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Tuesday, March 31, 2009
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Tuesday, March 31, 2009
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Thursday, November 20, 2008
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Tous les deux ans, les années paires, le mois de novembre est un mois faste pour les amateurs de photos à Paris. Il y en a pour tous les goûts durant ce MOIS DE LA PHOTO (du 27 octobre au 30 novembre), tous les grands noms du genre et les jeunes talents s’exhibent dans près d’une centaine d’expositions
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http://www.bakchich.info/article5884.html#
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Wednesday, October 01, 2008
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- Yannick, comment est-ce possible, après tant d'années, et c'est toujours là, intact, comme aux premiers jours ? Ils disent pourtant : tout passe, tout casse, tout lasse...
- C'est seulement chez ceux qui ne font que passer, casser, se lasser...
- Qu'estce qu'on a, toi et moi ? les problèmes du couple, et tout ça ?
- Les problèmes du couple, qu'est-ce que c'est ? Ou bien il y a des problèmes, ou bien il y a couple.
- C'est paraît-il souvent très difficile, douloureux, ça se décolle, ça fait eau. Ca fout le camp...
- Il y a des mauvaises rencontres, c'est tout. A moi aussi, ça m'est arrivé. A toi aussi. Comment veux-tu distinguer le faux du vrai, quand on crève de solitude ? On rencontre un type, on essaie de le rendre intéressant, on l'invente complètement, on l'habille de qualité des pieds à la tête, on ferme les yeux pour mieux le voir, il essaie de donner le change, vous aussi, s'il est beau et con on le trouve intelligent, s'il vous trouve conne, il se sent intelligent, s'il remarque que vous avez les seins qui tombent, il vous trouve de la personnalité, si vous commencez à sentir que c'est un plouc, vous vous dites qu'il faut l'aider, s'il est inculte, vous en savez assez pour deux, s'il veut faire ça tout le temps, vous vous dites qu'il vous aime, s'il n'est pas très porté là-dessus, vous vous dites que ce n'est pas ce qui compte, s'il est radin, c'est parce qu'il a eu une enfance pauvre, s'il est mufle, vous vous dites qu'il est nature, et vous continuez ainsi à faire des pieds et des mains pour nier l'évidence, alors que ça crève les yeux et c'est ce qu'on appelle les problèmes du couple, le problème du couple, quand il n'est plus possible de s'inventer, l'un l'autre, et alors, c'est le chagrin, la rancune, la haine, les débris que l'on essaie de faire tenir ensemble à cause des enfants ou tout simplement parce qu'on préfère encore être dans la merde que de se retrouver seule. Voilà. Dors. Bon, maintenant je me suis fait tellement peur que je ne vais pas pouvoir dormir. Allume un peu, que je te regarde pour me rassurer. Ouf. C'est bien toi.
Romain Gary
Clair de femme
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Wednesday, June 18, 2008
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" On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer, ni s'être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu'ils sont imaginaires, au contraire : parce que je suis en train de les tracer. Finies les grandes ou les petites guerres, toujours à la traîne de quelque chose. Je n'ai plus aucun secret, à force d'avoir perdu le visage, forme et matière. Je ne suis plus qu'une ligne. Je suis devenu capable d'aimer, non pas d'un amour universel abstrait, mais celui que je vais choisir, et qui va me choisir, en aveugle, mon double, qui n'a pas plus de moi que moi. On s'est sauvé par amour et pour l'amour, en abandonnant l'amour et le moi. On n'est plus qu'une ligne abstraite, comme une flèche qui traverse le vide. Déterritorialisation absolue. On est devenu comme tout le monde, mais à la manière dont personne ne peut devenir comme tout le monde. On a peint le monde sur soi, et pas soi sur le monde. On ne doit pas dire que le génie est un homme extraordinaire, ni que tout le monde a du génie. Le génie, c'est celui qui sait faire de tout-le-monde un devenir. "
Deleuze et Guattari, 1 000 plateaux
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Tuesday, June 17, 2008
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Bordel a fêté ses cinq ans ce w.end ! Bordel, c'est une revue co-créée par Stéphane Million et Frédéric Beigbeder, publiée par Stéphane Million. Chapeau bas Stéphane. Car publier une revue rassemblant des nouvelles de jeunes auteurs contemporains n'est pas un défi facile. Mais le bonhomme a de la bouteille. Million découvre, conseille et relit les jeunes auteurs depuis des années.
Le principe de la revue ? Tous les textes sont les bienvenus. Si le récit plaît à l'éditeur, il est publié. Million suit son instinct, c'est tout. Mais surtout, chaque numéro accueille de nouvelles plumes, en sus des fidèles anciennes, qui constituent le socle de Bordel.
Nous avons déjà eu le bonheur de dévorer Bordel au Stade (n°5), Bordel spécial Patrick Dewaere (n°6), Bordel et les voyous (n°7). Aujourd'hui, ouvrons le numéro 8, qui vient de sortir. Il raconte « La jeune fille ». Un hommage à Montherlant, Proust, Baudelaire et Nabokov. Incarnation du désir, la jeune fille, associée à la virginité, est également souvent supposée innocente. Mais Bordel laisse, là encore, libre la plume des auteurs. Ce qui nous permet de lire des versions très personnelles de la féminité. Et remet, du même coup, les adeptes des clichés à leur place (magazines féminins et consorts), puisque ici, aucune jeune fille ne ressemble à une autre.
Femmes et regards croisés
On y croise une jeune beauté, dont le visage « a des airs de friandises existentielles » (Jérôme Attal), Léa, la fonceuse, qui n'a plus de temps à perdre, car elle « se sait proche de la date de péremption » (Louis Lanher). Mais aussi Emma, l'escort girl, devenue Mademoiselle O et qui, le soir, « se couvre de ce nouveau personnage et l'enlève après le travail comme on le fait d'un uniforme » (Gaudéric Grauby-Vermeil). La jeune fille nous intrigue. « Je m'intéressai à Jeanne à cause de sa drôle de voix râpeuse, cette façon de parler bas qui, précisément, me forçait à me rapprocher d'elle » (Denis Parent), nous déçoit aussi. « Longtemps j'ai pris ses silences pour de la sagesse et ses grands yeux pour de l'étonnement, là où il n'y avait que désert et myopie » (Laurent Richioud).
La Jeune fille traverse le temps. Et évolue, toujours en phase avec son époque. Qu'elle subie aussi.
De celle dont on a toujours su que c'était Elle (« Le cœur en berne », nouvelle de Renaud Santa Maria dont l'écriture, lorsqu'elle nous plonge dans l'Histoire, remue aussi certaines plaies). A celles dont on sait que ce ne seront plus elles, « Je me suis réveillé au matin de juin, un soleil indécent marquait le ciel, Louise avait perdu son rire d'enfant, et, à coups de méthadone, de ses 17 ans pointés, elle avait fini par se sculpter des yeux d'ivoire » (Roxane Duru). Somme toute, la Jeune fille n'est pas si légère…
Certains choisissent de l'habiller en fantôme et de promener leur âme autour du sujet (« On ne joue pas avec les épées » de Fanny Salmeron – « Sous des cieux plus beaux » de Denis Parent), d'autres nous emmènent sur les rives de la part sombre de l'être humain (« Délit de grossesse » de L&L Boscq – « Le rêve a toujours une fin » de Valérie Tong Cuong), du désespoir (« La 11e saucisse » de Lucie Maréchal).
Dégagé de tout code d'identité stylistique commun, Bordel se laisse lire dans un espace de liberté, de découvertes et surtout de plaisir. Si le but de la revue est de piquer notre curiosité, de découvrir de nouvelles plumes, le pari est une nouvelle fois réussi !
Ce numéro comporte également une bande dessinée, de Katia Landréas et un collage-montage, d'Erwan Denis. Ainsi qu'un cahier de 16 photographies d'Alexandra Geyser (découverte sur Internet).
Retrouvez là en ligne sur
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Tuesday, May 20, 2008
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Monday, May 05, 2008
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Wednesday, April 30, 2008
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"La danse en tant que telle ne m'intéresse pas. Je préfère me concentrer sur les matériaux, les résidus, les opérations dont elle est faite. Pour les disperser, les faire proliférer." William Forsythe Découvert il y a plusieurs mois au Théâtre de la ville avec "Limbs Theorem", Forsythe est de retour mais cette fois-ci à l'Opéra Bastille pour "Artifact Suite", une pièce recomposée en 2004 pour le Scotish Ballet sur la base de la version originale "Artifact". Forsythe y met en scène sa réflexion personnelle sur la nature et l'histoire de la danse dans une pièce insolite d'une grande beauté formelle, constituée d'une série disloquée de fragments chorégraphiques, musicaux et scénographiques. La chorégraphie se déroule sur la Chaconne en ré mineur pour violon de Jean-Sébastien Bach (la version interprétée par Nathan Milstein, un vrai régal !!) puis sur des variations pour piano développées sur le même thème par Eva Crossman-Hecht (petit aperçu ci-dessous), ancien chef de chant du chorégraphe et joué par Margot Kazimirska. Il règne une impression d'alternance entre ordre et désordre, renforcée par des effets scénographiques percutants : jeux d'ombres et de lumières exécutés à la manière d'un peintre (très Rembrandt avec ses clairs-obscurs et ses tons chauds), flashes aveuglants, noirs intempestifs, simultanéité des actions, brusques chutes de rideaux... Forsythe joue ici avec la perception du spectateur : "Par l'intermédiaire des éléments du décor et des jeux de lumière, j'aime cacher, rendre incertain ce qui se passe sur scène. Je fais de l'obstruction, je mets des obstacles et développe ce que j'appelle une poésie de la disparition. Les gens ont toujours peur que les choses disparaissent. Mais la vie sans la mort, la lumière sans l'obscurité, ce serait terrifiant. La pénombre, c'est ce qui permet d'imaginer." Le public a malheureusement gardé la normalité de ses repères... applaudissant à chaque brusque baisse de rideau ou pour chaque silence dans la Chaconne, très très agaçant... ARIFACT SUITE William FORSYTHE Opéra Bastille Du 29 avril au 9 mai 2008
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Wednesday, April 30, 2008
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Thursday, April 17, 2008
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Le Musée des Beaux-Arts de Paris présente depuis le 13 mars une exposition consacrée aux gravures de Francisco Goya (1746-1828). 280 œuvres, parmi lesquelles 210 estampes du maître, sont exposées, dont certaines inédites. L'exposition retrace le parcours de l'artiste depuis ses essais de graveur en 1778, jusqu'aux Toros de Bordeaux en 1825. Construite autour des collections du couturier Jacques Doucet (offerte à l'université de Paris en 1918) et de celle des frères Du..tuit (léguée au Petit Palais en 1908), l'exposition propose également des planches rares de la Bibliothèque nationale de France...
L'exposition nous propose en introduction les sources d'inspiration de Goya :
- Rembrandt, dont il est le fervent admirateur. Sans jamais le copier, il s'imprègne de sa manière, des clairs-obscurs, de la dramatisation par la lumière. En usant de l'aquatinte (technique de gravure à l'eau- forte imitant le lavis, inventée au 18ème siècle), Goya retrouve la finesse de la gamme de noirs et de gris obtenue par Rembrandt à l'eau-forte.
- Vélasquez, dont il copie les toiles en gravure. Il réussit avec seulement du noir et du blanc à traduire les sublimes demi-teintes du plus grand maître espagnol du Siècle d'or. Dans sa copie gravée des Ménines, on retrouve la sensation d'espace et d'air sans aucun apport de couleur.
- Les Tiepolo, père et fils, dont il admire les gravures aux traits hachurés et aux vibrations lumineuses caractéristiques de leurs eaux-fortes, bien loin des tailles entrecroisées des graveurs de métier.
L'exposition s'articule autour de cinq séries classées par ordre chronologique :
Les Caprices (1799)
Les Caprices sont des compositions de fantaisie dans lesquelles l'artiste laisse libre cours à son imagination. Très en vogue au 18ème siècle, ils sont l'héritage d'une longue tradition qui remonte à Callot (graveur français 1592-1635). En 1789 Goya est nommé Peintre de la Chambre du Roi et assiste à la décadence et au déclin de la monarchie espagnole. Ami de certains intellectuels éclairés du Madrid des Lumières, les Ilustrados, il s'éloigne peu à peu des commandes officielles, et puise ses idées dans les scènes de la vie courante. Il réalise une série de dessins intitulés Suenos (songes) qui préfigurent les Caprices. Dans ces derniers, il dénonce « les erreurs et les vices humains », ainsi que les travers de la société espagnole, les mœurs de son temps, la prostitution, l'obscurantisme et la superstition. Le fantastique se mêle au macabre et à l'irrationnel. C'est la satire d'une société rétrograde où l'Eglise arriérée impose son autorité. Les sujets sont terribles, à mi- chemin entre le grotesque et le tragique. Dans le « Jusqu'à la mort », la vieille femme qui se maquille a quelque chose d'obscène. Les visages d' « Il y a beaucoup à sucer » sont monstrueux et terrifiants. Sans doute inquiété par l'Inquisition, Goya retire ses Caprices de la vente.
Les Désastres de la guerre (1810-1820)
La période historique est chaotique, l'Espagne fragilisée va subir l'ambition impérialiste de Napoléon. Après de nombreuses émeutes terminées dans des bains de sang, Napoléon fait proclamer son frère Joseph, roi d'Espagne, le 6 mai 1808. C'est alors que commence une guerre qui va durer cinq ans. Goya vit à Madrid et côtoie les horreurs de la guerre. Il grave 82 planches sur dix ans ( y compris donc après la guerre), scènes d'affrontements, de tueries et de multiples exécutions. La planche 44 intitulée « J'ai vu cela » exprime bien combien Goya se veut et se fait le témoin du carnage. Tel un reporter, il croque chaque scène, chaque instant, chaque souffrance. Sa pointe éloquente est incisive mais aussi emplie de compassion. Ici un homme meurt pour avoir porté un couteau, là le peuple déjà exsangue est condamné à mendier. A la guerre s'ajoute la famine, à l'horreur s'ajoute l'absurdité : des mourants, des exécutions, des cadavres. Certaines scènes se suivent comme dans un scénario, sans qu'il n'y ait « Aucun remède à cette mort ».
La Tauromachie (1815-1816)
La corrida est au cœur de la culture espagnole, et Goya en aficionado fréquente les arènes. A 70 ans il se consacre avec passion à une série d'eaux-fortes sur ce thème. Certaines planches retracent l'histoire de la tauromachie d'autres la bravoure et les prouesses des toreros de son temps. Il célèbre Mariano Cebellos qui torée à cheval, décrit l'éxubérant Martincho qui affronte le taureau debout sur une table, ou encore la mort d'un picador sévillan. Par les seules ressources du trait, des ombres de l'aquatinte et du blanc du papier, l'arène devient un lieu fantastique où se joue l'éternelle tragédie de la vie et de la mort.
Les Disparates (1815-1824)
Cette série très énigmatique peuplée de monstres et de fantômes reprend certains sujets des Caprices. Aux visages laids et déformés s'ajoutent des visions hallucinées emplies d'angoisse et de mystère. Une poésie étrange et mystérieuse se dégage de ces estampes cauchemardesques et absurdes.
Les Lithographies (1819-1826)
Goya expérimente la toute récente technique de la lithographie, reproduction par impression d'un dessin sur une pierre calcaire. Celle-ci permet de reproduire des images en grand nombre et à moindre coût. C'est à Bordeaux où il s'installe et meurt, qu'il réalise ses derniers chefs d'œuvres « Taureaux de Bordeaux ». Il pose les pierres sur un chevalet à la manière d'un peintre, équipé d'une loupe pour pallier sa vue déclinante. Avec la lithographie, il obtient de nouveaux effets de formes et de lumière.
La gravure, avec son seul dégradé du noir au blanc, ajoute à la force et à la profondeur de l'œuvre de Goya. Sa lucidité et sa férocité à l'égard de ses contemporains sont adoucies par une grande compassion. Son œuvre visionnaire aura un impact évident sur l'évolution de l'art de la gravure, et inspirera plus tard romantiques et symbolistes.
Du 13 mars au 8 juin 2008
Musée des Beaux-Arts
Petit Palais, av. Winston Churchill
75008-PARIS
Tous les jours de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu'à 20h
Sauf les lundis et jours fériés.
O1 53 43 40 00
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Thursday, April 03, 2008
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A l’occasion du 50ème anniversaire de la mort de Maurice de Vlaminck (1876-1958), le Sénat propose « Vlaminck un instinct fauve ». Cette première exposition monographique depuis celle de 1956 est consacrée au rôle précurseur de Vlaminck et à sa quête permanente de la couleur, propre au fauvisme. L’exposition couvre la période 1900-1915, les quinze premières années de sa carrière, et n’est donc pas une rétrospective de son œuvre. Il s’agit de recentrer l’artiste dans cette période de mouvance d’avant-garde du début du siècle, et de souligner sa contribution radicale au fauvisme. Sa relation spontanée et instinctive à la peinture, ses audaces chromatiques, sa liberté totale face au motif, font bien de lui un des fondateurs du fauvisme. Cette exposition lui rend hommage, lui qui est longtemps resté dans l’ombre de ses compagnons Matisse et Derain.
20 février-20 juillet 2008
Lundi, vendredi : 10h30 à 22h
Mardi, mercredi, jeudi, samedi : 10h30 à 19h
Dimanche et jours fériés : de 9h à 19h
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard
75006 - Paris

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Saturday, March 29, 2008
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« Si Hamlet, le mythe, est le personnage contemporain même, c’est qu’il est un des premiers à refuser de faire histoire. Dans la pièce de Shakespeare, c’est lui qui arrête l’action, refuse de la prolonger ou d’en être le moteur et le héros. Ce Hamlet-là est certainement plus jeune, plus pur, plus pressé d’en finir... D’en finir avec Hamlet, d’en finir avec le théâtre. »
Thierry de Peretti
Le jour des meurtres dans l’histoire d’Hamlet est une pièce de jeunesse de Koltès longtemps restée inédite. Koltès alors élève dramaturge au TNS exerce son art en s’appropriant l’oeuvre emblématique de Shakespeare qu’il admire profondément. Il condense l’action en une journée, et « les horreurs du monde » qui révulsent le jeune prince prennent pour cadre la cellule familiale, l’un de ses sujets de prédilection. Des cinquante figures de la tragédie initiale subsiste un quatuor tout aussi destructeur : le fils, la mère, l’oncle et la fiancée périront tous de mort violente, poison, assassinat, suicide… dans une spirale sanglante qui a la force et l’évidence d’un fait divers.
Sans qu’on s’en aperçoive, Hamlet est monté sur le plateau, un décor sommaire qui souligne le néant. La lumière n’a pas bougé. Les mots ont commencé à sortir. On entend la voix enregistrée du père qui ordonne le crime (Hamlet ne voit jamais le fantôme qui lui ordonne de le venger, il entend seulement ses paroles comme une injonction intérieure, intime venue au-delà de la mort). Un projecteur tombe, une trappe s’ouvre, une neige de cendres embaume Hamlet de deuil et de vengeance…
Par sa tension extrême, son économie, cette « version » d’Hamlet a quelque chose d’une mise à nu. Ainsi, tout ce qui est sur le plateau est utile. L’esthétique, franche, tranche. Le rudimentaire de ce qu’on utilise (des bâches, des chaises, un tapis et une couverture de survie) nous donne une représentation nette et arrêtée de l’univers qu’on nous expose. Chaque chose est nécessaire au dispositif dramatique qu’a créé Thierry de Peretti, rien n’est de trop, rien ne manque non plus. La lumière d’Yves Godin est indescriptible tant elle est constamment adéquate. La vidéo des indications des lieux et des endroits sur le mur du fond rythme la tragédie.
Les comédiens prennent possession de l’espace, qui en sort grandi, et les corps s’affirment sous une allure vestimentaire plutôt trash et décalée. Le propos est servi avec une habileté et une justesse folles. Tout est clair, vif et limpide. On entend chaque phrase, on comprend chaque geste, chaque bruit.
Le jeu des acteurs est excellent. Pascal Tagnati (Hamlet) est traversé par le génie qui frise la folie. Lisa Martino (Gertrude) est criante de vérité et de spontanéité ainsi que Thierry de Peretti (Claudius). Quand à Ophélie (Anabelle Hettmann), elle a autant de force que la vidéo qu’on retrouve en fond de scène (mais aussi sur le site web du metteur e scène www.thierrydeperetti.com).
Le Jour des meurtres dans l’histoire d’Hamlet, de Bernard Marie Koltès
Production Polimnia-Compagnie Thierry de Peretti
Mise en scène : Thierry de Peretti et Yves Godin, assistés de Grégoire Faucheux et Cyril Leclercq
Avec : Thierry de Peretti, Anabelle Hettmann, Lisa Martino, Pascal Tagnati
Lumière : Yves Godin
Musique|son : Sylvain Jacques
Vidéo : Ange Leccia
Théâtre de la Bastille • 76, rue de la Roquette • 75011 Paris
Réservations : 01 43 57 42 14
Du 20 mars au 20 avril 2008 à 21 heures, dimanche à 17 heures, relâche le lundi
Durée : 1 h 20


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Tuesday, February 26, 2008
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Après une journée harassante, avouons-le tout net, c'est avec une certaine réticence que je m'installais dans les inconfortables fauteuils du théâtre de la ville pour découvrir « Umwelt » de Maguy Marin.
Ma surprise fut grande de découvrir un spectacle battu par le vent, où les danseurs se cantonnent aux coulisses. Tout est calé, scotché en fond de scène. Des panneaux/miroirs métalliques séparés par des interstices servent à la fois de décor et d'accessoires. Ils vibrent au son de guitares électriques (proches de la saturation sonore) et un fort vent souffle entre les panneaux/miroirs.
Ce que l'on voit fait l'effet d'un zapping. Les danseurs apparaissent et disparaissant derrière les panneaux, les fentes. Ils marchent contre le vent. Portent des costumes divers, qui vont du peignoir, du bleu de travail à la djellaba, de la jupe courte à la toge ou dans le plus simple élément. Ce sont les points de vue et les images du monde dans un mouvement ininterrompu. Il n'y a plus de dehors, plus de rue, de promenoir. Le dehors, c'est la scène elle-même et l'avant-scène abandonnées, espaces morts, inhabités.
La radicalité du dispositif, qui induit celle de la chorégraphie, des danses et de la musique, ne plaît pas à tout le monde. La salle se vide. Sur le coup, je ne sais quoi en penser si ce n'est que cette pièce travaille nos nerfs jusqu'à les exténuer. D'autant plus intense qu'elle ne met rien en avant, qu'elle ne privilégie rien. Parfois aussi, un individu se détache et foule la scène, droit comme un « i », de face et immobile. Les uns après les autres, ils se présentent ainsi dans le silence gestuel. Derrière eux, au lointain, cela vit encore et les fêtards jettent des résidus sur la scène qui devient une sorte de poubelle.
Maguy Marin met en scène, avec une économie de moyens stupéfiante, la folie des humains qui saccagent inexorablement la planète avec une inconscience qui vire à la folie suicidaire.
On sort complètement sonné pour finalement reconnaître que cette oeuvre, totalement insolite et originale, relève d'un cru exceptionnel. 
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Wednesday, February 13, 2008
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Musique : Christophe Willibald Gluck
Chorégraphie et mise en scène : Pina Bausch (1975)
Décors, costumes et lumières : Rolf Borzik
Jusqu'au 19 février à l'Opéra Garnier
Orphée était l'un des rares mortels à égaler les dieux par sa musique et son chant. Rien ne résistait à la séduction qu'exerçaient ses mélodies, ni les fleuves qui détournaient leurs cours, ni les roseaux qui s'inclinaient, ni les bêtes sauvages qui accouraient à ses pieds, ni les hommes qui apaisaient leurs querelles. En tirant sa puissance de son art plus que de sa force, Orphée enseignait la paix. Toutefois, son talent habile à changer le monde éprouva ses limites. Car il échoua à ramener des enfers celle qu'il aimait. Son épouse, la nymphe Eurydice, était morte d'une morsure de vipère peu après leur noce. Accablé de douleur, Orphée tenta par amour ce qu'aucun n'avait osé encore : arracher Eurydice au royaume des morts. Son chant émut tant la créature des enfers que ce dernier consentit à lui rendre sa bien-aimée à la seule condition qu'il ne se retournât pas avant d'être remonté aux portes du jour. Mais presque arrivé au terme de son voyage, Orphée succomba à la tentation et vit Eurydice disparaître à jamais dans l'ombre. Condamné à une errance sans fin, il se retira de la compagnie des hommes et mourut dépecé par les Ménades.
Dans cette adaptation de Pina Bausch, la chorégraphie est libérée de tout accessoire superflu, la danse est réduite à l'essentiel. Chacun des personnages a été dédoublé en une voix chantante et un corps dansant (Opéra ballet) et la narration s'opère à travers la succession de 4 tableaux, à forte intensité dramatique.
DEUIL
Le rite de deuil a lieu dans une haute salle blanche, dans laquelle gît un arbre dépouillé de ses feuilles. Un groupe de danseurs évolue au ralenti et disparaît, comme si la mort avait suspendu le temps. Eurydice repose sur une chaise surélevée. Sa mort va encore une fois être différée. Son voile d'une longueur infinie est à la fois parure de mariée et linceul. Orphée reste longtemps à l'écart, totalement vulnérable, avant d'entamer sa lamentation mortuaire. Le rideau se ferme.
VIOLENCE
Les Dieux ont autorisé Orphée à suivre Eurydice dans le monde souterrain.
Un des côtés de la scène est délimité par de hautes chaises autour desquelles les Furies, toutes de blanc vêtues, tissent comme un labyrinthe à l'aide d'un fil. Des femmes aveugles, personnifiant les fiancées mortes avant le mariage, avancent à tâtons. Des hommes en tablier de cuir usé, formant un cerbère à trois têtes, exécutent des combinaisons de sauts puissants, signes de leur désespoir. Les dieux refusent les offrandes des femmes mais laissent passer Orphée abîmé dans sa douleur. De nouveau le rideau se ferme.
PAIX
La scène est entourée de bancs recouverts de lierre, tels une réminiscence du Romantisme. Les femmes évoluent dans leurs longs vêtements se baissant et se relevant de manière fluide avec des mouvements de bras tout près du corps. Les personnages dansent en duo faisant presque croire que leur amours pourraient être aussi réels que la vie. Mais Orphée ne peut accéder à cette vision. Il arpente la scène perdu dans ses pensées ; les danses de joie lui restent interdites. Même lorsque Eurydice revient vers lui, et que tous deux, main dans la main, prennent le chemin qui les conduit hors des enfers, il reste grave comme s'il pressentait déjà que l'épreuve qui lui est imposée sera trop dure.
LA MORT
Dans le dernier tableau, celui de l'adieu définitif et de la mort, l'espace est de nouveau étroitement fermé et presque vide, hormis quelques feuillages fanés. Les personnages sont disséminés dans ce décor minimaliste avec une rigueur géométrique. Perdues et minuscules, les silhouettes tournent dans l'espace clos : les chanteuses dans de longs vêtements noirs, Eurydice dans le rouge éclatant de l'amour et Orphée, comme auparavant, à demi nu et sans protection. Orphée a beau implorer avec ferveur Eurydice de le suivre les yeux bandés, elle résiste, la tentation de se retourner pour Orphée sera trop grande et le rideau se ferme sur la mort de celui-ci.
Magnifique, bouleversant, à voir ou à revoir...

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