Qu'est ce qui vous a poussé à vous réunir et à vous attaquer ensemble aux super vilains de la minimale?
En fait nous nous connaissions depuis un moment. On avait cette envie de faire du son ensembles et ça a juste fini par se faire. On a pas d'explication particulière, c'est plus marrant de bosser à deux.
Et puis le monde avait besoin d'être sauvé non ? De retrouver un peu de joie pour contrer ce style zombie mou qui envahissait nos dancefloors.
C'est comme ça que naissent les super héros, lorsqu'un mal mérite d'être combattu.
Ces derniers temps, pour combattre ce mal, vous avez beaucoup bougé, beaucoup joué, et pas toujours ensemble. Comment avez vous vécu cette période?
En fait il était prévu que l'un de nous s'expatrie en Australie quelques mois avant même que l'on commence le projet Stereoheroes. Et le second avait lui aussi prévu un voyage en Asie.
Du coup c'est un peu mal tombé, nous nous sommes retrouvés séparés dès le début du micro buzz internet dont nous avons bénéficié. Mais on l'a géré au mieux en assurant des dates chacun de notre côté et en se débrouillant pour être réunis sur les plus gros évènements.
Mais au final on l'a bien vécu, c'est assez différent lorsque nous sommes séparés, on fait moins de compromis et on joue des choses qui nous sont plus personnelles tout en restant dans l'esprit qui nous unit, c'est fun aussi.
Mais c'est terminé, nous sommes à nouveaux ensemble et pour de bon !
Même pendant cette période, vous avez continué à sortir des prods assez régulièrement. Comment faisiez vous quand vous étiez pas sur le même continent?
A vrai dire internet est un moyen magique de communiquer d'un bout à l'autre de la planète.
On se parlait tous les jours, on s'échangeait des idées. Et quoi qu'il arrive on ne produit jamais un track ensemble à 100%. On se réunit pour trouver une idée, poser des bases, tester des sons, monter une armature. Après c'est produit et finalisé en solo. C'est plus simple pour la concentration.
Vous avez un EP prévu pour bientôt sur Crux Records, comment appréhendez vous sa sortie?
Notre EP Washout sort très bientôt sur Crux Records, nous sommes hyper contents d'avoir un produit à nous en vente, surtout que ce morceau reste notre préféré et qu'on a plein de remixes sympas qui vont aller avec. C'est plus excitant que effrayant, enfin exister sur les gros sites de vente de musique électronique avec une production originale.
Nous étions un peu inquiets de mettre à la vente un morceau ultra diffusé sur les blogs, nous avons donc composé une nouvelle version très différente de la première.
D'ici là cependant de nombreux autres titres vont sortir sur différents labels, nous en dirons plus lorsque nous aurons les dates définitives, mais à noter déjà notre remix pour le titre Oh La La Satan de Mustard Pimp qui devrait être en vente d'ici très peu de temps. Le reste, surprise, mais la plupart de nos morceaux devraient sortir à la vente.
Vous avez remixé pas mal de monde, mais c'est la première fois qu'on vous remixe. Ca vous fait quoi d'écouter les différentes versions de Washout?
Ca fait bizarre ! C'est super dur d'aimer les remixes des autres sur un morceau comme Washout que l'on chérit comme un enfant. C'est vrai que c'est la première fois que des artistes s'attaquent à notre travail. C'est étrange et à la fois super sympa de les voir essayer de raconter notre histoire à leur manière.
Pour le moment nous avons des remixes par Gaetan, Mustard Pimp, Jay Robinson, The Toxic Avenger, 3 is a crowd, MKXTC, f.r.a.c.t.a.l, Mendel (si si), Baxter Beez, Headshotboyz, celui de Bryan Cox arrive et il y en a surement encore dont nous ne sommes même pas au courant. Nous ne savons pas non plus précisément lesquels seront sur la release.
En tout cas c'est très marrant, ils sont tous très très différents ça va du dubstep au breakcore, chacun s'est approprié le morceau, je pense qu'on acceptera de se faire remixer plus souvent à l'avenir.
Après ça, bientôt un album? ou d'autres projets à venir?
Oulala non pas d'album en prévision, il faut un label solide pour sortir un album :)
Mais beaucoup de projets oui, plein de nouveaux morceaux et remixes, essayer de créer un live, collaborer avec de nouveaux MC, remixer des gens qu'on aime bien.
Et surtout, faire danser les foules !
En parlant de faire danser les foules, quel est votre meilleur souvenir de soirée?
Notre meilleur souvenir de soirée, c'est quand nous avons fait le festival We Love Sounds à Sydney.
Nous étions prévu à midi en ouverture donc autant dire qu'on se préparait à faire notre set tout seuls avec les barmans.
12H10 rien, on s'ennuie, et soudain vers 12H15 sans qu'on comprenne, la salle est pleine, les gens ont les bras en l'air, dansent crient, nous on est tous transpirants, on offre nos tee shirts, casquettes, lunettes (bref tout ce qu'on a) aux filles et garçons du premier rang, on signe des autographes en même temps qu'on joue, c'est complètement dingue.
L'Australie est un pays très différent, les gens savent faire la fête.
L'Australie, La Chine, La Suède… vous avez mené votre croisade contre la minimale à peu près aux quatre coins du monde. Ca vous fait quoi d'être de retour chez vous maintenant ?
Ca nous fait du mal :) On a beaucoup joué en Australie où c'est magique d'être des DJs Français et où surtout les clubs sont beaucoup moins frileux que les clubs Français du point de vue de la programmation. Ici la majorité des clubs ne programme que des artistes electro-house reconnus et hyper mainstream, alors que les clubs Australiens n'hésitent pas à acheminer toute la nouvelle scène mondiale.
Du coup c'est pas facile de trouver des dates dans son propre pays et on se retrouve dans un avion vers l'étranger pour presque chacune de nos sorties. En plus nous habitons dans le sud où notre scène est presque morte ....
On a très très hâte de repartir pour résumer !
Et vous avez une idée d'où vous mènera votre prochain grand voyage ?
Nous avons des rêves d'Amérique! Espérons qu'ils se réaliseront!
Un dernier mot pour conclure ?
Les enfants, la musique électronique est faite pour danser, pour évacuer votre semaine, pour crier, lever les bras, sauter.
Arrêtez de faire les zombies sur des morceaux qui n'ont pas plus de trois sons ! Retrouvez l'énergie, la joie, les couleurs, défoulez vous, faites n'importe quoi. Amusez vous ! Soyez fous !
Et n'oubliez pas, rendez vous le 18 octobre au Ninkasi Kao à Lyon et le 29 à la Fleche d'or à Paris !