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La littérature est une affaire sérieuse pour un pays, elle est, au bout du compte, son visage. Louis Aragon BLOG - ACTU LITTERAIRE (Lire, Buzz littéraire, Le Mag.Littéraire, Philosophie Magazine, le Mag des Livres, Senso, Cronic'art, Teknicart, Inrocks, Télérama, Nouvel Obs, GQ...

laurence biava

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Last Updated: 12/6/2009

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Monday, November 17, 2008 
de Livres Hebdo - 17 novembre 2008
 
Dans Génie du proxénétisme, Charles Robinson donne à voir ce que serait le système de gestion capitalisme appliqué à la prostitution. Il y décrit La Cité, un immense bordel hiérarchisé, légalisé, dont les gérants et les employés vont tour à tour faire l'éloge. Sous sa forme d'apologie, ce premier roman est une véritable charge contre un système immoral et décomplexé.

La Foi mauvaise

Peut-être mieux que n'importe quelle méthode, le détournement littéraire peut délivrer avec force un message pour le moins provoquant. Génie du Proxénétisme pour Génie du christianisme : remplacer Jésus par les putes, c'est quand même y aller assez fort. D'autant plus que le livre de Charles Robinson ne se contente pas de revoir le titre de l'œuvre de Chateaubriand : il en reprend aussi la structure et en cite régulièrement des passages bien choisis.

Sauf qu'on est loin de la poésie religieuse qui a inspiré le romantique du XIXe siècle. Ici, c'est un patron d'entreprise qui parle, secondé parfois par ses collaborateurs : un directeur financier, un "directeur des relations humaine", une psychologue, la décoratrice en chef… Et même des prostitués, des "professionnels du sexe". L'objectif de leur discours ? Montrer le bien-fondé et la viabilité de "La Cité", grande entreprise montée au sein d'une région sinistrée pour la dynamiser, et qui n'est rien d'autre qu'un immense bordel organisé.

Dans Génie du proxénétisme, la foi chrétienne est donc remplacée par la foi en un système hautement capitaliste. Bien plus qu'un paradis incertain, c'est le profit immédiat qui redonne espoir. L'ordre naturel des choses peut désormais se résumer à la loi de l'offre et de la demande, y compris celle qui règne sur le marché du sexe.

Au suivant !

Dans la Cité, les proxénètes ne sont plus de vulgaires macs, mais des managers, formés en école de commerce et prêt à faire face aux exigences du métier. Les prostitués, eux, sont gérés à la chaîne, façon Fast-Food. Il faut entendre les propos tristement réalistes de l'un des responsables de la cité pour mesurer l'horreur de ce commerce : "Moi un mec qui me laisse en plan avec vingt clients dans le salon, franchement, la première fois c'est un coup de pompe dans le cul et il remonte l'escalier en string, et la deuxième fois c'est la porte, mais définitive."
Le pire est que loin d'être caricaturé, ce discours est celui de ceux qui veulent vendre et ont appris à le faire. Plus loin, le directeur financier se réjouit sans scrupules : "C'est un des avantages de la profession : une telle masse de liquidités offre des souplesses comptables et fiscales qui rendent le métier assez attachant."

Quelques films s'étaient déjà donnés pour objectif de dénoncer la culture managériale : notamment La Question Humaine de Nicolas Klotz, et Le Couperet de Costa-Gravas. Entre une comparaison avec la Shoah dans l'un et un dérapage jusqu'au meurtre dans l'autre, on voit à quelle violence et à quelle transgression le système impitoyable peut mener. Dans Génie du proxénétisme, la description de la Cité atteint des niveaux insoupçonnés d'immoralité. Plus le ton est froid et détaché, plus l'on a envie de gerber. Par exemple, à propos d'une nouvelle recrue : "Delphine, 17 ans, autorisation parentale, elle va se spécialiser dans les motifs d'adolescentes. (…) Les produits en fraîcheur, il ne faut les gâter avec rien, surtout pas d'artifices." Ou encore, pour parler des filles de la région, de "moindre qualité" et donc utilisées à la chaîne : "Un tour à la vidange, on remet en piste. Hard discount".

Dégueulasse mais vrai

Décrire un système gerbant en l'appliquant à la pratique de la prostitution, non moins reluisante, était le meilleur moyen de rendre ce système doublement gerbant. Ce qu'il y a de plus révoltant dans le discours des meneurs de la cité n'est pas tant la description crue des fantasmes de certains clients (et pourtant tout y est : sado, maso, scato, pédo, zoo, bobo) que la façon dont ces fantasmes sont aussitôt exploités.

Ainsi le boss de la Cité vante-t-il (vend-il) sa formule "spécial dépucelage", réservée à une élite ultra-sélective, étant donné le prix d'une telle "prestation". Les gamines sont recrutées à douze ans auprès de parents à la fois ignobles et désespérés, et formées à d'autres subtilités en attendant l'âge légal pour passer à l'acte. On en frémit d'horreur. D'autant plus qu'au lieu de passer vite sur ce genre de tabou, le boss de la Cité n'a de cesse de chercher à convaincre de la bienfaisance de tout ce que propose son entreprise : "Un dépucelage précis, soigné, inoubliable, tel que chaque parent devrait le souhaiter à ses enfants".

Génie du proxénétisme se révèle tellement effroyable, qu'il est parfois proche du genre de la science-fiction (le choix du nom de "La Cité", pour renvoyer à un microcosme, fait également apparaître cette filiation). C'est impossible, voudrait-on se dire. "La formule nuit complète, douze orgasmes et petit-déjeuner" ne peut exister dans aucune entreprise légale. Et pourtant, ne sommes-nous pas déjà arrivés dans une ère où tout s'achète et tout se vend ? Le livre de Charles Robinson anticipe bien ce que notre société capitaliste et décomplexée risque de produire de plus abject.

Saturday, November 15, 2008 
Dans le droit fil des auteurs lus à la Chapelle de Brive et du ton de sa dernière chronique de Lire -je fais court, "les bienfaits de la crise économique, vu d'un oeil littéraire -, Frédéric nous propose ce beau papier sur Paul-Jean Toulet et la biographie qui lui est consacrée. La photo de la tombe de Toulet à laquelle Frédéric fait allusion dans sa chronique et les "microrimes" de l'auteur sont visibles dans le SLIDE posé sur ma page, coté gauche.

A bientôt. lo. http://qg-le-cercle.skyrock.com

 

 Lisez Paul-Jean Toulet

 

Livre. Méconnu du grand public, il est l’un des grands poètes du début du XXe siècle. Une biographie le tire de son anonymat. Frédéric Beigbeder l’a adorée.

Match Livres

Par Frédéric Beigbeder


Ce qu’il y a de bien avec la crise, c’est qu’on va avoir le temps de se remettre à lire de la poésie. Après cinq décennies d’argent roi et de consumérisme effréné (aujourd’hui nous savons pourquoi nous avons été aussi débiles : c’était pour oublier la ­Seconde Guerre), nous allons désormais tous être pauvres, virés de nos boulots, jetés à la rue, obligés de vivre au présent comme des australopithèques. Nous allons chasser le pigeon dans les rues de Paris, pêcher les poissons radioactifs dans la Seine pour survivre. Nous allons recommencer à croire en Dieu, parce que nous aurons besoin de croire en autre chose que l’indice ­Nikkei. Et nous redécouvrirons le plaisir des poèmes, leur brièveté, leur éternité. Dans nos cabanes sans électricité, la seule distraction sera la récitation. Vous verrez que nous ne regretterons pas le XXe siècle. Au contraire, dans quelques dizaines années, nos enfants auront du mal à comprendre comment nous avons ­accepté de sacrifier notre jeunesse pour rembourser le crédit d’une BMW, quand il suffit de déclamer un quatrain de Toulet pour être heureux à pied. Exemple : « Toute allégresse a son ­défaut/Et se brise elle-même./Si vous voulez que je vous aime,/Ne riez pas trop haut.


Paul-Jean Toulet possédait cette chose, dont la rentabilité n’est pas ­immédiate, qui s’appelle la grâce. C’est un investissement hasardeux, qui ne ­rapporte qu’à titre posthume – « Les contrerimes » ne furent pas publiées de son vivant. Il mériterait d’être canonisé. Seuls les saints savent parler de la grâce : saint Augustin, Saint-John Perse, Saint-Pol Roux, Saint-Exupéry. Certes, le poète béarnais n’était pas très catholique mais la biographie de Frédéric Martinez devrait accélérer sa sanctification. « Biographie » ? Le mot est réducteur. « Prends garde à la douceur des choses » est le roman d’une vie dissipée, un hymne à l’amour et aux alcools forts, une chanson de geste sensible et triste comme la vie du plus grand fêtard mélancolique jamais enterré à Guéthary (avant moi, le plus tard possible). Cet article est impossible à rédiger : il faudrait recopier tous les poèmes simples, drôles, fragiles de ­Toulet. Ensuite, il faudrait retranscrire l’extraordinaire empathie avec laquelle Frédéric Martinez s’empare de sa vie pour la faire odyssée hussarde et tendre : « C’est une après-midi comme il dut les aimer. Le ciel est bleu ; dans trois heures à peine la nuit va le passer au noir, noyer le soleil de novembre dans les bassins des Tuileries, parmi le cri des mouettes qui ont perdu le large et le naufrage quotidien des petits voiliers quand s’en vont les enfants sages. » La vie de Toulet ressemble à son œuvre : elle est courte (53 ans), pleine de courtisanes merveilleuses et de plaisirs sévèrement réprimés (le poker, l’opium, l’alcool, le talent). Orphelin de mère, il a cherché sa beauté toute sa vie, partout, l’a retrouvée parfois, et perdue souvent. Il s’écrivait des lettres à lui-même, était l’un des nègres de Willy, éreinta une de ses propres pièces de théâtre, faillit travailler avec Debussy. Rien n’est plus ­déchirant que cette existence ­détruite par la recherche du mot parfait. ­Concilier le lyrisme et l’ironie, l’amour et la désillusion n’était pas une mince ­affaire ; ce genre d’efforts peut occuper toute une vie. « Mon amie Nane » (1905) y ­parvient. Pour la Toussaint, j’ai fleuri la tombe de Toulet, en même temps que celle de mes grands-parents. Je n’aurai pas la prétention de dire que j’épongeais une dette, mais enfin, tout de même, la gratitude se perd. Toulet a ­ouvert la voie à beaucoup de monde : Vian, Sagan, Blondin... La vie de ­Frédéric Martinez commence : il est né en 1973. Nous la lui souhaitons plus longue que celle de son idole, et aussi lumineuse que son livre, que nous ­déclamerons tout l’hiver, sous les ponts, à la belle étoile, pour fêter la fin du monde. Ou son début ?


« Prends garde à la douceur des choses. Paul-Jean Toulet, une vie en morceaux », de Frédéric Martinez, éd. Tallandier, 349 pages, 20 euros.

Wednesday, November 12, 2008 

LE PRIX SADE : JE PARIE SUR DEL AMO

 

Invoquant l'esprit de l'auteur auquel il doit son nom, le Prix Sade, dédié à l'héritage du divin marquis, récompense un écrivain «dont l'ouvrage aura su dépasser toute censure et toute oppression politique ou morale». A sa création, par Lionel Aracil et Jean-Baptiste Blanc, il couronnait en 2001 Catherine Millet pour la désormais célèbre «Vie sexuelle de Catherine M». Elle fait, depuis, partie du jury aux côtés d'autres «libertins», «dont le dénominateur commun est la liberté de ton autant que celle de l'esprit».

Parmi ses coquins acolytes, on trouve Frédéric Beigbeder, la porte-parole du plaisir féminin Catherine Breillat, Catherine Robbe-Grillet, dont les mises en scène de créations conjuguent sacré et érotisme. Mais aussi, Jean Streff, auteur du traité du «Fétichisme a l'usage des jeunes générations», Pierre Bourgeade, («Eros Mécanique», «Cybersex», «Sade et Ste Thérèse d'Avila»), Marcela Iacub, («Qu'avez-vous fait de la libération sexuelle?»), l'avocat Emmanuel Pierrat, et le juriste Lionel Aracil. L'année dernière, ils avaient récompensé Dennis Cooperpour «Salopes».

Le lauréat du prix, qui sera remis le 14 novembre à la Galerie Léo Scheer, recevra une œuvre unique d'un plasticien. Font partie de la première sélection:

- Guy Scarpetta: «Les charmes indiscrets de l'entrechat» (Editions Gallimard)
- Pierre Olivieri: «Les délices de Tunis» (Editions Panama)
- Laurent Schweitzer: «Latex» (Editions du Seuil)
- Alexandre Gamberra: «Un amour sans merci»(Tabou Editions)
- Aude Walker: «Saloon» (Editions Denoël)
- Frédéric Ciriez: «Des néons sous la mer» (Editions Verticales)
- Jean-Baptiste Del Amo: «Une éducation libertine»(Editions Gallimard)

Wednesday, November 12, 2008 

LE PRIX DECEMBRE AVAIT ETE PLEBISCITE PAR LES CHRONIQUEURS DU CERCLE LITTERAIRE LORS DE LA PREMIERE EMISSION LITTERAIRE DE RENTREE.

Comme celui de Jean-Marie Blas de Roblès (prix Médicis) voilà encore un roman que les libraires sollicités par l'Obs avaient repéré dès cet été comme l'un des plus importants de l'automne 2008: «Zone», de Mathias Enard (Actes Sud), vient de remporter le prix Décembre, par huit voix contre quatre aux «Voix off» de Denis Podalydès. Il succède ainsi à Yannick Haenel, lauréat 2007 pour «Cercle» (Gallimard).

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D.R.
Né en 1972, Mathias Enard vit actuellement à Barcelone. Membre du collectif Inculte, il a déjà publié "la Perfection du tir" (2003), "Remonter l'Orénoque" (2005) et "Bréviaire des artificiers" (2007).

Il est vrai que, sur les trois auteurs sélectionnés, Enard était le seul à n'avoir pas reçu de récompense significative - Podalydès ayant déjà obtenu le Femina essai la semaine dernière, tandis que Tristan Garcia, le troisième auteur sélectionné, décrochait le prix de Flore pour «la Meilleure part des hommes» (Gallimard). Sans doute cela a-t-il joué en faveur de «Zone» au sein du jury que préside Patricia Martin et qui, grâce au mécenat de Pierre Bergé, lui offre aujourd'hui la somme confortable de 30.490 euros. 

C'est pourtant bien l'un des romans les plus impressionnants de la saison qui se trouve ainsi salué. Et pas seulement parce que «Zone» repose sur un long monologue de 500 pages composé d'une seule phrase (entrecoupée de trois chapitres parfaitement ponctués, qui par contraste donnent tout son relief à l'exploit stylistique de l'écrivain). On aurait beau jeu, s'il n'était que cela, de crier au maniérisme. Mais ce monstrueux soliloque qui évoque Thomas Bernhard et multiplie les références à Apollinaire (dès son titre), Malaparte, Burroughs ou Lowry, dresse surtout le bilan terrifiant des guerres qui ont ensanglanté l'Europe et le bassin méditerranéen depuis l'Iliade jusqu'à nos jours, en passant par la Bosnie, l'Algérie, le Liban, l'Irak. Au bout de cet éprouvant voyage, c'est la face la plus sombre de notre histoire qui s'impose.

Né en 1972, Mathias Enard, qui a étudié l'arabe et le persan, sait manifestement de quoi il parle: il a séjourné à plusieurs reprises au Moyen-Orient. Et ce ne serait qu'un détail biographique si cette expérience n'ajoutait à la puissance de son livre, en imprégnant ses meilleures pages.

Monday, November 10, 2008 

Le Goncourt, plus prestigieux prix littéraire français, à Atiq Rahimi

Le Goncourt, le plus prestigieux prix littéraire en France, a été attribué lundi au Franco-Afghan Atiq Rahimi pour "Syngué sabour. Pierre de patience", tandis que le Renaudot, autre prix important, était attribué au Guinéen Tierno Monénembo pour "Le roi de Kahel".

Les deux prix, dont la proclamation constitue le point d'orgue de la saison des distinctions littéraires, vont donc à deux romanciers qui ont pour points communs leur origine étrangère et le fait qu'ils ont fui leur pays respectif et ses violences politiques.

Ecrivain et cinéaste d'origine afghane, Atiq Rahimi a obtenu le plus prestigieux des prix littéraires de l'automne au second tour, par 7 voix contre 3 pour Michel Le Bris et son livre "La beauté du monde".

Atiq Rahimi, 46 ans, de double nationalité française et afghane, est l'auteur de quatre romans depuis le début des années 2000. "Syngué sabour. Pierre de patience" est son premier livre écrit en français.

Après des études à Kaboul, Atiq Rahimi quitte son pays en guerre au milieu des années 1980 pour émigrer au Pakistan. Il demande ensuite l'asile politique en France et obtient un doctorat en audiovisuel à la Sorbonne.

Il adapte lui même son premier roman, "Terre et cendres" (2000), au cinéma et ce premier film est sélectionné en 2004 pour le Festival de Cannes dans la catégorie "un certain regard", obtenant le Prix du regard vers l'avenir.

Dans la tradition afghane, "Syngué sabour" est le nom d'une pierre magique à laquelle les gens confient leur détresse. Dans le livre de Rahimi, une femme veille son mari réduit à l'état végétatif depuis qu'une balle s'est logée dans sa nuque. La femme parle et se libère de l'oppression conjugale et religieuse.

Dans ce livre de poète, bref, d'une écriture sèche, avec des phrases courtes et rythmées, Rahimi décrit la réalité oppressante de la société afghane et la conception de l'islam qui y prévaut.

Atiq Rahimi est également l'auteur des "Mille maisons du rêve et de la terreur" (2002) et du "Retour imaginaire" (2005). Son oeuvre est publiée aux édition P.O.L.

Le prix Renaudot a été attribué avec beaucoup plus de difficultés à Tierno Monénembo, puisqu'il a fallu 11 tours pour couronner son livre "Le roi de Kahel".

Tierno Monénembo, 61 ans, est un écrivain africain francophone de réputation internationale. Il a quitté son pays, la Guinée, à la fin des années 1960 pour fuir la dictature de Sekou Touré.

Il a obtenu cinq voix contre quatre pour Elie Wiesel et son livre "Le cas Sonderberg".

Monénembo est l'auteur d'une dizaine de romans, dans lesquels il évoque notamment l'impuissance des intellectuels en Afrique et les difficultés que rencontrent les Africains vivant en France, parmi lesquels "Les crapauds-brousse" (1979) et "Peuls" (2004).

Il raconte dans "Le roi de Kahel" l'épopée d'Olivier de Sanderval, précurseur de la colonisation de l'Afrique de l'Ouest à la fin du XIXe siècle. Sanderval parvient à gagner la confiance du chef du pays peul et va tenter de se tailler un royaume contre la volonté de son propre pays.

Le prix Renaudot du meilleur essai a enfin été remis au psychiatre et neurologue Boris Cyrulnik pour "Autobiographie d'un épouvantail".

Thursday, November 06, 2008 

100000 VISITEURS SONT ATTENDUS A LA FOIRE DU LIVRE DE BRIVE ENTRE LE 7 ET LE 9 NOVEMBRE

voir www.beigbeder.net pour le lien vers le site de la ville et le programme complet des festivités.

Le blog continue sur place pendant deux jours.

La 27e édition de la Foire du livre de Brive, présentée comme la "première manifestation littéraire après le salon de Paris", sera présidée par Frédéric Beigbeder et les organisateurs espèrent y accueillir plus de 100.000 visiteurs, de vendredi à dimanche.

Cette édition, placée sous le thème des "Générations", sera l'occasion de rencontrer plus de 480 auteurs français, sous la halle Georges Brassens de Brive-la-Gaillarde, ainsi que des dizaines d'éditeurs et de libraires, "cheville ouvrière de la manifestation".

"Nous aurons tout ce qui a fait la rentrée littéraire", résume Christian Minos, chargé de mission à la mairie de Brive, co-organisatrice de l'événement. L'objectif cette année est d'attirer "les jeunes auteurs, que nous avons un peu de mal à faire venir", explique M. Minos. "C'est pourquoi la présidence a été confiée à Frédéric Beigbeder", considéré comme emblématique de cette jeune génération, ajoute-t-il.

Au programme de cette 27e foire, colloques, débats, représentations chorégraphiques, lectures publiques et autres expositions.

"Les trois lectures sont une nouveauté", souligne M. Minos, et seront assurées par Frédéric Beigbeder ainsi que par Annie Ernaux (lauréate du Prix de la langue française 2008, principal prix décerné à l'occasion de cette foire) et la troisième par Anny Duperey et Nina Vidrovitch.

Hormis les colloques - "plus pointus", selon Christian Minos -, le public sera également invité à participer aux forums, qui se dérouleront toutes les demi-heures au centre de la foire, au cours desquels un auteur et un médiateur seront amenés à échanger avec les visiteurs.

Parmi les personnalités annoncées, on attend notamment Amélie Nothomb, Bernard Werber ou encore Jean-Marie Blas de Roblès (prix Medicis 2008) et deux autres concurrents pour le Goncourt.

Outre le Prix de la langue française, trois autres récompenses seront décernées (le Prix des lecteurs de la Ville de Brive, attribué à Claudie Gallay, le Prix de l'académie Mallarmé, qui a récompensé Jean Ristat et le Prix Terre de France/La Montagne à Jean Marie Borzeix).

La jeunesse trouve également sa place dans la foire, libraires et éditeurs proposant un large éventail d'ouvrages destinés aux jeunes publics, qui ont d'ailleurs décerné trois prix à Julia Billet pour le prix 12/14 ans et Irène Cohen-Janca pour le prix des 15/17 ans, alors que le Prix de l'album jeunesse est revenu à Antoine Guillopé.

Thursday, November 06, 2008 
LISEZ LA MEILLEUR PART DES HOMMES
 
LE MEILLEUR DE LA RENTREE LITTERAIRE
 
LE MEILLEUR FLORE DEPUIS 4 ANS

Paru chez Gallimard le 22 août 2008

« Les années quatre-vingt furent horribles pour toute forme d’esprit ou de culture, exception faite des médias télévisuels, du libéralisme économique et de l’homosexualité occidentale. Dominique Rossi ne s’intéressa pas du tout à l’économie libérale. Plus tard, il regardera quand même la télé.
Ce fut la Grande Joie ! Il répétait toujours ça. Est-ce que c’était une période inédite de l’évolution de l’humanité ou un cycle régulier de libération, d’émancipation des homos, j’en sais trop rien.
« Ça ne ressemblait pas tant que ça à la Grèce antique, et plus du tout à Oscar Wilde» , rigolait Doumé, devant un verre de bourbon.
Il était à New-York, il était à Londres, il était à Paris.
« Rétrospectivement, je vois les années où le fric devenait une valeur sociale démocratique, où la Bourse, l’apparence, le look, le toc, le mauvais s’exprimaient dans une grimace généralisée de la planète, au grand jour. Esthétique pub de néons et de premiers écrans d’ordinateur Atari, fuseaux fuchsia, PAO et synthétiseurs. Le clinquant. »
Doumé éclate de rire.
« Nous… Pour nous, ça avait la couleur de l’amour – mais j’avoue que si j’avais été hétéro, ça aurait largement ressemblé à la fin de l’intelligence et à la couleur de l’enfer.« Mais moi, je baisais à l’époque, et on dansait. Ce n’était pas con, non, non. On sortait au grand jour, on s’éclatait, on avait le sentiment de l’appartenance. C’était la communauté, mais ça paraissait plus un univers qu’une prison. Ça changé par la suite. On comprend que c’est la même chose, au bout du compte. »
Dominique regardait ses pilules, toujours, avant de les avaler. Combien de fois il s’est trouvé assis sur ce fichu canapé rouge cerise, à côté de la chaîne stéréo. Il réfléchit.
Ce photographe l’a conduit au Palace, merde, jamais il avait ressenti ça. C’était un petit étudiant à lunettes, en chemise, même s’il était baraqué, on se sent toujours un enfant la première fois, et il marchait dans un couloir, avec le son des enceintes, les basses, surtout, qui vous prenaient au ventre ; il avait eu l’impression de marcher au milieu des colonnes et de soldats d’un temps ancestral, vers une arène. C’était violent, ça faisait mal, mais il y avait déjà le plaisir de penser que ce serait peut-être bon ensuite, un peu plus loin. Il allait pénétrer sur la piste de danse, la musique vous saisissait à l’estomac, il crut même franchement qu’il allait gerber, puis il a compris qu’il valait mieux se laisser ingurgiter par le son, comme un cœur géant qui nous faisait tous vivre et vibrer, à l’unisson. Il avait oublié Chostakovitch, Fauré, le bop et l’after-punk, tout ce qu’il connaissait, cette musique était vivante, elle était débridée, libre et contraignante à la fois, bien habillée et indécente. Il a appris à danser les mains au-dessus de la tête, et le pantalon sous les genoux, ensuite. Il a compris, comme chacun dans sa propre vie, qu’il était un corps. Il dansait – ce n’était pas agréable, au début, parce qu’il y pensait, puis il oubliait, et c’était bon parce que ce n’était plus bon, non, non, c’était bien plus que ça. Au diable le reste.
Et il jouissait.
« Merde, qu’est-ce qu’on pouvait jouir, à l’époque, je crois pas qu’on jouisse comme ça , aujourd’hui. »
Il ricana, se traita de jeune vieux con, de vieux jeune con. Il avait assez de conscience pour vous empêcher de le juger. Un temps. Un temps seulement.

Thursday, November 06, 2008 

BRAVO A TRISTAN GARCIA

PREMIER ROMAN : COUP DE MAITRE

si la très bonne critique de ce roman fut unanime dès sa parution, c'est en lisant la critique de Martin Chauffier dans Match il y a quelques semaines que j'ai vraiment compris qu'il aurait AU MOINS  le prix de Flore. Pour des questions de sensibilités, de cohérence, d'adhésion, plus que d'appointances avec Frédéric et son jury.   

AU MOINS...Car nosu ne sommes pas au bout de nos surprises.

baisers.

C'est la première fois depuis la création en 1994 du prix de Flore, du nom du célèbre café de Saint-Germain-des-Prés à Paris, qu'un roman est distingué dès le premier tour à l'unanimité des membres du jury. La performance est encore plus remarquable quand il s'agit d'un premier roman.

"La meilleure part des hommes" de Tristan Garcia avait été remarqué dès sa parution par la critique. Le jeune auteur de 27 ans, philosophe de formation, y revient sur les années sida à travers quatre figures emblématiques : deux homosexuels militants qui s'aiment et se haïssent, un brillant intellectuel, amant de la journaliste-narratrice qui observe et raconte. Trop jeune pour avoir vécu cette période, son récit est de la pure fiction. Toutefois, les tranches de vie et querelles militantes sont criantes de vérité et font du récit un véritable conte moral.

Créé dans l'esprit de se démarquer des autres récompenses littéraires, en distinguant plus particulièrement de jeunes auteurs, le prixde Flore est doté de 6.000 euros. Il a été décerné en 2007 à Amélie Nothomb pour son roman "Ni d'Eve ni d'Adam".

Wednesday, November 05, 2008 

Après le Fémina attribué hier à Jean-Louis Fournier pour "où on va , papa ?",

Le prix Médicis 2008 a été décerné à Jean-Marie Blas de Roblès

Le prix lui a été attribué au quatrième tour à égalité de voix avec Jean-Paul Enthoven pour "Ce que nous avons eu de meilleur" (Grasset), la voix de la présidente Anne Wiazemsky comptant double.

Le prix Médicis 2008 du roman étranger a été attribué i au Suisse de langue allemande Alain Claude Sulzer pour "Un garçon parfait" (éditions Jacqueline Chambon). Sulzer l'a emporté au second tour par six voix contre quatre à l'Américain Denis Johnson, auteur de "Arbre de fumée" (Christian Bourgois).

Le prix Médicis de l'essai a été attribué à Cécile Guilbert pour "Warhol spirit" publié chez Grasset, par six voix contre quatre à Elisabeth de Fontenay pour "Sans offenser le genre humain" (Albin Michel).

Jean-Marie Blas de Roblès, 54 ans, est un écrivain globe-trotter, spécialiste d'archéologie sous-marine. Après des études de philosophie à la Sorbonne, il a notamment enseigné en Chine et au Brésil.

Auteur de plusieurs romans et d'un recueil de nouvelles, il a reçu le Prix de la nouvelle de l'Académie française en 1982 pour "La mémoire du riz et autres contes".

"Là où les tigres sont chez eux" (Zulma), une variation autour de la figure d'un jésuite du XVIIe siècle, Athanase Kircher, est un roman foisonnant de près de 800 pages, auquel il a consacré dix années de travail.

Le personnage principal, Eléazard von Wogau, correspondant de presse dans le nordeste brésilien, part sur les traces de Kircher, jésuite, scientifique un peu charlatan, passionné d'orientalisme et de mathématiques. L'action du roman évolue de l'Europe du XVIIe siècle aux favelas du Brésil d'aujourd'hui.

"Là où les tigres sont chez eux" est également en course pour le Goncourt.

Je ne pense pas qu'il aura le Goncourt.

la bise

 

Monday, November 03, 2008 

Echenoz est-il tabou?

J’en suis à la quarantième (rougissante) divagation. C’est le moment de regarder en arrière. Les ai-je bien descendus ? Avais-je raison de sortir de ma malle aux souvenirs quelques vieilles photos jaunies ? Et qui s’en tape la coquille ? Blazer, Surcouf, à quoi bon tout ça ? Je me sens seul brusquement. Un coup de blues. Celui de la quarantaine, sans doute. Et, comme par miracle, l’envie revient. Je caresse le dos des Œuvres complètes (onze volumes à l’Age d’homme) de Cingria. J’ouvre au hasard le tome VI. Quelle leçon de vie ! «Et puis je m’en vais. Que c’est triste ! Non ! Que c’est triste et que c’est gai ! Il n’y a qu’à se laisser emporter et à très grande vitesse, vous et vos bagages, et, sans tarder —pour ainsi dire immédiatement— autre chose survient.» Ou bien, encore un Suisse, je prends les deux volumes de Ramuz dans la Pléiade et c’est reparti pour un tour, une phrase heureuse suffit, tirée d’Aline : «Et, chaque soir, au soleil couchant, quand venait l’heure, elle se sentait un peu triste, revoyant le petit bois, le pré et le ruisseau où son esprit s’en retournait, car l’esprit a la liberté et il est rapide, mais le corps est attaché et l’esprit se moque de lui.»

J’admets que, traduits en suédois, Cingria et Ramuz seraient, comme des ailes de papillons qu’on tripote, réduits à moins que zéro. Avec leurs grosses paluches, les arbitres du Nobel sont insensibles à la nuance, aux délicats mouvements d’une phrase, simple et fragile. Il leur faut du «message», de la grosse artillerie, identifiable et reconnue partout. C’est pourquoi, contrairement à ce qu’affirmait Frédéric-Yves Jeannet dans la page «Débats» du Monde datée du 19 et 20 octobre, Jean-Marie Le Clézio a bien «mérité» son Nobel. Son opinion, contestée aussitôt par des responsables du même quotidien, comme effarés d’avoir pu gâcher pareille fête, fut aussi attaquée par des lecteurs, écrivains ou enseignants qualifiés. Et puis, ce Jeannet, c’était qui ? Un simple professeur de littérature, drôlement gonflé ?

Il faisait la une du numéro de la rentrée littéraire de l'an 2000 des Inrockuptibles qui titrait que «le nouveau grand écrivain français est mexicain». Marc Weitzmann s’était rendu à Cuernavaca, au Mexique, pour lui tirer le portrait. Jeannet publiait chez Flammarion Charité, «le second volet d’une œuvre monumentale sur le temps… le fruit d’un manuscrit en ébullition perpétuelle, de notes accumulées au cours de multiples déplacements». On apprenait que, s’étant enfui de chez lui à seize ans, il était passé par Amsterdam, l’Ecosse, Londres, le Mexique, la Suède, l’Asie, l’Amérique, et encore le Mexiquedont il avait pris la nationalité.

Traducteur de Rimbaud en espagnol, fervent de Malcolm Lowry, de Cavafy, il pouvait se permettre de juger «immérité» le Nobel de Le Clézio, coupable, selon lui, d’être devenu un auteur de best-sellers.
La rentrée 2000, examinée huit ans après, permet d’ailleurs de mesurer combien celle qui nous occupe aujourd’hui est fadasse. On attend sans émotion la remise annuelle des prix.

En face de Charité, les éditeurs annonçaient le retour de Jean-Jacques Schuhl, avec Ingrid Caven, 99 francs, de Frédéric Beigbeder ou Veuves au maquillage, de Pierre Senges. Le Goncourt qui sortit du bois surprit tout le monde. Pierre Senges attendra son heure. Beigbeder a inventé un truc, le livre-concept. C’était le bon temps.

Fallait-il toucher à un cheveu de Le Clézio ? Un écrivain italien m’aura aidé à me sentir moins seul, Pietro Citati (dont je recommande Portraits de femmes, en Folio). De l’autre côté des Alpes, il a émis un doute sur le génie de notre nobélisé de frais. Sinon, j’ai eu l’impression d’avoir commis une faute aussi répugnante que ces sifflets qui saluent ici ou là la Marseillaise. On aurait dit que j’avais cuit une omelette (ou des œufs au plat) sur la flamme sacré du Soldat inconnu, en imitant Claude Figus, coupable d’avoir commis ce crime en janvier 1959.

Et si je remettais cela avec, par exemple, Jean Echenoz, l’éternel adulé ? Son Ravel m’avait semblé aussi sec qu’une biscotte sans sel, et bien pompé dans la dernière et meilleure bio du compositeur (chez Fayard). Je vais acheter Courir dès demain pour me faire ma petite idée et on en reparlera puisque Zatopek, avec Bahamontes et Fangio, fait partie de mon panthéon sportif.

BONUS

On me demande des conseils de lecture. En voici un : la biographie de Saint-John Perse par Renaud Meltz, chez Fayard, plus de 800 pages, passionnantes. Le poète est désormais quasiment illisible. Archi pompier, terriblement pompeux, il a «mérité» son Nobel. Mêlé médiocrement aux grands moments du siècle passé (il est pour la «non-intervention» en Espagne et fait de la figuration dans les accords de Munich), il demeure une proie excellente pour un bon biographe. On en apprend de belles sur sa vie amoureuse de chasseur de princesses. On s’amuse à le voir falsifier sa correspondance ancienne pour «gonfler» sa Pléiade, obtenue de haute lutte d’un Gaston Gallimard plus que réticent. Enfin, on admire comment il monte sa propre campagne pour le Nobel en se faisant aider par Dag Hammarskjöld, secrétaire général de l’ONU, qui devait en partie son élection à ce poste aux pressions de Hoppenot, le représentant français à cet organisme, un protecteur du poète d’Anabase.

• Raphaël Sorin •

Monday, November 03, 2008 

De cafés en restaurants, le monde de l'édition a ses permanences et ses nouveaux spots. À la veille de l'attribution des prix, un itinéraire très littéraire. 

Quoique doté en apparence de deux pieds, l'écrivain n'est pas un voyageur. Il descend de l'arbre. Sans parler des feuilles qu'il noircit à longueur de saison, son genre est de prendre racine. Et en bon végétal dans des endroits arrosés, cafés brasseries, restaurants. Est-ce parce que la Seine baigne le VIe, que cet arrondissement se caractérise par une forte densité d'écrivains au mètre carré ? Pour que son œuvre éclose, le romancier, le poète a besoin d'un environnement propice : ensoleillement, qualité de la moleskine, sourire du garçon. Belle plante, il demande à être arrosé, de café, de thé ou de bière. Autant de paramètres qui justifient son implantation à Montparnasse ou Saint-Germain. Hier, l'écrivain cherchait l'altitude à Montmartre. Ces dernières années, il appartient plutôt à la faune du Flore. Mais son comportement n'a pas changé. Encore aujourd'hui, la littérature française s'éclaire grâce à la géographie parisienne : Casa Bini, Dôme, Comptoir du relais, Rouquet, autant de jardins des plantes.

L'écrivain est le plus bel ornement de ces établissements parisiens. Leur yucca, leur cactus. On l'y trouve hiver comme été, à la même place. Sa permanence rassure. À voir cet homme solidement arrimé au zinc, on oublie qu'il est un bohème impénitent. Et derrière celui-là, qui exige que sa sole meunière lui soit apportée par la même serveuse (l'accorte brune), qui devinerait que se cache l'époux volage ? L'écrivain a la fidélité du lierre. Insaisissable pendant la journée, il est sédentaire aux heures ouvrables. En gros de 9 h à 11 h et de 13 h à 15 h 30.

Si les écrivains fleurissent dans les cafés et les restaurants, pourquoi les lauriers rouges que sont les prix littéraires seraient-ils décernés ailleurs ? De là le nombre de jurys littéraires ayant accolé leur nom à celui d'un débit de boisson : Les Deux Magots, Le Vaudeville, Le Nomad's, le Flore. Tout ça a fini par constituer un joli chapelet d'habitudes et de traditions. Le jour de la libération de Paris, en août 1944, un soldat américain se présenta à la porte de Lipp et tendit sa gourde à Roger Cazes en demandant du cognac. C'était Hemingway, ancien habitué des lieux : avec le retour des beaux jours, cette force de la nature reprenait des couleurs et venait puiser à la source le breuvage dont il avait besoin.

David Foenkinos : «Le Fumoir , propice à la confidence»

David Foenkinos a connu un gros succès en 2004 avec son roman Le Potentiel érotique de ma femme (Folio). Sa première pièce de théâtre, Célibataires, est jouée actuellement au Studio des Champs-Élysées, avec Catherine Jacob et Christian Charmetant. Il vient de publier Nos séparations (Gallimard).

Le Zimmer est mon endroit préféré. Ambiance feutrée à dominante rouge. Avec un nom allemand, ma langue préférée. Et un grand plus : c'est direct de chez moi par la ligne 14. Il est très important de ne pas traverser Paris avant un rendez-vous professionnel. Zimmer , 1, place du Châtelet, Ier. Tél. : 01 42 36 74 03.

Le Fumoir, un peu plus haut que le Zimmer, en remontant la rue de Rivoli. Endroit calme aux bougies, très propice à la confidence. C'est absolument idéal pour négocier des à-valoir. Le Fumoir , 6, rue Amiral-Coligny, Ier.Tél. : 01 42 92 00 24.

Mister Lounge, parce que c'est le quartier général de mon ami l'écrivain Serge Joncour. On pourrait croire qu'il y vit. C'est aussi un lieu idéal pour trouver le titre d'un roman : Le Potentiel érotique de ma femme , par exemple, est né là-bas en mangeant des spaghettis à la bolognaise.Mister Lounge , 11, rue des Halles, Ier. Tél. : 01 40 28 98 77.

Les nouvelles cantines de l'édition

 

L'Alcazar. Cet ancien cabaret, repris par Terence Conran il y a dix ans, est devenu une belle brasserie contemporaine aux volumes somptueux. Et un lieu de rendez-vous de l'édition .62, rue Mazarine VIe. Tél. : 01 53 10 19 99.

Les Éditeurs. Pour les petits déjeuners et à l'heure du thé, dans les salons cosy. Terrasse très prisée aux beaux jours. 4, carrefour de l'Odéon, VIe. Tél. : 01 43 26 67 76.

Le Nouveau Télégraphe. Après d'importants travaux, l'ancien hôtel Art déco des demoiselles de la Poste a rouvert en resto branché et joli bar lounge. 41, rue de Lille, VIIe. Tél. : 01 58 62 10 08.

Ze Kitchen Galerie. Dans un cadre moderne éclairé de toiles contemporaines, William Ledeuil réalise une cuisine de fusion d'inspiration thaïe. Écrivains et éditeurs au déjeuner, comédiens et « pipoles » le soir. Très branché. 4, rue des Grands Augustins, VIe. Tél. : 0144 32 00 32.

Le Comptoir du Relais. L'adresse d'Yves Camdeborde (ex-Régalade) s'avère l'un des cafés-brasseries les plus courus de la capitale avec file d'attente sur le trottoir. Le soir, deux mois de délais pour goûter une cuisine de bistrot plus sophistiquée. 6, carrefour de l'Odéon, VIe. Tél. : 01 44 27 07 97.

Claude Saint-Louis. Restaurant à l'ancienne, cuisine roborative. On y croise de nombreux sénateurs, mais aussi des figures de l'édition. Cantine de Philippe Tesson. 27, rue du Dragon, VIe. Tél. : 01 45 48 29 68.

 

 

Qui rencontrer au Flore ?

 

Le Prix de Flore sera décerné, le 6 novembre. Il devrait attirer, encore une fois, le tout-Paris des lettres, dans le prestigieux café du même nom. Mais le Flore n'attend pas ce genre de cérémonie pour faire le plein de people. Le célèbre « monument » du boulevard Saint-Germain, que fréquentaient jadis Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, reste attractif. Au premier étage, vous pouvez apercevoir la mécène de la mode Sonia Rykiel, qui vient régulièrement déjeuner. Elle prend en général la même table. Bien d'autres figures - journalistes, artistes - y ont leurs habitudes. Le dimanche, la scénariste et cinéaste Danièle Thompson et son mari Albert Koski aiment bien organiser au Flore de joyeux banquets de huit à douze personnes. Parmi les fidèles, nous trouvons aussi le patron du Nouvel Observateur Denis Olivennes. Il s'y rend pour travailler ou se détendre le week-end avec ses enfants. Nous pouvons aussi rencontrer une médiatique personnalité du PS : tard le soir ou le matin, au petit déjeuner ou à midi, Pierre Moscovici s'arrête dans le célèbre café où il croise certainement Bernard-Henri Lévy et le romancier Frédéric Beigbeder. L'auteur de L'Amour dure trois ans et de 99 Francs considère le Flore comme sa deuxième maison. ll y travaille, invite des amis. Le café rayonne aussi au-delà du cercle germanopratin puisque les cinéastes américains Quentin Tarantino, Francis Ford Coppola et l'acteur Robert de Niro ne manquent pas d'y faire un tour quand ils séjournent à Paris. Enfin, Amélie Nothomb le fréquente souvent depuis qu'elle a reçu le prix de Flore en 2007. Pendant un an, le lauréat se voit offrir un verre par jour de Pouilly, à boire dans une coupe gravée à son nom. La « best-seller woman » semble y avoir pris goût. L'amour avec le Flore dure bien au-delà de trois ans.

Café de Flore. 172 bd Saint-Germain (VIème). Prix de Flore, le 6 novembre. Tel : 01 45 48 55 26. Ouvert jusqu'à 1h30 du matin.

 

 

A suivre : l'agenda des prix littéraires

 

Prix Médicis : le 5 novembre à l'hôtel Lutetia (45, bd Raspail, VIe).

Prix de Flore : le 6 novembre au café de Flore (172, bd Saint-Germain, VIe).

Prix Goncourt et Renaudot : le 10 novembre au restaurant Drouant (16-18, place Gaillon, IIe).

Prix Décembre : le 12 novembre à l'hôtel Lutetia (45, bd Raspail, VIe).

Prix Interallié : le 18 novembre au restaurant Lasserre (17, avenue Franklin-Roosevelt, VIIIe).

Prix Wepler-Fondation La Poste : le 24 nov. à la brasserie Wepler (14, place de Clichy, XVIII e ).

 

 

Monday, October 27, 2008 

C'est exactement ce que je reproche à Facebook, la tyrannie de la transparence. Le non-événement qui doit à tout prix devenir un événement. Le fait que chacun, sans même s'en rendre compte, invente son ragot, le colporte, le brasse. A 18h12et06 secondes, je suis allée faire pipi. Vous en pensez quoi ? Ere de pipolisation oblige, chacun autogère sa petite célébrité ou sa petite notoriété. Vendez, vendez ! Quel besoin druckerien de tout commenter ou de relayer le commentaire à tout prix ? Quel besoin d'ailleurs de tout promouvoir, y compris et surtout ses états d'âme ? En dehors de la page érudite de Yan Ceh, qui force le respect et l'admiration, tant il déploie pour personnaliser son espace, et qui est la seule page digne d'intérêt, Facebook très sincèrement, est dépourvu d'âme et ne présente, à mon avis aucun intérêt. Facebook n'es tpas le concurrent de myspace mais de CLoser ou de Public. Ce serait peut-être plus raisonnable de présenter les choses ainsi, non ? Je préfère cent fois myspace où on est jusqu'à preuve du contraire encore libres de refuser un commentaire ou une remarque qui ne convient pas. Sur Facebook, c'est l'inverse : tu peux soi disant limiter ou choisir les interventions de quelques uns dans les paramètres mais au bout du compte, tu es finalement contraint de supporter les commentaires que l'on t'adresse puisque tu ne peux les relire avant publication mais surtout, tu subis le fait d'être signé ou signalé sur toute photographie en te retrouvant sur une page annexe alors qu'au bout du compte, tu n'as rien demandé à personne. Résumons : myspace veille à ta liberté d'expression et respecte  ton sens du secret. En fonctionnant sur le principe des vases communicants, Facebook est un attrape-nigaud qui te tient par la bride en te privant peu à peu de ta liberté. C'est mon avis et mon énervement du soir. Le passage à l'heure d'hiver sans doute. Excusez.

bisosu à tous.       

La tyrannie de la transparence


..Il y a tant de sujets importants dans le monde, qui mériteraient notre attention. Cependant, toute la presse, y compris «le Nouvel Observateur», bien sûr, va noircir des feuillets sur «l'affaire DSK». C'est naturel. Les lecteurs seraient en droit de nous reprocher notre silence sur une information qui implique l'un des hommes politiques français les plus en vue et l'une des institutions internationales les plus importantes.
Reste pourtant que cette tyrannie de la transparence - ce «despotisme démocratique» (Tocqueville) exigé par les citoyens des sociétés modernes qui veut que toute l'existence des hommes publics soit soumise au tribunal de l'opinion - n'est pas seulement inquiétante parce qu'elle abolit l'idée même de la vie privée, pierre angulaire des droits de l'homme. Elle est aussi écoeurante parce qu'elle fausse la hiérarchie des priorités. Cependant que nous nous passionnons pour ces sujets frivoles, nous nous détournons des tragédies du temps. En réalité, sous le masque de l'éthique, c'est la «pipolisation» qui avance. Nous feignons de pourchasser, en moralistes, les turpitudes des hommes publics, mais à la vérité c'est pour nous repaître, en voyeurs, de leurs secrets d'alcôve.
On apprenait, par exemple, il y a quelques jours, que la déforestation de l'Amazonie, le «poumon de la planète», se poursuit à un rythme deux fois supérieur à celui de 2007, inversant brutalement une tendance à la baisse observée depuis trois ans. C'est plus de 10 000 kilomètres carrés qui sont rayés de la carte chaque année. Une attitude proprement suicidaire de l'humanité ! Si nous avons vraiment envie de dénoncer les atteintes à la morale commune, alors oublions les petites incartades privées entre adultes consentants, qui ne regardent qu'eux, et occupons-nous plutôt des énormes fautes collectives que nous commettons, nous. Parce qu'elles regardent, elles, nos enfants !.

..

 

Denis Olivennes
Le Nouvel Observateur

Wednesday, October 22, 2008 

Pour la première fois ce soir, j'ai regardé Droit d'inventaire sur France 3 présenté par Marie Drucker.

C'était bien. Instructif. Il y avait Cathrerine Nay, Max Gallo, Poivre d'Arvor.. Carole Gaesler a pris un petit coup de vieux. Les retardataires peuvent revoir l'émission sur France3.fr

Demain, sur LCI, sous aucun prétexte, je ne manque le Monde des Livres à 13.10 , spécial Salman Ruhsdie. Rediffusé plus tard.

A propos de Lemercier, elle est extra dans le dernier ELLE, en Saint-Laurent, en Grace Jones, spécial réouverture Palace. A lire après le GQ.

Et puis, j'ai bien aimé la chronique de Nicolas Rey sur Bégaudeau : là, je suis complètement d'accord.

Les papiers en hommage à Depardieu Guillaume m'ont tous touchés.

bonne nuit

lo 

Bisous  

Wednesday, October 22, 2008 

de l'AFP

Soeur Emmanuelle inhumée dans l'intimité à Callian, hommage à Paris

CALLIAN (AFP) — Cérémonie dans la plus stricte intimité, hommage discret des anonymes aux abords de la maison de retraite: Callian a fait ses adieux mercredi à Soeur Emmanuelle dans la simplicité à laquelle la religieuse avait toujours aspiré, avant un hommage plus solennel à Paris.

La messe de requiem à la mémoire de Soeur Emmanuelle commencée mercredi peu après 15h00 dans la cathédrale Notre-Dame de Paris en présence de nombreuses personnalités, dont le président Nicolas Sarkozy, s'est achevée vers 16h20.

Le chef de l'Etat et son épouse, Carla Bruni-Sarkozy ont été accueillis par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris.

Deux mille personnes, dont une dizaine de membres du gouvernement, le président du Sénat Gérard Larcher, l'ancien président Jacques Chirac et son épouse, Bernadette, l'épouse du président égyptien Suzanne Moubarak et des personnalités comme Marek Halter et Patrick de Carolis, ont assisté à la cérémonie.

Un portrait géant de la religieuse était installé à droite de l'autel au pied duquel était disposé un bouquet de fleurs blanches. Des soeurs de Notre-Dame-de-Sion, l'ordre de Soeur Emmanuelle, avaient pris place au premier rang.

Soeur Emmanuelle repose désormais dans le petit cimetière situé sur les hauteurs du village de Callian où elle vivait depuis 1993, dans le carré réservé aux religieuses de l'Ordre de Notre-Dame de Sion, la congrégation où elle avait prononcé ses voeux.

Peu avant 11h30, le cortège funéraire emportant son cercueil couvert de fleurs s'est ébranlé de la maison de retraite "Le Pradon" où Madeleine Cinquin -son vrai nom- est décédée dans la nuit de dimanche à lundi à 99 ans.

Auparavant, une cérémonie d'une heure, "simple et sobre" selon le maire de Callian François Cavallier, a réuni dans la chapelle de l'établissement quelques membres de la famille de Soeur Emmanuelle ainsi que les pensionnaires et le personnel du Pradon.

"Cela n'a rien d'exceptionnel. Soeur Emmanuelle avait demandé des obsèques comme celle de toutes les soeurs", avait prévenu le père Maurice Franc avant le début de la messe, vers 10h00.

Ses sentiments, a-t-il expliqué, mêlent "l'émotion et la sérénité. Emotion face à quelqu'un que l'on a perdu et sérénité de savoir qu'elle sera bien dans sa nouvelle demeure".

En résonance à la vie dédiée aux plus pauvres de la religieuse franco-belge, le curé a choisi de lire un extrait de l'évangile selon Saint-Mathieu, lorsque le Christ s'adresse à ses fidèles: "J'étais nu, vous m'avez habillé, j'avais faim, vous m'avez donné à manger".

De l'autre côté de la grille qui clôt la maison de retraite, les anonymes venus rendre hommage à Soeur Emmanuelle étaient moins nombreux que la trentaine de journalistes présents, emplis d'admiration et de ferveur pour la disparue.

"Elle était unique, on n'en aura pas d'autres comme elle, aussi généreuse", se désole Josette Roustan, une habitante de Callian.

Delphine Kirsher, 32 ans, est venue d'Antibes (Alpes-Maritimes) pour témoigner "son respect" à Soeur Emmanuelle dans le livre de condoléances. Aux côtés du sien, plus de 150 messages ont déjà été déposés, mots d'adieu et remerciements "pour la sérénité", "la joie" ou "le courage".

Dans un registre plus solennel, une messe de requiem, organisée par l'épiscopat pour "répondre à l'émotion populaire", était prévue mercredi à 15 heures à Notre-Dame de Paris, en présence de nombreuses personnalités dont le président Nicolas Sarkozy.

Un message posthume de Soeur Emmanuelle, enregistré pour la promotion de son livre "Confessions d'une religieuse" (Flammarion), à paraître jeudi, a par ailleurs été diffusé par l'éditeur.

"Lorsque vous entendrez ce message, je ne serai plus là. En racontant ma vie, toute ma vie, j'ai voulu témoigner que l'amour est plus fort que la mort. J'ai tout confessé - le bien et le moins bien - et je peux vous le dire. De là où je suis, la vie ne s'arrête jamais pour ceux qui savent aimer", déclare Soeur Emmanuelle dans ce court texte.

Samedi, une messe sera célébrée, selon les souhaits de Soeur Emmanuelle, à la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse à Paris (VIIe).

Wednesday, October 22, 2008 

Valérie Lemercier et Frédéric Beigbeder sont dans GQ

"J'ai des goûts de luxe'- Valérie Lemercier

Valérie Lemercier n'est pas du genre à faire semblant. Aussi, lors d'un entretien avec Frédéric Beigbeder pour le magazine GQ, l'actrice de 44 ans avoue avoir des goûts de luxe et ne s'en cache pas. Elle déclare : "C'est-à-dire que par rapport à l'argent... J'ai le luxe de ne jamais regarder.[...] Je n'ai pas de voiture mais j'ai un sac Chanel en croco. Oui c'est le prix d'une voiture. Oui j'ai des goûts de luxe, j'aime les diamants, j'aime les matières nobles. Mais je n'ai pas de voiture, je n'ai pas de maison de campagne."Mais Valérie Lemercier, qui a toujours refusé de réaliser des captations de ses spectacles, ajoute un détail : "Si je vendais des DVD, je pourrais avoir une sublime maison de campagne, et parfois, j'aimerais bien."Et ce n'est pas un détail négligeable...
 
Je vous laisse découvrir l'entretien. Très sympa. A un détail près...
 
bisous à tous.
lo
 
du nouveau aussi sur http://qg-le-cercle.skyblog.com