Voici quelques chroniques publiées sur le net à propos de notre album, "Premiers Froids" :
BENZINE / ONDEFIXE
L'hiver touchait à sa fin. Inlandsis, qui partageait alors l'affiche de la seconde édition de Meeting people is easy avec Epic45, July Skies et Port-Royal, nous dévoilait les prémices de ses Premiers froids dans l'espace étriqué de la galerie parisienne En Marge. Une de ces terres d'accueil devenues rares, dont le confinement se situe à l'exact opposé des vastes étendues polaires qu'évoque la musique de ce projet initié il y a maintenant 6 ans par Jean-Sébastien d'Anchald, David Chenel et Olivier d'Hooghe.
Littéralement, Inlandsis signifie « glace de l'intérieur du pays » en danois. Une traduction qui plante un décor sibérien, virginal, propice à l'évasion et à la perte des sens.
Avec ses programmations nettes et précises, aux angles obtus, Inlandsis semble avoir partagé les bancs d'école des faiseurs d'électronica russes (Novel 23) ou ceux des pensionnaires de u-cover (Sense en particulier); sans pour autant renier des origines plus profondes qui transparaissent au travers de sonorités synthétiques rétrogrades. Ainsi ressuscitent-ils une ère évanouie en donnant rendez-vous aux vétérans Isan (Etoile rouge) ou Plaid (Masque de lune et Un idéal retour au froid se rapprochent des douceurs échappées de Double figure comme Sincetta). Atmosphérique et aérienne, la musique d'Inlandsis se pare d'une composante ambient récurrente : aucune piste n'échappe aux ondoiements de nappes glacées, qui pénètrent et engourdissent l'esprit comme le ferait le blizzard.
Ces climats polaires se voient systématiquement ocellés de mélodies spatiales, plongent l'auditeur dans des rêves angoissés (Funambule) ou au contraire le promènent dans des territoires « pop », toute proportion gardée (le léger et enlevé Les ours polaires sont-ils gauchers ?).
Entre ces deux latitudes, il y a une calotte polaire s'adressant à l'esprit en dépit du froid ambiant.
(8.0)
GONZAÏ
Sur La marche de l'empereur, Emilie Simon a bien failli réussir sa vaste entreprise de démolition ; nous fait croire que la musique du froid se jouait dans des tubes en plastique translucides d'où sortaient des sonorités bipolaires.
L'écoute prolongée de l'album d'Inlandsis rétablit lentement la vérité, piste après piste ; on peut rêver la banquise autrement qu'en s'infligeant les geignements d'une fille de producteur chantant les louanges de trois pingouins qui luttent contre le froid.
Dans la même lignée que Principles of Geometry – à paraître le 29 novembre, on en reparle-, Inlandsis prend le glacier de face, avec trois synthés en guise de piolet, une boite à rythme dans l'emergency suitcase, juste au cas où. Le résultat, surement lassant/lascif pour le plus grand nombre, laisse apparaître des contrastes, des reliefs. Comme les plaines d'antarctique.
Tout au plus les ambiances (je ne parlerai pas de disque ambient, merci) de Premiers froids évoquent Depeche Mode dans leur plus grande époque glaciaire. A la limite le Boards of Canada, qui de toute façon n'est pas très loin.
Premiers froids est un disque d'anti-technique, qui avec un minimalisme saisissant parvient à produire du chaud. Un peu de bois pour l'hiver. Quelques noms de chanson second degré (Les ours polaires sont-ils gauchers ?) et huit pistes en forme de dédale.
Le disque parfait pour reposer l'esprit, s'endormir. Rêver.
ALTERNATIFS.FR
Trois hommes se sont associés il y a maintenant quelques années ( Jean-Sebastien d'Anchald, David Chenel et Olivier d'Hooghe) pour un projet : Inlandsis. Leur premier album, prêt depuis trois ans chez leur label Arbouse recordings, attendait sagement sa sortie ; ce jour est arrivé.
On regarde la pochette, froide à souhait. On décortique le nom du groupe (« Inlandsis » signifiant « glace de l'intérieur d'un pays »). Il ne reste plus qu'à lire le nom de l'album (« Premiers froids »), et le décor semble être planté. Les frissons montent tout le long du dos, et ce n'est qu'un début.
Dès les premiers sons, tout semble tout droit venu d'une profonde caverne, envahie par les glaces. Des gouttes d'eau tombent au sol, nous dévoilant leurs mélodies à chacun de leurs impacts. Mais étonnamment, rien n'est agressif comme pourrait l'être un froid polaire. Non. Il ne s'agit ici que d'une légère brise, juste ce courant d'air qui apaise sans déranger. Quelque soit votre état d'esprit, rien dans cette musique ne viendra parasiter vos pensées. Les mélodies, le son cristallin, tout est merveilleusement limpide. Les mélancoliques se sentiront toujours mélancoliques, les moins tristes n'en sortiront pas plus joyeux, les fatigués pourront se reposer. Bref, tout le monde aura compris que ce que vous allez entendre va vous accompagner, sans vous déranger, simplement.
Essayer de trouver des comparaisons est toujours un travail difficile. Dire que tel groupe fait penser à tel groupe est une appréciation tout aussi personnelle qu'utile dans une chronique. Mais pour Inlandsis, tout est tellement dans l'interprétation individuelle de chacun de nous, dans les sensations, les émotions, qu'on n'a pas envie de se livrer à cet exercice, exceptionnellement. Une qualité de son d'une impressionnante maturité, des pistes qui s'enchaînent si simplement que ce n'est qu'une fois arrivé à la fin de l'album que votre esprit s'apercevra de ce qu'il vient de se passer : un saut dans le temps, un bond de plus de quarante minutes. Inlandsis vous aura accompagné durant tout ce temps sans que vous vous en soyez aperçu. Les ondulations constantes de cette --uvre vous feront oublier sa froideur apparente. Ecoutez cet album, et à coup sur, vous y trouverez exactement ce que vous y recherchiez.
MAGIC BOX
Voilà un projet musical pour le moins cohérent. Un nom rappelant à la fois la Finlande et l'Islande, un titre de premier album intitulé Premiers froids, des titres de morceaux comme Le théorème des pingouins, Les ours polaires sont-ils gauchers, Inlandsis serait-il dans sa période froide attendant (espérant ? ) une glaciation qui n'arrivera plus jamais. Ils retranscrivent ce chant lexical dans leur palette sonore, un synthétique 100 % , glacial comme un longue étendue polaire. En même temps, comme une colonie de pingouins sur la banquise, vivante et vibrante, la musique d'Inlandsis apporte son lot de ludisme fripon (Masque de lune).
Les synthés peuvent faire bouger et Les Ours polaires sont-ils gauchers à un côté Depeche Mode revu et corrigé par Boards of Canada (référence absolue des Français). Inlandsis ne se contente pas de balancer ses programmations et laisser se mouvoir des nappes comme des continents à la dérive. Le trio (Jean-Sébastien d'Anchald, David Chenel et Oliver d'Hooghe) fait sourdre des mélodies, s'amusent à trouver des gimmicks et composent au final des titres pops, narratif et léger, au sein de longs instrumentaux plus abstraits et plus rêveurs (ravers ?). Inlandsis c'est comme se jeter dans une eau froide. Ardu les premières minutes et amusant une fois habitué à la température du liquide.
7/10
MCM.NET
Origines : les villes de Philadelphie et de Paris sont quasiment les deux seules au monde à avoir accueilli David Chênel, Jean-Sébastien d'Anchald et Olivier d'Hooge pour des concerts. Très discret, le trio français, formé il y a quelques années déjà, a même choisi le nom Inlandsis (qui signifie "glace de l'intérieur du pays" en danois) pour renforcer cette impression d'étrangeté typique d'un groupe en dehors des modes et du temps. Alors si vous avez apprécié l'échappée minimaliste d'Émilie Simon sur la bande originale de La Marche de l'Empereur, sachez que Premiers froids devrait vous procurer des sensations aussi fortes.
Ingrédients : à quoi pourrait bien ressembler une balade en Antarctique ? Inlandsis a tenté de répondre à la question en réalisant 8 titres glacés. Ne cherchez donc pas la moindre parcelle de chaleur, ici tout est blanc, gelé, venteux et désert. Le morceau Interstices, inquiétant au départ, s'avère en fait être un filet de lumière dans ce paysage onirique. Mais rassurez-vous, certaines présences animales rodent dans le coin (Le Théorème du Pingouin, Les Ours Polaires sont-ils gauchers) et le ciel vient mettre en peu de couleur dans tout ça (L'Étoile Rouge). Entre electronica et IDM, le trio parvient à faire oublier ses machines lors de ce voyage fantastique !