Au programme de cette soirée au Pop In : petite salle (littéralement un sous sol de 35m²) et petit groupe, les grenoblois de The Candy Sugars. Mais attention ! Il ne faut pas s’y méprendre parce qu’il y a là du gros potentiel. Qui a dit que la taille avait de l’importance ?
The Candy Sugars, à première vue, ça sonne comme une douceur pop édulcorée, mais les apparences sont souvent trompeuses. Cette friandise-là c’est plutôt un bonbon rock acidulé : ça réveille et ça donne la pêche.
Avec une énergie carrément garage (ça tombe bien, on était entassés dans une cave), ils distribuent un rock pêchu et accrocheur. Le son délibérément crade et vintage ainsi que les rythmes effrénés de compos comme Missing Station les inscrivent dans la droite ligne de la tradition garage à la White Stripes époque Black Math. Tout ça dans un sous-sol de 35 m² , imaginez un peu l’effet. Ajoutez à cela la désinvolture psyché du rock des 70’s et vous aurez une idée de la chose. Sur certaines compos, les grands frères du retour 70’s ne sont pas loin. Les Dandy Wharols et le Brian Jonestown Massacre se reconnaissent bien dans les sons de guitares (et parfois même de cithare). Comme quoi, les deux groupes peuvent s’accorder parfaitement quand ils le veulent !
Cependant, il y a aussi quelque chose de doux chez les Candy Sugars : c’est leur coté brit-pop qu’ils ont sans doute développé en écoutant en boucle les hymnes des frères Gallagher. Les chansons plus calmes, les ballades lancinantes portées par la voix du chanteur évoquent un peu le chaloupement d’un Don’t Look Back. Et tout pareil que les chansons d’Oasis, elles restent bien dans la tête après. Il y a du potentiel de tube là-dessous…
On vous l’a dit : ils ont tout des grands. D’ailleurs, c’est avec une aisance déconcertante qu’ils reprennent Sympathy for the Devil. Reprise et re-reprise maintes fois, c’est une chanson casse-gueule qui aurait pu vite tourner en karaoké de fan, façon Nouvelle Star. Mais que nenni ! Le trio réinterprète et repossède la chanson. Les tam-tams d’origine sont remplacés par une batterie efficace qui transcende la chose, et on se surprend à rejoindre avec entrain la chorale de woo woo du refrain.
Tout ce qu’on leur souhaite c’est de suivre la trace de leurs éminents prédécesseurs, passés dans cette même salle (Oasis y a joué en 1995). À consommer sans modération : contrairement aux Arlequins qui font mal au ventre, The Candy Sugars fait du bien aux oreilles.