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Last Updated: 10/31/2007

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State: Basse-Normandie

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Wednesday, October 31, 2007 
Wednesday, October 17, 2007 
Wednesday, October 10, 2007 
Thursday, September 20, 2007 
Deux textes de Brunet extraits de Monter décembre. Coutances, Éditions du pou qui grimpe, 1918 .

Au 25 rue des lanternes

vestibule
tableaux
femmes kirghizes de Pamir
halage d'un canot au Banc des Caïmans
factories de bongha

hublot sur la galère
et tabac gris
spectres enfumés
syntaxe empêtrée

première salle

une grosse dame de gaze
dévêtue
harangue du cul
à brefs coups suants
un homme du rang

odeur de chiens mouillés
de pelage esseulé
sur fond de violette
Thursday, September 20, 2007 








Thursday, September 20, 2007 
La hop-hop vous recommande vivement les "Déondulations" de Radio Cherbourg sur le site rajiogohan dont voici l'adresse :http://rajiogohan.free.fr/joomla/.
Bon voyage.
Sunday, September 16, 2007 
En guise d'introduction sur le monde de Félix Brunet, la hop-hop vous propose cette article de L. Thot, paru dans le n° 6 (mars 2003) du Bulletin de l'Institut de Recherche Brunetienne et dans le n° - 8 de la hop-hop revue.

Félix Brunet, l'homme de l'ombre
par Laslo Thot

Félix Brunet naquit le 17 avril 1894 à l'Hôpital militaire de Cherbourg. Sa mère, Marie Kerzen, meurt en couches. Un certain Jules Brunet, improbable Jules Brunet de nationalité suédoise! et sergent au 2e régiment d'infanterie coloniale caserné à Cherbourg, signe le registre d'état-civil. Autant dire que Félix n'entendra plus jamais parler du sergent Brunet.
Félix, fruit d'un amour malheureux, abandonné aux rues populeuses, aurait dû disparaître dans le sillage de ses parents, s'il n'avait reçu quelque éducation, et même une certaine instruction.
Quels furent ses tuteurs ? Nous l'ignorons. Une photographie1 nous montre Félix Brunet devant les serres de l'Hôpital militaire vers 1900, entouré de deux femmes inconnues.
Aurait-il été élevé par un médecin, un militaire ou pris en charge par le personnel de l'hôpital ? Là encore, l'ombre noie l'homme.
nous est parvenu que trois de ses textes Monter décembre (1910), Ma tante Épatante (1912), Keepsake (1913), traces éparses de sa brève existence.2
Car sa vie s'achève tragiquement.
Au matin du 7 mars 1913, son cadavre est repêché dans l'avant-port. Brunet avait 19 ans.
De nature sombre et noctambule, Félix Brunet écrit dans Monter décembre un Cherbourg fugace et fantasque, hanté par une population de fantômes, gens de la nuit. Mondes étranges, à vif, débarrassés de la fioriture des conventions, mondes d'expression brute où Brunet tente de panser le singulier désaccord entre son tempérament et sa culture.
Là, cette fille, ici, cet hôtel, là, cette lanterne rouge, ici, cette chambre à jamais vide. Il explore sa propre ville, il en recueille la respiration. Il fouine, anthropologue des vices : lueurs de ses nuits
Personne mieux que Brunet n'a su évoquer les nuits de Cherbourg. En fait, avant Félix Brunet, personne n'avait jamais évoqué les nuits de Cherbourg :
"je me sens seul "3
Confiait-il à Henri Châtelain, peu de temps avant sa mort.

1 Ces photographies proviennent de la collection de Madame Maryse Peud qui nous a gracieusement permis de les reproduire.
2 Monter décembre, Coutances, Éditions du pou qui grimpe, 1918 .
Ma Tante Épatante , Manuscrit autographe signé. In-8 de 23 feuillets (140 x 225 mm) écrits au verso à l'encre violette et montés sur bradel demi-percaline prune.
Keepsake, poèmes parus in les Cahiers de l'Oasis (n° 8, 1923)
3 Lettre à Henri Châtelain datée de février 1911.
Sunday, September 16, 2007 
Saturday, September 15, 2007 
la vidéo ci-dessus de M. Pelouque et M. C. Peluche est une mise en image du Mouezlie encore célèbre dans certain milieu cherbourgeois.
Le Mouezlie est une incantaion composée de divers langues européennes et africaines importées par les régiments coloniaux casernés à Cherbourg à la fin du dix-neuvième siècle. Nous ne sommes plus très au fait du sens de cette incantation : Emile Benoit dans son ouvrage, "Marin, marin quand vient la tempête ne quitte pas la buvette", n'apporte guère de précision. Selon lui l'incantation avait des vertues protectrices.
Monday, September 10, 2007 
Cherbourg


Cherbourg fume mon amour
j'ai vu des caravanes sur le parking du Carrouf et des badauds

j'ai vu des cheminées rouges accolés au port
nouvelles tours des quais
chibouk des brumes

Entendu le tintamarre des cuivres
le clapotement des foules au pied d'un mur de coque noir

mon amour
et sa grande rade alentour bassin des nuées
Nuage de passagers sages ankylosés secouant des adieux de publicité

Un papier gras vole au ras des eaux

Et seul de nouveau

Paquebot noir Mon amour
Cherbourg immobile
rues accoudées au port

La mer est sombre alentour une sirène sonne la retraite allons
sur les ruines boire un dernier verre rue des Soifs Marines au plus grand rade des errances
Tituber sur son quai
des Pas-Perdus aux lumières vacillantes
avec des marins de la nuit pilotes des passages étroits complices de comptoirs et d'autre crimes chômeurs pour la plupart
milliardaires d'infortune
Oublier le passé
Le chibouk
La brume

Et le narguilé

Fred Goetz