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Voici les premières chroniques de notre démo.
* Dans le Metallian numéro 54:
De Rouen, la ville d'Ataraxie, nous vient un nouveau groupe pratiquant le doom / death froid et mélancolique. Mais l'atmosphère est ici différente, plus froide et quasi-religieuse (le chant fut d'ailleurs enregistré dans une église). Les ambiances sont variées, mais toujours pluvieuses et mélancoliques, avec par moments des sursauts de colère bienvenus: superbe travail du chanteur Ende, dont la voix passe de pleurs malsains à la Marco Kehren à des grognements abyssaux ou des choeurs presque monastiques. La musique, comme toujours dans ce style, est d'une lourdeur hypnotisante et les textes inspirés aussi bien d'Antonin Artaud que de François Villon (récité sur l'excellent "Dancer Of Spirals") amènent une touche littéraire originale, le tout soutenu par une production très professionnelle... Le son est lourd et pesant comme chaque album de doom / death devrait toujours l'être. Cinquante cinq minutes de pure noirceur musicale réparties en six titre... Glacé comme une cathédrale vide, désespéré comme une marche funèbre, invoquant les ombres des débuts de Paradise Lost et d'Evoken, Fatum Elisum se présente comme la meilleure nouveauté du genre en 2008, méritant amplement une signature sur un label pour continuer l'aventure.
Par Laurent Lignon
* Sur le webzine Cryptic Madness:
Je savais, car le groupe me l’avait signalé, que cette démo serait présentée de manière professionnelle. Couverture imprimée et pasphotocopiée, disque enregistré à la SACEM…On est loin du truc gravé sur CD-R que sortent la plupart des groupes. Plus que la présentation, cequi m’étonna ensuite fut la longueur de l’objet : en effet, plus qu’une démo, c’est un album complet qui est livré ici, avec presque une heure entière de musique. Et pour finir, ce qui me souffla définitivement, ce fut l’incroyable qualité des compositions. Car à l’écoute de cette démo, on a l’impression d’entendre un groupe expérimenté et non pas débutant. Mieux, un groupe expérimenté avec une personnalité propre et des choses à dire. Car avec ce qui n’est que sa première démo, Fatum Elisum livre ici ce qui est, à mon sens, la meilleure démo du genre de l’année 2008.
Si l’on excepte le prologue et l’ épilogue, les chansons elles-mêmes dépassent allègrement la barre des 12 minutes chacune. Au delà du fait que la longueur des morceaux puissent rebuter les auditeurs, il faut par contre mettre au crédit de Fatum Elisum une étonnante facilité à rendre leurs morceaux prenants : il ne s’agit pasici d’une musique que l’on pourra se mettre en bruit de fond, mais bien de pièces musicales avec un fort potentiel artistique et qui nécessitent de la part de l’auditeur une attention un minimum soutenue afin de pouvoir en saisir toutes les subtilités. Ce n’est donc pas un simple décalque de My Dying Bride que nous offrent là les normands,mais plutôt quelque chose que l’on pourrait vaguement classer entre Ataraxie (pour le rendu des atmosphères), Bethlehem (pour la froideur de la musique) et le Celtic Frost de la période Into The Pandemonium pour l’aspect littéraire (la chanson Dancer Of Spirals se permettant même un passage reprenant un poème de François Villon, tandis que la thématique générale est ouvertement religieuse).
La qualité musicale est au rendez-vous, au travers d’une technique sans faille de la part des musiciens, mais le point important est le chant. EndE fait preuve d’une très large gamme vocale, qui renvoie au travail d’un Marco Kehren (Deinonychus) sur l’ensemble de sa discographie. Surtout, le chant fut enregistré à part du reste des instruments, dans une église (des photos de la session sont visibles sur le Myspace du groupe). Je ne sais pas quelles furent lestractations qui permirent la mise en place du procédé, mais le résultat est là : le chant sonne de manière incroyable, tour à tour pleureur puis violent, mais à chaque fois pénétré d’une incroyable ferveur…religieuse, évidemment. La clarté presque cristalline decelui-ci, et sa bouleversante portée, confirment qu’après le merveilleux The Trinity Sessions des Folk/Rockers canadiens The Cowboy Junkies et le magistral Dømkirke récemment sorti par SunnO))),l’enregistrement d’un disque dans un édifice religieux procure une atmosphère et des sentiments plus profonds à la musique. Ainsi, des chansons comme Fatum Elisum ou In Vain déploient une myriade de détail et un appel à la méditation, à l’introspection, au retour sur soi-même et à l’étude de ce qui nous défini en temps qu’être humain plus que fan de Métal…en sorte, notre âme.
Il m’est rarement arrivé d’être à ce point abasourdi par un nouveau groupe, et, de mémoire récente, seul The Bottle Doom Lazy Band (un autre groupe de Doom au vocaliste aussi n ‘hésitant pas à recourir à unchant quasi-religieux) avait réussi l’exploit de me marquer aussi fort avec un premier essai. Fatum Elisum est un groupe intelligent, un groupe dont la musique transcende même le simple fait d’être ‘juste’ duDoom Metal. Quand on entend ce que le groupe peut proposer avec une simple démo, alors que seront-ils capable de faire sur un album ? Le potentiel est énorme, et le bagage technique suffisant. En continuant sur cette voix, Fatum Elisum peut aller loin, très loin. Si Ataraxie est notre Esoteric, alors ils sont notre Evoken. Démo de l’année 2008,sans problèmes.
Note: 5/6
Par Frenchie
Lien pour lire la chronique: http://www.crypticmadness.com/Metal/album.php?id=9636
* Sur le Webzine La Voix des Ombres:
Non, il n'y a pas qu'ATARAXIE en France. Non, à Rouen, il n'y a pasqu'ATARAXIE. Bref, je crois qu'il va falloir aux auditeurs français se bourrer le crâne qu'il existe en France une vraie « scène » composée d'acharnés du Doom-Death, du Doom de tous poils et du Death-Doom Metal. Et que par conséquent, ATARAXIE n'est pas seul sur son trône. Nan, c'est pas des légions de groupes qui attendent pour lui chiper sa place que le roi se casse la gueule de son trône après avoir bu plus que de raison, mais c'est un petit nombre de hordes de passionnés du genre qui vont se poser en ses lieutenants - prêts à en découdre afin de former un véritable front. Et parmi ces soldats au long cours, FATUM ELISUM se place parmi les possibles vainqueurs. FATUM ELISUM, qui avec son premier disque du même nom, va faire craquer des nuques, infliger le désespoir dans les coeurs meurtris et dégobiller par sa lourdeur les boyaux habitués aux affres des mauvais alcools... FATUM ELISUM, c'est du Doom-Death Metal qui bute, avec un feeling très anglais je dirais.
Ce point-là m'a filé au départ de l'urticaire, car un groupe français qui sonne comme ces salopiauds, pardon, comme des Anglais, ben ça m'a fait chier, parce que j'attendais de FATUM ELISUM qu'il soit plus détaché que ça de ses influences. D'ailleurs, les influences ressenties sont multiples et le groupe de Rouen reconnait même une liste foisonnante de formations cultes, de MY DYING BRIDE et PARADISE LOST à BETHLEHEM et SILENCER. Cela s'entend, y compris dans le chant varié et maîtrisé de EndE qui passe d'un extrême caverneux à un autre plus cinglé. Donc oui, ça m'a barbé et j'ai beau avoir écouté plein de fois cet album, c'est tous ces groupes qui me viennent à l'esprit quand j'écoute FATUM ELISUM.
Néanmoins... Le lecteur et auditeur pourra se dire que c'est plutôt pas mal comme références. On tape ici dans la qualité. Et à vrai dire... Ne vaut-il pas mieux de « fidèles et loyaux serviteurs » d'un Doom-Death traditionnel que de mauvais expérimentateurs, ne vaut-il pas mieux des passionnés qui connaissent sur le bout des doigts ce genre de prédilection que des bûcherons aveugles qui vont tout massacrer ? Si FATUM ELISUM n'invente pas le Doom-Death Metal, il lui rend ici un bel hommage. Car le quatuor rouennais maîtrise son sujet. Les compositions sont bien pensées, bien construites et l'exécution, tout comme la production (très professionnelle : et oubliez pendant qu'on y est que ce disque est une démo...) et enfin l'artwork démontrent la volonté d'un FATUM ELISUM de bien faire son travail, de ne flouer personne, y compris eux-même car après tout, ils y ont mis sang, sueur, temps,tripes et sous. C'est un plaisir que d'écouter ''Fatum Elisum''.
FATUM ELISUM, même s'il ne révolutionne pas le Doom-Death, pose tout de même sa personnalité quelque peu pachydermique, car il en a une. Une spiritualité évidente émane de ''Fatum Elisum''. On le comprend dès l'introduction : EndE psalme quelques phrases (enregistrées dans une église, faut le souligner) avec en fond un fredonnement qui fera penser à celui des religieux asiatiques. L'outro fonctionne de la même façon. Ce seront ensuite les riffs et les structures qui donneront le ton général de l'opus. Ou encore par exemple, ces quelques notes de guitare sèche sur le début de la trois, avec la voix mélancolique de EndE par-dessus. Ou bien ces soli de fou vers la fin de ''Phantom'' où l'esprit de votre serviteur passe dans l'apesanteur... Ou l'extrême mélancolie de la title-track, qui plombe sérieusement le moral...
On entre de plein pied dans ce Doom-Death tout british avec ''InVain'', lourde et puissante pièce à l'atmosphère apocalyptique, longue de presque treize minutes. On prend d'emblée également la mesure du travail accompli par les musiciens : c'est carré, c'est fluide, c'est sous-pesé et aussi très bien produit (bravo à Post Ghost Recordings).On apprécie aussi les multiples registres de voix de EndE, qui passe d'un timbre grave à un autre où il risque de se déchirer les cordes vocales - sans toutefois atteindre la perfection de Jo de FUNERALIUM.''In Vain'' prend le parti du Death-Doom dans la seconde partie, et tout cela me rappelle les bons vieux PARADISE LOST ou ''Last One on Earth'' d'ASPHYX, tout en touchant à la folie d'un FUNERALIUM... Les sentiments exposés sont donc riches et plein de nuances (c'est ça leDoom-Death : un camaïeu de gris) et c'est un régal que d'écouter avec attention les Rouennais y mettre toutes leurs tripes. Je ne vais pas vous dévoiler la suite, mais juste vous dire que ce Doom-Death-là mérite la peine d'être et soutenu, et écouté !
Formé en mars 2007 mais dans les esprits depuis bien plus longtemps, FATUM ELISUM - « le destin brisé » - me semble déjà bien parti. En se détachant de ses influences, je pense que les Rouennais peuvent aller loin encore et s'imposer sans rougir. Leur perfectionnisme et leur maîtrise me poussent à le croire foncièrement.FATUM ELISUM ne change pas la face du genre, mais plutôt que de me dire« encore un groupe qui copie les autres », ben non, je prend du plaisir, car c'est bon et bien fait. Vous pouvez donc vous procurer ''Fatum Elisum'' les yeux fermés, car c'est là un disque de Doom-Death de qualité ! Vivement le double-LP !
Par Guudrath
Lien pour lire la chronique: http://lavoixdesombres.canalblog.com/tag/FATUM%20ELISUM
* Sur le webzine Lords Of Winter:
Une démo. Voilà bien un format sur lequel reposent bien des a priori,et quand bien même l'on sait que désormais l'auto-production peut jouir d'une technique intelligemment mise à contribution, nombreux sont les infâmes rejetons numériques à jaillir du fin fond d'un courant underground qui n'aspire qu'à émerger un peu dans des sphères moins ingrates. Ici, dés l'objet en mains l'on se rassure d'emblée. Packaging pro, logo superbe, contenu peu avare digne d'un véritable album, d'une durée avoisinant un tour d'horloge. Une générosité doublée d'un travail consciencieux qui affranchit sans mal l'oeuvre d'une étape maladroite indissociable à un groupe qui n'en est encore qu'à ses balbutiements.Non, Fatum Elisum fait du lourd, comme s'il en avait toujours fait. La première écoute révèle qu'il s'en est toujours nourri de cette lourdeur, de ces riffs qui broient la terre et font trembler les morts,c'est certain. Point d'indigestion cependant, les influences défilent,évidentes, monolithiques, comme autant de témoignages d'une culture métallique inébranlable et apte à enfanter un nouveau disciple de l'extrême talentueux, non sans douleur.
Quelques cordes, et la roche se fend, la terre tremble tandis que s'anéantissent les futiles espoirs de l'humanité, pour n'en garder qu'une étincelle, le dernier retranchement de l'homme dans sa douleur,sa malveillance. Guitares rugissantes et basse d'outre-tombe, Fatum Elisum s'avère invincible dés les premières mesures, seul parmi les décombres d'une civilisation décadente et désormais réduite à l'ombre d'elle-même, dans un vent de mort où gronde lourdement le chant des défunts, dont les âmes tressaillent à chaque assaut rythmique, d'une puissance désabusée mais néanmoins redoutable dont le désespoir est toujours vecteur. La fatalité s'abat sur chaque structure, sur chaque note... Cette désolation, même familière, ne ménage pas pour autant l'esprit, qui s'immerge inévitablement dans une transe malade et tourmentée, tandis que pleurent les riffs broyeurs, tandis ques'exécutent, inlassablement, mélodies en forme de mise à mort. Le sombre tableau dressé par Fatum Elisum ne s'oublie pas, il se dresse là, mystique, gigantesque et incontournable, ses motifs percutants déchaînent les passions et se révèlent dangereusement addictifs tandis que l'on sombre inéluctablement, dans un bourbier de négativité et de perdition, et dans cette chute les os se heurtent à de cinglantes envolées de rage affiliées à du bon vieux Thrash/Death des familles,dont le dosage parcimonieux justifie de belle manière leurs brutales apparitions. On a beau en avoir bouffé du Doom, de la cendre plein la gueule, mais ce nouveau prophète des terres normandes émerge du néant en éminent maître d'orchestre du genre, talent dans l'écriture, audace dans les structures, mais sans pitié aucune.
My Dying bride de mélodies en lead, Cathedral de mal-être en poésie, Bethlehem de douleur aliénante, Skepticism de torpeur gigantesque, ainsi apparaissent ça et là les spectres d'entités doomesques, ponctuant l'écoute d'hommages bienvenus et toujours parfaitement intégrés, autant d'influences discrètes mais néanmoins indiscutables qui confèrent à cette démo (ah oui vraiment?) une variété certaine dans ses motifs. Toujours sous l'étendard du Down-Tempo en infra-basses s'étirent et s'affinent les structures de guitares, de riffs de plomb, de mélodies cristallines, de mélopées lancinantes, de recueillements accouchés dans le mal-être. Douleur de l'âme, tristesse,maladie, partout, tout le temps, hypnotique et envahissant. Ce panel d'émotions, de la complainte déchirante aux hurlements assassins, EndE le chante extrêmement bien, il nous dit tout, effondré, vengeur,enragé, mourant... En voilà un qui chante la douleur avec conviction, d'éructions rauques, de lyrisme presque théâtral, de chants clairs en choeurs, d'agonie rampante, de hurlements déments. L'infâme fend à lui tout seul le ciel en deux, emporté par la passion et le feu ardent deses entrailles. Ajoutez à cela des arrangements vocaux techniquement audacieux, et c'est du grand art comme on dit, spirituel et prenant.Une réverbération inquiétante s'empare du moindre pamphlet, puisque enregistrés dans la maison de Dieu. Encore une idée judicieuse qui donne réellement un superbe cachet sonore à Fatum Elisum, qui dans ses plus mornes structures, semble irradier d'une pâle aura religieuse, qui s'embrase à loisir lors des passages les plus explicites. Y a de l'ambiance, tout comme y a des bouliches, les écoutes s'éternisent, la personnalité du groupe s'affirme, le contenu lyrique m'interpelle, et je commence à sérieusement m'enivrer...
Un excellent boulot qu'y z'ont fait les mecs de la technique, Fatum Elisum exécute sans sommation un Doom/Death en compagnie d'une production de premier choix, d'un noyau brut très axé grosses guitares surpuissantes et ambiances funestes, sublimé par d'habiles arrangements de cordes et de voix. Ouais c'est une démo j'te jure mec. Et nul doute qu'elle fera parler d'elle, avec pour seuls parents la passion et le travail (ajoutez le grand-père Talent), voilà bien un nouveau-né qui outre ses pleurs, a des choses à offrir, et dont les écoutes répétées étoffent une matière de musique extrême redoutable, accrocheuse, intelligente et amplement aboutie. Le destin brisé? Ok, mais le plus tard sera le mieux, we want more! Allez hop, messieurs les labels,sortez vos stylos et signez moi tout ça. Pour ma part, j'ai grand hâtede voir Rouen s'effondrer lors d'un concert de ces messieurs. Du toutbon!
5,5/6
Par Deckard
Lien pour lire la chronique: http://www.lordsofwinter.com/Menu.php3?action=chronique&groupe=1584&album=3118
* Sur la webzine Nightfall In Metal Earth:
Non, il n'y a pas qu'ATARAXIE en France. Non, à Rouen, il n'y a pasqu'ATARAXIE. Bref, je crois qu'il va falloir aux auditeurs français se bourrer le crâne qu'il existe en France une vraie « scène » composée d'acharnés du Doom-Death, du Doom de tous poils et du Death-Doom Metal. Et que par conséquent, ATARAXIE n'est pas seul sur son trône. Nan, c'est pas des légions de groupes qui attendent pour lui chiper sa place que le roi se casse la gueule de son trône après avoir bu plus que de raison, mais c'est un petit nombre de hordes de passionnés du genre qui vont se poser en ses lieutenants - prêts à en découdre afin de former un véritable front. Et parmi ces soldats au long cours, FATUM ELISUM se place parmi les possibles vainqueurs. FATUM ELISUM, qui avec son premier disque du même nom, va faire craquer des nuques, infliger le désespoir dans les coeurs meurtris et dégobiller par sa lourdeur les boyaux habitués aux affres des mauvais alcools... FATUM ELISUM, c'est du Doom-Death Metal qui bute, avec un feeling très anglais je dirais.
Ce point-là m'a filé au départ de l'urticaire, car un groupe français qui sonne comme ces salopiauds, pardon, comme des Anglais, ben ça m'a fait chier, parce que j'attendais de FATUM ELISUM qu'il soit plus détaché que ça de ses influences. D'ailleurs, les influences ressenties sont multiples et le groupe de Rouen reconnait même une liste foisonnante de formations cultes, de MY DYING BRIDE et PARADISE LOST à BETHLEHEM et SILENCER. Cela s'entend, y compris dans le chant varié et maîtrisé de EndE qui passe d'un extrême caverneux à un autre plus cinglé. Donc oui, ça m'a barbé et j'ai beau avoir écouté plein de fois cet album, c'est tous ces groupes qui me viennent à l'esprit quand j'écoute FATUM ELISUM.
Néanmoins... Le lecteur et auditeur pourra se dire que c'est plutôt pas mal comme références. On tape ici dans la qualité. Et à vrai dire... Ne vaut-il pas mieux de « fidèles et loyaux serviteurs » d'un Doom-Death traditionnel que de mauvais expérimentateurs, ne vaut-il pas mieux des passionnés qui connaissent sur le bout des doigts ce genre de prédilection que des bûcherons aveugles qui vont tout massacrer ? Si FATUM ELISUM n'invente pas le Doom-Death Metal, il lui rend ici un bel hommage. Car le quatuor rouennais maîtrise son sujet. Les compositions sont bien pensées, bien construites et l'exécution, tout comme la production (très professionnelle : et oubliez pendant qu'on y est que ce disque est une démo...) et enfin l'artwork démontrent la volonté d'un FATUM ELISUM de bien faire son travail, de ne flouer personne, y compris eux-même car après tout, ils y ont mis sang, sueur, temps,tripes et sous. C'est un plaisir que d'écouter ''Fatum Elisum''.
FATUM ELISUM, même s'il ne révolutionne pas le Doom-Death, pose tout de même sa personnalité quelque peu pachydermique, car il en a une. Une spiritualité évidente émane de ''Fatum Elisum''. On le comprend dès l'introduction : EndE psalme quelques phrases (enregistrées dans une église, faut le souligner) avec en fond un fredonnement qui fera penser à celui des religieux asiatiques. L'outro fonctionne de la même façon. Ce seront ensuite les riffs et les structures qui donneront le ton général de l'opus. Ou encore par exemple, ces quelques notes de guitare sèche sur le début de la trois, avec la voix mélancolique de EndE par-dessus. Ou bien ces soli de fou vers la fin de ''Phantom'' où l'esprit de votre serviteur passe dans l'apesanteur... Ou l'extrême mélancolie de la title-track, qui plombe sérieusement le moral...
On entre de plein pied dans ce Doom-Death tout british avec ''InVain'', lourde et puissante pièce à l'atmosphère apocalyptique, longue de presque treize minutes. On prend d'emblée également la mesure du travail accompli par les musiciens : c'est carré, c'est fluide, c'est sous-pesé et aussi très bien produit (bravo à Post Ghost Recordings).On apprécie aussi les multiples registres de voix de EndE, qui passe d'un timbre grave à un autre où il risque de se déchirer les cordes vocales - sans toutefois atteindre la perfection de Jo de FUNERALIUM.''In Vain'' prend le parti du Death-Doom dans la seconde partie, et tout cela me rappelle les bons vieux PARADISE LOST ou ''Last One on Earth'' d'ASPHYX, tout en touchant à la folie d'un FUNERALIUM... Les sentiments exposés sont donc riches et plein de nuances (c'est ça leDoom-Death : un camaïeu de gris) et c'est un régal que d'écouter avec attention les Rouennais y mettre toutes leurs tripes. Je ne vais pas vous dévoiler la suite, mais juste vous dire que ce Doom-Death-là mérite la peine d'être et soutenu, et écouté !
Formé en mars 2007 mais dans les esprits depuis bien plus longtemps, FATUM ELISUM - « le destin brisé » - me semble déjà bien parti. En se détachant de ses influences, je pense que les Rouennais peuvent aller loin encore et s'imposer sans rougir. Leur perfectionnisme et leur maîtrise me poussent à le croire foncièrement.FATUM ELISUM ne change pas la face du genre, mais plutôt que de me dire« encore un groupe qui copie les autres », ben non, je prend du plaisir, car c'est bon et bien fait. Vous pouvez donc vous procurer ''Fatum Elisum'' les yeux fermés, car c'est là un disque de Doom-Death de qualité ! Vivement le double-LP ! 3,5/5
Par Oncleguud
Lien pour lire la chronique: http://metal.nightfall.fr/index_7326_fatum-elisum-2008.html
* Sur le webzine Noiseweb:
Finalement, la scène Doom française, devrait-on même dire Rouennaise en l’espèce, ne se résume pas qu’à Ataraxie ! Fatum Elisum, groupe de Rouen donc, nous propose son premier album enregistré avec l'équipe de Post Ghost Recordings. Fort d’une solide base scénique et d’influences plus que respectables, My Dying Bride, Cathedral, Saint Vitus, Mourning Beloveth et Evoken pour ne citer qu’eux, le groupe propose une musique certes peu novatrice mais exécutée avec brio. Du doom dans sa forme la plus pure, comme pourrait le faire Mournful Congregation, c’est-à-dire sans la moindre trace de claviers, et avec un mélange de vocaux gutturaux, éraillés et clairs. Des compos longues et étirées, une ambiance à couper au couteau et une sacrée envie d’en découdre sont les atouts évidents de ce premier bon album qui, nous l’espérons, ne sera pas le seul. Seule ombre au tableau, l’influence trop évidente et imposante d’Ataraxie. Cette alternance de riffs lourds et d’accélérations soudaines, ces vocaux tiraillés par la douleur sont les caractéristiques propres du leader de la scène Doom française et il serait peut-être bon pour Fatum Elisum, dans le futur, de s’en éloigner un peu afin de créer sa propre identité. Ne soyons pas trop injustes, ce premier album démontre un vrai travail de composition et reste très savoureux, c’est indéniable ! 7/10
Par Pierre Antoine
Lien pour lire la chronique: http://www.noise-web.com/chroniques/2009/fatumelisum.htm
* Chronique sur le webzine U-zine:
Bien que je fasse tout pour que cela rentre dans l’ordre, le Doom est encore trop peu représenté sur U-zine à mon goût. C’est pourquoi je vais vous parler aujourd’hui de Doom Death Metal venant tout droit de la capitale française du Doom, Rouen. C’est de là que nous viennent les prometteurs Fatum Elisum. Formé d’Ende au chant, Hugo et Christophe aux guitares, Asgeirr à la basse et, depuis peu, de Christophe à la batterie (c‘est Sator qui a enregistré cette démo), ce groupe depuis 2007 ne s’arrête pas de franchir des paliers. Après des performances remarquées en première partie de groupes comme Ataraxie, Indesinence ou plus récemment ni plus ni moins qu’Esoteric (Cela fait très bien sur un CV, ça), il était venu, en 2008, le temps de franchir le cap du studio pour accoucher à la fin de l’année de leur première démo, ma foi, prometteuse.
Et par démo, Fatum Elisum n’entend pas faire dans la demi mesure et nous propose cinquante cinq minutes de musique réparties sur six titres. L’intro « Eli Eli » est assez évocatrice de ce dans quoi nous allons nous aventurer. Avec son chant clair presque religieux (rappelant celui de Pantheist), Ende nous emmène au fond des catacombes assister à une messe funèbre. Une atmosphère prenant aux tripes rappelant celle propagée par Celtic Frost sur Monotheist (Par ailleurs, on retrouve un très beau « ouh! » sur « Phantom »).
Ce n’est que sur « In Vain » que le reste de la troupe apparait avec de grosses guitares bien lourdes et poisseuses. Les premiers instants nous rappellent le Cathedral des débuts et son fameux « Ebony Tears » par cette faculté à trouver le riff à la fois dépressif et accrocheur. Bien que très varié entre les parties acoustiques, Doom et Death, ce morceau est le plus faible de cette démo auquel il manque un passage très marquant.
La suite est bien plus folichonne avec un « Phantom » remarquable de part son break à la guitare acoustique hypnotisant et de part sa dernière partie , avec un superbe solo, totalement apocalyptique dans le bon sens du terme.
Avec le morceau « Fatum Elisum », on entre dans le maladif avec son introduction où EndE suffoque à force de souffrir sur fond de guitares acoustiques. De quoi faire penser aux délires de Kvaforth avec Shining. La fin du morceau est tout aussi intéressante avec ces mélodies, ces blasts et ces cris. D‘une beauté mes amis…
« Dancer Of Spirals » est du même niveau, totalement dépressive et un EndE poussant encore plus loin son chant dans les aigües durant ses incessantes plaintes. La chanson est également marquée par l’apparition du chant en français durant deux passages très fatalistes. Ce qui n’est pas sans rappeler leurs voisins rouennais d’Ataraxie dans la manière de le mettre en place.
« Lama Sabachthani » vient conclure l’album de la manière dont il avait commencé mais avec un chant plus écorché.
Un fois finie, que retenir de cette démo ?
Tout d’abord que le groupe possède de très bonnes bases. L’album est, en effet, très bien construit. Il ne dispose d’aucun temps mort et détient des compositions très travaillées (seule la partie Death d’« In Vain », pourtant de grande qualité, n’est pas vraiment bien amenée) aux influences plus que respectables. On sent à travers cette démo que Fatum Elisum a sa propre pate qui fera, je l’espère, de lui un futur grand de la scène Doom Death internationale.
Si les compositions sont excellentes, le groupe doit aussi pas mal à son chanteur EndE. Même si je dois avouer que son chant me fatiguait au début, à force d’efforts, j’ai pu apprécier comme il se doit son énorme travail fourni. Son chant est d’une variété bluffante passant du chant « religieux » sur « Eli Eli » à des hurlements effrayants sur « Dancer Of Spirals » en passant par un chant romantique à la Mikael Stanne de Dark Tranquillity sur « Phantom ».
Pour renforcer l’aspect malsain, dépressif et « messe noire » de leur musique, le chant a été entièrement enregistré dans l’église de Cailly (je dis ça pour les éventuels fans en quête d’un pèlerinage). Le reste des instruments a su également être mis en valeur comme il se doit au Postghost Recording avec un petit bémol pour la basse très en retrait dans le mix. Cela sonne suffisamment crade tout en restant très écoutable pour coller à l’atmosphère de la démo.
Fatum Elisum a, avec cette démo, démontré un très gros potentiel pour un groupe qui n’a pas encore deux ans d’existence mais qui a déjà pour projet de sortir un album au plus vite. Mais pour cela, il faudrait que Fatum Elisum soit signé par un label, ce qui pour un groupe de Doom Death n’est pas aisé et risque de retarder ce projet.
Par Orion
Lien pour lire la chronique: http://u-zine.net/chronique.php?id=1386
* Sur Le Cercle Noir:
Sans forcément affirmer comme certains intégristes le font que rien ne vaut les bonnes vieilles premières démos des familles enregistrées au fond d’une cave éclairée à la bougie, il est cependant vrai que parfois, certaines d’entre elles se hissent très largement au niveau d’un véritable album. C’est le cas par exemple de Fatum Elisum, première démo du groupe du même nom.
Fondée en 2007 à Rouen autour des guitaristes Hugo et Christophe, du bassiste Asgeirr et d’une claviériste, la formation arpente les caveaux froids et brumeux d’un doom death massif et granitique. Aujourd’hui, les claviers ont disparu et l’arrivée de EndE au chant a permis au groupe de voir son évolution s’emballer.
Influencé par toute l’école britannique de cette musique de la douleur, Fatum Elisum noue également des liens évidents avec Ataraxie. La proximité tant géographique qu’humaine l’explique. Tous les deux partagent ce goût pour les complaintes en forme de bloc pétrifié qu’aucune lumière ne vient jamais caresser de sa chaleur ; tous les deux maîtrisent cette science de l’accélération subite, du break salvateur qui empêchent ces très longs titres de part trop s’abîmer dans un monolithisme redondant ; tous les deux aiment le chant caverneux et parfois hystérique à la Bethlehem / Deinonychus ; tous les deux bien entendu sculptent dans la pierre un art totalement désespéré.
Pour autant, Fatum Elisum fait déjà preuve d’une réelle personnalité qui repose au moins sur deux caractères : tout d’abord une dimension littéraire intéressante (ses membres citent volontiers Baudelaire, Schopenhauer, Nietzsche, Cioran comme source d’inspiration tandis que le morceau « Dancer Of Spirals » fait référence à “La ballade des pendus” de François Villon) et ensuite sur une aura religieuse inédite. Il y a quelque chose de profondément spirituel dans cette musique. Le chant de EndE, qui d’ailleurs a été capturé dans une église, celle de Saint Romain de Cailly, participe beaucoup de cette empreinte sacrée, notamment lors du douloureux « Dancer Of Spirals » où le chanteur semble prendre parfois les intonations des chants grégoriens.
Encadré par une intro (« Eli Eli ») et une outro (« Lama Sabachthani »), quatre plaintes suffocantes d’un doom minéral architecturent cette essai excellent tout du long, quatre prières pour les morts glaciales comme la roche en pleine hiver, lentes procession funéraire qui progressent peu à peu vers la tombe. Minées par une profonde tristesse, plombées par une faute qui ne peut être pardonnée, elles résonnent comme un cri d’abandon. Sans espoir aucun. Et comme toujours avec cette musique, il y a cette beauté souterraine qui ruisselle de ces excavations dans les tréfonds de l’âme et des sentiments. Immense.
Groupe au potentiel que l’on devine énorme à suivre de très près, Fatum Elisum a donc enfanté une œuvre inspirée et impressionnante de maîtrise, aussi réussie que bien des albums du même genre qui bénéficient eux d’une avantageuse signature chez un label reconnu. Les Normands devraient très vite s’imposer, à l’instar d’Ataraxie, comme un des chefs de file français du doom death. (07.02.09)
Note: 8/10
Par Greg
Lien pour lire la chronique: http://metal-blogs.com/stargazer/2009/03/01/fatum-elisum-fatum-elisum-2008/
* Sur le webzine Imm3moria:
La contagion des sens et des émotions, en une gangrène que l’on viendrait à paradoxalement entretenir, définirait partiellement cette première et riche demo du jeune groupe Rouennais qu'est Fatum Elisum. Comme un album concept, il retrace le passage de l'espoir, de la complainte dédiée à l'Eternel jusqu'au désespoir total. Aux influences musicales et littéraires aussi riches que variées, cette formation qui a vu le jour en 2007 nous offre un premier essai dans un Doom dans sa plus belle lignée.
Fatum Elisum s'ouvre et se clôt sur deux compositions qui résument à elles seules le concept de cette première création. Se rapprochant à des chants religieux (avec notamment une voix enregistrée dans une église, d'où l'esthétique particulière du son, la matière qu'on peut lui trouver) proches de complaintes, mais tout sauf dénués de foi. Elle est là, elle transpire au point de se sacrifier pour elle. Le chant, ce cri de l'âme, transporte et transcende.
Dans la très marquante "Dancer Of Spirals" (qui ressort considérablement de la demo, ayant entre autre l'avantage d'être un presque dernier titre et donc de bénéficier d'une atteinte particulière de l'auditeur), le groupe n'hésite pas à marquer ses influences littéraires, et ici c'est François Villon qui reprend vie. Des extraits de son Epitaphe, également connu sous le nom de Ballade Des Pendus, y figurent, poignants d’une poésie du 16ème siècle aux vers envoûtants, ils ont tout bon. Mélange de disparition organique aussi cruelle que belle (image de la pourriture, et du travail naturel des vers que l'on retrouve également chez Baudelaire) comme de l'attrait paradoxal vers la mort et l'atteinte de l'Eternel, mais cette angoisse de l'attente du départ qui ne donne qu'envie d'y renoncer. Ce morceau exprime donc particulièrement bien le tiraillement entre deux passions, deux pulsions qui se rejettent mais qui nous attirent. La peur et la curiosité, des "faiblesses" humaines.
Dans sa généralité, Fatum Elisum effectue un Doom des plus classiques, mais aussi des plus efficaces, à l’image des grands de ce genre, tels que Cathedral ou cette merveille qu’est Anathema. "In Vain", "Phantom" ainsi que "Fatum Elisum" marquent l’uniformité de la demo. Revenant tous sur les thématiques telles que la fatalité (qui n’étonnera personne, à la vue du nom du groupe), la douleur (autant physique que morale), la croyance (qui tient ici une place majeure), l’abandon ou encore le romantisme. Pour ce qui est du chant clair (notamment dans "Phantom") il y a quelques fragilités notables. Mais fragilités qui restent cependant assez justes pour que ça se tienne dans une optique de souffrance, de torture psychique. (On sent bien là un groupe qui a ouvert pour Ataraxie, et qui est influencé par la musique de ce groupe). Accélération du rythme qui marque un point et ne manque pas de surprendre et d'ajouter une qualité au morceau. Gros clash dans la lenteur générale de l'album qui n'est pas pour déplaire.
Globalement, des titres, qui même s'ils ne brillent pas dans l'innovation, ont le bon goût d'être d'une justesse très appréciable, au chant torturé (et plus que cela encore), remarquable de sensibilité, une instrumentalisation sans gros défaut notable, si ce n'est la basse qui se fait un peu absente. A conseiller aux amateurs des premiers Anathema (comme pour les amateurs de Doom classique d'ailleurs), vous pouvez vous lancer dans l'aventure les yeux fermés, vous y trouverez sans aucun doute votre compte. Je ne certifie cependant pas que vous en sortiez l'âme en paix. « Dieu est mort ».
Note: 90/100
Par Bobine
Lien pour lire la chronique: http://www.imm3moria.org/v4/index.php?option=com_simple_review&review=1013&Itemid=28
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