« Une voix et une guitare acoustique, ce n'est pas le plus facile pour accrocher l'attention, même si c'est ce qu'il y a de mieux pour voyager léger. On est d'autant plus épaté par le premier album de Gurval que celui-ci, né à Concarneau, ancré à la Roche-Bernard, a attendu 33 ans pour plonger en solo, avec son propre répertoire.
Le promeneur, c'est vrai, n'était pas sans bagages puisqu'après avoir appris à jouer de la guitare en autodidacte, fait trois années de Conservatoire, bourlingué entre Bretagne et Casamance Sénégalaise avec le groupe Ayebory, pratiqué la musique du Moyen Age en duo, il avait intégré en 2004 une troupe de théâtre.
C'est en avril 2006 que l'irrésistible envie d'écrire et d'interpréter ses chansons a saisi Gurval. Un travail de six mois avec, au bout – premier solide signe d'intérêt – la proposition de Ronan Manuel, animateur à Radio-France-Bleu-Armorique, d'enregistrer trois titres dans un studio de la station rennaise. Depuis, le baladin a pu mesurer, au fil de ses concerts, le capital de sympathie dont-il dispose auprès d'un public auquel il a choisi d'offrir sur disque la quasi totalité de son spectacle. Une plongée sans artifice dans un univers sensible où se mêlent petites et grandes espérances, coups de coeur et coups de gueule. « Je suis fou parce que ça m'arrange / ça m'donne une place dans le monde des anges », chante Gurval en tricotant des galops sur sa six-cordes. « J'suis tout renversé / J'voudrais pleurer », avoue t'il ailleurs, des lambeaux de nuit dans la voix. Une voix très personnelle, mélancolique et volontaire à la fois, dont le grain voilé rappelle formellement celui… d'Adamo.
Dans le généreux bouquet de dix-huit titres qui compose Hannah, il y a des moments forts comme Laisse toi porter (« Voler, décoller, surfer sur la voie lactée »), Et j'entends (« Marche comme ça / Tête en bas / Obéis moi »). Il y a aussi d'authentiques perles comme Bassaï, hommage fraternel à l'Afrique des déracinés, Oublier le temps, gravure brélienne en diable, ou encore le crève-coeur Schizo, peut-être le sommet d'un album à main levée impeccable jusque dans l'élégance de son emballage subtilement design. »
Jean THEFAINE-place publique
« Depuis tout le temps, Gurval a travaillé autour de la musique. Alors un jour, le 1er avril 2006, il a pris sa guitare, il s'est enfermé quelques mois et nous a offert cet album. Avec ses souvenirs de Casamance, ses amours inventées ou quelques images d'enfance, il a décidé d'être, de faire et de vivre ce qu'il avait toujours voulu. Tout seul. Guitare, voix, textes, production et diffusion. Du vrai travail d'artisan. Un artisan qui a le sens de la mélodie et la musique des mots. Surtout pour parler de l'amour, celui d'une petite Hannah, aux yeux de jade, avec sa voix qui vient du noir, sa voix qui a peut-être bien sauvé Gurval, du noir… »
Ronan MANUEL-Revue Arthur
« Gurval d'abord c'est le coeur. C'est cela qui cueille le spectateur d'un crochet à l'âme. Gurval, il est intense. Il est lui-même. Dans ses textes, qui piquent assez fort quelques fois, l'on retrouve une part de fraîcheur, une part de douceur. De sa guitare dont il tire des rythmes et des thèmes à l'atmosphère mêlée de joie et de brouillard, il a fait une amie. Car il est seul en scène, avec elle. Son chanteur en bandoulière, elle vibre à l'unisson de la voix de Gurval. Car Gurval, c'est aussi une voix. Une voix inédite, personnelle, qu'on ne peut confondre, dont il fait d'ailleurs ce qui lui chante. Parce qu'en plus, l'artiste sait chanter. Il chante, il ne ondule pas. Son propos est dans ses textes et sa musique, et non dans les circonvolutions vocales qui font, quelques fois, passer les chanteurs pour des gymnastes. Mais Gurval, c'est d'abord le coeur. Plus que gros comme ça. Un sourire de Gurval fait passer une onde fraîche d'humanité et de tendresse sur le public assoiffé. Gurval c'est un concert, où l'on retrouve l'antique plaisir d'écouter un conteur. Merci. »
Rodolphe GAYRARD