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Neolaya L'amour de l'art

Neolaya

E. Neolaya


Last Updated: 12/1/2009

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Friday, January 18, 2008 
L'Art-thérapie


    L'art est un moyen d'expression à portée de tous et peut permettre d'exprimer sa folie ou son génie. Beaucoup d'artistes ont d'ailleurs étaient de grands génies, mais que l'art à parfois perdus. L'effet exorcisant de l'art peut parfois amener l'artiste à se perdre dans un reflet de lui-même effrayant car trop étranger à sa propre représentation. Mais l'art en thérapie doit justement aider le sujet à sortir de ses représentations, et à prendre conscience de ses maux et à s'en détacher.
    L'art-thérapie est une discipline qui n'est toujours pas reconnu en France. Il existe cependant de nombreuses écoles et formations, car on sait l'utilité de cette méthode. 
L'art au service du soin, la découverte de soi à travers sa propre création, voilà ce que propose l'art-thérapie.


L'évolution historique de l'art au service des malades

    L'art a intéressé de nombreux psychiatres, dont le célèbre Charcot. Son postulat était que la névrose hystérique était présente dans de nombreuses --uvres artistiques. Freud disait que « l'art est manière de rendre la parole à l'objet ». Il s'intéressa surtout au contenu de l'oeuvre et à la sublimation que permet l'art.
    Dans les années cinquante apparaît l'étude de la pathologie de l'expression, qui amènera de nombreux psychiatres à collectionner les --uvres de leurs patients, comme le docteur Marie qui aura cependant une interprétation trop restreinte et réductrice.
Prinzhorn et Morgenthaler se prendront eux aussi au jeu de la collection. Morgenthaler dont on connaît d'ailleurs le célèbre patient Wolfi.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Collection_de_l'art_brut



Le mouvement surréaliste

    Ces collections inspireront de nombreux artistes, tel Paul Klee qui créera de nouvelles techniques qui jusqu'alors n'avaient pas été utilisées dans l'art « classique ». C'est le cas du collage, du photomontage, du relief peint, du frottage et de l'intégration d'objets dans le tableau. En effet, il montre ainsi que « le point, la ligne, la touche, les tons, la composition sont les véritables signes du peintre. »
    L'art et la folie seront alors les centres d'intérêts des artistes de l'époque, en particulier du mouvement surréaliste. André Breton accompagné de ses amis, Philippe Soupault ou encore Max Ernst, utiliseront de nouvelles techniques ayant pour but d'aller au-delà du désir, afin de toucher au refoulé, à l'inconscient même. Ainsi naissent le fameux cadavre-exquis, les oeuvres réalisées en groupe comme le collage, l'écriture automatique, la décalcomanie, le frottage, le fumage, le grattage ou la création d'objet surréaliste. Man Ray créera alors le rayographe et Dali la paranoïa-critique.
    Mais malgré ces découvertes et ces --uvres incroyables, les surréalistes on mis ..é la part de souffrance des sujets, ce qui est la principale occupation de la psychologie.


Pour une vision nouvelle de la folie

    Apparaîtra alors un mouvement de prise de conscience chez les psychiatres, qui exprime l'envie d'humaniser les patients en psychiatrie, de rendre compte de leur entité et d'améliorer leur place dans la société. L' « antipsychiatrie » va alors naître, rendant compte d'une remise en cause du rôle du psychiatre et de la fonction de l'hôpital psychiatrique, posant l'idée que « tout malade est la victime d'une société oppressive, que le psychiatre n'est rien d'autre que le délégué de cette société et l'asile l'instrument de l'exclusion. »
    Cette remise en question du statut des malades va amener à une meilleure reconnaissance de ces personnes et à une amélioration de leurs conditions.
    Dubuffet sera passionné par l' « art des malades » , et son intérêt permettra de faire connaître les --uvres des patients. Grâce à lui, « La folie devient l'affaire de tous, elle est par-là même dédramatisée. La folie n'est pas une malédiction mais plutôt une compagne qui nous indique les limites de notre liberté. Il n'y a pas d'un côté les gens normaux, équilibrés, et de l'autre, les "fous", mais plutôt l'infinie variété de situations humaines où chacun peut un jour éprouver cette sensation d'exil intérieur, d'effondrement psychique, d'euphorie intense qui annonce ou accompagne la folie. » Naît alors l'Art Brut. Dubuffet collaborera d'ailleurs avec son ami Morgenthaler pour exposer les --uvres des artistes tel que Aloise ou encore Wolfi.


Le dessin chez l'enfant

    Toutes ces recherches sur la création et l'acte créatif nous ramène aux bases primitives, qui sont l'enfance et les premiers gestes d'expressions. En effet, l'enfant dessine facilement et l'évolution des dessins au cours de la vie est révélatrice. De plus, certaines production de patients (en particulier les schizophrènes) rappellent étrangement les productions de la prime enfance.
    « Le dessin, comme le jeu, est l'instrument privilégié d'expression des fantasmes et des désirs les plus inconscients. L'enfant y projette volontiers son monde intérieur, sans imaginer une seconde que le plaisir tactile, sensoriel que lui procure la trace de couleur déposée sur le papier blanc pourrait exprimer quelque chose qu'il ait choisi de reproduire. »


Les différentes techniques

    Il existe différentes techniques en art-thérapie, qui s'utilisent en fonction des patients et des connaissances du thérapeute.

Les techniques qui traitent de la représentation de l'homme :

-L'écriture : la personne écrit une histoire, qui souvent se rapproche de la sienne, mais il vaut mieux éviter d'écrire directement sa propre histoire, afin de mettre une certaine distance vis à vis de ce que l'on raconte. Ce travail sur l'imaginaire permet de se détacher de ses fantasmes, de les projeter sur d'autres situations, et personnages et de s'en libérer.
- Les arts plastiques : l'art fonctionne comme reconstruction, la création d'un objet extérieur à soi permet de prendre conscience de sa propre situation et de redonner l'envie de se créer. Mais c'est aussi le moyen comme on le verra avec toutes ces techniques, de se libérer de ses problématiques personnelles.
- la photographie : permet de travailler sur les questions de représentation de soi et de prendre conscience de comment se réapproprier cette image perdue de soi. Utile avec des personnes souffrantes de graves cassures dans leur image corporelle.
-la vidéo thérapie : observation de soi dans une situation donnée
-la sculpture: peu utilisée car les matériaux peuvent être difficile à travailler pour les sujets, mais bénéfique
- le modelage : souvent utilisée, vertu de détente et matière agréable à travailler.


Les techniques qui traitent de l'homme en représentation:

- le théâtre: Technique mise en avant par Moreno avec le psychodrame. Le théâtre se fait en groupe, soit on joue à plusieurs, soit seul, mais le regard de l'autre permet de retrouver la confiance en soi. On rejoue ses conflits personnels et cela permet un effet libérateur et cathartique.
- la danse : Technique fondée par Marian Chase. Elle est aujourd'hui utilisée de deux manières. Soit la danse primitive; il s'agit d'un travail sur des rythmes tribaux, des onomatopées, accordant beaucoup d'importance à ce qui se passe dans le groupe. Soit la danse symbolique, qui retrace les expériences et les grandes étapes de la vie ( naissance, mariage, mort) sous une forme poétique à partir de la sensation corporelle pour former une chorégraphie. La danse prend le corps comme symbole, à travers le mouvement qui s'inscrit dans l'espace et le temps. De plus, la danse permet aux patients de retrouver un certain contrôle et équilibre de leur corps.
- Marionnettes, masques et clowns : La marionnette est utilisée depuis toujours pour raconter des histoires, et cela dans toutes les civilisations. Elle permet la distanciation du sujet face à son histoire et le prolongement du vivant dans l'objet est très efficace.
Le masque est un sujet que Jung traitera dans sa théorie sous le nom de « persona », c'est-à-dire le masque utilisé en société par chacun de nous. Il comporte un aspect utile et positif. Il est souvent dangereux de se mettre complètement à nu devant autrui, chacun a besoin de se préserver des jugements et des pressions sociales. Le masque permet de se relationner avec autrui, tout en conservant la part la plus intime de nous-mêmes.
- la musique et la voix : Ces pratiques font directement appellent aux sens corporels et à la créativité. Il s'agit souvent d'improvisations qui mettent en jeu l'énergie corporelle. L'expression non verbale peut lever les inhibitions du patient. De plus, ces thérapies permettent une réappropriation du corps par une délimitation vibratoire qui l'entoure.


Les populations visées

    L'art-thérapie peut être utilisée avec toutes les populations, toutes les cultures et tous les âges. Cependant, le travail fait avec les patients sera différents selon les problématiques.
- Les adolescents: Cette période de vie est marquée par une difficulté face à l'autorité. L'atelier d'art-thérapie ayant des règles et une certaine structure permettra à l'adolescent de redéfinir sa position face à cette nouvelle autorité et à se réaliser grâce aux différents outils proposés.
- La personne marginale: Le travail est ici la reconquête d'une reconnaissance sociale dans le respect des différences. La marginalité pouvant être bien vécue sans être hors norme.
- La personne handicapée: Ces personnes souvent cibles des regards, se sentent diminuer et rejeter. Il faut arriver à développer l'artiste qui sommeil chez ces personnes de façon à leurs faire oublier au maximum leur handicap.
- Les traumatismes graves et le travail de deuil : Le travail consiste en une maîtrise et une mise à distance des horreurs subies. En cas de guerre, les enfants ont souvent perdu leur enfance et sont « trop » matures pour leur âge. Il faut donc revenir avec eux sur ce qui fonde l'enfance : l'imaginaire, les contes, les jeux.
- La personne âgée : Ces personnes sont travaillées par le thème de la maladie et de la mort. Il faut les inviter à réaliser des oeuvres qui les supplanteront et resteront des témoins vivants de leur propre vie longtemps après leur mort.


L'art-thérapie de nos jours


    Ces différents éclairages permettent de mieux comprendre ce qu'est l'art-thérapie. En effet, cela permet une rencontre avec les problématiques du sujet et leur exploration. Le thérapeute est une sorte d'initiateur qui invite son patient à se laisser aller à l'état de création, laisser les images venir à soi, laisser cours à l'inspiration et l'imagination. L'art-thérapie permet une mise à distance vis à vis de soi et de créer.
    L'utilisation de la matière permet une mise à distance, mais est aussi un médium servant la création. Le sujet se projette dans l'--uvre créée, mais la création finale transcende celui qui s'y est impliqué. « Transcender, c'est renaître, rebondir, repartir, changer d'état d'esprit. Modifier son mental, c'est avant tout prendre conscience de ses limites. »
    Comme le dit J-P Klein, « on peut se représenter la création comme un vaste champ de liberté où le va et vient se fait naturellement entre conscience et inconscience, verbal et non verbal, compréhension et non-sens. La communication qui existe entre ces deux pôles de l'esprit permet de toujours être connecté avec son être profond. »
    La thérapie est une expérience actuelle, le passé est retravaillé par les souvenirs, et c'est sur ces souvenirs que le thérapeute et le patient se penchent, en vivant et traversant les rapports de transfert qui s'établissent entre eux. C'est une façon de se recréer une histoire familiale et de s'y faire une place « de héros » plutôt que de victime.
    Le thérapeute doit proposer au sujet de produire une histoire personnelle artistique autre que langagière. Cette création éveillera les problématiques du sujet et ses défenses, ses peurs, ses angoisses. Le thérapeute doit alors aider la personne à surmonter ces difficultés, de manière symbolique, à travers les différentes productions. Cet accompagnement doit être discret. Il faut d'abord se contenter d'accueillir les productions, de les orienter dans le sens de plus de clarté, de qualité, bref, les tirer vers le haut, les dessins bâclés ne faisant de bien à personne.
    Le sujet doit lui-même trouver son cheminement à travers ses créations. Le patient sera lié à son --uvre le temps de la réalisation, mais il effectuera ensuite un détachement face à l'objet créé. Cet objet perdurera, symbole d'une problématique réglée.
Les indications d'art thérapie et le choix d'un art médiateur devront respecter le tempérament de la personne. Il faut tenir compte du rapport au corps, au langage, à la fiction qu'entretient la personne et qui la fera se sentir à l'aise dans tel art plutôt que dans un autre.


Bibliographie

-
L'art-thérapie, Jean-Pierre Klein, collection « Que sais-je »
- Manuel d'art-thérapie, A. Boyer-Labrouche, Dunod, (2000)
- L'évaluation en art-thérapie- Pratiques internationales, direction scientifique R.Forestier, Masson, (2003)
- L'art thérapie. Pratiques, techniques et concepts, Dr Jean Rodriguez, Geoffroy Troll, Ellébore, (2006)
- Expressions de la folie. Dessins, peintures, sculptures d'asile. Hans Prinzhorn. Gallimard, (1984)
- La voie de l'imaginaire : le processus en art-thérapie, Duchastel Alexandra, Éditions Quebecor, (2005)


Merci à Emma pour sa participation à Neolaya avec cet article
http://www.myspace.com/maybereel


Sunday, January 06, 2008 
Emmanuelle http://www.myspace.com/emmanuelleboutin




- Bonjour ! La forme?

« Les formes ! »

- Eh bien, allons y ! Tu es donc artiste peintre, belle vocation! Raconte nous un peu ton parcourt… Quand et comment t'es venue ta conscience artistique?

 « Enfant, en même temps que ma conscience du monde, dès que j'ai eu besoin de m'exprimer et Il me semble que je m'exprime depuis le début. J'étais une « Shirley Temple » familiale. Mais je vivais dans un milieu très éloigné de » l'art », on travaillait pour vivre et c'était déjà beaucoup ! J'en suis arrivée  là malgré tout.
J'ai choisi vers 16 ans de chanter, parmi mes autres désirs, parce que c'était le plus impérieux  et j'ai tenté d'en vivre. Le chant m'a emmenée à la peinture, je ne suis pas « artiste peintre », je suis « artisane « ou « procréatrice » l'écriture, la composition, la danse, les mathématiques… tout cohabite harmonieusement en nous n'est-ce pas ? »

- Avec le recul, comment décrirais-tu tes évolutions artistiques de tes débuts à aujourd'hui? Peux-tu nous donner une idée de ta propre évolution à travers tes oeuvres?

 « Si mon travail évolue c'est parce que le temps passe, encore une fois, malgré tout, que tu aies les moyens ou pas de t'éduquer, dès que tu peux t'adonner à LA PRATIQUE, tu évolues forcément, techniquement, je n'ai cessé de chercher à me libérer, que mon geste soit à l'écoute de mon désir, et je me suis autorisée à faire feu de tout bois, à utiliser toutes matières se présentant à moi, à recommencer plusieurs fois, à improviser des heures pour trouver les notes justes, la mélodie du tableau, les années passent et l'on commence à détenir quelques techniques, quelques recettes de sorcière, des pots contenant des nuances incertaines et inimitables, on apprend surtout à se lâcher plus directement. En ce qui concerne le style, je ne suis pas bien à l'aise avec ce terme, je n'ai aucune connaissance académique, c'est dommage mais c'est comme ça, je fais avec, depuis le début, j'ai décidé que je faisais de l'art brut parce que je me sens « brute » tout simplement, des techniciens de l'art m'ont dit que « non ». Cependant, il est vrai que de mes jeunes débuts où je dessinais « à l'égyptienne »  sans me soucier de rien d'autre que délivrer mon message, à aujourd'hui où je peux me consacrer au mouvement de formes, et où je m'amuse à créer des accidents picturaux qui me parlent, il y a certainement une évolution stylistique. »

- Parle nous des difficultés que tu as pu rencontrer dans ton métier d'artiste.

« Quelques soient les difficultés rencontrées, si tu est toujours vivant à presque 42 ans, à peindre, à chanter sans encore avoir peur pour tes vieux jours, en t'en foutant même car « quand on est jeune on est fou », si tu as toujours cette impériosité chevillée au corps c'est que le métier d'artiste apporte avant tout un immense plaisir et de la connaissance, de la transcendance, de l'harmonie.
Les difficultés sont bien souvent des outils d'apprentissages, un peu comme dans un conte initiatique où le « candide » doit effectuer son parcours semé d'embûches et d'épreuves.
Plus terre-à-terrement parlant, je dirai que le plus difficile à affronter c'est nous-même puis les autres. Et puis tout dépends de tes besoins matériels, si tu peux te contenter de peu, peindre avec ce que tu trouves et que tu n'es pas guidé par le besoin de « briller » tu n'auras aucune difficulté à peindre ou à sculpter ou à chanter, au contraire, il me semble que tu est plus ingénieux quand tu as peu de moyens. Après, bien sur, nous vivons dans un monde dur, il faut beaucoup d'argent pour survivre et ça oblige à entrer dans le commerce mais personnellement je n'y arrive pas vraiment, je jongle plutôt. »

- Quels outils et matières as-tu expérimenté? Lesquels sont restés des éléments essentiels de ta création?

« J'ai rencontré un imprimeur qui m'a donné des centaines de fonds de boîtes d'encre et je les utilise depuis des années, j'en ai encore plein donc, l'encre constitue ma première option mais j'aime tout essayer, manipuler des poudres, jouer l'alchimiste. Cependant je travaille vite, je suis une énervée il faut que tout aille vite, il y a donc plein de trucs que j'ignore, que je garde pour quand je serai très vieille, des trucs de patience. Les supports changent aussi, je suis passée des fonds de placard aux toiles puis à ferraille et au plexi, là c'est vraiment ouvert, il m'arrive de faire des objets, de visualiser des installations, mais pour l'instant, je peux encore concentrer mon désir pictural sur une petite surface bien que j'ai déjà acheté un énorme seau de chaux alors que les murs se cachent !!! »

- Quelles sont tes références artistiques, tes inspirations quotidiennes?

« Le facteur cheval pour l'opiniâtreté, m'ouf, c'est ce que je déteste le plus, énumérer les peintres, vous savez qu'il est ardu cet interview ? Non, je n'énumère pas ! Mes références sont multiples et mes inspirations quotidiennes aussi, tout m'inspire, toi, lui, elle, ça, rien !  Tout nous inspire, qu'on le veuille ou pas, tout nous impressionne et nous change, nous sommes ainsi faits, des synthétiseurs nous sommes !
Mais précisément, ce qui m'inspire c'est la grâce, l'humour, l'affection, les gens, l'effet des formes entre elles et les couleurs… »

- Prévisualise tu ton oeuvre avant de lui donner forme, ou l'inspiration vient elle au fur et à mesure que la toile prend vie?

« Ça dépend, j'ai plusieurs mécanismes, c'est très agréable de sentir l'--uvre en soi, en gestation mais aussi parfois, je provoque l'inspiration en faisant précéder le geste : je place un support et je jette de la peinture dessus et je compose avec les faits. »

- Maintenant, nous aimerions que tu nous plonges dans l'ambiance de ton lieu de création. Peux-tu nous le décrire, nous parler de l'atmosphère dans laquelle tu travailles?

« Je travaille chez moi dans mon salon et sur la terrasse dès que je peux, quand mes amis rentrent chez moi, ils font toujours » whaaa c'est coloré ici ! » Parce que en général, c'est vraiment cataclysmique, les toiles sèchent par terre et partout, ça sent l'encre, la térébenthine, c'est assez sale à force et je m'empêche de réaliser de trop grandes choses car je n'en peux plus  de faire sécher des trucs de deux mètres dans mon salon ! Mon bon ami m'a fabriqué un placard coulissant avec des panneaux que j'avais peints dans lequel croupissent tous mes pots avec des pinceaux figés.  C'est assez « théâtral » comme atelier mais je manque de place. Je me lève tôt souvent au lever du jour, et je commence à peindre, la lumière définira le ton, les bruits le rythme. J'écoute des musiques, Stravinsky, Bartok, Schubert, Bach, Ravel, Purcell, Mingus, Coltrane, Joao Bosco… (Une énumération encore très restrictive !) »

-As tu une anecdote artistique à nous raconter?



«
Voilà un tableau fait sur une plaque de verre que j'ai cassée juste avant le vernissage !»

- Voici quelques oeuvres que tu souhaites nous faire partager. Peux-tu nous raconter leur histoire? ..



« Celui-ci est un des derniers. Il est né très lascivement, très paresseusement, d'un geste. Il plaît beaucoup aux femmes et une petite fille a demandé à ses parents de lui offrir. »
..


« Ça, c'est mon travail sur plexi, ce n'est pas forcément une bonne idée que de déformer le plexi au pistolet à air chaud car il peut y avoir des vapeurs toxiques et ça se casse un peu facilement mais par contre le jeu de la transparence est infini. »



« J'adore faire des affiches et j'adore  dessiner des musiciens, je m'en empêche un peu pour ne pas tomber dans la facilité  mais ça revient invariablement comme pour retrouver mes bases. »



« Celui-ci (c'est une vue partielle du tableau) fait aussi partie de ma dernière production, il est très intime et justement, les personnes qui l'ont vu  ont réagi très positivement, là aussi, j'ai voulu revenir à plus de simplicité en faisant des petites bd magistrales qui exaltent les vertus de l'amour, de la fraternité, de la sensualité et aussi du manque et de la peur parfois. »



...

- « Un tableau acheté = un piano offert. » Cette phrase a résonné lors de ton tout premier vernissage le Samedi 15 Décembre 2007 à Toulouse. Raconte nous ce moment de ta vie à marquer d'une pierre blanche.

« Le contexte c'est l'atelier des pianophiles juste en dessous de chez moi, ce sont mes amis, les pianos et leurs « dresseurs », ça a été toujours magique, nous avons souvent organisé des trucs ensembles, à l'envie, les fêtes de la musique devant l'atelier par exemple et j'ai commencé à mettre des tableaux chez eux parce que je n'ai plus de place et que leurs grands murs blancs et les pianos qui me tendaient les notes !, le principe d'achat c'est un « joke » mais c'est aussi plutôt pragmatique, on pouvait ce soir là acheter un tableau à 3000 euros avec un magnifique piano droit ivoire en cadeau, des affichettes disaient cependant que si l'on trouvait le cadeau trop volumineux, on pouvait en discuter ! Il y avait aussi une ravissante plaque en plexi à 25 000 euros avec un immense piano à queue en cadeau, c'était un clin d'--il, une amusette désintéressée.
Quant à la préparation, il m'a semblé tenir mes engagements en matière de Matière, j'exposais 16 pièces crées ce dernier trimestre, l'éclairage a été réalisé par mon bon ami qui a passé 3 jours à fixer des spots juste pour la soirée car ensuite l'atelier reprenait sa fonction, cela c'est très bien déroulé, j'ai regretté l'absence de professionnels, je n'ai pas assez envoyé d'invitations mais j'avais peur d'être dépassée et finalement, il n'y eut que vous, Neolaya, à avoir répondu présents et je vous en remercie bien fort.
Mon sentiment est que c'est important de finir les choses, de mettre en espace son travail car ce n'est pas fait pour rester entassé dans un coin. Voir ainsi son travail, mis en lumière, en musique, en situation, observer les personnes qui regardent, c'est assez plaisant et souvent émouvant. »

- Quels sont tes projets futurs? Comment envisages tu ton avenir artistique?

« Avec de l'inquiétude souvent mais toujours avec la certitude que rien ne m'empêchera de faire ce que j'aime car je ne peux admettre de me plier à d'autres contingences que celles de l'art. Mes projets : je viens de « vernir » le dernier trimestre 2007, je vais travailler mon premier trimestre 2008 ! »


- Pour finir, quelle est ta pensée face à la notion de l'art dans notre société?

« C'est un vaste sujet, chacun y va de sa définition, ces temps, j'entends souvent que « l'on n'est pas un artiste accompli si l'on ne sait pas se vendre »et ça me donne la nausée, l'envie de partir sur une montagne, dans une cabane, il y a aussi beaucoup de discours, d'analyses, de chapelles, que chacun tendent vers la réalisation de son chef d'--uvre et se taise enfin ! »

- As tu quelque chose à ajouter, ou bien à dire aux lecteurs de Neolaya ?

« Je vous embrasse et vous souhaite le meilleur et beaucoup d'improvisation ! »

- Nous te remercions infiniment de nous avoir offert ce délicieux moment passé en ta compagnie.

« C'est moi qui vous remercie pour cet espace de parole (bien ficelé) et surtout merci à Esmée d'être venue, ce soir là, à l'atelier. »

- Et bien, comme il convient, lecteurs, à vous maintenant de vous exprimer :)
Thursday, December 27, 2007 
Débat : L'Art est-il mort ?



    Après avoir traversé les époques, les styles, les mouvements ; après avoir chuté, vécu, sucité la vie, l'émotion, provoqué des réactions ; après avoir chanté l'amour, la haine, l'indifférence, l'absurdité, la plénitude... l'Art est il aujourd'hui arrivé à son déclin ? Est il lancé dans une chute irréversible ?
A t on touché à tout ? Ne pouvons nous plus rien innover ? Notre siecle est il le berceau de l'agonie de l'Art ?


A vous de vous exprimer, donnez votre avis, défendez le... nous avons soif de vos arguments !!

Friday, December 14, 2007 




 - Alors comment vas tu?

« ça va. »

- Est ce que tu en es bien sûre?

« Mmmm,je sais pas trop ...oui ça va. »

- Très bien, alors on y va : Malgré ton jeune age (20 ans), raconte nous ton parcours jusqu'ici. Quand et comment t'es venue ta conscience artistique ?

« J'ai un BEP et un BAC PRO couture, artisanat et métiers d'art option vêtements et accessoires de mode, car je voulais être styliste. J'aimais bien créer des vêtements mais sur papier, pas sur tissu. Du coup, j'ai abandonné cette idée. J'ai ensuite rencontré une peintre qui s'appelle Elisabeth Poiret. Elle m'a proposée de faire un stage de peinture d'une semaine dans son atelier. ça m'a plut. Généralement, je me lasse très vite des choses que j'entreprends. Mais là je ne m'en suis toujours pas lassée, mais peut être que...
Du coup, je me suis inscrite cette année dans une école préparatoire pour rentrer aux Beaux-Arts. Et maintenant, j'attends les concours. »

- Peux tu nous définir ton style?

« Je ne sais pas trop quel est mon style, je dirais plutôt qu'il est abstrait. »

- Quels outils et matières utilises tu?

« Je travaille avec de l'acrylique, des tissus, des végétaux, ainsi qu'au couteau, au pinceau et avec les mains. Mais avec l'école, je touche à beaucoup de choses. »

- Des exemples?

« Stylos, marqueurs, aquarelle, scotch, latex, argile et bientôt je vais utiliser le plâtre mais pas tout de suite. »

- Parle nous de tes influences et de tes inspirations

« Qu'est ce qui m'inspire? Mes humeurs. Mais celle qui m'a vachement inspirée est Elisabeth Poiret. »

- En ce qui concerne la réalisation d'une oeuvre, est-ce que tu la visualise au préalable ou bien l'inspiration te vient au fur et à mesure que la toile prend forme?

« L'inspiration me vient au fur et à mesure que la toile prend forme. Selon mes humeurs. J'ai souvent envi d'expérimenter, de peindre, de tester de nouveaux trucs. Quand je n'ai pas le temps, je note mes idées pour pouvoir le faire plus tard. »

- Dans quelle ambiance/atmosphère peints tu?

« Surtout pas le silence. En générale avec la musique ou avec la télé. De préférence chez moi. Dans d'autres endroits, j'ai l'impression de devoir aller vite, de bâcler. J'aime aussi dans la nature, mais chez les autres je suis bloquée. Il faut que je sois seule. »

- Peux tu nous faire partager une anecdote artistique?

« Je n'ai pas vraiment d'anecdote mais ce qui m'a le plus marqué c'est lorsque le stage de peinture chez Mme Poiret s'est terminé, un groupe d'anglais, qui participait au stage -et qui lui ont acheté des toiles d'ailleurs- s'est arrêté sur ma toile en ayant envie d'en voir plus et de me connaître, ce qui m'a encore plus motivé. »

- Voilà quelques uns de tes tableaux, peux tu nous raconter leurs histoires?


 « Je suis partie des techniques apprises au stage, en y ajoutant mes touches personnelles, sans penser à ce que je faisais. Il est vraiment beau ce tableau!!!!! Je ne me rappelle plus du tout quelle humeur j'avais ce jour-là. Voilà! Et je l'ai offert car il avait beaucoup de succès. »


« C'était pour l'anniversaire d'une amie. Je l'ai fait sans réfléchir. Toujours travaillé à l'acrylique, au couteau et au pinceau. L'inspiration m'est venue tout de suite. C'est l'une des mes plus grosse toile et l'une de mes préférées, que je regrette presque d'avoir offert. »

- Touches tu à d'autres domaines artistiques que la peinture?

« Je fais un petit peu de photo mais je n'ai pas envi d'en faire un métier. Par rapport à l'école, je touche à plusieurs choses comme le dessin d'observation et le dessin de construction (perspectives, ombres, volumes...). Mais je ne suis pas très douée pour ça.
Sinon, le latex, l'argile. Je fais aussi des volumes et des objets de design. Enfin des trucs très académiques quoi. »

- Cette année tu es donc dans une école de préparation en vue d'une entrée aux Beaux Arts. Parle nous un peu de ce lieu. L'endroit, comment on s'y sent, la qualité de l'enseignement…

« Je ne m'attendais pas à ça. Mais j'apprends quand même pas mal de choses et je m'améliore un peu dans toutes les matières. Mais je ne fais pas vraiment ce que j'aime. Et j'espère que l'école où je serai prise l'année prochaine me conviendra plus. »

- Quel est ton sentiment face a ton avenir artistique?

« Je me vois en train de faire de grandes expositions dans le monde entier, avec une grande affiche à mon nom, tout le monde m'envoyant des pétales de rose... (gros éclat de rire)... En fait, je ne sais pas. J'aimerais juste que mes oeuvres plaisent aux gens, être reconnue entant qu'artiste, tout simplement. »

- Pour finir, peux tu nous dire ta pensée concernant la notion de l'art dans notre société?

« J'ai découvert beaucoup de choses cette année, plutôt incroyables et impensables, très étonnantes et intéressantes, qui donnent plein d'idées. Je trouve que les artistes ne sont pas assez mis en valeur par rapport à leurs travails et à leurs recherches. L'art est un moyen d'expression. C'est voir le fond de la pensée d'une personne. ça peut nous apprendre beaucoup sur nous autant que sur les autres. »

- As tu quelque chose à ajouter ou encore à dire aux lecteurs de Neolaya?

« Le nem et le riz était très bon ainsi que la compote pomme framboise.
Merci Neolaya pour le coca, les chocolats et le repas. Merci quoi ! Intervieweuse très sympathique.
Et à tous les lecteurs si mon art vous intéresse ou pas, laissez vos commentaires et si vous voulez me contacter, passez par le biais de Neolaya. Je vous répondrai avec un très grand plaisir et un très grand sourire. »

Et bien nous te remercions beaucoup de nous avoir partagé un peu de toi.

Maintenant, lecteurs, à vous de vous exprimer :)
Thursday, November 29, 2007 
Le projet Neolaya est né de la recherche et de la découverte de créations et d'idées. Celui-ci aspire simplement à l'unité culturelle. Si tu cherches à t'exprimer sur un sujet qui te passionnes, si tu veux connaître la scène artistique de demain, ou même en faire parti, Neolaya est là pour te soutenir.
Tuesday, November 27, 2007 
Communication Zero   http://www.myspace.com/comzero




- Hey, comment vas-tu ?

« Mal. Comment pouvoir faire de la musique industrielle sans aller mal, hein?
Non je plaisante, je vais formidablement bien. »

- Sincèrement ?

« TRES. je suis amoureux !! »

- Parfait !! Alors raconte nous un peu ton histoire, comment en es-tu arrivé à faire de la musique ?

« Gamin je me suis orienté vers la musique grâce au synthé de mon papa, j'ai voulu ensuite apprendre la guitare en autodidacte comme la plupart de mes copains de collège. De groupes de reprises en compos, je me suis doucement orienté vers un son qui me convenait, synthétique, fort éloigné de mes premières expériences acoustiques. »


- Pourquoi ce style de musique ? Est-ce seulement une question de goût ou bien ça a une signification particulière pour toi ?

« Il y a bien entendu une question de goût. Mais par dessus tout c'est ainsi que j'exprime ce que je ressens au fond de moi. L'industriel rythmique, la techno indus, et même les côtés club de comzero me permettent de sortir la violence que je veux exprimer. Par violence, je n'entend pas forcément haine, mais plutôt exutoire. »

- Quelles sont tes références, tes influences, tes inspirations ?

« Mes références ont évolué avec le temps, à commencer par des groupes comme SPK ou De Fabriek qui ont posé pour moi les bases de ce que j'aime musicalement, pour finir dans mes inspirations quotidiennes, à savoir : je peux entendre une boucle musicale actuelle et en être inspiré. C'est sans limite. Une aire d'autoroute avec le bruit cyclique des voitures qui passent peut me donner l'idée d'une boucle rythmique par exemple. Il me suffit d'ouvrir les oreilles pour avoir des idées, la réalisation de ces idées est ensuite un tout autre travail... »

- Quels sons utilises-tu pour créer tes morceaux ? Où les trouves-tu ?

« Principalement des sons de percussions électroniques passés dans un filtre et une distorsion. Ces sons partent de banques de sons originales que je retravaille jusqu'à les déformer tant qu'ils deviennent méconnaissables. J'utilise pas mal d'échantillons d'opéra et de musique classique également. Maria Callas devrait faire partie de comzero tant sa voix y est présente. »

- Avec quel logiciel travailles-tu ?  L'ordinateur est il ton unique outil de travail?

« Je travaillais lors du premier album avec uniquement Fruity loops, un séquenceur échantillonneur dont j'ai exploité les limites au maximum. Pour le nouvel et dernier album, j'ai beaucoup utilisé Cubase pour le séquencing, et Wavelab pour le traitement sonore et la post prod.
L'odinateur est mon seul et unique outil… si l'on oublie ma voix »

- Quand as-tu créé « Communication Zéro » ?

« En 1999. Cela marquait la fin de mon projet précédent "Division Nagasaki", où nous étions deux. Je voulais être seul aux manettes, exprimer des choses vraiment personnelles. »

- D'où viens ce nom intriguant ?

« De l'absence de communication entre mon père et moi. »

- Parle nous de ce monde , l'Industriel, où se situe-t-il dans l'univers de la musique ?

« L'industriel se situe dans un microcosme mourrant. La musique industrielle est née avec des groupes bruitistes comme Einsturzende Neubauten par exemple, SPK également, ces projets expérimentaient le son brut, les boucles samplées de machines ou d'usines, une sorte de mouvement punk où la musique devenait encore plus accessoire. L'intérêt était la puissance du son, une sorte de retour tribal à la transe ancestrale sur des rythmiques issues de l'environnement du XX° siècle. Aujourd'hui l'industriel se meurt, on l'assimile à des groupes comme Marilyn Manson ou Rammstein qui font du rock ou du métal... »

- Sur le plan « concret », où peut-on te voir en live et où se procurer ton album ?

« On ne peut plus me voir en live car comzero a cessé ses activités il y a quelques mois! J'ai fait quatre morceaux pour une compilation que j'organise dont les bénéfices seront reversés à la PETA ainsi qu'à One Voice, afin de dénoncer la maltraitance sur les animaux, et ce sera mon dernier acte sous le nom de communication zero. Le nouvel album est disponible sur mon netlabel, l'aigle mécanique :

notyourfriend



Il est totalement gratuit, en réponse au refus de nombreux labels de le sortir de façon matérielle. Le public est seul juge, les labels sont des commerçants qui doivent faire face à leurs problèmes de trésorerie, de calendrier, de catalogues ou de fournisseurs. Nous autres artistes sommes totalement libres. En offrant mon album, je prouve ma totale indépendance."

- Peux tu nous raconter une anecdote sur ton parcours ?

« Oh oui ! Des tonnes même!!! Mais je vais en choisir une seule. J'ai joué pour l'anniversaire du label qui a sorti mon premier album, UWe, dans un immense complexe. Ils m'ont mis dans une salle de cinéma ou les gens étaient là pour dormir en regardant distraitement les projections... Ma musique tu l'auras deviné était totalement inappropriée, les gens partaient au fur et à mesure agacés et agressés. La programmation était si mal foutue que les gens venus pour me voir ne savaient même pas que je jouais dans cette salle. Pour couronner le tout, un sombre débile se pointe à côté de moi pendant que je "joue"  (je précise que je me sers d'un ordinateur portable pour déclencher mes sons sur des bandes préfaites). Là ce type me demande où sont mes platines vinyles... je lui réponds que la musique vient de l'ordinateur, qu'on appelle cela la technologie… qu'il verra dans quelques années... Et le gars se met a hurler à ses potes: "il fait semblant de jouer, il a même pas de platines". C'est le seul moment ou j'ai rit ce soir là je crois !
Tiens tu me fais un café dis ? »

- Est-ce que tu travaille exclusivement seul ? Tu as des groupes parallèles, des projets…?

« Je travaillais seul pour Communication Zéro en effet. J'ai fait intervenir des chanteuses pour des collaborations, tu peux entendre ça sur l'album en téléchargement.
J'ai de nombreux autres projets à côté, je fais de l'EBM avec un ami sous le nom "corPs Etranger", de la new wave minimale avec un autre ami sous le nom "Position Parallèle", de la pop électronique progressive avec une chanteuse grenobloise sous le nom "Emerge & See", et je fais même du rap gothique avec mon projet « Piconbiere » !!! C'est un projet ordurier qui me fait beaucoup rire ! Une bonne façon pour moi d'être méchant gratuitement !!!
D'ailleurs tu me l'a fait le café? »

corPs Etranger
Position Parallele
PIconBIERE

- Enfin, que pense tu de la notion de l'art dans notre société ?

« L'art devient un privilège pour gens aisés, du snobisme de théâtreux, ou encore de la masturbation de hippies. C'est fort malheureux. Notre société évolue vers un recentrage total autour des valeurs capitalistes, on travaille de plus en plus en espérant gagner plus, oubliant les vraies valeurs et se focalisant sur une liste d'objectifs chimériques que la société impose aux « normaux ». Je deviens pour ma part de plus en plus roots. Je m'attache de plus en plus à la simplicité, je m'éloigne de mon éducation de winner commercial à la con et j'en suis vraiment heureux ! L'Art doit reprendre sa place, rassembler les esthètes comme les simples curieux, et pour cela je pense qu'il faut le rendre plus accessible encore ; le diffuser, l'exposer, trouver les solutions qui permettront à tous de s'y retrouver. Par exemple je suis pour la gratuité de la musique, mais en échange je pense que les groupes doivent gagner leur vie grâce aux concerts. Je suis pour décapiter les intermédiaires qui se sucrent sur les artistes, que ce soient les labels ou les directeurs de salles d'expo. Nous n'avons pas besoin d'eux. Ils vont s'en rendre compte à leurs dépends. Les artistes doivent s'autogérer, c'est la seule façon pour eux de vivoter de leur passion. »


- Merci d'avoir apporté ta contribution à notre projet, nous t'en somme extrêmement reconnaissants !!

« Merci à vous ! Je souhaite longue vie à Neolaya !  
Et ça vient ce café ? Bon ben je vais me le faire moi alors... »


Tuesday, November 20, 2007 

Véro Lovergne   http://www.myspace.com/verolovergne     

  

- Bonjour, comment vas tu ?

« je vais bien merci. »

- Vraiment ?

« Oui oui merci. »

- Tant mieux ! Parle nous un peu de toi, ce que tu es, ce que tu as vécu, quand, comment et pourquoi tu t'es intéressée à la peinture…

«  Je suis artiste, bidouilleuse, rêveuse, patouilleuse, planeuse, …euse !! Je suis née dans un monde ouvrier dans le nord de la France où rêver n'a pas de place. Mais petite, j'étais une vraie tête en l'air… J'ai grandi comme on me l'a demandé : j'ai fait des études pour être secrétaire médicale, un bon avenir, selon ma famille. Mais une fois le bac acquis, je me suis détournée de cette voie et j'ai fait des enfants ; trois belles filles !! Devenue mère de famille, j'ai eu beaucoup de temps pour les voir grandir, évoluer, notamment dans la création ; je me suis régalée à organiser des ateliers peintures, d'abord pour elles et leurs amis, puis pour tous les enfants de l'école qui le désiraient ! C'est comme ça que je me suis moi-même mise à la peinture. Mes ateliers tournaient surtout autour de la pulsion créatrice qui est en nous, et que nos petites têtes blondes lâchent sans soucis !! Je peux dire aujourd'hui que c'est grâce à eux que je me suis mise à peindre, avant je n'osais pas. Mes tableaux sont le reflet de moi et uniquement ça ! Je travaille par pulsion, comme les enfants me l'ont transmis. »

- A quoi ressemblait ton travail au tout début ?

« Justement, mes premiers tableaux étaient proche du travail des enfants : des maisons, des bonhommes… On ne se rend pas compte à quel point il est difficile de reproduire leurs dessins. C'était d'ailleurs le grand problème de Picasso ! »

- Quelles difficultés as-tu rencontré, tant au niveau de la technique que dans la légalisation du ton métier d'artiste ?

« Pour la légalisation du métier, pas de problème particulier : je cotise à la maison des artistes et voilà !

Pour ma technique, étant donné que je sis autodidacte… je me tente, j'expérimente… puis je vois…. Des fois c 'est la cata, des fois l'extase ! C'est ce que j'aime dans ce que je fais : je ne sais jamais où je vais. »

- Peux tu nous faire partager une anecdote au sujet de ton travail ?

« Des anecdotes j'en ai plein ! Les meilleures sont sur le regard des gens, surtout lors de ces satanés vernissages où l'on entend de tout ! Au début de m carrière, je faisait pas mal de visages avec des gros nez… au vernissage, une dame très chic arrive vers moi l'air satisfaite, et me demande : « avez-vous quelque chose avec le monde olfactif ou est-ce simplement un complexe de votre gros nez ? Je me suis retenue de rire, mais j'ai faillit exploser ! »

- Quelles sont tes références artistiques, tes inspirations quotidiennes ?

« Je n'en ai pas et j'en ai plein !! Il y a tous ces peintres connus : de Picasso à Dali en passant pas la lignée Pop Art avec des artistes tels que Warhol… Mais aussi un bout de caillou coincé dans une motte de terre, ou une glace au chocolat écrasée sur le sol… tout et rien à la fois !! »

- Comment définis tu ton style ?

« Je dirais que c'est de l' « Art Brut » ! C'est un art primaire, pas vraiment réfléchit… proche de l'art Africain, en fait. »

- Quels outils utilise tu ?

« Mes outils ce sont mes mains !! J'attache beaucoup d'importance au toucher. Pour moi, il est de moins en moins importants que mes tableaux soient beaux, l'essentiel est le plaisir que j'y mets, et celui-ci passe par le toucher. »

- A quoi pense tu avant de réaliser un tableau, Tu le visualise ou tu laisse ton inspiration te guider ?

«  J'aime a dire que je me met au niveau zéro de la pensée, je laisse aller mon esprit, le titre ne viens qu'après. Je ne fais aucune réflexion je m'en empêche même ! Je travaille dans différentes atmosphères : tantôt dans le silence complet, tantôt entourée de bruit, tantôt avec de la musique… »

- Quel genre de Musique ?

« Parfois du métal, ou de la musique très douce… ça dépend de mes états d'âme »

- Voici quelques unes de tes --uvres, peux tu nous les présenter ?

  Les Filles

« J'ai travaillé sur ce tableau avec du Sable, du Tissu, du Papier, des grattages, des couleurs que j'ai moi-même fabriquées… Je me suis complètement laissée allée, comme à mon habitude, et, à l'arrivée, les trois bandes horizontales et les « écritures » au milieu, m'ont fait pensé à mes trois filles : j'avais des choses à leur dire, je les ais mises sur cette toile là ! »

    Gris

« Celui là correspond à une période un peu sombre de ma vie. Ici j'ai joué avec les différentes matières, il y a beaucoup de tissu : en général j'utilise des vieux draps rapiécés à l'ancienne... Au départ, ce tableau était jaune ocre, je l'ai assombrit petit à petit, selon mon humeur. Comme je n'avais pas de titre réellement négatif à lui donner, je l'ai simplement appelé Gris ! »

  La Goutte

« Ah, La Goutte, ça c'était un vrai plaisir : Ma petite dernière utilisait encore des lingettes, nous sommes beaucoup amusées à les déformer, les déchirer, les triturer dans tous les sens… c'est avec ça que j'ai fais La Goutte, mélangeant ce nouveau matériau avec toujours les même matières, toujours les mêmes coulures… la tige de métal est en fait la prolongation de la goutte, on peut philosopher dessus si on veut, mais personnellement, je ne suis pas très portée là-dessus, ce côté « intello » de certains artistes m'assome »

- Finalement, quel regard porte tu sur ton parcours ?

« Je n'ai pas réellement de regard, je n'ai pas envie d'en avoir ; c'est une Pulsion créatrice, un ressentit… c'est ce que m'ont apprit les enfants. »

- Une dernière question : que pense tu de la notion de l'art notre société?

« Malheureusement l'art devient, je trouve, à consonance trop « économique » : un art qui se négocie jugé « Grand Art », je n'aime pas trop ce rapport qu'il a avec la société, ce côté « pompeux », trop « fric » et trop « intello ». Moi je laisse mes tableaux à un prix raisonnable, je veux que tout le monde ait la possibilité de les acheter ! C'est dommage que les gens voient l'art comme un monde de prétention où les acheteurs fiers d'avoir un « Machinchose » hors de prix dans leur salon, l'exhibe sans le regarder vraiment… il reste quand même tout un art parallèle qui se développe, notamment par le biais d'Internet : j'ai mis mon nez la dedans récemment et c'est vrai que le web permet d'exposer son travail de façon gratuite, tout le monde peut le faire, c'est très chouette !! Lorsqu'on démarche les galeries, on nous demande d'abord combien l'on a vendu de toiles et à quel prix, ils ne regardent quasiment pas les toiles qu'on leur propose, ça me dérange énormément. Internet permet d'échapper à ce côté « Fric » de l'art, mais c'est tout nouveau… alors à suivre ! »

- Eh bien merci beaucoup, grâce à toi, le projet Neolaya a déjà fait un pas vers la résurrection de l'art dans l'esprit de notre temps !