a été de monter un évier dans la cuisine. Ca fait quand même 10 ans que la maison est habitée, et y'avait pas d'évier ! Le proprio m'avait assuré qu'il en mettrait un fin juin, mais après trois jours à faire la vaisselle dans la douche, je suis allé en acheter un… Plus du bois et des outils pour le fixer. Là c'est parfait, sauf que le système d'évacuation est composé d'un seau que je vide une fois par jour dans les WC… De toute façon ici, rien ne fonctionne jamais parfaitement du premier coup… Contrairement à "prévoir", "attendre" ("subiri") est un mot des plus courant… Voilà, et mes dernières acquisitions, c'est un téléphone fixe et internet, ce qui me permet de poster ce blog !
Maintenant la maison est nickel (je vais mettre des photos et une vidéo sur myspace). En fait elle est largement assez grande pour moi (elle doit faire 65 m²) ; j'ai même une chambre supplémentaire pour accueillir les visiteurs éventuels. A bon entendeur…
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Friday, April 13, 2007
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C'est bon, le jour J est passé. Et s'est bien passé même. Voilà, je viens de faire mes débuts comme prof de français ! J'ai trouvé un job à la St. Augustine University of Tanzania. Oui oui, j'enseigne dans une université ! Tant qu'à faire… C'est à Nyegezi, à 20 min de dala dala du centre.
Le premier cours hier n'était finalement pas si impressionnant que je le craignais. Parce que la classe à qui j'enseigne compte quand même 83 élèves, alors je me voyais bien me sentir comme avant la première colle de bio en prépa… Bon, ils étaient pas tous là non plus… Pendant le cours, rien ne s'est vraiment passé comme prévu. Pour commencer, les gars de l'administration qui devaient me présenter à la classe étaient introuvables sur le campus, et donc je me suis juste pointé dans ma salle et ai commencé le cours comme ça... Ensuite, le "class representative" (le délégué quoi) n'avait pas fait les photocopies dont je l'avais chargé. Soi-disant les étudiants voulaient "me voir avant de faire les photocopies" !? C'est toujours la Tanzanie, certaines choses reste mystérieuses et inaccessibles pour un esprit occidental... Du coup, aucun support. Heureusement, j'avais entre autres prévu un test pour appréhender leur niveau, et heureusement encore, leur niveau est très bas et du coup on y a passé les deux heures que durait le cours... Y'en a quand même qui s'en sortent assez bien.
Voilà, ça se présente plutôt bien, je pense que ça va vraiment me plaire. Bon j'ai qu'une classe et trois heures de cours par semaine, mais bon, je vais pas me plaindre ! D'autant que je viens aussi de commencer à donner des cours particuliers…
Voilà voilà, entre ça et la maison, les choses se mettent en place doucement, bientôt je serai pleinement inséré dans la société tanzanienne !
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Thursday, April 12, 2007
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Ouf, enfin l'internet est revenu ! Ca faisait trois bonnes semaines qu'apparemment le fournisseur d'accès... nous bloquait l'accès… !?... Pas de panique, c'est juste la Tanzanie... D'où le retard dans ma publication... Ca y est, j'ai sûrement trouvé ma maison !!!! Après trois semaines de recherche intensive et de perte de temps difficilement concevable en France, du fait des nombreux intermédiaires par lesquels passer pour enfin visiter la maison et rencontrer son propriétaire, des "dalali" (équivalent local des agences immobilières, en gros des gars qui ont plein de connexions et qui sont censés mettre en relation les proprios et les futurs locataires) sans foi ni loi, des gens qui arrivent en retard voire n'arrivent jamais au rendez-vous fixé, etc… Une fois, je suis quand même resté près d'une heure dans le jardin d'une maison, croyant y attendre son proprio jusqu'à ce que se pointe la personne y habitant et n'ayant absolument aucune intention d'en partir…
La plupart des visites étaient complètement inutiles car la maison immense, conçue pour une famille tanzanienne (i.e. nombreuse), ou alors super chère, conçue pour une famille mzungu (i.e. très riche) ; le problème étant que la personne qui connaît la personne qui connaît le proprio sait juste que "la maison est très bien" ("nyumba nzuri sana"), sans plus de détails, ou qu'au téléphone le proprio ne veut pas dévoiler le prix avant de faire visiter, pour pouvoir ensuite marchander… Et tout ça à vélo : une vraie chasse au trésor !
Mais voilà, la chasse devrait être terminée – je préfère utiliser le conditionnel tant que j'ai pas récupéré les clés et emménagé… C'est une petite maison à Nyakato, un quartier relativement populaire, disons intermédiaire entre les districts dis riches où la plupart des wazungu habitent et les districts vraiment populaires où il ne ferait pas forcément bon habiter pour un mzungu. Elle répond assez bien aux critères occidentaux de ce que nous appelons maison – par exemple il y a une cuisine, ce qui n'est pas automatique ici, la plupart des gens faisant la cuisine au charbon dans la cour. Elle a un petit jardin, fermé par une clôture (malheureusement nécessaire quand on a la peau aussi claire que la mienne), et où je compte bien planter quelques bananiers et papayers – pour le manguier, faudra trouver un jardin plus grand…
Autant dire que je me sens soulagé d'un énorme poids ! N'en pouvant plus de vivre chez Peter où il m'est impossible de me sentir chez moi, et encore moins de travailler, j'avais tout mis en stand-by (même mes leçons de swahili) pour me consacrer à la priorité numéro un : la maison. Ca a payé, et je peux vous dire que je me sens, waow, super bien !
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Friday, March 23, 2007
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Triste journée qui a vu la mort du saucisson que j'ai quand même réussi à faire tenir un mois et demi, grâce à la technique des tranches très fines… Comme je suis chez Peter, et que ce sont les askaris qui cuisinent pour tout le monde, je bouffe purement tanzanien… et c'est pas très varié. En fait il me tarde d'avoir ma maison à moi, entre autres pour pouvoir me cuisiner ce dont j'ai envie… Y'a quand même des fois où j'en ai vraiment marre, et je me fais une bouffe perso…
En général, le midi c'est "ugali", c'est-à-dire une sorte de polenta blanche, ou plutôt de la farine de maïs bouillie (cf. photo). Ca donne une pâte bien compacte, un truc du genre étouffe-chrétien. Ca se mange avec les doigts ; on fait de petites boulettes qu'on trempe dans une sauce à base de tomates, de carottes, de bouillon cube Royco et de masala en poudre (mélange d'épices indiennes). Avec ça, souvent du tilapia, fraîchement pêché dans le lac Victoria, ou de la "nyama", littéralement "viande", en fait du bœuf bouilli. Les vaches ici sont en fait plutôt des zébus, maigres avec une bosse graisseuse au niveau du garrot, et parfois d'impressionnantes cornes. Leur viande est rarement tendre (c'est un euphémisme), d'autant plus qu'ici, manger la viande saignante, c'est risqué… Le tilapia, par contre, peut être très bon, surtout fris. Bien sûr il y a aussi du "kuku" (poulet), bien plus goûtu que notre poulet en batterie.
Le soir, c'est en gros la même chose, mais le riz remplace l'ugali… et là on a droit d'utiliser des couverts ! C'est pas des grands fans de légumes… Même des fruits, ils en achètent quasiment jamais, c'est dingue, quand on voit toutes les mangues, bananes et autres ananas qu'on trouve ici… Là-dessus par contre je me lâche !
Ah, le p'tit déj. Les askaris mangent souvent la même chose que la veille au soir – qu'est-ce qu'ils bouffent d'ailleurs, c'est incroyable ! Ex colonie anglaise oblige, je me rabats plutôt sur du thé. Avec soit pain de mie confiture, soit "vitumbua", beignets à base de farine de riz, achetés frais (en fait chauds) chez la petite vendeuse d'en face. Au final le p'tit déj doit être le meilleur repas de la journée…
Bon appétit, et pensez à moi quand vous mangez un steak saignant sauce roquefort, du camembert, du pain, des vraies frites, du jambon de pays, du chocolat, une pizza de chez un vrai pizzaïolo, du gratin dauphinois, du gratin de courgettes aux lardons, peu importe, du gratin quoi, des spaghettis à la carbonara, du… bon j'arrête, je me fais du mal…
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Monday, March 05, 2007
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18:07, le soir approche, je viens d'enfiler une chemise à manches longues et de me mettre du Cinq sur Cinq Tropic sur les pieds – pas envie de mettre des chaussettes aujourd'hui –, car les moustiques ne vont pas tarder à former leurs bataillons nocturnes…
Cette après-midi a été vraiment agréable. Etant toujours à la recherche d'une maison à la fois sûre et dans mes prix et suivant un conseil d'Anna, j'avais demandé à Yamungu de m'accompagner jusqu'à Nyakato, un quartier de Mwanza que je ne connaissais pas – sans savoir du tout s'il y avait des maisons à louer en ce moment ni où chercher exactement. Yamungu est un des askaris de Peter et, même si la communication n'est pas très élaborée vu qu'il ne parle pas anglais, il me fait bien marrer. Nyakato est assez loin de Capri Point, on y est allé en vélo. Car ça y est, je me suis enfin acheté un vélo ce matin. Ca va me changer la vie… Il y a deux types de vélos ici : ceux qui viennent de Chine et d'Inde, de qualité plus que douteuse, et ceux qui viennent d'Europe, de bien meilleure qualité même s'ils sont "second hand" – pour preuve, ils coûtent aussi cher que les asiatiques neufs. Mais les européens sont également difficiles à trouver. Après avoir attendu deux semaines qu'un "duka la baiskeli" (magasin de vélo) en ait un arrivage, le vendeur m'annonce vendredi dernier qu'il ne fait plus dans le vélo pour adulte… Du coup, je me suis rabattu sur du chinois. Il a une bonne gueule, c'est un VTT, 18 vitesses et tout, mais je ne l'utiliserais pas pour descendre le Kilimandjaro, ça c'est sûr ! Ca faisait pas une demi-heure qu'on avait quitté la maison avec Yamungu, en fait juste en arrivant à Nyakato, que la roue arrière s'est mise à frotter contre le cadre… Tellement que j'ai dû descendre de vélo… On s'est dirigé vers le "fundi" (artisan) le plus proche. Nous arrivons à son, euh, échoppe ? En fait un simple morceau de toile maintenu par quatre bouts de bois, au bord de la piste de terre, et à l'ombre de cette rudimentaire cabane trois types, assis sur des bancs tout aussi artisanaux, attendant le client, quelques morceaux de vélo plus ou moins rouillés autour d'eux. Quelques tours de clé plus tard et 1000 TSH (0,64 €) de plus dans la poche du fundi, nous voilà reparti sur la piste. Entre-temps le fundi avait expliqué à Yamungu qu'il connaissait une maison à louer, et que je pourrais la visiter demain. Voilà, il suffisait d'avoir un problème de vélo ! C'est l'Afrique ! Yamungu me fait comprendre qu'il va m'amener à sa maison, qui doit être dans le coin. On est à la lisière de Mwanza, pas encore la campagne pure, mais les maisons sont espacées, certaines sont en terre, parfois avec un toit d'herbe séchée - au lieu de la tôle ondulée qu'on trouve généralement dans les villes. C'est très vert, avec quelques petites parcelles de maïs et de nombreux manguiers. Au loin, on aperçoit parfois le lac entre les collines et leurs désormais fameux granites. Je me félicite d'avoir payé un peu plus pour avoir un VTT, la piste n'étant pas exactement plane… On s'ensable deux ou trois fois. Les gens se retournent sur le passage du mzungu à vélo et rient de me voir galérer moi aussi dans les zones sableuses… On finit par arriver chez Yamungu. Je découvre surpris que c'est aussi la maison de Thomas, le beau-frère de Peter. Thomas m'explique que Yamungu est son "brother" – en gros qu'il est de sa famille, peut-être un cousin ? La maison est grande mais sombre. Dans le salon je rencontre la sœur de Thomas. A la télé passe un dessin animé, plein volume… J'accepte avec plaisir la proposition de Thomas d'aller s'asseoir dans le jardin. On s'installe deux chaises à l'ombre d'un énorme manguier. Un jeune (un autre brother ?) va donner de l'herbe aux deux vaches qui se partagent le minuscule enclos derrière la maison. De vraies vaches, avec des pis qui donnent du lait, pas les sortes de maigres zébus que l'on trouve en général ici ! A mon grand désespoir (et à celui de mon porte-monnaie), le lait est en effet un produit de luxe ici… Après avoir échangé quelques nouvelles – Thomas vient d'avoir le paludisme –, parlé du boulot – Peter vient de me charger de rédiger le "Company Profile" de sa boîte – et bu une petite bouteille d'eau, bien appréciable par cette chaude journée ensoleillée, on rentre à Capri Point avec Yamungu.
Voilà, une bonne journée qui me changeait de la semaine dernière, où j'ai passé le plus clair de mon temps à chercher un boulot comme prof de français et à raller intérieurement contre les askaris et leur télé qui m'empêche de me concentrer sur quoi que ce soit à la maison… Ma recherche de boulot n'a pas été très fructueuse, tantôt parce que la paye proposée était quatre fois inférieure au prix du visa nécessaire, tantôt parce que l'éventuel emploi commencerait en septembre avec la nouvelle année scolaire. J'ai quand même laissé quelques annonces pour des cours particuliers. Et il y a de fortes chances que Peter m'envoie sur le terrain dans quelques jours, pour travailler sur le site de forage d'un de ses clients. Le forage, c'est vraiment pas fun, mais ça devrait me permettre d'obtenir un visa de travail, de bosser ensuite au bureau pour lui quelques jours par semaine et accessoirement de gagner quelques dollars… Et puis le terrain, ça serait que pour un mois. Je vous dirais ce qu'il en est au prochain épisode…
PS1 : Rectificatif à destination des ornithophile : après vérification dans le Delachaux et Niestlé, les ibis du 25 février n'étaient pas sacrés mais bien hagedash.
PS2 : Petit moment de culture : Pour ceux qui le saurait pas, l'image de fond de mon blog est en fait le drapeau de la Tanzanie. Le vert représente la Tanzanie continentale (l'ex-Tanganyika) et le bleu Zanzibar (qui comprend les îles d'Unguja et de Pemba). La République Unie de Tanzanie est née de l'union de ces deux territoires en 1963 (le mot Tanzanie lui-même la reflète). Le noir représente le peuple et le jaune les richesses (minières ?) :
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Monday, February 26, 2007
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Capri Point, 20:09. Comme tout au long de l'année à cette heure de la journée, cela fait à peu près une heure que le soleil s'est couché, laissant la place à une véritable nuit comme nous n'en connaissons plus vraiment en Europe et à un ciel magnifiquement étoilé – ici la pollution lumineuse reste un concept étranger…
Je viens de rentrer chez Peter après une petite balade qui m'a amené jusqu'au sommet de Capri Point, d'où la vue sur le lac Victoria est imparable. La ville est en fait située au bord du Mwanza Gulf, une étroite prolongation du lac qui se faufile vers le sud entre des collines dont les versants, verts en cette saison, contrastent harmonieusement avec le gris des granites aux formes arrondies présents tout autour de Mwanza. Quelques pêcheurs rentrent de leur journée de travail à bord de leur pirogue. Quelques milans noirs, nombreux dans la région, se partagent le ciel avec de bruyants ibis sacrés. J'espérais assister à un coucher de soleil majestueux comme sait nous en offrir l'Afrique, mais l'horizon était bouché ce soir. La petite saison sèche, commencée en janvier, touche à sa fin mais on a encore eu de très belles journées ensoleillées. C'est la période la plus chaude de l'année et le thermomètre monte à 30°C en milieu de journée. On a quand même eu quelques grosses pluies, plus fréquentes qu'à la normale et apparemment dues au phénomène El Niño. La grande saison des pluies, de mars à mai, promet d'être particulièrement arrosée…
Voilà déjà plus de deux semaines que je suis à Mwanza. J'habite toujours chez Peter, qui a fini par rentrer de Cape Town. Je cherche une maison où emménager, mais ici pas de petites annonces, ça fonctionne au bouche-à-oreille… Et du coup ça prend du temps. C'est la Tanzanie. Tout prend du temps. Mais là il commence à me tarder d'avoir mon chez moi… La maison de Peter est aussi le bureau de Goldfinders, la compagnie qu'il a monté depuis mon premier séjour ici, une boîte d'exploration d'or comme son nom l'indique. Du coup y'a tout le temps des gars chez lui, et comme en plus le boulot est pas très intense (en ce moment ?) ils regardent la télé une bonne partie du temps. Et quand c'est pas eux, c'est les askaris (gardiens de la maison, au nombre de trois, qui se relaient jour et nuit). Bref la télé est allumée en permanence (enfin, pas la nuit quand même…), ce qui est un classique ici. J'ai donc un peu de mal à me sentir chez moi… J'ai visité quelques maisons à Capri Point et Isamilo, mais elles étaient trop chères. Faut dire que certaines d'entre elles avaient des vues tout simplement époustouflantes sur le lac…
En rapport avec mon projet de tourisme solidaire, j'ai rencontrés les responsables de plusieurs ONG et CBO (Community Based Organisation, en gros de toutes petites structures travaillant très localement, et servant pour certaines de relais locaux pour les ONG). Ca va du développement local aux droits des femmes, en passant par le support aux enfants orphelins, au problème du VIH, etc... Ben je suis content, parce que pour une première approche, ça s'est très bien passé ; ils sont tous intéressés – à des degrés divers. Voilà, donc c'est parti ! En plus de ça j'ai rencontré un gars qui fait parti du Mwanza NGO's Network, une organisation qui chapote toutes les ONG et CBO de Mwanza, donc ça va bien m'aider, parce que le concept d'adresse n'est pas encore vraiment intégré, et beaucoup de CBO sont loin du centre de Mwanza, dans des coins où les points de repère éventuels pourraient être le local du coiffeur ou la vendeuse de mangues, et encore...
A part ça, qu'est-ce que je fais de mes journées ? Pas des masses en fait - même si depuis quelques jours je passe la plupart de mon temps entre deux ONG - vivement que je me trouve un petit boulot. Je compte tenter ma chance comme prof de français, et après de multiples coups de fil, je devrais enfin rencontrer demain le directeur du Language Centre de Mwanza. Je vais boire une bière chez John de temps en temps. Je fais ma lessive – à la main, ça mérite d'être souligné… J'écris ce blog, ce qui, vu ma dextérité au clavier, me prends beaucoup de temps… J'essaie de me tenir à ma leçon quotidienne de swahili - avec la méthode Assimil. C'est dur de se concentrer avec la télé allumé, alors je profite des coupures d'électricité, assez courantes ici (tout comme les coupures d'eau d'ailleurs). Je progresse, je suis capable de dire les trucs basiques tels que "ninakwenda njini" ("je vais en ville"), "naomba bia tatu" ("donnez moi trois bières") ou "msichana huyu ni mzuri sana" ("cette fille est vraiment bien")...
Cette après-midi on s'est posé avec Peter à l'ombre du cocotier dans le jardin devant la maison. Des oiseaux multicolores volaient entre les manguiers… (avec ton bouquin Jeff, j'ai déjà repéré l'astrild cordon-bleu, l'amarante commun, l'alcyon pie, le martin-chasseur du Sénégal et le coliou strié…). Je vous laisse avec cette image à l'esprit…
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Sunday, February 25, 2007
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Après ces quelques jours passés à Dar, il était grand temps que je bouge ; l'idée d'avoir toutes mes affaires - dont mon ordi - dans un hôtel à la sécurité douteuse ne me réjouissait que moyennement... Me voilà donc parti sur les routes tanzaniennes pour 24 heures de bus avec la compagnie Scandinavian, qui n'a de climatisé que le nom... Départ de Dar le mardi matin à 6 h 10 - soit avec seulement 10 min de retard ! - direction le nord. Paysages très verts (la petite saison des pluies de novembre à décembre a été particulièrement arrosée cette année), plantations de manguiers et de bananiers. On monte doucement en altitude. On longe les Usambara Mountains puis on arrive à Moshi, d'où on distingue la base du Kilimandjaro, le sommet étant, comme toujours en milieu de journée, entièrement dans les nuages. Ca rappelle des souvenirs...
Je sens que vous êtes perdus... une petite carte pour s'y retrouver (Dar es Salaam est à l'est sur la côte et Moshi tout près de la frontière avec le Kenya) :
 De Moshi, on rejoint Arusha, qui a elle aussi son volcan ennuagé, le Mont Meru. En quittant Arusha on monte plein nord en pays massaï ; le paysage est magnifique : de petites collines aux formes émoussées bordées de grandes prairies parsemées d'arbustes où paissent des troupeaux, gardés par les fiers guerriers massaïs tout de rouge et de violet vêtus. Au fond se détache la silouette triangulaire du Meru, progressivement libéré de son cocon de brume comme le soleil descend vers l'horizon. On perd de l'altitude et ce jardin d'éden laisse place à un paysage de plus en plus sec. On traverse une forêt de petits acacias puis vers 18 h voilà la frontière, et de l'autre côté, le Kenya. Car oui, aussi illogique que cela puisse paraître quand on regarde une carte, le bus passe par Nairobi pour rejoindre Mwanza depuis Dar ! En fait les routes qui traversent la Tanzanie sont tellement mauvaises que ça vaut le coup de faire le grand tour...
Les formalités douanières remplies nous voilà repartis. Il fait de plus en plus sombre en traversant le parc d'Amboseli, mais la silouette du Kilimandjaro se détache nettement sur le ciel derrière nous. On distingue étonnament bien ses deux pics, le Kibo et le Mawenzi... Arrivée à Nairobi vers 22 h 30. Ca semble plus propre et plus riche que Dar. On repart vers minuit, direction l'ouest. Je tâche de dormir un peu. On repasse la frontière vers 7 h du matin. Peu après, il apparaît enfin, promesse de la fin proche du voyage : le Lac Victoria ! Superbe paysage de vertes collines plongeant dans le grand lac. A 9 h on s'arrête à Musoma, la principale ville tanzanienne de la côte est du lac, pour le petit déj'. Croyant me régaler avec des pancakes, je me retrouve avec deux énormes espèces de chapatis à l'oignon ou je sais pas quoi et gras à souhait... Dans un effort surhumain j'arrive à en manger un mais le deuxième ne passe définitivement pas...
On continu notre descente vers le sud, avec le lac à notre droite, et là on longe le Serengeti ; je me jette sur le siège de gauche inoccupé, les yeux rivés sur la plaine, dans l'espoir d'apercevoir un zèbre ou une giraffe... là, ces taches foncées... des gnous ! et là... des autruches ! Cette fois-ci c'est sûr, je suis rentré !
Après 30 heures de bus, et alors qu'on est tout près du but (et de la douche), on crève ! Evidemment, on n'avait pas encore crevé, fallait bien ! Et on fait pas semblant ; à peine si on reconnaît un pneu dans les morceaux de caoutchou enroulés autour de la jante... Et les gars de Scandinavian de nous faire un numéro improvisé en tentant de déplacer la roue brulante à main nue... Et c'est vers 13 h 30, soit après 31 heures au lieu des 24 annoncées, qu'on arrive, enfin, à Mwanza.
Mais l'aventure n'est pas finie pour autant. Peter, l'ami tanzanien chez qui je suis censé être logé à mon arrivée à Mwanza, était injoignable depuis Dar, et pour cause : il est en ce moment à Cape Town, en Afrique du Sud ! Et comme j'ai appris ça la veille de mon départ de Dar par Anna, je n'ai aucun plan de rechange... A part me pointer à Twigg Gold, là où j'avais travaillé il y a trois ans... Petite galère avec le taxi pour trouver leur nouvelle maison, et je peux enfin me poser ! Je retrouve John, mon ex-patron et ami, écossais, Anna, l'administratrice anglaise, et Benja, le géologue tanzanien... Ca fait vraiment bizarre de revoir tout ce monde et d'être ici à nouveau ! Mais j'ai pas vraiment le temps d'en profiter, il me faut trouver un endroit où dormir... Hakuna shida, John téléphone à Noel (le business partner de Peter) qui téléphone à Thomas (le beau-frère de Peter) qui viens me chercher chez Twigg et m'amène chez Peter. Bref, me voilà chez Peter avec son beau-frère, j'ai une chambre pour moi - la maison (nouvelle, il a déménagé depuis la dernière fois) est grande, et à Capri Point, tout près de la nouvelle maison de Twigg, elle-même beaucoup plus spacieuse que l'ancienne (en fait c'est l'ancienne maison de Dominica, qui a aussi déménagé et qui vit un peu plus haut...). Voilà. Tout ça pour dire que je peux enfin prendre une douche, et que la plupart des gens que je connais ici habitent tout près, ce qui est plutôt cool. Capri Point, c'est en fait un des quartiers, disons, riches, où vivent pas mal de wazungu (pluriel de mzungu), mais c'est aussi une langue de terre qui avance dans le lac, et donc d'où l'on peut avoir quelques superbes vues sur ce dernier et sur ses îles...
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Saturday, February 24, 2007
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C'est quelque part au dessus du désert égyptien, assez bizarrement en fait dans les toilettes du vol BA 047 de British Airways, vers minuit, ou plutôt 0h (heure française) le 2 février, soit cinq heures avant d'atterrir à Dar es Salaam, que j'ai enfin réalisé que ça y était, je retournais dans le pays que j'avais tant apprécié trois ans auparavant, la Tanzanie !
Et pour ceux qui pense "ah oui, c'est une île au sud de l'Australie" voilà où ça se trouve :

Me voilà en effet parti pour ce qui pourrait être le projet de ma vie : monter mon agence de tourisme solidaire à Mwanza, ville tanzanienne sur la rive sud du Lac Victoria... Donc à vous tous qui me lisez je dis "Karibu !", autrement dit "Bienvenue !" en swahili, la langue nationale tanzanienne... Mais revenons à cette fameuse journée du 2 février...
Malgré mes 50 kg de bagages, le voyage depuis Toulouse (TGV, Eurostar, London Underground, avion) s'est plutôt bien passé, si on fait abstraction de ces chieurs d'anglais et de leur normes ultra-strictes concernant les bagages à l'embarquement, qui m'ont obligé à refaire mes sacs (dont l'arrangement avait bien sûr été étudié au cm3 près) en plein hall d'Eathrow... Tout ca pour qu'au scanner (soit 10 min plus tard) ils me fassent ressortir mon ordi de la poche Vieux Campeur que j'avais alors été obligé d'utiliser comme bagage à main ! Je les aurais tués ! Si j'avais encore des doutes sur le bien-fondé de mon départ de notre société merveilleusement moderne, il se sont évanouis à cet instant précis...
L'arrivée à Dar, le marchandage du taxi (qui a bien évidemment commencé par me faire le "mzungu price" - mzungu signifie homme blanc en swahili), l'installation au Jambo Inn, au centre ville dans le quartier de Mchafukoge, tout s'est bien passé. Ca n'allait va pas durer. Dar, ses rues sales et encombrées, sa chaleur moite à faire prendre quatre douches froides par jour et ses "My friend !" lancés par de parfais inconnus qui ne cherchent qu'un mzungu fraîchement débarqué pour l'alléger de quelques dollars, n'ont pas changés. Enfin, si, finalement, ces parfaits inconnus ont peut-être changé... En tout cas, c'est vers 15 h 30 que j'ai rencontré le mien. Manu. C'est en tout cas comme ça qu'il prétendait s'appeler. Je rentrais à mon hôtel pour récupérer une ordonnance et aller ensuite chez l'opticien faire changer mes verres. Bref. Ce gars m'aborde. Jamais je les laisse faire d'habitude, je suis pas con, et là, ben, il avait l'air différent, genre vraiment sincère, sympa, et surtout désintéressé ; j'avais un bon feeling quoi. Je restais méfiant quand même... L'opticien était assez loin, il me fallait prendre un taxi. Là Manu me dit qu'il va aussi dans ce coin-là avec son oncle qui a une voiture et me propose de m'amener… Au début je me disais, pas moyen, la ficelle est trop grosse, dès que j'ai une opportunité je me casse. Et là il me laisse retourner a mon hôtel seul pour chercher l'ordonnance. Je me dis "s'il voulait m'arnaquer il me laisserait pas une telle chance de lui fausser compagnie"... alors j'y retourne... de mon plein gré… non sans avoir laissé dans ma chambre 70 dollars dont je savais n'avoir aucune utilité et parce que je restais sur mes gardes… L'oncle arrive, nous prend, m'amène chez l'opticien, "hakuna shida" ("pas de problème" - équivalent du fameux "hakuna matata" kenyan). Là ça y était, ils avaient gagné ma confiance... J'étais mûr ! Ils étaient soi-disant musiciens, et ils devaient jouer ce soir-là, alors ils me proposent de venir les écouter. "Cool, un p'tit concert, ça le fait". En chemin ils s'arrêtent acheter de la beuh, puis roulent et fument dans la voiture. Là on s'arrête, et deux minutes après débarquent dans la caisse deux gars (je me retrouve alors coincé à l'arrière entre trois types), ils disent qu'ils sont de la police (autant que je suis chamane), et que le "bangi" c'est une drogue interdite, que je risque 7 ans derrière les barreaux ou 1000 dollars d'amende… (Un comble, entre nous, puisque je n'ai jamais fumé une seule fois de ma vie !). Et là on est en train de rouler, soi-disant vers le poste, et la zone est bien évidemment déserte… le stress quoi ! Puis ils sortent "OK, on va être gentils, si tu nous donnes tout ce que t'as on te laisse partir…" J'essaie de gagner du temps, mais y'a vraiment aucune porte de sortie… Alors je leur file ma tune (je réussi à en conserver un peu, cachée dans une des multiples poches de mon short), en fait pas des masses, 20.000 Tanzanian Shillings (12 €) et 35 $... Trop heureux d'en avoir laissé 70 à l'hôtel ! Ils me laissent descendre, près d'un taxi, je relève leur plaque, T549 AND, et vais faire une déclaration à la police - c'était pas des rapides! Ca changera sûrement rien, je me fais pas d'illusion, mais bon, j'aurais fait mon devoir de citoyen... Voilà. Comme entrée en matière, c'était cash ! Je suis allé me coucher démoralisé, en me demandant ce que je foutais là… On m'y reprendra plus n'empêche : à Dar, sois parano et trace ton chemin ! En plus, le quartier de mon hôtel est principalement musulman - merci le muezzin à 5 h du mat' - et du coup... pas de bière ! J'en aurais bien eu besoin ce soir-là... It's not yet Kili time ! ("It's Kili time" est le slogan de la Kilimanjaro, une des quelques bières tanzaniennes)
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Saturday, February 24, 2007
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Après une journée du samedi plutôt réussie qui m'a réconcilié avec Dar - surtout la promenade sur le front de mer (en fait l'océan Indien) et sur la plage, avec son air marin particulièrement apprécié après la chaleur étouffante du centre ville et son eau à la parfaite température (j'ai trempé seulement les pieds, l'eau n'étant pas vraiment d'une propreté irréprochable si près du port...), et aussi aux alentours du jardin botanique, oasis de calme et de verdure au milieu du brouhaha de la capitale - je profite de la fermeture des institutions et autres administrations que je dois aller voir pour sortir de Dar, direction Gezaulole, petit village sur la côte sud, où, d'après le Rough Guide, sont organisés des tours solidaires qui financent des projets de développement. Un ferry pour traverser la "baie" de dar et arriver sur la péninsule de Kigamboni où je monte dans un dala-dala (sorte de mini bus collectif, souvent trop petit pour s'y tenir debout) qui est vite rempli jusqu'à la gueule : 21 personnes plus 3 gamins sur les genoux plus le chauffeur ! (en France on serait 10, 12 grand max...). Environ 1/2 h dans cette boîte de sardines surchauffée et on me laisse à l'embranchement d'Akila's Garden. Bon, en fait le gars qui gère ça était a Arusha, et sans lui, ça a pas l'air de trop fonctionner... J'ai quand même eu un guide (Mistambura, le maître d'école de Gezaulole), mais je pense que c'était sa premiere fois ! C'était quand même très sympa de retrouver la Tanzanie rurale et l'ocean Indien. Le tour passe par la plage, qui ressemble un peu a celles de Zanzibar - sable clair, cocotiers, pêcheurs et leurs dhows (bateaux en bois typiques à voile triangulaire et à flotteur latéral) - mais impossible de se baigner car c'est marée basse. Et le soleil tape dur ! En quittant la plage, on passe par le village où on rencontre le maire, bedonnant (corrompu?). L'école est déserte. Des tombes arabes vieilles de 400 ans sont gardées par un énorme baobab. Retour au Akila's Garden - qui, à en juger par le faible avancement des travaux de construction du bungalow et l'absence de bouteille sur les étagères du bar, ne doit pas accueillir beaucoup de touristes... Le cuisto me prépare un très bon poisson coco. Vu comment ça se passe, je pense que les 7000 TSH dépensés à Gezaulole n'iront jamais dans aucun projet de développement... En attendant le dala-dala du retour sur le bord de la piste, j'ai l'immense plaisir de pouvoir enfin acheter une bière : It's Kili time ! Le dala-dala est plein a craquer, et je fais le trajet debout plié en deux au milieu de Tanzaniens surpris de voir un mzungu dans une telle situation... vraiment pas le meilleur moment, avec les cahots de la piste... autant dire que je me suis rué sur la douche en rentrant !
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