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The K. Ivanovitch Experience case



Last Updated: 12/29/2009

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State: Circa 2020 AD, somewhere in Indian Ocean, probably
Country: CC
Signup Date: 10/9/2008

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January 1, 2011 - Saturday 



K. Ivanovitch était un chrononaute, psychonaute et voyageur au long cours. Il fut envoyé du 23ème au 21ème siècle dans le but de transformer radicalement la vision que l’Homme a du monde. A la fois artiste, scientifique et philosophe, sa mission était d’empêcher la civilisation humaine de connaître une fin apocalyptique, éclairer les cœurs et les esprits afin de sauver l’Humanité des désastres militaire, financier et écologique auxquels conduisaient irrémédiablement les schémas de développement aberrants adoptés par l’Homme. Cette page est un hommage anonyme à son combat désespéré contre la nature humaine.

Mandaté par la CRISA (Agence Informatique et Robotique Intergouvernementale de Sécurité), K. Ivanovitch refusera de mettre un terme à sa mission malgré la décision de sa hiérarchie et devint un élément « incontrôlable ». Il poursuivit son action dans les milieux de la contre-culture indépendante, expérimenta l’usage de diverses drogues et fit la promotion de la désobéissance civile partout dans le monde. On a prétendu qu’il s’était suicidé après un épisode dépressif et psychotique, mais il a en toute probabilité était éliminé. La plupart des dossiers concernant sa mission ont par la suite été détruits afin d’enterrer ce qu’on appelle « L’Affaire de l’expérience K. Ivanovitch ».

La majorité des travaux de K. Ivanovitch ont également été perdus. Les œuvres et travaux restants (quelques centaines de pages de notes manuscrites, des carnets de voyage et des comptes-rendus d’expériences scientifiques originales, des dessins, quelques toiles ainsi que des données numériques comprenant des vidéos, des photos et des fichiers son) démontrent son ambition artistique : créer une représentation inédite, différente du monde au travers de l’Art et des idées.

Sa découverte du chaînon manquant entre les préceptes de la physique quantique et la théorie de la relativité générale a fait de lui un homme célèbre dans son époque (il refusa le Prix Crisa-Nobel de physique en 2209). Chaoticien convaincu, K. Ivanovitch pensait que l’expérience cognitivo-sensitive de l’Homme pouvait être modélisée et travailla sur des équations non-linéaires à cette fin.

Sa quête de beauté et de complexité, sa recherche d’une créativité exacerbée dans l’écriture, la poésie, la photographie, la peinture et la musique l’ont emmené vers des frontières inexplorées. K. Ivanovitch a relaté avec précision ses expériences sous l’empire de drogues psychoactives tels que les amphétamines, l’ecstasy, divers hallucinogènes et dérivés de l’acide lysergique, ainsi que des drogues chamaniques issues de plantes enthéogènes (ayahuasca, iboga, l’ololiuqui ou la mescaline). Adepte du mouvement perpétuel, K. Ivanovitch a parcouru le globe dans le temps comme dans l’espace à la recherche d’expériences nouvelles. On pense qu’il a séjourné (i.e. vécu six mois consécutifs) en Finlande, Croatie, Malaisie, Angleterre, au Gabon, au Chili, et on sait qu’il en a visité une cinquantaine d’autres (tels que le Canada, la Papouasie Nouvelle-Guinée, la Chine, le Pakistan, le Brésil, le Japon, la France, etc).

La vie et l’oeuvre de K. Ivanovitch sont un combat contre la dictature idéologique des représentations simplistes et stéréotypées véhiculées par la culture dominante. Au cours de ses nombreux voyages, il a cotoyé des figures proéminentes de la contestation politique, telles que Noam Chomsky, Anna Politkovskaia et Garry Kasparov, Benazir Bhutto, Hu Jia ou encore Aung San Suh Kyi. K. Ivanovitch a mené dans plusieurs pays des mouvements de résistance contre le contrôle social, les lobbies pro-OGM et les brevets sur le vivant, la destruction de la biodiversité, l’oppression économique et politique du Sud et le mouvement global d’uniformisation des masses et des cultures dans une quête artificielle du bonheur fondé sur le consumérisme outrancier.

C’est à nous qu’incombe désormais de faire de la mission de K. Ivanovitch un succès ou un échec.
Ce sont nos actions individuelles et collectives d’aujourd’hui qui donneront forme au futur.



April 10, 2009 - Friday 

......................

En septembre 1997, un journaliste
de la revue d’extrême droite autrichienne Die Aula, Gerhoch Reisegger, demande
par écrit officiellement au cardinal Ratzinger « l'autorisation de
reproduction » d'un texte précédemment publié dans la revue catholique
« Communio » en 1995. Quelques jours plus tard, le secrétaire du
cardinal Ratzinger, Josef Clemens, donne une réponse sans équivoque sur
l'assentiment de son patron :....


« Très cher M. Reisegger, en
rapport à votre aimable courrier du 18 septembre 1997, je suis autorisé, sur
ordre de M. le cardinal Ratzinger, à vous informer que ce dernier est d'accord
pour que son texte, Libertés et vérités, soit
reproduit dans le mensuel Aula de la Freiheitlichen Akademikerverbände
Österreichs. »....


Le texte du cardinal Ratzinger, intitulé « Libertés & vérités »,
est
une réflexion sur la démocratie et la liberté, avec des vues très
conservatrices.

Ce genre de critique des
institutions démocratiques et de l'opinion publique, notamment du monopole de
l'information par une petite caste aristocratique, est très ancien. Le fait que
cette analyse se retrouve dans cette revue signale en revanche que Benoît XVI
est plutôt favorable à la solution portée par la revue Die Aula :
suppression de la démocratie et instauration d'une dictature, ou d’une
théocratie - à l'inverse, par exemple, des critiques de la démocratie faites par
l'école de Francfort (Adorno, Habermas…) visant à améliorer la démocratie.....


Mais il y a plus problématique
que cette charge contre les libertés individuelles et le système démocratique. Depuis
1952, Die Aula est, plus ou moins suivant les périodes, le magazine de soutien
au parti FPÖ (« Freiheitliche Partei Österreichs », « Parti
autrichien de la liberté ») de feu Jörg Haider, aujourd'hui mené par
Heinz-Christian Strache. Les « Freiheitlichen Akademikerverbände
Österreichs » (« Congrégations académiques de la liberté »), citées
dans la réponse du cardinal Ratzinger, sont des associations regroupant les
sympathisants du FPÖ.  Strache et Haider
ont commencé à militer dans leur jeunesse dans ces congrégations. ....


Die Aula est la tribune de
néonazis, négationnistes et autres extrémistes de droite. En 1992, la loi
interdisant les propos révisionnistes y était prise pour cible. En 1993, la revue
a nié que le constat de l'inégalité des races soit du racisme. En 1994, un
article réhabilitait le négationniste Walter Lüftl. En 1998, des propos
néonazis de réhabilitation du IIIe Reich y ont été tenus. Et la même année, un
article du cardinal Ratzinger, futur pape, paraissait dans cette même revue…....


.. ..



April 2, 2009 - Thursday 


France. Des policiers au-dessus des lois

Communiqué de presse d'Amnesty International - 02/04/09


Les homicides illégaux, les passages à tabac, les injures racistes et

l’usage abusif de la force par les agents de la force publique sont

interdits en toutes circonstances par le droit international. Or, en

France, les plaintes pour ce type de violations des droits humains ne

sont pas souvent suivies d’enquêtes effectives, et les responsables de

ces actes sont rarement traduits en justice, affirme Amnesty

International dans un nouveau rapport, qui paraît ce jeudi 2 avril

2009.



« Dans un climat où les

violences policières ne sont pas toujours contrôlées, l’impunité de

fait dont bénéficient régulièrement les agents de la force publique en

France est inacceptable », a déclaré David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.



Le rapport d'Amnesty International intitulé France : des policiers au-dessus des lois

condamne le fait que des mauvais traitements policiers, des injures

racistes et des utilisations abusives de la force continuent d’être

signalés tandis que les procédures d’enquête sur ces allégations ne

sont toujours pas à la hauteur des normes requises par le droit

international. L’organisation constate par ailleurs une tendance

croissante à l’inculpation pour « outrage » ou « rébellion » des

victimes ou des témoins de mauvais traitements commis par des agents de

la force publique.



Les nombreux cas étudiés par Amnesty International dans le cadre de la préparation de ce rapport montrent que, si les victimes de mauvais traitements et

d’autres violations des droits humains sont aussi bien des hommes que

des femmes et appartiennent à toutes les tranches d’âge, la grande

majorité des plaintes concernent des ressortissants étrangers ou des

Français appartenant à une minorité dite « visible ».



« La tâche des responsables de

l’application des lois en France est difficile et dangereuse, et les

expose souvent à des risques importants. Il n’en demeure pas moins que,

quand des fautes sont commises par la police, elles doivent faire

l’objet dans les plus brefs délais d’enquêtes exhaustives,

indépendantes et impartiales », a souligné David Diaz Jogeix.



« Les gens doivent pouvoir

faire confiance à leur police. Or, aujourd’hui, ce n’est souvent pas le

cas. Cette confiance ne sera possible que lorsque les gens verront que

des mesures disciplinaires appropriées sont prises en temps voulu, et

que les policiers responsables d’actes criminels sont traduits en

justice selon une procédure impartiale et indépendante. Une telle

confiance est aussi indispensable pour protéger la réputation de la

majorité des représentants de l’ordre qui remplissent leur devoir avec

professionnalisme et dans le respect de la légalité »



Certes, les plaintes déposées contre la police ne sont pas toutes

fondées, mais l’écart entre le nombre de plaintes reçues et le nombre

de sanctions disciplinaires prises permet de s’interroger sur

l’exhaustivité et l’impartialité des enquêtes. D’après les informations

limitées qu’Amnesty International a pu obtenir, sur 663 plaintes

examinées par l’organe d’inspection de la police en 2005, seulement 16

ont conduit à la radiation des agents concernés ; en 2006, seules huit

allégations de violence sur 639 ont abouti à une telle radiation. De

très nombreuses plaintes déposées contre des agents des forces de

l’ordre sont classées sans suite par le parquet avant même d’arriver

jusqu’au tribunal.



« Les gens ont le droit de

porter plainte mais, dès qu’il s’agit de plaintes contre des policiers,

les chances d’obtenir gain de cause sont très minces.

Institutionnellement, le système judiciaire favorise les agents des

forces de l’ordre. Les victimes, dont beaucoup sont des ressortissants

étrangers ou des Français issus de minorités ethniques, sont trop

souvent privées de justice », a ajouté David Diaz-Jogeix.



Amnesty International continue d’appeler les autorités françaises à

prendre des mesures pour réformer le système actuel et à créer une

commission indépendante pour s’occuper des plaintes, avec des pouvoirs

et des moyens suffisants pour mener des enquêtes exhaustives et

efficaces.



« Les autorités françaises

doivent prendre les mesures nécessaires pour que personne ne soit

au-dessus des lois. Il est indispensable que le grand public ait

confiance en la police », a conclu David Diaz-Jogeix.



http://www.amnesty.fr/despoliciersaudessusdeslois



Liste des documents disponibles pour plus d’informations


Rapport France : des policiers au-dessus des lois (index AI : EUR 21/003/2009). Disponible à partir du 2 avril 2009.


Synthèse Média Exemples de cas de violences policières (index AI : EUR 21/007/2009). Disponible à partir du 2 avril 2009.


Synthèse Média Critiques nationales et internationales des organes français chargés de faire respecter les lois (2 avril 2009)


Document Amnesty International et les mauvais traitements en France (15 mars 2009)


Communiqué de presse Amnesty International France contre le Taser aux mains de la police (10 septembre 2008)



Le mardi 28 avril, la Commission Nationale de la Déontologie de la Sécurité (CNDS) , une autorité administrative indépendante, remet son rapport annuel au Président et au Parlement. Elle y dénonce à son tour les brutalités policières en France, dont le recours beaucoup trop systématique aux fouilles à nu et au menottage.


http://www.cnds.fr/rapports/annuels.html


January 19, 2009 - Monday 
......................

19/01/09 - L'avocat russe spécialiste des crimes de guerre commis en Tchétchénie, Me Stanislav Markelov, et la journaliste Anastassia Babourovaa, de Novaïa Gazeta, le journal de feu Anna Politkovskaïa, ont été tués par balles en pleine rue à Moscou cet après-midi, 19 janvier 2009. Me Markelov venait de dénoncer au cours d'une conférence de presse la libération anticipée de l'ex-colonel russe Iouri Boudanov, condamné à 10 ans de prison en 2003 pour avoir étranglé Elza Koungaïeva, une Tchétchène de 18 ans.

January 15, 2009 - Thursday 

Materialism is a void - The twilight of capitalist Gods

La crise financière qui frappe l'économie mondiale au début du XXIème siècle est sans précédent. Il ne s'agit pas d'une crise classique du capitalisme industriel, ou d'une crise de surproduction. C'est une crise de la finance, de l'économie du profit exponentiel à court terme, causée par des agents économiques qui ont bâti leur fortune non comme des entrepreneurs, en fructifiant un investissement productif, mais en échafaudant des mécanismes d'abstraction, des produits financiers totalement décorréllés de l'économie réelle.

Le capitalisme des sociétés hyper-industrielles a créé un système de captation des énergies vitales de socialisation de l'Homme. Ce système repose sur une logique d'appel d'air par le vide, une désublimation qui vise à susciter un besoin de sécurité, de conformisme sociétal et une consommation passive; il s'agit de déclencher un acte d'achat pavlovien, ancrer le matérialisme au centre de l'horizon des désirs. Le consumérisme et son discours cherchent à ruiner la libido et la créativité de l'individu car l'objet de ces-dernières est singulier, unique et transcendant, a contrario du bien de consommation de masse à l'obsolescence programmée, produit en série, standardisé et impersonnel.

L'aliénation de l'Homme a été à la base du capitalisme depuis l'origine.
Aliénation spirituelle, culturelle et intellectuelle aujourd'hui dans les pays exploiteurs où résident les consommateurs, aliénation physique et mentale dans les pays exploités où sont les travailleurs; cela était encore plus vrai à l'époque où l'esclavage ne se dissimulait pas derrière des salaires de misère et des principes inappliqués.
Karl Marx parle ainsi des origines du capital qui fonde l'hégémonie mondiale de l'Occident idéologique (qui ne correspond plus exactement, et correspondra à l'avenir de moins en moins, dans un monde au libéralisme désormais mondialisé, à l'Occident géographique):
"Le capital arrive au monde suant le sang et la boue par tous les pores. (...) L'histoire moderne du capital date de la création du commerce et du marché des deux mondes au XVIe siècle. (...) Le régime colonial assurait des débouchés aux manufactures naissantes, dont la facilité d'accumulation redoubla, grâce au monopole du marché colonial. Les trésors extorqués hors d'Europe par le travail forcé des indigènes réduits en esclavage, par la concussion, le pillage et le meurtre, refluaient à la mère patrie pour y fonctionner comme capital."
Le Capital, t. 1, Section VIII

"Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. (...)
Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde."
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme






January 4, 2009 - Sunday 


William Blake summarized in these few words the whole challenge of creativity and free-thinking. Become a dreamer and create your own dance.

....................

Silence is a place where inner thoughts can thrive. ....


Aldous Huxley on silence:

“The twentieth century is, among other things, the Age of Noise. Physical noise, mental noise and noise of desire - we hold history's record for all of them. And no wonder; for all the resources of our almost miraculous technology have been thrown into the current assault against silence. That most popular and influential of all recent inventions, the radio is nothing but a conduit through which pre-fabricated din can flow into our homes. And this din goes far deeper, of course, than the eardrums. It penetrates the mind, filling it with a babel of distractions, blasts of corybantic or sentimental music, continually repeated doses of drama that bring no catharsis, but usually create a craving for daily or even hourly emotional enemas. And where, as in most countries, the broadcasting stations support themselves by selling time to advertisers, the noise is carried from the ear, through the realms of phantasy, knowledge and feeling to the ego's core of wish and desire.”


And, a bit further:

......................“The condition of an expanding and technologically progressive system of massproduction is universal craving. Advertising is the organized effort to extend and intensify the workings of that force".

Silence, Liberty & Peace (1946)


"Be patient toward all that is unsolved in your heart and try to love the questions themselves, like locked rooms and like books that are now written in a very foreign tongue. Do not now seek the answers, which cannot be given you because you would not be able to live them. And the point is, to live everything. Live the questions now. Perhaps you will then gradually, without noticing it, live along some distant day into the answer." R. M. Rilke




'(...) Outside the window is the black removers' van.

And now with sudden swift emergence

Come the woman in dark glasses and humpbacked surgeons

        And the scissors man.



This might happen any day

So be careful what you say

        Or do.

Be clean, be tidy, oil the lock,

Trim the garden, wind the clock (...)'

W. H. Auden


"An artist never works under ideal conditions. If they existed, his work wouldn't exist, for the artist doesn't live in a vacuum. Some sort of pressure must exist. The artist exists because the world is not perfect."
Andrei Tarkovsky


«L'espèce humaine vit sous un régime d'empoisonnement interne. Ce n'est pas un monde que j'aime.»

Claude Levi-Strauss








December 28, 2008 - Sunday 



“ If the doors of perception were cleansed, everything would appear to man as it truly is, infinite.”
William Blake

Le psychonaute (“celui qui navigue la psyché”) est un spationaute du cosmos intérieur, à la recherche d’états de perception particuliers où l’ego disparaît au profit d’une harmonie avec les rayonnements, les vibrations, les résonnances, les ondes, les essences, les correspondances, les signes, les harmoniques, les flux primordiaux de l’Univers.
Le sujet entre dans le royaume de la conscience illuminée par le portique d’un état altéré du mental et des sens qui permet une connaissance supérieure spontanée, une adéquation entre l'intuition intérieure et une révélation extérieure sensorielle. L’esprit libéré peut pénétrer les principes et les fondations les plus profondes de toute chose, le code caché des processus de vie.
Cette sensation, nommée « mort de l'ego », est une expérience de dissolution momentanée de l'identité habituelle, sociale et fixée, qui est typiquement vécue lors d'initiations shamaniques et d'états de transe dans lesquels les filtres qui conditionnent notre perception sont momentanément invalidés.
« Psychonaute » est un terme proposé par Ernst Junger, écrivain et chercheur allemand en substances psychoactives, collègue d'Albert Hofmann – le découvreur du LSD. Le moyen le plus efficace d’ouvrir ainsi les portes de la perception est en effet l’absorption de produits psychoactifs, synthétisés ou naturels, tels que les molécules actives des plantes enthéogènes, aussi appelées « plantes instructrices ».
« Enthéogène » signifie « générant le divin à l'intérieur ». Ces plantes instructrices sont considérées comme sacrées dans de très nombreuses cultures et sont utilisées dans les rites initiatiques et les transes shamaniques visionnaires (comme par exemple le peyotl dans la Native American Church of North America, l'Ayahuasca dans les églises Santo Daime et les tribus Amérindiennes du Brésil, l'Iboga dans le Bwiti, rite initiatique originaire des populations Mitsogo et Apinzi du Gabon).
Les plantes enthéogènes abaissent le seuil de résistance du cerveau à la complexité de l'influx des stimuli et des informations au travers des organes sensoriels. Elles permettent de faire émerger les siddhis – selon Patanjali, auteur mythique des Yoga-Sutras, ce sont les perfections de l’état d’éveil spirituel –, comprenant des capacités de perception accrue (hyperception / supernormal perceptual states en anglais) telles que la clairaudience, le mouvement spontané ou le rêve lucide.
Dans son expérience de la « conscience cosmique », le psychonaute, devenu un explorateur de l’Anima Mundi (la psyché du monde), est envahi par le « sentiment océanique » (Romain Rolland), cette sensation diffuse et pourtant prégnante qui s’impose à lui comme une évidence et lève le voile sur les vérités ultimes de son appartenance au « Grand Tout ».
On retrouve cette idée chez Vladimir Vernadski, dans le concept de biosphère – qui anticipe la théorie de Gaïa chez James Lovelock – et de noosphère – repris et théorisé par Pierre Teilhard de Chardin –, ainsi que dans l’Idéalisme absolu de Hegel, l’Inconscient collectif de Carl Gustav Jung, l’organisme étendu de Henri Laborit, les correspondances de Charles Baudelaire, ou encore dans le kensho et le satori du Zen. Qu’ils recherchent une forme d’objectivité comme chez Aldous Huxley, qu’ils soient mystiques comme dans l'illumination gnostique de Philip K. Dick ou la transmission des Elégies de Duino chez Rainer Maria Rilke, ou induits par la méditation comme le samadhi de Swami Yogananda Paramahansa, les récits de transes visionnaires rendent compte de l’universalité de l’expérience psychonautique par ce sentiment océanique d’unité avec la conscience cosmique.
« Contemplant les plantes et les herbes des champs dans sa lumière intérieure, il pénétra dans leurs essences, usages et propriétés qui lui étaient dévoilées par leurs figures, leurs linéaments et leurs signatures » (Richard Maurice Bucke).

Psychonaute vs internaute

La psychonautique élargit les perspectives de l’esprit jusqu’à embrasser tout l’horizon des possibles, qui entre et patiente dans la mémoire universelle, lieu de l'agrégation de l'ensemble des pensées, des consciences et des idées produites par l'humanité à chaque instant depuis l’aube des temps. Elle est ainsi une façon de combattre la désincarnation de l’Humanité par la fixation cybernétique ; car « malgré les roses logarithmiques, les plantes ne poussent pas dans l'espace cybernétique » (Dale Pendell).
Est-ce encore une approche pertinente dans l’Occident moderne, frappé par la perte de sens, la primauté exclusive de l’individualisme forcené et la soumission à la dictature du profit pécuniaire d’une culture de masse atrophiée et prédigérée?
Les pessimistes et les sceptiques argueront que « vivant dans une société démente, les psychonautes modernes ne peuvent pas se focaliser à engendrer de la culture parce qu'il n'y a ni l'intelligence, ni l'inclination à l'accepter. » (John Lash)
Les humanistes et les révolutionnaires diront que la finalité de l’expérience psychonautique est par essence universelle dans le temps et l’espace. Elle est d’élargir les horizons de la créativité et d’engendrer de la culture à partir de la connaissance illuminée. C’était déjà pour les Gnostiques de l’Antiquité le telos des siddhis : appliquer les facultés créatrices aiguisées par la révélation de l’unité primordiale pour transmettre la sagesse et guider la société humaine.