Aux poils verts et noirs tachés de blanc, ce Singe Enivré annonce la couleur à sa vue, il ne ressemble à rien de connu jusqu'alors.
Loin des fastes Rock'n'Folkiens ambiants de la scène rock parisienne actuelle, Hôtel Stella se hisse en porte-parole d'une jeunesse libre, décomplexée à la recherche acharnée du Beau.
Il semble loin le temps où la musique alternative enracinée se sentait obligée de se marginaliser par des postures et des textes décortiqués dans les rubriques faits divers et les tribunaux.
Certes, la production n'est pas celle d'une référence de pureté musicale comme Sergent Pepper's , les voix ne sont pas celles des frères Gallagher, la guitare n'est pas portée par Prince, la basse n'a pas la ligne d'un Paul Simonon, mais putain que cette fraîcheur impertinente est tendre à l'oreille de l'homme libre de goût.
La ligue noire, chant traditionnel repris au coin du feu par plusieurs générations détonne par son magnétisme intemporel, comme si les paroles avaient été écrites par une bande de punks légèrement éméchés mais amoureux de la langue française et de ses subtilités les plus inavouables.
Quant à Absinthe, cette ode à la boisson préférée des parisiens d'un autre temps nous plonge dans une atmosphère résolument archéofuturiste.
Fier de ta vie et Orage métallique, sortes de maximes de l'être humain enraciné semblent poser les fondements de l'esprit hussard du XXIème siècle à la sauce H.S.
Enfin ce 1er EP se clôture par un hommage à Paris, capitale chaleureuse à l'histoire débordante, loin de l'image bobisée que voudrait lui donner de force l'intelligentsia déracinée. Vous l'aurez compris, pour un premier essai, 2 ans après leur formation, les Hussards d'Hôtel Stella proposent un disque courageux, intelligent, frais et ludique, qui ne choquera ni vos parents amateurs de punk ou de hard rock, ni vos amis habitués au mollasson rock français soit-disant rebelle, tout en nettoyant les oreilles de votre petite sœur en total look Plastiscines.
Après le vote utile, le disque utile. Achetez Un singe enivré, faites barrage à la platitude généralisée.
Guillaume Vingtras