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Last Updated: 12/9/2009

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Monday, June 08, 2009 
Tuesday, February 24, 2009 
Tuesday, February 24, 2009 
Monday, December 29, 2008 
....................
Monde casino....
.. ..
La cravate est une fausse piste....
On préfère être à poil....
Devenir fou que de faire ....
comme ils l’entendent....
un jour tout est foutu....
Demain y’a de l’espoir....
.. ..
Parce que le mal n’est qu’un point de vue
Parce que les samedis après midi de shopping deviennent l’opium du peuple
Parce que les lignes droites sont suspectes
Parce qu’on devrait donner des cours de grammaire et de conjugaison aux syndicalistes
Oui sans orateurs la pensée n’est rien
Parce qu’on veut laisser le monde s’user sans nous
Parce que les encostumés chantent toujours la même chanson sous leurs chemises
Parce qu’on rêve de soleil et de balades dans les rues de Barcelone
Parce qu on aime les oiseux, les vaches et les chiens
Parce que trop souvent on ne comprend rien
.. ..
La cravate est une fausse piste....
On préfère être à poil....
Devenir fou que de faire ....
comme ils l’entendent....
un jour tout est foutu....
Demain y’a de l’espoir....
.. ..
Parce qu’on boit trop
Parce qu’on fume trop
Parce que ce que j’écris n’est pas ce que je suis mais ce que je voudrais être
Parce que ça ne suffit plus d’exister 
Parce qu’il faut taper ton nom sur google
Créer ton blog,  devenir la Zola de maigre vie
Parce que malgré tout on se marre
Parce qu’un bulletin est une plume
Un lobby un canon
.. ..
La cravate est une fausse piste
On préfère être à poil
Devenir fou que de faire
comme ils l’entendent
un jour tout est foutu
Demain y’a de l’espoir
.. ..
Parce que Traite et colonies
Parce que Sétif et Constantine,
Parce que nous sommes inexcusables
Parce que nous sommes inexpulsables
Parce que je suis blanc
Parce que j’ai honte
.. ..
.. ..
Qu’espérer quand…....
.. ..
Affligeant,
désolant,
sont les seuls mots qui me viennent à la bouche
Devant ce Fatras
bling bling carla, rolex, yacht bolloré vip
Qu’espérer
Ils se marièrent et expulsèrent beaucoup beaucoup d’enfants
Qu’espérer
Arrogance, Hortefeux, performance de préfets véreux
Mais qu’espérer de ces gens là....
Qu’espérer de ces clans là....
Quand du matin jusqu’au soir et chaque jour....
C’est à la façon de loups de serpents ....
Qu’ils récrivent le respect, la morale, le bien et le mal ....
Qu’espérer quand l’envers devient l’endroit
Le bancal devient roi
Closer, Gala, Paris Match, Vsd
Qu’espérer
Choquant, sans complexe, assumé
Qu’espérer
Rigolard, franchouillard, Malabars de sécu, 
Mais qu’espérer de ces gens là....
Qu’espérer de ces clans là....
Quand du matin jusqu’au soir et chaque jour,
Ils nous parlent de rigueur le caviar à la louche, à la bouche
Qu’espérer de journalistes devenus passe plat de plans de comm
Voyez cette  gauche bercée de marseillaises,
Cette classe politique qui a le plus grand intérêt à ce que rien ne change
Cette pensée molle, ces slogans, ces semblants
Ces racailles qui préfèrent la flicaille au social
Ces gens là, ces clans là
.. ..
Qu’espérer quand le livre de chevet de 40 millions de français
C’est le mode d’emploi de leur lecteur Mp3
Qu’espérer du verbe résister qu’on ne veut conjuguer qu’au passé,
Ne voir que tard le soir
Dans un théma d’Arte
.. ..
Qu’espérer, qu’espérer, qu’espérer enfin
de ces moutons sans scrupules
qui s’empiffrent de chiffres, de calculs et de sang derrière les friches…
.. ..
.. ..
Question 1....
.. ..
Pourquoi on construit
Des théâtres
Des musées
Et des salles de concert ?
Pour pas que la pensée emmerde les passants 
Ou pour que le subversif
Devienne un passe temps
Du samedi soir ?
.. ..
.. ..
La machine à rêves....
.. ..
Mais comment habiter un monde
Dans lequel on ne se reconnaît pas
Les voitures filent
Et nous marchons
Les trains passent
Et nous creusons
.. ..
On regarde ça mais ça ne nous concerne  pas
Le lendemain la vie reprend
Dans le lit, sur le bus , au travail
Au tabac,
La baronne épouse le baron
Joey Starr  est en prison
.. ..
Les voitures filent
Et nous marchons
Les trains passent
Et nous creusons
On regarde ça mais ça ne nous concerne  pas
.. ..
C’est quoi tout ça ?
Une pieuvre une soupe
De couloirs et d’impasses
Où nos morales trépassent
.. ..
Il ne s’est rien passé, ne se passe rien, ne se passera rien
Ce n’est qu’un incident, un problème, pas plus que ça
Tu restes à la porte, pas plus qu’un problème
Tout se mélange tout compte tout pèse
Tout porte dans la balance
Tu n’as que ça à faire
Je n’ai que ça à faire
Zigzaguer le long des pointillés
Suivre les pleins les déliés
De la frontière, de la barrière
.. ..
Les voitures filent
Et nous marchons
Les trains passent
Et nous creusons
On regarde ça mais ça ne nous concerne  pas
.. ..
Allez prenez et manger en tous
De la machine à rêves
Du casino de capital
Du cheptel de frissons
De l’éloge de cancres
Et risquez
Surtout ne marchez pas
Ne creuser pas
Habillez vous de prêt à penser
Courez
Fuyez en avant
Plongez 
.. ..
Mais comment habiter un monde
Dans lequel on ne se reconnaît pas
Les voitures filent
Et nous marchons
Les trains passent
Et nous creusons
Comment habiter un monde
Dans lequel on ne se reconnaît pas
.. ..
Et risquez
Surtout ne marchez pas
Ne creuser pas
Habillez vous de prêt à penser
Courez
Fuyez en avant
Plongez 
.. ..
C’est quoi tout ça ?
Une pieuvre une soupe
De couloirs et d’impasses
Où nos morales trépassent
.. ..
.. ..
Cirkus sarko....
.. ..
J’ai monté
Smicards contre rmistes
Rmistes contre clochards
Clochards contre sans papiers
J’ai fait de vous l’assassin de chacun
J’ai fait de vous l’ouvrier de votre propre cauchemar
Je suis l’élu, l’élu des salauds, l’élu derrière votre dos
.. ..
Vous nous avez donné les clés à moi et à ma bande de salauds
.. ..
Alors sur un yacht, au Fouquettes,
On danse et on se marre
De vous voir tous
Bouche bée
Devant vos droits
Cambriolés,
Bafoués,
Brûlés,
Cassés.
Mes petits frères des 53 %
C’est pour ma mort que vous voterez
Quand la pancarte du médecin sera bouygues
Quand la poste sera Bouygues
Quand le train sera Bouygues
Quand l’école de ton môme sera Bouygues
Quand ta mère crèvera faute de pouvoir payer Bouygues
Dis moi
.. ..
Dis moi c’est la peur qui t’a amené là, c’est ça ?
La peur d’où glisse la haine…
Merci merci merci
Merci la haine
Merci la honte
Merci la haine
Merci la honte
Je cambriole vos écoles vos tribunaux vos hôpitaux
C’est le hold up des cravates tirées au cordeau
vous nous avez donnez les clés à moi et à ma bande de salauds
Mais qui mais qui mais qui mais qui mais leur a donné les clés
.. ..
 jamais, non jamais, non jamais de cirkus sarko
.. ..
Car chez nous on accepte les faibles
On prend même tous les faibles
On ne prend même que les faibles
et on en bourre notre révolte foraine
c’est le politic’s beat box circus qui jamais ne sera pas à la traîne
Notre convoi d’inutiles, de moches, d’imbaisables, d’inrentables, d’insolvables, d’incapables
Qui ville après ville, soir après soir,
Toi avec moi, lui avec elle,
Faibles fiers que nous sommes
Redoreront sous la toile
L’humanisme déchu de nos étoiles résistantes
.. ..
Cirkus sarko Cirkus sarko, non, non jamais, pour une autre vie que celle des polices qu’elles soient nationales ou d’assurance
.. ..
.. ..
Question 2....
.. ..
Pourquoi Areva
Fait de la pub à la télé ?
C’est louche,
Aucun péquin que j’connais
N’a les moyens
D’acheter une centrale nucléaire ?
Monday, December 29, 2008 
....................
Il était tard…....
.. ..
.. ..
C’est beau la nuit sur les toits de la ville
J’ai du vent plein la figure,
Pour une fois
Je me sens fort,
Je m’imagine comme un poète
Je fais des vers que j’ai envie de crier à la face du monde
.. ..
Là bas l’autre soir
J’ai tracé la route de la fête aux couleurs de bras nus
et de bouches arrogantes aux baisers.
J’ai fumé le bleu et mes yeux ont valsés,
J’ai bu le rouge et ma tête a tangué.
Là bas, l’autre soir les lampions dessinaient des tissus qui dansaient
Et les masques valsaient
Et les masques tournaient
J’ai fumé le bleu et mes yeux ont valsés,
J’ai bu le rouge et ma tête a tangué.
Là bas l’autre soir
Les enfants du binaire
Déguisés d’envies de brasiers,
De matelas malmenés,
Ont usé leur nerf.
J’ai fumé le bleu et mes yeux ont valsés,
J’ai bu le rouge et ma tête a tangué …
.. ..
.. ..
Lucie’s Song ....
.. ..
Someone’s coming....
Through the window....
Soon you’ll be there....
On the sand Barbara....
.. ..
I’m only here to ask permission....
A lot of roads and trees....
A lot of talk and thought....
Going through the East with you....
Going through the East with you....
The permission to....
.. ..
Someone’s coming....
Through the window....
Soon you’ll be there....
On the sand Barbara....
.. ..
Snowline ‘n sunlight....
It seems Italian’joy....
Leaving behind ....
The seven ‘s day week....
A lot of roads and trees....
A lot of talk and thought....
Going through the East with you....
.. ..
Someone’s coming....
Through the window....
Soon you’ll be there....
On the sand Barbara....
 ....
.. ..
Fiston....
.. ..
Fiston, fiston ?....
Pourquoi parler de fiston ?
On n’a pas de fils,
On n’en veut pas,
Même pas pour toucher la caf.
Ni de fille, ni de fils,
On a toujours eu peur de ça.
Avoir un fils qui ressemble à rien
Imaginez,
Etre le père d’un beauf, les boules,
Un fils fan de Johnny,
Qui roule en 205 GTI,
Et qui part en vacances en Tunisie.
.. ..
Imaginez un fils qui ne comprend rien à rien,
Pas foutu d’additionner un plus un,
Pas foutu de tenir un marteau,
Pas foutu d’être à peu près beau.
Imaginez, un fils moche comme un poux,
Avec des lunettes en cul de bouteille,
Des boutons plein la gueule,
Et des oreilles en feuilles de choux.
Un fils qui met des chaussettes blanches
Dans des mocassins noirs,
Le tout sur des pantalons trop courts.
.. ..
Avoir un fils niais,
Qui ronfle comme ça quand il rit,
Qui fait du bruit quand il mange,
Qui bave en parlant,
Qui marche comme un cow boy.
Putain un fils qui ressemble à Bush !
Ou pire, oui y a pire,
Un beauf de droite,
La chemise Lacoste,
Le pull Benetton sur l’épaule,
Les cheveux coupés à la bataillon d’infanterie.
Putain un fils qui ressemble
A De Villiers.
Merde !
Non pas ça !
.. ..
On préfère le beauf apolitique
Qui regarde le Dakar
Et qui part aux 24 heures du Mans.
Putain on préfère oui,
Il peut même être Sarthois,
Bosser dans la rillette et
Passer ses week-end à astiquer sa bagnole.
Aller au flash-back tous les samedis
Et jouer au foot le dimanche après midi.
Ouais, on préfère,
On préfère.
Mieux vaut le foot que la messe,
Mieux vaut le karting que les scouts.
Autant cantonner la connerie au laïc
C’est déjà ça de gagner.
.. ..
On préfère le beauf laïc oui,
Parce qu’on hait les chrétiens,
On hait les juifs,
Les musulmans,
Les bouddhistes,
Les shintoïstes,
Les hindouistes.
On s’en fout qu’ils soient croyants,
Mais qu’ils ne nous emmerdent pas avec ça.
Qu’ils croient,
Mais seulement derrière leur porte,
Les volets bien fermés,
Et qu’ils laissent la rue tranquille.
On hait toutes les religions,
Toutes les églises,
Toutes les chapelles,
Tous les dieux,
Parce que croire est puéril,
Parce que croire c’est s’encombrer d’inutile,
Parce que croire c’est diviser,
Parce que croire
C’est avoir peur,
Et on ne veut pas d’un fils
Qu’ait peur.
.. ..
Au final, on ne veut pas de fils,
Et puis on est trop de pères,
C’est trop dangereux.
On n’a jamais eut de bol avec ces trucs là,
Ca nous tombera encore dessus.
Putain oui le fils qui ressemble à De Villiers,
Qui nous fait des brouettes de petits enfants,
Tous habillés en Jacadi,
Imaginés en plus la tête de not’ belle fille
Pour se marier avec le sosie de De Villiers,
Faut vraiment pas avoir de sex-appeal !
Non non jamais,
On n’aura jamais de mômes,
Et on ne construira jamais d’écoles,
Et de toutes façons on n’aura jamais le courage
De le saboter ce bateau.
Encore une fois on manquera de courage,
Et puis on sait pas comment ça marche un bateau,
Et puis trouver une île,
Et puis construire une école,
On sait pas faire.
Treizième à table,
C’est vrai oui,
On oubliait…
Putain pourquoi elle est morte la mère Irma ?
C’était une bonne idée ça,
Pas de risques à prendre,
Une bonne idée
De savoir ce qui se passera…
Une bonne idée…
.. ..
.. ..
Brel Frida....
.. ..
Merde l’amour est parti
Il a pris le train pour nul part
Les ballades en forêt
Les dimanches sous la couette
Les rires les regards
Toute cette merde de trou du cul
Romantique
Je me dis
Rien à branler des bonnes femmes
Je me crie
Juste un convoi d’ennuis d’angoisse
J’m’en persuade,
j’m’en convaincs
T’emmerdes pas,
T’en mêles pas,
.. ..
Merde l’amour est parti ....
Brel, Frida, je t’offrirai des pays....
Tout ça remisé à la cave....
Au débarras de mes envies....
.. ..
Vide,
je suis complètement vide
J’sais pas aimer
j’ai plus les mots
juste une montagne de vulgarité
Des tissus des bretelles
De moches pensées
Juste les mots
Passes moi le sel
Juste les mots du vivre ensemble
A vrai dire ça me suffit
A vrai dire…
Merde l’amour est parti
.. ..
Merde l’amour est parti ....
Brel, Frida, je t’offrirai des pays....
Tout ça remisé à la cave....
Au débarras de mes envies....
.. ..
On m’a dit que l’amour était au bout du chemin
J’ai pas couru, je veux plus courir
De l’amour je ne sais plus rien
Ni le goût, ni l’odeur
C’est loin c’est trop loin
Vie de famille vie pratique
Tricard trop vite embrigadé
Si un jour
Si jamais
Je ne retrouvais les mots
C’est sans détour
Que je me dirai
C’était quoi c’était quoi
L’amour
Des mains qui passent sous les pulls
Des fesses douces et sensuelles
Une silhouette à la fenêtre
.. ..
Merde l’amour est parti ....
Brel, Frida, je t’offrirai des pays....
Tout ça remisé à la cave....
Au débarras de mes envies....
.. ..
Merde, Merde
J’ai l’amour
A l’arrière de mes jours
.. ..
 
Question 3....
.. ..
Pourquoi les postes radios
Qui ont le plus de boutons
Et de lumières qui clignotent
Sont souvent ceux
Qui ont le son le plus pourri ?
.. ..
.. ..
Les gens et les chiens....
.. ..
.. ..
Moi dans les images ce que j’aime bien
C’est les gens et les chiens
Dans la rue l’hiver quand il fait nuit,
Je me penche voir l’intérieur des appartements qu’allument leur fenêtre.
C’est comme chez moi mais chez les autres
Sauf qu’on a coupé le son.
C’est comme si on avait remplacé les fausses plantes
Et les fausses épaves du bocal de mon poisson rouge
Par le mobilier d’une chambre de poupée.
On se sent grand,
On peut montrer du doigt les choses,
On peut dire n’importe quoi ils nous entendent pas.
Nous on est dehors,
Eux dedans.
On les voit qui cherchent ci, ça,
Qui remontent leurs pantalons,
Qui parlent à leur chien,
Qui s’admirent dans le miroir.
On les voit comme jamais on ne peut les voir dans la rue,
Au Tabac
Chez shopi
On les a comme dans la vraie vie,
On les a en face,
Y a que la vitre en plus et le son en moins.
.. ..
.. ..
T’es connu ?....
.. ..
Pas connu, pas connu,
On n’est pas connu.
On va bientôt nous dire
Que pour travailler
Faut être artiste !
Soyez tous artistes !
.. ..
Parce que pour être connu
Y a pas 100 000 solutions.
Artiste
Artiste
Ca veut dire quoi artiste ?
Mettre des chapeaux débiles
Et jouer l’excentrique ?
S’obliger à faire étalage de sa belle voix
Ou de sa grande gueule d’acteur
Au supermarché ?
Artiste
Artiste
Faire du théââââtre ?
Artiste ?
C’est passer son après-midi
A la terrasse des cafés
A serrer les mains
Des notables du coin ?
C’est parler aussi fort que possible
De sa dernière création
Qu’a pas l’ambition
D’être présentée plus de trois fois
Dans une saison ?
C’est jouer les pitoyables bassets
De conseils municipaux, départementaux, régionaux ?
Artistes ?
Pourquoi ils ne se contentent pas de vivre
Normalement
Discrètement…
.. ..
C’est leurs photocopieurs
Qu’ faut subventionner
Ils tirent leur talent
En suçant le sang des Molières,
Des Beckett, des Tolstoï
Alors que tant de jeunes auteurs
Crèvent la dalle.
Des textes déjà lessivés,
Délavés par des milliers
De mises en scènes
Quel intérêt ont-ils
A monter un énième
Figaro,
Marivaux,
Othello,
Putain comment peut-on encore monter
Des vaudevilles avec des secrétaires en mini-jupes,
Des portes qui claquent,
Du champagne et des boudoirs,
Quand on meurt encore sur des trottoirs ?
Artistes putain,
Artistes
.. ..
.. ..
Soyez tous artistes et vous aurez du boulot
Créer, innover, inventer nous
Du vent, du marchand
Faut devenir artiste de son quotidien maintenant
Vivre dans un musée,
Dans la même maison que Marie Claire Déco,
Se mettre en scène tout le temps
Un entretien d’embauche, faut jouer l’artiste,
T’emballes des gambas, faut jouer l’artiste,
Tu dragues, faut jouer l’artiste !
Non, putain,
Non !
On peut pas, on veut pas devenir artistes.
.. ..
Footballeurs c’est mieux pour nous,
On sera encore plus connu,
Et on nous excusera notre connerie,
Parce qu’on excuse toujours
La connerie des footballeurs.
Prenez Zidane,
Le cas Zidane,
Ce type là a le monde entier à ses pieds
Et dès qu’il ouvre sa gueule
C’est juste pour dire :
Volvic c’est bien.
Merde Zinédine !
T’as la France,
T’as l’Europe,
T’as la terre entière
A tes pieds
Et tout ce que tu trouves à dire
C’est 
Volvic c’est bien.
Putain le gâchis Zinédine !
On te demande pas d’être philosophe
Merde !
On te demande juste d’avoir
Une petite pensée,
Une petite idée,
Revendiquer un truc,
S’engager un peu quoi.
Tout le monde t’écoute
Et toi tu dis :
Volvic c’est bien.
.. ..
Tu peux copier Zinédine,
On s’en fout
Mais ouvre ta gueule !
Au lieu de dire
Volvic c’est bien,
Dis nous juste
La misère c’est pas bien,
On sait pas nous,
Un truc dans le genre,
Ce sera un début.
.. ..
Pourquoi on n’est pas connu ?
Pourquoi on n’est pas l’équipe de France ?
Pourquoi on n’est pas les Beatles ?
Pourquoi, pourquoi ?
C’est pas juste tout ça.
C’est toujours ceux qu’ont la parole
Qu’ont rien à dire,
Ca pue tout ça,
Ca pue on vous dit…
.. ..
.. ..
Question 4....
.. ..
Pourquoi c’est à des leaders politiques
Tous issus de familles riches
Ayant effectués leur scolarité
Dans des écoles de riches
Passant chaque seconde de leur vie
Entourés d’autres riches
Qu’on demande de trouver une solution
A la misère ?
.. ..
.. ..
La réponse....
.. ..
L’homme a besoin qu’on lui raconte de belles histoires....
Il n’aime pas la vérité....
C’est pour ça qu’il est toujours aussi con....
Il sait très bien que Dieu n’existe pas
Tout est là pour le lui prouver
Il est seul et il le sait
Mais non
La vérité l’ennuie
C’est pour ça qu’il achète les disques de la Star’Ac
Qu’il mate des pornos sur Internet
Et qu’il lit France Dimanche
Il oublie que la presse sert juste à inviter le peuple là
Où il ne pourra jamais être
La mort vient s’il ne croit plus en rien
42 ans,
163 kilos pour 1m52,
Myope comme une taupe
Couvert de furoncles
Mais il continue à croire
Qu’en allant voir un coach
Qui lui donne des cours de frime et de tape à l’oeil
Il pourra se taper Paris Hilton
Le coach
Ou Dieu à la portée des caniches
L’homme a besoin qu’on lui raconte de belles histoires....
Il n’aime pas la vérité....
C’est pour ça qu’il est toujours aussi con....
L’homme a besoin qu’on lui raconte de belles histoires....
.. ..
Cacher la merde sous les fleurs
Et suivre les gourous
Rien de tout ça ne servira
Mais il veut croire
Prendre son ticket d’espoir
Rejoindre la file d’attente
qui n’avance pas
qui n’avancera pas
L’histoire et son grand H
lui ont déjà tout dit
le clochard : un contre exemple
la charité : une bonne excuse
Comme elle lui a déjà dit
Que la guerre c’était pas beau
Parce que ça fait désordre
Des bouts de bras et de jambes partout
Avec des têtes qui vont pas avec le reste
Et lui comme un con
Il applaudit l’optimisme délirant
La frappe chirurgicale
La laïcité positive
Le capitalisme moral
A quand le président de la République honnête,
Ca c’est du concept
L’homme a besoin qu’on lui raconte de belles histoires....
Il n’aime pas la vérité....
C’est pour ça qu’il est toujours aussi con....
Il se lève le matin et en se rasant
Se dit
Aujourd’hui je vais tout faire
Pour mettre la vérité sous les verrous
Oui je vais nettoyer
Assainir mon monde
Plus de bruits, de sdf, d’alcool, de tags
Des trottoirs propres
Des enseignes lumineuses
Une ville comme
Les galeries Lafayette
L’océan comme
Un parc Waliby
Baraques à frites
Bouées de sauvetage
Des mecs payés pour gérer les baraques à frites
Et les bouées de sauvetage
Des bateaux, des panneaux, du béton
Ca remplit tout au lieu de laisser
Chanter l’océan
Ca part en croisières Fram Voyages sur le Nil
Avec bobonne
Tout ça pour se croire au moins une fois
Dans sa vie
Star de cinéma sur son yacht
Sunday, December 23, 2007 
L'odeur du temps

C'est vrai que ça pue tout ça,
On pue.
Quand est ce que ça sentira moins ?
C'est mal parti c'est sûr,
Chaque matin c'est sûr
On sent un peu plus.
On se lave, pourtant,
Oui et bien partout,
On frotte, on gratte, on coupe, on essuie
Mais chaque matin,
Chaque matin on sent.

A mesure qu'on avance,
On perd l'odeur légère de nos temps d'enfance.
Quand on était petit,
On sentait que nous on ne sentait rien
Mais que tous les adultes
Autour de nous sentaient,
Et ça ne sentait pas bon.

Ils avaient l'odeur des choses qu'on cache,
Une odeur d'angoisse,
Une odeur de fièvre dans un lit trop chaud,
Une odeur de je vis comme un chien,
Une odeur de j'ai oublié d'acheter ça chez Leclerc,
Une odeur de je suis un impuissant au lit,
Une odeur de mon patron me fait chier,
Une odeur du crédit à finir de payer,
Une odeur de faut que je pense à moi,
Une odeur de j'aime plus l'humanité.
Ils avaient beau la planquer
Sous l'eau de Cologne,
En fin de journée
L'odeur revenait.

Bref, on commence à sentir comme eux.
Et c'est pas nos fringues,
C'est pas la clope
C'est pas l'appart
C'est nous à poil
Qui sentons un peu plus chaque matin.
On est en train de comprendre
Pourquoi
Plus on vieillit
Plus on met de parfum.
En plus d'être l'auteur de son corps
En tant que forme,
On est l'auteur de sa putain d'odeur
Qui nous dérange un peu plus chaque jour.
On n'aime pas comme on sent fort,
Ca nous dérange,
On bouge et on se sent,
Si bien qu'on a toujours l'impression
De se balader avec son corps à côté,
C'est pas très pratique.
Ca nous empêche également
D'aller vers les gens naturellement,
On a toujours peur de leur ombre odorante,
On sait qu'à chaque mouvement,
Elle est là,
Elle ré enchante salement
Et chaque matin,
Chaque matin un peu plus.

Et chaque matin on y peut rien
Si ce n'est le parfum.
En chacun y a des choses
Qui pourrissent et qui sentent,
C'est sûr,
Les mots qu'on cache ont une odeur,
Et les mots qui pourrissent derrière la bouche
Faute de ne pas en être sortis
Sentent tellement,
Tellement qu'ils nous étourdissent…
Sunday, December 23, 2007 
T'es connu ?

Pas connu, pas connu,
On n'est pas connu.
On va bientôt nous dire
Que pour travailler
Faut être artiste !
Soyez tous artistes !

Parce que pour être connu
Y a pas 100 000 solutions.
Artiste
Artiste
Ca veut dire quoi artiste ?
Mettre des chapeaux débiles
Et jouer l'excentrique ?
S'obliger à faire étalage de sa belle voix
Ou de sa grande gueule d'acteur
Au supermarché ?
Artiste
Artiste
Faire du théââââtre ?
Artiste ?
C'est passer son après-midi
A la terrasse des cafés
A serrer les mains
Des notables du coin ?
C'est parler aussi fort que possible
De sa dernière création
Qu'a pas l'ambition
D'être présentée plus de trois fois
Dans une saison ?
C'est jouer les pitoyables bassets
De conseils municipaux, départementaux, régionaux ?
Artistes ?
Pourquoi ils ne se contentent pas de vivre
Normalement
Discrètement…

C'est leurs photocopieurs
Qu' faut subventionner
Ils tirent leur talent
En suçant le sang des Molières,
Des Beckett, des Tolstoï
Alors que tant de jeunes auteurs
Crèvent la dalle.
Des textes déjà lessivés,
Délavés par des milliers
De mises en scènes
Quel intérêt ont-ils
A monter un énième
Figaro,
Marivaux,
Othello,
Putain comment peut-on encore monter
Des vaudevilles avec des secrétaires en mini-jupes,
Des portes qui claquent,
Du champagne et des boudoirs,
Quand on meurt encore sur des trottoirs ?
Artistes putain,
Artistes


Soyez tous artistes et vous aurez du boulot
Créer, innover, inventer nous
Du vent, du marchand
Faut devenir artiste de son quotidien maintenant
Vivre dans un musée,
Dans la même maison que Marie Claire Déco,
Se mettre en scène tout le temps
Un entretien d'embauche, faut jouer l'artiste,
T'emballes des gambas, faut jouer l'artiste,
Tu dragues, faut jouer l'artiste !
Non, putain,
Non !
On peut pas, on veut pas devenir artistes.

Footballeurs c'est mieux pour nous,
On sera encore plus connu,
Et on nous excusera notre connerie,
Parce qu'on excuse toujours
La connerie des footballeurs.
Prenez Zidane,
Le cas Zidane,
Ce type là a le monde entier à ses pieds
Et dès qu'il ouvre sa gueule
C'est juste pour dire :
Volvic c'est bien.
Merde Zinédine !
T'as la France,
T'as l'Europe,
T'as la terre entière
A tes pieds
Et tout ce que tu trouves à dire
C'est 
Volvic c'est bien.
Putain le gâchis Zinédine !
On te demande pas d'être philosophe
Merde !
On te demande juste d'avoir
Une petite pensée,
Une petite idée,
Revendiquer un truc,
S'engager un peu quoi.
Tout le monde t'écoute
Et toi tu dis :
Volvic c'est bien.

Tu peux copier Zinédine,
On s'en fout
Mais ouvre ta gueule !
Au lieu de dire
Volvic c'est bien,
Dis nous juste
La misère c'est pas bien,
On sait pas nous,
Un truc dans le genre,
Ce sera un début.

Pourquoi on n'est pas connu ?
Pourquoi on n'est pas l'équipe de France ?
Pourquoi on n'est pas les Beatles ?
Pourquoi, pourquoi ?
C'est pas juste tout ça.
C'est toujours ceux qu'ont la parole
Qu'ont rien à dire,
Ca pue tout ça,
Ca pue on vous dit…
Sunday, December 23, 2007 

Le psy

Saufs mais besoin d'argent,
On a besoin d'argent,
Pas moyen avec rien,
Et nous n'avons rien.
Nous ne sommes propriétaire de rien
Sauf de nous.
La seule chose à faire donc,
Nous vendre nous.
Deux possibilités :
Jouer la pute en jouant l'artiste
Ou jouer la pute en jouant le psy.

Psy d'abord, ça nous paraît plus simple…
Pas d'idées à avoir,
Juste une plaque en bas de l'immeuble,
Une annonce dans le Paruvendu,
Et c'est parti,
On soigne toutes les maladies de l'esprit,
Allez les fous, si vous êtes riches, venez chez nous.
Il nous reste 6 euros 30,
On donne tout au journal de petites annonces.
On choisit la formule à 3 euros
Et on prend l'encadré rose fluo
Pour les 3, 30 qui restent.
On a droit à 30 mots
Alors on met ça :
« On est la putain de votre inconscient,
Le gigolo de vot'crâne plein d'eau.
Quelques euros
Et on se penche sur les poubelles de vot'cerveau ».
Ca pète c'est bien.
Et pour la plaque en bas,
Un bout de bois,
Et le pyrograveur de chez Ikéa.

Plus qu'à attendre derrière le bureau,
On a posé le clic clac devant,
Genre le divan de Chapier,
On y croit.

On attend un jour, on attend deux jours,
On repense à Mme Irma,
On se dit faut pas craquer,
On se dit fallait peut-être faire dans la voyance.
Troisième jour,
Toujours pas de fou à la porte.
On repense à Irma encore,
Mais pas un centime
Pour s'acheter une boule
Ou un jeu de tarot,
La voyance, c'est trop de déco.
On attend.
Quatrième jour,
Fait froid, fait pas beau,
Dans les grolles on a de l'eau.
Là on se dit le vrai psy
Il a une cheminée,
Le vrai psy il a pas que le divan,
Il a la cheminée aussi.
Là on se dit faut prendre un crédit,
Un psy sans cheminée
C'est comme une apnée sans plongée.
On va s'acheter une cheminée
Chez Ikéa.

On la pose devant le bureau.
On en chie, c'est lourd une cheminée.
On n'a pas pu acheter les bûches,
Y avait pas de crédit sur les bûches.
Pas grave on a Carrefour à côté.
Tous les cageots on les rafle,
On les casse, y a des agrafes,
Ca nique les mains.
Un briquet, on allume,
Merde partout ça fume,
On voit plus le bureau.
On n'a pas lu le mode d'emploi.
On aurait du.
Sur le mode d'emploi, ils dessinent des bûches,
Des grosses.
Devant chez nous, y a un parc,
Dans le parc, un chêne,
Dans le tiroir de la cuisine,
Des couteaux
On se fait le chêne ?
Non, non
Pas possible aux couteaux de cuisine.

On prend la cheminée,
On la traîne,
On descend les marches à dos de cheminée,
On la traîne à nouveau
Jusqu'au chêne.
C'est lourd putain,
On la laisse devant le chêne,
On met de l'essence sur le tronc, sur la cheminée.
Une allumette, ça crame,
On ramène le bureau le clic clac,
Putain c'est toujours pareil,
On a chaud
Mais on se prend toute la fumée dans la gueule.
C'est vraiment de la merde cette cheminée.
Merci Ikéa, on appelle les pompiers.
Au moins le quatrième jour,
On aura tout tenter.

Cinquième jour, ça sonne,
C'est la voisine qui veut du sel
Et qui nous dit,
Je ne savais pas que vous étiez psy
Vous savez,
Il vous faudrait un site internet,
C'est le seul moyen d'exister maintenant.
Putain merde,
Exister,
On croyait justement que c'était
Tout ce qu'il nous restait.
Après le divan et la cheminée, internet…
On descend au troquet,
Ils l'ont l'internet.
Elle a pas tort la voisine,
Et d'ailleurs on le sentait depuis un moment
Qu'on n'était plus à l'heure,
Les regards vagues,
Les regards vides
Des gens qui ne sont plus vraiment là.
Le monde avance ailleurs les gars et sans nous.

Ca ne suffit plus d'exister là,
De caresser son vrai chien,
De boire un vrai Chinon,
De croire ce qu'on a aperçut,
Ca ne suffit plus.
On se doit d'exister dans l'écran,
On se doit d'être référencé.

On tape nos noms sur Google,
Untel (nom d'un des interprêtes)
Rien,
Untel (nom d'un des interprêtes)
Rien,
Untel (nom d'un des interprêtes)
Rien,
Untel (nom d'un des interprêtes)
Rien,
Il ne se passe rien.
On n'existe pas.

C'est comme si on te disait :
Le papier est dépassé mon gars,
Jette ton permis,
Jette ta carte d'identité,
Ce qui compte c'est ton nom,
Ton nom qu'apparaît dans Google.
Et si t'apparaît pas dès la première page,
Inutile de te crever les yeux à aller chercher sur les 200 qui suivent,
T'es mort ou mieux,
T'as même jamais exister.

Et ouais, on s'est gouré, pardon,
Ton état civil,
Tes parents,
Tes frères tes s--urs,
Tout ça c'est du toc,
Du David lynch,
On est désolé,
Nos plus sincères condoléances,
Y a eut une erreur, un bog,
T'aurais jamais du être là.
Alors donne nous ta maison,
Ton pinard,
Ton chien,
Ton regard,
Et casse toi,
T'existes pas,
Et inutile d'aller chez les flics,
Ils ont rien sur toi
Leur fichier c'est Google.
Alors on peut t'enterrer ici si tu veux,
T'auras pas à devenir fou,
Ce sera pas douloureux,
Voilà, on a juste fait une erreur…
Et Google c'est le minimum pour exister,
Le must c'est Wikipédia,
Avoir son petit article
Avec sa petite gueule sur Wikipédia,
Là franchement t'existes quoi,
Mais toi désolé,
T'as même pas le minimum.
Fallait créer ton blog,
Ta petite comédie humaine à toi,
En un clic de souris,
Tu deviens le Zola de ta vie de merde,
Et c'est déjà ça,
Au moins t'es connu
Tu vois…
Sunday, December 23, 2007 

L'usine

Il est pile 13 heures,
On se déguise encore,
Putain c'est carnaval encore,
Bottes blanches,
Pantalon blanc,
Veste blanche,
Gants blancs,
Charlotte blanche,
Les saintes Vierges
Ou le gang d'Eddy Barclay
En emballeur de gambas.
Un type rougeaud à moustaches
Nous attend,
On le suit,

Vous allez voir ici c'est moderne,
C'est bien payé,
Et propre en plus, vraiment propre.
Compris ?
Toujours propre,
Partout tout le temps.
Même les éboueurs de l'usine,
Ils sont propres,
Costume noir, gants noirs, chaussures noires,
Tous en noir, très propres.
Et vous verrez,
Y a la télé partout,
A la cantine,
En salle de pause,
Devant chaque poste de travail,
Et même dans les chiottes.
De partout vous devez les voir
Les télés.
Avec des beaux dessins dedans,
Très propres aussi.
Les dessins c'est les courbes,
Et votre boulot en plus d'emballer les gambas,
C'est de surveiller les courbes.
Regardez la bleue là,
C'est les accidents du travail,
Ben ça, faut que ça baisse,
Toujours faut que ça baisse.
Et l'autre en rouge là,
C'est les tonnes de Gambas vendues,
Ben ça, faut que ça monte
Toujours faut que ça monte.
C'est simple,
Vot' boulot c'est de faire grimper
Les bonnes
Et chuter les mauvaises.
Faut pas croire
On vous donne des responsabilités.
Vous êtes responsable du programme télé
Vous êtes aussi indispensables
Que PPDA ou Chazal,
Allez au boulot maintenant,
Et pensez aux courbes,
Compris ?

Ouais, on a tout compris.
On a surtout compris
Qu'il faut qu'on se casse
Vite fait d'ici.
Ils ont l'air tous cinglés
A force de jouer au présentateur télé.

Bon emballer des gambas,
Ça devrait pas être compliqué.
Tapis roulant bleu,
Barquettes blanches,
Gambas roses gris,
Au bout d'une heure,
A force de fixer le tapis
On mélange tout,
Toutes les couleurs,
Toutes les gambas,
Toutes les barquettes,
Tous les tapis.
Tapis gris, gambas bleues,
Barquettes mauves, tapis jaunes,
Tapas vertes, gampis gris,
Gamquettes rouges, tapettes mauves,
C'est n'importe quoi !
On a les doigts gelés,
On met la moitié des gambas
Par terre.
Bientôt on va en avoir
Jusqu'au genou,
On n'arrête pas de gueuler
Mais personne n'arrête la machine.
Y a la courbe des pertes
Qu'est en train de grimper en flèche,
Putain, elle va crever l'écran !
Aidez nous Putain !
Arrêtez cette putain de machine !
Arrêter là merde !
Et les gambas qui nous arrivent aux cuisses,
Et l'écran qu'est trop petit pour la courbe,
On va crever dans une mer de gambas,
Putain noyés dans la crevette !

Faut abandonner, pas grave on aura essayé,
Derrière nous
Y a une porte.
Ca donne certainement dehors.
Faut se déshabiller,
Faut abandonner,
Pas grave,
Faut courir,
On laisse tout en plan,
Leur putain de courbe,
Leur putain de propreté.
A trois on se fout à poil :
Un, deux, trois
On est à poil.
A trois on court :
Un, deux, trois,
On court.
Dehors, on est dehors,
On court encore,
Le portail est ouvert,
On court,
On court,
On court,
Y a un bus qui s'arrête juste devant,
On monte dans le bus,
A poil, pas grave.

C'est l'après midi,
Le bus est rempli de mamies,
Elles hésitent,
Savent pas si faut crier ou se marrer,
Le cul entre deux sièges les mamies,
Savent pas quoi faire,
Elles ont les yeux qui se marrent
Et la bouche qui se barre
A droite, à gauche.
On est nus mais saufs,
Nus mais saufs
De tout ça.

Et maintenant c'est sûr,
On préfère devenir fou
Que de faire comme ils l'entendent,
Ouais fou, inutile,
Même si les inutiles
Ne sont pas prévus sur leur plan de civilisation,
Inutiles c'est mieux,
Et de toutes façons les cravates des chanceux nous étouffent.
A poil devant les mamies,
On est bien,
On veut pas ressembler aux encostumés,
Toujours la même chanson sous leur chemise
Celle de toujours réfléchir aux moyens,
Seulement aux moyens,
Sans penser,
Sans peser,
Les conséquences.
La rengaine du méchant par réflexe,
Leur enthousiasme puéril de pdg,
Leur parfum,
Leur crème,
Leur cirage,
Leurs chaussettes mêmes,
C'est la chanson de la fausse piste.
Faut pas montrer ses déviances et ses vices,
Faut s'installer des déviations partout sur le corps,
Faire croire au joli, au parfait…

Elles sourient au moins les mamies.
Ces gars là, ils les feront jamais rire,
Ce qu'ils veulent c'est que les mamies
Mâtent plutôt leurs grolles,
Leurs blousons, leurs pantalons
Au lieu de percer
Leur cruauté.

Les mamies savent quoi faire maintenant,
Elles rient de nous voir
Nus mais saufs,
Nus mais saufs
De tout ça.


Sunday, December 23, 2007 


 

Agence Nationale Pour l'Exclusion

Insouciants,
Ce serait bien ça,
Insouciants comme si nous n'étions jamais nés,
Ce serait bien.
T'es pauvre, t'es moche, t'es con, t'es cocu
Mais tu t'en fous.
Tu te fais enculer par ton supermarché,
Par ton fournisseur internet,
Par les assedics,
Mais tu t'en fous.
Tu passes la journée et la nuit tranquille
En te disant qu'aucun matin ne suivra
La mort peut venir
Et tu t'en fous.
Pas besoin de savoir ce qui se passera,
Pas besoin de vivre selon ta conscience,
Tu dis ce qu'on t'oblige à dire,
Tu fais ce qu'on t'oblige à faire,
Tu vas te présenter toi-même à l'ANPE,
Tu fournis sans broncher
Toutes les attestations,
Tous les certificats.
Tu y vas même trois fois s'il le faut.
Tu fais tout ça sans t'énerver, sans portes claquées,
Et au final tu trouves un boulot,
Tu te maries,
Tu fais corps avec ta vie de merde,
Tu respires la merde,
Mais tu t'en fous.
Insouciant.
Tu trouves même que c'est bien foutu tout ça.

Ce serait bien d'être comme ça…
On n'a jamais voulu,
On pourrait tenter, on n'a rien à perdre.
On va tous à l'ANPE.
Oui tous, on y va tous ensemble.
On reste ensemble,
Tous ensemble,
Ça nous fera une sortie.

Faut qu'on s'habille,
Proprement,
Putain on sort, on sort putain,
En ville,
C'est bien ça,
C'est bien.
On se rase,
Parfum,
Costume,
Cravate,
Genre mecs débordés,
Qui bouffent la vie à pleines dents,
Qui se prennent en main.
Putain on a le petit stress,
On sort, on sort putain,
On y va à pied,
On siffle,
Genre mecs débordés c'est ça,
Genre vraiment débordés mais sereins quoi,
Zen, on maîtrise la vie quoi.
Allez, on ravale nos mauvaises langues
Tout ça c'est bien fait,
Nos députés ne sont pas si méchants,
On n'a pas inventé tout ça pour rien,
Y a sûrement du bon là-dedans.

On fait les mecs genre on sait où on va,
On marche vite,
On marche léger,
On marche décidé,
On arrive, on pousse la porte,
On dit bonjour en c--ur,
La minette de l'accueil hallucine,
Elle nous bredouille un truc
Genre on peut pas rentrer tous ensembles,
Mais nous on s'en fout
Parce que c'est bien fait tout ça,
C'est bien pensé.
Alors elle nous file un ticket de groupe,
On est le numéro 214.

La salle d'attente est une file
Pleine de corps bouffés par la peur,
Habillés comme des chômeurs,
Le jogging adidas sur des chaussures de ville.
On savait pas nous,
On sait pas
Que le chômeur qui va à l'Anpe
Doit ressembler au chômeur qui va faire ses courses.

A chaque fois c'est pareil
On est nul en déguisements.
A chaque fois on nous le dit :
Cabadzi franchement
Vous êtes nuls en déguisements,
On le sait on le sait,
On s'est encore trompé sur les costumes.

Bon on a une demi heure à tuer.
On est venu à l'heure pourtant,
Dès l'ouverture.
La prochaine fois,
On viendra une demi heure en retard,
Nous aussi on a des trucs à faire,
Faut pas croire !
On nous dit de venir à 8 h 45,
On est là à 8 h 45 et là faut attendre une demi-heure,
Putain ils se prennent pour qui !
Ils nous prennent pour qui !
On attends.

C'est dingue ce qu' y a comme panneaux ici,
Des panneaux remplis d'annonces,
On s'aperçoit vite fait de la magouille
Ils se démerdent pour mettre une annonce par mètre carré.
Normal qu'ils soient pas à l'heure les mecs
S'ils font du découpage toute la journée,
on va leur apprendre à travailler nous
Si ça continue comme ça.

Alors, alors,
Voyons voir
Ces fameuses annonces :
Découpeur volailles vivantes H/F
Equarisseur H/F
Emballeur de crevettes H/F
Casseur d'--ufs de poules H/F
Putain c'est thème imposé,
Agroalimentaire
Agroalimentaire
Agroalimentaire
Ah technicien spécialisé …
Dans une usine agroalimentaire,
Agroalimentaire
Agroalimentaire
Ah responsable de rayon…
Secteur jambon lardons
dans une enseigne de la grande distribution,
Bon… bon… rien d'autre…

Tiens ! Ils ont la télé,
Ah ! Classes les canapés.
Fallait nous dire pour la télé et les canaps
On serait venu plus souvent.
Alors, Télé Anpe,
Découvrez le monde du travail,
C'est le nom de l'émission.
Au sommaire aujourd'hui :
Le métier d'ingénieur du son,
Celui de conseillère ANPE,
Et enfin le beau métier d'instituteur.
Ils se foutent de nous là !
Regardez vos panneaux !
C'est pas ce qu'y a écrit,
Dites nous plutôt que c'est génial
De fourrer des dindes,
Dites nous que c'est bandant
De couper des couilles de taureaux,
Dites nous que c'est valorisant
De vider des cochons,
C'est ça qu'on veut entendre
Putain !
N° 214 ! bureau 111 !
On trotte, on court,
On entre dans le bureau.
Enfin c'est pas un bureau,
C'est juste des paravents,
Juste ?
Les paravents ça change tout quand même,
Faut parler tout bas,
Y a plein de gens qui passent à côté,
Faut pas croire
Mais ça fout la pression le paravent,
On s'assoit.

Faudrait nous trouver un travail qu'on lui dit,
Oui un travail,
peu importe lequel,
Un travail
Juste pour être normal.

Mais ça ne fonctionne pas comme ça
Qu'elle nous dit,

Faudrait nous trouver un travail
Qu'on lui redit,

Mais vous devez vous inscrire d'abord,
Et si bien sûr vous remplissez toutes les conditions d'inscription,
On ne devient pas chômeur comme ça,
En claquant des doigts,
Ce n'est pas si facile.

Bon, on s'est levé à 8 heures,
Ca fait des années qu'on nous serine
Avec la France qui se lève tôt,
Faut faire partie de la France qui se lève tôt,
Les français sont paresseux etc…
Y a que ceux qui se lèvent tôt qu'auront du boulot,
Et patati et patata,
On s'est levé tôt,
Alors on veut du boulot !

Je vais voir ce qu'on peut faire
Qu'elle nous dit.

Mais vous allez faire,
Bien sûr que vous allez faire 
Qu'on lui dit !

Elle nous dit
On a quelque chose pour vous,
Emballeur de gambas,
Ca commence dans une heure,
C'est pas loin,
Ligne 2,
Vous descendez à l'arrêt Blanqui,
C'est l'usine juste devant,
Vous recevrez votre contrat par la poste.