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Last Updated: 12/8/2009

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[27 Nov 2009 | Friday] 

Current mood:  warm
Bonjour!

Ce mois-ci, le BSC NEWS s'est intéressé aux problématiques du désir.

A cette occasion, il met aussi à l'honneur des artistes de talent:

- Thomas Fersen
- Nicolas Jules
- Oliver Weber
- Juan Pedro Guttierez...

N'hésitez pas à venir découvrir notre magazine en cliquant ici:

BSCNEWS

Et commentez ce que vous avez apprécié!






Currently listening:
Trois Petits Tours
By Thomas Fersen
Release date: 2008-09-08
[11 Oct 2009 | Sunday] 

Current mood:Noir et Blanc
Bonsoir!

N'hésitez pas à vous exprimer et à nous dire ce que vous appréciez dans notre magazine!

Merci d'avance!

La rédaction.



[06 Sep 2009 | Sunday] 
Pour accéder à notre site et lire notre magazine en ligne, cliquez ici:

BSC NEWS MAGAZINE



A très vite?

[23 Aug 2009 | Sunday] 
Faut-il attendre de signer sur un gros label avant de faire découvrir sa musique à l’étranger ?
Pour beaucoup de groupes indépendants souvent réduits à l’appellation de « petits groupes », le principal objectif est de maintenir le groupe en vie au rythme des concerts et des démos, en vue de se faire repérer par un label qui les fera connaître, vendre, et voyager.
Bye Horus fait aussi partie de ces groupes qui n’ont pas fait l’Olympia pour leur troisième concert, mais n’attend pas pour autant qu’on lui tende une main molle et glissante…

Depuis sa formation en 2006, Bye Horus enchaîne  les projets, les tournées à travers la France et les expériences en studio. Au début de l’été 2009, le groupe enregistre son deuxième album intitulé « Notre Chorale est Belle » au studio Chaudelande à Cherbrourg, avec déjà derrière la tête, un beau projet en cours : une tournée Nord-Américaine dont les points de départ et d’arrivée seraient Montréal au Québec.
Aidé par le jeune label québécois Iteraphone et le label Humanist Records crée cette année par l’un des membres de Bye Horus, le groupe s’est organisé sa propre tournée à l’étranger, son propre rêve. Au total, une dizaine de dates qui emmèneront Bye Horus de Montréal à Toronto, en passant par New York City et Detroit durant le mois de septembre prochain.
Lisez la suite en cliquant sur;

http://www.bscnews.fr
[23 Aug 2009 | Sunday] 
Pour la première fois, le cinéaste ancre son sujet dans un contexte historique (la seconde guerre mondiale) qu’il dynamite pour l’incruster à son propre univers. Tarantino for ever !

L’argument : Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Elle s’échappe de justesse et s’enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d’une salle de cinéma. Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. "Les bâtards", nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l’actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark pour tenter d’éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l’entrée du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle...


...la suite en cliquant sur:   www.bscnews.fr
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[13 Jul 2009 | Monday] 

Autrefois, nous avions un confesseur, un conseiller spirituel, aujourd’hui, un psy. Aucun des deux ne valent cet ami, à la fois confident et chevalier servant à qui nous pouvons nous confier en toute sécurité. Longtemps inenvisageable, encore suspecte, l’amitié homme-femme est devenue une valeur refuge, un délice de gourmet, antidote à l’angoisse, une pédale douce contre la montre. Qu’il soit ami d’enfance, un associé, notre couturier attitré, voire un ex, avec lui, le sexe est démodé, priorité aux mots, des mots, toujours les mots. Ceux que nous ne dirons ni à une amie copine ni à un mari amant. Ceux que nous taisons et qu’il devine, respecte. Parce que c’est lui, parce que c’est moi. Avec délicatesse, élégance et connivence, il apprivoise, nous livre les secrets et les forces de la confrérie des hommes : parcours initiatique dans les méandres d’une géographie proprement masculine, plus simple, plus douce, plus féminine que nous l’imaginions. Avec l’ami, le jeu de la séduction se repose et s’aiguise. Rassurée, touchée par cette empathie, nous apprécions cette conversation d’homme à « homme », à découvert, et qui sait rester pudique. Alors qu’une amie ne peut que nous plaindre, l’ami dédramatise, il nous fait rire, il nous incite à oser, à patienter. « Hauts les cœurs ! Va t’acheter une robe chez Dior, tout le reste n’est que broutilles ». Lui ne juge pas, son intelligence n’entre pas en rivalité avec la nôtre. Et pour cause ! Il se réjouit de nos résolutions, de nos succès, nous valorise. Pour un peu, il nous admirerait.
Ca fait un bien fou d’être considérée comme une VIP ! L’ami « enchante, ajoute, n’ôte rien », paraphrase Cocteau qui préférait « faire l’amitié que faire l’amour ». Essayez : vous verrez les hommes autrement, dans leur belle vérité. Vaccinée contre la passion, vous choisirez l’amour, tant l’amitié homme-femme est le meilleur des apprentissages. Vous plairez comme vous êtes : en jean décontracte, petite robe noire, maquillage léger. A l’instar des Indiens qui s’appropriaient la puissance de leurs prisonniers en dévorant leur cœur, vous disposerez d’un pouvoir que vous ignoriez.  



[24 Jun 2009 | Wednesday] 

Current mood:  validated
Parce qu'entre les navets "guimauve" façon américaine ( où l'on plonge dans l'univers IMPITOYAAAAAABLE des bimbos canonissimes qui désespèrent de trouver l'amant dernier chic de Manhattan, ou bien l'on se noie dans les grimaces d'Eddy Murphy, Jim Carrey et autres singes médiatiques) et les films français (qui s'étiolent de mièvrerie à trop vouloir jouer à la mode Gavalda ( c'est beau d'être ensemble, on y arrive ensemble, on s'en sort...), ou bien, revisitent les régions de France et se gaussent des spécialités locales, etc... Et bien les britanniques sont incontestablement à la tête du hit parade de la comédie  de bonne qualité.

J'ai vu Good Morning England...

Bilan:
- Un cocktail goûteux d'acteurs déjantés, habitués pour la plupart à jouer dans des comédies anglaises à la sauce pince sans rire
- Une ambiance follement kitsch où les cols pelle à tarte et chemises aux imprimés psychédéliques se parfument d'iode et s'ôtent ( s'effeuillent...) devant tout sourire charmant
- De la complicité bonhomme, un mariage déroutant, un dépucelage médiatisé, des éclats de rire au fond de la gorge
- Des personnages attendrissants dont la provocation est jouissivement rétro
- Un casting irréprochable:
 Philip Seymour Hoffman  interprète un "comte "succulent, Rhys Ifans un Gavin sulfureux à souhait dont le moindre souffle fait dégouliner d'hystérie toutes les fans derrière leur poste radio, Bill Nighy -dont on se rappelle les débauches de vieux chanteur dépassé dans Love Actualy- un parrain peu recommandable et drôle, Emma Thompson une mère libérée et excentrique - pétillante à ravir! , Kenneth Branagh un puritain exécrable terriblement juste qui s'appuie sur un associé avec un balai dans le postérieur.

Sur le bâteau déglingué de la radio pirate RADIO ROCK, sur un  Love Boat...

Julie Cadilhac

[23 Jun 2009 | Tuesday] 
 18 mai dernier : une lettre ouverte au gouvernement de Birmanie est transmise par l’Elysée aux agences de presse. L’entête : "Carla Sarkozy". La Première Dame de France écrit : "je profite de la position qui est la mienne et de l'écho dont cette lettre pourrait bénéficier pour me faire le porte-parole de tous ceux, dans mon pays, qui trouvent intolérable le sort réservé à cette femme (Aung San Suu Kyi)". Il y a un précédent. Juillet 2007 : Cécilia envoyée par son époux de président en Libye pour libérer les infirmières bulgares. L’initiative est tellement inédite qu’une Commission d'Enquête Parlementaire est créée et demande à auditionner la Première Dame. Une question se pose : la Première Dame est-elle une femme politique comme une autre ? Ne laissons pas planer de suspens inutile. Clairement, non. La Première Dame n’est ni ne saurait être assimilée à une femme politique. Un monde entier sépare les Cécila et Carla des Filipetti, Batho, Lepage, Dati, Kosciuzko-Morizet et consorts. Une femme politique se définit par un mandat ou une fonction gouvernementale, un rôle et un poids politiques, qu’il soit local ou national. Et à l’origine préside la volonté, voire la vocation. Si Carla Bruni-Sarkozy a sans conteste un rôle et un poids politique, il lui manque l’essentiel. Tant sur le plan symbolique qu’institutionnel. La question constitutionnelle s’était posée à l’été 2007. Cécilia n’avait pu témoigner devant la commission d’enquête. L’Elysée expliquait alors que l’épouse du chef de l’Etat avait été son "envoyée spéciale" en Libye et que, puisque Nicolas Sarkozy ne peut pas témoigner auprès de cette commission au nom de la séparation du pouvoir, par extension sa femme ne le pourrait pas non plus. Argument qualifié de "baroque" par Pierre Moscovici : "la notion d'envoyé personnel n'existe pas dans nos institutions". Et la question du statut de la Première Dame n’avait pas été tranchée… Un flou artistique total plane ainsi sur le rôle de l’épouse du chef de l’Etat. Un ami journaliste me faisait d’ailleurs remarquer que ce flou date de l’élection de mai 2007, que ce n’est pas tant être "femme de président" que "femme de Nicolas Sarkozy". Embêtant ? Pas pour l’Elysée en tout cas. Il y a un avantage certain dans un régime présidentiel fort à pouvoir lancer des ballons d’essais sans qu’ils nous éclaboussent. Jusqu’ici, le Premier ministre jouait le rôle de paratonnerre. Une idée qui fait grincer, une initiative qui fait râler, une réforme qui fait gronder, et c’est le locataire de Matignon qui en faisait les frais. Mais l’exercice du pouvoir n’est plus le même avec Sarkozy. Il est en première ligne et c’est vers lui que reviennent se plaindre les mécontents. De ce point de vue là, Carla Bruni-Sarkozy est le ballon d’essai diplomatique du président. Bisbilles avec la Chine ? Qu’à cela ne tienne, c’est l’épouse du président qui rencontrera le Dalaï Lama. Ne pas mettre en péril nos intérêts économiques en Birmanie ? C’est Carla qui montra au filet pour défendre Aung San Suu Kyi. Libre à lui d’appuyer ensuite ou pas l’initiative de son épouse. Il le fera pour le prix Nobel de la paix birman : "Naturellement, le président de la République est en plein accord avec son épouse sur ce sujet" déclarera Luc Chatel, porte-parole du gouvernement. Et Rama Yade ? Elle n’avait qu’à accepter de se présenter aux européennes, après tout. Elle ira tout de même réclamer la libération du prix Nobel de la paix au Cambodge et au Vietnam. Bénéfice médiatique : zéro. Et voilà comment l’on fait d’une pierre deux coups. Si d’un point de vue politicien, le mélange des genres réussit plutôt à Nicolas Sarkozy, il est plus inquiétant d’un point de vue sociétal de voir ainsi une "femme de" bénéficier du même crédit auprès du grand public que les femmes politiques qui se sont battues pour. C’est même une régression pour les plus féministes d’entre nous. Nous assistons depuis 2007 à une féminisation de la classe politique. Etre une femme politiquement impliquée ne choque plus aujourd’hui. Ce n’est même plus un argument électoral. L’évolution est due en grande partie au Parti Socialiste, reconnaissons lui encore une utilité en ces temps difficiles pour lui. Le PS a su en l’espace de deux ans investir une candidate aux élections présidentielles puis élire une Première Secrétaire. Nous sommes bien loin aujourd’hui des remarques misogynes de la présidentielle, n’en déplaise à Laurent Fabius. En quelque sorte, nous n’avions avant 2007 que des femmes en politiques. Aujourd’hui, elles sont véritablement femmes politiques. Dans ce contexte, accorder à une "femme de politique" le même poids que ces élues nous renvoient à des dizaines, voire des centaines d’années en arrière, à la loi salique qui interdisait aux femmes la succession au trône, à la constitution de 1793 qui réservait le suffrage universel aux hommes, aux débuts de la Ve République où les femmes qui s’impliquaient devaient forcément être femme de ou veuve de. Rendons hommage aujourd’hui à ces Marcelle Devaud, Irène de Lipowski et autres Gilberte Brossolette. Elles ont posé la première pierre. Mais prenons garde à ce que l’édifice ne soit pas aujourd’hui complètement démoli.
[22 Jun 2009 | Monday] 
 LA MUSIQUE DANS LE RAVIN

Franz Ferdinand
Tonight (Domino Recording - Pias)
Après un peu d’attente sort enfin le troisième album du groupe phare de la scène rock écossaise et c’est clairement une réussite. On sentait, avec leurs deux premières livraisons, tout le potentiel musical qui pouvait émerger à l’avenir. Espoir confirmé, Franz Ferdinand revient aux manettes avec un disque original qui fera date. Ce Tonight (que certains décrivent comme un concept album) est une virée urbaine en douze titres savamment structurés qui ne laisse pas indemne. L’idée d’une embardée nocturne est l‘occasion pour Alex Kapranos et ses compères de présenter leurs nouvelles facettes (chant plus modelé, arrivée en force de l’électro, sonorités plus baroques). Si aucun hit sort allègrement du lot, c’est que le résultat s’est voulu plus comme un bloc homogène. Qu’on se rassure les recettes qui ont fait le succès du quatuor sont toujours présentes : peaufinage du son toujours aussi impeccable, guitares acérées (pour faire danser les filles !), refrains efficaces, rythmiques sèches. Tout ceci est au service de la bande son du déroulement d’une soirée où pensées existentielles et pulsions primaires se mélangent. On peut distinguer grosso modo quatre phases musicales sur l’album correspondant aux différents états accompagnant l’avancée de la nuit festive. La première phase  (allant du single Ulysses qui ouvre le bal, jusqu’à Send him away), représente la séquence d’introduction. La deuxième phase (de la chanson Twilight omens à Live alone) illustre la tension et la montée de l’excitation. La troisième (avec les chansons Can’t stop feeling et Lucid Dreams et sa séquence électro hallucinatoire) traduit le pic de la soirée. Enfin, la dernière symbolisant l’incontournable descente et le vide existentiel qui s’ensuit (avec Dream Again où la fin du rêve artificiel et Katherine kiss me où l’envie de finir la nuit dans les bras de la gente féminine). Incontestablement, déjà l’un des meilleurs disques de l’année 2009.
 
Beastie Boys 
Hello Nasty (Grand Royal - Capitol Records)
En 1998, en pleine période d’albums gangsta rap, se faufilait une plage de récréation musicale mise en orbite par une planète hip-hop un peu à part, les Beastie boys. Hello Nasty était le nom de la nouvelle rampe de lancement de la bande de Brooklyn et une nouvelle fois le mot d’ordre était fun, fun et fun. Avec leur précédent opus (Ill Communication) sorti en 1994, le groupe était parvenu au sommet de son background musical à savoir la cohabitation entre punk hardcore, rap old school, instru psyché et pastiches. Ici, les trois Vilains Garçons se subliment et nous proposent, selon la formule de certains journalistes à l’époque, leurs «Sergeant Pepper». Surtout, Michael Diamond (alias Mike D), Adam Horovitz (alias Adrock) et Adam Yauch (alias MCA) délaissent le temps d’un album le son vintage et rugueux de Main Street  pour celui du confort du studio et toutes ses possibilités sonores. Cette décision permettra au groupe de se faire découvrir par un public plus élargi allant du fan de hip-hop, de rock, à l’amateur d’électro ou d’easy listening. Onze ans plus tard, la production de Mario Caldato Junior n’a pas perdu une once de fraîcheur et de nervosité aidée en cela par le flow toujours aussi mordant des trois lascars et du bon vieux DJ Mix Master Mike aux platines. Peu de thèmes sont répétitifs, les morceaux plutôt courts pour garder l’auditeur en alerte. C’est ainsi que le beat robotique (le tubesque Intergalactic, Remote Control, Body Movin, Flowin Prose, Don’t, Won’t, Can’t Stop) côtoie la ritournelle pop (Song for the Man, I don’t know, Picture This ou cet Instant Death qui clôt le disque de manière troublante) ou encore des arrangements organiques des plus variés (Song for Junior, Sneakin’out the hospital), sans oublier ce dub avec comme guest le vétéran Lee Scratch Perry. Depuis, hormis ce To the Five Boroughs sorti en 2004 et de facture un peu légère malgré quelques bons morceaux, les Beastie Boys semblent tomber en léthargie à moins que ce Hello Nasty ne fut un testament  envoyé de l’espace. 
 
 
Radiohead
OK COMPUTER (Parlophone - EMI)
Quant sort dans les bacs le troisième album de Radiohead, en 1997, malgré toutes les promesses offertes par le groupe précédemment, on ne se doutait pas que l’on se trouverait face à l’un de ces disques qui institue un avant et un après dans l’histoire de la pop music. Douze titres comme autant de nouveaux jalons, illustrant à merveille son époque, inventant un nouveau langage, cela n’arrive que pour trois ou quatre opus dans une décennie ; OK Computer fait partie de cet exploit. Il y avait bien eu des signes avant-coureurs ; Pablo Honey et surtout The Bends mais là vraiment c’est la claque. Deux ou trois éléments de réponse. Ce disque naît déjà de la rencontre avec le producteur qui saura faire du son du groupe, celui d’un très grand groupe. Les Beatles eurent George Martin, Bowie, Visconti, U2, Daniel Lanois, Radiohead aura Nigel Godrich. Celui-ci avait déjà collaboré en tant qu’ingénieur du son sur certains titres de The Bends et avait sûrement repéré que la belle chrysalide un peu trop corsetée musicalement n’allait pas tarder à se transformer en papillon multi-sonore. Godrich donne carte blanche au quintette d’Oxford pour composer la musique de chambre de cet fin de siècle, il se chargera de la faire passer à la postérité. L’occasion est trop belle pour le groupe d’autant plus que Thom Yorke a parfaitement digéré ses lectures d’Edgar Poe, de Philippe K.Dick, de Ballard, de Thomas Pynchon. Jonny Greenwood maîtrise ses triturations sonores parfaitement, Ed O’Brien est un solide lieutenant prêt à toutes les élucubrations des deux premiers et la paire Selway/Greenwood possède une assise rythmique solide qui ne demande qu’à suivre. Au final sort ce bijou froid comme une lame et pourtant d’une épaisseur musicale rarement égalé. Il faudrait tout un magazine pour en décortiquer les moindres recoins alors visons court et juste. Dès les premières mesures d’Airbag jusqu’aux derniers coups de baguettes de The Tourist, ce sera le limpide et l’obscur, le sain et le malsain, la quiétude et l’angoisse. En des temps où la frontière des émotions est confuse, la précarité des sentiments devenue un dogme, l’incertitude des réponses proclamée comme solution, Radiohead compose la bande son du monde post-moderne. Le groupe n’arrêtera pas sa quête puisque depuis est sorti quatre albums (tous des chefs d’œuvre, pilotés tous par Godrich) du même acabit tout en réinventant un peu plus à chaque étape sa légende
[20 Jun 2009 | Saturday] 

Spécial Sean Penn

En quatre films, Sean Penn s’est affirmé comme un réalisateur de talent dont les films racontent plus qu’une histoire, ils mettent en lumière les aspects les plus durs et les plus sensibles qui se cachent au fond de chacun.
De tout ses sujets traités, la famille, la vengeance, la rédemption, le pardon, la rupture sociale, la transgression d’un monde protocolaire et soumis à la volonté apathique du groupe, il nous met devant les mêmes dilemmes que ses protagonistes. Vous ne trouverez pas chez Sean Penn de jugement imposé, mais seulement une description minutieuse de la situation, une histoire racontée avec une vérité brutale de l’être qui donne toute sa force à ses films.
Ses personnages ne dévoilent leur personnalité que par leur obsession, ils cherchent toujours à vivre pour ou par quelque chose qui engendre aussi bien leur perte que leur retour à la vie.

Avec « The indian runner », il signe son premier film et sans doute l’un de ses meilleurs, ses deux frères « ennemis », leur relation, leur situation au sein de leur famille est décrite comme un rituel, plusieurs étapes par lesquelles passent ces personnages admirablement interprétés par un Vigo Mortensen tout de bruit et de fureur et un David Morse campé dans une sérénité oppressante.
La difficulté de communiquer et l’incompréhension que l’on peut trouver face à son propre sang, cette course inversée des deux frères pour s’échapper l’un de l’autre.
La situation mise en scène au milieu du Nebraska ne fait que renforcer la beauté abrupte de cette tragédie familiale.

Avec « Crossing Guard », son deuxième opus, c’est un père de famille anéanti que l’on retrouve (Jack Nicholson impeccable), ne restant en contact avec le monde des vivants que pour venger la mort de sa fille, écrasée par un chauffard (David Morse, touchant ), qui s’apprête à sortir de prison.
Personnage fantomatique, le père ère ddans un Los Angeles vide, au milieu des paumés, il attend sa vengeance et la prépare avec l’anxiété d’un enfant.
La vengeance, le pardon, la rédemption, sont ici traités avec brio. Tous ces personnages sont en sursis d’un destin qu’ils ne maîtrisent pas. L’obsession du personnage principal l’empêche de se souvenir, l’aveugle et lui prend sa douleur.
Sean Penn met brillamment en scène ce paumé magnifique, dans les rues de Los Angeles, véritable scène d’une tragédie sur la solitude de l’âme.

« The pledge », aux premiers abords nous emmène dans une enquête policière mais c’est une véritable quête pour la vérité qui se joue.
On retrouve Jack Nicholson en inspecteur à la retraite qui voit sa dernière enquête se transformer en véritable serment, promettant à une mère déchirée par le viol et le meurtre de sa petite fille de retrouver coûte que coûte l’auteur de ce crime.
Tout se transforme alors pour lui. Cette promesse prend des allures de mission divine auquel il ne peut se soustraire.
L’obsession saisit tout son être, il se doit trouver la vérité, il ne vit que pour cela. Renoncer serait tourner le dos à son âme.
Passionnant et superbement filmé, « The pledge » nous emmène loin, très loin, dans la quête désespérée d’un homme, prêt à tout risquer pour accomplir sa tâche, qui n’est rien d’autre qu’une marche vers son salut.

« Into the wild », ou quand l’aventure se mêle à la quête de liberté, inspiré de l’histoire vraie de Christopher McCandless, jeune hommes de 22 ans qui plaque tout pour découvrir la nature vraie et surtout la liberté qu’il se choisira.
Un pur chef d’œuvre mêlant à la fois l’aventure humaine et la beauté de la nature.
Dans son ascension vers l’Alaska, c’est la découverte d’une galerie de personnages qui marquent les pas de ce jeune « évadé », se nourrissant de rencontres parfois bouleversantes, pour finalement se retrouver face à la nature brute dans tout ce qu’elle contient de magnifique et de dangereux.
Les rencontres humaines sont décrites comme une dernière inspiration avant de quitter le monde des hommes, pour être seul, n’être qu’une infime partie de la nature sauvage, la comprendre et finalement y être accepté comme un être vivant qui n’aurait d’autre ambition que de vivre humblement au milieu d’un tout.Le jeune Emile Hirsch interprète avec talent et justesse cette adolescent fuyant un monde qui n’est plus le sien pour essayer d’être accepter dans « son nouveau monde », libre de toute barrière et insoumis à l’autorité des hommes et leurs contradictions.

Inspiré, vrai et fondamentalement ancré dans une recherche de compréhension de l’être, le cinéma de Sean Penn est tout ce que l’on peut trouver de meilleur dans le cinéma américain.
Ses films reflètent le travail honnête d’un réalisateur évitant de tomber dans le piège d’un cinéma cherchant à être accepté, mais plutôt à être compris sans aucune forme de compromis moral et intellectuel.
 
Nicolas Bodou, Janvier 2009