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Vent d’Ouest au Bar’Jo, le samedi
20 juin 2009
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Tout
excellents qu’ils soient, les musiciens de Vent d’Ouest ne se prennent
sérieusement pas au sérieux. Entendons par là qu’ils sont sans chichi à la
musique tout entiers, au bonheur de la jouer et au bonheur qu’elle procure.
Tour à tour
tendre, caressante, intimiste, économe, fiévreuse et rageuse, étincelante et
d’une richesse étonnante, la musique du groupe emmené par Patrick Vinot à la
clarinette offre à l’auditeur sa curiosité gourmande qui se nourrit des
musiques des Europe centrale et orientale, des traditions et façons tziganes et
klezmer, ou du jazz, y compris du plus contemporain, des parcours particuliers
de chacun de ses membres, mais encore des désirs divers des auditeurs
qu’attentif, Vent d’Ouest sait entendre.
Grave par
moments, elle est le plus souvent enjouée, dansante, jouant des rythmes et des
mélodies. Elle se souvient que toute musique a quelque chose du souffle et
qu’elle accompagnait les danses, prêtes encore à surgir, et qu’alors elle savait
jouer des fatigues de ceux qui la suivaient, en variant les tempi, avec un art
consommé de l’invention et du plaisir.
Sans savoir
les nommer le plus souvent, on reconnaît des airs, on sourit à telle autre
citation – par exemple d’un des morceaux du David Garcia, lui-même au piano ce
soir, ou de telle chanson populaire -, on est surpris, mais davantage, on
éprouve les forces qui animent cette musique et ses serviteurs (autour de
Patrick Vinot, Christophe Grisard à la guitare, Baptiste Dasilva à la basse
acoustique et David Garcia au piano) au point qu’intuitivement on les comprend,
on suit leurs inflexions, épouse leur gestuelle (car si Vent d’Ouest est à
entendre, il est à voir aussi !),partage leur culture avec une naïve
implication qu’on peut bien nommer joie puisque joie il y a.
Nul besoin de
discours savants, cette musique-là se goûte à l’envi. Musiciens rivalisent
d’habileté et de malice ? Auditeurs de fièvres, à l’instar des musiciens.
Il en résulte une impression de liberté et d’unité, étrange puisque née
d’éclats hétéroclites, mais essentielle, puisque participant d’un partage sans
âge, et pour tous les âges – on peut prendre à témoins les enfants qui
s’ébattaient ravis devant les musiciens, au vent d’ouest.
Dionysiaque
peut-être. Que ce concert ait eu lieu au Bar’Jo, sympathique bar à vins de la
rue de Sarthe, inviterait à le penser. Quoi qu’il en soit, ce début de soirée a
lancé chaleureusement la fête de la musique avec juste quelques heures
d’avance.
Jean-François Hemery.
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