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Pierre Barthélemy Entre vous et moi...

Wakan



Last Updated: 12/10/2009

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Status: Married
City: Ajaccio
State: Corse
Country: FR
Signup Date: 9/24/2007

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Friday, February 27, 2009 


http://www.youtube.com/watch?v=CXKQlCQKtIg

un géant du slide, toujours actuel

Tuesday, August 19, 2008 

Current mood:  sassy

BILAN JUILLET-AOUT 2008..:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

La saison d'été touche à sa fin, et en voici le bilan :

Le groupe Wakan a enfin trouvé son batteur en la personne de Xavier Pietri, un jeune musicien sympathique, travailleur, sérieux… La décision finale ne fut pas aisée car d'autres musiciens et amis étaient sur les rangs pour occuper cette place, mais il faut savoir donner leur chance aux jeunes et nous souhaitions avoir quelqu'un de disponible et pour qui Wakan serait une priorité, ce qui est difficile à exiger de la part de gens qui vivent de la musique, car, hélas, le groupe ne tourne pas assez régulièrement.

Avec une nouvelle sono et un renfort d'éclairage, les prestations se sont améliorées et nous pouvons désormais affronter des espaces et publics plus importants sans craindre d'être en « sous régime ». Notre concept  « un concert suivi d'un bal (avec DJ Kevin) » a convaincu ceux qui ont fait appel à nos services et nous recommencerons l'an prochain car nous croyons en cette formule qui vient de faire ses preuves.  

En ce qui concerne les dates de cet été nous devons remercier ceux qui nous ont fait confiance :

Pour mes prestations seul et en acoustique : d'abord pour tous les vendredis mémorables de juillet et août les restaurants Le Serra's et L'Arche, la boutique de l'ACA, la boutique Au Goût du Jour et la galerie Arkane, avec une mention toute spéciale et très affectueuse pour Patricia et Maria Pringuet ; Pierre Santoni de l'hôtel Neptune à Propriano, le glacier Le Cristal à Ajaccio…

Pour Wakan : l'Association des Commerçants de Propriano et Roger Leandri ;  la mairie d'Ota-Porto et Toussaint Coeroli ; le Clos Capitoro et Jacques Bianchetti et Raphaël Pierre…

Sans oublier : nos familles, nos amis, les anonymes du public et tous ceux qui nous soutiennent et nous donnent envie de continuer.

Nous tenons aussi à nous excuser de ne pas toujours avoir disponibles pour ceux qui voulaient nous faire venir et que nous n'avons pu contenter pour cause d'incompatibilités d'emplois du temps.

D'autre part, nous souhaitons ne pas remercier ceux qui nous ont proposé des cachets si ridicules qu'il valait mieux rester à la maison (nous ne sommes pas des mendiants mais des musiciens !), ceux qui s'imaginent que l'ont peut venir avec plus de 20000 € de matériel, avoir passé des années à suer et étudier sur nos instruments, des mois à répéter et mettre en place un répertoire contre une poignée de cacahuètes, ceux qui jugent de la qualité d'une prestation avec le Z de leur caisse plutôt que leurs oreilles (mais en ont-ils ?), ceux qui voudraient nous apprendre notre métier alors que leur incompétence est souvent flagrante, ceux qui confondent musiciens et animateurs (ou bouffons), ceux qui essayent de renégocier à la fin d'une soirée le montant du cachet comme des marchands de tapis, ceux qui affichent ouvertement une volonté de transformer la Corse en un Ibiza Bis ou une annexe de Saint Trop d'Pèze pourrissant ainsi lentement mais surement l'ambiance de l'île, sans oublier les autorités investies d'un pouvoir crypto-dictatorial gouvernemental qui, au mépris des lois de la République et en invoquant des règlements imaginaires, veulent faire de l'Ile de Beauté un autre monde du silence en y éradiquant la musique…  

Tuesday, January 15, 2008 

Ajaccio est une ville culturellement sinistrée depuis des années : peu de concerts, aucune salle digne de ce nom pour accueillir des spectacles conséquents par manque  d'arrières scènes suffisamment vastes pour pouvoir faire des représentations théâtrales dans de bonnes conditions (comme par exemple, le théâtre Kalliste qui est sensé accueillir 400 spectateurs mais qui, une fois une table de mixage et une d'éclairage installées, se retrouve avec une centaine de places en moins), aucune structure permettant de proposer des concerts symphoniques et encore moins pouvant servir à la production d'opéras. Quant à la programmation, parlons-en ! Sans les initiatives privées ou  d'associations comme l'Aghja où en serait la vie artistique à Ajaccio ? Mais aujourd'hui, le problème qui devient le plus préoccupant est celui des cinémas dans la cité impériale (impériale surtout par son manque de vie culturelle!)...

Depuis quelques mois, en effet, il n'y a plus que deux salles de cinéma à Ajaccio et vraisemblablement il n'y en aura plus d'autre, le Bonaparte ayant fermé, et par voie de conséquences, son petit frère l'Aiglon. Pour Ajaccio intra muros il reste l'Empire et le Laetitia qui sont probablement les deux salles de cinéma les plus chères du monde. A 10€ la place, pour des salles qui ne sont pas équipée en Dolby, avec des sièges d'un inconfort total, le prix est quelque peu usuraire. Quand on pense qu'à Bastia ou Porticcio, le prix de la place est à 8 € pour des conditions de confort et de projection indiscutablement meilleures, on se demande si les propriétaires de ces deux salles ne prennent pas les spectateurs pour des gogos. Pour mémoire, au Grauman's Chinese Theatre à Hollywood, la salle de cinéma la plus mythique de la planète, le tarif est de 10 $ (6, 73€) pour les adultes, 7 $ (4,71€) pour les + de 60 ans et les -  de 12 ans !...

Vous me direz que si les salles disparaissent, c'est que les ajacciens n'ont plus envie d'aller au cinéma. A ce prix là on les comprend. Il ne reste plus qu'à prendre sa voiture et foncer à Porticcio aux Trois Stars (2 salles) pour voir un film dans de bonnes conditions et pour un prix correct. Mais tout le monde n'a pas de voiture, à commencer par les enfants et adolescents, beaucoup de personnes âgées, et donc la solution n'est pas dans l'excentration. L'autre argument que l'on peut-entendre est que les ajacciens ne vont de toute façon pas assez au cinéma pour que l'on développe de nouvelles salles. Je ne suis pas du tout d'accord avec cette idée et je pense que l'offre finit par provoquer la demande. Il y a environ 80 000 habitants dans la région ajaccienne, si on s'en tient aux statistiques de l'INSEE et du CNC sur la fréquentation des salles de cinéma en France, on devrait arriver à environ 4800 places par mois (estimation basse) sur la seule région ajaccienne. Evidemment, il faut aussi compter sur les variations annuelles qui dépendent principalement : de la qualité des films qui sortent et de leur accueil par le public, des opérations du type Le printemps du cinéma (qui ne sont jamais appliquées par l'Empire et le Laetitia) et, bien entendu, du pouvoir d'achat des français qui, dans l'actuel contexte d'état crypto-totalitaire que nous connaissons, auront peut-être, paradoxalement, encore plus envie d'aller s'évader dans les salles.

A Bastia, le public peut aller au Régent (4 salles extrêmement confortables) ou au Studio (2 salles d'un confort moyen mais proposant une qualité de projection et un son Dolby excellents). Ces deux cinémas offrent, grâce à une programmation astucieuse la possibilité de voir pas moins de 8 films différents par semaine aux bastiais. N'oublions pas à Furiani, le Cinéma 7ème Art, une autre, quelque peu pittoresque, à Sainte Lucie et l'été un cinéma en plein air, le Plein Air Sainte Lucie.  Alors, pourquoi Ajaccio et les ajacciens sont-ils si défavorisés ?

Le cinéma est un art. Aller au cinéma est à la fois une détente, un moment de plaisir et une activité culturelle. Certain rétorqueront que le cinéma est avant tout une industrie, certes, mais avec des tendances étonnamment diverses et des genres très différents et, comme l'expliquait Orson Welles, c'est un divertissement qui peut provoquer la réflexion. Simone de Beauvoir disait : « Toute oeuvre signifie quelque chose ». Les Chaplin, Welles, Hitchcock, Truffaut, De Sica, Godard, Polanski, Dassin, Preminger, Ford, Shindô, Eastwood, Fellini, Visconti, Bergman, Dreyer, Bunuel et tant d'autres ont apporté une contribution incroyable au patrimoine artistique de l'humanité à travers cet art qui est né au XXème siècle et témoigne, plus que tout autre peut-être, de notre époque et notre monde.

Il faut sauver le cinéma à Ajaccio !

Sunday, January 06, 2008 

Un vieux roi avait pour fils unique un malhabile. Bien sûr, le prince avait étudié les lois et l'art de gouverner, il connaissait l'histoire de son royaume et les mathématiques, mais sa réputation de maladresse désolait son père qui pensait qu'il fallait beaucoup de délicatesse pour diriger un pays et son peuple. C'est ainsi qu'il décida de le mettre à l'épreuve.

 

- Mon fils, lui dit-il, je vais bientôt explorer l'autre côté de la vie et je désire que tu bâtisses de tes propres mains mon tombeau.


Naturellement, le prince protesta qu'il n'y connaissait rien dans l'art de construire les sépultures, pas plus que de construire autre chose d'ailleurs, mais le monarque resta inflexible.


- Demain, accompagné de mon plus fidèle écuyer, tu iras vers l'est, aux confins du royaume. Tu franchiras deux montagnes qui, telles des gardiennes, délimitent la frontière du pays. Au-delà, il existe un peuple qui maîtrise l'art de bâtir. Auprès de lui, tu apprendras ce que tu dois savoir. Tu ne reviendras que lorsque ton apprentissage sera terminé et que tu seras capable de construire mon mausolée.

Le lendemain matin, le prince se munit d'une bourse remplie d'or, de son torque et de ses bracelets princiers, ceignit sa plus belle épée, enfourcha son meilleur cheval et se mit en route avec l'écuyer.


Après plusieurs jours, ils arrivèrent devant les deux montagnes. Comme la nuit tombait, les deux voyageurs établirent un campement sommaire avant de continuer leur périple. Hélas, au réveil, le prince constata que son compagnon s'était enfui pendant qu'il dormait en emportant son or, ses bijoux, son épée et sa monture.

Tout d'abord, il se mit à pleurer amèrement et eut envie de rebrousser chemin pour rentrer chez lui. Mais, l'amour qu'il portait à son père était tel, qu'il ne voulait pas le décevoir et il décida de continuer son chemin.


Le défilé qui passait entre les deux montagnes se dirigeait vers le nord et était parcouru par un violent blizzard. Malgré la neige et le vent glacial, le jeune homme avança courageusement. Il lui fallut une journée, une nuit et toute une matinée pour traverser cette mauvaise passe. C'est dans un état d'épuisement total qu'il parvint à une vallée où se tenait une petite ferme autour de laquelle un troupeau de moutons paissait.


À bout de force, il se dirigea vers la maisonnette devant laquelle un berger était assis.

- Que viens-tu chercher ici étranger ?

 - Juste de quoi me restaurer et me reposer et pour pouvoir continuer mon voyage, répondit le prince.

- Que m'offriras-tu en échange de mon hospitalité ?

- Le serviteur qui m'accompagnait m'a tout dérobé mais je suis fils de roi et saurai te récompenser dès mon retour.

- Pour moi tu n'es qu'un fou qui voyage sans argent et sans armes, tu te dis fils de roi mais tu n'es qu'un mendiant.

 - Pourtant, j'ai si faim, si froid et je suis si fatigué. Je ferai n'importe quoi pour un bol de soupe et un peu de paille pour dormir.


L'homme regarda le prince, contempla ses moutons et réfléchit un instant.

- Peut-être pourrais-tu me rendre service après tout, fit-il. Tu vois ces moutons ? Il me faudrait une bergerie pour pouvoir les y parquer afin de les protéger la nuit du froid et des loups. Construis un abri pour eux et je t'offrirai en échange le gîte et le couvert.


Malgré sa fatigue, le prince se mit au travail sur le champ. Il ramassa des branchages partout autour de lui et les utilisa pour construire une cabane. Au bout d'une heure, l'édifice était prêt à accueillir les moutons. Mais, dès qu'ils furent entrés à l'intérieur, ils donnèrent des coups de tête partout et la frêle construction s'écroula. Le berger observa la scène sans dire un mot. Déconfit, le prince se mit à réfléchir un moment en contemplant les débris de son --uvre. Puis, tout à coup, il eut un sourire.


Non loin de la maisonnette, il vit un amoncellement de grosses pierres. Il choisit les plus grosses et les plus belles et se mit à dresser des murs en faisant attention à ce que les pierres coïncident entre elles. Pour les rendre solidaires, il utilisa de la boue en guise de mortier. Enfin, avec les débris des branchages de la précédente cabane, il fit un toit qu'il recouvrît avec des mottes d'herbe. Prenant quelques planches qui traînaient, il confectionna une porte et fit une charnière avec des pièces de cuir découpées dans les montants de ses bottes. Une fois entrés dans la bergerie, les moutons eurent beau donner de la tête et bêler rien ne bougea.


Le prince contempla son travail. Les moutons le regardaient avec des yeux dans lesquels on pouvait lire plus qu'une immense gratitude, quelque chose qui ressemblait à de l'amour. Désormais, ils auraient un abri sûr pour se protéger des intempéries et des bêtes sauvages. Pour salaire, il eut droit à un copieux repas et un lit de paille fraîche qui lui permit de s'offrir un sommeil réparateur.

Le lendemain matin, le berger se tenait à son chevet.


- Je sais pourquoi tu as entrepris ce voyage, lui dit-il, le vent m'a parlé de ta quête. Je crois que tu es capable d'apprendre mais, si tu veux trouver ce que tu cherches, tu dois perdre ton arrogance et apprendre à écouter. Hier, tu as reçu ta première leçon. Prends soin d'accomplir tes tâches en pensant à ceux qui en ont besoin. Aujourd'hui tu te dirigeras vers le midi où quelqu'un t'attend. Peut-être le reconnaîtras-tu.

Puis, le berger le serra contre son c--ur, lui remit un maillet, un ciseau et un sac plein de provisions pour la route et le congédia.


Après deux jours de voyage, le prince arriva devant un fleuve tumultueux traversé par un pont inachevé. Sur la berge, se tenait un vieillard assis qui avait un bras cassé maintenu par une attelle.


- Pourquoi ce pont n'est il pas terminé ?


- Ne vois-tu pas qu'il manque le dernier pilier pour construire le tablier du pont ? Es-tu aveugle ou sot ?


Le prince se sentit vexé et confus.


- Pourtant, il me faut traverser ce torrent pour poursuivre mon voyage.
- Mon bras est cassé et je ne pourrais rien faire pendant de longs mois, bougonna le vieillard.


Le prince regarda l'édifice, le vieil homme, l'édifice encore, poussa un soupir et décida de finir l'ouvrage laissé inachevé.


Il commença par tailler des pierres qu'il empila de façon à faire une colonne robuste, puis il construisit le tablier. Il lui fallut plusieurs jours d'un dur labeur, mais un beau jour, il vit le soleil se lever sur le pont terminé.


Le vieillard alla examiner le travail, vérifier la solidité de la construction, et pourtant il n'eut pas l'air satisfait.


- Est-ce tout ce que tu sais faire ? Tu es content de toi ?


Le jeune homme répondit qu'il avait fait un pont pour traverser une rivière en sécurité. Est-ce que cela ne suffisait pas, n'était ce pas la fonction première d'un pont ? Le vieil homme répliqua en demandant quel plaisir les voyageurs auraient à franchir cette rivière. Le prince essaya de défendre son point de vue puis se mit à bouder assis par terre.


Machinalement, il prit un morceau de pierre qu'il se mit à tailler. Non loin de lui, poussaient des acanthes, dont il essaya de copier les feuilles. Après plusieurs essais infructueux, il réussit à en reproduire une parfaitement. En regardant sa sculpture, il eut une idée. Il retourna vers le pont, et se mit à sculpter sur les piliers, des feuilles d'acanthes qui donnaient l'impression de soutenir le tablier, puis il continua à orner les parapets d'entrelacs. Son ouvrage achevé, il appela le vieillard qui se mit à rire et danser de joie.


- Merci à toi, tu as fait un pont encore plus beau que ce que j'aurai rêvé dans mes rêves les plus doux. Pour te remercier, viens dormir et te reposer chez moi.

A son réveil, il trouva au pied de son lit, une paire de bottes neuves, son sac rempli de provisions et quelques mots griffonnés sur un bout de papier : "dirige tes pas vers le soleil levant, ta dernière épreuve t'attend là-bas".


Le prince traversa le pont et se dirigea vers l'est. Après quelques jours, il parvint au pied d'un volcan où se tenait un village de fermiers.


Tout autour des habitations, la terre, les champs et les bois étaient calcinés, ce n'était que désolation et les paysans se lamentaient. Le chef du village lui expliqua :

- Tous les soirs, la lave qui coule du volcan dévaste nos récoltes avant de se déverser dans un précipice, nos enfants sont affamés, nous ne savons plus que faire. Nous avons essayé de construire un barrage, mais la lave a débordé et tout submergé, rien n'y fait.


Le prince fut ému par le désarroi des villageois. Il voulu trouver un moyen de leur venir en aide. Mais avant de prendre une décision, il grimpa en haut de la fournaise. Le trajet était périlleux, les vapeurs de soufre le faisaient suffoquer, mais il sautait avec adresse de rocher en rocher évitant les coulées de lave, retenant sa respiration dès que les vapeurs délétères apparaissaient. Il finit par arriver au sommet du cratère. Le spectacle était grandiose et terrifiant. Le jeune homme comprit alors qu'il ne servait à rien de vouloir lutter contre des éléments plus forts que les hommes et que l'on ne pouvait soumettre l'indomptable. Il redescendit vers le village.


- Vous ne pourrez jamais dominer le flot ininterrompu de la lave, expliqua-t-il au chef du village. En revanche, on peut la guider en creusant des canaux qui lui indiqueront la voie à suivre.


Aussitôt, les paysans prirent des pelles, des pioches, des piques et tous, le prince parmi eux, se mirent à creuser des canaux consolidés par de solides murs de pierre. Le soir, lorsque le volcan ressortit sa langue de feu, la coulée suivit le chemin tracé par les hommes et se déversa dans le précipice sans avoir causé aucun dommage alentours. Le chef du village le convoqua.


- Tu as su résoudre notre problème avec une grande sagesse, maintenant mon peuple pourra vivre en paix grâce à toi. Je sais qui tu es et ton apprentissage se termine ici pour l'instant. Je dis pour l'instant, car j'espère pour toi que la vie aura encore beaucoup à t'enseigner. Maintenant, il est temps de rentrer chez toi auprès de ton père. Voici notre meilleur cheval, enfourche le et il te ramènera là où ta quête a commencé. Ne t'inquiète pas pour lui, il retrouvera tout seul le chemin du retour.


Le voyage dura à peine une journée, la monture semblait voler à travers les airs et ne s'arrêta qu'aux pieds des deux montagnes d'où le prince était parti. Là, l'écuyer l'attendait qui lui rendit son or, ses bijoux, son épée et son cheval.

Quand le jeune prince arriva au palais, il construisit pour son père un magnifique tombeau en albâtre qui avait la simple forme d'un cube et était surmonté de deux sculptures se faisant face, l'une représentant le soleil, l'autre la lune. Tout le monde fut émerveillé par l'--uvre du prince si belle et si simple à la fois. Quant au roi, heureux, il comprit qu'il avait un héritier digne de confiance.

Friday, September 28, 2007 
 

Pour un changement de société


Au moment où les Français descendent dans la rue pour défendre leur droit légitime à la retraite, il est temps de se rendre compte que ce problème n'est que l'un des nombreux éléments qui témoigne de la faillite d'un système économique et social qui n'a que trop vécu et qu'il est temps de réfléchir à créer un nouveau modèle de société.


A l'issue de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (connue sous le nom de Sommet « Planète Terre »), en juin 1992, à Rio de Janeiro, Jacques-Yves Cousteau déclarait que l'homme devait apprendre à partager sinon il fonçait vers sa perte. A l'aube du troisième millénaire, onze ans après cette constatation restée sans conséquences de la part des gouvernements et des hommes d'affaires qui les dirigent dans l'ombre, il devient urgent que tous les principes énoncés dans la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement soient enfin mis en applications.


Certains néo-esclavagistes, suppôts du capitalisme triomphant voudraient nous faire croire que l'homme est né pour travailler. Qu'il soit venu au monde pour évoluer, s'améliorer, se parfaire est le sujet d'un débat philosophique – voire théologique – qui n'est pas dans ce propos. En revanche, comment croire que l'on est né pour être plombier et garder toute sa vie les mains dans la fange, pour être mineur et mourir de silicose, ou encore pour être abruti et sourd à force de travailler sur des machines à emboutir la tôle ? Il est facile, quand on fait ce que l'on aime dans le confort d'un bureau feutré et les fesses enfoncées dans un fauteuil en cuir, de vouloir donner des leçons de vie civique et sociale. Mais ceux qui parlent ou pensent comme cela devraient, ne fut-ce que pendant un mois, aller faire les éboueurs à cinq heures du matin en janvier dans les banlieues dortoirs des grands centres urbains.


Ernest-Antoine Sellière, président du Medef, fossoyeur d'AOM-Air Liberté, responsable de part ses qualités de gestionnaire de la mise au chômage de plus de 3000 employés, prétend vouloir donner à la France et au Français des leçons de civisme et d'économie. On croit rêver ! Il faut dire, qu'avec ses indemnités, ses jetons de présence et ses actions à droite et à gauche, sa retraite est parfaitement assurée.


Un récent sondage montrait que seulement 5% de la population pratique une activité professionnelle par passion tandis que le reste se plie à la nécessité de survivre. Il faut donc arrêter de vilipender ces gens qui voudraient gagner plus en travaillant moins. C'est normal, c'est légitime, c'est humain… Tout le monde rêve d'arriver à cela. Il est temps d'en finir définitivement avec ces vieilles idées sclérosantes héritées du XIXème et véhiculées par des calotins en mal de mortification qui prétendent que l'homme est sur terre pour souffrir. L'homme est fait pour le bonheur et le plaisir, souffrance et malheur ne sont que des accidents de parcours qui, s'ils peuvent endurcir, peuvent aussi dessécher l'âme et le corps. En tous les cas ils ne sont pas les seuls moyens d'évoluer ni de se parfaire, la preuve en est les moines bouddhistes qui ne font rien d'autres que méditer pour s'élever.


Cela dit, il est évident que l'on ne peut vivre sans rien faire, l'homme a besoin de cultivateurs, d'éleveurs, de plombiers, d'éboueurs, d'ouvriers autant que de médecins, d'avocats, de chercheurs et d'intellectuels. On ne peut imaginer un monde sans labeur. Il ne s'agit pas non plus de condamner la société de consommation. Il est normal de vouloir profiter des bienfaits de l'évolution technologique. La télévision, l'automobile, l'informatique sont de très bonnes choses et il est naturel de vouloir aller vers une société de loisirs. Or c'est exactement le contraire qui et en train de se produire. Nous fonçons tête baissée vers une société où les formes les plus pernicieuses d'un esclavage moderne qui ne s'avoue pas comme tel sont en train de s'installer insidieusement dans toutes les couches de la population.


Prenons l'exemple du téléphone portable. Voici une invention qui, même si elle est parfois devenue envahissante (et donc irritante), est tout à fait épatante. Avoir un téléphone sur soi, pouvoir communiquer à tout moment, quel que soit l'endroit où l'on se trouve, n'est-ce pas merveilleux ? Et pourtant, souvenez-vous de cette publicité. La scène se déroulait l'été sur une plage et deux couples avec leurs enfants étaient en vacances. L'un des personnages s'angoissait à l'idée de perdre des contrats pour son entreprise tandis que son ami, possédant un portable et fier de sa servitude, continuait à travailler pendant ses loisirs et était présenté comme l'exemple à suivre de l'histoire. Le message était clair : la famille, les loisirs, les enfants, tout ça ne compte pas et doit être sacrifié sur le sacro-saint autel du profit, chacun de nous devant vivre en permanence au service de son entreprise. Or, n'est-ce pas plutôt l'entreprise qui devrait être au service de ceux qui la font fonctionner ?


De plus en plus souvent on entend parler de cadres qui se font licencier parce qu'ils ne sont plus « rentables », un effroyable harcèlement moral est pratiqué par de véritables dictateurs qui exigent toujours plus de résultats de la part de leurs collaborateurs. S'il n'y avait pas des lois, ils les feraient dormir sur place, et encore c'est presque le cas dans certaines entreprises où les cadres arrivent à huit heures du matin pour repartir après minuit. Au moment, où l'on parle d'abroger la loi des 35 heures il est bon de se souvenir que certains les font en deux jours, six jours sur sept par semaine.


Or tout ça pour qui et pour quoi ? Pour le bénéfice de quelques gros actionnaires qui n'ont jamais mis les pieds dans les entreprises dont ils détiennent les parts, quand ils en connaissent l'adresse et l'activité. Comment des gens qui ne connaissent pas l'histoire d'une entreprise, les gens qui l'ont fondée et ceux qui la font fonctionner peuvent-ils avoir le pouvoir de vie et de mort sur celle-la ? C'est intolérable. Il est bon de se souvenir de ce grand éditeur parisien qui, pour payer les droits de succession, a du se transformer de SARL en SA. Au départ, c'est une filiale de Havas, encore société appartenant à l'Etat, qui a pris la majorité des parts. Depuis la privatisation du groupe Havas et son absorption par Vivendi, les Editions Fernand Nathan sont sur la corde raide. Pour les vieux de la vieille de cette honorable entreprise, édition signifiait culture, livres, auteurs. Pour les nouveaux actionnaires seul l'accroissement de capital compte, livres ou conserve de petits-pois, pour eux c'est du pareil au même. Et tant pis pour tous ceux qui se sont battus pour une famille respectée. Même les nazis n'avaient pas réussi à couler ce fleuron de l'édition française. La bourse risque d'y arriver dans les prochaines années.


Ainsi donc, l'ennemi est dévoilé. Ce n'est pas le créateur d'entreprise, celui qui a une idée et cherche à l'exploiter. C'est l'actionnaire. Pas le petit porteur besogneux qui cherche à arrondir ses fins de mois et qui est souvent avalé, ruiné par les requins de la bourse. Non l'ennemi du peuple et de la planète, c'est ce gros actionnaire qui peut détruire en une seconde une entreprise et la vie de ses employés en vendant ses parts sur le marché de la Bourse. En réalité, ils sont très peu nombreux et c'est là le drame de notre monde. L'argent de la planète n'est plus qu'entre les quelques mains de vautours cyniques et égoïstes qui n'ont qu'une idée : amasser encore et encore, quel qu'en soit le prix à payer pour le reste de l'humanité.


On ne peut pas condamner la société de marché car, jusqu'à ce qu'on découvre un nouveau système d'échange, c'est le seul système qui les rende équitables. Vouloir revenir au troc est une idée farfelue qui ne tient pas compte de la diversité de la nature des échanges. Tant qu'il s'agit d'échanger des moutons contre la construction d'une case cela peut marcher, mais imaginons dans ce type de système économique combien il faudrait de superficie de terrain pour caser tous les moutons de Bill Gates en échange des seules licences de Windows ! On ne peut, de ce fait, critiquer la volonté d'enrichissement, mais cet enrichissement ne doit provenir que de la seule productivité. L'accroissement de capital d'une entreprise ne doit se faire que du fait de sa productivité ou d'un simple emprunt remboursable à terme échut.


La SA a cela d'inhumain qu'elle est justement anonyme. Le système de la capitalisation par action est en train de conduire l'humanité à sa perte. Il est temps de mettre le système boursier actuel hors la loi. Quand on pense aux fortunes colossales générées par le marché du café et que l'on voit le revenu annuel misérable d'un producteur de café en Colombie ou en Afrique, on ne peut qu'être atterré. De même, arrêtons de montrer du doigt la fortune des émirs du pétrole alors qu'en proportion du prix à la pompe avant taxation ils ne gagnent qu'à peine plus que les pompistes par litre d'essence. Ce sont les traders, les grosses compagnies pétrolières et autres intermédiaires qui profitent le mieux de la manne apportée par les énergies fossiles. Or, il est curieux de remarquer que les plus gros actionnaires des compagnies pétrolières possèdent également la majorité des parts des industries pharmaceutiques, agronomiques, d'armement, du transport et de communication. Comment s'étonner, dès lors, du triomphe de la pensée unique et du politiquement correct ?


Il faut comprendre que, aussi bien intentionnés soient-ils, nos gouvernants n'ont de ce fait plus aucun poids dans la vie de nos sociétés. Comment voulez-vous qu'un ministre ou un président décide de quoique ce soit quand il a face à lui moins d'une dizaine de personnes qui pèsent plusieurs fois le budget de l'Etat français ? Il suffit aux requins de la grande finance internationale d'une seule réunion pour mettre à genoux tout un gouvernement. On voit très bien ce qui se passe en Afrique ou dans les pays baltes où les compagnies pétrolières et pharmaceutiques fomentent des conflits et révolutions à la seule fin de s'accaparer des marchés qui ne sont juteux que pour ceux qui les ont fait signer. A ce niveau, le procès Elf-Aquitaine est révélateur. On nous agite quelques marionnettes qui servent de bouc-émissaires sans que le véritable procès ait lieu : Celui d'une néo-colonisation honteuse dirigée par quelques néo-esclavagistes en cols blancs qui n'ont pour seule ambition que de spolier des pays souverains de leurs propres ressources et de les détourner à leur propre profit tout en éradiquant des civilisations et des ethnies entières et en détruisant irrémédiablement l'environnement. En ce moment même, on détruit la forêt amazonienne et extermine des tribus à la seule fin de construire une route qui n'a pour seule vocation que le transport de pierres et de minerais plus ou moins précieux. Mais la vie de quelques indiens arriérés est si peu de chose face à l'indice du Dow Jones ou du CAC 40 !


On en arrive même à l'ultime paradoxe : le principe de l'action a des implications tellement perverses qu'il vaudrait mieux pour les salariés que les bénéfices de l'entreprise restent à la limite de la croissance zéro. En effet, chaque semaine nous entendons parler de sociétés qui engrangent des bénéfices records et quelques jours plus tard nous apprenons qu'ils sont obligés de licencier ou de délocaliser vers des pays où la main d'--uvre est moins chère. Peu de gens du grand public comprennent pourquoi et ce ne sont certainement pas les journalistes des différents médias qui appartiennent tous au mêmes groupes financiers (pensée unique quand tu nous détiens !) qui vont nous expliquer comment nous nous faisons régulièrement rouler dans la farine. L'explication est extrêmement simple et démontre la perversité du système capitaliste tel que nous le connaissons depuis près de deux siècles.


Imaginons une entreprise qui fabriquerait des pneus et appelons-la : Michalon. Pourquoi Michalon, parce que le fondateur de cette entreprise s'appelait ainsi. Monsieur Michalon fabrique des pneumatiques au début de l'industrie automobile. Son savoir-faire est tel qu'après avoir commencé dans un petit hangar avec deux ou trois collaborateurs en quelques années il est à la tête d'une usine avec quelques centaines d'ouvriers. Lorsque monsieur Michalon meurt, l'Etat français réclame de tels droits de successions exorbitants qu'il ne reste à ses héritiers que trois solutions : Premièrement mettre la clé sous la porte, mais qui accepterait de voir le travail de toute une vie réduit à néant ? La deuxième solution consiste à emprunter aux banques de quoi payer, mais les taux usuraires et les taxes sur les bénéfices sont tels que l'entreprise serait précipitée à la faillite en quelques mois. La troisième solution consiste à proposer à des groupes financiers de devenir partenaire d'une entreprise florissante moyennant un apport de capital tel qu'il permette de régler les droits de succession. C'est ainsi que quelques « gros porteurs » deviennent majoritaires dans l'entreprise Michalon qui passe de SARL à SA. On le voit ici, le premier responsable de l'expropriation des entreprises françaises et de l'appropriation par des groupes étrangers est l'Etat avec ses règles patrimoniales scandaleuses et son racket digne de la Mafia (Pensez à tous ces vignobles du Bordelais qui deviennent propriété de financiers japonais).


Au début, tout ce passe bien car il n'est pas bon de faire des vagues, les employés pourraient en prendre ombrage et se mettre en grève ce qui n'est jamais bon pour les affaires. Au contraire, on modernise les structures, on crée des services de ressources humaines, fini le paternalisme du vieux Michalon vive l'entreprise ou chacun est responsabilisé du plus petit ouvrier au cadre supérieur. Et la production s'améliore, et les bénéfices deviennent de plus en plus importants jusqu'au jour noir pour les travailleurs où l'on explose les taux de rentabilité et où les bénéfices atteignent un tel niveau qu'il est évident qu'ils ne pourront que baisser les prochaines années. Et voilà la machine qui s'enraye. Si l'action de mon entreprise est passée d'une valeur de 100 à 250 parce que cette année est exceptionnelle et que l'année prochaine elle redescend à 249, il est temps de vendre cette action. Il est logique et naturel de ne pas vouloir perdre de l'argent. Qui laisserait par terre un billet de 10 € sous prétexte qu'il en a 3000 dans la poche ? Un sou est un sou et ce n'est pas en le gaspillant que l'on fait fortune.


Alors pour ne pas perdre le bénéfice d'une croissance record et que les actionnaires gardent leurs actions on commence à vouloir faire des économies. Le plus simple, c'est de licencier un personnel coûteux quitte à embaucher dans des pays où les protections sociales sont à tel point inexistantes que la main d'--uvre est 80 ou 90% moins chère que dans le pays d'origine. Ainsi les bénéfices continueront à augmenter et surtout les actions ne baisseront pas. On le voit dans cet exemple, où toute ressemblance avec une société existante n'est pas fortuite, le principe de la mise en action du capital d'une entreprise est vecteur de chômage dans nos pays et de paupérisation de la population, tandis que dans les pays dits « en voie de développement » c'est un facteur de maintenance en état de dépendance.


Jamais les entreprises européennes n'ont eu autant d'argent et jamais il n'y a eu un tel taux de chômage. Les salariés supportent le poids des allocations chômage, payent un impôt de solidarité (qui est imposable, pourquoi ne pas être imposé sur le paiement de l'impôt sur le revenu pendant qu'on y est !) pour que quelques actionnaires puissent engranger des bénéfices de plus en plus importants. On prétend que l'Etat ne trouve plus d'argent pour maintenir le niveau des prestations sociales. Il est certain que lorsqu'un médicament qui revient à 2 € en rapporte 20 aux actionnaires du groupe pharmaceutique on est en droit de se demander à qui le crime économique profite.


Parmi les nombreux scandales dont les salariés français font les frais on pourrait citer celui, exemplaire, des jetons de présence du Crédit Lyonnais. Un jeton de présence est, en quelque sorte une indemnité financière accordée aux membres participants de l'assemblée d'actionnaires d'une entreprise. En clair, il s'agit de payer les actionnaires pour qu'ils siègent à un conseil et prennent des décisions. Au Crédit Lyonnais, le montant des jetons de présence versé au titre de 2002 a été de 529 729 €. Pour mémoire, Messieurs Marc Bué et Francis Mer ont perçu respectivement 30 708 € et 15 458 € au titre des jetons de présence pour l'exercice 2002. 40 855 € ont été versés à Monsieur le Payeur Général du Trésor au titre des jetons de présence pour l'exercice 2002 (10 542 € au titre du mandat de Monsieur Jean-Philippe Cotis, 23 000 € au titre du mandat de Monsieur Jean-Pierre Jouyet, et 7 313 € au titre du mandat de Monsieur Jean-Luc Tavernier). Ces chiffres proviennent directement du Crédit Lyonnais et sont consultables par n'importe qui sur leur site internet. C'est dire qu'ils ne se cachent même pas et n'ont aucune pudeur. Et pendant ce temps, le déficit du Crédit Lyonnais est supporté par l'Etat, c'est à dire les citoyens qui eux n'ont droit qu'à un coup de bâton s'ils ont le moindre découvert bancaire pendant quelques secondes. On croit rêver !


Contrairement à ce qu'ont prétendu Karl Marx et les communistes il n'est pas question de lutte des classes. Il n'est pas question non plus de niveler vers le bas. Bien au contraire chaque homme a droit au bien-être et au bonheur. Mais pour y parvenir l'humanité doit se réveiller et apprendre à partager. L'accès à la libre et paisible propriété doit être respectée et favorisée sans qu'il soit synonyme de spoliation pour autrui. Il n'est pas question de reproduire de quelque manière le schéma américain de l'homme blanc qui s'approprie des terres au mépris des coutumes et droits ancestraux des indiens. Il est temps que nous respections les us, coutumes et cultures des autres. Tous les hommes sont différents, respectons et favorisons ces différences.


L'une des solutions pour que l'homme arrête de dominer son voisin est de combattre férocement toutes les sources d'injustice et d'inégalité. De nos jours, la plus grande est la Bourse et son système de capitalisation par actions. Il est temps de lutter et de réclamer la mise hors-la-loi des sociétés anonymes. Nous devons exiger de nos gouvernements qu'ils se mettent enfin du coté des peuples et non pas des oppresseurs. Il faut favoriser la libre entreprise par un allègement fiscal, des possibilités d'emprunts remboursables de façon réaliste. Il est impératif pour la sauvegarde de l'économie mondiale et la survie décente des peuples d'interdire la capitalisation par toute autre source que le revenu du travail ou l'emprunt ponctuel.

Chacun doit avoir le droit élémentaire de savoir pour qui et pour quoi il travaille et d'effectuer ses tâches avec sérénité et une juste récompense pour sa participation à la vie des collectivités. L'esclavage sous toutes ses formes doit être combattu avec la plus grande fermeté. Nous avons le devoir pour les générations futures de leur léguer un monde où l'équité et l'harmonie doivent être les seules règles. Pour cela nous avons le devoir de lutter, s'il le faut avec la férocité de tigres défendant leurs territoires, contre tous ceux qui voudraient s'accaparer, piller et gaspiller les ressources de notre planète.


Nous devons obtenir :

La mise hors-la-loi des Sociétés Anonymes et l'arrêt définitif du système de capitalisation par actions.

L'abrogation des lois scélérates sur les successions et les droits patrimoniaux.

L'allègement de l'impôt sur les bénéfices des sociétés et l'instauration de mesures rendant le crédit plus accessible aux entreprises désirant investir ou s'agrandir pour favoriser la libre entreprise sans qu'elle ne nuise aux travailleurs.

L'imposition de toutes les transactions internationales afin de créer un fond de solidarité pour les peuples défavorisés ou sinistrés.

La mise en place d'un organisme international chargé d'instaurer, vérifier et favoriser l'harmonisation des salaires et prestations sociales à travers la planète pour un meilleur partage des richesses et ressources.

L'installation d'un conseil international de surveillance de l'environnement possédant de réels pouvoirs de coercition afin de pénaliser sévèrement tous ceux qui pourraient mettre en danger tout ce qui est synonyme de vie sur la planète (végétaux, plantes, minéraux et peuples).



Il est temps de se réveiller, il est temps de mettre en application la déclaration des droits de l'homme et du citoyen sans réserve ni compromis.


Ajaccio, le jeudi 15 mai 2003


Pierre Barthélemy

Wednesday, September 26, 2007 

Current mood:  curious
 

Le triomphe des pétasses


L'autre soir, ma fille (12 ans et demi) a voulu absolument regarder à la télévision les NRJ Music Awards. Outre le fait que rien que le titre me gonfle - pourquoi traduire en anglais une émission produite par une radio française en France qui pourrait aussi bien s'intituler les Trophées de la Musique NRJ - me taper les sempiternelles niaiseries que j'essaye désespérément d'éviter en n'allumant jamais ma radio sur autre chose que France Inter, ne consistait pas vraiment une définition de ce que j'appelle une bonne soirée. D'autant plus que le même soir, il y avait le Live de Canal plus et Taratata sur une autre chaîne. Mais, vous savez ce que c'est, quand on est père on veut faire plaisir, c'est ce que certains psychanalystes appellent le syndrome du pélican.


Donc ce soir là, via notre poste de télé, direction Cannes, le Palais des Festivals, soirée d'ouverture du MIDEM… Et là, dès le début de l'émission, l'horreur totale, celle qui ferait passer La nuit des morts vivants pour une gaudriole, La guerre des mondes pour une aimable description du paradis, Une nuit en enfer pour la narration d'une joyeuse partie d'étudiants sages (quoique Selma Hayek , miam !)… Tout commença par le pitoyable pseudo comique Anthony Kavanagh déguisé en Darth Vador de pacotille avec ses jeux de mots à un kopeck et son sourire figé de crétin prétentieux qui jouait les Monsieur Loyal de ce cirque sinistre. Je passe très vite sur les artistes qui se produisaient dans des play-back douteux avec des chorégraphies approximatives, je passe aussi sur les récompenses consensuelles qui ont profité largement à Universal, TF1 et Sony, sans que les petits labels puissent y trouver leur compte. Seul moment jubilatoire, Edouard Behr se foutant de la gueule d'une Miss France pathétiquement idiote face à un public visiblement mono neuronique qui ne comprit rien non plus.


Justement, parlons du public, car c'est lui qui rendit cette soirée à la fois passionnante et terrifiante. En effet, ce soir là, le Palais des Festivals était remplis à 80% de spectatrices entre 15 et 20 ans maximum. Une horde de pisseuses et pétasses hurlaient, pleuraient, tentaient mille ruses pour apparaître une fraction de seconde devant les caméras et semblaient une marée en furie devant des artistes tous bien sages et bien formatés TF1 (c'est vrai qu'il faut tout de même ne pas choquer la ménagère de 30-40 ans et les annonceurs de chez Unilever ou Coca Cola). Même les rappeurs et autres gangstas de prisunic faisaient bien propres sur eux. Et tout d'un coup, j'ai compris la démarche de NRJ, TF1, Universal et Sony. Tout comme les grands groupes de l'agro alimentaire ont compris que les principaux prescripteurs sont les enfants, eux ont découvert que les filles entre 15 et 20 ans étaient les principales prescriptrices en terme de ventes de disques.


L'idée est en fait toute simple, on sait très bien que ce ne sont pas les garçons qui de nos jours choisissent les filles mais le contraire. Il parait que la maturité d'une fille de 15 ans est supérieure à celle d'un garçon de 18. Possible, pas certain à en juger les attitudes de celles qui assistaient aux NRJ music choses… En tout cas, il est clair que si un garçon veut séduire une fille il est obligé de s'aligner sur ses goûts, et suivre son mouvement. Ceux qui ont passé la quarantaine se souviennent que ce sont nos copines qui nous ont fait passer de l'eau de Cologne aux eaux de toilette de marque. Pour la musique, maintenant c'est pareil. En 1970, dans Love Story, on pouvait lire : « elle aimait Mozart, les Beatles et moi ». De nos jours il faudrait écrire : « elle m'aimait si j'aimais la Star Ac' et Jenifer ». Autres temps, autres m--urs, autres valeurs…


Il est plus que certain que les Pascal Nègre, Patrick Le Lay (le laid ?) et autres Prigent ont parfaitement compris la recette des marchands de petits pois de chez Cassegrain et des gens du marketing de chez Gervais-Danone. La preuve : ils nous vendent leurs artistes comme de la lessive ou des surgelés. Le problème c'est que la limite de péremption est incroyablement courte et que ce qui a été adoré en janvier est complètement obsolète en mars. Ce n'est certainement pas comme ça que l'on va créer des carrières durables. Peut-on croire que c'est en caressant les pétasses dans le sens du poil (si elle en ont) que l'on va voir apparaître les Beatles, Aznavour, Brel, Cabrel, Renaud, Nougaro, Rolling Stones, Santana, Clapton, Dylan, Wonder, Sheller, Sanson, Greco et Aretha Franklin de demain ?


J'en viens même, en regardant ce genre d'émission, à me dire que le piratage sur le net est peut-être une bonne chose. J'ai quelques amis qui doivent bondir en lisant ces lignes et pourtant… Si on regarde les ventes des artistes qui touchent un public plus intéressé par la qualité de création que le marchandisage on constate que les chiffres continuent de progresser. La preuve en est que les courbes de ventes de la Fnac sont en hausse permanente (+ 34% annoncé pour 2005) tandis que celles de Virgin sont en baisse. Le public et la cible n'est pas la même, les pétasses présentes au NRJ Gnagnagna ne se rencontrent pas rue de Rennes ou avenue de Wagram mais facilement sur les Champs.


En fait, il semble que le P2P n'affecte principalement que les produits de très grande consommation immédiate. Je finis par me demander si, en fin de compte, il ne faut pas permettre de propager à fond le téléchargement de ce genre de « choses » afin de mettre les majors à genou et les forcer à revenir à des politiques plus artistiques. Pour mémoire, le dernier Cabrel qui n'est pas un album facile s'est tout de même vendu à plus d'un million d'exemplaires en France, pareil pour l'album de Calogero « 3 ». Mais, eux n'étaient pas au NRJ Beurk, ils n'intéressent pas, ou plus, les pétasses de moins de 20 ans, ils ne sont pas plus piratés ou copiés qu'à l'époque où nous copiions sur nos lecteur de cassette le dernier Eagles ou le nouveau Floyd qu'un copain plus fortuné avait acheté.


Pour en revenir à cette soirée édifiante et son public, essayez le test suivant : vous prenez un CD qui vient de sortir et qui n'est jamais passé sur NRJ ou à la télé et vous le faites écouter à une gamine de 15-20 ans. Vous verrez son visage se fermer comme une huître, son regard s'obscurcir, son front se plisser et elle prendra soit un air buté soit de profond mépris pour le ringard que vous êtes, et vous dira dès les cinq premières mesures que ce n'est pas valable. Ne vous étonnez pas si quinze jours plus tard elle vous rapporte le même Cd en criant au génie, il sera passé sur NRJ ! Nous vivons un véritable dictat de la médiocrité orchestré par quelques majors et diffuseurs plus ou moins en cheville dont les pauvres adolescentes et post ados se font les vecteurs.


Pour mettre un peu de baume dans nos c--urs endoloris et dire que tout n'est pas perdu sur la planète, quinze jours plus tard on pouvait assister aux Grammy Awards. Evidemment ce fut retransmit sur W9, car ce genre de manifestation qui passe dans le monde entier et ne flatte pas le nombrilisme hexagonal, ne peut intéresser TF1 ou la 2. Et tant pis pour ceux qui n'ont pas Canal Sat ! Il y avait U2, Paul Mac Cartney, Madonna, John Legend, Aerosmith, Christina Aguilera, Coldplay, Faith Hill, Bruce Springsteen, Elvis Costello, etc. Tout en direct, sans playback, un son qui tue, une vraie fête des musiques, gâché hélas trop souvent par les commentaires débiles de Doc Gynéco et de sa partenaire (une assez jolie blonde plus conne qu'une huître dont je me suis empresser d'oublier le nom), il fallait bien que les français viennent foutre leur merde dans ce qui était un parcours sans faute !


Toujours est-il que ce soir là, à Cannes, pour la soirée d'ouverture du MIDEM, c'était le triomphe des pétasses ! Dans ce lieu où ont été honorés, tant par le public que leurs pairs, Orson Welles, François Truffaut, John Huston, Roman Polanski, Ingmar Bergman, Jean-Luc Godard, Clint Eastwood, Fellini, Kurosawa, Preminger, Jeanne Moreau, Meryl Streep, Ava Gardner, Marlon Brando, Ennio Morricone, Nino Rota et tant d'autres créateurs et artistes, ce soir là, la médiocrité, la ringardise, la bêtise, le mercantilisme le plus abject et les compromissions les plus viles ont triomphé…


Pierre Barthélemy