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Deathpoe



Last Updated: 4/10/2009

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Friday, July 04, 2008 
En prenant en compte le fait que l'écriture puisse être une recherche intrinsèque ; de même, tout ce qu'elle implique en tant que curiosité, démantèlement des sens personnels et observation complète, voilà la nécessité pour l'auteur de prose fictive comme pour le poète de se livrer tout entier pour et à travers ce qu'il crée.

De la même manière, cela implique l'acceptation du fait qu'il ne s'agisse pas seulement d'être acteur et spectateur, mais aussi -et presque en premier lieu- tableau que l'on examine et qui se doit de se laisser faire; ainsi que de lever tous voiles, tant dans le cadre intime et affectif, que créatif.
Wednesday, July 02, 2008 
T'es pas le premier

Sais-tu



(Ouais merci

J'ai déjà eu

L'occasion

De m'en rendre compte

Pas comme si

L'on en apprenait

Vraiment tous les jours.)



Comme une

Mauvaise blague

La réclusion à

Perpétuité.



«T'es pas le premier »



A vouloir



La Fin.
Wednesday, June 25, 2008 
L'attente
Du fric
Du corps
l'alcool qui n'a plus
qu'à s'amarrer
s'accrocher à la
peau
comme du
Napalm.

Et le temps
Pourrait au moins
Se taire
Surtout
Lorsqu'il s'agit
De s'agiter
Presque inutilement
De continuer
De se battre
Contre soi-même.

Naître en puzzle
Séparer les poussières
Pour que la longue vue
Dans les espaces
Soit plus
Accessible.

Pour qu'une explosion

(vous voyez
ces yeux de plomb en fusion
la nervosité l'angoisse
d'avant et l'attente
les jambes qui se frottent
au papier de verre
les orgasmes que l'on n'empêche plus)

Soit volontaire
Irascible.
Wednesday, June 11, 2008 
Nous allons organiser des combats de personnes âgées dans les maisons de retraite. Pour plus de deux milles Euros par mois, vous pourrez les voir se cogner et s'insulter comme des chiens. Bien sûr, ils sont tous atteints de la maladie d'Alzheimer, alors rassurez-vous, ils ne se rendent pas compte de ce qu'ils font. Sinon, ce ne serait pas drôle. N'est-ce pas?

Dans les écoles maternelles nous regarderons les enfants se mordre, se griffer et se tirer les cheveux. Au préalable, nous les avons affamés et roués de coup. Comme pour les animaux dangereux, ces bons traitements ont fait resurgir leurs instincts les plus féroces. Ils sont maintenant prêts à tuer, à déchirer jusqu'à leurs frères, leurs parents et leurs peluches.

Si vous le souhaitez nous pourrons confronter ces deux générations. Les vioques sont physiquement démunis, mais ils ont l'expérience, comme on dit. Et ils n'ont rien à perdre. Oh, si vous saviez de quoi ils sont capables. Pour les tester, il suffit de jeter un morceau de chocolat à un groupe de dix. C'est incroyable, toute cette sournoiserie. Evidemment, ils peuvent se le permettre, ils n'ont plus rien à perdre.

Peut-être pensez-vous que c'est cruel. Mais après tout, c'est ainsi que l'on existe depuis des siècles.
Wednesday, May 07, 2008 
Des incontournables vérités se découvrent au moment où l'on s'y attend le moins. Elles ne sont pas forcément utiles, ni même crédibles. Elles peuvent cependant servir à attendre patiemment que la Grande Faucheuse vienne relever les compteurs.

Par exemple, vouloir se noircir dans l'atmosphère d'un café m'est devenu des plus inconvenants. Lorsque l'on prend l'habitude de s'enfiler quelques verres assez régulièrement avant d'aller se coucher, le prix des consommations semble venir d'un autre monde, celui des Bisounours avec un cigare entre les dents, et le god ceinture gros format installé et prêt à l'emploi. A moins d'avoir un carnet plein de chèques-vacances, il me semble qu'il soit désormais proscrit de sortir d'un bar la gerbe au bord des lèvres, si ce n'est à cause de l'addition, acide et salée. En outre, il est devenu difficile de trouver des alcools qui cognent vraiment. Mettons que ces éléments sont d'un immense intérêt de santé publique. Maintenant, au lieu de rentrer en bagnole complètement ivre, l'on préfère acheter soi-même sa bibine pour des têtes-à-têtes nocturnes. Tout en se disant que l'on n'a aucun problème avec l'alcool. Evidemment.
Du coup, ce sont les piétons qui doivent être heureux. J'ignore la propension à saluer de très près des essuies-glaces une fois l'heure où les Cendrillons en bas et talons hauts commencent le boulot, mais ça ne m'étonnerait guère que cela ait baissé avec l'évolution du fascisme démocratique ambiant.

Arrêtez de fumer, de boire, et de manger. De même, ne collectionnez pas les MST comme des enfants s'échangent leurs cartes Panini dans les cours d'école. De plus, tous les troubles du comportements sont passés au crible fin, et présentés à la TV comme ce qu'il ne faut pas faire. Comment prévenir l'anorexie, les troubles de l'érection des hommes de plus soixante-dix ans (sic?), ou comment guérir de la dépression.
Dans ces cas présents, la boîte-à-conneries a réponse à tout. L'on vous présente des témoignages larmoyants de squelettes maquillés pour ne pas être transparents, les vieux ont le sourire aux lèvres depuis la chute libre du prix du Viagra (oui, vous ne rêvez pas: de plus en plus de médicaments ne sont plus remboursés à moins de prendre des génériques tandis que le plaisir de nos raisins secs est plus abordable.) et des spots publicitaires vous conseillent de consulter en cas de symptômes dépressifs.
Mais alors, quelle est la finalité de tout cela? Une hygiène de vie correcte, et la prétention de réduire considérablement les problèmes de santé. Grâce à cela, le trou de la Sécu peut se combler un minimum et surtout, vous serez en pleine forme pour aller au turbin. En fait, l'on vous choie au maximum afin que vous soyez opérationnels pour servir votre mère-patrie. Les anorexiques ainsi que les dépressifs sont inaptes au travail. De plus, les adeptes du régime permanent n'ont pas besoin de faire leurs courses régulièrement. Tout ça n'est pas très bon pour la production et le pouvoir d'achat. Quelqu'un qui n'est pas en mesure de travailler et de consommer, on l'éduque. D'ailleurs, cela se rapproche très bien de cette nouvelle politique d'assistanat, consistant à brosser le contribuable dans le sens du poil, tout en lui filant l'impression que l'on ne souhaite que son bien-être. Un bien-être certes aseptisé et paré de muselières, mais un bien-être tout de même. Et puis, le plus important reste de demeurer volontaire et responsable.

Être un instrument robotisé, sourire, en redemander.

Pour favoriser l'équilibre au sein d'une communauté, il est nécessaires que des enfoirés de ratés soient là. Contrairement à une partie des partiels qui viennent de se terminer, je réponds cette fois à l'appel.
Friday, May 02, 2008 
Au clavier le tueur
Le papillon aux ailes
Fibre de verre
Peux-tu dessiner
ce qui enserre tes yeux?

La régularité de l'insecte
Le battement des lames
Des couteaux l'uniforme
Distinction des femmes de cendres
attendent les romances de pleine rue.

-Il y a l'excès la ville
le lézard la queue tranchée nette
chevauche des routes de bois
monticules d'acier
retourne dans la grotte
les murs blancs
l'appel du linceul
les boîtes de poussière numérique
comme des cendres
que l'on ne rattrape plus.-

Viens, oui viens
Nous récolterons nos grains de
Sable au pied
Des statuts de marbre
Les inscriptions défaites
par les pluies de temps.

Le verbe précède
L'accoudoir de la pair
Sors sors sors
Des prisons
L'infortune au hasard
Cloué au creux des
Réverbères qui crient
Leurs solitudes
Comme un appel
Des chiens malades
Haletant leurs veines
La sueur des nuits
où nous n'étions plus seuls.

Sors cela vient
Comme la montée des extrêmes
Le ciel à en perdre la vue
Se meut en flammes
Tortures libération
libation
le pouvoir du désir
l'informatique décuplé
une force qui vous
ensevelit de gré.

Nos cahiers d'école fous
Retrouvent la trace des
Souvenirs-noyaux
les ailes de papier trouées.

Ils attendent qu'on les
Brûle en même temps
que nos jardins fleuris.

Pourrons-nous résoudre
L'équation de l'infini
Lorsque les parades
Infimes parcelles
De prière
Se succéderont
Au loisir le lointain
La rivière à sa source
Nous baignerons
le silence dans l'attente.

Gens qui s'enfuient
Pauvres, apeurés
Le regard-scotch
Comme un mur
Lézardé les pattes
D'encre qui s'effilent
Collant sur la page
L'hiver écrit au creux
De la main
Piécettes de cuir
Et sursauts d'angoisse
Sont les cris que
Nous pousseront
au moment de partir.

Les collines froides du bord de l'autoroute sont le jardin
Où nous voulons éteindre les spots l'étreinte sauvage
De nos corps emmêlés.
Monday, April 28, 2008 
L'écriture demande bien plus qu'une maîtrise de la langue. Et avoir matière à écrire grâce à l'observation (dont découle aisément la compréhension ainsi que la retranscription d'un réel déformé) n'est pas non plus l'essentiel.

Il faut pouvoir ne faire qu'un avec la ponctuation et la signification des mots, qui sont finalement beaucoup plus que de simples ustensiles. Ils doivent d'eux-mêmes prendre vie et divulguer les secrets enfouis derrière les façades plastiques de la réalité.

Ne faire qu'un et ce de la même manière qu'un musicien avec son instrument.

A l'observation et au dérèglement des sens s'ajoutent l'écoute et l'explosion des sentiments, dernier ingrédient permettant que la magie de l'alchimie de l'écriture opère.

Chaque mot, chaque ponctuation doit avoir son intimité / autonomie.
Ainsi, la subversion procurée par la rage (de vivre, d'écrire) permet la prompte diffusion du réel par des mots instinctifs, et sans aucune soumission. Sans cesse retravaillées, les phrases (ou les vers) perdront de leur éclat procuré par l'unique instant de création. D'où la nécessité de frapper juste, si possible au premier essai. Il y aura toujours le besoin de corriger ou d'arranger, mais il faut en conserver la valeur instinctive.

Les mots doivent d'eux-mêmes flotter, voire lacérer la page.
Sunday, April 27, 2008 
L'on reconnaît un romancier hors-pairs en ce qu'il est ses propres personnages. Outre le fait qu'il les crée et les modèle suivant sa volonté, il en est aussi chaque pensée, chaque allure, chaque acte, et ce à la manière de l'acteur de talent qui se confond avec le personnage qu'il devrait jouer.

De la même manière, le poète doit se faire réceptacle d'un ensemble; réceptacle dont il est le centre.
Les mots-émotions doivent émaner de cet ensemble chaotique (dans la plupart des mythologies, le Chaos donne naissance à l'ordre établi.) ,jusqu'à paraître palpables.

Nécessité pour le poète de mêler environnements internes et externes, de ne pas succomber à l'égocentrisme d'une poésie subjective, celle-là même dont parle Rimbaud dans sa lettre à Georges Izambard, datée du 13 Mai 1871.
Saturday, April 26, 2008 
La poésie ne demande pas à être découverte et maniée avec préméditation. Elle doit être imprégnée de sensations, pures, simulées ou même alambiquées.
De ce fait la poésie dans sa forme le plus simple et naturelle peut imbiber son réceptacle de la même manière qu'un alcool enivre. Certaines femmes ont ce caractère poétique, capables de transposer le réel pour en faire une alchimie de l'instant.

Dans l'idéal, la poésie est un ticket vers des mondes parallèles.
Friday, April 25, 2008 
L'ultime cruauté est certainement de mettre les personnes face à elles-mêmes. Ni reproches, ni constat de ce qu'ils sont incapables d'éprouver ou de faire; simplement les dépeindre dans leur généralité la plus grotesque, jusqu'aux détails les plus spongieux. Créer le miroir de leur hantise: le manque de reconnaissance élogieuse.

Quitte à pousser les comportements primaires (vanité, ambition fastidieuse, besoin constant d'un public, méchanceté strictement due à l'ignorance) à leur paroxysme. Paroxysme dont ils sont néanmoins capables.

L'écrivain, pour accéder à un minimum de crédibilité et de "permission" d'agir, doit tout d'abord avoir été lui-même le sujet d'une auto-analyse sans concessions.

Pour que l'ensemble forme une sorte de théâtre des cruautés. Sans que cela ne donne l'impression de représenter le tableau dans son intégralité.