Le plus gros producteur de citation du rock (après Lennon peut-être), Liam Gallagher, a dit un jour à un journaliste un peu trop curieux « Tu sais mec, être dans un groupe de rock c'est le truc le plus équilibrant qui soit : c'est plutôt quand tu sors dehors que ça devient franchement inquiétant ».
Même si je n'irais peut-être pas jusque là dans la formulation, je crois que la base et le fond y sont…
Conceptuellement un Groupe se heurte à des tas d'obstacles et le défi à relever n'en est que plus beau. Un leader charismatique ? Génial pour l'image mais un peu opprimant pour les autres membres, non ? Un groupe de timides qui ne s'imposent sur rien ? Probablement pas mieux car le rock n'est à la base pas destiné aux concessions. Un quintette de musiciens à forte personnalité ? Ben ça se fricottera régulièrement certes mais je crois qu'il s'agit encore de la meilleure solution, le meilleur moyen que chacun soir fier de jouer la musique que l'autre compose. Et même si je sais pertinemment que je ne passerais pas mon temps à égrener des riff Beatlesiens ou des solos Oasisiens je suis loin de me sentir cantonné à des styles qui ne me procure aucune sensation, bien au contraire, et c'est bien la première fois que je prend un plaisir de gamin à (tenter) de faire sonner des titres carrément plus pop, surf-rock ou je ne sais quelle déclinaison de bon vieux rock. Une chanson associée à un genre particulier n'est en effet rien en tant qu'entité car celle-ci prend toute sa dimension par le truchement du groupe qui l'anime et en fait ce qu'il veut. Et c'est avec ce groupe aux influences très 60', 70' et 90' (chose que je n'osais plus trouver depuis des lustres…) que je me sens désormais en phase, et qui s'en plaindrait ? Une triplette de fille qui n'écoute ni Lavigne, ni Sum 41 ou autres Plasticines pour se consacrer à des groupes plus old school, ça n'existe que dans les rêves … et encore, quand je rêvais de ça il y a encore deux mois, je me réveillais en sursaut tellement la situation paraissait abracadabrante…
Alors évidement la musique prend du temps, évidement qu'il faut parfois prendre sa guitare (sa basse, sa batterie ou sa voix) alors qu'on tombe de sommeil mais qu'il y a d'un autre côté une chanson sympa à sublimer pour la transformer en quelque chose avec lequel les autres prendront leur pied à jouer. Au final, c'est certes très frustrant de ne jamais arriver à une version parfaite, la plus directe et épurée possible mais ce « travail » c'est tellement peu par rapport au plaisir que l'on en tire ensuite. La musique est bel et bien un art dans lequel le plaisir égoïste se magnifie ensuite pour atteindre un cercle bien plus grand mais reste avant tout un moment de partage privilégié entre ses membres qui sans elle, ne se seraient jamais dévisagés et qui abouti parfois, même si cela ne dure jamais très longtemps, à un état de béatitude musicale où tout le monde est en phase avec ce que fait l'autre. C'est peu être particulièrement exagéré pour certains, mais dans le tas d'autres comprendront : un vrai rocker ne fait pas dans l'« aseptisé universel », doesn't it ?
Bref, j'espère que l'aventure va durer, durer, durer…
Le rock est mort, vive le rock !
Dimitri