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Interview Marie Salope (Manu et Marie) vs Ctof
Interview faite chez Ctof par Lenore pour [FRENCH METAL]
http://www.french-metal.com/interviews/divers/mariesalopevsctof.html
Pour commencer avec les Marie Salope, pourriez-vous nous faire la brève présentation de votre groupe de punk ?
Manu :
Ben écoute on a commencé il y a à peu près deux ans et demi, c’était plus un plan délire entre potes puisqu’on s’était pas vus depuis un moment donc on a décidé de rejouer un peu ensemble et on a commencé par faire un tremplin qui s’appelait Emergenza. On adore ce genre de challenge et pour ce tremplin on avait décidé de faire 6 morceaux que l’on a joué à l’envers (donc accords et chant à l’envers). ! Ca avait beaucoup plu aux organisateurs et voilà en gros ca a marqué le début du groupe, avec en parallèle l’enregistrement d’une démo. A cette époque d’ailleurs, le groupe n’avait pas de nom. On a voulu à la base s’appeler les Marie Trintignant avec un slogan à la base : « Le groupe qui frappe ! » mais le chanteur étant un grand fan de Noir Désir a refusé et on donc ensuite décidé de partir vers quelque chose de plus correct, donc les Marie Salope. Par la suite niveau cds, on a sorti un EP en aout 2008 et on a fait beaucoup de concert jusqu’au mois d’avril de cette année où on a changé de line up. Ainsi,le guitariste/chanteur est parti et à donc été remplacé par Marie ici présente au chant et Max à la guitare et au grattage de couilles.
Très bien, et bien maintenant c’est le moment d’aborder votre rencontre avec le grand roux ici présent, donc Ctof, photographe argentique, comment ca s’est passé ? Ctof, depuis quand fais tu de la photo live ? Ctof : Ca fait à peu près 10 ans que je fais de la photo de scène mais ces derniers temps j’avais un peu laché l’affaire parce que j’en avais marre des groupes qui sont les trois quarts du temps un peu casse couilles et nombrilistes. Au final ma rencontre avec les Marie Salope elle s’est faite sur myspace, alors je me souviens plus trop si c’est eux qui m’ont invité ou si c’est moi.
Manu : Ouais la rencontre à vraiment été fortuite et commune. Ctof : Ouais c’est ca, on s’est trébuchés dessus ! Ils m’ont fait croire qu’ils étaient des filles en me demandant si je pouvais les prendre en photo ! Et en fait derrière se planquaient des hommes qui m’ont faire boire beaucoup de bière ! Donc au final c’est un groupe qui m’a beaucoup plu au niveau de la musique mais surtout on est devenus très potes, en parallèle cette rencontre m’a surtout permis de me réconcilier avec la photo live. Ensuite je me suis occupée de la pochette de leur album, avec une photo au style très éloigné de mon travail habituel. A ce propos je pense qu’il serait intéressant que vous m’en disiez plus sur cette pochette d’album (NB : une petite culotte sur fond jaune) et sur votre délire autour des petites culottes ? Manu : Le truc de la culotte c’est venu complétement par hasard à cause d’un morceau qui avait été écrit en écriture automatique (« Ta culotte à mes potes »), enfin voilà, tout un programme ! Et en fait au fur à mesure tout un délire s’est crée autour de cette chanson et les gens petit à petit ont commencé à nous envoyer des photos de culottes et y compris aussi par la poste ! Et on a eu de tout, du string à la taille 46 ! Et donc au final ce délire symbolisait exactement l’état d’esprit du groupe, pas du tout misogyne mais complétement décalé. Au final quand on a fait la pochette, Ctof nous a proposé de prendre en photo la culotte qu’il préférait (celle de Nono).
Ctof : Ouais enfin dans l’histoire c’est moi qui ai dû écrire à la nana pour lui demander de m’envoyer sa culotte, donc à la base elle m’a vraiment pris pour un barjo ! Et donc toi Ctof, comment tu situes ton projet de photographe portraitiste par rapport à ton travail avec les Marie Salope ? Tu comptes réellement séparer ton travail au niveau des photos live et le reste de ton boulot ou non ? Parce que c’est vrai qu’il est de plus en plus rare aujourd’hui de voir un photographe travailler en argentique dans une fosse de concert ! Maintenant qu’on est habitué au numérique et aux 1500 photos par concert…
Ctof : Ben c’est vrai que je suis un vieux con qui bosse encore à l’ancienne mais c’est vrai qu’à la base mon travail c’est vraiment le portrait. Maintenant les photos de concert je considère plus ça comme un plaisir, le plaisir d’une rencontre, pour tous les musiciens avec lesquels j’ai vraiment bossé, et ces quelques relations particulières au final je les comptes sur les doigts d’une main.
Et pour vous les Marie Salope, c’est intéressant de travailler justement avec un photographe argentique, est ce que au niveau de l’esprit punk, le travail de l’argentique ca vous correspond ? Qu’est ce que vous pensez au final de l’image que vous projettez par delà ce travail ?
Marie : Et bien sur le côté old school on va dire de la photo argentique, moi qui ai aussi de l’expérience dans ce milieu, le truc c’est vraiment la magie de l’instantané, d’un moment qui est saisi et généralement y’a pas de retouches derrière. Et puis ce que j’aime avec Ctof c’est qu’il nous suit partout, et shoote parfois quand on ne s’y attend pas, des moments d’intimité du groupe et donc ce qui nous ressemble le plus. Nous on aime ce côté brut par rapport au numérique et ses 200 images par concert retouchées sur photoshop.
Ctof : Oui moi je veux juste prendre la vie en photo.
Marie : Et puis pour le coup c’est vraiment punk parce que nous on part souvent dans des délires en soirée que Ctof saura capter, là c’est pas du préfabriqué !
Ctof : Après moi de ce que je vois des autres photographes en numérique qui travaillent avec des groupes punk, ils ne vont pas forcément s’attacher à suivre la vie du groupe et s’y plonger, ce que j’aime faire. Mais y’a aussi à côté les petits jeunes punks avec leur compact ou leur appareil jetable qui vont se prendre en photo complètement bourrés et qui en ressortiront des clichés plein de vies qui seront beaucoup plus proche de mon travail du coup !
Et maintenant pour parler de l’univers des Marie Salope, pouvez vous nous décrire plus précisément votre musique ? Comment a-t-elle évolué depuis l’arrivée de Marie dans le groupe ? Marie : ça a commencé un soir où j’ai envoyé un mail aux Marie Salope, et j’étais bien blindée ce soir là, avec ma bouteille de rouge à la main j’avoue. Alors du coup Manu m’a invité à un concert, j’y ai été, par la suite j’ai pas donné de nouvelles pendant 6 mois et quand ils ont appris que Cyril allait quitter le groupe, Manu m’a appelée, je lui ai dit que je savais pas chanter, et surtout que je chantais faux, mais après tout une voix ca se travaille, c’est comme tout, ca s’apprend et c’est malléable. Et puis il m’a dit en plus « c’est pas grave, ce qui compte c’est l’esprit ! ». Du coup j’ai débarqué à une repet’ et l’essai a été concluant. Mais maintenant du coup on se retrouve dans un univers qui est en transformation, puisqu’avant ils étaient dans un univers bien particulier, celui des Marie Salope avec quelque chose qui était carré mais surtout j’ai débarqué au milieu d’une bande de potes qui se connaissaient bien et avaient l’habitude de faire la fête ensemble. Après Max et moi on arrive tous les deux avec nos références, perso du punk j’en écoute depuis que je suis gamine et puis j’ai bossé sur des scènes du milieu alternatif. Maintenant dans les textes que j’écris je parle de choses vécues ou qui me sont proches donc les deux chansons qu’ont travaille actuellement c’est sur la prostitution étudiante et la seconde c’est sur un squatt qui se fait expulser, sinon à côté je suis en train de m’adapter, essayer de réinterpréter en chant féminin ce qui a été fait avant. Maintenant la prochaine étape c’est de réenregistrer les morceaux avec la nouvelle voix et le nouveau guitariste.
Manu : Après il y a un fil conducteur chez les Marie Salope que ce soit avant ou maintenant c’est qu’on ne s’est jamais posé de questions, c’est un grand délire, alors ouais ca tourne beaucoup autour du cul, de l’alcool et de la défonce mais on est pas tout le temps déchirés, mais c’est vrai qu’on travaille beaucoup sur la provocation dans une société de plus en plus aseptisée. On veut donc dénoncer, même lorsqu’on parlait de culotte c’était une sorte de dénonciation. Lorsque t’as dit 100 fois bite, culotte, cocaïne, putain et j'vais m'faire ta mère, ben t’essaye de trouver d’autres thématiques tout en restant dans l’esprit !
Ok, et au niveau de vos influences, est-ce que la scène actuelle vous inspire ou pensez vous plus ou moins que ouais, le punk est mort ? Manu : On a tous des influences mais surtout elles sont toutes très diverses.
Marie : Oui et puis moi en chant féminin, j’en avais jamais écouté avant de pratiquer ! Sinon au niveau influences moi j’ai écouté tout ce qui est années 80, OTH, LSD, les bons vieux groupes qui tournaient et puis en plus j’ai grandit à Orléans, une ville qui était quand même une plaque tournante du punk dans les années 80. Après j’ai eu l’occasion de rencontrer des groupes comme Overdose tv et j’aime beaucoup ce qu’ils font. Mais quand j’écris je ne suis pas plus influencée par tel groupe plutôt qu’un autre.
Et sinon au niveau de la scène, où aimez vous tourner ? Manu : Alors ouais on va un peu partout, on va là où les gens vont être réceptifs, donc surtout en province, et puis quand t’as fait 12 fois le tour de Paris en chantant « La Culotte », on se lasse ! Et puis on est tous des provinciaux à la base donc on préfère.
Marie : Oui et puis on travaille beaucoup avec le bouche à oreilles, du moment qu’on nous promet des bières et un endroit où dormir, on vient jouer ! Et toi Ctof tu les as donc suivis plusieurs fois ? Ctof : Ouais je les suis souvent et puis c’est toujours assez drôle, on tombe en panne en voiture, on boit des bières, et ce genre de concept photo me plait, on sait pas si on va arriver, moi je me balade avec mon appareil photos dans des lieux différents. Je ne retrouvais plus ça avec la scène parisienne, où on retrouve souvent les mêmes personnes, surtout dans le milieu punk. Là au moins je vois de nouveaux visages en allant ailleurs avec eux, et puis je suis le photographe des Marie Salope mais aussi de leur public, du couple d’ados qui s’embrasse devant une de leur chanson.
Et donc dans ton boulot là, y’a du neuf puisque tu vas sortir un bouquin, avec entre autres pas mal de photos des Marie Salope c’est bien ça ? Ctof : Ouais c’est une aventure inconnue pour moi puisque ca va être mon premier livre, donc pour celui-ci je bosse avec Ragage, c’est un éditeur qui édite beaucoup de photographes et de modèles. C’est assez basé sur le nu, et là ils vont donc faire quelques chose de différents, puisque des portraits sans maquillage. Le format sera en poche et le contenu différent, donc ca se vendra surement moins que du nu mais c’est un bon pari. Et puis ce bouquin sera en trois parties : une partie portraits, une partie musiciens et une partie sur ma vie la nuit. Donc l’intégralité de mon travail photographique en somme. Okay, et bien au plaisir de vous retrouver, les Marie Salope et toi Ctof, dans ce bouquin qui va donc bientôt sortir chez Ragage.
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