Gender: Male
Status: Single
Age: 55
Sign: Pisces
City: Nantes
State: Pays de la Loire
Country: FR
Signup Date: 3/10/2007
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Saturday, February 23, 2008
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"Ne pouvant créer, il décrète" : entretien exclusif d'un homme politique très célèbre sur Nicolas Sarkozy
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http://www.eglantine.info, grâce à son fabuleux réseau d'informateurs et de chroniqueurs, a obtenu un entretien exclusif avec un célèbre académicien et ancien député de Paris.
Ce député, fin connaisseur de la vie politique française, donne son appréciation de l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy.
L'identité de cet ancien député est communiquée en fin de billet, mais, pour le plaisir, le mieux est de ne pas tricher et de lire l'entretien avant.
Eglantine : Vous semblez vous tenir très informé de l'actualité politique française. Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?
Le célèbre académicien et ancien député de Paris : Depuis des mois, il s'étale ; il a harangué, triomphé, présidé des banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue...
Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci : habileté, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites. Tout est là... Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète.
Eglantine : Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?
LCAEADP : Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve si énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l'aventure et l'aventurier... On ne trouve au fond de l'homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l'argent... Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux ; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès.
Eglantine : Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ? Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?
LCAEADP : Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte... Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités... Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l'argent ; c'est ignoble, mais c'est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte... une foule de dévouements intrépides assiègent l'Elysée et se groupent autour de l'homme... C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d'industrie.
Eglantine : Et la liberté de la presse dans tout ça ?
LCAEADP : (pouffant de rire) Et la liberté de la presse ! Qu'en dire ? N'est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l'esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle ?
Les propos ont été recueillis par Olav, nouveau chroniqueur sur Eglantine. Toutes les questions sont actuelles. Toutes les réponses sont de Victor Hugo et proviennent de son ouvrage Napoléon le Petit, le pamphlet républicain contre Napoléon III. | ..>
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Tuesday, January 22, 2008
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Notre langue
Il est des langues qui oppressent et tuent, aussi sûrement qu'un rythme inexistant ou un simple déplacement de mot dans une phrase. Oui… l'art est difficile; et toujours dangereux, sinon impossible, de s'exprimer. Qui veut parler souvent ne le peut. Qui cherche à parler devrait avant s'y arrêter. Et qui parle s'expose, et parfois à la mort. Car si le langage est un canon facile, qui se donne au premier venu, il n'est jamais innocent et peut fatal se révéler.
Principal support de l'identité culturelle, toute langue est d'abord productrice de conscience, fabricante de structures et de catégories d'intellection, et en corrélation avec la nature, conditionne l'esprit, le caractère, le mode de vie, détermine la représentation du monde, des manières de penser, de voir, de sentir, d'utiliser l'espace, le temps. Pouvoir de la langue. Pouvoir de coercition et de libération. D'aveuglement et de clairvoyance. De vie et de mort. Pouvoir de création. Pouvoir constitutif.
Ainsi, parler une langue – langue première, « maternelle » - c'est corps et âme s'engager, c'est partager, adhérer à un système, c'est rejoindre une histoire, une mémoire, une communauté d'idées, de valeurs, de croyances, de mythes, de rêves, de sensations, c'est prétendre à une identité de regard, c'est afficher une appartenance à un groupe, une institution. Parler une langue, c'est faire acte d'amour.
Alors que dire d'une langue qui ne sait vous désigner du doigt que pour vous annihiler ; d'une langue dont chaque respiration vous emplit pour mieux vous étouffer ; d'une langue dont les étreintes vous épinent comme des coups de pied au derrière, dont les baisers au goût de cendre sont toujours de glace, et qui s'acharne à vous téter l'entrecuisse avec la vivacité et l'énergie d'un rasoir, faisant gicler vos boyaux d'humeur ? Que dire d'une langue qui vous « broie du noir », ravale, qui vous nie, réduit, qui vous flétrit, accable, vous accuse, condamne, qui ne cesse de vous déconsidérer, de vous maudire, de vous abêtir, de vous enchaîner, de vous détruire, de vous saper, et de toutes les tares, de toutes les fautes, et cela dans ses moindres articulations, de ses mots à leur symbolisme, de leurs origines à leurs contenus, de ses expressions à leurs péjorations ? Que dire d'une telle langue ? Une langue qui, de vous, ne sait donner qu'une image négative, souterraine, animale ; qui s'entend à célébrer un monde schizophrénique, où les uns sont là-haut et les autres là-bas, univers manichéen, où le « blanc » est un espace libre qui fonde sa présence au monde par sa pureté, sa propreté, sa virginité, sa cohérence, par tout ce qui n'est pas signé, souillé, « noirci », et, ainsi donc maître du commencement et de la puissance signifiante, par son fabuleux pouvoir de création, seul capable de concevoir le Fils de Dieu, Verbe fait homme ; et de l'autre, à l'inverse, fantôme des ténèbres, « l'âme noire », désunie, privée de lumière, ne peut atteindre à une existence légale et innocentée qu'à condition d'être « blanchie », autrement dit de montrer patte blanche tenant « blanche colombe » ; condition qui fait « rougir » ou « pâlir » tout Noir-obscur-ténèbre-enfer, surtout s'il ne regarde pas son interlocuteur en face afin de se donner l'air « franc », c'est à dire Blanc, libre et conquérant. Que penser d'une telle langue quand vous êtes un Noir et que cette langue occidentale est la vôtre ? La quitter ? Mais on ne quitte pas « sa » langue ainsi – autant se quitter. C'est le tragique de l'âme noire « occidentalisée ».
Marcel Zang
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Wednesday, December 05, 2007
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D'où vient donc le « con » ?
"Je vais dévoiler tous les mystères:
mystères religieux ou naturels, mort,
naissance, avenir, passé, cosmogonie,
néant."
A. Rimbaud
Ce n'est pas tant le sexe qui pose problème, et de tout temps, que le "con" (n. m. XIIIè. Lat. cunnus; vulg. sexe de la femme), qui n'a pas toujours désigné l'organe sexuel féminin, comme pourrait le laisser supposer son acception actuelle. Les langues sont porteuses d'histoire et reflètent dans leur reconstruction génétique la psychologie profonde de l'homme; et certains mots, des mots-puissance, à forte charge émotive et symbolique, agissent comme des marqueurs, des traceurs linguistiques, qui, traversant irréductiblement les âges, les peuples et les civilisations, viennent par alluvions échouer au c--ur de nos vies, pareils à ces fossiles nappés de mousse, puis nous parlent et nous disent un morceau de l'histoire de l'Homme. Il en est ainsi du "con". Et l'on serait en droit de s'étonner, et d'être troublé, quand on s'aperçoit qu'un mot aussi riche, important, si ce n'est le plus capital de la langue, un mot qui plongerait ses racines aux sources de l'humanité, ne soit pas plus entouré de soins et de considération. Bien au contraire, voici un mot sur lequel ne cesse de peser la suspicion, le déshonneur, la censure; un mot dont les explications des dictionnaires étymologiques (« con », élément du latin com, cum, qui veut dire « avec ») suscitent l'incrédulité et le ricanement ; un mot qui appelle à coup sûr la frivolité, le blâme, voire l'anathème, sur qui se hasarde à l'utiliser; un mot mis à l'index et relégué sur les bas-côtés de la langue; ou alors, tout à l'opposé, travesti, pomponné, le voilà vulgarisé à outrance, et livré à un usage effréné, comme pour vouloir le posséder en toute absurdité ou pour le mieux faire taire et disparaître à jamais. Mais rebelle, tout-puissant, bien que con-damné aux souterrains ou aux passes, le "con" con-tinue à hanter les esprits, notre écriture, scande avec obstination notre quotidien et se repose dans nos maux, nos prières. Le "con" divertit et s'incruste. Le "con" parle et s'esquive. Et la langue tourne, et autour, le con-tourne. Sur près de 1200 mots à radical "-con-" (variable : cun-, col-, com-, cor-) que con-tient la langue française, plus des trois quarts renvoient directement au "con" originel. Ainsi de con-grès: n.m. (1611; "union sexuelle", XVIè; lat. congressus, rac. grex "troupeau"), on a vite fait de comprendre qu'il s'agit là d'un attroupement de cons. Il n'en est pas autrement de con-fiance (foi), de con-vulser (agiter, tordre), con-voler (voler vers), con-vertir (se tourner vers), con-fesser (déclarer), con-quérir (chercher à prendre), con-verser (fréquenter), con-cevoir (former), con-stater (faire l'état), con-verger (incliner vers), con-voquer (appeler), con-sommer (faire la somme), con-stiper (serrer), con-sterner (abattre), con-stituer (établir), et con-cupiscence, con-cubin, con-naissance, con-science, con-joint, con-sacrer, con-célébrer, con-spuer, con-créter, con-spirer, con-férer, con-juguer, etc. , fé-cond (lat. foex "lie, excrément"). Le "con" est là. Partout. Et il nous parle. Depuis des millénaires.
5000 ans avant l'ère chrétienne, sur le Haut-Nil, dans la plus ancienne civilisation connue à ce jour, la civilisation égypto-nubienne, existait une terre appelée terre de KHONS. Etait-ce "Le pays des Aman, ou pays des ancêtres, ensemble du pays de Kousch au sud de l'Egypte, appelé par les Egyptiens la terre des Dieux" ? (Cheikh Anta Diop). Ou était-ce ce lieu sacré du Soudan méroïtique, en ancienne Ethiopie, où Jupiter descendait chaque année en pèlerinage avec le cortège des Dieux pour se régénérer, comme nous dit Homère dans un vers de l'Iliade ? Qu'était-ce donc que le Khon ? Peut-être l'Arbre de la connaissance ou le serpent maudit de l'Eden biblique, ou encore " Celui qui danse dans les ténèbres", le Dieu-Serpent Dogon ou le Dieu-Serpent du Panthéon égyptien, l'Ancêtre-Serpent dont parle Marcel Griaule dans Dieu d'eau. Mais "Le dieu Kousch avait des autels à Memphis, à Thèbes, à Méroé (Sabah) sous le nom de Khons, dieu du ciel pour les Ethiopiens, Hercule pour les Egyptiens (...) Khon devant être entendu dans le sens de: mort de l'autre monde mais pas encore parvenu à la condition divine" (D. P. de Pédrals). Par ailleurs des textes sacrés égyptiens nous apprennent que Khon désignait le séjour des morts-vivants, le purgatoire, avant le jugement au Tribunal d'Osiris. Khonsou était aussi une divinité lunaire chez les Egyptiens – Osou signifiant la lune chez les Yoroubas du Nigeria. Et en allant plus au Sud, au c--ur de la forêt équatoriale, à la frontière du Gabon et du Cameroun, les Fangs nous disent que les kôns ont toujours existé. Khon ou kôn ? Haussement d'épaules. Ce sont des revenants, des morts-vivants. Et d'où viennent-ils ? Un bras flottant se lève: là-bas, de l'autre côté. D'où exactement ? Silence. Puis: d'en haut aussi, d'en bas aussi... Et pourquoi inspirent-ils tant de crainte ? Parce que c'est la mort, ils sont morts et ils reviennent, ils ne sont pas morts; ça peut être votre voisin, c'est un kôn, il est mort hier et vous le rencontrez au marché le lendemain comme si de rien n'était; c'est quelqu'un, tu ne sais pas qu'il est mort et tu rigoles avec lui, tu continues à jouer aux dames avec lui, mais en réalité il est mort, c'est un kôn. Et puis il y en a qui ont l'évou, c'est pas bon, alors faut pas les approcher. Evou ? Oui, c'est un esprit, un esprit malfaisant, l'esprit du Mal. Le mot français envoûter vient du vieux français vout "visage, image"; et dw (djou) en ancien égyptien signifie "mauvais, mal" (Egyptian Grammar, A. Gardiner); tandis que awou, en fang comme en ancien égyptien, c'est la mort. Et image... Image se dit aussi eikôn en grec. Et en français une icône est une peinture religieuse, dans l'église d'Orient. Mais, pour en revenir au kôn, ne serait-ce pas les Pygmées par hasard ? Les Fangs répondent non. Pourtant le terme Kondrong désigne un habitant nain de la forêt. Alors c'est peut-être le sexe; ils appellent bien le membre viril kon, tout comme en alcooli (en akan, au Ghana, ikûn ou okunu indique plutôt le possesseur du pénis, en général le mari; ce qui n'est pas sans rappeler Okshun, la déesse de l'amour dans le culte vaudou, à Cuba; alors qu'en bangangté, chez les Bamiléké du Cameroun, l'amour se dit kôni et monter se dit ko'o). Non, tout ça n'a rien à voir, c'est totalement différent, s'insurgent les Fangs. Le seul et vrai kôn vient de là-bas, de l'autre côté, il est mort et vivant, et il est mauvais. Est-ce Dieu, est-ce le diable ? La réponse tarde. Non, ce n'est pas Dieu... comme il est mauvais, ça ne peut être que le diable. Et à quoi le reconnaît-on ? On ne le reconnaît pas, on le sent, et on sait que c'est un kôn. Mais encore ? S'il est mort et qu'il est encore là, c'est que c'est un kôn, c'est pas compliqué. Vous y croyez vraiment, au kôn ? Etes-vous bien sûr qu'il existe ? Pointe d'agacement. Bien sûr qu'il existe, il a toujours existé; les Ancêtres ont connu le kôn, et les pères de nos pères, et tout le monde y croit; il y en a qui l'ont rencontré. Aussi quand tombe la nuit, les lampes à pétrole s'allument, les voix s'estompent, les bouches se resserrent, les portes se referment et plus personne n'ose évoquer le kôn, mais tous l'ont présent à l'esprit. On raconte ainsi qu'un homme trouva sa femme une nuit dans son lit – rien d'extraordinaire – sauf qu'elle était vivante, alors qu'on la savait morte et enterrée quelques jours plus tôt avec toutes ses marmites. Il ne fait guère de doute que c'était un kôn. Voilà pourquoi on s'en est débarrassé pour de bon; l'embêtant c'est qu'on n'a jamais retrouvé les marmites. Bien la preuve que c'était réellement un kôn.
Qu'est-ce donc que le "con" au fond ? Khon chez les Sérères veut dire mourir; et chez les Ouolofs du Sénégal c'est l'arc-en-ciel. Et en ouolof toujours, kon désigne l'angle, le coin, le trou, et kong marque la dureté; tandis qu'en ancien égyptien, kenb signifie coin, angle; en copte on obtient kooh pour coin, cime, sommet; alors qu'en bangangté la colline se dit kon'ga; en français un cône est "un solide à base circulaire, elliptique, terminé en pointe". Est-ce à une métathèse (k/n = n/k) qu'on doit nk (copuler) en ancien égyptien, puis niquer (copuler) en français, nok (copuler) en fang, et chez les Nouers du Soudan nak (aimer), puis fuck (copuler) chez les anglo-saxons – et toujours avec ce tragique et égal achoppement de l'homme constipé au bout du phonème ? Par ailleurs, toujours à la recherche du "con", on peut noter que les anciens Egyptiens, fils de Mistraïm, petit-fils de Cham, appelaient leur pays "K-mt", qui veut dire noir, devenir noir; ce que le copte (égyptien vocalisé) décline par kem, kemi, kam, kama – kam qui désigne aussi une pierre précieuse brune, le même kam qu'on retrouve en hébreu et qui signifie chaleur, noir, brûlé. En langue mbochi, au Congo, i.kama c'est "être noir par excès de feu". Le "con" serait-il bouddhique, par ce lointain parent du karma ? Il convient de répondre non, pas plus que Bouddha Saçya n'était un de ces prêtres égyptiens chassés de Memphis par les invasions perses de Cambyse en –525, comme le rapportent certaines légendes, et encore moins Confucius, Zarathoustra ou Isis, "la Vierge Noire".
Que cache donc le "con" derrière son mystère ? Une chose transparaît néanmoins: le "con" a un rapport avec l'au-delà, le surnaturel, la mort; un rapport avec l'inconnu, la menace, l'angoisse; un rapport avec le coin, le trou, la queue, le sexe. En gros, un même champ de significations, de toutes parts. En linguistique, la méthode comparative postule que des formes semblables et de sens analogues (concordances morphologiques, sémantiques, phonétiques) dans diverses langues ont la même origine. Ce qui ne nous avance guère. Alors, le "con" est-il objet de religion ? Oui, dans la mesure où toute religion est attachement cultuel à ce qui échappe et transcende. Qu'est-ce que vous n'aimez pas dans le foot ? Des petites filles ont répondu: "C'est qu'on doit toujours courir après le ballon". Ainsi l'humanité serait fondée sur l'impossibilité d'accéder au "con", à ce grand Autre. Et si le sexe de la femme est ainsi désigné aujourd'hui, c'est sans doute parce que nos impuissances, nos limites, nos frustrations, nos peurs et nos angoisses s'y focalisent et s'y expriment le mieux. TU NE JOUIRAS POINT. Voilà l'impératif universel. Depuis la nuit des temps. Ou, comme dirait Lacan, « le réel c'est l'impossible ». Et toute tentative de le maitriser et de l'embrasser dans sa totalité est « connement » vaine, ne pouvant que con-duire à la mort du désir et de la vie.
Il n'aura échappé à personne que cette étude sur le "con" n'obéit guère à la méthodologie classique et se garde de toute prétention scientifique – que les intégristes de la linguistique et autres saussuriens me pardonnent, pas envie de recevoir une volée de bois vert. Seuls la curiosité, un certain goût pour les coïncidences troublantes, pour la poésie, le merveilleux et la fiction m'ont poussé à l'entreprendre, sans nier le fait que je n'ai pas été insensible au caractère ludique de cette recherche, non dénuée de rigueur cependant.
Et c'est ainsi que le "con" a poursuivi sa reptation, tel un immense sphinx de nuit, emportant son secret. Il y a bien longtemps que sa trace s'est perdue à Guizèh, au coeur de la Pyramide. Mais on con-tinue à le craindre et à le vénérer, d'un bout à l'autre, et à travers les siècles et les siècles...
Marcel Zang
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Wednesday, December 05, 2007
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D'où vient donc le « con » ?
"Je vais dévoiler tous les mystères:
mystères religieux ou naturels, mort,
naissance, avenir, passé, cosmogonie,
néant."
A. Rimbaud
Ce n'est pas tant le sexe qui pose problème, et de tout temps, que le "con" (n. m. XIIIè. Lat. cunnus; vulg. sexe de la femme), qui n'a pas toujours désigné l'organe sexuel féminin, comme pourrait le laisser supposer son acception actuelle. Les langues sont porteuses d'histoire et reflètent dans leur reconstruction génétique la psychologie profonde de l'homme; et certains mots, des mots-puissance, à forte charge émotive et symbolique, agissent comme des marqueurs, des traceurs linguistiques, qui, traversant irréductiblement les âges, les peuples et les civilisations, viennent par alluvions échouer au c--ur de nos vies, pareils à ces fossiles nappés de mousse, puis nous parlent et nous disent un morceau de l'histoire de l'Homme. Il en est ainsi du "con". Et l'on serait en droit de s'étonner, et d'être troublé, quand on s'aperçoit qu'un mot aussi riche, important, si ce n'est le plus capital de la langue, un mot qui plongerait ses racines aux sources de l'humanité, ne soit pas plus entouré de soins et de considération. Bien au contraire, voici un mot sur lequel ne cesse de peser la suspicion, le déshonneur, la censure; un mot dont les explications des dictionnaires étymologiques (« con », élément du latin com, cum, qui veut dire « avec ») suscitent l'incrédulité et le ricanement ; un mot qui appelle à coup sûr la frivolité, le blâme, voire l'anathème, sur qui se hasarde à l'utiliser; un mot mis à l'index et relégué sur les bas-côtés de la langue; ou alors, tout à l'opposé, travesti, pomponné, le voilà vulgarisé à outrance, et livré à un usage effréné, comme pour vouloir le posséder en toute absurdité ou pour le mieux faire taire et disparaître à jamais. Mais rebelle, tout-puissant, bien que con-damné aux souterrains ou aux passes, le "con" con-tinue à hanter les esprits, notre écriture, scande avec obstination notre quotidien et se repose dans nos maux, nos prières. Le "con" divertit et s'incruste. Le "con" parle et s'esquive. Et la langue tourne, et autour, le con-tourne. Sur près de 1200 mots à radical "-con-" (variable : cun-, col-, com-, cor-) que con-tient la langue française, plus des trois quarts renvoient directement au "con" originel. Ainsi de con-grès: n.m. (1611; "union sexuelle", XVIè; lat. congressus, rac. grex "troupeau"), on a vite fait de comprendre qu'il s'agit là d'un attroupement de cons. Il n'en est pas autrement de con-fiance (foi), de con-vulser (agiter, tordre), con-voler (voler vers), con-vertir (se tourner vers), con-fesser (déclarer), con-quérir (chercher à prendre), con-verser (fréquenter), con-cevoir (former), con-stater (faire l'état), con-verger (incliner vers), con-voquer (appeler), con-sommer (faire la somme), con-stiper (serrer), con-sterner (abattre), con-stituer (établir), et con-cupiscence, con-cubin, con-naissance, con-science, con-joint, con-sacrer, con-célébrer, con-spuer, con-créter, con-spirer, con-férer, con-juguer, etc. , fé-cond (lat. foex "lie, excrément"). Le "con" est là. Partout. Et il nous parle. Depuis des millénaires.
5000 ans avant l'ère chrétienne, sur le Haut-Nil, dans la plus ancienne civilisation connue à ce jour, la civilisation égypto-nubienne, existait une terre appelée terre de KHONS. Etait-ce "Le pays des Aman, ou pays des ancêtres, ensemble du pays de Kousch au sud de l'Egypte, appelé par les Egyptiens la terre des Dieux" ? (Cheikh Anta Diop). Ou était-ce ce lieu sacré du Soudan méroïtique, en ancienne Ethiopie, où Jupiter descendait chaque année en pèlerinage avec le cortège des Dieux pour se régénérer, comme nous dit Homère dans un vers de l'Iliade ? Qu'était-ce donc que le Khon ? Peut-être l'Arbre de la connaissance ou le serpent maudit de l'Eden biblique, ou encore " Celui qui danse dans les ténèbres", le Dieu-Serpent Dogon ou le Dieu-Serpent du Panthéon égyptien, l'Ancêtre-Serpent dont parle Marcel Griaule dans Dieu d'eau. Mais "Le dieu Kousch avait des autels à Memphis, à Thèbes, à Méroé (Sabah) sous le nom de Khons, dieu du ciel pour les Ethiopiens, Hercule pour les Egyptiens (...) Khon devant être entendu dans le sens de: mort de l'autre monde mais pas encore parvenu à la condition divine" (D. P. de Pédrals). Par ailleurs des textes sacrés égyptiens nous apprennent que Khon désignait le séjour des morts-vivants, le purgatoire, avant le jugement au Tribunal d'Osiris. Khonsou était aussi une divinité lunaire chez les Egyptiens – Osou signifiant la lune chez les Yoroubas du Nigeria. Et en allant plus au Sud, au c--ur de la forêt équatoriale, à la frontière du Gabon et du Cameroun, les Fangs nous disent que les kôns ont toujours existé. Khon ou kôn ? Haussement d'épaules. Ce sont des revenants, des morts-vivants. Et d'où viennent-ils ? Un bras flottant se lève: là-bas, de l'autre côté. D'où exactement ? Silence. Puis: d'en haut aussi, d'en bas aussi... Et pourquoi inspirent-ils tant de crainte ? Parce que c'est la mort, ils sont morts et ils reviennent, ils ne sont pas morts; ça peut être votre voisin, c'est un kôn, il est mort hier et vous le rencontrez au marché le lendemain comme si de rien n'était; c'est quelqu'un, tu ne sais pas qu'il est mort et tu rigoles avec lui, tu continues à jouer aux dames avec lui, mais en réalité il est mort, c'est un kôn. Et puis il y en a qui ont l'évou, c'est pas bon, alors faut pas les approcher. Evou ? Oui, c'est un esprit, un esprit malfaisant, l'esprit du Mal. Le mot français envoûter vient du vieux français vout "visage, image"; et dw (djou) en ancien égyptien signifie "mauvais, mal" (Egyptian Grammar, A. Gardiner); tandis que awou, en fang comme en ancien égyptien, c'est la mort. Et image... Image se dit aussi eikôn en grec. Et en français une icône est une peinture religieuse, dans l'église d'Orient. Mais, pour en revenir au kôn, ne serait-ce pas les Pygmées par hasard ? Les Fangs répondent non. Pourtant le terme Kondrong désigne un habitant nain de la forêt. Alors c'est peut-être le sexe; ils appellent bien le membre viril kon, tout comme en alcooli (en akan, au Ghana, ikûn ou okunu indique plutôt le possesseur du pénis, en général le mari; ce qui n'est pas sans rappeler Okshun, la déesse de l'amour dans le culte vaudou, à Cuba; alors qu'en bangangté, chez les Bamiléké du Cameroun, l'amour se dit kôni et monter se dit ko'o). Non, tout ça n'a rien à voir, c'est totalement différent, s'insurgent les Fangs. Le seul et vrai kôn vient de là-bas, de l'autre côté, il est mort et vivant, et il est mauvais. Est-ce Dieu, est-ce le diable ? La réponse tarde. Non, ce n'est pas Dieu... comme il est mauvais, ça ne peut être que le diable. Et à quoi le reconnaît-on ? On ne le reconnaît pas, on le sent, et on sait que c'est un kôn. Mais encore ? S'il est mort et qu'il est encore là, c'est que c'est un kôn, c'est pas compliqué. Vous y croyez vraiment, au kôn ? Etes-vous bien sûr qu'il existe ? Pointe d'agacement. Bien sûr qu'il existe, il a toujours existé; les Ancêtres ont connu le kôn, et les pères de nos pères, et tout le monde y croit; il y en a qui l'ont rencontré. Aussi quand tombe la nuit, les lampes à pétrole s'allument, les voix s'estompent, les bouches se resserrent, les portes se referment et plus personne n'ose évoquer le kôn, mais tous l'ont présent à l'esprit. On raconte ainsi qu'un homme trouva sa femme une nuit dans son lit – rien d'extraordinaire – sauf qu'elle était vivante, alors qu'on la savait morte et enterrée quelques jours plus tôt avec toutes ses marmites. Il ne fait guère de doute que c'était un kôn. Voilà pourquoi on s'en est débarrassé pour de bon; l'embêtant c'est qu'on n'a jamais retrouvé les marmites. Bien la preuve que c'était réellement un kôn.
Qu'est-ce donc que le "con" au fond ? Khon chez les Sérères veut dire mourir; et chez les Ouolofs du Sénégal c'est l'arc-en-ciel. Et en ouolof toujours, kon désigne l'angle, le coin, le trou, et kong marque la dureté; tandis qu'en ancien égyptien, kenb signifie coin, angle; en copte on obtient kooh pour coin, cime, sommet; alors qu'en bangangté la colline se dit kon'ga; en français un cône est "un solide à base circulaire, elliptique, terminé en pointe". Est-ce à une métathèse (k/n = n/k) qu'on doit nk (copuler) en ancien égyptien, puis niquer (copuler) en français, nok (copuler) en fang, et chez les Nouers du Soudan nak (aimer), puis fuck (copuler) chez les anglo-saxons – et toujours avec ce tragique et égal achoppement de l'homme constipé au bout du phonème ? Par ailleurs, toujours à la recherche du "con", on peut noter que les anciens Egyptiens, fils de Mistraïm, petit-fils de Cham, appelaient leur pays "K-mt", qui veut dire noir, devenir noir; ce que le copte (égyptien vocalisé) décline par kem, kemi, kam, kama – kam qui désigne aussi une pierre précieuse brune, le même kam qu'on retrouve en hébreu et qui signifie chaleur, noir, brûlé. En langue mbochi, au Congo, i.kama c'est "être noir par excès de feu". Le "con" serait-il bouddhique, par ce lointain parent du karma ? Il convient de répondre non, pas plus que Bouddha Saçya n'était un de ces prêtres égyptiens chassés de Memphis par les invasions perses de Cambyse en –525, comme le rapportent certaines légendes, et encore moins Confucius, Zarathoustra ou Isis, "la Vierge Noire".
Que cache donc le "con" derrière son mystère ? Une chose transparaît néanmoins: le "con" a un rapport avec l'au-delà, le surnaturel, la mort; un rapport avec l'inconnu, la menace, l'angoisse; un rapport avec le coin, le trou, la queue, le sexe. En gros, un même champ de significations, de toutes parts. En linguistique, la méthode comparative postule que des formes semblables et de sens analogues (concordances morphologiques, sémantiques, phonétiques) dans diverses langues ont la même origine. Ce qui ne nous avance guère. Alors, le "con" est-il objet de religion ? Oui, dans la mesure où toute religion est attachement cultuel à ce qui échappe et transcende. Qu'est-ce que vous n'aimez pas dans le foot ? Des petites filles ont répondu: "C'est qu'on doit toujours courir après le ballon". Ainsi l'humanité serait fondée sur l'impossibilité d'accéder au "con", à ce grand Autre. Et si le sexe de la femme est ainsi désigné aujourd'hui, c'est sans doute parce que nos impuissances, nos limites, nos frustrations, nos peurs et nos angoisses s'y focalisent et s'y expriment le mieux. TU NE JOUIRAS POINT. Voilà l'impératif universel. Depuis la nuit des temps. Ou, comme dirait Lacan, « le réel c'est l'impossible ». Et toute tentative de le maitriser et de l'embrasser dans sa totalité est « connement » vaine, ne pouvant que con-duire à la mort du désir et de la vie.
Il n'aura échappé à personne que cette étude sur le "con" n'obéit guère à la méthodologie classique et se garde de toute prétention scientifique – que les intégristes de la linguistique et autres saussuriens me pardonnent, pas envie de recevoir une volée de bois vert. Seuls la curiosité, un certain goût pour les coïncidences troublantes, pour la poésie, le merveilleux et la fiction m'ont poussé à l'entreprendre, sans nier le fait que je n'ai pas été insensible au caractère ludique de cette recherche, non dénuée de rigueur cependant.
Et c'est ainsi que le "con" a poursuivi sa reptation, tel un immense sphinx de nuit, emportant son secret. Il y a bien longtemps que sa trace s'est perdue à Guizèh, au coeur de la Pyramide. Mais on con-tinue à le craindre et à le vénérer, d'un bout à l'autre, et à travers les siècles et les siècles...
Marcel Zang
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Thursday, November 22, 2007
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Du général Alexandre
Dumas
au maréchal Leclerc
de
Hauteclocque
Un hommage aux héros de la France
« Soldats de France, où que vous soyez, soyez debout ! »
le Général de Gaulle (Londres, le 19 juin 1940)
Le 14 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans Paris. Le lendemain, M. Paul Reynaud, président du conseil, donne sa démission et le maréchal Pétain forme un nouveau gouvernement. Le 16 juin 1940, le gouvernement du maréchal Pétain, réfugié à Bordeaux, demande l'armistice. La France est en pleine débâcle militaire. Le 18 juin une voix inconnue s'élève depuis la radio de Londres. C'est le général de Gaulle qui lance son premier appel historique : « La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et qui vous dis que rien n'est perdu pour la France, les mêmes moyens qui nous ont vaincu peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n'est pas seule. Elle a un vaste empire derrière elle. Cette guerre est une guerre mondiale.» En effet, la France possède un vaste empire : l'Afrique. Et notamment le Cameroun, territoire sous mandat français depuis la dernière guerre mondiale de 1914-1918 - qui se ralliera le premier au général de Gaulle aussitôt après son appel historique et deviendra le noyau de la Résistance Afrique française libre et le départ de la 2ème Division française libre (Cameroun, Tchad, Mourzouck, Kouffra, Fezzan, Tripolitaine, Tunis), constitués en majorité de Noirs africains, ceux qu'on appellera « Les tirailleurs sénégalais », sous les ordres du colonel Leclerc.
La 2ème Division blindée débarquera en Normandie le 2 août 1944 à 17 heures et libérera enfin Paris le 25 août 1944 (à midi le drapeau tricolore français flotte sur la tour Eiffel). C'est en raccourci l'épopée glorieuse de la célèbre 2ème Division blindée « Leclerc » - une tournée qui coûtera la vie à des milliers de Noirs « engagés » dans la défense de la « mère-patrie », la France, et dont les survivants seront privés de défilé sur les Champs-Elysées pour fêter la victoire. Le général Leclerc (Philippe-François-Marie Leclerc de Hauteclocque) trouvera une mort affreuse dans un accident d'aviation le 28 novembre 1947. De l'avis de tous et des Africains, ce fut un grand chef militaire et un « très grand Français ». Voilà sans doute pourquoi une immense statue du maréchal Leclerc trône encore sur l'une des plus belles places de Douala, la capitale économique du Cameroun. La plupart des villes d'Afrique francophone peuvent s'honorer de rendre ainsi hommage à tous ces hommes et femmes qui se sont illustrés dans l'histoire de la France et porté haut ses valeurs. Il ne pourra en coûter plus aujourd'hui à l'Etat français et au Maire de Paris, Monsieur Bertrand Delanoë, d'élever à nouveau une statue (la première fut détruite par l'occupant allemand) à l'un de ses plus illustres enfants, héros de la Révolution et défenseur des droits de l'Homme, fût-il un « homme de couleur », le général Thomas-Alexandre Davy de La Pailleterie dit Alexandre Dumas (1762-1806), né à Jérémie (Haïti), père du célèbre écrivain du même nom. Une statue réalisée, qui plus est, en Afrique par l'immense sculpteur sénégalais Ousmane Sow, descendant de ces « tirailleurs sénégalais » qui vinrent défendre la France contre l'Allemagne nazie, aux côtés du général de Gaulle et du maréchal Leclerc de Hautecloque.
Marcel Zang
Une statue à Paris pour le général Dumas : afin de joindre votre signature à la pétition adressée au Maire de Paris, Monsieur Bertrand Delanoë, pour une statue à la mémoire du Général Dumas, prendre contact avec l'écrivain Claude Ribbe (« Les nègres de la république » ; « Le crime de Napoléon » ; « Alexandre Dumas, le dragon de la Reine ») : www.claude-ribbe.com claude@claude-ribbe.com
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Sunday, November 18, 2007
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Un couple infernal
Les Anciens rapportent qu'avant le commencement des temps, et bien avant la venue des hommes et des femmes, et des plantes et des bêtes, il y eut l'Identité. Elle était une et divisible et immortelle, et toujours semblable à elle-même. Son pouvoir s'étendait jusqu'aux confins de l'univers, à tout l'univers ; et autant qu'on s'en souvienne, ce fut une époque heureuse, une époque de prospérité et de contentement permanent ; un règne qui semblait ne devoir jamais prendre fin, dans un monde exact, méticuleux, un monde de clones, de sécurité, d'ordre, de plénitude et de pureté. Puis, contre toute attente, il advint qu'à force de tourner, de se répéter, l'Identité fut prise de vertige, de déraillement, et se mit soudain à dépérir, atteinte d'un trouble mystérieux. Tous les sages de l'univers furent consultés ; puis les sages se consultèrent les uns les autres. Mais comme ils partageaient tous le même avis, une pensée unique et aucune imagination, et n'ayant point trouvé d'explication à ce phénomène sans précédent, encore moins le moyen d'y faire face, ils cessèrent de se consulter et se résignèrent à regarder l'Identité courir à sa perte. A certains signes, l'on sut cependant que quelque chose d'inhabituel se préparait. Ce fut d'abord cette sensation d'agitation, d'inconfort, qui s'emparait des esprits, puis la possibilité même de concevoir l'anormal, l'intrusion d'un facteur inconnu et la perspective d'un futur, par conséquent d'un passé, choses tout à fait nouvelles et guère rassurantes dans cet univers pur, étale et sans ombres. L'on se mit à scruter le lointain, à pousser des soupirs, à éprouver des envies, à voir l'univers bouger, la matière s'ouvrir, comme sous la poigne d'un marcheur invisible. Nul ne se douta que c'était le temps qui faisait ainsi son entrée. Le temps et le vide. Alors la résignation fit place à la colère et à une farouche détermination d'échapper à ce sort funeste. Continuer à vivre coûte que coûte, tel fut le mot d'ordre. Et c'est sur ces entrefaites que survint un miracle – du moins est-ce ainsi qu'il fut interprété par la suite –, où l'on vit apparaître le sexe, comme surgi du néant, qu'accompagnait comme son ombre un inconnu, un être étrange et distordu, dont personne n'eût soupçonné l'existence et qui paraissait aussi puissant que l'Identité elle-même. Le premier moment de surprise passé, et après un mouvement de recul, l'Identité demanda : « Etranger, tu as l'air si bizarre, qui es-tu donc et d'où viens-tu ? » L'inconnu regarda l'Identité allongée sur sa couche, puis se tourna vers l'horizon et dit : « Je viens du lointain, de l'autre côté de l'univers, là où repose le vide.
- Etranger, sache qu'il n'existe qu'un seul univers, c'est le mien, et c'est celui-ci.
- Il y a pourtant un autre univers de l'autre côté, et sur lequel je règne. Convenez qu'il a bien fallu que je vienne de quelque part.
- Admettons, fit l'Identité avec une moue sceptique. Et qui es-tu donc, étranger ?
- Ceux qui ne me connaissent pas m'appellent la Différence, autrement je suis le Multiple, et voici mon bras gauche, ajouta la Différence en désignant le sexe qui serpentait à son côté.
- Moi je m'appelle le Même ou l'Identité, dit l'Identité en se redressant, et tout le monde me connaît, comme tout le monde est fait à mon image. Et je me suffis à moi-même, dit encore l'Identité en considérant le sexe de haut. Maintenant réponds-moi, étranger. Que veux-tu ? Que cherches-tu ? »
La Différence se rapprocha.
« Asseyons-nous, ô Identité, si vous voulez bien, et je vous dirai tout. »
L'Identité prit place à contre-coeur, en étouffant un gémissement.
« Je t'écoute, étranger, mais sois bref et cesse de te tortiller comme cette excroissance qui te sert de bras gauche. Au fait, comment l'appelles-tu déjà ?
- Ô Identité, c'est le sexe, tout simplement. N'ayez crainte, et puis il est fort utile, vous verrez. Et justement, ô sublissime Identité, je suis venu vous faire une offre que vous ne pouvez dédaigner.
- Etranger, je croyais t'avoir dit que je me suffisais à moi-même, ou ne m'as-tu pas entendu ?
- Ô illustrissime Identité, j'ai bien entendu. Mais quand vous m'aurez entendu en retour, vous comprendrez que le monde a changé et que vous ne pouvez désormais plus vous suffire à vous-même. Le fait que je sois là en est bien la preuve. Alors si vous voulez voir votre situation s'améliorer, vous auriez intérêt à m'écouter.
- Etranger, je te trouve bien impertinent de parler avec autant d'arrogance pour quelqu'un d'aussi mal façonné et répugnant. Je ne sais sur quel univers tu règnes, mais ce qui est sûr et certain c'est que tu te trouves sur le mien en ce moment. Je suis plein et tu es vide, ne l'oublie pas.
- Ô carissime Identité, pardonnez-moi si j'ai pu vous heurter, ce n'était nullement mon intention. Je suis si peu dans votre univers, et j'en sais si peu ; mais je sais au moins une chose, c'est que vous vous trouvez en bien mauvaise posture, à la fin d'un stade, et que si l'on ne vous vient pas en aide, vous et les vôtres ne tarderez pas à disparaître de la surface de l'univers. Je ne vous apprends rien, vous le savez, ô Identité.
- Tu m'as dit que tu t'appelais comment ?
- Ceux qui ne me connaissent pas m'appellent la Différence, je vous l'ai dit. Autrement je suis le Multiple.
- Et pourquoi le « Multiple » ?
- Parce que je transporte le nombre et le rythme ; en quelque sorte la diversité.
- Hum…voilà qui tombe mal, moi je suis pour l'homogénéité. Mais revenons à ce que tu disais sur mon état. Je t'écoute.
- Voilà, vous tenez à la vie, rien de plus normal. Vous voulez continuer à régner, et c'est compréhensible. Mais à cause de ce trouble mystérieux dont vous souffrez, vous n'avez aucune chance d'échapper à la mort, à moins de me laisser intervenir.
- Alors, Différence, que proposes-tu ?
- Rien moins que vous sauver la vie, ô Identité.
- Et d'où tirerais-tu ce pouvoir ? Et pourquoi le ferais-tu ?
- Ô Identité, comprenez que ce pouvoir ne m'appartient pas en entier, mais à tous les deux. Et notez qu'il ne s'agit pas seulement de vous sauver la vie, mais aussi de vous donner la possibilité de choisir une autre vie. Une vie plus intense, plus contrastée, plus créative. Une vie plus riche, plus divertissante, plus passionnée. Une vie colorée au cours de laquelle vous pourrez accéder aux strates les plus reculées de la connaissance et du plaisir, aux univers multiples qui vous étaient jusqu'alors fermés. Comme vous voyez, je vous convie tout simplement à une autre dimension de la vie. Une dimension supérieure. Il ne dépend que de vous. J'aimerais moi aussi profiter des avantages de cette nouvelle existence, voilà pourquoi je vous offre mon aide. Tout seul il me sera difficile d'y parvenir, mais à nous deux nous y arriverons. Cependant, sans moi vous disparaîtrez. Vous avez le choix.
- Ai-je vraiment le choix ?
- Oui, Identité, vous avez le choix. Dès mon entrée dans votre univers, vous avez acquis la liberté, et la liberté de choisir. Votre destinée ne dépend plus que de vous : disparaître ou revivre. Et si vous choisissez la vie, je peux vous aider.
- Etranger, pour quelqu'un d'imparfait, tu m'as l'air bien sûr de toi. Et si je choisis la vie, comment comptes-tu y arriver ?
- Ô Identité, vous voulez sans doute dire : comment comptons-nous y arriver ?
- Je t'écoute, mais gare à toi si tu cherches à m'induire en erreur, alors je te renverrai dans le vide de ton inexistence.
- Ô Identité, c'est très simple, il suffit de nous unir.
- Comment dis-tu ?
-Je dis qu'il suffit de nous unir, et ensuite tout nous appartiendra, et tous les bienfaits et tous les univers. La belle vie… Nous deviendrons les maîtres du monde, éternels et tout-puissants, libres.
- Nous unir… tu as dit : nous unir. Etranger, dois-je comprendre par là te mélanger à moi ?
- Ô Identité, sauf tout le respect que je vous dois, c'est bien ce que je veux dire.
- Comment oses-tu ! Etranger, te rends-tu compte de ce que tu me demandes là ? Te mélanger à moi ?!… Un être aussi sale, répugnant, imparfait !… D'un côté un être vide, sans substance, et moi qui de l'autre détiens tout ce que l'on peut souhaiter.
- Sauf la vie, ô Identité. Sauf la vie.
- Quelle vie ? Alors même que je possède tout : la pureté, la rigueur, la beauté, la plénitude, l'unicité, l'intégrité, le contentement perpétuel, la puissance, le respect et l'absolue fidélité des miens et aux miens.
- Rien que solitude et enfermement, ô Identité. Tout cela n'est que finitude et enfermement ; alors que je vous aide à briser vos chaînes, que je vous ouvre les ciels et vous apporte l'amour et l'infini, le rythme et le nombre, la couleur et la gloire. Une autre vie. Une vie meilleure, et telle que vous n'en avez jamais rêvé.
- De quoi me parles-tu là ? Je n'éprouve guère de solitude et encore moins d'enfermement ; au contraire je me sens épanoui de plénitude. Et qu'est-ce donc que l'amour et l'infini ? Que valent ces fariboles face au socle qui me tient de puissance et d'intégrité, face à la satisfaction, au respect et à la fidélité absolue ?
- Ô Identité, vous semblez bien vite oublier que les choses ont changé, déjà l'orgueil vous égare ; vous faites fi de tout ce qui est en train d'évoluer autour de vous et en vous ; que cette puissance, cette fidélité et ce contentement permanent ont fait place au temps et au terrible drame qui vous accable en ce moment, à la mort qui vous aspire peu à peu. Alors qu'il vous suffit d'ouvrir les yeux et de voir que seul l'amour peut vous sortir de là et vous dérouler des perspectives infinies. Croyez-moi, seul l'amour pourra venir à bout de vos ennuis ; et il est au-delà du respect, de la fidélité et du contentement. Bien au-delà, ô Identité. Infiniment… Et que faites-vous de l'ivresse des transports et des sommets ? Des joies de la transcendance et de la sublimation ? Du miel des orgues et de la poésie ? De la fièvre des arrachements, des découvertes et de l'inattendu ? Que faites-vous de l'exploration et de l'apprentissage des univers lointains, insolites, inconnus ? Et y régner en maître et sur toutes les espèces à venir ? Ah ! aller au-delà de soi, sortir de soi, à la rencontre des autres… de l'autre. Allez-vous renier tout ce bouillonnement de vie pour la tiédeur du foyer, de la fidélité et du respect ? Et puis si vous tenez tant au respect, vous pourrez bien l'obtenir par le biais de la gloire. Mais la gloire ne saura venir de la répétition, de l'enfermement, de l'immobilité et du sommeil, ni de la plénitude, encore moins par ceux qui vous ressemblent et vous égalent ; la gloire se nourrit de méprise, de dépassement et de la fréquentation du vide et de l'inconnu.
- Tout de même, étranger… me mélanger à toi… un être de nulle part… un inconnu sans feu ni lieu… sans racines, sans foi. Me mélanger à toi, c'est m'exposer au vide et aux vents de toutes sortes, et à ceux de la trahison, de la folie, de l'incertitude et du jeu. A l'aventure, au risque, au danger. Me mélanger à toi, c'est m'abaisser, m'avilir, me souiller. Me mélanger à toi, c'est devenir impur, c'est me dévoyer, m'abandonner, me perdre et disparaître. Etranger, es-tu sot à ce point pour me faire une telle proposition ? Cherches-tu vraiment à me sauver ou cherches-tu à me perdre ? Comprends bien que je suis prêt à tout accepter sauf le mélange, qui est la pire chose qui pourrait m'arriver. Avec le mélange je cesse d'exister en tant que moi-même, en tant qu'Identité ; avec le mélange je brade ma qualité et cesse d'être, par défaut même de ce qui me fait être ; en cédant ma pureté, je cesse tout simplement d'exister. Est-ce ainsi que tu veux me sauver la vie, étranger ? Est-ce en m'apportant la mort que tu veux me rendre à la vie ? Devrais-je souffrir le pire des attentats contre moi-même pour une renaissance et une liberté illusoires ? Tu me parles de mélange… Ainsi je devrais commettre le crime le plus abominable qui se puisse concevoir pour un peu de vie ? Le remède serait pire que tout et que ce mal qui me ronge. Tu me parles de mélange !… Comment oses-tu me pousser à croire que seules la trahison et la rupture ouvrent le chemin à la vie et à la création ? Qu'il suffirait de détruire pour construire et encore détruire… Ainsi devrais-je me frotter à l'immonde et à l'abîme pour atteindre la grâce et les sommets ? M'allier à l'imparfait pour obtenir le présent ? Quitter le confort et la maîtrise de la répétition pour me lancer dans la fosse du désordre et de l'incertitude ? Abandonner ce que j'ai de plus précieux, ma pureté, pour naître à l'amour et à l'infini ? Faut-il donc s'oublier pour accéder à l'amour ? Faut-il tout renier pour ensuite dénier ? Quel est donc cet amour dont tu parles auquel il faut sacrifier le plus cher, et cela même qui constitue votre essence et fonde votre existence ? Est-ce en m'apportant le vide que tu me combleras de plénitude ? Est-ce en me souillant que tu me rendras à ma dignité ? Oh, étranger… est-ce ainsi que tu veux me sauver ? Vouloir t'unir à moi… ou vouloir me tenir… Me mélanger à toi ? Ce serait l'erreur fatale… le crime des crimes… le commencement de la Faute. Cela dit, si tu as une autre solution à me proposer que celle du mélange, je veux bien encore t'écouter, étranger, mais de grâce, n'abuse pas de ma patience et de mon attention, sinon il t'en cuira. »
Puis l'Identité se tut et se renversa sur sa couche, éprouvée par cette tirade. Par moments, son corps se tendait brusquement, impulsé par la douleur, et s'affaissait pour laisser couler un filament de glaire. La Différence l'observait en silence ; voyant cela, l'Identité fit l'effort de se reprendre et murmura : « Etranger, je t'ai dit que je voulais encore bien t'écouter. As-tu d'autres solutions à me proposer ?
- Ô Identité, au risque de vous fâcher, la sincérité m'oblige à vous dire « non », je n'ai pas d'autre solution que celle-là même que je m'évertue à vous apporter et que j'estime la plus juste et la seule appropriée à votre situation.
- Le mélange ? Est-ce toujours ça ?
- Seulement l'union, ô Identité.
- Le mélange… j'entends bien.
- L'union et la vie, ô Identité.
- Le mélange… l'impureté.
- La vie, ô Identité. Rien que l'union, l'amour et la vie.
- Le mélange. La corruption.
- Le rythme, ô Identité. Rien que l'union, le rythme, l'amour et la vie.
- L'avilissement, la bassesse… le stupre, le désordre, la saleté… l'insécurité…
- La vie, ô Identité. Il ne tiendra qu'à vous de faire pencher la vie du côté où il vous plaira, et hors de la bassesse, du stupre, de la saleté et du désordre, comme et quand ça vous dira et au lieu que vous choisirez. D'abord la vie, ensuite de la vie vous ferez ce qui vous siéra.
- Mais ce sera toujours avec le mélange… le mélange… Si c'est toujours le mélange, tais-toi et va-t-en. Retourne d'où tu viens, étranger.
- Et vous abandonner à votre triste sort ? Non !…
- J'ai dit : va-t-en !
- Pour ainsi mieux mâcher vos regrets et ruminer votre désespoir ? Non !…
- Va-t-en, étranger !
- Pour mieux éprouver vos tourments et supputer les avantages de la mort ? Ou alors… pour savourer à l'avance et en secret les jouissances de la vie qui s'annonce.
- Arrière, étranger ! Va-t-en !
- Ô Identité ! et moi qui vous croyais douée de plus de raison ! S'incliner de la sorte devant quelques menus désagréments et scrupules, quand la vie éternelle vous réclame et vous promet monts et merveilles, liberté, richesses et gloire.
- Arrière, étranger ! Arrière !…
- Se résoudre ainsi au trépas quand le meilleur sur vous est à venir et passe par l'union qui vous porte à vivre.
- Assez ! Etranger, assez ! Arrière !…Arrière !… Triple arrière fourchu !
- Je m'en vais, ô Identité, je m'en vais… me retire. Je ne tiens pas à drainer vos dernières forces et préfère les savoir au service de la réflexion. Voyez, je ne vous demande pas une réponse immédiate. Prenez le temps qui vous reste, et n'est-ce pas qu'il vous en reste, pour la réflexion. Réfléchissez… mais réfléchissez vite. Vous avez toujours su faire preuve de réflexion par nature, pour votre vie vous saurez bien le faire par nécessité et atteindre enfin à la véritable pensée. Je m'en vais… je m'en vais, et pour tout dire, sans pouvoir vous promettre de revenir.
Et comme la Différence amorçait un retrait, l'Identité la rappela : « La vie… souffla-t-elle. Ô Différence, vous avez bien dit la vie, n'est-ce pas ?
- Oui, la vie, ô Identité.
- Vous avez dit l'union ?
- Oui, l'union, ô Identité.
- Vous avez dit l'amour ?
- Oui, c'est cela… l'amour, ô Identité.
- Alors commençons par la vie, et vite.
- D'abord par l'union, ô Identité. En passant par l'union.
- Par l'union ?!…Mais comment ?
- Par l'accouplement, ô Identité.
- Mais encore ?
- Par la fornication, ô Identité.
- Et comment ?
- Grâce au sexe, ô Identité. Grâce soit rendue au sexe. Avec le sexe, par le sexe, toujours le sexe, cinq fois par le sexe, cinq fois, ô Identité. Grâce au sexe. Et à la septième fois…
- Le sexe ?… Ô Différence, est-ce cet avorton à la langue fourchue qui vous sert de bras gauche ?
- Oui, ô Identité. Mais vous verrez combien il est nécessaire et utile ce sexe qui vous donnera vie, et encore vie, et toujours vie.
- Oh, le sexe… Est-ce vrai, ô Différence ?
- Oui, Identité.
- Alors allons-y, mais j'aimerais tant me préserver, ô Différence.
- Vous vous préserverez, ô Identité. Vous vous préserverez… vous vous préserverez tant qu'il vous plaira par la suite.
- Alors finissons-en !
- Oh oui, commençons, ô Identité. A la vie ! A l'amour ! A la vie ! A l'amour ! A la mort ! A l'avant ! A la vie ! A l'amour ! A la mort ! A l'amorce ! A la vie !…
- Oh !… Oh !… Oh, Différence !… Est-ce là l'union ?
- Oh oui, Identité… Oh oui… C'est le rythme… c'est le rythme… c'est la vie. A bas la répétition ! A bas la fidélité ! Et que vivent le sexe et l'union .
***
Et c'est ainsi que l'Identité et la Différence furent unies, non pas simplement pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour la vie, et encore pour la vie, bercées par le va-et-vient du rythme, dans un monde impur, un nouveau monde, un monde fondé sur le sexe.
Le couple eut beaucoup d'enfants, fréquenta une myriade d'univers, connut des joies, des malheurs, quelques soucis, puis se brouilla. En effet, rongée par un effroyable sentiment de cul-pabilité, et donc de réparation, l'Identité s'emporta et engagea le conflit. S'honorant d'avoir appartenu à un monde pur, parfait – ce dont ne pouvait se flatter la Différence, qui partageait le fatal mélange inhérent au sexe – et détenant ainsi le commencement, l'Identité revendiqua la première place, le rôle prépondérant, que lui conférait sa supériorité. La Différence ne l'entendit pas de la sorte. Alors le ton monta. La querelle s'envenima, fit grand bruit. L'on tenta de s'interposer, pour un arrangement à l'amiable. En vain. L'affaire fut portée devant un tribunal céleste. Les membres du Grand Jury se présentèrent masqués ; selon un accord entre les parties, sa composition demeura secrète et allait le rester jusqu'à la fin des temps. L'Identité et la Différence furent entendues. Les deux adversaires exposèrent tour à tour leurs revendications, leurs arguments. Puis le Grand Jury délibéra. Avant de faire connaître la sentence, il tint à souligner l'intérêt supérieur qui avait présidé aux débats et déterminé le jugement : la perpétuation de la vie. Aussi, au nom des générations futures, au nom de l'intérêt supérieur, au nom du mouvement inaliénable, au nom du rythme et de la couleur, un divorce ne pouvait être prononcé entre l'Identité et la Différence, les deux se complétant et formant un couple nécessaire ; néanmoins une séparation relative avait été envisagée. C'est à peu près en ces termes que s'exprima le Grand Jury, comme l'atteste le registre d'audience, où fut consigné le compte-rendu du procès et qu'on peut consulter encore aujourd'hui dans la Bibliothèque du Grand Observatoire Universel. La Différence fut condamnée aux dépens, condamnée à prendre possession de la nuit, à vivre désormais en dehors et ailleurs, et dans l'envers, seulement autorisée à se soumettre, et régulièrement, aux visites de copulation – ceci en attendant d'aborder le Troisième stade, où le sexe sera remplacé par une solution de continuité. Quant à l'Identité, la gestion du jour, de la scène et des oeuvres terrestres lui fut confiée ; mais en retour, elle devait formellement, et sous peine de mort, cesser toute pratique de l'inceste et de l'homosexualité.
La Différence fut profondément affectée par cette con-damnation. L'Identité, elle, se sentit lésée par ce partage des rôles, obligée de subir à nouveau le voisinage de la Différence et du sexe, responsables de ses malheurs. N'ayant pas obtenu vraiment réparation, elle ne se remit jamais tout à fait du sentiment de culpabilité et de l'outrage originel. Voilà pourquoi depuis ce temps, elle ne cesse de se répandre en lamentations et invectives, racontant à qui veut l'entendre, et répétant : « J'étais une, immortelle et pure, et régnais dans un monde pur, immortel et parfait, quand un sinistre individu non identifié a fait irruption dans mon univers, en rampant, la bouche en coeur, pour me voler mon bien le plus précieux, ma pureté, et y introduire le sexe et le mélange. J'étais une, immortelle et pure, ô Dieu, et maintenant par ce crime des origines commis, que faire de tous ces univers barbares aux sillons impurs, sinon les combattre. Le poète a dit : « L'espace est le temps de l'absence » ; mais le poète a souvent tort, ô Dieu, et se taira pour toujours quand je pourrai à nouveau me perpétuer sans le concours du sexe et de la Différence. Ô Dieu ! j'étais une, immortelle et pure, quand l'étranger a franchi mon seuil, corrompu mon sang… J'étais une, immortelle et pure, quand l'ombre de ta peau a baisé la clarté de mon miroir, y jetant la trace indélébile de ton odeur … Ô Dieu !… J'étais une, immortelle et pure, ô Dieu, quand la brûlure de la vie est entrée dans l'acier de ma cage pour ne plus en ressortir. »
Marcel Zang
« L'homme se sert du bronze
comme miroir ; l'homme se sert de
l'antiquité comme miroir ; l'homme
se sert de l'homme comme miroir. » Texte des annales des T'ang
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Wednesday, November 14, 2007
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Africa portentosa
« Il semble que voir l'Afrique
ce soit être aveuglé » Victor Hugo
Voyons : si on veut bien admettre qu'une femme devient d'autant moins « femme », autrement dit, plus accomplie, plus « Homme », lorsqu'elle est pénétrée d'un pénis au cours d'un rapport sexuel – et inversement en ce qui concerne l'homme - , l'un perdant son attribut au profit de l'autre dans une soustraction d'échange transcendant, on comprend dès lors qu'une femme n'est jamais moins « femme » qu'à l'instant de l'accouchement – quand, de l'humeur aqueuse de la vulve, du centre même de l'utérus, jaillit un têtard au prépuce sénile. Ce phallus, qu'elle exhibe ainsi de son centre, devient à son tour centre, centre du monde, de son monde : un enfant. Une --uvre. Une fin en soi. Un commencement. Le Centre.
Avant tout Principe et Réel absolu, le centre est l'un des quatre symboles fondamentaux, avec le cercle, la croix et le carré. Le centre des centres ne peut être que Dieu ; et c'est du centre que vient la vie. « Il est le foyer d'où partent le mouvement de l'un vers le multiple, de l'intérieur vers l'extérieur, du non manifesté au manifesté, de l'éternel au temporel, tous les processus d'émanation et de divergence, et où se rejoignent, comme en leur principe, tous les processus de retour et de convergence dans leur recherche de l'unité. Observons que les images de centre et d'axe, dans la dynamique des symboles, sont corrélatives et ne se distinguent que par leur point de vue : une colonne vue de son sommet est un point central ; vue de l'horizon, à la perpendiculaire, elle est un axe. Ainsi le même lieu sacré, qui recherche toujours la hauteur, est-il à la fois centre et axe du monde. Mais il est à noter que ce centre, s'il est unique au ciel, n'est pas unique sur terre. Chaque peuple – on pourrait dire chaque homme – a son centre du monde : son point de vue, son point aimanté. » (J. Chevalier et A. Gheerbrant, Dictionnaire des Symboles)
Le symbolisme du centre permet ainsi de mettre en relief deux de ses attributs : le premier c'est le centre défini comme Principe, c'est à dire, étymologiquement, « commencement », « origine », puis fondement, siège, foyer de rayonnement et de convergence, donc point de tension doué de propriétés actives, dynamiques ; le second trait est la correspondance entre le centre et l'axe « qui recherche toujours la hauteur ». Cette dernière caractéristique explique pourquoi tout Centre a tendance à se croire « supérieur », à réduire tout ce qui n'est pas de son champ d'appartenance, tout ce qui est autre, extérieur au Centre. Celui qui n'est pas Soi est un obscur, un singulier pluriel, un « étrange » - donc inférieur. Il faudrait trébucher sur ce « donc » ; cette conjonction est censée lier deux éléments : l'antécédent « étrange » et le conséquent « inférieur » ; pourtant, à s'y pencher, rien n'indique une causalité directe entre ces deux termes : l'étrangeté n'induit pas nécessairement l'infériorité. Mais c'est ainsi : ce n'est pas parce qu'il est différent, étrange, qu'il est inférieur ; c'est parce que étant étrange, différent, il s'expose comme centre – par l'attention qu'il crée - , donc susceptible de subvertir le Centre en place, de le décentrer, qu'il représente une menace, qu'il suscite le malaise, la méfiance, la peur, l'angoisse, l'hostilité, la haine, la répulsion ou le mépris (refus délibéré de prise en regard), et ce d'autant plus que le Centre établi se sent peu sûr de son fondement ; aussi cherchera-t-il à s'ancrer en s'opposant, en repoussant ce serpent qui cherche à s'introduire. Mais tout comme la lumière contient l'obscurité, et l'identité la différence, et vice-versa, le serpent y est déjà : c'est un trait, silencieux ; une ligne, bruissant de vie ; un frémissement qui n'a ni commencement ni fin, visible, invisible, indifférencié, susceptible de toutes les représentations, de toutes les métamorphoses – bouche d'ombre, dentelée, anus, glouton, anneau, souffle et siffle, hystérique, encore bouche d'ombre, et d'autant dangereuse qu'elle forme une circonférence ressemblante. C'est cet univers versatile qu'il s'agit de nier, c'est ce corps impur qu'il importe de traquer, de repousser, d'écraser ; et s'il est inférieur, c'est parce qu'il se meut dans les broussailles, dans les souterrains, dans le chaos des profondeurs, des émotions, océan d'humus, de copulation, foutoir de rythme, de couleur, de pleins et de vides, de trous et de queues… Alors penser l'autre, penser l'étrange, penser l'inconnu comme inférieur résulte tout simplement d'une logique des sens ; logique abdominale ; enchaînement névrotique, réaction de défense, car il y va de la survie du Centre, il y va de la survie de la mort, il y va de la survie de la vie. Thanatos et vit. Comme on le voit, c'est un problème d'espace, de position. Lutte pour le Centre. Pouvoir. Instinct de conservation. Naturel.
Et de même que l'obscurité et la lumière provoquent une égale attention, et que le silence et le bruit, le bien et le mal, le visible et l'invisible, de même l'étrange, l'autre, substitut de l'Autre au sens lacanien (le lieu de l'inconscient) – opposé, rival, complémentaire et cause de jouissance, de la Faute et du péché originel – tire également l'attention à lui, et parle, et tient un discours ; discours apparemment incohérent, discours sûrement barbarique, néanmoins discours troublant pour le Centre en place. Cette confrontation peut se hérisser en conflit (ôter absolument la parole à l'Autre – le diable niche dans l'incertitude et l'imprévu) ou s'élever en dialogue forcément impur (intégrer la parole de l'Autre – l'essence du désir et de la vie s'y trouve). Ainsi va le Centre ; ainsi va l'Autre ; ainsi l'attention : « L'attention est arrêt et adjonction. Elle est d'abord un réflexe d'investigation, le réflexe du « qu'est-ce que c'est ? » et suivant l'expression de Pawlow, une mise en garde, une alerte. » (Delacroix, Les grandes formes de la vie mentale)
Toute personne, comme chaque peuple, est avant tout son propre Centre ; et, dans un groupe, celui qui le plus haut lève le doigt attire l'attention et devient Centre ; de même est Centre celui qui détient la parole, et celui qui donne la parole, et Centre celui qui prend la parole, et Centre encore celui qui initie à la parole, et Centre aussi celui qui s'oppose à la parole – tous objets d'attention et, dans le même temps, maîtres du « commencement », premier attribut symbolique du centre.
Ainsi celui qui détient le « commencement » (source, géniteur, initiateur, premier en ceci ou en cela) peut à juste titre s'en prévaloir pour revendiquer sa position de Centre, centre du monde, aliéner le reste, conchier l'autre et jouir du sommeil du « supérieur ». Enjeu énorme, qui n'a pas fini d'engendrer des luttes implacables, souterraines, idéologiques. N--ud stratégique, vital, que le contrôle du commencement. Raison sans doute pour laquelle l'homme détourna la version sacerdotale de la Genèse (« Dieu créa l'Homme à son image, à la fois mâle et femelle ») et son mythe (« Eve est tiré du côté d'Adam ») pour en faire d'un Adam, indifférencié à l'origine, un mâle et postuler le plus tranquillement du monde qu'Eve (femelle) est née de la côte d'Adam (mâle) ; en termes moins anatomiques, l'homme précède la femme dans l'ordre de la création, et détient de ce fait le « commencement » - donc la position de Centre. Ce qui cautionnait la supériorité de l'homme et justifiait, par Dieu, ses privilèges et sa domination sur la fumanité. L'Eglise et le Coran se hâtèrent de bénir et d'entériner ce rapport des sexes. Et voilà comment le patriarcat apposa sa langue sur le sexisme, en un triple baiser de cendre : au nom du Père, du Fils et… d'une mère absente. Il ne faudrait pas perdre de vue que « racisme » vient du latin « ratio » qui signifie rapport de deux grandeurs et aussi – on ne le souligne pas assez – ordre chronologique. Et, enfin, comme la notion de « commencement » est intimement liée à l'idée de pureté (« chaste » ; « sans mélange »), on n'a guère de peine à imaginer la suite et toutes les dérives identitaires, intégristes et totalitaires – où la multitude se noierait dans un MOI dilaté, mondialisé, qui s'abreuve aux sources vénéneuses du « commencement » et de la pureté, louvoyant sans cesse de victime émissaire en victime émissaire, et du premier meurtre originel au dernier massacre, et de l'abomination de la traite négrière à « Mein Kampf », et des ruines de Sarajevo au Rwanda, et des enfants de la Palestine au « 11 septembre », et d'Hiroshima aux frappes chirurgicales, et du « sang impur » de la Marseillaise au « flamboiement » hugolien de l'ADN tropical, et ainsi jusqu'à la mort du dernier poète et de l'Afrique toujours renaissante, AF-RUI-KA (« le pays des matins renaissants ») – « cette morte immense sur laquelle Rome a jeté une de ces épithètes qui ne se traduisent pas : Africa portentosa. C'est plus et moins que le prodige. C'est ce qui est absolu dans l'horreur. » (Victor Hugo). Au nom du Centre, du commencement et de la pureté.
Marcel Zang
Ecrivain. Dernier ouvrage publié : Pure vierge (Ed. Actes sud-papiers, 2007)
A paraître chez Actes Sud, Le Programme.
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Sunday, November 11, 2007
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1- Marc, Marc, si tu savais ce que je ressens au fond de moi, au fond de mon ventre quand je lis ce que je viens de lire… (22 :29 :27 - 06/05/06)
2- Marc, je viens de recevoir ton message, c'est toi qui es adorable, c'est bien d'être près de toi… et je t'envoie mille baisers et tout mon amour. (22 :29 :27 - 09/05/06)
3- Un coin du ciel… viendront des beaux jours… Mieux me serrer dans tes bras… (15 :34 :04 - 14/05/06)
4- Marc, moi aussi je pense à toi. Et tu me manques aussi… Je me dis que la vie faut qu'elle soit belle pour t'avoir rencontré malgré tout. Je me sens lasse ce matin… un peu épuisée par beaucoup de choses. Je t'embrasse le plus tendrement possible. (12 :23 :02 - 16/05/06)
5- Marc, où es-tu ? Que fais-tu ? Avec qui, quelle femme ? M'oublies-tu ? (14 :29 :29 - 23/05/06)
6- Marc, Marc, qui a trop bu ce soir… Je me couche dans mon grand lit où je ne suis jamais seule… habillée aussi de tes fruits sombres. Tu es dans ma tête. Veux-tu en sortir s'il te plait, Marc? (23 :43 :28 - 26/05/06)
7- Cette nuit j'ai rêvé de toi. (10 :55 :51 - 27/05/06)
8- Marc, je sens ma libido remonter, monter, monter comme une petite bête… (22 :31 :39 - 27/05/06)
9- Marc je viens de rentrer, je vais me coucher, je pense encore à toi… je sais que tu es avec moi, et je suis avec toi. C'est tout, et c'est tout. (01 :32 :49 - 05/06/06)
10- Marc, je viens de me… et j'ai pensé à ta belle queue luisante aller et venir dans moi, devant et derrière. ( 22 :11 :29 - 07/06/06)
11- Marc, ce message n'est pas piégé ! Je voulais juste te dire que je me sens beaucoup mieux et plus légère. Je t'embrasse tendrement. (10 :57 :45 - 25/05/06)
12- Que se passe-t-il ? Je sens qu'il y a un binz… (15 :21 :45 - 30/05/06)
13- Tu es bien matinal aujourd'hui. Je t'embrasse. (08 :06 :32 - 07/06/06)
14- La véritable voie n'est pas difficile mais il ne faut ni amour, ni haine, ni choix, ni rejet. Si vous faites la moindre parcelle de discrimination, aussitôt le ciel et la terre sont séparés par une distance infinie… (22 :31 :16 - 07/06/06)
15- Désolée, Marc, je ne t'ai pas appelé pour cet après-midi. Mais tu auras compris que je ne suis pas libre, trop occupée … (16 :08 :00 - 09/06/06)
16- Marc, je t'envoie des gentillesses, des gentillesses, gentillesses, gentillesses… Des baisers tendres dans ton cou, mes bras autour de toi pour te serrer et sentir ta peau, ton corps, sa tension, sa douceur. Mes jambes autour de ton bassin pour sentir ta queue, ta queue contre mon amour. ( 23 :47 :33 - 09/06/06)
17- J'hésite à t'envoyer la photo que tu m'as demandée car je ne la trouve pas belle du tout ! (08 :03 :04 - 10/06/06)
18- Marc, je te sens bien inquiet et bien mal… Mais qu'est-ce qui te mine le plus au fond… ? (00 :35 :12 - 22/06/06)
19- Pour la Grèce ou le Portugal ? (20 :48 :46 - 04/07/06)
20- Décidément j'ai l'impression qu'on n'a rien à se dire… J'avais donc raison : on s'est éloignés. (23 :36 :42 - 04/07/06)
21- Ca m'embête que tu penses qu'on se voit peu parce que A. n'est pas là. Je m'en fiche de A., je pense que tu te trompes complètement sur moi et ma relation avec toi et elle. Je ne sais même pas où on va, toi et moi. (02 :12 :44 - 11/07/06)
22- J'ai hâte de te voir ! (18 :57 :25 - 15/07/06)
23- I'm waiting have myself a time… (14 :56 :32 - 17/07/06)
24- Où êtes-vous, cher ami ? (17 :41 :49 - 17/07/06)
25- Marc, si je le pouvais, je te télé-porterais tout de suite tout près de moi, ferais avec toi un gros câlin dans tes bras, et quand ce serait fini, te re-télé-porterais à coups de pied dans le cul vers tes pénates auprès de ton amoureuse du moment. Bise. PS : ceci est sensé être un message non hostile, d'affection en quelque sorte…(23 :14 :52 - 23/07/06)
26- En attendant, amuse-toi bien, et sache que moi aussi je peux faire comme toi. Si ça me chante. (23 :27 :10 - 23/07/04)
27- Et il semblerait que ça me chante… (23 :30 :10 - 23/07/06)
28- Si tu ne me réponds pas, j'appelle chez A. (20 :51 :54 - 29/07/06)
29- Je ne comprends pas pourquoi tu ne me réponds pas. J'ai quelque chose d'important à te dire ! (21 :03 :18 - 29/07/06)
30- Va te faire f… ! (21 :07 :45 - 29/07/06)
31- Tu peux considérer notre relation comme terminée. Merci. (23 :06 :58 - 29/07/06)
32- Je vois que tu t'en fiches, tant mieux, ça me conforte dans ma décision. Je pense vraiment que tu me prends pour une conne. Tu as raison, je vais changer. (01 :00 :58 - 30/07/06)
33- Je pensais passer chez toi ce soir… si tu es là… (21 :32 :23 - 19/12/06)
34- Tu dors ? (04 :53 :22 – 25/12/06)
35- Bonne année… (00 :13 :42 – 01/01/07)
36- Je ne veux plus jamais te voir, je trouve que tu es un petit pervers macho qui humilie les autres… (23 :29 :46 – 01/02/07)
37- Je ne t'abandonne pas, je ne t'oublie pas… je trace juste mon chemin très sinueux et parfois obscure… mais c'est le mien. Je t'embrasse, je t'appelle bientôt. (14 :23 :16 – 19/09/07)
38- Bien sûr que tu es le meilleur écrivain… pour « Le joueur, le vide et son double » bien évidemment et beaucoup d'autres encore… je suis très heureuse car ceci est juste. Tu le mérites ce prix au centuple ! Je t'embrasse très fort !… (19 :13 :29 – 21/09/07)
39- Marc, je suis en train de lire un « best seller »… une vraie merde… quelque chose pour les adolescents finalement… quelque chose qui fait plaisir au citoyen lambda… je pense dans ces cas-là que ce que tu écris est précieux, et finalement peut-être rare… Je t'embrasse. (14 :00 :50 – 18/10/07)
40- Céline a été très impressionnée de te voir dans le journal… j'espère que cet article donnera à beaucoup de personnes l'envie d'acheter ton livre. Bisou. 19 :24 :33 – 19/10/07)
41- Ca me ferait plaisir de te voir prochainement… Que faire ? Dois-je t'envoyer une lettre recommandée ? Puis-je t'appeler un après-midi ou un soir où je suis libre ? Bise. (00 :44 :24 – 17/11/07)
42- Je passerais bien ce soir si tu avais un moment… (20 :53 :16 – 25/11/07)
43- Auprès de toi j'ai trouvé du réconfort… tu m'as apaisée. Je te remercie d'avoir été là. Ta présence est un trésor. Tu occupes dans mon c--ur la place des enchantements. (02 :19 :53 – 26/11/07)
44- Pourquoi est-ce une douleur d'aimer ? (02 :44 :12 – 26/11/07)
45- Oui… Marc merci. Mais quand je parle d'amour et d'aimer, je parle AUSSI de toi. Tu es dans ma peau. (17 :23 :20 – 26/11/07)
46- Il me serait absolument impossible de tromper F… Ce serait pour moi complètement surréaliste ! Pire ce serait archi n'importe quoi. ( 18 :13 :38 – 30/11/07)
47- Ben oui… je te jure… y a des fois… y a des fois je me demande… mais où est-ce que je vais chercher tout ça… ! je t'embrasse. (18 :43 :09 – 30/11/07)
48- Marc, mon Marc, Marc à moi, moi aussi je pense beaucoup à toi… et je me trouve face à des évidences, des certitudes, et ça fait du bien de temps en temps d'en avoir… c'est tellement rare ! (22 :25 :00 – 01/12/07)
49- Salut Marc, que fais-tu ce soir ? (22 :30 :03 – 04/12/07)
50- C'est dommage que tu n'aies pu m'envoyer ton message de ce matin… j'aime avoir près de moi un petit message tout frais pour le lire de temps en temps… Je pense à toi Marc, et je sais que mes sentiments pour toi seront toujours au plus profond de mon c--ur dans des couches archaïques. 15 :06 :10 – 05/12/07)
51- Que fais-tu ce soir Marc, où es-tu ? Je passerais bien mais je ne sais pas à quelle heure … (2O :36 :28 – 06/12/07)
52- Que fais-tu ce soir Marc ? (20 :20 :10 – 15/12/07)
53- Bon, tant pis… tu sais j'ai très peu d'occasions d'avoir une soirée libre… Alors tu sais demain ou après-demain… je ne vois pas si loin… (20 :34 :06 – 15/12/07)
54- Je sortirai quand même prendre un verre en pensant une fois de plus que je peux aller me faire foutre… passe quand même une bonne soirée et je suis bien heureuse de ne plus rien attendre de toi. (20 :38 :31 – 15/12/07)
55- Merci Marc pour ce moment de vérité qui me rappelle des souvenirs assez humiliants… en fait entre nous on peut s'aimer quand on ne se voit pas… alors à dans six mois… Au fait es-tu avec A. ou B. ? Je pense que seule B. mérite cette discrétion… (21 :09 :49 – 15/12/07)
56- Excuse-moi pour hier soir… (11 :42 :29 – 16/12/07)
57- Je ne sais pas pourquoi tu me manques comme ça… ? (14 :43 :14 – 22/12/07)
58- JOYEUX NOEL… (23 :04 :17 – 24/12/07)
59- Je n'ai pas ta verve pour souhaiter la bonne année, je te souhaite en tout cas bien sûr bonheur et succès… j'ai comme l'intuition que cette année pour toi sera excellente… une petite voix me le dit… Je t'embrasse très fort. A bientôt. Anne. (11 :01 :32 – 02/01/08)
60- Et oui… Et vive « Le joueur… » !!! (19 :20 :12 – 21/11/2008)
61- Bonjour, je suis disponible demain toute la journée… N'hésite pas à m'appeler. Bon courage. Bon courage. Anne. (18 :58 :01 – 17/04/2008)
62- ??? (19 :12 :52 – 17/04/2009)
63- Certains contacts ne sont pourtant plus guère inspirants… On peut même regretter de les avoir eus… comme l'impression de s'être fait avoir… (19 :30 : 55 – 17/04/2009)
64- Amuse-toi bien … (22 :45 :02 – 17/06/2009)
FIN
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Sunday, October 28, 2007
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ADN
Tu es gène au monde
Erreur du monde
Question de choix
Horreur
Tu échappes au monde
Zang
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Saturday, October 06, 2007
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Le Centre et l'Intégration
A la lumière de l'histoire des migrations et des colonisations, il peut apparaître que toute forme d'assimilation sociale est en fait un processus de destruction et qu'il n'est de bons assimilés que transparents ou identiques à « Soi ». Et c'est bien ce qui se passe quand le « Soi » - le locuteur, le Centre – n'est pas évolutif ; et quand il l'est, on peut alors parler d'intégration, au lieu d'assimilation.
L'immutabilité n'est pas un caractère humain, et rien de vivant sur terre n'est immuable : une queue qui bondit, un nerf qui saille, une raie qui frémit, un homme qui pleure, une femme qui hurle, un tableau de Kandinsky, une errance de Mahler, un solo de Miles Davis, un poème de Césaire, une élégie de Rilke, une sonate de Pavese... modifient un regard, une pensée, un sentiment, varient sous ce regard, mille pensées, dix sentiments, et s'acheminent ainsi d'un homme à une femme, d'une personne à un groupe, d'un groupe à tout un peuple, suivant le temps qu'il fait, le temps qui passe, l'espace qui moule, le sentiment qui précède, accompagne, l'objet qui entoure, la rumeur qui pousse, les épines qui fouaillent, roses qui attristent. Rien de vivant n'est immuable et n'échappe à la réciprocité des influences, à la relativité des sensations.
Alors, de deux choses l'une : ou on n'admet pas qu'un élément étranger soit intégré dans un ensemble, ou on l'admet. Et si on l'admet, il faut bien se rendre à certaines lois et savoir que cet élément non seulement se modifiera, modifiera tous les autres éléments de l'ensemble, mais que l'ensemble lui-même en sera modifié. En d'autres termes, un étranger qui s'intègre dans un groupe, une nation par exemple, doit s'adapter, et par les efforts de sa volonté et de son organisme et par les influences inévitables, de même devront s'y adapter les autres membres de cette société, et la nation elle-même devra s'adapter à ce nouvel élément étranger, faute de quoi elle courra à la sclérose, à la mort, et au mieux elle aura sans cesse à faire face à des crises, à des « fractures ». Les efforts d'adaptation ne peuvent provenir du même et seul sens, mais doivent être réciproques. Une véritable politique d'intégration sociale ne peut s'instaurer que dans une telle optique corrélationnelle. C'est cela aussi qui fonde l'unité et la cohésion d'un groupe, d'une Nation – entité capable d'assumer et de synthétiser ses contradictions, à l'image « du grand artiste qui accueille en lui toutes les voix » (Walt Whitman).
Et s'il est naturel qu'une Nation repose sur certains principes et sur des valeurs fondamentales dans lesquelles se reconnaissent et doivent, par consentement et contrat, se reconnaître tous ses membres ; s'il est légitime qu'elle veille à l'intégrité de son territoire, il devient par contre utopique, voire absurde, qu'elle pense son identité comme immuable et relevant de l'intégrisme culturel – ce qui n'est pas incompatible avec la part de spécificité, de noyau irréductible, que comprend toute culture.
Marcel Zang
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