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Sunday, October 26, 2008 

En ce moment je réfléchis à un livre sur le dispositif d'écriture chez Derrida. Mon projet ne se donne pas tant pour objectif d’analyser le contenu de l’œuvre de Derrida ni de voir comment la déconstruction de la métaphysique y est à l’œuvre (ce qui a été l’objet d’une multitude d’ouvrages) que d’appréhender son écriture en tant que telle. Il s’agirait d’une approche à la fois rhétorique, philosophique et esthétique de celle-ci, pour arriver à en dégager la poéticité. Il me semble que cette approche certes plurielle de Derrida trouve cependant son unité dans l’exigence de voir en Derrida un « poète » au sens large ou étymologique, au sens (e.a.,  il faudrait approfondir) de quelqu’un qui réinvente la langue (avec tout ce que ceci implique) en même temps que le rapport à l’autre qui s’y joue et le sens qu’il fait émerger de celle-ci.

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La problématique du toucher servirait de structure conceptuelle permettant d’articuler ces différentes approches : « toucher » en effet relève à la fois de la rhétorique (où il s’agit d’analyser comment « toucher » quelqu’un), de la philosophie en général et de l’esthétique.

 ....

La problématique du toucher permettrait ainsi de réfléchir notamment à la « présence » ambiguë de l’écriture de Derrida : jamais pleine, jamais « là en tant que telle » à exposer le contenu de sa pensée, mais s’adressant toujours à l’autre et à de l’autre (texte), le tout en ne s’exprimant que rarement en son propre nom. C’est peut-être cette adresse, cette façon de se placer constamment en marge, en retrait d’autre chose qui fait de l’écriture de Derrida quelque chose de quasiment insaisissable. Peut-être est-ce le fait qu’il se contente de toucher à autre chose (plutôt que d’exposer une théorie) qui fait que Derrida serait intouchable, toujours fuyant : il n’affirme presque jamais rien et n’offrirait donc aucune prise, en tout cas au niveau conceptuel et philosophique.

 ....

Il reste cependant que l’on peut se demander comment fonctionne cette façon qu’il a de toucher l’autre au cœur, comment fonctionne « l’ironie derridienne ». Ce questionnement, qui relève de la rhétorique, devrait permettre de dégager clairement le dispositif ou la scène de l’écriture de Derrida : comment ses textes s’adressent-ils au lecteur, comment se rapportent-ils aux autres textes, quels effets veut-il obtenir, comment y arrive-t-il etc. L’approfondissement de ces questions (et sans doute d’autres) permettront j’espère de mieux comprendre comment Derrida joue avec le dispositif de l’écriture, le met en jeu et le déjoue.

 ....

Grâce à cette analyse rhétorique, il devrait être possible de mieux cerner entre autres une certaine forme de « rire » de l’écriture de Derrida. (« (…) un certain éclat de rire traverse presque tous mes textes » dit-il lors d’une interview). ((Ce rire nous rapproche sans doute du nœud du problème : s’il s’agit d’écrire pour toucher, si, donc, ce que l’écriture de Derrida révèle c’est qu’écrire c’est toucher, ce qu’elle révèle également c’est qu’il s’agit souvent de « rire le toucher ». Rire le toucher c’est-à-dire s’adresser à l’autre mais dans le rire – rire qui est souvent, en dernière analyse, le rire du vivant face à la mort, rire de la mort.))....

 ....

La question : « comment touche-t-il ? », qui relève de la rhétorique, permettrait ainsi de passer à la question « pourquoi touche-t-il ? » qui relèverait plutôt de la philosophie (éthique et politique). Cette question du pourquoi pourrait donc s’articuler autour de la question du rire, toujours en rapport étroit avec la question du toucher. Question du rire qui sera creusée notamment par le biais de la question de l’amitié telle que déployée dans « Politiques de l’amitié »....

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Au final il s’agirait de voir, comme dit, comment l’inventivité à l’œuvre dans l’écriture de Derrida relèverait d’une approche « poétique » / esthétique du langage.....

 

 

Il s’agirait à la fois de dégager et de travailler autour des différentes problématiques concernant le toucher repérées par Derrida dans l’histoire de la philosophie (à travers l’œuvre de Nancy) concernant le toucher et d’analyser, du point de vue de la linguistique pragmatique, les techniques et stratégies d’écriture de Derrida à l’œuvre dans ce livre. Les diverses acceptations de ce que « toucher » peut vouloir dire, à les observer être déconstruites par l’écriture de Derrida, pourraient, couplées aux outils de la linguistique pragmatique, fournir des outils pertinents pour comprendre le fonctionnement et les enjeux du style de Derrida.

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Le livre « Le toucher, J-L Nancy » serait donc analysé et exploité à la fois dans son contenu et dans sa « forme », c’est-à-dire son articulation à ce qui lui est extérieur (corpus de textes philosophiques analysés, figures du toucher dans la langue française, J-L Nancy en tant qu’ami de Derrida (avec tout ce que l’amitié suppose (cfr Politiques de l’amitié))) ; il s’agirait donc d’analyser à la fois le « message » de ce texte, les propositions sensées qu’il développe et le dispositif d’écriture, la scène de l’écriture mis en place par Derrida pour y arriver.

 ....

Cette analyse pragmatique du style de Derrida pourrait mener à penser l’écriture comme acte qui aurait à s’assumer en tant que tel : écrire, comme tout acte, « touche à quelque chose » ou « touche quelqu’un » et n’a lieu que depuis un corps singulier qui s’adresse, par la médiateté de l’écriture, de l’édition, de la lecture etc, à d’autres corps singuliers. Ce qu’il faudrait questionner, donc, c’est comment ce souci de l’ « événement du toucher » de cette écriture (événement en tant que ce qui arrive au-delà du prévu, du prévisible, des possibilités, l’événement en tant qu’ « im-possible » et donc en tant qu’ébranlement, en tant qu’acte de « toucher au cœur ») vient marquer de son exigence le style d’écriture de Derrida.

 ....

Comment cette écriture touche-t-elle au cœur ce à quoi / à qui elle touche et pourquoi? Cette double question permet sans doute de condenser bon nombre de problématiques, tant pour ce qui concerne la pratique « agaçante » de l’écriture chez Derrida que pour ce qui concerne les multiples questions liées à la question du toucher. En effet les questions « comment toucher ? » et « pourquoi toucher ? », posées par Derrida à même l’acte ou le style de son écriture, ne sont-elles pas d’une certaine manière des questions qui concernent l’éthique, la politique et la rhétorique de manière fondamentale ? Encore faut-il déterminer selon quelles figures l’acte de toucher doit ici chaque fois être entendu.

 ....

Une figure du « toucher » pourrait désigner quelque chose de radicalement physique, physiologique (cfr Aristote qui considère l’acte de toucher, en tant qu’ouverture d’un corps à ce qui lui est extérieur, comme co-extensif au fait d’être vivant ; cfr également les spéculations de Freud sur l’origine de la vie dans « au-delà du principe de plaisir »), quelque chose de commun à tout être vivant (Aristote), quelque chose que tous les êtres vivants auraient en partage. Ce sens du toucher, en tant qu’ouverture à l’extérieur, serait à la fois la plus grande chance du vivant (pas de vie sans rapport à ce qui est autre, ne fût-ce que pour se nourrir, dit Aristote) et son plus grand danger, puisque trop toucher, être trop sensible, signe la mort du vivant. C’est à ce niveau purement physiologique que Derrida voit un embryon du sens de la « prudence » : pas de vie sans mesure dans le toucher. Pas de vie sans cette première loi : « toucher, mais pas trop. » Première loi de l’éthique, peut-être, inscrite au cœur de la vie même. La question « Comment toucher ? » trouverait du coup son origine dans l’origine de la vie même, serait l’embryon de l’éthique et serait partagée par tout ce qui est vivant. (« L’animal que donc je suis » de Derrida ainsi que « La fin de l’exception humaine » de Schaeffer entre autres, pourraient prolonger cette problématique)

A partir de là, d’autres figures du toucher peuvent être dégagées, plus abstraites : si de l’Antiquité à Husserl en passant par Kant le toucher a été considéré en général en philosophie comme « le sens le plus sûr car le plus immédiat » (trahissant par là selon Derrida un fantasme d’immédiateté fusionnelle, un désir de totalité signifiante etc, un « haptocentrisme »), Aristote pose au contraire qu’il serait erroné de déduire de la proximité du touché et du touchant une immédiateté entre les deux. Il fait intervenir au contraire chaque fois « une mince pellicule d’air ou d’eau » entre touchant et touché, qui fait de cette croyance en une immédiateté un leurre. Entre touchant et touché il y a au contraire une médiateté, une distance, un écart irréductibles. Ce « contact sans contact » inhérent à l’acte de toucher implique nécessairement que l’on ne touche que par figure, par fiction. Première émergence de la « fiction » ou façonnement du sens, intrinsèquement liée à la question de la finitude, de la perte du réel, du deuil. Le vivant touche par fictions de sens à ce qui lui est autre, et ce toucher, s’il le fait être en vie, le confronte également, mais dans la fiction, à ce qui borde sa vie.

((Cette émergence du sens au sein même de la question du toucher permet peut-être de questionner la pratique de la rhétorique depuis ce point de vue : si l’art de la rhétorique consiste à faire accepter pour évidemment vrai quelque chose qui ne l’était pas immédiatement pour le destinataire du message, peut-être tout se joue-t-il d’abord là, dans cette non-immédiateté ?))

 ....

Ces deux exemples de figures du toucher, l’une physique et l’autre abstraite, ancrent donc la question « comment toucher ? » que l’on pourrait se poser à partir de l’écriture de Derrida, au creux des questions du vivant et de l’émergence du sens, avec tout ce que ces questions impliquent comme ouvertures dans les domaines notamment de l’esthétique, de la rhétorique, de l’anthropologie etc. Reste la question « pourquoi toucher ? ».  Pourquoi ébranler, toucher au cœur, déconstruire, surtout l’œuvre d’un ami (J-L Nancy) ? Ici se mêlerait une réflexion sur la rhétorique (pourquoi produire, par le discours, un effet sur l’autre) et sur le politique (en partant de la question de l’amitié, cfr « Politiques de l’amitié »).

 ....

Il me semble cependant et à première vue que si au départ ces questions peuvent être distinguées (pourquoi et comment toucher, analyse du contenu et de la forme du discours de Derrida), au final ce que l’écriture de Derrida obtient, c’est justement une indistinction des deux : l’acte de son écriture s’appliquerait en somme à n’inscrire que sa propre excription. L’inscription, l’émergence du sens au sein de son discours ne serait autre qu’une « certaine façon » (une style, une figure) de se rapporter à son dehors, d’où excription (selon le mot de J-L Nancy à propos de Bataille) et renvoi vers tout le dispositif et la scène de l’écriture. « Le toucher, J-L Nancy » ne serait ainsi pas un livre sur la ou les questions concernant le toucher, ni un livre à propos de J-L Nancy, mais plutôt la trace d’un acte éminemment complexe d’écriture qui ne prendrait son sens que dans une compréhension globale du dispositif ou de la scène ayant mené à son élaboration (rapport à l’ami, au « don sans don » à lui faire (e.a. la déconstruction de l’haptocentrisme dans la philosophie), à l’exigence impossible d’avoir à le toucher au cœur, avec tout ce que cela implique de danger et de chance, de là rapport à une certaine politique de l’amitié ici effectivement en acte, etc etc). Cette approche globale de l’écriture de Derrida serait une approche qui se nourrirait tout à la fois de la philosophie et de la rhétorique (ou linguistique pragmatique), mais les déborderait en abordant au final l’écriture de Derrida comme une écriture poétique : s’inventant elle-même en même temps qu’elle invente son sens et ses rapports à l’autre.

Wednesday, January 30, 2008 

Voor het ogenblik ben ik nogal goed bezig..:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

met het schrijven van mijn nieuw roman

 

waarin men zo direct iemand ziet

 

die ziek is

 

brrr

 

hij ligt in zijn bed

 

en daar wordt het straf want

 

wat gebeurt er?

 

brrr

 

wel wat er gebeurt is dat men stilaan merkt

 

dat die kerel compleet gek is

 

en dat hij in feite

 

een machine heeft gebouwd

 

die alle bewegingen van zijn ziek lichaam

 

bewerkt in tekst

 

en die tekst

 

die eigenlijk een experimentele hedendaagse poëtische tekst is

 

wel die tekst wordt door de machine uitgeprint

 

in duizenden exemplaren

 

en daarna overal in de stad op de grond gestrooid

 

door een bende werknemers

 

speciaal voor deze opdracht verworven

 

door de zieke gekke man in kwestie.

 

 

 

Maar gebeurt wat er moest gebeuren

 

want de werknemers in kwestie

 

maken een zwaar auto-ongeval

 

echt een heel zwaar auto-ongeval

 

met veel doden en veel zwaar gewonde mensen

 

brrr

 

brrr want onder die zwaar gewonde mensen

 

die hier en daar liggen te kreunen en klagen

 

tussen de duizende teksten

 

was er een jonge vrouw

 

die eigenlijk op weg was

 

om zelfmoord te plegen

 

ergens een beetje verder in de stad.

 

 

De werknemers zijn zo beschaamd

 

dat auto-ongeval te hebben gepleegd

 

dat ze beslissen te vluchten

 

maar wat ze niet weten

 

brrr

 

is dat de jonge zwaar gewonde vrouw

 

zich had vastgeknoopt aan het achterste van hun wagen

 

zodat ze dan toch onderweg

 

dood zou vallen.

 

brrr

 

Ze komen bij hun baas terug

 

en in de parking merken ze

 

maar te laat

 

dat er iemand aan de wagen hangt

 

brrr

 

iemand die nu echt heel zwaar gewond is

 

maar nog niet helemaal dood

 

brrr

 

ze beslissen de vrouw slordig in te pakken

 

in de experimentele teksten van hun baas

 

hopla ze doen het

 

en werpen het lichaam op het bed van de man.

 

Brrr!

 

Ze zeggen hem:

 

"hier se, de eerste resultaten van uw experiment komen eraan:

 

een stuk levend vlees voor u!"

 

De man is blij

 

hij ligt daar ziek en compleet zot in zijn bed

 

met een zelfmoordlustige jonge vrouw

 

en dat vindt hij heel interessant

 

want

 

denkt hij

 

nu zullen de teksten die uit de machine komen

 

er al maar experimenteler en poëtischer uitzien!

 

Ja

 

uiteraard

 

maar wat de man nog niet weet

 

omdat de vrouw niet kan spreken

 

is dat ze eigenlijk een experimentele lettristische kamikaze is

 

en dat ze van plan is

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Wednesday, January 30, 2008 

Alors tout ça c'est parfait parce que justement en ce moment ce qui se passe c'est que je prépare tout un projet mais alors là de toute grande envergure, un projet qui brasse d'ailleurs pas mal de thunes je dois dire puisque j'ai reçu de tous tous gros fonds de mes sponsors, qui sont en fait pour la plupart des marques de vêtements, des toutes grosses sociétés qui ont décidé d'investir dans du mécénat d'écrivains, en l'occurrence d'écrivains de polars contemporains expérimentaux. Du coup ça tombe bien puisque ce que je me suis dit c'est qu'il pourrait être vraiment intéressant d'interroger conceptuellement parlant le lien entre la fascination pour le travail de la langue chez le poète contemporain expérimental moyen et chez l'amateur moyen de poésie expérimentale d'une part et le look vestimentaire de ceux-ci d'autre part, puisque ce qu'il faut savoir c'est que je me pose en ce moment beaucoup de questions sur ce qu'on pourrait appeler « la poubelle attitude » ou « poubelle-poetry », sorte de nouveau mouvement qui fait en ce moment un tabac en Belgique, et qui consiste à ériger ces cut-up-ready-made que sont les poubelles en --uvres d'art hyper-sophistiquées. Du coup ce que je fais c'est que je place quelques petites annonces sur les listes de diffusion qui rassemblent lesdits poètes contemporains et amis de la poésie contemporaine en question pour les attirer dans le guet-apens de mon prochain polar expérimental. Je place des petites annonces, et là je fais ça dans les règles de l'art puisque ce qui se passe c'est que j'essaie de créer une polémique, une polémique hyper violente puisqu'elle tournerait en fait autour de cette grande question qu'est la question du look vestimentaire qui convient à tel ou tel travail de la langue dans le milieu de la poésie expérimentale. C'est là que ça se corse évidemment puisque de façon assez prévisible les poètes ne sont pas d'accord, les amateurs de poésie s'en mêlent etc etc etc, et là paf coup de théâtre puisque soudain, grâce à mes moyens financiers vraiment hyper puissants qui me permettent de payer d'hyper bons responsables marketing, hé bien j'obtiens l'accord de tous ces gens pour qu'ils passent une semaine dans un endroit de mon choix, moyennant une toute grosse somme d'argent à la clé. Evidemment je n'ai aucun mal à trouver toute une ribambelle d'amateurs de poésie et de poètes qui se bousculent au portillon, puisque dans l'annonce j'avais demandé à ce qu'ils me proposent un projet hyper-poétique et hyper-expérimental autour de cette grande question qu'est la question du rapport entre le vêtement et le travail de la langue. Du coup évidemment le projet a eu une allure vraiment sérieuse et vraiment convaincante, ce qui a été la clé du succès. Blam plein d'amateurs de poésie et de poètes répondent à l'appel, c'est un réel succès, et ce qui se passe c'est que j'utilise tout un pan de mon budget pour anesthésier tout ce beau monde et les larguer dans une décharge publique, en leur agrafant dessus la consigne : « faites-nous de la poubelle-poetry ! » et voilà, l'histoire se termine comme ça, on attend toujours une réponse des organismes finançant le projet, et d'ailleurs aussi desdits poètes expérimentaux vraiment hyper-engagés dans leur boulot qui sont là occupés à méditer la question de l'ordure en plein milieu de l'immanence en question, en compagnie de toute une armée d'amateurs de poésie contemporaine, qui, tandis que tout le monde se réveille, commence tout doucement à insulter lesdits poètes et à les traiter de bons à rien parce qu'ils n'arrivent que très moyennement à poétiser à propos des poubelles...  Et voilà, ça se termine comme ça, en eau de boudin comme d'habitude, malheureusement…

Monday, January 21, 2008 

En ce moment dans mon livre dans le chapitre « promenade au couteau » on voit un mec qui marche dans une forêt mais alors là complètement délabrée, la scène est vraiment glauque parce que ça pue la mort à plein nez là-dedans et en plus on voit comme ça disséminés un peu partout des poules, des cadavres de poulets, plein de viande partout, des dindons, des limaces, tout pourrit lentement là dans cette forêt complètement délabrée et ça se passe en hiver, sous la pluie. Le mec marche et on se rend rapidement compte qu'il a un couteau en main, il marche en gueulant et chantant, et là c'est hyper destroy glauque parce que qu'est-ce qui se passe ? Attention c'est extra glauque parce que le mec chante en gueulant et on se rend compte qu'en fait pour rigoler il s'est mis dans la tête de se bouffer la cuisse. Il marche, il chante et il gueule parmi toute cette viande de dindes et dindons et avec son couteau ce qu'il fait c'est qu'il se découpe des morceaux de cuisse. Là évidemment dans le livre ça fait une toute belle danse, une danse vraiment contemporaine et expérimentale, mentale expérimentale, et ce qui est beau c'est qu'il fait vraiment très gris et très humide (la scène se passe en hiver, en Belgique) et on se rend rapidement compte que toute cette humidité est en fait électriquement connectée à un dispositif technologique complexe, une machinerie sonore très élaborée qui transpose tout bonnement cette scène en musique de guitare électrique expérimentale hyper-contemporaine. A ce moment-là boum changement de chapitre puisqu'on voit en plan panoramique le mec sortir de la forêt complètement délabrée, il sort de la forêt et sur quoi il tombe ? Hé bien comme par hasard il tombe sur un cimetière, la scène se passe toujours sous une pluie fine, sur un cimetière dans lequel, comme par hasard, une équipe de cinéma est occupée à tourner un film à caractère pornographique. Là le mec arrive en plein au moment où dans le film porno en question l'héroïne de l'histoire exécute une fellation parmi les tombes à une bande de gardiens du cimetière en uniforme, tous vieux et laids et alcooliques. Et évidemment ce qui devait arriver arriva puisqu les vieux alcooliques gardiens du cimetière n'arrivent pas à bander, ce qui fait beaucoup rire le mec à la cuisse bouffée en question. Alors ça, cette scène-là dans l'histoire est vraiment belle parce qu'on continue toujours à entendre la musique à la guitare électrique hyper-expérimentale pendant que, au même moment, toute l'équipe technique du film tourne lentement la tête en direction du rigolo de service. Là  évidemment ça se corse vu que les gardiens perdent complètement leurs moyens et prennent la décision de remonter leur slip, et ce qui se passe c'est que, de façon tout à fait imprévisible, t'as l'actrice porno qui s'écrie, en voyant ledit mec : André !, et le mec qui s'écrie : Ramla ! Ils tombent dans les bras l'un de l'autre, toujours sous la pluie avec en arrière-plan la musique électrique hyper-expérimentale directement fournie par l'humidité du moment. La scène dure des plombes, ils s'embrassent, se caressent, et c'est vraiment très poétique puisqu'ils se passent mutuellement le couteau pour couper dans l'autre, le tout toujours au milieu des tombes et sous les yeux de l'équipe du film. Ils se coupent et s'embrassent comme ça pendant quand même pas mal de pages dans le livre, leur sang se mélange à la pluie, l'équipe du film regarde ça d'un air interrogateur et ce qui se passe c'est qu'on se rend compte que les gardiens du cimetière par contre n'ont vraiment pas l'air de digérer le coup. On les voit s'éloigner de la scène, l'air penauds, et aller se servir un coup dans leur cabanon de service. Là ce qui se passe c'est qu'on entend pas ce qu'ils se disent puisqu'ils ont fermé la porte, mais à les voir par la fenêtre on voit bien qu'ils sont occupés à préparer un sale coup puisqu'ils rigolent et se tapent dans les mains. Hop ils ressortent du cabanon, les deux continuent encore et encore à s'embrasser, à se charcuter et à baiser, et là ce qui se passe c'est que les gardiens du cimetière prennent des pelles et se mettent à déterrer des cadavres du cimetière en rigolant. L'équipe du film voit ça et décide de filmer toute cette scène, et là arrive ce qui devait arriver puisque soudain qu'est-ce qui se passe ? Hé bien les gardiens frustrés se mettent à lancer les cadavres déterrés sur André et Ramla, toujours en plein occupés à se triturer. Là encore une fois c'est très beau puisque la musique à la guitare électrique qui résulte de l'humidité de cette scène-là est vraiment réussie, on entend vraiment l'effet de ces corps morts qui tombent sur les corps charcutés des deux amants de service, et du coup ce qui est rigolo c'est que les gardiens du cimetière, en entendant cette musique et en voyant que l'équipe du film filme la scène, se mettent à danser une danse vraiment hyper contemporaine pendant qu'ils jettent les cadavres sur les deux protagonistes. Tout ça est vraiment poétique, l'humidité de la pluie fine enveloppe le tout et se transforme en musique à la guitare électrique, et pendant ce long temps-là de perfection chorégraphique, musicale et sexuello-affective, on se rend compte petit à petit qu'un point noir apparaît à l'horizon. Le point noir grossit, les gardiens dansent et jettent des cadavres, les protagonistes n'en finissent pas de s'étreindre et de mélanger leur sang, l'équipe du film filme la scène, et ce dont on se rend compte progressivement, au fur et à mesure que l'histoire avance et que la tache grossit, c'est qu'il s'agit en fait tout bonnement d'une gigantesque caravane de réfugiés du tiers-monde. La caravane de réfugiés finit par arriver en haut de la colline sur laquelle se trouvent le cimetière et la forêt, il pleut, la musique est plus intense que jamais puisque le nombre de corps sous la pluie est vraiment gigantesque, et là c'est vraiment fête pour tous ces réfugiés du tiers-monde, c'est vraiment fête parce que juste au moment où ils passent devant la joyeuse scène trasho-expérimentale qui est occupée à se dérouler dans le cimetière, hé bien juste à ce moment-là ils se rendent compte que la forêt délabrée située juste derrière est bondée de poules, de poulets, de dindes et de dindons fraîchement décédés et donc tout à fait propres à la consommation ! Du coup évidemment on entend par au-dessus du bruit expérimental des guitares des cris de joie de tous ces gens affamés, les enfants se mettent à courir, les femmes aussi, les hommes aussi, tout le monde se met à courir vers les animaux morts pour les plumer et les vider. Evidemment toute cette scène est très belle, ces deux plans superposés où l'on voit en arrière-plan de la scène du cimetière toute cette foule affamée allumer des feux et y cuire la viande découverte, le tout toujours sous la pluie et les sacs poubelles. Sacs poubelles en effet puisque ce dont on se rend compte c'est que tous ces gens transportaient en fait avec eux des toutes grosses quantités d'ordures ménagères ramassées dans la ville d'en bas, et qu'ils étaient au départ venus dans la forêt pour les dépecer et voir ce qu'il y avait de bon à tirer là-dedans. La pluie finit par arrêter de tomber, le soleil perce quelques temps puis va se coucher, et là c'est le temps bien mérité du festin, vraiment un grand festin qui dure toute la soirée et toute la nuit, tout le monde mange beaucoup, l'équipe du film, les protagonistes et les gardiens danseurs sont bien sûr conviés aussi à la fête et quand tout le monde s'est bien rempli la panse c'est le temps des spectacles, toute une série de spectacles sont joués comme ça toute la nuit, des spectacles vraiment dôles, vraiment très humoristiques. Les gens du tiers monde ont eu une super idée en effet, puisque les spectacles qu'ils imaginent sont des spectacles de marionnettes mais avec des cadavres. Du coup c'est vraiment rigolo de voir ça, ces réfugiés tenir devant eux des cadavres d'européens ratatinés et imiter leurs voix en se foutant de leurs tronches. Et voilà, le chapitre se termine comme ça sur un super lever de jour le lendemain matin, avec la foule des réfugiés endormis et repus parmi les cadavres et parmi les plumes des poulets qu'ils ont mangé, tandis qu'un peu plus loin les gardiens du cimetière, complètement défoncés, remplissent les trous du cimetière qu'ils avaient ouverts la veille avec tous les déchets que la foule des réfugiés avait décidé de ne pas utiliser. Quant aux deux protagonistes destroy sex suicidaires, hé bien tout se termine bien pour eux puisqu'ils finissent l'histoire morts et enterrés dans un sac poubelle.

Tuesday, December 25, 2007 

Alors donc avec toute l'équipe on roule tranquillou sur la route du retour de notre dernier film quand soudain, PAF ! : on est en plein pendant la nuit et on renverse quelqu'un sur un parking d'autoroute complètement désert. Evidemment tout le monde de l'équipe se rue sur la victime pour regarder ce qui se passe, et là au moment où on voit la personne renversée on se regarde et on se dit : ça y est ça c'est le point de départ de notre prochain film, puisque le producteur financier du film commence à gueuler, complètement saoul : putain mais faites démarrer le film immédiatement, c'est moi le chef ici, c'est moi qui vous tient tous par les couilles ici avec tout mon fric, avec tout mon pognon, et là je décide qu'il faut faire un film qui démarre juste là maintenant, vous allez voir ça va être super glauque, super sordide, on va bien se marrer sur ce coup-là. Hop les caméraman se mettent directement à tourner la scène, les médecins scientifiques dégagent le corps de la victime, et là évidemment de manière assez prévisible t'as la victime qui dit : putain mais comment vous avez fait pour pas me tuer sur le coup, moi je venais ici pour me suicider, merde ! Le producteur financier, qui est vraiment complètement défoncé (il arrête pas de se servir de bourbon avec des glaçons), se penche au dessus de la victime et l'inspecte avec une lampe de poche ; il nous dit : ok les amis moi je vous tiens tous par les couilles ici avec tout mon fric alors vous allez bien m'écouter cette fois-ci – et là il prend la tête de la victime et lui dit : « écoute regarde-moi bien dans les yeux : ce qu'on va faire c'est qu'on va faire un film ensemble, tu m'entends ? on va faire un film ensemble, et ça va être toi le personnage principal. Oh tu m'entends ? Tu vas rester avec nous, oh !, putain écoute quand on te parle, tu vas rester avec nous, t'entends ça ?! t'entends quand je te parle ? Tu restes avec nous à partir de maintenant, t'as pas le droit de nous quitter, t'as compris ? » Et donc là il explique à la victime qu'elle a été prise en otage, qu'elle est l'otage d'une équipe qui réalise des films à la fois hyper glauques et hyper expérimentaux. Alors là c'est marrant parce que dans le film on voit que la victime, qui n'a pas l'air d'être gênée plus que ça d'avoir été prise en otage, demande au producteur : ah bon vous faites du film expérimental !? Ca tombe bien moi aussi j'adore l'expérimental ; vous faites de l'expérimental plutôt techno-scientifique ou plutôt artistique ? Evidemment ça fait rigoler toute l'équipe, et ce qui est poétique c'est que dans le film on voit comme ça la victime à moitié morte se mettre à blaguer avec tous les gens de l'équipe, avec les techniciens, les philosophes, les scientifiques, les acteurs etc.. Ils blaguent ensemble, la victime explique des trucs marrants à tout le monde, par exemple là en ce moment elle discute avec les philosophes qui se marrent en l'écoutant expliquer qu'elle son truc c'est de faire de la philosophie expérimentale. Elle leur dit : « vous voyez là par exemple en ce moment je spécule pas mal sur la question du mort-vivant, sur la question : mort ou vif ? » Ca ça a le don de faire rigoler les philosophes, et ils lui disent du coup : « hé ben en tout cas t'as pas froid aux yeux, comme philosophe ! » - « oui répond la victime, j'ai un côté mystique farceur suicidaire mais pour rire, je fais partie d'un groupuscule de kamikazes lettristes internationaux ». Là t'as le producteur qui se sert un grand verre de bourbon puis qui pique une colère : « on en en a rien à foutre de tes groupuscules débiles, t'es ici pour tourner dans un film destroy trash, putain mais faut que ça vire tout de suite dans le porno là maintenant tout de suite sinon on va jamais s'en sortir niveau budget. » Il se retourne et il gueule, bourbon à la main, aux acteurs de l'équipe : « allez putain tout le monde à poil, je veux voir tout le monde baiser ici d'ici 5 minutes sinon je me retire du film, compris ? » - « Et toi, dit-il à la victime, t'as qu'à rester là par terre tiens, t'as qu'à crever tranquille en spéculant lettrisme, ça te fera un bon exercice et dans le film ça donnera sûrement bien. » Le producteur oblige tout le monde à baiser sur le plateau, et ce qui est hyper expérimental et hyper poétique, c'est que même les caméraman sont obligés de baiser, et aussi les scientifiques, les philosophes, tout le monde est obligé de baiser et la scène est vraiment glauque puisqu'à côté de ça t'as la victime qui passe progressivement de l'état de vie à l'état de mort. Ce qui est intéressant c'est qu'à ce moment-là un des caméraman décide de faire un gros plan du visage de la victime, pour que les gens du public puissent bien voir à quoi elle ressemble, et c'est là qu'on se rend compte qu'il n'y a pas vraiment moyen de déterminer s'il s'agit d'une fille ou d'un garçon. Alors évidemment ce qui devait arriver arriva puisque paf à ce moment-là qu'est-ce qui se passe ? Hé bien un des poètes-performers de l'équipe, qui, même occupé à baiser, n'arrivait pas à décrocher ses yeux de la victime, tout à coup arrête de baiser et vient s'agenouiller devant elle pour tenter de voir si c'est une fille ou un garçon. Là dans le film la séquence qui suit est bien trash parce qu'on voit en gros plan comment il lui enlève ses vêtements plein de sang, puis comment il palpe dans les plaies ouvertes à la recherche de son sexe. Sexe qu'il ne trouve pas tellement le corps a été charcuté lors de l'accident, et idem pour la poitrine. Brrr ! A partir de ce moment-là dans le film ça devient très philosophique, dans la mesure où tout le monde – toujours forcé de continuer à s'accoupler – se met à spéculer sur le sexe et sur l'état de vie ou de mort de ladite victime morte-vivante asexuée. Les gens de l'équipe baisent et spéculent encore et encore, le producteur se ressert encore et encore des verres de bourbon, puis blam il se passe quelque chose de complètement imprévu dans le film, qui est que, tout bonnement et sans prévenir, un cheval complètement vieux et défoncé surgit de nulle part – de nulle part c'est-à-dire de la forêt qui borde la route – et traverse la scène du film comme un fou-furieux. Recta t'as le producteur qui hurle : « génial, surtout continuez à filmer !, surtout, continuez à baiser ! – et toi, toi là la victime kamikaze lettriste internationale, continue de crever à l'aise ! Tiens regarde, dit-il à la victime en prenant une planche, regarde j'ai une idée, je vais te coucher sur cette planche et je vais accrocher cette planche à ce cheval défoncé qu'on vient de voir passer, ça fera un bon début de suite à l'histoire du film. » Les gens de l'équipe continuent à baiser encore et encore, le caméraman filme la scène, le producteur roule la victime agonisante sur la planche posée à côté d'elle et une petite main arrête de baiser, attrape le cheval et l'accroche à un de nos camions. Comme par hasard juste à ce moment-là dans le film on entend toussoter plus ou moins ostensiblement, puis on entend une voix qui s'excuse de déranger puis qui dit : « pardon mais par hasard vous auriez pas vu passer un cheval par ici s'il vous plaît ? » Hop tout le monde lève la tête (toujours en baisant) pour voir qui c'est, et là on se rend compte qu'il s'agit d'un clodo complètement dégénéré. Le mec est accompagné de toute une bande d'autres clodos tous plus dégénérés les uns que les autres. Ils sortent tous de la forêt, très intrigués, positivement intrigués je veux dire, par la scène qu'on est occupés à tourner. Ils s'installent pour nous mater tranquillement et c'est marrant pendant un temps parce que chaque fois que l'un ou l'une d'entre nous se tape un orgasme, ils crient « olé ! » et applaudissent. Sur ces entre-faits le producteur amène le cheval à côté de la planche avec dessus la victime, il lui accroche la planche et donne des directives pour la suite des opérations : « bon alors maintenant vous allez tous bien m'écouter. Moi j'ai un film à produire ici, c'est mon fric, c'est mon film, donc vous allez bien m'écouter parce que je vous tiens tous par les couilles, ok ? » - « Msieu msieu, on peut arrêter de baiser s'il vous plaît ? » - « oui msieu, on a nos organes complètement irrités, c'est pour ça on aimerait pouvoir arrêter de baiser s'il vous plaît » - « Vous arrêterez de baiser quand je vous le dirai, est-ce que c'est bien clair pour tout le monde ? » - « Msieu msieu mais ça commence vraiment à être fort irrité » - « Ok c'est bon arrêtez de baiser et écoutez-moi. Ce qu'on va faire c'est qu'on va rebondir sur la venue de cette bande de clodos et de ce cheval rachitique, on va intégrer ça dans notre film expérimental. » - « Impossible, répondent les clodos, car nous sommes impliqués jusqu'au cou dans un réseau clandestin spécialisé dans le trafic de viande chevaline. Pas question. Il faut qu'on livre ce cheval mort et dépecé dans au plus tard 24 heures au prochain maillon de la chaîne du réseau. » - « Ok ok, réplique le producteur, ok ok très bien, je vous rachète toute la viande de ce cheval, je vous paie cash sa viande mais en échange nous me le gardez vivant ok ? Là il sera parfait comme acteur dans ce film sur les morts-vivants qu'on est occupés à construire ici. Et d'ailleurs vous là les clodos de service, ça vous tenterait pas d'être dans le film aussi, de partager le pactole avec nous ?! » - « Ouais ouais, file-nous d'abord quelques rasades de ce bourbon que tu descends là, qu'on ait les moyens techniques de réfléchir à l'aise. » Ils descendent des rasades et des rasades de bourbon, réfléchissent à l'aise pendant des plombes et des plombes puis se resservent encore et encore de bourbon, ils se mettent à blaguer et à faire rire tellement le producteur en question qu'ils obtiennent de lui des litres et des litres de bourbon supplémentaire, tellement de bourbon supplémentaire qu'ils s'enfilent cul-sec que finalement ce qui se passe c'est qu'on se rend compte qu'il sont tous en coma éthylique, entre la vie et la mort. « Hé bien tant mieux !, hurle le producteur, accrochez-moi ces crétins au cheval en question et en route ! En route, il faut absolument qu'on atteigne notre quota de scènes trash destroy dans les temps bordel ! » Les gens de l'équipe technique accrochent des cordes aux pieds des clodos et nouent ces cordes au cheval, puis paf coup de fouet et le cheval avance en sursis d'être dépecé, traînant derrière lui toute cette compagnie de morts-vivants, c'est-à-dire tous les clodos plus la victime kamikaze lettriste, déposée sur la planche. Le film avance et avance, on connaît toujours pas le sexe de la victime, les clodos sont toujours dans le coma et les caméraman filment minutieusement comment le corps des clodos racle le sol et comment le corps complètement charcuté de la victime mourante est balancé par les chocs dus aux trous dans la route. Dans le film à ce moment-là on entend constamment la voix du producteur gueuler : « ouais ouais les gars, continuez comme ça, ça va faire un putain de film sur les morts-vivants bordel. Allez filmez-moi ça de plus près, du plus près possible, je veux que ce film soit vraiment tout le temps sur la limite entre le vif et le mort, putain j'ai mon fric en jeu moi ici, vous faites ce que je vous demande ou j'annule tout, pigé ?! » Et donc les clodos sont capturés et accrochés au cheval, le cheval tire tout le monde et c'est très poétique parce qu'on les voit dans le coma, complètement défoncés par tous les coups qu'ils se prennent dans la tronche pendant le voyage, c'est très poétique parce qu'il y a vraiment une grande inquiétude qui s'installe par rapport à la vie de chacun de ces clodos. « Là ça commence à spéculer hein !?, demande le producteur, en se servant un prochain bourbon. Là ça commence sérieusement à cogiter hein autour de cette grande question des morts-vivants qui préoccupe les artistes de l'équipe en ce moment dans le film ? Hé bien tant mieux, tout le monde est content du coup. » - « Oui mais msieu vous pouvez pas leur faire ça tout de même ? » - « bon je sais pas si c'est clair pour tout le monde : je répète que je vous tiens tous par les couilles ici, vu ? Toi je te tiens par les couilles, donc tu fermes ta gueule, point barre. Pour les clodos il y a pas de problèmes, je paie toute une équipe de médecins hyper-spécialisés spécialement pour qu'ils leurs refassent une santé, tu veux quand même pas que je leur donne du fric pour qu'ils passent leurs journées à rien branler !? » - « Non msieu, mais regardez derrière vous il y en a un qui se réveille. » - « Ok les gars, écoutez-moi, on va s'arrêter ici pour aujourd'hui, on va monter le camp ici dans la forêt, l'équipe technique monte les tentes et les médecins me refoutent tous ces clodos et la victime sur pattes pour ce soir, je les veux en forme pour le festin que j'organise pour fêter la première journée de tournage, ils faut qu'ils bouffent si on veut pas qu'ils nous claquent entre les doigts. » Les clodos sont rapidement remis sur pattes, tellement rapidement d'ailleurs qu'il y en a un qui profite d'un moment d'inattention pour tirer une balle dans la tête du cheval, c'est une superbe scène du film, on voit le cheval s'effondrer au milieu du campement, franchement c'est hyper poétique, et d'autant plus poétique que le clodo en question dit au producteur financier, en pointant son arme sur lui : « bon maintenant tu vas bien m'écouter. Tu vas gentiment aller prendre un couteau, allez vas-y tout de suite, voilà tu choisis un bon petit couteau bien coupant, voilà très bien, et maintenant ce que tu vas me faire le plaisir de faire c'est d'ouvrir le ventre du cheval et d'en sortir les entrailles. Allez allez, au boulot. » Le mec riposte un peu alors le clodo lui tire une balle dans la semelle, hop ça le calme et il se met au boulot. Alors évidemment on imagine la suite : les clodos se mettent à chanter des chansons douces, on fait un feu près de la carcasse, on s'y réchauffe assis sur les cuisses du cheval en buvant un bouillon bien mérité puis le clodo en question qui a pris le pouvoir sur l'équipe se lève, toujours avec son flingue, et nous dit : « bon là ce que vous allez me faire pour la suite du film, qui se joue maintenant sous ma direction exclusive, hé bien c'est une séquence érotique abstraite. Je veux qu'on dépose le corps complètement charcuté de la victime, sans vêtements et toutes chairs à l'air, dans la carcasse de l'animal. Allez hop, au boulot ! » « Et toi, dit-il au producteur défoncé au bourbon, toi je veux que tu en enlèves toute la peau de l'animal, et que ça saute. » Le producteur prend son couteau et se met docilement à enlever la peau, les gens de l'équipe s'excusent auprès de la victime (qui avait été ressuscitée par les médecins spécialistes de l'équipe), lui enlèvent ses bandages et ce qui lui restait de vêtements, et la place à même la viande de la carcasse. « Bonne idée cette installation expérimentale, nous explique la victime qui a recouvré la parole. Bonne idée, vraiment ; je trouve qu'il y a vraiment un côté pornolettriste très intéressant dans cette scène. » Et effectivement dans le film la scène est franchement belle puisqu'on voit les clodos autour du feu, assis sur les cuisses du cheval, chanter des chansons douces pendant que le producteur s'échine à enlever la peau du cheval et que la victime, complètement déchirée de partout, spécule des choses vraiment profondes, vraiment très intéressantes sur le rapport entre la lettre et la viande, mais aussi sur la question du toucher, et sur la question de la nudité, le tout évidemment appréhendé depuis la question du mort-vivant. « Vous savez ce qui serait vraiment magnifique ? demande la victime en tournant ce qui lui reste d'yeux vers l'équipe des médecins spécialistes et le clodo pirate qui a pris le commandement de l'équipée – ce qui serait vraiment magnifique ce serait que ce cheval recouvre artificiellement la vie, par l'entremise des moyens techno-scientifiques dont vous disposez pour la réalisation de ce film expérimental ! » - « putain et pas conne avec ça, cette victime ! s'exclame le producteur financier. Oh !, le clodo en chef là, je te sers un autre bourbon pour t'aider à réfléchir à la proposition ! Pour moi c'est ok en tout cas, j'allonge le fric qu'il faut sans problèmes, je passe deux coups de fil et c'est réglé. » Le clodo pirate en chef réfléchit à l'aise, affalé dans la carcasse du cheval, en sirotant du bourbon. La scène est vraiment très belle, très poétique, grâce à l'allure souveraine du gaillard en question. Le mec se ressert encore un verre, spécule encore et encore, puis il lâche, flingue à la main : « ok les amis c'est moi qui ai le pouvoir sur ce film alors vous allez tous bien m'écouter. » - « Msieu msieu on a faim là, est-ce qu'on pourrait pas tailler une pièce de viande dans la carcasse pour la cuire sur le feu ? » demande un des acteurs. « Toi, ta gueule. Ta gueule ou je force l'équipe des médecins spécialistes à greffer ton pénis sur le front du cheval. » « Oui mais msieu msieu j'ai vraiment faim, il y a pas moyen de manger quelque chose svp ? » - « putain mais tu vas te taire oui ? » - « mais msieu msieu j'y arrive pas, j'arrive pas à me taire j'ai vraiment la dalle ! » - « Ta gueule ou tu vas avoir affaire à moi ! » - « mais msieu msieu on a rien mangé depuis des plombes et des plombes, j'en peux plus. » Là dessus le clodo entre dans une rage noire, il met son flingue sur la tempe des médecins et leur gueule dessus : « prenez votre matériel là maintenant tout de suite, greffez-moi la bite de ce crétin sur le front de la carcasse, accrochez organiquement la victime kamikaze pornolettriste sanguinolente à la viande du dos de la carcasse puis réanimez-moi tout ça, et que ça saute ! » Il se tourne vers le producteur financier et dit : « ok toi tu te charges de financer tout ça et tu me sers un verre de bourbon, vu ? » Les clodos ressuscités de leur coma attrapent l'acteur trop bavard, et le pauvre bougre se met à pleurer : « s'il vous plaît, s'il vous plaît, pas la bite, s'il vous plaît pas la bite – tout mais pas la bite. Vous savez je suis acteur porno moi dans la vie, c'est ça mon métier, je sais rien faire d'autre, comment est-ce que je bosse moi si vous m'enlevez mon pénis ? » - « Mais ta gueule pauvre con », lui répondent les clodos en lui enfonçant son slip dans la bouche pour qu'il se taise. Le mec est neutralisé et les médecins spécialistes passent à l'action. Le membre est fixé sur le front du cheval, la victime asexuée morte-vivante est fixée sur le dos, broum broum les moyens technologiques sont livrés pour procéder à la réanimation du cheval tuné par les médecins, mais dépourvu de sa peau et de ses organes. Les équipes scientifiques, techniques et médicales travaillent d'arrache-pied à mettre tout en place, le producteur financier sert son verre de bourbon au clodo chef pirate et en profite pour y verser discrètement un poison mortel très très efficace. Le clodo meurt dans de longues et atroces souffrances, et franchement dans le film c'est super poétique vu que pendant ce long temps-là où on voit le clodo cracher son sang et ses boyaux en se tortillant de douleur, hé bien on voit, quasi sur le même plan, la carcasse du cheval se dresser lentement sur ses pattes et prendre vie. Le clodo en chef n'en finit pas d'agoniser et je dois dire que ça rend la scène un peu dangereuse, vue qu'il tire un peu partout et au hasard autour de lui en insultant tout le monde. L'acteur porno aussi insulte tout le monde et hurle de douleur, sauf qu'on ne comprend rien à cause du slip qu'il a dans la bouche. La victime morte-vivante assexuée, greffée sur le dos du cheval, se remet à spéculer et à spéculer encore. Elle explique que ce qui est en train de se passer en ce moment elle aurait tendance à qualifier ça de « carnolettrisme », de lettrisme mais avec de la viande. « Franchement, dit-elle, moi en ce mment je suis vraiment heureuse parce que j'ai vraiment l'impression d'être autre chose que mort(e) ou vivant(e), j'ai vraiment l'impression d'avoir dépassé de loin ce problème, tout comme j'ai vraiment l'impression d'avoir dépassé la dichotomie à deux balles de la différence sexuelle. C'est vraiment bien ce qui se passe ici en ce moment, je crève de mal partout dans tout mon corps, ça me met dans un état mystico-pété vraiment tout ce qu'il y a de plus intéressant, je crois que je vais bientôt me mettre à faire du lettrisme vocal pour célébrer tout ça. » Aussitôt dit aussitôt fait, la victime greffée au dos de la carcasse morte-vivante du vieux cheval défoncé, sans peau et sans organes se met à chanter un chant hyper beau, hyper poétique. Le chant lettriste interagit avec les machines qui maintiennent le cheval en vie artificiellement et évidemment ce qui se passe de façon assez prévisible c'est qu'au fur et à mesure que le chant passe progressivement du carnolettrisme de base à du pornolettrisme forcené, hé bien ce qui devait arriver arrive puisqu'enfin – ce que tout le monde atendait – le pénis greffé sur le front du cheval se met bien sûr en état d'érection. « Musique putain !, musique ! hurle le producteur financier qui a repris le pouvoir sur la situation. Oh !, les musiciens !, qu'est-ce que vous attendez pour balancer la sauce ?! je veux quelque chose d'hyper abstrait et d'hyper érotique en même temps, et maintenant tout de suite, bordel ! » Hop les musiciens sortent leurs instruments et jouent de longues plages sonores, le cheval mutant avance lentement, suivi par les clodos ressuscités de leur coma éthylique. Bon alors évidemment toute la suite du film est vraiment très prévisible aussi puisque qu'est-ce qui se passe ? Hé bien toute cette joyeuse équipée marche et marche encore, elle traverse le petit bois dans lequel elle se trouvait, rejoint le parking d'autoroute du début de l'histoire puis paf prend l'autoroute mais dans le sens contraire de la circulation. Ca fait un tollé, à la radio ils parlent plus que de ça puis hop le film s'achève sur un plan où on les voit traverser une rue commerciale bondée de monde et de chants de noël, puisqu'en vrai on est le 24 décembre là en ce moment.

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Tuesday, September 04, 2007 

Là maintenant en ce moment avec toute mon équipe on tient une réunion de travail et on se dit : n'est-il pas grand temps de commencer à sortir sérieusement de ce grand problème qui nous colle à la peau ces derniers temps, qui est le problème de inertie ? On se dit ça parce qu'avec toute mon équipe là on a reçu des subsides pour tourner un film sur cette grande question qu'est justement cette question de l'inertie. Alors du coup nous là ici tout bonnement on s'est transformés en commandos pour l'occasion, en commandos de l'inertie, c'est-à-dire qu'actuellement on fonce tête baissée, mais presqu'à la vitesse de l'inertie, on fonce à la limite de l'inertie à travers le paysage du nouveau film qu'on est occupés à tourner là en ce moment. On fonce tête baissée, mais très très lentement et à bord de camions qu'on a rachetés à l'armée russe, tout en buvant de la vodka qui nous est livrée spécialement par le sponsor russe dudit film en question. Pendant ce long temps-là où on avance comme ça quasiment à la vitesse de l'inertie dans le paysage de notre film, hé bien les philosophes du commando spéculent très très intensément sur la question en cours de traitement qu'est la question de l'inertie. Ils spéculent, spéculent, spéculent et spéculent, ils spéculent tellement qu'ils se disent: mais au fond, en somme, ne pourrait-il pas être intéressant, pour ce film, de faire un lien entre d'une part la figure de Blanche-Neige dans sa période morte dans les bois et de l'autre la vitesse de l'inertie? Ils continuent à spéculer très très fort, avec des mots philosophiques très compliqués, ils lisent et relisent des livres de philosophie comme le Péri Psykhès d'Aristote notamment, mais aussi des livres de Derrida, et du coup ils en viennent même à faire des liens entre la figure de Psyché, Blanche-Neige à la fois morte et vivante dans son cercueil de verre dans la forêt et les figures bibliques de Marie, la Vierge et la prostituée. Ils discutent longuement sur le bien-fondé de ce rapprochement et pendant ce long temps-là les membres de l'équipe technique du film qui pouffaient déjà de rire en entendant leurs premières élucubrations se roulent maintenant par terre de rire. Ceci n'inquiète pas vraiment les philosophes de l'équipe, qui se disent comme ça entre eux: "mais oui!, bien sûr!, ce lien entre ces trois figures est évident!, d'ailleurs Freud n'a-t-il pas écrit, un peu avant de mourir: "Psyché est étendue mais n'en sait rien"??. Et là évidemment arrive ce qui devait arriver puisque dans une note qu'ils me font parvenir, hé bien les philosophes de l'équipe proposent que le commando de l'inertie soit un commando qui travaille sur cette grande question qu'est la question de l'étendue de la figure de Psyché, et du coup ils imaginent tout bonnement un film où on verrait comme ça une figure féminine allongée mais ne se sachant pas allongée, inerte, à la fois morte et vivante, un peu genre Blanche-Neige dans son cercueil. Hop là on avance toujours quasi à la vitesse de l'inertie dans le paysage de l'histoire, toujours à dos des gros camions de l'armée russe, on picole plein plein de vodka, les gens de l'équipe du film se marrent toujours autant de ces concepts à deux kopecks cinquante le kilo jusqu'à ce que, coup de théâtre, qu'est-ce qui se passe? Hé bien il se passe ce qui devait se passer, puisque, comme par hasard, au détour d'un sentier, qui est posté là à faire du stop dans le paysage dudit film en question? Une kamikaze lettriste bien sûr, et hop on l'embarque dans nos camions inertes, broum broum l'histoire continue et la fille kamikaze évidemment se joint à la joyeuse bande de fanfarons de l'équipe technique pour se moquer joyeusement de toute cette équipe de philosophes qui spéculent, spéculent et spéculent encore sur cette dernière phrase de Freud, dont ils disent que vraiment, vraiment cette phrase est vraiment une phrase décisive pour ce film sur l'inertie qu'on réalise en ce moment, et qui est de dire que: Psyché est étendue, mais n'en sait rien. "Bon, c'est pas tout ça, dit la kamikaze lettriste en question, mais moi je suis une kamikaze lettriste, et là il faudra pas tarder à trouver un moyen de me faire exploser la cervelle pour le compte du lettrisme, ça commence déjà vachement à me démanger". Là dessus tout de suite dans le film tout ça prend une tournure vraiment tragique puisque les gens de l'équipe, qui étaient déjà complètement défoncés par toute la vodka qu'on ingurgite ici depuis le début de l'expédition du commando de l'inertie, continuent à picoler et à picoler de plus belle, ils picolent et en même temps ils blaguent en inventant des tas de scénarios complètement débiles pour la mort de la kamikaze lettriste en question, dans le film ça dure des plombes puisque bien sûr pendant des plombes d'inertie on a rien d'autre à faire que ça, que de blaguer et de picoler et de picoler encore, puis de blaguer encore, jusqu'à ce qu'enfin un des scientifiques de l'équipe s'exclame : « mais bien sûr !, il suffisait d'y penser !, concevons un dispositif technologique complexe en connexion directe avec le cerveau de Mademoiselle, qui permettra à celle-ci d'écrire de l'inertie textuelle directement produite par ses connexions neuronales, au moment où elle sera pile juste entre la vie et la mort ! ». Bon en tant que commandant du commando de l'expédition j'approuve l'idée, je signe la note (on est un commando limite procédurier, mais c'est fait exprès question gestion de l'inertie) mais je formule cette remarque, qui est qu'il faut que le moment où la demoiselle sera entre vie et mort dure vraiment des plombes et des plombes, pour qu'elle ait le temps d'écrire vraiment de grosses grosses quantités d'inertie textuelle. Du coup le scientifique s'exclame : « on n'a qu'à fabriquer une machine qui maintiendra Mademoiselle artificiellement en vie pendant un long long temps, une machine waterproof, comme ça on pourra balancer Mademoiselle avec tout son dispositif dans un étang, ça pourrait être vachement romantique non !? » Les gens de l'équipe, qui avant ça se tordaient de rire à l'écoute des spéculations philosophiques, sont maintenant occupés à pleurer très très très fort, ils se mouchent à grand bruit, complètement bourrés, ils se resservent de la vodka et n'arrivent pas du tout à admettre que la demoiselle en question va bientôt disparaître au fond d'un étang lettriste, harnaché de tout un attirail technologique complexe. La kamikaze en question par contre a l'air de plutôt apprécier l'idée puisqu'elle propose qu'on organise une grande fête à l'occasion de son départ, qui durerait tout le long temps qu'il faudra à l'équipe scientifique du commando pour fabriquer les dispositifs en question. Hop c'est la fête, une fête qui dure vraiment des plombes et des plombes, tout le monde picole tellement, encore et encore, que la plupart des gens de l'équipe (et malheureusement même ceux de l'équipe scientifique sensés préparer les dispositifs en question, ce qui n'est pas pour raccourcir la durée de la fête) tombent dans un état d'inertie totale ; la fête dure quelques jours – le tout au bord de l'étang lettriste en question – puis finalement les dispositifs sont prêts, on harnache la demoiselle lettriste puis hop elle plonge sans prévenir dans l'étang. La fille disparaît dans les profondeurs de l'étang, et encore une fois cette scène dure des plombes et des plombes dans l'histoire, on voit d'abord son corps sombrer lentement puis disparaître dans l'opacité glauque de l'eau, puis petit à petit les premiers textes commencent à apparaître, et ce qui est original et très très romantique c'est que les scientifiques ont en fait disposé une imprimante waterproof sur le corps de la kamikaze, et du coup on voit comme ça des feuilles avec l'inertie textuelle produite par le cerveau de l'héroïne de l'histoire remonter lentement à la surface de l'étang, ce qui donne évidemment très très bien. Ce qu'il faut dire aussi c'est que tout le monde est très très silencieux, on voit comme ça dans le film tout le commando de l'inertie encercler dans un grand silence l'étang lettriste, à peine entend-on quelques sanglots retenus et les glou-glous des bouteilles de vodka, et on est vraiment tous très très émus de voir apparaître ces feuilles d'inertie textuelle à la surface de l'eau pendant tout ce long long temps que dure cette scène. La scène dure toute la journée, puis encore le soir de cette journée, puis toute la nuit (et là on se relaie tous – toujours en picolant plein mais alors là vraiment plein de vodka), puis le matin du lendemain, puis finalement toute la journée du lendemain, et les feuilles continuent et continuent encore à remonter à la surface, et du coup l'émotion de tout le commando est vraiment très très forte et augmente de façon presque insoutenable, après hop ça continue encore toute la nuit, puis le surlendemain et le sur-surlendemain, les jours passent et les feuilles n'arrêtent pas de jaillir de l'étang lettriste, le commando pleure et pleure encore d'émotion, la scène n'en finit pas, la scène n'arrive pas à se terminer mais personne ne pipe mot, tout le monde garde un grand silence plein d'émotion et d'amour pour cette demoiselle lettriste kamikaze qui s'est balancé elle-même, de son plein gré, dans l'étang lettriste en question. Alors évidemment la fin de l'histoire est assez prévisible puisque ce qui se passe c'est qu'au bout de plusieurs longs longs jours d'attente et de silence insoutenables on se met progressivement à entendre quelque chose de vraiment bizarre dans la forêt dans laquelle se trouve l'étang lettriste : d'abord personne ne comprend ce que c'est puis on se rend compte petit à petit qu'il s'agit d'une sorte de chant de gorge genre chant mongol, très grave, qui résonne dans toute la forêt. La petite mélodie qui est chantée est assez mélancolique, dans le genre des chants russes du Goulag, et on se rend compte que ce chant se rapproche petit à petit. Le chant se rapproche et se rapproche encore, les gens du commando se resservent à boire et hop, soudain, coup de théâtre. Coup de théâtre puisqu'apparaît, au détour du sentier, un plongeur sous-marin en black look complet, en tenue complète d'homme-grenouille avec sa combinaison noire, ses palmes (qu'il tient dans sa main), ses bombonnes, son masque, un grand couteau de plongeur accroché à sa ceinture etc., et le mec arrive comme ça en chantant son chant mélancolique jusqu'au bord de l'étang. Là au bord de l'étang il s'assied, il met ses palmes, son masque, il branche ses bombonnes etc., il arrête de chanter et en rentrant dans l'eau il nous dit comme ça, mais vraiment très très amicalement : « le premier qui m'emmerde je lui plante mon couteau dans le cou ». Il nous sourit puis hop il disparaît dans les profondeurs de l'étang. Les feuilles avec l'inertie textuelle continuent encore de remonter à la surface pendant un long long temps mais ce qui se passe c'est que dans les textes en question on remarque des connotations sexuelles de plus en plus évidentes, du coup l'émotion est vraiment très très vive dans le commando, les feuilles arrivent à la surface et toute l'équipe se précipite chaque fois pour les lire, et la charge sexuelle qu'elles dégagent devient vraiment insoutenable. Puis soudain, paf !, plus rien, plus de textes, rien. L'étang est complètement calme, complètement inerte pendant vraiment un très long temps, et là dans l'équipe tout le monde se met à pleurer en se disant que ça y est, c'est la fin, la kamikaze est décédée, paix à son âme etc., on se met presque à ranger tout le matériel quand soudain la fin de l'histoire arrive en un éclair : l'homme-grenouille remonte à la surface avec la kamikaze dans ses bras, il la pose dans un des camions de l'armée russe et ils partent en trombe direction le repère de dangereux bandits kamikazes planqué dans les bois d'où il était venu.

Friday, August 03, 2007 

Dans mon nouveau film, le tout nouveau film que je suis occupé à tourner juste là maintenant au moment où j'écris, t'as un mec qui est assis à une table sur une terrasse dans un jardin au soleil, et là ça devient très intello parce que le mec se dit : « je vais écrire de la philosophie ». Le mec se met à faire de la philosophie, et là, c'est là que ça devient vachement intello parce que le mec se dit, après ça : « il faut bien que je philosophe sur quelque chose, je vais philosopher sur l'écriture. » Et hop là on voit le mec se dire : « je vais essayer de déterminer par quelles techniques l'écriture touche aux corps ». Et là ce qui se passe c'est qu'on se rend compte que un peu plus loin sur la terrasse il y a une fille qui dormait, et qui se réveille pile un peu après cet événement-là et qui dit : « bon ça y est on se suicide ? ». Le mec répond : « OK, mais d'abord faut encore qu'on fucke et qu'on écrive un truc sur par quelles techniques l'écriture touche aux corps » - « on n'a qu'à faire tout en même temps » répond la fille, et hop sans transition, là maintenant ici au moment où j'écris t'as le mec et la fille qui sont en train de baiser sur la terrasse, et ce que j'ai pas dit à l'équipe technique du film, c'est qu'en fait les deux acteurs qui jouent au mec et à la fille en train de baiser sur une terrasse ce sont de dangereux kamikazes du groupuscule nommé « Mesrine éditions », et ce qu'il y a c'est que pendant que cette scène sera projetée dans la salle de cinéma, il y aura toujours, à chaque représentation, une personne, placée par moi dans la salle, qui dira : « mais je connais ce type et cette fille, ce sont des membres du groupuscule éditions Mesrine, ce sont de dangereux kamikazes ! » … Mais soit, retournons au film, puisque pile là maintenant à ce moment-ci blam dans le film on voit (et en fait c'est ce qui est en train de se passer en vrai là juste devant moi) les deux acteurs qui étaient occupés à fucker et de en même temps réfléchir sur la question du rapport technique de l'écriture au corps, arrêter de fucker, et se diriger tranquillement, comme ça, en plein tournage du film, alors que c'était pas du tout prévu et complètement à poil, vers leurs sacs posés un peu plus loin, en tirer des mitraillettes et hop gueuler sur l'équipe technique : « nous sommes de dangereux kamikazes, nous sommes des membres du groupuscule Mesrine éditions, restez où vous êtes, continuez à tourner le film et suivez nos instructions »...:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

Alors là ce qui se passe c'est que tout à coup les deux se tournent (toujours complètement à poil) vers la caméra et s'adressent, à travers la caméra, au public de la salle de cinéma où ledit film sera projeté en lui disant : « attention, à l'heure qu'il est des membres de notre groupuscule sont dans la salle de cinéma dans laquelle est projeté ce film en ce moment, suivez leurs instructions si vous tenez à votre hygiène corporelle ». Brrr !

 

Bon en ce moment ce qui se passe c'est que ça devient en fait vachement plausible que les choses se passent vraiment comme ça, qu'il y ait vraiment des membres de ce groupuscule qui prennent le pouvoir sur la fabrication de ce film, puisque pour du tout tout vrai là en ce moment ils sont vraiment en train de prendre le pouvoir sur l'équipe du film, et sur moi aussi d'ailleurs puisque là en ce moment j'écris mais en fait j'ai été bâillonné par la fille en question, et là elle m'explique qu'à partir de maintenant c'est elle qui décide ce que j'écris dans mon cahier de directeur du film en question. Et donc ce qui se passe c'est que ces dangereux kamikazes nous expliquent que ce qu'ils veulent c'est fournir ce film à Mesrine éditions (qui est en fait un groupuscule de kamikazes très très dangereux), que Mesrine éditions s'occupera après ça de diffuser ce film dans les salles de cinéma pendant que eux, les kamikazes en question, infiltreraient la salle dans laquelle le film se jouera, et prendraient en otage les gens du public. Et donc là ce qu'ils expliquent c'est que ce qui devrait se passer c'est que dans la salle de cinéma hop les lumières s'allumeraient et t'as des kamikazes qui rentreraient dans la salle, qui prendraient le pouvoir grâce aux armes qu'ils auraient sur eux et qui diraient : « haut les mains, vous êtes tombés entre les mains du groupuscule Mesrine éditions, nous allons vous obliger, par la force, à écrire un livre sur cette grande question philosophique qu'est le rapport technique que l'écriture entretient avec le corps ».

 

Bon maintenant ça se corse encore plus, puisqu'il y a un truc qui se passe ici, qui est que en ce moment on est obligés de fermer tous les guillemets et d'arrêter le tournage du film, parce que t'as le big big boss, le big chef de guerre du groupuscule Mésrine éditions qui vient d'arriver, (entre parenthèses il a l'air mort défoncé), et qui m'explique que je dois noter que ce qui se passe, c'est que mon film et toute son équipe ont été détournés par ce groupuscule terroriste en question pour servir de terrain expérimental pour l'utilisation de superbes machines terroristes-lettristes qu'il vient de se procurer sur le marché noir pour résoudre magistralement cette grande question philosophique qu'est le rapport technique que l'écriture entretient avec le corps. Et en fait là maintenant t'as ce grand chef (qui a en fait l'air d'un dangereux kamikaze lettriste mort défoncé) qui explique qu'il vient d'avoir eu une bonne idée (et d'ailleurs là on voit qu'il a un truc noir dans la bouche) : « j'ai une bonne idée pour transformer une politique de la peur en une politique de la jouissance musclée » dit-il, et donc (et là il me dit de marquer ici un grand DONC au goudron), DONC il faut absolument que les gens de la salle où sera projeté le film en question soient chacun pris en charge par une machine, et la spécificité de cette machine ce serait qu'on serait assis dessus comme sur une moto, les bras portés de façon à pouvoir faire du lettrisme sur un clavier, lettrisme qui sera injecté dans une autre partie de la machine, laquelle transformera instantanément ce lettrisme en stimulus pour toutes les parties érogènes du corps installé sur la machine. Le mec est mort défoncé mais là je finis par comprendre le principe, qui est qu'il s'agirait en somme d'écrire à même les zones érogènes de son propre corps, mais par le biais d'un dispositif qui transformera le lettrisme produit au clavier en stimuli provoqués par la machine.

 

Le chef continue encore d'expliquer ça dans les détails, et là je dois dire que ça a l'air d'être vachement bien, vachement performant comme machine, puis les autres membres du groupuscule lui demandent (très justement) : oui mais comment vont-ils tenir le coup sur la longueur, s'ils se font exciter sexuellement parlant par leur propre écriture pendant tout ce long temps ? – le chef répond : « nous allons les booster scientifiquement pour que leur extase lettriste dure plus ou moins 36 heures d'affilée. » - « 36 heures ?!  mais c'est de la folie ! Ca ne marchera jamais ! » - « 36 heures ?!!, mais nos derniers kamikazes lettristes ont explosé après seulement 3 heures de fucking lettrisme international, et il y avait déjà de la viande à 50 mètres à la ronde, alors quel sera la violence de l'impact après 36 heures !? »

 

Hop là le chef répond que ça c'était l'ancien modèle de machine-bomb-typing, que maintenant les bombes lettristes sont devenues beaucoup plus performantes, puisqu'en démultipliant la qualité de contact des stimuli érotiques et la justesse de leur interaction avec le lettrisme, hé bien on obtient plus d'énergie corporelle et donc plus de puissance pour la bombe en question. Et donc là ce qui se passe c'est que tout le monde est sommé de se mettre au boulot, (et donc moi aussi), pour monter et faire circuler le plus rapidement possible dans les salles de cinéma ce petit morceau de film qu'on a eu le temps de tourner avant que le groupuscule kamikaze ne prenne le contrôle de l'opération.

 

Alors ce qui se passe c'est que moi, ici, donc celui qui a été pris en otage par ce dangereux groupuscule, hé bien on me somme de m'occuper aussi de gérer le boostage scientifique qui devra permettre que les corps des futurs otages de la salle de cinéma tiennent le coup. Bien sûr je leur parle du « fucking rail international » découvert à l'occasion d'un film précédent, et qui est un mélange de cocaïne, de sperme séché de jeune beau adolescent et de sablé hyper-iodé, et là ça m'étonne je dois dire parce qu'ils ne connaissaient pas, mais en tout cas ils ont l'air pas mal enthousiastes, et je les comprends.

 

Hop hop hop les mois passent et le film est ficelé, bouclé, produit, distribué, et hop là on m'a emmené (toujours complètement bâillonné et ligoté) dans la salle d'un des cinémas où le film est projeté en ce moment et on me demande de noter que, si je tiens à ma vie et à réaliser encore d'autres films dans le futur il faut que je reste discret, que les gens dans la salle ne remarquent pas que je suis en fait ligoté sur mon siège et bâillonné. Et donc je reste discret et je note que l'équipe du film s'installe également dans la salle, et commence à filmer les gens dans la salle, qui se demandent évidemment pourquoi ils sont filmés. Paf le film commence, on voit le mec en question assis à sa table au soleil sur une terrasse occupé à philosopher sur la question du rapport technique qu'entretient l'écriture avec le corps, puis la fille en question se réveille, propose de se suicider, hop ils fuckent en philosophant puis prennent le pouvoir comme prévu, hop le film devient noir, les lumières de la salle s'allument et les kamikazes de Mesrine éditions font leur entrée dans la salle.

 

Bon là je dois dire qu'en ce moment c'est un peu chaotique, puisque ce qui se passe c'est qu'on a tous été transférés dans un grand hangar, comme dans les films, et que les membres du groupuscule kamikaze lettriste s'occupent de piéger des voitures préalablement volées en y installant ces bombes humaines que sont ces machines-bombes-lettristes auxquelles se trouvent greffés chaque fois un spectateur ou une spectatrice de la salle du film en question. Bon maintenant ça y est le chef de Mesrine éditions arrive, toujours complètement défoncé, soutenu du coup par une canne et par la fille kamikaze du début de l'histoire, et le tout est filmé par mon équipe de tournage. Hop le mec arrive, les gens du public sont installés, nus, chacun dans une voiture sur leurs machines lettristes, et là le chef du groupuscule s'adresse à eux et il dit : « nous sommes des chiens, mais nous avons conscience d'être des chiens, nous sommes des chiens conscients (…) » etc etc, il tourne encore quelques temps autour de ce problème-là puis la fille kamikaze lui dit : « allez allez, va t'asseoir, ça ira mieux plus tard », elle assied le mec sur une chaise et explique aux gens du public, installés nus sur les « motos lettristes » dans les voitures, qu'en fait ce que le chef voulait dire c'est qu'ils ont été pris en otage par un groupuscule d'éditions de lettrisme terroriste, et qu'ils vont être contraints d'écrire chacun un livre d'au moins mille quatre cent pages de lettrisme en 36 heures, qu'ils vont pour ce faire être boosté avec du « fucking rail international », et que le tout se passera dans la voiture dans laquelle ils sont installés en ce moment, qui sera garée quelque part dans la ville. Elle explique aussi que bien sûr tout ceci se fera sous peine de torture horrible avec mort en bout de course s'ils n'obéissent pas. Et hop là c'est vraiment vraiment atroce je dois dire, parce que sous nos yeux ils prennent quelqu'un au hasard, le torturent devant tout le monde pendant très très longtemps, de façon vraiment atroce, atroce, atroce (et pendant ce temps-là on entend le chef hurler sur l'équipe de tournage du film : « filmez-le !, filmez-le d'encore plus près !, encore plus dans le détail ! » etc), puis la fille continue en disant, pendant que les autres explosent définitivement la tronche de la pauvre victime : « voilà ce qui vous attend comme mort si vous ne pratiquez pas 36 heures d'affilée une écriture lettriste qui stimulera sexuellement et très très précisément votre corps en fonction du lettrisme pondu. Et attention ! Attention car sachez que ce lettrisme sera après coup édité aux éditions Mesrine, et que vos familles respectives mais également une très large part du grand grand public se bousculera pour acheter ce lettrisme en question, donc faites quelque chose de grand, de cosmique ! ». Et là elle poursuit son discours en expliquant pourquoi tout le monde se bousculera pour acheter ce lettrisme : « en effet, étant donné que nous allons odieusement vous sacrifier pour la cause du fucking lettrisme international, hé bien ce lettrisme constituera votre ultime relique, puisque l'énergie sexuelle qui sera accumulée pendant les 36 heures de votre performance sera utilisée pour faire exploser votre corps, grâce à un moyen technologique spécialement mis au point par une équipe scientifique de pointe précédemment prise en otage. Conseil : veillez à accumuler suffisamment d'énergie sexuelle, sinon la déflagration ne sera pas assez forte et elle risque de ne pas vous tuer sur le coup, vous risquez de devoir attendre plusieurs heures avant de mourir dans d'atroces souffrances ! » Hop là elle demande à tout le monde s'il y en a qui préfèrent la mort par torture lente et atroce pendant 36 heures à la place de la mort par déflagration de jouissance lettriste sexuelle. Bien sûr cinq-six illuminés se lèvent et répondent présent à l'appel de la torture, mais tous les autres se concentrent déjà sur leurs machines, de façon à travailler au plus juste la déflagration lettriste qui provoquera leur mort sexuelle.  

 

A ce moment-là hop fin de l'histoire puisqu'on se rend compte juste à temps qu'en fait tout ceci n'était qu'un rêve, le rêve du mec du début du film, celui qui philosophait à table au soleil, et qui s'était en fait endormi en philosophant et en écrivant ce qu'il philosophait. Le mec se réveille, relit ce qu'il a écrit pendant son rêve et se dit : pfff ce mémoire de fin d'études de philosophie qui porte sur le rapport technique qu'entretient l'écriture avec le corps me fout vraiment dans un sérieux bad trip ! Et là ce qui se passe à ce moment-là du film c'est que t'as la fille de l'histoire qui se réveille un peu plus loin, et on se rend compte que c'est comme dans le rêve du mec : elle se réveille et elle dit : « bon on y va, on se suicide ? » - le mec répond : « ok ! D'ailleurs tu sais que je viens de rêver qu'on était des dangereux kamikazes lettristes ?! » - « ah bon !? » - et là t'as le mec qui raconte son rêve, puis du coup la fille dit : « ok bon ce qu'on fait c'est qu'on se met en route, on écrit un livre durant ce voyage, on envoie le livre à notre éditeur puis on se suicide, ok ? » - « ok mais alors on appelle le livre « technique de pointe » - « ok, mais on rajoute derrière « tirez à vue » entre parenthèses, comme ça si les gens nous voient après que le livre soit sorti c'est qu'on aura pas eu l'occasion de s'exploser la tronche, et du coup ils pourront le faire à notre place ». – « ça roule ma poule » répond le mec en question, hop ils volent une barque au bord d'une rivière, mettent des provisions dedans et partent se suicider en chantant.

 

 

 

Saturday, July 28, 2007 

Alors le nouveau film que je suis occupé à créer, c'est un film polar expérimental, dans le sens où j'ai engagé toute une équipe de scientifiques pour installer un système technologique complexe dans un disco-camping, et le but de l'opération c'est que l'histoire du film en question soit écrite automatiquement, à l'aide de ce dispositif technologique complexe. Donc là en ce moment j'écris depuis le disco-camping que j'ai choisi comme lieu pour faire se dérouler mon film, et l'équipe de scientifiques vient d'ailleurs justement de finir d'installer son dispositif technologique dans le bloc sanitaire du camping en question.

En fait ce qu'ils ont réussi à confectionner  c'est un système de capteurs placés partout, sur toute la surface du bloc sanitaire (toilettes, douches, sol, murs, lavabos, robinets, savons, papier hygiénique etc etc etc), et ces capteurs sont reliés à des ordinateurs placés dans la caravane principale de l'équipe de tournage, et là les informations sont traitées de telle façon que s'en dégagera la trame narrative du polar que je vais mettre en scène dans mon film.

Et donc là maintenant au moment où j'écris, on s'apprête à partir au restaurant avec toute l'équipe, et pendant ce temps-là on va laisser les gens du camping vaquer à leurs petites occupations dans le bloc sanitaire du camping, on va laisser les capteurs enregistrer toutes les données tactiles que les gens du camping vont aléatoirement déposer sur les capteurs sensibles, et on va laisser à cette forme de conscience machinique que sont les ordinateurs le soin d'enregistrer toutes ces données, puis de les recracher sous forme de polar.

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*

 

 

Là en ce moment ça fait déjà un bon bout de temps qu'on est revenus du restaurant, et en fait c'est la catastrophe avec les ordinateurs, ils ont pas du tout recraché une trame narrative de polar en fait, en fait les ordinateurs ont tout bonnement recraché un long texte de lettrisme, de fucking lettrisme international plus précisément, parce qu'on s'est rendus compte, mais beaucoup trop tard, que le camping que mon équipe et moi avions choisi comme base pour notre prochain film est en fait le même camping qu'a choisi tout un attroupement de jeunes scatophiles lettristes dégénérés pour leur meeting international annuel, et ce qui s'est passé, c'est qu'ils ont organisé toute une séance de ce qu'ils appellent très justement le « fucking constructivisme international », justement dans le bloc sanitaire du camping en question.

 

Bon alors évidemment là ce qui se passe en ce moment précis où j'écris, c'est que je dois gérer le fait que mon équipe de scientifiques a rapidement sympathisé avec toute l'équipe des fucking lettristes en question, et ce qu'il y a c'est que c'est le chaos total sur le plateau de tournage de mon film qu'est le disco-camping où nous nous trouvons tous en ce moment. C'est le chaos total parce que là, là ici en ce moment précis où j'écris, j'ai autour de moi toute une bande de gens complètement dégénérés et scatophiles qui tentent de me convaincre de transformer le polar en question en film de fucking lettrisme international !J'ai autour de moi toute mon équipe du film qui s'est complètement laisser dégénérer le cerveau par l'équipe d'en face et là ce qui se passe, là maintenant très précisément, c'est que je me rends rapidement compte que je suis occupé à tomber amoureux d'une scatophile lettriste complètement cinglée, et du coup je sens que je vais bientôt accepter le deal, mais sous certaines conditions évidemment.

 

 

*

 

 

Et là ce qui se passe là maintenant, là ici maintenant, c'est qu'à l'heure où j'écris ceci je suis en fait en pleine réunion avec toute mon équipe de tournage, avec l'équipe des scientifiques et avec la joyeuse équipée des scatophiles lettristes constructivistes, et ce qui se passe c'est qu'on prend la décision de faire commencer le film ici comme ça, en pleine réunion qui traite de la tournure que doit prendre le film qu'on a décidé d'élaborer tous ensemble. Et alors là il faut savoir que d'emblée dans le film on me voit poser mes conditions pour le film en question : il faut des meurtres, des vrais meurtres, de l'atrocité horrible et du camping : point barre, pas de discussion là-dessus. Hop tout le monde applaudit, ce qui tombe vachement bien parce que ça me permet d'écrire ça, ici, ce que là maintenant je suis occupé à écrire.

 

Bon maintenant ça se complique vachement parce que en fait là j'ai réussi à convaincre

l'équipe des scatophiles lettristes de faire un truc vraiment glauque et horrible, et là en ce moment ils se disent : « mais si nous faisons tout bonnement du fucking lettrisme humain ? Nous avons à notre disposition toute une équipe de scientifiques, pourquoi ne la mettrions-nous pas à profit pour fabriquer une machine à fabriquer du fucking lettrisme constructiviste humain ? » - Oui !, s'écrient les scientifiques de service en direct dans le film, qui là devient vachement glauque, oui, planchons sur un dispositif bête et méchant de lettrisme constructiviste du traitement de la chair humaine !

 

Bon là alors en ce moment ce qui se passe c'est que le film devient vachement glauque, puisque toute l'équipe réunie autour du film prend le pouvoir dans le camping, la fille scatophile lettriste dont je suis amoureux cloue le chef du camping à l'envers sur la porte de sa cabine de chef, et tous les campeurs sont obligés de faire cramer leurs tentes, leurs caravanes, leurs camping-cars et également tous leurs vêtements. Hop le camping se transforme rapidement en un gigantesque brasier, ce qui fait bien rire toute l'équipe du film et surtout fait de superbes images pour ledit film en question.

 

 

*

 

 

Bon alors maintenant là ici j'écris depuis la salle des machines de l'équipe scientifique, et ce qui se passe c'est que les machines à polar que sont les ordinateurs installés par les scientifiques crachent maintenant de la matière textuelle narrative originaire directement de ce qui se passe dans le bloc sanitaire dudit camping en question, et là, la trame narrative qui sort en ce moment suggère quelque chose de vraiment expérimental pour faire du lettrisme avec les corps des gens du camping, puisqu'elle propose de fabriquer de la saucisse avec la chair des gens du camping, puis de la donner à manger aux autres, dans le bloc sanitaire dudit camping en question.

 

 

*

 

 

Alors là je suis assis devant une des caravanes de l'équipe du film, qui est disposée devant le bloc sanitaire, et je vois les fucking lettristes distribuer des questionnaires de sondage aux gens du camping, qui sont donc tous nues et nus, sans abri et sans nourriture, et sur les questionnaires est marquée la question suivante : « si vous étiez forcé de manger de la saucisse de viande humaine, quel genre de personnes (âge, sexe, etc) voudriez-vous manger ? ». Hop les gens répondent au questionnaire en secret, et le résultat c'est que tout le monde est bien d'accord pour que ce soient de belles jeunes filles et de beaux jeunes garçons qui soient mangés.

 

Et donc là ce que je vois d'ici, depuis mon bureau, c'est que l'équipe du film entame une grande chasse aux belles jeunes filles et jeunes garçons dans le campement, avec des systèmes de délation etc etc etc, hop ils les attrapent et les fucking lettristes rigolent beaucoup en voyant toute cette joyeuse scène de traque dans tout le camping. Et là, là maintenant ce qu'on voit c'est que l'équipe du film est occupée à ligoter les beaux et belles jeunes nus et nues sur le toit du bloc sanitaire du camping, de façon à ce qu'ils prennent bien le soleil toute la journée, et que la nuit ils soient vraiment bien en connexion directe avec l'infini du cosmos.

 

Evidemment ce qu'il faut savoir c'est que pendant ce long temps-là les campeurs continuent à vaquer à leurs petites occupations dans le bloc sanitaire, et que quand ils lèvent la tête ils voient à travers les parties vitrées du toit les jeunes ligotés nus, ce qui évidemment leur procure des émotions sexuelles et influence donc vachement les capteurs tactiles placés dans ledit bloc en question.

 

 

*

 

 

Alors là maintenant je signale que par curiosité je suis en train d'écrire dans la salle des machines, parce que quelque part ça m'intéresse quand même vachement de savoir ce que toute cette scène du bloc sanitaire va recracher comme trame narrative pour la suite du film. Et devinez ce que la machine suggère !: elle suggère que les scientifiques de l'équipe mettent au point une nouvelle technologie qui permettrait de faire voler des méduses au moyen de petites hélices façon hélicoptère, et que les méduses soient dirigées à distance par les manettes d'un jeu vidéo spécialement conçu pour les pré-adolescents du camping, qui eux ne seraient pas du tout au courant de l'embrouille.

Alors là qu'est-ce qui se passe ? Hé bien le plan est rapidement mis à exécution et tandis que les scientifiques s'appliquent à trouver le moyen de tuner des méduses et des crabes avec des petites hélices, les autres de l'équipe se mettent à table pour concevoir un jeu vidéo dans lequel le but, très simple, serait d'envoyer des méduses et des crabes volants dans la tronche de zombies qui sortent des toilettes et des douches du bloc sanitaire d'un camping, ou qui se cachent, dans n'importe quel coin du bloc sanitaire en question. Chaque joueur disposerait d'un certain nombre de méduses, et chaque fois qu'un zombie arriverait à terrasser une méduse ou un crabe, hop le zombie gagnerait une saucisse faite, dans le jeu, avec la chair du joueur.

 

 

*



Voilà là maintenant c'est la nuit et pendant que les gens du camping dorment entassés par terre pour avoir chaud et que les jeunes pleurent sur le toit du bloc sanitaire, nous ici avec toute l'équipe on se dépêche de confectionner tout le dispositif pour le film d'horreur du lendemain, donc une machine à fabriquer des saucisses avec des cuisses et les fesses des jeunes attachés sur le toit, toute une bande de jeunes lettristes va dans la mer chercher un paquet de méduses et de crabes que les scientifiques motorisent, des puces électroniques sont placées à l'intérieur de tous les gens du camping de façon à être reliés sous forme de zombie au jeu vidéo en question, le jeu est installé dans une caravane spécialement conçue pour attirer les préadolescents, des distributeurs de saucisse humaine sont placées dans les blocs sanitaires pour ceux qui auront réussi à buter les méduses, les crabes et les hérissons volants, etc etc etc. 



*


Hop maintenant on est le lendemain matin, et là je dois dire que j'écris à poil dans le sable avec à côté de moi la scatophile lettriste déjantée de qui je suis tombé éperdument amoureux, et ce qui est bien c'est que pour être vraiment sûr d'être en forme pour la suite du film on s'enfile à fond des rails de sable iodé, mélangé à de la cocaïne et à du sperme de jeune beau garçon que elle, ma copine scatophile en question, avait récolté un peu plus tôt dans l'histoire.

Et là ce qui se passe juste pile à ce moment-là c'est que la fille en question m'avoue qu'elle est en fait une kamikaze terroriste lettriste scatophile, et qu'elle a choisi de s'exploser la vie aujourd'hui, en plein pendant la scène du film où on verra les gens dans le bloc sanitaire affamés et occupés à se défendre des méduses et à tenter de les foutre par terre pour gagner des saucisses humaines à manger. Bon évidemment alors là ce qui se passe c'est qu'on s'enfile encore pas mal de rails de cette mixture spéciale que la fille en question a spécialement concocté pour les besoins de l'histoire et qu'elle appelle le « fucking rail international », puis hop on se rend sur le lieu de la débâcle, toujours nus et aussi en fait barbouillés bien sûr de caca lettriste de la séance scatophile nocturne qu'on s'est envoyés dans la tronche pendant la nuit, filmés par une partie de l'équipe technique, et dont des extraits seront montés dans ledit film. 


 

*


Ici en ce moment même j'écris depuis mon poste d'observation, d'où je vois à la fois la cabine du chef du camping, et dans le film on voit nettement qu'il est pas encore mort mais qu'il est quand même vachement rouge, déjà bien entamé, et à la fois le bloc sanitaire, et là c'est très beau parce que les adolescents du toit sont enfin endormis, toujours nus et ligotés, et ce qui est vraiment beau à voir c'est qu'ils dorment dans leurs déjections, ce qui dans le film donne vraiment vraiment bien. Je vois aussi, toujours dans le camping, des tas de gens endormis nus sur les restes carbonisés de leur caravane ou de leur tente, et là aussi c'est vachement beau de voir toute cette détresse nue et fragile chercher un peu de chaleur humaine là où ils peuvent en trouver. 
 

Bon évidemment ce qui devait arriver arriva, puisque en se réveillant tout le monde commence à nous insulter, à nous traiter de dangereux psychopathes pervers etc, et là en ce moment je dois avouer qu'on a un peu du mal à leur expliquer que tout ceci n'est en fait que le résultat logique, la suite tout à fait rationnelle et mathématique des traces que eux-mêmes ont laissé dans les capteurs placés dans le bloc sanitaire. Mais bon heureusement là ma copine kamikaze lettriste vient de distribuer sa mixture expérimentale de sable iodé, de cocaïne et de sperme d'adolescent à toute l'équipe scientifique, et du coup ça leur donne une nouvelle vague d'énergie pour convaincre rationnellement tous les gens du camping du bien-fondé de l'opération. 
 

Ouf, quelques temps plus tard là maintenant je ne peux que constater que tout le monde est bien convaincu de ce que nous ne sommes pas des psychopathes dangereux et pervers, et que le film en cours de réalisation s'impose vraiment tout à fait naturellement, que son évidence est totale, qu'il n'y a ici en ce moment vraiment que de la pure logique rationnelle. Les gens sont franchement tout à fait rassurés mais quand même ils nous font poliment remarquer qu'ils n'ont plus rien mangés depuis deux jours, et que du coup ils sont vraiment affamés.
 

Alors là, cette réaction-là, c'était évidemment la réaction qu'on attendait pour lancer la grande activité de la journée ; et donc on envoie un des délégués-communication de l'équipe faire un discours aux gens du camping, et le délégué explique aux gens que comme ils ont faim, la solution idéale a été trouvée scientifiquement par les ordinateurs reliés aux capteurs du bloc sanitaire. 
 

Arrivés à ce moment-là du film, les gens sont divisés en deux groupes, d'une part les pré-ados qui déclarent aimer jouer aux jeux vidéos, et d'autre part tous les autres campeurs, qui, sans le savoir, portent maintenant des puces électroniques et sont reliés directement aux zombies du jeu vidéo en question de façon à en déterminer les mouvements. Les jeunes pré-ados joueurs sont amenés à la caravane spécialement conçue pour le jeu vidéo spécialement conçu pour le film en question, et là on leur explique que comme ils ont très très faim, ils pourront manger des saucisses chaque fois que dans le jeu vidéo ils arriveront à balancer des méduses volantes, des crabes volants, des hérissons volants ou des huîtres volantes dans la tronche des zombies qui sont dans le bloc sanitaire du jeu vidéo en question. 
 

Et pendant ce temps-là, pendant ce long temps-là où on explique ça aux pré-ados en question, une autre équipe de délégués-communication explique aux autres campeurs, donc aux pères et mères de famille, aux enfants, aux vieillards etc, qu'ils doivent tous se rendre dans le bloc sanitaire pour un grand jeu dont ils ont eux-même scientifiquement déterminé les règles par le biais d'un dispositif hyper-rationnel mis au point par les scientifiques de l'équipe, sur base de données fournies par des capteurs installés sur toute la surface du bloc sanitaire, traitées ensuite par une équipe d'ordinateurs hyper-sophistiqués. Et donc du coup tous les gens du camping sont bien sûr vachement en confiance pour ce grand jeu vraiment hyper-rationnel qui consiste à gagner des saucisses chaque fois qu'ils arrivent à terrasser et à mettre hors d'état de nuire les huîtres volantes qui voleront niaisement, croient-ils, dans le bloc sanitaire pendant que eux, les campeurs du camping en question, y feront leurs ablutions. On leur explique également (parce que en vrai, pour du tout tout vrai c'est comme ça que c'est écrit dans la trame narrative qui a été crachée par les ordinateurs en question) que plus ils vaqueront normalement, naturellement à leurs petites occupations normales, naturelles dans le bloc sanitaire, plus les huîtres volantes se tiendront tranquilles, et donc plus il sera facile de les abattre, et donc plus facile ce sera de manger des saucisses, ce qui est bien puisqu'ils sont affamés.
Or ce qu'ils ne savent pas, et pour cause, puisque la trame narrative expressément fournie par l'ordinateur pour l'occasion le stipule, c'est qu'au même moment une autre équipe de délégués-psychologues vient d'arriver sur le toit du bloc sanitaire pour expliquer le plus tranquillement possible aux jeunes filles et aux jeunes garçons très très beaux qui s'y trouvent accrochés, que en fait ce qui se passe c'est que la majorité des gens du camping ont voté pour le fait que ce soient des parties de leurs corps à eux qui soient mangés en cas de grosse faim dans le camping, ce qui commence en ce moment à être le cas. Et là les délégués-psychologues mettent toute leur science à l'épreuve pour bien expliquer aux jeunes en question que plus ils se tiennent tranquilles pendant que les machines à fabriquer des saucisses font leur travail en s'attaquant à leurs cuisses, à leurs fesses, à leurs seins et à leurs biceps, moins le reste de leur corps aura à pâtir d'effets secondaires produits par lesdits machines en question. 
 

Alors là en ce moment précis ce qui se passe c'est que les jeunes accrochés au toit pleurent le plus silencieusement possible sur leur sort pendant qu'une troupe de campeurs affamés se dirige le plus naturellement possible vers le bloc sanitaire en question, dans l'espoir de décrocher un maximum de saucisses dont ils oublient en fait de se douter qu'elles pourraient en fait être confectionnées par la chair des beaux et belles jeunes du toit en question. 
 

Hop à un moment donné, en plein pendant que la masse des campeurs est complètement occupée à vaquer à ses petites occupations sanitaires, l'équipe des scientifiques complètement convertis au fucking lettrisme international envoie la sauce des huîtres volantes, des méduses volantes, des hérissons volants, des crabes et des méduses volantes, etc etc etc. Blam au même moment ce qui se passe c'est qu'est distribué dans la cabine des jeux vidéos la mystérieuse mixture de fucking rail international, de façon à bien booster les jeunes pré-ados, pour être bien sûr qu'ils foutent bien la zone dans le bloc sanitaire en question. 
 

Et hop là maintenant en ce moment j'avoue que j'ai pas trop le temps d'écrire ce qui se passe, parce que je dois courir d'un endroit à l'autre du camping pour vérifier que tout se passe bien dans le film en question. Brrr ! Hop, tout se passe bien, il y a plein de gagnants, plein de saucisses mangées, mais aussi plein de perdants, qui se retrouvent avec une multiplicité toujours croissante d'huîtres, de méduses et de crabes dans la tronche.
 

Bon là en ce moment j'écris depuis le grand banquet final qui est organisé avec tout le monde, tous les gens du camping et toutes les équipes techniques, artistiques et scientifiques du film en question, et ce qui se passe c'est que le film continue comme ça, avec le fait qu'on se rend rapidement compte que les grands perdants de l'histoire ce sont les jeunes beaux et belles du camping, puisqu'ils ont été amputés de plusieurs parties de leurs corps, et que les grands gagnants de l'histoire ce sont les pré-adolescents joueurs, qui eux n'ont subi aucune lésion particulière… Brrr… 
 

Alors là ce qui se passe c'est que politiquement il y a une solution qui doit être trouvée entre les différentes parties en présence, et là ce qui se passe c'est que c'est super beau à observer, dans le film, toutes les discussions hyper-humaines, hyper-exemplaires au niveau éthique qui se jouent là entre les différentes parties en présence dans le camping en question ; là pour ce qui me concerne c'est vraiment la partie du film que je préfère, puisqu'on voit comme ça les jeunes complètement éclopés discuter de façon hyper compréhensive avec les pré-adolescents qui se doutaient de rien, et avec les campeurs affamés et éclopés par les tirs d'huîtres volantes, les morsures des méduses, des crabes volants, etc etc etc. 
 

Et là ce qui est vraiment super beau, super élégant de sa part, c'est que en plein pendant que tout le monde discute le plus politiquement possible d'une solution la plus équitable possible pour régler la fin de ce conflit quand même un peu atroce sur les bords, on voit comme ça dans le film cette fille scatophile kamikaze dont je suis éperdument amoureux s'avancer, et là ce qui se passe c'est qu'elle dit : ok c'est bon, tandis que vous ergotez à propos de ces questions faciles, moi de mon côté j'ai eu une idée, prenez mon corps et servez-vous en pour reconstituer les éclopés en question. Vous avez d'ailleurs ici toute une équipe de scientifiques de pointe qui feront tout le boulot de reconstitution corporelle à votre place ! 
 

Bon là alors ce qui se passe c'est que je me rends bien compte que ça commence vachement à sentir le roussi, et du coup moi de mon côté je me planque pour écrire ceci dans la gouttière du bloc sanitaire, et de là je vois que les gens se mettent à réclamer et à dire : oui mais on a pas assez, Madame, avec ton corps, pour réparer tous ces méfaits scandaleux commis au nom du cinéma expérimental ! Et la fille en question, donc mon amoureuse devant l'éternel, s'installe sur la table du banquet en question, se couche, et complètement défoncée elle finit par… par… pardon déjà : par déféquer un truc, un truc noir, et là la caméra s'approche de ce truc en question et on se rend rapidement compte qu'il s'agit d'un petit pistolet. Brrr… 
 

Hop là ce qui se passe c'est qu'elle se saisit de ce pistolet, et là vraiment je dois dire que ce film se termine en eau de boudin parce qu'elle finit par tuer toute l'équipe du film, blam blam blam, l'un après l'autre chacun est tué, et hop au moment où chacun est tué là c'est vraiment eau de boudin puisqu'elle dit : voilà, ici maintenant vous avez assez de corps, pour vous greffer de la nouvelle viande !? Non !? ça suffit pas ?? Et hop la fille en question se flingue du coup dans la foulée, et ça j'aime beaucoup comme scène, parce que ça sent vachement fort l'eau de boudin de la démocratie. Brrr ! 
 

Et alors là j'avoue que le film se termine comme ça bêtement sur un plan où on me voit descendre comme un con du toit du bloc sanitaire, et hop le film se termine comme ça, sur de la déroute mentale, puisqu'il y a personne de l'équipe avec qui blaguer, et là, là à ce moment-là : hop, générique !

 

 

 

Saturday, June 02, 2007 

Current mood:  shocked

En fait en ce moment avec toute mon équipe on travaille à un film, on est en plein tournage d'un nouveau film qui va bientôt sortir, c'est un film vachement subtil où on voit au tout début des longues séquences avec des têtards qui vivent leur petite vie, et on se rend rapidement compte dans l'histoire qu'il y a en fait un lien entre le corps des têtards, leur vie etc, et des doigts de gens qui ont leurs ongles rongés, et qui se mettent à mettre le bout de leurs doigts dans les mares des têtards. ..:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

Alors là c'est là que ça devient intéressant puisque dans mon équipe de fabriquants de polars best-sellers il y a aussi une équipée de scientifiques hyper-spécialisés notamment dans les questions neurologiques, et donc là tu vois j'intègre tout un pan de la science expérimentale actuelle pour être bien sûr que le livre devienne un best-seller mondialement intéressant pour plein de gens, puisque en fait on se rend compte – et c'est ça qui est intéressant – qu'il y a un lien entre les neurones, les doigts aux ongles rongés et la vie des têtards. Alors c'est très intéressant puisque dans le film ça devient vachement politisé puisque via des fils très très fins qu'on introduit dans la mare des têtards dans laquelle les gens de l'histoire trempent leurs doigts rongés, les amorces de contact entre les têtards et les doigts sont retranscrites en données digitales tu vois, et c'est à ce moment-là qu'apparaît, en lettres rouges sur un écran noir (comme dans tous les films de science-fiction en fait), la phrase qui résulte de la retranscription de ces données digitales, et qui est : « passe de la vue au tact, camarade ! ». Et là tu vois c'est vachement politisé comme film parce qu'on se rend compte qu'il y a de l'expérimental dans l'air, et que cet expérimental se joue justement entre la vie des têtards et les doigts rongés des gens, qui eux voient tout à coup leurs neurones être mis en connexion directe avec le corps des têtards.

 

Et donc dans ce film on se rend rapidement compte que c'est vachement politique parce qu'on se rend compte que les ordinateurs ont été en fait remplacés par des mares avec des têtards, et que en fait les gens qui sont connectés aux têtards via leurs doigts rongés sont en fait connectés entre eux aussi, et qu'en fait ils sont dans une sorte d'internet mais en plus expérimental, puisqu'ils sont en fait dans un internet qui est passé de la vue au tact, ce qui en fait est vachement politiquement chargé puisqu'on se rend compte que tous ces gens, en fin de compte, sont en train de se dire qu'entre eux ils sont en train de filer le parfait amour expérimental, mais du bout des doigts, avec des têtards et des neurones.

 

Bon là évidemment il faut savoir que j'ai engagé toute une équipe de chercheurs en psychiatrie criminologique, qui sont penchés actuellement sur la question de savoir quels sont les liens entre toutes sortes de souffrances, notamment la souffrance psychopathique et la souffrance liée aux angoisses liées aux allergies, le lien entre ces souffrances donc (et là en ce moment même on vient de m'apprendre que ces souffrance seraient en fait liées à la question de la vie, au fait qu'il y ait de la vie en dehors du même du corps dit propre), et le fait notamment de s'auto-mutiler, par exemple les ongles ou les neurones etc, le tout en rapport bien sûr avec la vie du corps des têtards. Et là dans le film c'est très beau et très violent en même temps, puisque tu vois en très gros plan des doigts aux ongles rongés qui touchent et sont en connexion avec des têtards qui eux manifestement sont en pleine crise de violence par rapport à leur propre corps, puisqu'ils décident de s'arracher leurs queues, et donc dans le film il y a toute une séquence comme ça qui se passe dans le internet des marais, et où on voit des scènes de mutilation atroces question arrachage de queues, avec des doigts qui touchent à ces corps qui se mutilent.

 

Et alors à ce moment-là ce qui devait arriver arriva,  puisque l'équipe scientifique neurologique et les chercheurs en psychiatrie se rendent compte qu'il est déjà 17 heures, que c'est l'heure de la fin du boulot et l'heure d'aller aux putes tous ensemble. (à ce moment-là du film le film continuerait mais il sera prévu que les lumières de la salle de cinéma s'allument petit à petit, et là je prévois de me faire sponsoriser par une marque de téléphonie mobile à qui je demanderais de me fournir une équipe de jeunes garçons et filles super beaux, super propres sur eux, bien coiffés etc, qui viendraient alors dans les salles de cinéma avec leur veste fluo avec dessus écrit en grand le logo de la marque, et ils distribueraient des questionnaires aux gens du public, et sur ces questionnaires serait écrit : « pensez-vous que cela soit normal que ces scientifiques aillent aux putes après le boulot ? Expliquez votre réponse. / Pensez-vous que dans la vraie vie les scientifiques aillent aux putes après le boulot ? / Pensez-vous qu'il faille faire la pute pour pouvoir faire de la politique ? / Les écrivains de polar best-seller sont-ils des putes ?) Alors là dans le film ça devient glauque évidemment puisqu'on voit l'équipée pénétrer dans des réseaux maffieux de trafic de filles très belles, ils pénètrent dans le réseau et dans le film cette scène-là prend des plombes (ça permet d'ailleurs de donner du temps aux gens de remplir leur formulaire) parce que c'est une scène cruciale dans le film, qui met vachement mal à l'aise tout le monde, et je m'arrange pour que dans la salle les gens ne puissent pas s'empêcher de repenser aux têtards de l'histoire, notamment parce que je prends bien soin de bien filmer les doigts et les ongles des filles du réseau, et aussi parce que l'une d'entre elles (et c'est là qu'on remarque toute la finesse de la réalisation au niveau du téléscopage des signes) a un vêtement rouge très beau, très bien découpé, sur lequel est écrit : « passe de la vue au tact, camarade ! ».

 

La scène prend des plombes, la caméra déambule comme ça comme si elle faisait partie de l'équipée dans le réseau de vitrines avec des filles à l'intérieur, et là, par une tension très spéciale que j'installe dans le film, notamment en filmant des scènes où l'on voit des ongles de fille griffer et mutiler lentement des peaux, le tout dans des plans très très rapprochés, hé bien je m'arrange pour que les gens dans la salle se mettent à se ronger les ongles. Bon évidemment là ça devient super étrange à un moment donné puisqu'on se rend compte que la ville dans laquelle se trouvent les rues avec les vitrines et les bordels où déambulent les scientifiques de l'histoire est en fait construite sur des marécages, et là ça devient hyper glauque puisqu'on se rend compte qu'en fait dans les marais qui sont l'internet expérimental des gens avec leurs ongles rongés, il y a en fait des putes mortes. Brrr ! (ça c'est une séquence du film qui a été rajoutée a posteriori par l'écrivain de polar de l'équipe). Alors à la toute fin du film c'est intéressant parce que je demande à un mec de l'équipe, qui est en fait le poète contemporain de service, de faire un poème-performance qui part des mots « on se gratte, on a le cerveau qui gratte, on se gratte la matière » etc., et là on se rend compte que le film termine comme ça, et pendant le générique je compte faire un coup de pute au producteur parce que je vais mettre un film que j'ai tourné avec une caméra cachée quand je me suis fait engueuler par mon producteur en question parce que la fin ça fonctionnait pas, que ça allait pas passer côté best-seller.

 

Et alors, à la toute toute fin, c'est-à-dire à la sortie de la salle, les gens doivent rendre leur questionnaire aux hôtesses qui se trouvent devant les portes, et qui disent, (ça c'est le côté politique des mass-média) chaque fois qu'une personne lui rend son questionnaire, « passe de la vue au tact, camarade ! ». Brrr !!

Wednesday, May 23, 2007 

Alors là je vous écris depuis le tournage de mon nouveau film, c'est un film très bien, très éthéré mais en même temps très très complexe, puisque dans ce film la plupart des personnages ont été remplacés par des grutiers, des grues et des pelleteuses. Dans le film les personnages de l'histoire sont très jouettes, on voit comme ça les grutiers marcher et se pousser les uns les autres dans les poubelles, hop là par exemple il y en a un qui vient de pousser son camarade de jeu dans un étang, pour rire, hop là il l'aide à sortir de l'eau et là hop l'autre le tire dans l'eau, hahaha tout le monde rigole bien dans le film (et même ailleurs, de l'autre côté de la caméra, et c'est prévu que de l'autre côté de l'écran aussi, on rigole bien). Et alors ce qui devait arriver arriva, puisque toute la bande de grutiers décide de partir à la mer, à la plage, avec leurs pelleteuses. Ca dans le film c'est amusant parce que on les voit avancer sur les autoroutes, en plein soleil, avec leurs pelleteuses, et on se rend compte qu'ils sont toujours aussi joyeux, ils se font des farces et attrapes, par exemple là en ce moment j'en vois un qui soulève avec son bras de pelleteuse l'arrière de la pelleteuse de devant, qui alors elle vient de se péter la gueule dans les ornières de l'autoroute. Tout le monde rigole sur les autoroutes en les voyant déconner comme ça, et tout le monde voudrait être leurs amis. Alors plus loin dans l'histoire du film c'est une superbe scène qu'on a conçu, puisqu'on voit une plage gigantesque, exactement sous le soleil, et hop les grutiers arrivent, débonnaires et jouettes, avec leurs grues, leurs pelleteuses, sur la plage. Ils arrivent sur la plage et ce qu'ils font c'est qu'ils se disent : « on va faire du land art ! », « bonne idée ! », et là ils se mettent tous à faire du land art super beau, super réussi, avec leurs grues et leurs pelleteuses, avec le sable de la plage. Ce long temps-là de land art super beau dure des plombes, jusqu'à ce que la marée monte en fait, et juste au moment où on se rend compte que la mer engloutit le land art en question, juste à ce moment-là arrive une bande de trois héroïnes de l'histoire, trois filles, qui décident d'aller nager en bande dans la mer. Alors ce qui se passe à ce moment-là du film c'est que ce qui devait arriver arriva, tout bonnement, puisque la joyeuse bande des grutiers commence à tomber très amoureux de la bande des filles qu'ils apperçoivent dans le lointain. Alors à ce moment-là ça vire expérimental, parce que soudain les grutiers se mettent à faire des figures de cirque hyper compliquées avec leurs machines, par exemple le poirier ou le double salto arrière, ou une pyramide de pelleteuses etc, le tout évidemment pour que la bande de filles tombe elle aussi amoureuse d'eux. Là ça se corse, parce que grâce à un mouvement de caméra qui se met à filmer de très près la bande de filles, on se rend compte qu'elles sont pas contre le fait de tomber amoureuses des grutiers, mais elles ont un problème de logistique car l'une d'entre elles a un besoin urgent à soulager, dans le sens où on se rend compte qu'en fait il faut vraiment tout de suite qu'elle fasse caca. C'est là que dans le film ça vire soudain très érotique, puisque ses amies lui disent, pendant qu'elles sont dans l'eau : « ben fais caca dans l'eau alors, on enterrera ton caca dans le sable, sous l'eau ! ». Là c'est une séquence érotique qui dure des plombes, et qui nous a mis des plombes à réaliser, avec des caméras sous-marines, des plongeurs-caméraman etc, avec aussi un hélicoptère qui filme la scène du ciel, on a vraiment utilisés les tout tout gros moyens pour filmer cette scène de la venue de l'étron de la fille dans la mer, et le résultat c'est qu'on voit vraiment super bien les spasmes de son visage, la configuration, vue du ciel, des corps dans l'eau, et surtout aussi l'attention que portent ses copines à la fille en question, copines qui en fait, on l'aura compris, sont en fait de dangereuses poétesses lettristes coprophages. Alors là ce qui se passe c'est que à peine l'étron sorti il se passe une série de choses très complexes, puisque les deux poétesses scatophiles s'emparent de l'étron de leur amie pour aller soi-disant l'enterrer sous l'eau, et là la suite du film se passe sous l'eau puisqu'on les voit comme ça sous l'eau s'embrasser tout en se barbouillant la peau avec l'étron de leur amie. Et en même temps, pendant ce long temps-là, le film devient très complexe parce que les grutiers de l'histoire en profitent pour s'approcher vachement plus près de la bande de filles de l'histoire, et le tout est filmé par l'hélicoptère, ce qui rend la scène vachement grandiose et grandiloquente, puisqu'en même temps dans la bande-son je compte foutre du Olivier Messiaen à fond les chicons. Ici c'est un moment charnière de l'histoire, dans le sens où les deux filles ressortent la tête de l'eau (et c'est super gag parce qu'elles ont du caca partout, ce qui fait pas du tout clean), et à ce moment-là elles se rendent compte (et nous avec), mais trop tard, que la troisième fille en question, celle qui dans le film est soulagée, hé bien est occupée à filer le parfait amour avec un des grutiers.  Et là, dans le film, rebelotte ça redevient expérimental, parce que tout à coup on se rend compte qu'elle file le parfait amour mais par l'intermédiaire de la pelleteuse du mec en question, et ce qu'il y a d'expérimental c'est qu'on voit qu'elle se fait tendrement et amoureusement caresser, mais par l'intermédiaire de la pelleteuse du mec. Là rebelotte le film dure des plombes dans cette séquence-là, puisqu'on la voit se taper plein d'orgasmes, mais rien qu'en étant touchée par la pelleteuse, tendrement, amoureusement, aux endroits où il faut, et ça c'est vachement intéressant esthétiquement parlant, cette chorégraphie entre la machine et le corps de la fille, et du coup le film se termine sur la constatation qui est faite par les deux autres filles (qui ont toujours le caca de l'autre sur leurs corps, ce en quoi dans le film elles ont vraiment l'air vraiment ridicules), qui est que finalement elles regrettent bien d'avoir passé tout ce long temps sous l'eau plutôt que d'être tombées pour du tout tout vrai amoureuses des grutiers et de leurs pelleteuses. Et pour la toute fin du film j'ai prévu une longue scène de +/- une heure, et c'est toujours la même scène, on voit tout simplement la fille en question et la pelleteuse en question avoir des rapports sexuels hyper engagés et hyper intenses, ça n'en finit pas, et l'idée c'est que ce soit vraiment tellement beau cette scène-là, que les gens restent littéralement vissés à leur fauteuil dans la salle de cinéma. Bon et évidemment la toute toute fin du film, tout le monde s'en doute, ce serait que pendant que les gens du public ont des émotions érotiques très intenses dans leur corps, hé bien, tout bonnement l'écran du cinéma soit soudain percé par l'arrière par une pelleteuse, qui entrerait donc soudain dans la salle de cinéma mais par l'écran percé. Et là, l'émotion passée, tout le monde pourrait se rendre compte que qui serait au volant de la pelleteuse? hé bien la fille de l'histoire en question, en bikini et la peau et les cheveux tout humides comme si elle venait de sortir de la mer. Le film se terminerait là-dessus et comme il y aurait plus d'écran pour faire passer le générique de fin, celui-ci serait distribué aux gens à la sortie sur du papier, distribué en fait par les deux poétesses coprophages de l'histoire, toutes deux elles aussi en bikini et toutes mouillées et, détail piquant, pour du tout tout vrai barbouillées avec le caca de leur amie. Et alors, (et c'est là que l'histoire se termine vraiment en fait) arrivés chez eux, les gens du public découvriraient, mais trop tard, qu'ils ont été floués par les poétesses en question puisque ce qui avait été distribué ce n'était pas en fait le générique, mais bien du vulgaire lettrisme complètement nul et insipide...:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />