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Lundi 7 septembre 2009
début des répétitions du nouveau
spectacle qui verra le jour en mars. Merci le Pôle Sud à Chartres
de Bretagne, qui nous accueille (sablés et chocolat dans la loge :
bientôt le caviar !). Fred Renno est le partenaire avec qui je
travaille depuis des années sur les spectacles (Hop
l'aventure, Nuit Blanche sur l'Ile Noire, Rue Keravel, Quelle drôle
de Terre) . Nous nous sommes déjà rencontrés plusieurs fois
depuis deux ans, pour essayer de mettre au point une histoire, un
scénario. Sans succès ! Enfin si : nous avons inventé de belles
histoires, mais comment mettre les chansons là dedans? Quelques
heures de flottement donc, le premier jour, pour trouver nos marques,
et régler nos boussoles...
Mardi 8 septembre 2009
ça y est c'est parti : on a trouvé le
bon cap ! Plutôt que de créer une « histoire » au sens
strict, quelque chose de linéaire, avec un début et une fin, notre
modèle sera plutôt une roue, avec ses rayons. Le centre : moi et
mes chansons. Les rayons de la roue : de petites histoires, ou des
images,
qui viendront animer les intermèdes et
les liaisons. Du coup, rien n'est interdit, ou plutôt (soyons
positifs) : tout est permis !
Découverte technique majeure : enfin
un micro chant HF qui ne pèse pas trois tonnes, qu'on ne sent pas
sur la tête, et qui est d'une qualité de son parfaite. Mobilité,
facilité de chant, pas trop sensible au larsen, c'est le paradis du
chanteur, qui se retrouve en pleine liberté de mouvement avec sa
guitare également branchée HF. Je nage dans le bonheur. Mais je me
sens un peu crevé le soir, quand même ! Pas évident de rester en
action toute une journée.
Mercredi 9 septembre
La difficulté d'un
spectacle de chansons, c'est que les gens viennent le plus souvent
pour entendre ce qu'ils connaissent déjà. Comment zapper « vache
grosse vache » ou « Hop là c'est le vent » ? Mais
le chanteur, lui, voudrait chanter au contraire les nouveautés, que
les gens ne connaissent pas... Entre les deux, il faut trouver un
équilibre subtil. Nous avons donc construit sur les deux premiers
jours un « cheminement » provisoire, que nous mettrons à
l'épreuve tout au long des semaines et des mois à venir : une
grosse douzaine de chansons : quelques anciennes, et beaucoup de
nouveautés.
Comme un maçon sur un mur, il y a
plusieurs étapes du dégrossi à l'enduit final. Sachant que les
chansons existent déjà, il nous reste à faire toute l'animation
entre elles, trouver comment elles vont résonner les unes avec les
autres, créer la « mise scène « pour certaines, si elles
'y prêtent. Aujourd'hui, nous avons commencé à entrer un peu plus
profondément dans le détail de l'interprétation. Surtout les
« intermèdes », où il y a un travail proche du théâtre.
Sans aller se prendre pour un comédien, il y a des techniques qui
ont fait leurs preuves, et que je dois appliquer, sous l'œil
vigilant de Fred.
Jeudi 10 septembre
Aïe, c'est pas si facile : travailler
sur un détail pendant une heure, on arrive à faire quelque chose de
pas mal. Mais le lendemain...C'est oublié. Donc la route est encore
longue, puisque des détails, il y en a quelques milliers.
Qu'importe, aujourd'hui nous avons balayé la deuxième partie
(provisoire) et l'ensemble nous semble cohérent, sur une durée d'un
peu moins d'une heure. On sera capable de proposer un brouillon de
filage en fin de semaine prochaine, quand Dom Thiboulet sera
intervenu au son et à la lumière, et que nous aurons encore un peu
plus creusé les détails. J'en ressens le besoin, d'ailleurs, dans
tous les domaines.
Parlons de l'équipe : Dom, c'est le
régisseur qui m'accompagne sur 95 % des spectacles, depuis une
quinzaine d'années. Il officie en ce moment à la fête de l'Huma,
et revient mercredi prochain. Autour de nous (Fred Renno et moi )
toute l'équipe du Pôle Sud à Chartres : Marie, Fabienne (relations
au public), Serge (son), et Dominique, of course, directeur du lieu.
On retrouve tout le monde le midi à la cuisine, où la cantine
municipale de Chartres nous sustente d'abondantes victuailles,
charcuteries, rôtis, et autres filets de poissons (ça...C'était ce
midi). Si on pense qu'il y a aussi à Morlaix chez Ipisiti : Marie
Laure, Michelle, Solenne; que j'ai passé une semaine cet été dans
les centres de loisirs de Landivisiau pour tester les nouvelles
chansons devant un public « vivant » (merci Isabelle et
Jean Luc !) ; que les musiciens (Vincent, Iwan et Yvan) arrivent dans
quelques jours...Sans oublier Siobahn ( prononcer« chevonne »)
à qui nous pensons 20 fois par jour pour lui faire une liste de
courses : dessins, des couleurs, de la déco...Ça commence à faire
un monde fou pour des chansonnettes.
Vendredi 11 septembre 2009
Si je reste un peu sibyllin sur le
contenu, c'est que je ne veux pas dévoiler de choses non finies.
J'ai du mal à faire écouter un album tant qu'il n'est pas mixé et
même masterisé. Et je préfère même le présenter avec son visuel
définitif, afin qu'il soit « indubitable »...La première
impression est souvent tenace, or, nous savons, nous, que notre
créature est modifiable encore pendant de longs mois. Elle est
vraiment vivante, jusqu'à la date de la création, et le restera des
mois voire des années après. Spectacle vivant !
En tous cas, malgré la date, pas de
grande catastrophe aujourd'hui. Mais je me souviens du 11/09/2001 :
nous répétions avec Patrik Ewen et Melaine Favennec au théâtre de
Quimper, pour l'enregistrement de l'album Kan Tri (sorti en juin 2003
: nous avions de l'avance !) . Drôle de journée, beau soleil, comme
aujourd'hui. Et le soir du goudron dans nos cœurs.
Le soleil, cette semaine, il brillait
fort dehors, mais on ne l'a pas beaucoup vu. On l'avait à
l'intérieur, puisqu'on a atteint notre objectif : une petite heure
de chansons et histoires, cohérente et rythmée. Enfin...Dans nos
têtes, en tous cas. Reste à mettre le résultat à l'épreuve d'un
public d'enfants, avec le risque d'avoir des surprises. C'est comme
si on avait le squelette de notre créature. La semaine prochaine, on
commencera à l'habiller de lumières et de son. La liste de courses
pour Siobhan est quasi complète...elle va tomber par terre : y a du
boulot ! Fred comme moi, nous imaginons un univers un peu déjanté,
le monde intime de Gérard en train de composer, d'écrire, qui prend
forme sous les yeux des spectateurs. Mais ce n'est pas Disney, hein !
Ce sera une petite cabane, pas un palais royal. Mais très
sympathique !
Mercredi 16 septembre
On dira : ils fichent pas grand
chose...Ils ont arrêté deux jours ! Fred Renno était sur un autre
chantier avec le Théâtre de l'Arpenteur à Paris. Quant à moi,
j'étais samedi soir à un concert avec mes deux collègu's Ewen et
Favennec, à Pont de Buis (« la grande descente ! »). Et
puis...Y a autre choses dans la vie, aussi, quand mêm' quoi !!!
Reprise aujourd'hui, avec Dominique
Thiboulet, régisseur son et lumières. Rares sont ceux qui sont
capables de bien faire les deux, et encore plus rares ceux qui
peuvent les faire en même temps! Bricoleur de génie, modeste,
gentil, patient, précis, jamais fatigué, toujours à l'écoute,
c'est un modèle en tous points. Dominique a le profil de
l'autodidacte : pas de diplôme, mais il a fait mille métiers, et
dans « Lost » ce serait lui qui sauverait l'équipe par
son don de l'improvisation efficace et pratique. Dans les spectacles,
il accueille les enfants avec gentillesse, sait mettre le holà aux
petits chahuts qui peuvent advenir, bref, c'est un mec en or, avec un
cœur d'or.
Mais il nous emmerde avec son mètre !
Vous voulez faire un cadre de 3 m ? Oui, mais les panneaux de bois
mesurent 1,22 par 2,44...De la vidéo? Oui mais...Des praticables?
Oui mais...Bref, son savoir faire technique vient remettre en
perspective nos rêves irréalistes...Et nous force à adapter au
réel les images qu'on a dans la tête. Dominique est un poète, un
grand rêveur du concret. Grâce à lui, nos images vont prendre
corps avec vis, bois, métal et câblerie électrique.
Jeudi 17 septembre
« Ouahh, c'est vieux! »,
« tu ne fais pas si vieux que ton âge... », « 60
ans, c'est mieux que rien » : c'est la dernière réaction que
je préfère : c'est mieux que rien ! Quelques commentaires des
enfants sur mon âge, ce matin, après la présentation qu'on leur a
donnée de l'état actuel des travaux, c'est à dire non terminés,
loin s'en faut. Mais si ça passe dans l'état actuel, ça veut dire
qu'une fois habillé, décoré, rythmé, vidéoté, éclairé,
accompagné de musique, ça devrait aller encore mieux. Or, il m'a
semblé que ça allait plutôt bien. La chanson la plus
« difficile », parce que la plus abstraite, c'est « la
petite Marseillaise ». J'en chante deux couplets sur les trois
(le troisième est plus général et moins concret) et il me semble
qu'ils m'écoutent.
Tout en jouant, et en essayant de
respecter les consignes que Fred m'a fixées, je les observe, les
regarde se tortiller sur leur siège au bout de quelques dizaines de
minutes, et me dis: là ça cloche, ici aussi...Reste à trouver le
petit détail qui les fera revenir dans notre voyage. C'est le dur
et le merveilleux métier de « chanteur jeune public » :
le public travestit peu ses réactions, contrairement aux adultes.
Puis l'après midi s'est passé, très
studieusement, à décortiquer avec Fred et Dom' chaque scène pour
lui attribuer son, lumières, vidéos, placement, dans des colonnes.
Ca bougera, of course, mais ça nous permet d'avancer, comme un
alpiniste avec ses piquets, quitte à changer de voie ou à revenir
sur nos pas un peu plus tard.
Vendredi 18 septembre
Travail sur les détails. Je me sens de
plus en plus à l'aise avec les chansons récentes. Mais je peux
aussi mesurer le chemin à parcourir quand j'en chante une ancienne.
Habiter une chanson, c'est un peu comme vivre dans une paire de
chaussures faite à votre pied. Dans les chansons nouvelles, les
respirations, les intentions, les petits accents sur les mots, les
attaques de notes, tout est à réfléchir sur l'instant. On est
dans la technique. Tant qu'on n'en est pas détaché, on n'est pas
dans l'interprétation pure, ni dans la relation au public. Or, c'est
ce qui est primordial à mes yeux.
Petit cataclysme, dans l'après midi,
avec l'arrivée de Siobhan (prononcer Chevonne, ce qui n'a pas grand
chose à voir...C'est un prénom gaélique) Gately, illustratrice
irlandaise qui vit à Nantes, et à qui j'ai demandé d'assurer tout
l'aspect graphique et plastique de l'ensemble. Siobhan a un univers
très rond, joyeux, coloré et plein d'humour. Et je voudrais qu'elle
illumine les chansons de ces qualités. Les éléments de décor que
nous avons envisagés jusqu'à présent avec Dom et Fred sont figurés
sur scène par des bandes d'adhésif fixés sur des pieds de
projecteurs. C'est vrai que même représentés ainsi, les volumes
sont un peu lourdauds, mais bon...
Siobhan peu à peu, gentiment, mine de
rien, nous fait prendre conscience du côté démesuré de notre
« cadre écran » qui est censé recevoir des images
vidéo...Et patatras ! Chacun de nous trois le savait, ou du moins le
ressentait. Mais aucun ne faisait le pas (faute d'avoir autre chose à
proposer, sans doute...) La venue de Siobhan aura donc eu le mérite
de remettre à zéro les idées de décor. Nous attendons désormais
ses idées pour repartir sur d'autres bases. Heureusement, nous avons
six mois devant nous ! Sinon, ce serait la cata !
Lundi 21 septembre
Allons bon...Dominique (« le
régisseur qui sait tout faire ») a la crève, et n'a pas pu
venir travailler. La grippe, peut être? On ne sait pas encore. Mais
heureusement, son absence ne nous paralyse pas aujourd'hui, puisque
nous avons pour programme de travailler uniquement sur la musique,
sans nous préoccuper de placement, de textes de liaison, etc. C'est
la 3ème partie de la création qui commence. Sont donc arrivés :
Vincent Burlot, mon bon compère depuis plusieurs années, (tuba,
accordéon) -Iwan Laurent, qui commence aussi à être un vieux
complice (percus) , et un petit nouveau, Yvan Knorst (guitares) avec
qui nous allons jouer ensemble pour la première fois.
J'ai choisi une formule originale et
pas des plus simples, mais qui va nous éviter de nous reposer sur
nos lauriers : en fait, Yvan est remplaçant. Comme Iwan et Vincent
sont assez occupés sur divers projets, il arrivera sûrement que
l'un ou l'autre ne soit pas disponible. Nous aurons donc une formule
de base avec Vincent et Iwan , mais pourrons aussi avoir une formule
avec Vincent et Yvan ou avec Iwan et Yvan...(et moi à la guitare,
bien sûr) et donc un son différent à chaque fois. Surprise !
Serge, le régisseur du Pôle sud, nous
a concocté un son aux petits oignons pour répéter sur scène, en
formation serrée, et nous voilà partis, une journée pour embrasser
l'ensemble du répertoire. Il y a pas mal de nouveautés mais je leur
ai transmis il y a quelques semaines les maquettes et quelques
grilles d'accords, si bien qu'ils ont déjà les chansons dans
l'oreille. Le soir, l'ensemble est dégrossi, et nous avons jusqu'à
vendredi pour affiner tout cela en situation. Croisons les doigts
pour que Dom' soit rétabli très vite...
Mardi 22 septembre
Dom' est encore malade...Il sera là
jeudi, je l'espère. Mais « the show must go on » : le
spectacle continue, il saura nous rattraper en temps voulu.
Fred Renno est le metteur en scène, ou
l'œil extérieur, si on préfère. Sa grande qualité à mes yeux :
il sait prendre en compte les problèmes particuliers que pose un
instrument, il sait que la chanson, la musique, ne sont pas du
théâtre, et cette connaissance nous épargne beaucoup de fausses
pistes. Il a aussi le sens du public, de la durée d'attention du
public, il a dirigé de nombreux spectacles, participé à bien plus
encore. Et on a eu souvent l'occasion de voir qu'on tire la charrette
dans la même direction. Le voici revenu, pour mettre en ordre et en
espace l'apport des musiciens.
Nous restons sur l'idée d'un « petit
orchestre », situé à « cour » (à droite pour le
spectateur). Et qui ne va pas bouger, ou très peu. Ça paraîtra
évident quand on le verra, mais en réalité depuis que je chante,
les musiciens m'ont toujours accompagné en demi cercle, de jardin à
cour, et moi j'étais au centre. Le nouveau système de micros HF
(sans fil) me permet d'évoluer dans toute la zone « jardin »
et en avant scène, voire même de me faufiler derrière les
musiciens si je le souhaite. Pour moi qui suis prisonnier depuis mes
débuts ( mais aussi protégé, il faut le dire) derrière mon pied
de micro, c'est une vraie ré-vo-lu-tion. J'en ai déjà un peu parlé
plus haut, mais cela se confirme avec l'arrivée des musiciens.
Parallèlement, nous faisons un effort
de minimalisme. Quels instruments sont vraiment indispensables?
Lesquels sont superflus? Le sax de Vincent passe à la trappe. La
guitare acoustique d'Yvan a fini de la même façon : l'électrique
est un meilleur complément à ma guitare. En revanche, Iwan rajoute
des sonnailles à la cheville, pour avoir un peu d'aigu dans les
percus. Nous y gagnerons de la légèreté dans le transport, la
structure technique le temps d' installation.
Dom' est encore malade. Un grand merci
encore à Serge, car deux fois dans la journée il faut remodeler le
système de son, sa mise en place et son réglage, afin de rendre la
technique plus simple et plus discrète. Le groupe commence à
« sonner » et à swinguer, nous découvrons le plaisir de
jouer les nouveaux et les anciens morceaux dans ce nouveau son.
Mercredi 23 septembre 2009
Musique et jeu : journée de
confirmation, approfondissement, travail sur les détails...Il faudra
encore pas mal d'heures d'exercice avant que tout soit enregistré
dans les neurones et représenté en place. La journée était
consacrée en grande partie à Siobhan, qui nous a laissés la
semaine dernière sur un grand vide et de grandes interrogations en
ce qui concerne la scénographie et la partie visuelle. Elle est
revenue avec pas mal d'idées, qui, mises bout à bout, nous
promettent un joli univers, drôle, poétique et décalé. Sa
proposition pour le décor principal rejoint notre cahier des charges
de départ, mais en plus, il y a de l'élégance et de la légèreté,
ce qui nous manquait...Hé oui ! C'est un métier. N'est pas chanteur
qui veut, pas plus qu'illustrateur ou inventeur d'images. Et je me
réjouis que l'équipe que j'ai réunie semble fonctionner aussi
bien.
Passage aussi d'un copain de Fred,
Guillaume, qui nous a bien renseigné sur les contraintes et
exigences pour une éventuelle projection de vidéo, si nous nous
maintenons cette idée. Le support (écran) la distance, la focale,
les puissances, les logiciels, etc. Encore un vaste sujet à
explorer.
Ce soir je suis lessivé, et ma voix
montre quelques signes de fatigue. Je chante plusieurs heures par
jour, et je n'ai pas vraiment la technique qu'il faudrait.
La cantine ce midi : les artichauts « à
la grecque » étaient excellents. Bravo au cuistot !
Jeudi 24 septembre 2009
Youpie ! Dom' est
revenu, fringant et plein d'ardeur...Et on l'a vu arpenter la scène
avec son mètre ruban, pour adapter à la réalité du terrain les
idées de Siobhan. Puis il nous a refait un son de façade, puis des
lumières : Dom' tel qu'en lui même.
Nous avons
travaillé dans le détail les arrangements avec Vincent (accordéon
tuba) puis avec Yvan (guitare). Jusqu'à présent, ils jouaient
ensemble, et forcément, se reposaient un peu l'un sur l'autre. Mais
dans la situation réelle où nous nous trouverons, ce sera...L'un ou
l'autre. Une bonne moitié de la journée s'est donc passée en
fignolage. Et ce travail s'est retrouvé en mieux dans le filage que
nous avons fait en fin d'après midi. Mot d'ordre de Fred, pour moi :
prendre son temps! Il est vrai que le syndrome du chanteur c'est de
penser : « si je ne suis pas en train de chanter ou de parler,
il ne se passe rien, la scène est vide ». En réalité, il
peut se passer pas mal de choses hors texte. Déplacement, musique,
petites actions...Encore faut il les charger de sens et d'intensité.
Pas évident pour le musicien.
Vendredi 25 septembre 2009
Dernière journée.
On engrange le travail de trois semaines (enfin, quinze journées, en
fait). Matin : nous revoyons les deux classes d'enfants que nous
avons vues la semaine dernière, et leur présentons quelques
chansons. Ils les ont découvertes en solo. Maintenant nous sommes
quatre. Les arrangements ont enrichi les interprétations. Je
constate (avec plaisir) qu'ils ont retenu pratiquement la totalité
du répertoire ! Nous leur demandons de nous faire des dessins
représentant le décor qu'ils imaginent pour ce spectacle : d'un
côté, « chez Gérard » de l'autre « un jardin de
Gérard ». Surprise ! La fin de la matinée se passe en
travail de détail.
Et l'après midi,
épreuve finale, nous présentons la totalité de ce que nous avons
travaillé devant trois ou quatre spectateurs / trices choisis
(Fabienne, ma femme, Marie Laure, qui travaille à la diffusion,
Dominique Grelier, Directeur du pôLe Sud). Réactions très bonnes
dans l'ensemble. Une question surgit, embarrassante : « avons
nous vraiment besoin d'un décor »? Ne va-t-il pas parasiter
les chansons? A débattre dans les semaines à venir.
Conclusion des trois semaines : nous
avons la matière de base, et, ce qui me réjouit vraiment, c'est
qu'on est dans le registre de la chanson. Quelques jeux ou textes de
liaison, bien sûr, mais la chanson est vraiment la matière
première, et de loin : c'est ce que je voulais. Cela peut sembler
bizarre, mais ce n'est pas si facile. Reste à voir ce que le public
va en ressentir, va-t-il entrer dans mon petit monde? A suivre en
mars, donc, lors des premières représentations.