C'est moi Sam, l'heureux occupant de la suite 214 au « Tribeca Grand Hotel », vous savez le pote à Robert De Niro… Bien vous m'avez reconnu et j'en suis fort aise.
Je suis sur le seuil de l'hôtel et le regard de Georg, le portier de l'hôtel, en dit long sur ma tenue, sur mon allure.
Le cheveu noir gominé, la moustache cirée, la taille bien prise dans une redingote gris tourterelle qui laisse entrevoir une magnifique chemise à jabot sur laquelle repose une cravate d'un gris plus soutenu, piquée d'un épingle elle même ornée d'un diamant à l'eau la plus claire ; un pantalon noir, des boots de même couleur ; une baguette de cuir souple en main.
- Sam… Quelle élégance ! J'ai l'impression de voir Red Butler dans « Autant en emporte le vent » !
- Vous m'en voyez ravi Georg. (Cette tenue est un clin d'oeil à Zahir, une fan de Tribecca. Une arpenteuse des allées cavalières de l'Ile de France)
- Monsieur, souhaite que je lui appelle un taxi ?
- Certainement Georg ; dis-je grand seigneur.
Je m'écarte un instant et siffle violemment dans mes doigts. Dans un même mouvement le taxi commandé par Georg arrive ainsi que ma jument « Lady Godiva ».
- Oh, oh ma toute belle. Je récupère la bride de ma monture et m'approche du taxi.
Dans mon dos, je sens le regard éberlué de Georg se perdre en conjectures.
- Hello, je voudrais aller à Central ?
Quelle n'est pas ma surprise de voir côte à côte sur les deux sièges avant deux compères, que dis-je deux stars mondiales. Mon pote Robert de Niro au volant, le visage rieur sous une casquette à carreaux. A côté un petit bonhomme, visage mat, grosses lunettes et coiffé comme un chef indien, du genre Sitting Bull. Ce n'est ni plus ni moins que Martin Scorsese.
J'en reviens pas - et j'avoue qu'à l'heure où je vous écris je n'en suis toujours pas revenu - et vous aussi j'imagine.
Scorsese.
- Vous voulez toujours aller au parc ?
- Ne suis-je pas équipé pour ?
- Et le cheval ?
- Ecoutez, comme je ne sais comment m'y rendre, je vous propose que vous me précédiez et je vous suivrai avec Lady Godiva ?
Et comme par magie, surgit dans ma main une belle liasse de billets de 100 dollars que je tends à Scorsese.
Alors là, mon pote se fend d'un sourire en coin dont il a le secret avant de terminer par une franche rigolade.
Martine Scorsese finit par prendre les billets en ajoutant.
- Chaque fois qu'un policier nous arrêtera, j'offrirai un billet de 100 à verser sur le compte des oeuvres sociales de la police de la ville.
Comme je sais que la promenade va être longue, je leur confie mon walkman où ils pourront entendre le dernier titre de TRIBECCA « The Great Escape ». (Il y a un côté couleur locale dans ce titre qui me plaît assez.)
Les policiers de La grande Pomme n'en reviennent pas de voir dans leurs rues un tel équipage.
Imaginez !
Un taxi jaune qui roule au pas, dedans, côte à côte, Robert de Niro dans le rôle du chauffeur et Martin Scorsese dans le rôle du passager assis à côté du chauffeur.
Et puis derrière le taxi, votre serviteur caracolant sur Lady Godiva.
Lady Godiva et moi sommes arrivés sous les frondaisons du parc… tandis que NY se débattait dans un gigantesque embouteillage.
Si vous avez l'intention de vous rendre à cheval au prochain concert de Tribecca à la Scène Bastille le 12 janvier prochain, je vous conseille d'attacher vos montures sur les quais de Seine, sur l'ancien chemin de halage ; vous y trouverez des anneaux à profusion. N'oubliez pas d'emporter pour vos chevaux, plus qu'un picotin d'avoine, un boisseau d'orge ou de blé conviendrait mieux. Et tant que vous y êtes une petite couvrante. Car je vous promets, la nuit sera chaude et longue et belle à la Scène, le 12 janvier 2008.
So long, belles cavalières et beaux cavaliers.