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Wednesday, December 24, 2008
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On s’assoit pour être soi-même. Un peu le même que debout. Même si on n’arrive plus à les joindre. Même s’il est des absences insupportables. Des sales attentes. A tant y croire, on anime l’entourage. On anime notre rage. On réanime des souvenirs. On esquisse des sourires. On se met à y croire. Salle de réanimation. J’ai serré tellement fort. J’essaierai tellement fort. J’ai fait un bleu au bras du fauteuil. Objets inanimés avez-vous donc une arme ? Pour me rendre envie. Envie d’attendre. Envie de tendre la main à tous ces silences. Ces silences assis. Ah si seulement… Je me suis assis seul. On s’assoit pour être. Je me suis assis. On est soi peut-être. On peut être chez soi. On peut être chaise soi. N’importe quelle chaise qui soit. Elle fera l’affaire. Elle fera me faire le tour. Le tour de mes attentes. Des mes attentes ténébreuses. On attend toute sa vie. On attend des sans vie. On s’enracine dans une salle sans lumière. On sent racine. On donne son âme aux meubles immobiles. Au dos des chaises qu’on caresse. A l’immatériel qu’on finit par tutoyer. Personnifier. Personne ne se fie aux effets secondaires. Ces effets au bord de l’assise. Comme pour rester dans une situation inconfortable. Ces absences qu’on prend au pied de la chaise. Au fond. Ces absences qui nous habitent. Ces objets d’attente qui nous animent. Ou nous immobilisent. On s’impatiente assis. On s’impatiente ainsi. On en ferait presque un cinéma. Un cinéma d’art et des chaises. Un cinéma de toute une vie. Une vie d’attentes. Une vie d’absences. Une vie assis à attendre on ne sait trop quoi. Mais comment ? Comment peut-on s’appuyer sur un dos sans vie ? Mais comment peut on rester sans envie de confondre l’immatériel et le sanglant. On y va. Sans gant. On défonce les portes ouvertes. On sert les bras de bois. Transperce les dos de métal. On écrase les pieds par à-coups. On saigne le tissu des accoudoirs pour ne plus qu’ils nous collent à la peau. On brise le silence de ces longues attentes assises. De ces chaises longues d’attendre aussi. On est dans un sale état. Un état de siège. Entouré de vide. Cerné. Fatigué d’attendre. Alors on s’allonge. C’est si long. C’est sans fin. On passe des vies entières sur des objets sans chair. On passe des vies entières à attendre. On passe nos vies à braver les absences de ceux qui nous sont chers. Nos chers disparus. On passe nos vies en état de siège.
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Sunday, February 17, 2008
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J'ai couru sous les pluies torrentielles de janvier. Sous la chaleur et sous l'eau. Sous la pluie chaude comme jamais. J'ai couru à en perdre la liste des courses à faire. Je voulais faire la course contre le temps. Pour qu'il passe plus vite. Pour que je puisse effleurer ta peau plus tôt. Plus tôt que prévu. Plutôt que cette pluie torride que ma peau aimait mais refusait en même temps. Tant il était temps. Temps de te retrouver. Toi et ta peau. Sucrée comme un sirop de canne à sucre englouti sous l'orage. A moins que ce soit la pluie venue se mêler au sirop. La pluie sucrée comme ta peau. J'ai fini par croire ou rêver que cette pluie torride ressemblait à ta peau. J'ai fini par me sentir bien avec cette pluie « ta peau ». J'ai fini par en oublier la fièvre et ne plus avoir froid mais chaud. Mon corps a fini par se réchauffer. Il faisait 35 degrés et moi j'avais eu froid tout le temps. Tout le temps passé à me sentir loin de toi. Et puis sous la pluie torride, ma peau a brisé cette glace, cette distance et cette absence de rêve. Je t'ai sentie près de moi. Plus la pluie me lavait de cette distance difficile plus je plongeais dans le souvenir de ta peau, de tes perles de vie, de ton sel, de ta fleur et de tout ce qui m'effleure quand nous sommes l'un à l'autre. Plus je plongeais dans ce rêve et plus je courrais sous la pluie. Je courrais dans les rues de Kuala Lumpur, je courrais dans les wagons du monorail, je courrais. Et plus j'avançais plus nos odeurs et nos images étaient présentes en moi. Plus je courrais, plus j'avançais vers toi si loin et plus la pluie me réchauffait. Plus la pluie se transformait d'acide en sucre. Plus la chaleur qui remontait de la terre me donnait de la force pour courir, encore plus loin encore plus haut, encore plus vite.
Et puis… Et puis le temps, la fièvre et la pluie m'ont joué des tours. Je courrais, je rêvais vers toi sous des tours vertigineuses. Le vertige s'est invité dans mon rêve, dans ma course. Le sommet des tours me paraissait être des planètes plus lointaines que la lune. Peut être avais-je perdu la notion de distance. Je me sentais loin et proche de toi en même temps. Et le temps me paraissait long et court à la fois.
La chaleur de ta peau me manquait comme un antidote. J'étais malade. J'étais fiévreux. J'étais malade de distance. J'avais le vertige. Le vertige de toi. De ta peau. J'avais chaud, j'avais froid, j'avais toi dans la peau. Comme toujours. Pour toujours. J'ai repris un sirop à la canne à sucre glacé. Je me suis allongé sur l'herbe brûlante sous les tours et j'ai laissé passer le temps et les rêves jusqu'au retour.
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Saturday, November 03, 2007
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Je me suis assis au bord de l'autre Cette part de moi qui fait des vagues
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Monday, October 22, 2007
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Je suis las des haines. Las de toutes ces peurs des autres. Ces étrangers contre ces êtres rangés. Mais pourtant l'un contre l'autre ça pourrait être beau et bien aussi. Un autre contre. Un contre qui parle de chaleur humaine. Tu te rends compte ? Tu te rends contre un morceau de toi. Un morceau de papier et plus encore, s'il vous plaît. Ca ne me plaît pas. On joue à se tester jusqu'au plus profond de soi. Même. Au plus intime de soi. Il n'y a plus d'intimité pour les services dits compétents. Je suis las. Las des haines. Ca m'oxyde tout ça. Ca me rend acide. Amer. Je suis las. Las qu'on nous monte les uns contre les autres. Las que la crainte la plus forte devienne celle de l'autre. Du voisin. Las de ces dessins de moutons noirs. Las de ces idées de test. Las de ces idées noires. Je suis las et affolé. Affolé par la bêtise de l'homme. Notre bêtise. La mienne donc, aussi. Je ne veux pas qu'on oublie les richesses que chacun a au fond de soi. Las de ce manque de respect. On peut tous apprendre les uns des autres. On peut toujours apprendre d'un autre quel qu'il soit. Toujours. Des expériences. Des souffrances. Des joies. Des échecs. Des succès. Des vies. Du passé. Je suis affolé de ce manque de respect. De ces têtes qui finissent par se baisser. De ces corps qui finissent par se plier. De ces sous-France. Des ces regards de haut. De cette notion « d'en bas ». Je suis las. Las des haines. Las des peines. Qu'on oblige. Qu'on inscrit. Nous sommes tous égaux. Egaux en quoi ? En droit ou en courbe ? Vivre courbé. Nous sommes tous égaux devant notre bêtise. La seule courbe qui monte c'est celle des uns contre les autres. Nous sommes très forts avec notre bêtise. Très forts pour nous monter les uns contre les autres. Je suis là. Las des haines. Un échantillon que l'on prélève, ça s'appelle un jeu. Et puis on teste. Je déteste. Ces jeux là. J'en suis las. Tous ces termes techniques. Tous ces mots et ces formulaires qui remplacent les sourires, les regards, la compréhension, l'écoute. Je suis las. Je suis là, et je ne me courbe pas.
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Sunday, July 29, 2007
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Tu es mon ombre il Tu es mon monde Tu es mon ombre il du monde Tu es mon ombre Je suis tes pas Ce que je suis je ne sais pas Ce que je sais c'est que c'est toi Toi mon île Toi mon ombre Toi mon il, mon monde Mon nombril du monde Et je te crie et je t'écris Des maux en nombre Toi tu ris et moi je sombre Toi tu vis et moi je tombe A tes pieds Loin de toi Chaque seconde ne compte pas La lumière ne joue pas Ce qui luit c'est toi Tu es mon ombre Tu es mon il Tu es mon nombre il Mon monde
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Saturday, July 14, 2007
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La délicate et talentueuse Cali Rise qui a plein de cordes à son arc (il suffit de naviguer dans les différentes rubriques de son site impudique pour s'en rendre compte) m'a fait passer sous le feu de ses questions. Et, comme nous sommes le 14 juillet, c'est un peu comme mon feu d'artifice à moi. Merci Cali Rise pour cette interview.
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Sunday, July 08, 2007
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Je suis resté longtemps sans rien dire Juste à te, nous, regarder comme ça Juste à genoux te sentir fuir A ce jeu nous ne trichons pas
Et moi je ne trouve pas ça juste, non Juste que si je reste longtemps sans rien dire C'est que cet instant feutré donne le ton Et non que je ne sache pas le saisir
Je suis resté un temps sans rien dire L'instant d'une vie qui passe J'ai pensé me regarder grandir Tout juste penché, te regarder en face
Et moi je ne trouve pas ça juste, non Juste de ne pas avoir eu le temps de dire Que je n'étais pas prêt à lui donner un nom A la voir de si près, à la laisser sévir
Je suis resté pourtant sans rien dire Le regard blessé, les lèvres glacées Je suis resté ne croyant pas sentir Une cicatrice qui ne pourra plus s'effacer
Et moi je ne trouve pas ça juste qu'il faille s'y faire Justement parce que l'on ne s'y fait pas On se ment, on se rassure, on veut la taire Mais cette blessure restera toujours au fond de soi
Je suis resté sans rien dire Mais je voulais crier, hurler, gémir Je suis resté et je t'ai vu partir Comme si d'une main j'aurais voulu la retenir
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Sunday, June 10, 2007
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Tu peux regarder vers le ciel pour tenter d'oublier Tu peux vouloir t'enfuir parce que tu ne sais où cela te mène Tu peux attendre un signe en croyant qu'il n'y a pas d'yeux pour toi Te jeter à la mer, pensant naviguer mieux dans le creux des vagues de la vie Tu peux t'imaginer des là-haut dans le ciel et des nuages confortables Comme on voudrait se cacher pour masquer quelque chose Tu peux avoir le vertige à te forcer à garder les pieds sur terre Tu peux tenter le diable en voulant être un ange Tu peux faire de sang-froid ce que les autres font semblant Te sentir perdu autour de tous ces bouts de vie Tu peux attendre les vents contraires et le soleil d'hiver Pour refroidir le cœur de ce qui brûle en toi Tu peux regarder en l'air pour reprendre tes esprits Tu peux lâcher ce que tu n'as jamais pris Tu peux te sentir coupable des fautes que les autres t'ont avouées Tu peux apprendre à voler sans savoir crier gare Tu peux perdre le nord à penser tes blessures Tu peux voir des étoiles en plein jour et te battre dans le vide Tu peux être triste jusqu'à en avoir la nausée Tu peux te croire seul plus il y a de monde autour de toi Tu peux t'inventer des mondes et rêver du réel Tu peux regarder vers le ciel Tu peux avoir les jambes qui tremblent te sentant fort et fier Tu peux être contre toi mais avec tes faiblesses Tu peux perdre le fil des jours et le calme des nuits Tu peux être amer car cela va de paire
Tu peux tourner autour de ta peau autant que tu le souhaites Mais au final tu resteras toi-même Alors tu peux vivre aussi tout simplement Tu peux…
(c) Gregory Sey
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Thursday, May 17, 2007
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Te regarder danser Avoir de la chance Se dire qu'une vie ça va bien plus loin Que des rêves Des rêves-errances C'est fou comme toi tu danses si bien
Ne plus avoir peur du soleil peur de la chance Et puis faire comme si de tout Comme si tout irait bien La chaleur et toi tu danses Dans mon cœur Aujourd'hui demain
Ne pas s'arrêter De rires en joies immenses Le parcours d'une vie qui se veut du bien Abandonner le regard à ta jolie danse Pendant des heures Le temps n'est plus rien
Abandonner les soirs à nos espérances Nos nuits, nos jours à nos lendemains Si tu me demandes à quoi je pense Je te dirais que je n'en sais rien J'ai juste, juste de la chance De vivre en te tenant la main
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Sunday, April 29, 2007
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Et si on se disait Encore une fois Des choses Qui vont de soi Des choses rien que pour toi
Et si on s'écoutait Parler de vive voix Et que tu poses Ta tête sur moi Pour une pause qui ne s'oublie pas
Et si on reprenait Nos études de l'être Où nous les avions laissées Tous nos essais Se transforment en bonnes nouvelles Toi tu le sais
Et si nous laissions les choses Qui vont de soi Venir à nous La main tendue Comme une toute première fois
Et si nous abandonnions nos cœurs Battant l'un contre l'autre Pour respirer en cadence Et danser l'amour et la vie Comme on danse le soleil
Et si nous décidions D'être heureux à vie D'être heureux De toutes ces choses Petites ou grandes
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