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Clément Demers

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Last Updated: 11/3/2009

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City: Victoriaville
State: Quebec
Country: CA

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Tuesday, June 02, 2009 
journal La Nouvelle de Victoriaville Québec 2008

Clément Demers transmet son savoir en tatouage

par  Manon Toupin

Avec trente-sept années d'expérience en tatouage, art qu'il a appris de son père qui s'était bâti une solide réputation dans le domaine, Clément Demers continu de faire des tatouages, mais a ajouté un volet formation dans sa pratique.

Il propose désormais des séminaires (en France plus particulièrement) sur l'assemblage, le réglage et l'entretien des machines à tatouer. Déjà, il est allé, en avril dernier, du côté de Belfort et en octobre prochain, c'est Dijon qui l'accueillera pour un séminaire. «À mon âge, je suis prêt à transmettre mes connaissances», explique le tatoueur victoriavillois.

Du côté de la France, les séminaires du genre sont inexistants. En Amérique, il y en a depuis longtemps, mais en France, la tradition n'est pas encore ancrée. «Il fallait que quelqu'un parte le bal», ajoute Clément.

Jusqu'à maintenant, le tatoueur est très bien accueilli partout où il passe et les invitations sont nombreuses. «Au début, je m'inquiétais de mon accent. Mais j'ai décidé de rester naturel et on apprécie mon côté simple et vulgarisateur», raconte-t-il.

Ainsi, avec des grands dessins, dont il tapisse les murs autour de lui, il explique avec patience et simplicité, l'aspect plus technique du tatouage. Et lors de ses séminaires, le tatoueur remet aux participants, un petit guide qu'il a lui-même écrit et dont il est bien fier. Intitulé «Petit manuel et grands secrets», le livret contient l'essentiel pour comprendre rapidement le fonctionnement des machines. Sur la couverture, on retrouve une photographie de son père au travail. «J'ai voulu lui rendre hommage parce qu'il a été ma première inspiration», souligne Clément.

Le guide contient plusieurs images simples, qui permettent aux tatoueurs professionnels d'en savoir encore plus sur l'équipement qu'ils utilisent. «C'est aussi le premier livre écrit en français sur l'assemblage, le réglage et l'entretien des machines».

Il s'agissait pour Clément, d'un vieux rêve que d'écrire un livre du genre pour aider les autres tatoueurs. «J'ai commencé, il y a deux ans, par faire une synthèse. J'ai eu plusieurs commentaires à la suite de cela et j'ai alors décidé, en novembre dernier, d'écrire un livre que j'ai terminé en avril», ajoute-t-il.

Dans le monde du tatouage, il y a un manque en information technique, manque qu'il souhaite combler avec son livre. Le domaine du tatouage contient, depuis de nombreuses années, plusieurs secrets que tous et chacun souhaitent conserver pour eux.

Clément Demers a beaucoup de satisfaction à enseigner aux autres tatoueurs. Aussi, il aime beaucoup l'écriture et collabore à un collectif de tatoueurs, Tatouage 21, avec différents textes de son cru.

«Après toutes ces années de métier, je souhaite contribuer à faire évoluer l'art du tatouage», indique-t-il.

Parce que, contrairement à ce que l'on peut penser, pour un tatouage réussi, il ne suffit pas d'avoir un talent artistique. L'aspect technique contribue à créer un tatouage de qualité et ainsi permet de faire avancer cette forme d'art. «Ça se voit quand je donne des séminaires. Les gens m'écrivent et disent qu'avec mes conseils, ils voient augmenter la qualité de leur travail», apprécie-t-il.

Avec le temps, Clément Demers a réalisé que le côté technique était véritablement son point fort et souhaite partager cette force.




journal  La Nouvelle de Victoriaville Québec 2007

Le tatouage, une expérience humaine

par  Manon Toupin

Encore une fois cette année, le tatoueur Clément Demers ouvre les portes de son atelier à un artiste invité. Cette fois, c'est Luk Datura qui vient visiter la région et apprendre les tendances de tatouage québécoises. Il habite Thonon en Haute-Savoie en France, tout près d'Évian et de Genève en Suisse. Il a son studio de tatouage et apprécie cette forme d'art parce qu'elle lui permet d'être en relation avec les gens.
Il est arrivé à Victoriaville il y a quelques jours, avec sa conjointe et son enfant et y demeurera pendant un mois. Il s'agit de sa première visite au Québec et il est très heureux d'avoir été invité par Clément Demers. «C'est intéressant de rencontrer quelqu'un de généreux comme Clément», insiste Luk qui apprécie beaucoup l'opportunité qu'il lui a offerte.

Tatoueur depuis 11 ans, Luk Datura se dit avant tout artiste. «J'ai une formation en architecture, mais je trouvais cela trop technique pour moi. Je faisais de la peinture à côté et j'ai essayé le tatouage. Cette forme d'art me permet d'être indépendant et je me suis senti devenir tatoueur», explique-t-il.

Comprenant que le tatouage correspond souvent à un passage important dans une vie, Luk Datura prend tout le temps nécessaire pour discuter avec les gens. «Je travaille selon mes convictions et, peu importe comment arrivent les clients ici, il faut qu'ils ressortent enrichis» insiste-t-il.

Ainsi, après avoir discuté il griffonne un dessin qu'il peaufine ensuite avant de le présenter officiellement au client. Il a établi des règles de conduite pour son studio de tatouage, qui font en sorte qu'il ne tatoue pas les mains ou le visage. «La liberté en tatouage c'est de pouvoir les cacher», croit-il.

Avant l'entrevue, Luk et Clément étaient en pleine conversation, vérifiant les ajustements des machines utilisées pour tatouer. «Clément est un as dans le réglage des machines», soutient Luk. Tous deux profitent de cette visite pour parler de leur métier et apprendre l'un de l'autre sur cette forme d'art.


 


journal La Nouvelle de Victoriaville Québec 2005

Une tatoueuse française à Victoriaville Québec

par  Manon Toupin

Cindy Chaudesaigues, française et tatoueuse de métier, aura passé trois semaines à découvrir le Québec et Victoriaville cet été. De passage chez le tatoueur victoriavillois Clément Demers, elle aura eu l'occasion d'en apprendre davantage sur le pendant québécois de son art. C'est via l'internet, dans un forum pour tatoueurs, que Clément Demers a invité la jeune tatoueuse pour un séjour chez lui. «J'ai tout de suite accepté et c'est mon premier voyage au Québec», a expliqué la jeune femme de 25 ans qui habite une petit ville nommé Brive. Son périple lui a permis de rencontrer des tatoueurs d'expérience et de voir toutes les différences entre le tatouage d'ici et celui de la France, «J'ai aussi découvert la culture du Québec et je trouve que les gens sont très sympathiques et respectueux les uns par rapport aux autres» a t-elle noté.

Même chose en ce qui concerne le tatouage. Elle a remarqué que les gens d'ici sont beaucoup plus ouverts à cette forme d'art que chez elle et qu'ils font davantage confiance aux tatoueurs. Cela fait longtemps que Cindy baigne dans le tatouage puisque son père et son oncle sont tous deux tatoueurs. Pour sa part, c'est à l'âge de 16 ans qu'elle a réellement décidé d'apprendre les rudiments du tatouage. Après quelques années d'apprentissage, elle a, à 19 ans, réalisé son premier tatouage, sur sa mère. «Je lui ai fait un tribal» se souvient-elle.

Depuis, sa technique s'est raffinée et aujourd'hui, elle possède son art de plus en plus. «J'ai toujours dessiné et je vis dans l'art depuis que je suis toute petite. J'ai appris le métier au fur et à mesure et la passion pour le tatouage est venue» souligne Cindy.

En plus de pratiquer un métier un peu marginal, elle est une femme dans un domaine formé majoritairement d'hommes. Lui faut-il pour autant être plus performante parce qu'elle est une femme? «C'est vrai qu'une femme qui tatoue des hommes, dans le sang et dans la douleur, ce n'est pas évident. Il faut essayer de faire sa place. Mais le côté création ainsi que de savoir qu'un de mes dessins se retrouve sur la peau de quelqu'un est très valorisant», a-t-elle remarqué.

L'évolution, le changement sont des thèmes qui sont très chers à la tatoueuse et qu'elle représente souvent. Même sur elle, ces thèmes reviennent. Actuellement, elle est à se faire tatouer tout le bras. Une partie, celle près de la main, est en cours et le reste suivra. Elle a choisi le bras droit puisqu'elle est droitière et veut vraiment montrer aux gens ce qui peut être fait dans le domaine.

....Certains clients de Clément Demers, ont même eu l'occasion de se faire tatouer par la jeune femme. En effet, elle a travaillé un peu lors de son séjour. «C'est un voyage très enrichissant. Tout le monde est agréable, de contact facile et espace très grands. J'adore le fait de partager, de rencontrer d'autres gens et de discuter avec eux», termine-t-elle.

D'autres visiteurs d'outre-mer devraient se succéder chez Clément Demers au cours de l'été. Ce dernier apprécie recevoir des tatoueurs de partout à travers le monde pour partager sur cet art qui devient de plus en plus populaire.






journal La Nouvelle de Victoriaville 2004

Visiter le monde par les tatouages

par  Manon Toupin

Le tatoueur de Victoriaville Clément Demers, a décidé d'entreprendre un tour du monde à sa façon, simplement en invitant des artistes chez lui. Son premier invité a été le tatoueur Français Jean-Mi Cys, directement venu de Lille, au nord de la France. Jean-mi est arrivé au pays le 30 mai dernier pour repartir quelques semaines plus tard. Il s'agit de sa première visite en Amérique et dit qu'il apprécie énormément chaque moment de ce voyage. C'était pour lui une occasion d'échanger des techniques avec Clément Demers, tout en vivant un échange culturel. «Ce qui est intéressant, c'est que nous utilisons le même matériel, mais différemment», souligne Jean-Mi.

Et les styles des deux tatoueurs sont également très différents. Pour Jean-Mi, c'est le réalisme qui est sa spécialité. En fait, il tatoue des portraits sur la peau, d'après des photographies. Ce genre de tatouage n'est pas très en vogue par ici. Mais les deux tatoueurs espèrent bien qu'avec les échanges, cela va devenir plus accessible et demandé. Les tatouages français sont aussi plus détaillés, nuancés et ombragés. «C'est peut-être l'influence latine. Les tatouages québécois sont plus graphiques, très solides. Il y a des gros traits et des couleurs plus vives», ajoute Jean-Mi. C'est probablement l'influence Folk américain qui se reflète sur les tatouages québécois alors que du côté de la  France, les images sont davantage inspirées par l'Italie et son art. Même la façon de piquer dans la peau varie d'un pays à un autre, tout comme la façon de faire les dessins. Si un tatoueur comme Clément Demers commence par réaliser le contour du dessin puis le remplit par la suite, Jean-Mi pour sa part débute par un coin du dessin qui y va en évoluant.

Grâce a sa visite au Québec, Jean-Mi aura appris beaucoup de choses, des techniques qu'il a bien l'intention de mettre en pratique une fois retourné en France. Pour Clément Demers cet échange avec un artiste étranger a été très enrichissant. Et le publique peut profiter de la visite des tatoueurs d'ailleurs pour se faire tatouer. Une occasion d'avoir le cachet exotique sur la peau, sans même avoir à prendre l'avion.
 
 


journal La Nouvelle de Victoriaville Québec 1997

Clément Demers et l'art dans la peau

par  Alain Bergeron
Clément Demers joue de l'accordéon dans le groupe breton Korventenn. Il balade sa musique celtique dans les festivals folk des Etats-Unis. Mais il n'est pas que musicien. C'est un artiste dont le travail s'imprègne littéralement dans la peau. M. Demers, qui demeure à Victoriaville depuis quelques mois, est de la deuxième génération de tatoueur, lui qui a appris la technique de son père. Ce dernier, que l'on appelait le professeur, travaillait dans les années '30 au cirque Conclin's Show en Ontario Canada. Lors de la deuxième guerre mondiale, en attendant l'invasion de la Sicile en Italie, le paternel a tatoué ses compatriotes pour tuer le temps.

De retour au Canada, il parcourt avec sa femme une partie du pays en camion-roulotte, s'arrêtant dans les bases militaires pour continuer à pratiquer son art. Dans son livre «Tattoo-tatoué», publié dans la collection Réflexion, Philippe Dubé traite d'ailleurs de la famille Demers. Des cinq fils Demers, quatre ont suivi les traces du père, dont Clément.

«Je passais des heures à regarder mon père travailler. J'ai vu défiler toutes sortes de personnages. J'ai commencé à 16 ans. Je n'aimais pas vraiment l'école à l'époque et j'insistais auprès de mon père pour qu'il me montre le métier. Mais au début, il ne voulait pas parce qu'il me considérait trop jeune. Finalement, en revenant de l'école, il avait installé une deuxième chaise à côté de lui, et acheté les équipements pour moi », se souvient Clément. Sa première formation aura été de reproduire des dessins sur papier, histoire de se faire la main. Les images étaient conventionnelles : têtes de mort, aigle, poignard, cœur. Je les ai faites 100 fois, 1000 fois»
 
L'apprentie a fait ses leçons et a accumulé un bagage d'expériences qui l'ont marqué dans son vécu et dans son art. Au fil des années, Clément Demers a trouvé son style, sa signature personnelle, il a recours aux styles old school et new school.  Les termes aussi ont changé : on parle maintenant de ¨skin art¨.