Pas facile facile de jouer ce soir là au Divan du Monde; beaucoup de
monde, entrée gratuite, happy hour... le public n'était pas forcément
venu que pour voir ces incroyables lillois.
Je
suis venue pour eux mais j'étais sur la mezzanine aux côtés de ceux qui
voulaient se retrouver entre amis et boire un coup dans un bel endroit,
et aussi non loin d'un mec tout bourré qui a piqué sa crise car il
était assis sur une table et non sur une chaise, ce qui n'a pas plu à
un gars de la sécurité. Bref, l'intérêt de cette soirée ne se trouvait
pas à ma gauche mais sur scène.
Le concert commence et ce que je vois
d'abord c'est un gars au charisme évident, à la voix d'ange mais un peu
trop expressif par rapport à la musique qui se joue. Explication : moi
aussi j'ai envie de bouger comme lui mais je n'y arrive pas. Cette
musique est belle, trop belle et trop carrée pour que je puisse avoir
envie de bouger. Alors je regarde les autres membres du groupe : un
batteur dans son coin : on l'entend et on le voit; il ne veut pas se
faire trop remarquer. Puis je svois la chanteuse-clavier, une présente
attirante et sensuelle, mais j'attends encore d'en voir
l'évolution. Je regarde l'autre percussionniste, à l'opposé du batteur
: ça me plaît beaucoup que le batteur ne soit pas le seul dans son
dommaine. Forcément mon regard se dirige vers le bassiste, entre
rythmique et mélodie, il commence à me plaire aussi. Tout comme le
guitariste, entre guitare électrique et électro-acousqtique, il est
bien là et n'en fait pas des caisses.
Nouveau morceau, le bassiste
et le guitariste échangent leurs instru et le percussionniste commence
à prendre le micro, puis les claviers, aux côtés de la chanteuse
et quelques émotions me parcourent le corps.
Chaque musicien
commence à prendre de l'assurance mais toujours dans ce brouhaha du
Divan du monde. Mon émotions reste technique, mais point top
artistique. Tout est encore un peu timide - le public n'aidant pas
franchement à l'enthousiasme général - j'attends toujours que mon
"poilomètre" fasse son travail. Arrivé peut-être vers le cinquième
morceau, un inédit, Roken is Dodelijk demande au plublic d'y
participer en faisant des hurlements de loups à la manière de Tex Avery
et tout un jeu de scène se met en place. Tous se donnent à fond et là,
je dis BANCO! Tout le monde dans la salle participe! Roken is dodelijk
a gagné! À la fin de ce morceau les applaudissements fusent et le
concert est enfin parti et moi aussi!! Mon fameux "poilomètre" est là et
j'ai trouvé ce que je suis venue chercher! La musique et le public sont
au rendez-vous, ils se comprennent et s'admirent et ce jusqu'à la fin
du concert. Ne parlons pas des "We are stone" et des "Amsterdam"
majestueux qui ont suivi. Je ressors de ce concert conquise et attends
avec impatience une nouvelle date.
Mais le plus admirable dans tout
ça, c'est que des musiciens français chantant en anglais (c'est
important) puissent donner autant d'amour, autant de travail et autant
de bon son comme cela et que ça marche. Longue vie à la musique
française à portée internationale!! C'est un peu pompeux mais c'est ce
que je recherche avant tout et c'est ce qui me donne de l'espoir dans
cet univers si impitoyable qu'est la production musicale en France.
Longue vie à Roken is dodelijk and bedankt!
Un PS quand même, à suivre Lena Deluxe, en espérant la voir bientôt (projet parallèle de la chanteuse et clavier du groupe).
Encore merci .. et même si je fume..
Encore bravo pour ce que vous faites et ce que tu fais - la musique en est reconnaissante :: j'ensuis sûre !
ed