L'homme a la prétention chevillée au corps.
La prétention de se croire le plus évolué des animaux : facile d'être le premier quand on définit soit même les critères.
La prétention de croire qu'il y a lui. Et la nature. Comme s'il ne pouvait pas en faire partie, comme s'il ne devait pas en faire partie.
La prétention de croire qu'il peut détruire le monde.
La prétention de croire qu'il détruit le monde.
La prétention de croire que dieu a créé l'univers rien que pour lui.
La prétention de croire que, une fois mort, il reviendra.
La prétention de croire qu'il est une finalité, une quintessence…
La prétention de croire que la science, chose qu'il a inventé, peut tout…
La prétention de croire que les mathématiques, choses qu'il a inventées, sont divines…
La prétention de croire que parce qu'il ouvre sa gueule, il a une raison.
La prétention de croire que parce qu'il ouvre sa gueule, il a une conscience.
Je suis un homme : Je suis donc prétentieux.
J'ai même la prétention de croire que j'ai un message à vous délivrer.
La prétention de croire que vous êtes des cons et pas moi.
La prétention de croire que j'ai raison mais que vous êtes trop niais pour m'écouter.
La prétention de croire que je suis quand même un mec bien parce que je me sais prétentieux…
Mais je suis seulement un homme qui dissimule sa colère et sa haine des hommes. Et des chiens qui ressemblent tant aux hommes. Car celui qui connaît la psychologie des chiens connaît la psychologie des hommes. On dresse les hommes comme on dresse les chiens : a coups de pieds aux culs. Et les hommes, comme les chiens, n'aiment que ceux qui les soumettent.
Je dissimule ma colère parce que, comme vous, je suis un chien.
Et je désespère de l'être.
Alors ? Quoi faire ?
Dessiner pour évacuer tout ce caca.
Et encore dessiner pour vous dire tout ça, là…
Et en rire. Mettre le doigt ou le ridicule me fait mal.
Me mettre le doigt dans le nez pour faire rire les copains…
Le rire n'est-il pas la politesse du désespoir ?