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Mark Twang's Special

Mark Twang


Last Updated: 5/1/2009

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May 1, 2009 - Friday 
Je recommande chaudement le Live in Gdansk de David Gilmour (2006, édité en 2008) dont j'ai regardé hier soir d'une seule traite le DVD (inclus dans le coffret). Je pense que c'est ce qui se rapproche le plus d'un excellent concert de Pink Floyd, peut-être même le meilleur depuis le Live à Pompéi ; c'est d'ailleurs l'une des dernières prestations publiques de Richard Wright, ce qui est assez émouvant en soi.

Le gigantisme habituel de la manifestation ne nuit à aucun moment à l'intimisme des compositions ni à la prestation magistrale du guitariste touche à tout. Bien filmé, on se délecte d'admirer le phrasé sensible d'un Gilmour partiulièrement inspiré. On a même droit à une petite prestation très honorable du maître de la 6 cordes au... saxophone, accompagné d'un orchestre philarmonique qui distille des arrangements jamais envahissants ni artificiels. La présence de Phil Manzanera, le guitariste de Roxy Music qui est également le producteur et le complice de David Gilmour depuis de nombreuses années, permet de (re)découvrir ses qualités de sideman, souvent sous-estimées malgré une carrière des plus intéressantes.

Un grand moment dont on ne regrettera qu'une chose : le DVD ne reprend hélas que 15 des 22 titres du CD, sortant du coup des morceaux d'anthologie comme Breath/Time, Fat Old Sun et Wish You Were Here. On se consolera en se rappelant que ces titres sont présents sur d'autres enregistrements live.
December 12, 2008 - Friday 
06.12.08 : DIRE STRAITS, Down the Waterline (1978)


Découvrez Dire Straits!









Sweet surrender on the quayside
You remember we used to run and hide
In the shadow of the cargoes I take you one time
And were counting all the numbers down to the waterline

Near misses on the dogleap stairways
French kisses in the darkened doorways
A foghorn blowing out wild and cold
A policeman shines a light upon my shoulder

Up comes a coaster fast and silent in the night
Over my shoulder all you can see are the pilot lights
No money in our jackets and our jeans are torn
Your hands are cold but your lips are warm

She can see him on the jetty where they used to go
She can feel him in the places where the sailors go
When shes walking by the river and the railway line
She can still hear him whisper
Lets go down to the waterline

Le 1er titre du 1er album des Dire Straits distille la quintessence du groupe, ce qui revient quasiment à dire de Mark Knopfler. Entre descriptions crues et tournures allusives, un couple chavire sur le quai d'un port de commerce qui doit ressembler à celui de Newcastle. Cette Waterline, tout à la fois la zone de contact entre terre et mer et ligne de flottaison des cargos, est un titre aussi ambigu que l'est le monde de la marine : promesse d'un ailleurs pour des prolétaires qui reproduiront finallement éternellement les mêmes gestes et vivront toujours la même histoire. Plus ambigu encore car jamais Knopfler, fils d'un immigré juif hongrois, ne connaîtra autrement la marine que par ses virées sur les chantiers de construction navale. D'ailleurs, on ne prend jamais la mer dans cette chanson : tout se passe entre la jetée et les bordels à marins. Et pourtant... le voyage surgit irrévocablement lorsque la guitare entame son solo - l'un des plus beaux du maître - aux accents hawaïens inattendus et qui reactivent en pleine période punk la puissance suggestive de l'art du string bending. Les Pays-Bas, autre pays de marins, et les États-Unis - nation de la Country Music qui embrase l'imagination et les sens de Mark - chavireront avant l'Angleterre devant l'efficacité de la formule.

July 10, 2008 - Thursday 

Isabelle et Manu sont assis à la terrasse d'un air décontracté. A l'initiative de Ben, le bassiste de notre groupe, nous avions déniché cette occasion de découvrir enfin le son et l'univers des Wootz en live et nous n'allions pas la manquer. En quelques mots et une Corona à la main, nous lions le contact ravis de nous retrouver entre fans de Nadj, RadioHead, PJ Harvey, Louis XIV, Cage the Elephant ...nous découvrons l'étonnante histoire de ce duo monté sur scène pour la première fois sur un coup de poker, presque un bluff tant leur "main" était faible : pas de compo, pas d'entraînement... mais - ce qui fait toute la différence - une vision commune de la musique et une envie de la faire cette première partie à la Boule Noire. Suit le récit d'un cheminement étonnant, de la province à Paris via San Diego, Californie, à la recherche d'un esprit et d'un son. Puis la rencontre de Romuald - qui vient justement de nous rejoindre à table - pour remplacer la boîte à rythme des débuts.


Après une première partie assurée par Intox, groupe de Rock français venu de la Côte d'Azur et présentant une section rythmique intéressante et bien rôdée, The Wootz monte sur scène. Après quelques minutes pour installer un matériel minimaliste et régler quelques problèmes de son, le couple retire ses chaussures avant de commencer le set. Et là, après deux accords, on se regarde tous et on se comprend à demi-mot : il va se passer quelque chose ! Les morceaux s'enchaînent, fluides, évidents, captivants. Chaque titre est un monde à lui tout seul, clairement ancré dans un univers personnel et cohérent où se tutoient les racines du Rock, l'énergie du punk et la bonne humeur du disco. Pas d'effet, pas de gimmick de supermarché, juste l'envie d'aller au bout des deux ou trois minutes du morceau dans une transe et une exaltation communicatives. Romuald s'échauffe et commence à envoyer de plus en plus, jusqu'à un avant-dernier morceau ébouriffant où il menace de renverser ses fûts et cymbales. On ne sent pas le set passer tant on a envie que ça dure. Et puis, vient le dernier morceau qui met tout le monde d'accord : les Wootz sont des magiciens.

C'est décidé, vendredi prochain on remet ça à la Java ! En espérant qu'ils auront pensé à apporter leur disque cette fois-ci ;-)

November 6, 2007 - Tuesday 

Que faire d'un morceau ultra célèbre en une semaine ? C'est le défi d'un petit jeu organisé sur un forum que je fréquente. Du Gainsbourg mâtiné de White Stripes, du Bowie repris par les Guns n' Roses en visite à la fête de la bière, du Depeche Mode mais avec banane et santiags, du Radiohead disco-punk... Le résultat est audible (enfin je l'espère) sur ma page MySpace Music accessible également dans le module des liens "amis". N'hésitez pas à laisser des commentaires.

June 13, 2007 - Wednesday 

Photo : Mademoiselle K à la Maroquinerie (www.tasteofindie.com)

Les portes vitrées de l'Élysée Montmartre affichent crânement "complet". Ce soir, le quatuor en cuir de Mademoiselle K squatte la plus populaire des salles décrépites de la capitale. Dans la salle vers 21h, le public commence à s'impatienter alors que les interminables essais de lumières achèvent d'aveugler les premiers rangs. Enfin, le noir se fait et les musiciens entrent en scène. Voûtée, Katerine arrive jusqu'à son set de pédales d'effets. Revêtue de sa tenue de combat, elle promène dans le noir son étonnante silhouette dégingandée d'Uncle fester sexy. Entamant un Reste-là propitiatoire, elle donne le coup d'envoi d'une performance disco-punk entraînante où le rythme et l'énergie le disputent aux textes surréalistes sur lesquels flotte un parfum de betterave. Les phrases obsessionnelles fusent, révélant une énergie intérieure au bord de l'implosion. Katerine semble livrer un combat entre sa posture recroquevillée et un besoin de faire sortir des phrases violentes appuyées par des chorégraphies dignes d'un moine shaolin. Les titres s'enchaînent, déjà des classiques pour le public qui s'est approprié l'univers personnel du groupe. Les parties de guitare donnent peu dans l'esbrouffe technique mais asseoient une rythmique solide et des harmonies que Katerine cisèle sur sa vénérable SG. Le temps file et c'est déjà le final en forme de sit-in à l'énergie psychédélique qui se conclut par une interrogation inquiète : "est-ce que ça vous a plu ?". Le public crie son approbation avant la disparition des K dans les coulisses. Mieux qu'un rappel, ils inventent alors le concept du titre caché en concert avec un dernier morceau presque grunge devant un public sautillant de joie. Il n'y a pas de doute : ce groupe singulier est devenu un incontournable de la scène française.

Mention très honorable pour Narrow Terence qui a assuré une première partie de très grande qualité, véritable voyage au travers d'ambiances exotiques suggérées autant par la variété des instruments que par la maîtrise du rythme qui vous mène d'un bout de la chanson à l'autre sans la moindre faiblesse : un groupe à suivre !

June 10, 2007 - Sunday 

Avertissement : ceci est une reprise revue et corrigée d'un post que j'ai fait naguère pour un forum

Les claviers électro-mécaniques et électroniques ont très fortement marqué de leur empreinte toute la musique du XXe siècle. L'origine de leur succès tient à la combinaison de la familiarité du clavier - interface idéale de composition et de performance - et de la richesse d'une nouvelle palette sonore. Je vous livre ici un rapide aperçu des claviers de légende qui ont apporté leur touche personnelle au monde de la musique en les regroupant par familles :

- 1. Les claviers électro-acoustiques
- 2. Les claviers électro-mécaniques
- 3. Les synthétiseurs
- 4. Les échantillonneurs analogiques
- 5. Les échantillonneurs numériques

1. Les claviers électro-acoustiques :

le son est produit mécaniquement puis capté et amplifié

Le Hohner Clavinet (1964)

Un petit clavecin (plus proche du cemballo en fait) amplifié avec un micro alimenté par une pile 9 V. Ce mode de captation a totalement modifié le rendu sonore de l'instrument qui est devenu tranchant, agressif et plus rythmique que jamais. L'intro de Superstition par Stevie Wonder illustre ces qualités à merveille. Le Reggae fut aussi transformé par cet instrument, tout comme le jazz-rock. Sur le parcours entre l'instrument et l'ampli, il est possible de glisser toutes sortes d'effets électroniques, comme un flanger ou une pédale wah-wah. Imaginez un peu J.-S.B. se déchainant à la wah-wah sur une fugue.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Clavinet

Après le clavecin électrique, le piano... avec deux modèles principaux :

- Le Fender Rhodes (1er proto de 1946. En série à partir des années 1960)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Piano_%C3%A9lectrique

- Le Wurlitzer (à partir des années 1950)

En fait de piano, il s'agit de lamelles métalliques frappées par des marteaux. Le son du Fender Rhodes, très doux, est particulièrement apprécié dans le jazz-rock à la Chick Correa (meilleurs albums de Return to Forever par exemple). Le Wurlitzer a un son plus "sale", plus proche de la saturation. Il a été plus apprécié dans le rock. Les deux peuvent aussi recevoir de mutliples effet de phasing-flangering, wah-wah, chorus, trémolo... et bien sûr permettent le jeu à la pédale de volume. On a tous dans l'oreille le solo mythique de Fender Rhodes dans Riders on the Storm des Doors.

2. Les claviers électromécaniques

Un instrument à part : l'orgue électromécanique Hammond.


Ici un Hammond B3 (1955), à la sonorité aussi proche que possible d'un orgue à tuyaux (c'était en tout cas le but recherché), est agrémenté par sa cabine Leslie :  les hauts parleurs montés sur un axe rotatif motorisé à vitesses variables délivre un effet entre le vibrato et le chorus absolument splendide.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Orgue_Hammond

3. Les synthétiseurs

La synthèse sonore est l'art de crer des sons grâce à des oscillateurs électroniques. Les principales sortes de synthèse sonore sont :

la Synthèse soustractive

la Synthèse additive

et la Synthèse FM

***

Les Ondes Martenot

Inventé en 1928, ce fut le premier synthétiseur à oscillateurs à connaître un large succès, aussi bien dans la musique expérimentale que dans les chansons populaires. Le jeu au clavier est complété par une touche agissant sur l'intensité, ce qui permet nombre d'effets sur l'attaque et les nuances. Il est également possible de jouer avec un ruban coulissant qui permet les glissandos, les vibratos et le jeu sur les 1/4 ou les 1/8 de ton. Par ailleurs, le son était diffusé par des résonnateurs variés, comme la fameuse "palme" avec ses cordes vibrant par sympathies, ce qui ajoutait des caractéristiques proprement accoustiques au son synthétique. Aujourd'hui, les virtuoses du Martenot ne sont guère qu'une poignée.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ondes_Martenot

http://www.chez.com/cslevine/ondes/Ondes_3.htm : description du jeu et des possibilités sonores.

***

Dans les années 1960, la série des orgues analogiques polyphoniques entièrement électroniques (combo organs) a été prolifique.

Le Vox Continental


Continental 1 (1962)


Continental 300

Très utilisés par Pink Floyd, les orgues Vox tentent de reproduire le son de l'orgue Hammond pour un encombrement et un coût moindre.

***

La synthèse sonore a vraiment connu son développement avec les synthétiseurs à banques d'oscillateurs qui permettent de nombreuses combinaisons et donc des expérimentations sur la matière sonore électronique. Vedette de cette conception, la série des instruments de Robert Moog : http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Moog

Le Minimoog (monodique) (1971)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Minimoog

Très beau solo de Max Middleton dans Egypt de Kate Bush (album Never for ever, 1980). La monodie procure un très agréable coulé des notes. 

Le Polymoog (polyphonique)

Le Moog modular (l'usine à gaz)

C'est l'instrument de prédilection de Wendy Carlos, Klaus Schulze, Popol Vuh...

Le Multimoog

Et le sadomasomoog

Mouais, enfin je ne suis pas vraiment sûr pour celui-là...

Un rival de Moog : les ARP Séquenceur 2500/2600 (1970)

Les ARP 2500 et 2600 sont des synthétiseurs qui permettent aussi de la création d'ondes par combinaison d'oscillateurs. Mais notons qu'on y trouve également un séquenceur : à quoi ça sert ? À faire des séquences répétitives modifiables instantanément. Si je ne m'abuse, l'intro de Baba O'Riley des Who est faite au ARP 2600.

Avec un clavier :

Parmi les nombreux synthétiseurs à banques d'oscillateurs, citons encore

Le Yamaha CS80 (1977)

Le Sequential Circuit Prophet (ici le modèle 5 de 1977)

***

Peu à peu, les oscillateurs ont permis d'obtenir des sonorités évoquant celles d'instruments acoustiques.

Le ARP Solina String-Ensemble (1974)

Il tente d'imiter synthétiquement le son d'un ensemble de corde. John Paul Jones l'emploie sur l'album Presence de Led Zeppelin.

Puis, à partir de la fin des années 1970, les orgues combos offrent une sélection de sonorités synthétiques regroupées sous des appellations qui évoquent des instruments réels : trumpet, brass, violin, mandolin, pipe organ... Les possibilités sont certes moins étendues qu'avec les banques d'oscillateurs des Moog et des ARP mais l'usage est bien plus simple.

Dans cette catégorie, les orgues Farfisa sont emblématique de la fin des années 1970

***

Un nouveau pas a été franchi avec une nouvelle génération de synthétiseurs basée sur la synthèse FM (modulation de fréquence), qui a donné sa sonorité aux années 1980.

Le Yamaha DX-7 (1983)

4. Les échantillonneurs analogiques :

Les sonorités synthétiques ont longtemps été considérées comme des approximations "imparfaites" des instruments acoustiques et électro-acoustiques. D'où le rêve de pouvoir capter les sons naturels et de le restituer de manière crédible à volonté. Les moyens magnéto-optiques d'enregistrement ont été largement mis à contribution pour tenter d'atteindre ce but.

- Le Mellotron (1963)

Cet instrument électronique n'est pas un synthétiseur. Il ne crée aucun son. C'est en fait un magnétophone à clavier. Sous chaque touche se situe une courte bande magnétique enregistrée avec le son d'un instrument joué à la note juste. Un mécanisme à ressort provoque le réenroulement de la bande lorsque la touche est relachée. Il a été inventé pour les grands studios afin de remplacer les orchestres. Le rendu sonore est pourtant à mille lieues de faire illusion. C'est ce qui fait son charme. Aujourd'hui, le mellotron est très recherché pour sa sonorité rétro kitsch. L'exemple le plus célèbre de l'usage du mellotron est l'intro de Strawberry Fields des Beatles, à la "flûte traversière". En fait, les bandes magnétiques sont chargées en plateaux. Chaque plateau offre plusieurs sonorités. Les plus célèbres sont la flûte, les cordes et les cuivres. Pratiquement, les possibilités sont infinies, mais le sampling a fini par limiter l'intérêt du mellotron. Il existe aujourd'hui de nombreux émulateurs de mellotron, mais aucun ne peut restituer la particularité des effets mécaniques de l'appareil (ah, la sensation de la bande qui se rembobine à chaque fois...). Un must

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mellotron

Concurrent de la bande magnétique, il fallait bien employer le disque... Ce fut chose faite avec l'inénarrable Optigan de Mattel (début des années 1970)

Le premier tourne-disque à clavier (en plastique). On charge un disque spécial dans un système de lecture optique et le clavier donne accès à une série d'accompagnements et de sons préenregistrés. Il est à noter que certaines tonalités ne s'obtiennent qu'en jouant sur le pitch, c'est-à-dire la vitesse de lecture du disque optique. Résultat atroce et absolument cultissime.

Je crois que Blur l'a utilisé sur l'album 13.

5. Les échantillonneurs numériques

Trop lourds, trop fragiles... les instruments magnéto-optiques ont été remplacés par des instruments entièrement numériques lorsque les techniques de sampling ont commencé à être raisonnablement exploitables. Avec ces appareils, un son est d'abord échantillonné à sa fréquence "naturelle" ; puis cette fréquence est ralentie ou accélérée pour obtenir toutes les tonalités utiles. Les premiers échantillonneurs ignorant le time stretching, cela avait une incidence sur la vitesse de défilement des séquences échantillonnées, comme quand on accélère une bande magnétique ou la vitesse de rotation d'un disque. L'effet est donc très peu naturel, ce qui est particulièrement recherché aujourd'hui.

Le Fairlight CMI (1979)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fairlight

Il échantillonne en 8 bits sur 20/32 KHz et tourne sous une version modifiée de MS-DOS. On entend le CMI abondamment sur le 4e album solo de Peter Gabriel ; il y est notamment employé pour créer des séquences (San Jacinto, Rythm of the Heat...)

Le NED Synclavier system (prototypes dès la fin des années 1970)

Le plus puissant calculateur de son temps au service de la musique. Il paraît que le processeur a été utilisé dans la navette spatiale. Le Synclavier est composé de deux sections distinctes : le synthétiseur et la fameuse section d'échantillonnage qui lui a permis de devenir la machine à rêve de producteurs peu scrupuleux ; des albums entiers ont été réalisés sans musicien grâce à sa flexibilité et à la crédibilité de ses sons de basses en slap et de guitares rythmiques. Sa meilleure utilisation dans ce sens reste peut-être Slave to the Rythm "de" Grace Jones. Sinon, il est largement audible sur l'album So de Peter Gabriel et les B.O. d'Eric Serra.

Pour en savoir plus

Que les amateurs de claviers "vintage" ne passent pas à côté du site de l'ami qui m'a permis de connaître (et tripoter) tous ces instruments : http://egrefin.free.fr/

BONUS : un site entièrement dédié aux claviers vintage : http://www.vintagesynth.com/

Un dernier conseil : YouTube est une gigantesque banque de données qui permet de voir et d'entendre tous ces instruments en tapant seulement leur nom. N'hésitez pas, vous ferez des découvertes musicales étonnantes !

Keep on rockin' !

June 3, 2007 - Sunday 

Forte d'un nouveau concept basé sur des personnalités multiples portant des textes incisifs, la Tori Amos du nouvel album annonçait une tournée mondiale qui devait être étonnante. Pourtant, sans doute par manque de  confiance envers un public non anglophone, le concert d'hier soir a tourné au best of pépère. Techniquement, le spectacle était un sans faute : le jeu était énergique, les musiciens affutés, la voix de Tori enchanteresse. Quel dommage cependant de s'être ainsi quasiment tenue aux seuls singles ! Comme à son habitude, la chanteuse avait toutefois revisité les morceaux pour apporter une dose de surprise. Ces réécritures oscillaient entre le sublime (Hey Jupiter à l'orgue Hammond pour clore les rappels) et le plus convenu, allant du mood atmosphérique au beat lourd, deux techniques certes efficaces sur scène mais qui conduisent à sacrifier un peu de l'atmosphère propre à chaque chanson. En définitive, une prestation bien mineure - peut-être influencée par l'ambiance charentaise du palais des Congrès - dans la carrière de cette incroyable "performeuse" mais c'est si joliment fait que le charme a opéré sans la moindre réserve. Pour découvrir le show dans toute sa dimension, il faudrait se rendre aux États-Unis où un public bouillant d'impatience et conquis d'avance l'attend de pied ferme.

May 12, 2007 - Saturday 

Current mood:  impressed

De temps en temps, la télévision est capable d'être au service du public. Je suis heureux que ce soir là, ce soit venu de Taratata. Certes, la vénérable émission continue de porter haut la cause de la musique live en cette époque où l'écran semble plus intéressé à chercher une hypothétique "nouvelle star" - à coup de sms surtaxés - qu'à aider les innombrables artistes de talent qui eux sont tout simplement à la recherche d'un nouveau public. Pourtant, semaine après semaine on remarque que le cercle des happy few ayant accès à la tribune de luxe de Nagui ne se renouvelle ni très vite, ni très souvent. Mais ce fameux soir, à la faveur d'une opération promo de leur producteur, le trio Nadj a pu imposer son rock basique et furieux sur cette scène parfois frileuse. La performance, l'interview puis les bonus dans les coulisses nous ont révélé une formation rôdée et emplie d'une ferveur rock authentique. J'espère que nous avons été nombreux à nous ruer sur myspace d'abord puis chez notre disquaire ensuite pour en entendre plus : derrière les interprètes convaincus, l'album dévoile une approche roots du rock d'une grande pureté et heureusement respectée par la production. Après avoir fait tourner l'album en boucle, j'en étais sûr, je devais les voir sur scène. Ça tombait bien, ils passaient à quelques kilomètres de chez moi !

Sur la scène des Cuizines à Chelles, devant une salle modeste, le trio ne s'est pas économisé. Le set était court (une heure) mais tout en puissance. Xavier, le batteur, frappait fort mais faisait aussi preuve d'un bon feeling et d'un sens de l'humour frôlant l'absurde (en percussion, une pelle... parce qu'il en avait marre de prendre des rateaux). A la basse / guitare, l'autre Xavier assurait une assise rythmique efficace, parfois proche de la transe extatique comme dans Medicine Man, un redoutable blues-rock d'une dizaine de minutes. Nadj enfin... Habitée d'une foi inusable - contrairement à ses médiators - elle occupe l'espace de sa présence inouïe. Elle se cabre, hurle, martyrise ses guitares à la recherche d'un son épais et de préférence incontrôlable. Son chant viscéral porte les paroles de son écriture bien balancée et démontre qu'on peut faire du Rock en France sans forcément se plonger dans des abîmes de réflexion sur l'identité supposée d'un Rock à la française. Elle porte avec conviction sa vision d'une musique vécue avant tout comme une expérience physique offerte à son public. Et le public lui en a été reconnaissant.

Après le concert, les membres du groupe se sont montrés d'une grande disponibilité envers les quelques fans restés pour discuter un peu. Nadj surtout, pourtant certainement fatiguée par sa prestation et peut-être lasse à l'idée des centaines de kilomètres qui la séparaient de Cannes, sa scène du lendemain. Avec une patience et une gentillesse sans égale, elle a supporté nos questions pas très subtiles. Nous avons parlé de son, du matériel qu'elle utilise, de celui qu'elle voudrait avoir, de son contrat avec la firme HiWatt - qui produit quelques uns des meilleurs amplis de guitare du monde. Elle nous a aussi livré quelques confidences sur sa passion pour les interprètes féminines "qui ont des choses à dire", les prochains concerts qu'elle voudrait voir (Tori Amos et Motorhead), les galères du métier, son avis sur les programmations des festivals et l'état de la scène française actuelle. Elle nous a enfin parlé de son souci de ne pas stagner et révélé quelques unes de ses pistes, inattendues et très prometteuses, pour l'avenir artistique du groupe.

Je garderai un grand souvenir de cette première rencontre et je voudrais leur retourner la dédicace dont Nadj a gratifié mon album : "Merci pour le Rock' n' Roll en France !"

May 11, 2007 - Friday 

Sévissant sur DVDClassik, j'y ai commis quelques chroniques de films qui me sont chers... en voici les liens :

Conan The Barbarian (John Milius, 1982)

Dr. Mabuse der Spieler (Fritz Lang, 1921-22)

Mamma Roma (Pier Paolo Pasolini, 1962)

Les Heures chaudes de Montparnasse (Jean-Marie Drot)

The Shop Around the Corner (Ernst Lubitsch, 1940)

Et si le site vous plaît, il est possible d'aider l'association en devenant membre.

May 10, 2007 - Thursday 

Avertissement : je reposte ici un topic que j'avais créé sur DVDClassik il y a quelques temps.

Tori Amos est souvent reconnue comme l'une des plus talentueuses auteur-compositeur-interprète de son pays des 15 dernières années.
Née Myra Ellen Amos en 1963 dans une famille méthodiste rigoureuse, Tori a rapidement tranché au sein de sa communauté par son esprit revêche et son indépendance. Dès son plus jeune âge, c'est dans la musique qu'elle trouve un moyen d'exprimer ses idées progressistes et sa volonté d'affirmer son identité, tout en révélant un sens rare de la mélodie et de l'harmonie ; cela ne l'a pas empêchée d'être renvoyée du conservatoire à l'âge de 11 ans par des professeurs excédés par cette élève qui refusait de travailler les classiques. Je passe sur les détails de sa biographie, fort intéressante et éclairante, qu'on peut consulter sur Wikipedia pour faire une rapide revue de sa discographie.

- Y Kant Tori Read (1988)

La carrière de Tori est plus précoce que ne le laisse croire sa discographie disponible. A l'âge de 21 ans, elle a quitté le Maryland où elle a grandi pour Los Angeles. Elle y fonde ce groupe (son nom est la phonétisation de "Why can't Tori Read" et rappelle son manque de goût pour le déchiffrement des partitions). L'album est un peu difficile à trouver et je ne l'ai pas encore écouté. De cette époque de galère, on retient en général qu'elle fut violée par un fan après avoir joué dans un bar.

- Little Earthquakes (1992)

Une couverture hommage à Kate ?


Premier album solo de Tori Amos, Little Earthquakes est le fruit d'un très long processus de réécriture à partir d'un premier projet rejeté par la maison de disque. Son potentiel est jugé très "européen" et Tori est expédiée à Londres pour s'y faire une réputation dans de petits clubs. La version qui sort en 1992 est un disque de 12 titres où les compositions accoustiques piano-voix sont "renforcées" par une section rythmique (basse de Jef Scott, batterie de Ed Green), des guitares (dont celle Steve Caton qui sera un collaborateur des albums et des tournées qui suivront) des percussions et des choeurs. Le but était de rendre plus présentable cet objet considéré comme un peu anachronique à l'aube de l'explosion du Grunge et en plein triomphe de la techno et de la dance. Plusieurs titres aux paroles jugées dérangeantes sont rejetés mais ce qui reste est un concentré du talent de l'artiste. Tous les titres sont des originaux et possèdent un fort caractère autobiographique. L'équilibre est habile entre les titres très personnels qui ont séduit la critique (l'émouvant Me And a Gun, chanté sans accompagnement et racontant son viol, est devenu un hymne pour les associations de femmes victimes d'abus sexuels) et les tubes comme Crucify et Precious Things qui ont permis de voir en elle un digne successeur de Kate Bush (certains ont reproché une trop forte parenté mélodique, notamment dans le refrain de Crucify). C'est sans doute le meilleur album pour découvrir son étendue vocale et la qualité de son écriture musicale. Winter et Silent all these years sont de magnifiques pièces avec orchestre symphonique qui ont su conserver une atmosphère très intimiste.

à suivre...